Esky

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4 Jan 2019
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@CCCC et


Il me semble que si on est inscrit comme étudiant, on n'a pas accès au chômage.
Ensuite, je ne suis pas d'accord du tout avec vous. Pouvoir faire une thèse ne devrait pas dépendre de la bonne volonté de celleux qui ont les cordons de la bourse. Ce n'est pas à elleux de décider qui doit chercher et surtout dans quelle direction.
Idéalement, il faudrait un système de financement d'État. Mais défendre une recherche qui lèche les bottes d'intérêts privés, non.
Ce système de financement c'est déja le cas de la majorité des cas : les financements d'ecoles doctorale ou autres agences publiques. Les privés c'est les bourses cifres et c'est pas la majorité.
Sinon ben en science je dirais heureusement que c'est obligatoire : déja par ce que souvent on a besoin de materiel (de labo ou autre), de partir en conférences ect ...
Et surtout car on est déjà assez précaire et je trouve ça assez terrible la situation des sciences sociales où des gens se tuent a faire une these pendant 6 ans avec un petit boulot alimentaire à coté ... Je serais plutot pour que ce soit obligatoire partout et que il y ait un peu plus de financements!
Et surtout pour moi la priorité c'est les postes (universitaires ou recherche). Serieusement, on est des tas de doctorants chaque année avec probablement même pas un poste pour 10 doctorants. Du coup ben on est précaires, mal payés, et on fait avancer la recherche en bossant plus du double que on devrait (combien prennent leurs vacances? Font leurs heures et c'est tout?), et en plus après il y a pas de postes.
Bref perso je suis un peu desilusionnée du systeme.

Sinon pour la parité nous ça va (meme si les chef d'equipe sont principalement masculins). Par contre j'ai entendu des horreurs de sexisme dans d'autres equipes ...
 

Piew

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4 Jan 2019
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@grenouilleau oui si tu es en présentiel dans le labo qui t'as employé, mais rien ne t'empêche de faire toute la partie rédaction et préparation de soutenance depuis chez toi (ce qui n'arrive jamais à 100% vu que tu dois à minima répéter ton oral en personne). En pratique j'en connais beaucoup qui allaient quand même très régulièrement au labo, tout simplement parce-qu'iels n'avaient pas le choix si iels voulaient finir leur thèse.
 

Allitché

c'est plus l'année des trois petits cochons
1 Avr 2019
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@grenouilleau en fait beaucoup de projets en recherche fondamentale n'ont pas d'intérêts privés en jeu et sont déjà payés par de l'argent public. On peut reprocher que les agences (publiques!) de financement sélectionne les projets de recherche sur appels d'offres et toussa, mais de l'autre, vu les sommes d'argent en jeu, je comprenne que la société demande un certain compte-rendu de ce qui est fait de cet argent. Alors oui, ça paraît parfois hypocrite, tout le monde sait que ce qu'il y a dans le rapport final, c'est n'est pas ce qu'on a dit qu'on ferait, mais c'est encore tant mieux, ça veut dire qu'il y a une certaine conscience que la recherche, bah on sait pas ce qu'on va trouver ou pas. Mais on ne peut pas parler d'intérêts privés pour le coup, plutôt de courses aux résultats, de sciences qui prennent moins de risques et ce genre de choses.

Après moi, ce que j'avais compris du message de @Piew c'est plutôt l'illégalité pour un labo de compter sur l'argent du chômage pour payer la fin de ta thèse. D'un point de vue de thésard.e.s, je vois pas trop le problème, les thésard.e.s ont généralement eu un statut d'employé.e.s et ont donc les droits et devoir d'employé.e.s, donc en ayant cotisé pour le chômage, c'est normal qu'iels y aient droit :dunno:
 

Silure_

Pas de statut.
2 Jan 2019
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Idéalement, il faudrait un système de financement d'État. Mais défendre une recherche qui lèche les bottes d'intérêts privés, non.
Ben, comme l'ont dit mes camarades, en pratique c'est le cas, le financement d'état.
Je comprends pas trop ce que tu veux dire, parce qu'ici on ne défend pas trop (cet euphémisme :lol:) le financement privé de la recherche, on dit juste qu'il faut bien se nourrir pendant qu'on fait une thèse et que c'est problématique si on n'est pas financé-e :dunno:
 

grenouilleau

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9 Jan 2019
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@Particule Pour ce qui est des bourses de thèse publique : sans chiffres, je ne peux pas te suivre, même si je suis prête à partir sur cette hypothèse. Mais même comme ça : elles sont trop peu nombreuses vu le nombre d'étudiant.es qui pourraient envisager d'aller en thèse.

@Esky et @Silure_ Bon ben on est pas d'accord sur la question du financement. Personnellement je ne vois pas en quoi certains pourraient décider pour d'autres, si il y a un chercheur prêt à prendre le thésard. C'est pas le problème des commissions si quelqu'un.e est prêt à manger des pâtes pour tenter son rêve, à mon avis.

Edit : ajout d'une mention +
@Allitché Le souci c'est que tu n'as pas le droit de t'inscrire au chômage quand tu as le statut d'étudiant. L'illégalité de la démarche.
 
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Esky

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4 Jan 2019
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@Allitché pour moi le soucis du doctorant qui finit sa these sur son chomage : en fait si les choses etaient bien faites on ne devrait pas en avoir besoin. Le chomage c'est là pour faire une recherche d'emploi, pas pour finir un boulot pour lequel on devrais etre payé.
Il y a beaucoup trop de doctorants qui font des thèses de 3ans et demi voire 4 ans en vivant du chomage, mais à force ça en devient une norme: un boulot de 3 ans ne parrait plus "complet" comparé à cette foule de travaux qui sont fini en 4 ans. Donc si quelqu'un décide de ne faire que son temps de financement (ce qui devraos etre normal) alors il est vu comme "mauvais".
Et puis ben vu la course aux postes on peut pas demander aux doctorants de ne pas le faire et de rendre au bout de 3 ans pile car ils seraient désavantagés.
Du coup je n'ai pas de solution mais clairement c'est un soucis. Perso je pense que ça devrais être impossible ou alors demander des dérogations pour des circonstances speciales (un peu comme ce qui est parfois fait pour se reinscrire en 4eme année aux ecoles doctorales mais dans certaines c'est tellement banal que c'est systématiquement approuvé...). Ou alors dans les disciplines où c'est impossible en 3 ans, proposer des financements plus longs (pourquoi financer un truc pendant un temps trop court pour finir)?
 

PingouinMasqué

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8 Jan 2019
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Je ne suis pas du tout dans le même domaine que la Rockie qui a témoigné, j'ai arrêté la bio en L3 pour partir en master pro. Je donne donc un avis de noob extérieure ^^.

Je trouve ce témoignage positif et encourageant... Quand on ne creuse pas trop.
Parce qu'entre les deux ans de "recherche bénévole" (WTF???), les postes pas stables, les postes stables sous-payés... Finalement ça n'a pas l'air d'être une vie très enviable, ce qui semble confirmé par les commentaires du forum. Et après la France se plaint de la fuite des cerveaux, mais même les gens passionné-e-s n'arrivent pas à cacher les (énormes) problématiques liées aux conditions d'exercice, donc rien d'étonnant.

Ah, et un point qui pour moi a énormément gêné ma lecture : la non-féminisation des termes.
Un chercheur --> une chercheuse
Un docteur --> une doctoresse.
Et non, juste rajouter un -e- à la fin des termes, ça n'est pas ça féminiser le titre. Ça s'appelle un néologisme (les termes chercheuse et doctoresse existant déjà) inventé pour ne pas froisser les oreilles des personnes qui trouvent que "le féminin c'est moche". Et c'est important, si on veut arrêter d'invisibiliser les femmes.
 

Esky

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4 Jan 2019
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Dp pour @grenouilleau : ben c'est l'etat qui va les payer et non pas le laboratoire donc il doit bien limiter le nombre sinon comment faire? Quand on fait des experience et donc avoir accès a des équipements il faut bien un contrat de travail. Et puis même, pousser les gens a travailler "gratuitement" je trouve pas ça ouf.
Surtout que encore une fois, il n'y a de toute facon pas assez de postes ensuite ! A quoi est ce que ça rime d'avoir encore plus de doctorants dans ces conditions?

Sinon pour le chomage souvent c'est a la fin des 3 ans donc on est techniquement plus étudiant
 

Particule

Propage le chaos
4 Jan 2019
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[Mais même comme ça : elles sont trop peu nombreuses vu le nombre d'étudiant.es qui pourraient envisager d'aller en thèse.
Le moi aigrie a très envie de préciser que le nombre de postes permanents est aussi trop peu nombreux pour le nombre de docteur.e.s nouvellement diplomé.e.s.
Et d'ailleurs le renforcement des financements comme les Labex et Idex encouragent les labo à financer des thèses et des postdocs faute d'avoir la possibilité d'ouvrir des postes Maitre de Conf et ça boucle le cercle vicieux.
 

Hypatie

Summer is coming
20 Mar 2019
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@Silure_ dans ce cas il faut voir ça comme un investissement de travail qui te permet par la suite d´avoir un job qui te passionne
Plutot que de rester sur une licence ou un master où tu peux être payer directement mais souvent moins et avec des responsabilités/projets différents
Tout depend de ce que tu veux
 
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Allitché

c'est plus l'année des trois petits cochons
1 Avr 2019
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@Esky oui justement, c'est ce que j'entends, les labos profitent de cette manne d'argent qu'est le chômage pour pas demander plus de fonds.

@grenouilleau sauf que le statut d'étudiant.e n'est pas exclusif de celui d'employé.e, ce dernier prévalant d'ailleurs; pour toucher le chômage, c'est le montant et la durée des cotisations en tant qu'employé.e qui comptent :ninja: sinon ce serait une grosse faille de l'état social.
(en plus ici le statut d'étudiant.e est uniquement utilisé parce qu'il faut être affilié.e à une université pour avoir droit à un titre académique, mais en vrai, les thésard.e.s. travaillent en tant que jeunes chercheur.euse.s)
 

Silure_

Pas de statut.
2 Jan 2019
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financer des thèses et des postdocs faute d'avoir la possibilité d'ouvrir des postes Maitre de Conf et ça boucle le cercle vicieux.
Je plussoie tellement. On est en train de s'orienter vers une recherche faite quasi entièrement par des gens en statut précaire, et ça va bien faciliter la casse de la recherche publique parce que qui dit précaire et non permanent dit moins de syndicalisme et moins de révolte contre les conditions de travail et l'orientation générale du service public.
 

Particule

Propage le chaos
4 Jan 2019
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@grenouilleau @Hypatie Il y a plein d'autres travails passionnants. Mais j'entends rarement (jamais ?) ailleurs que dans le cadre de la recherche quelqu'un.e dire avoir travailler sans être payé.e . Alors qu'ici c'est monnaie courante.

Et je me répète un peu mais @Hypatie l'implication "investissement de travail => avoir un job qui te passionne" est plutôt fausse. Avoir une thèse ne garantie en rien d'être titularisé par la suite, ni d'avoir le job de nos rêve. Car malheureusement dans le contexte actuel, t'as beau être ultra motivé.e ça ne garantie rien. Rien. du. tout. (et pour le vivre je peux vous dire que c'est assez chaud comme situation).
 

Silure_

Pas de statut.
2 Jan 2019
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@Silure_ dans ce cas il faut voir ça comme un investissement de travail qui te permet par la suite d´avoir un job qui te passionne
Plutot que de rester sur une licence ou un master où tu peux être payer directement mais souvent moins et avec des responsabilités/projets différents
Tout depend de ce que tu veux
Ben non. En thèse, tu produits une recherche, tu écrits des papiers, tu vas à des conférences et souvent tu enseignes. T'es chercheur-se quoi. Débutant-e, peut être mais chercheur-se quand même. C'est un travail donc tu es salarié-e.
 

Allitché

c'est plus l'année des trois petits cochons
1 Avr 2019
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@grenouilleau @Hypatie Il y a plein d'autres travails passionnants. Mais j'entends rarement (jamais ?) ailleurs que dans le cadre de la recherche quelqu'un.e dire avoir travailler sans être payé.e . Alors qu'ici c'est monnaie courante.
et le travail domestique :ninja:
(ce qui en rajoute pas du tout pour la double peine des meufs en couple et/ou mères)
 

Particule

Propage le chaos
4 Jan 2019
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@Silure_ @Allitché Exact ! Mais l'artistique c'est une Pâssion aussi :drama: .

Du coup oui je corrige, la recherche n'est pas le seul travail pour lequel il est usuel de bosser sans financement. :p
Par contre il existe probablement des boulangèr.e.s (c'est un exemple) passioné.e.s par leur boulot. Mais je ne suis pas sûre que ce soit usuel, d'avoir un.e passionné.e de boulangerie dire à un établissement "je suis passioné.e, si vous êtes ok, je viendrais faire du pain tous les matins à 4h, même le week-end, mais c'est ma Pâssion, j'ai pas besoin d'être payé.e"

Ça commence à être agaçant de s'entendre dire que ce qu'on fait n'est pas un "vrai" travail. Si c'en est un. On écrit des papiers, on fait des manip selon nos disciplines, du terrain, on enseigne.... C'est un travail. Certes on le fait car on aime la recherche mais ça ne nous enlève pas le droit de contester le contexte politique autour et de pointer les gros points négatifs de notre taff.
 

MarieCeline

There's a crack in my wall
4 Jan 2019
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Juste un petit mot sur le statut étudiant et demandeur d'emploi :
- La condition pour s'inscrire comme demandeur⋅se d'emploi, c'est d'être «disponible pour sa recherche d'emploi». On ne peut donc pas, en théorie, être étudiant⋅e dans une formation à temps plein (sauf formation approuvée par pôle emploi dans le cadre de sa recherche d'emploi, etc), puisqu'on ne serait plus disponible. Mais le statut d'étudiant des doctorant⋅es n'a pas grand chose à voir avec de la formation à temps plein, c'est un statut administratif pour permettre la délivrance du diplôme l'année de la soutenance. Ce n'est pas, dans ce cas, un obstacle à l'inscription (sinon on serait bien embêtés dans des facs comme la mienne ou il faut s'inscrire pour toute l'année universitaire de la soutenance...). Donc les doctorant⋅es en fin de thèse peuvent être techniquement étudiant⋅es *et* principalement consacré⋅es à leur recherche d'emploi, ce qui est à l'appréciation des conseiller⋅es PE (souvent ça ne pose pas de problème pour la période entre remise du manuscrit et soutenance par exemple). C'est une situation un peu particulière (en tout cas traitée comme telle par les agences PE du coin).
- La condition pour toucher l'ARE, en plus d'être inscrit comme demandeur⋅se d'emploi, c'est d'avoir cotisé un certain nombre de jours, et d'avoir perdu involontairement son emploi, ce qui est le cas des doctorant⋅es financé⋅es, qui ont pendant leur contrat le statut de salarié⋅es, et ont perdu leur emploi par fin de leur CDD.
 
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