Vis mon job d’archéologue

Une Rockie

Une Rockie Anonyme
25 Nov 2018
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#1
Pour l’anniversaire de mes cinq ans, on m’a demandé si je préférais aller au Louvre ou à Disneyland. La réponse a été immédiate et… inattendue. J’ai choisi le musée.
Aujourd’hui, 30 ans plus tard, je peux dire que j’exerce le métier qui me fait vibrer depuis toute petite : je suis archéologue.

Mon parcours pour devenir archéologue
Après un master d’archéologie des mondes antiques à la Sorbonne, puis un doctorat d’archéologie préhistorique à Paris X, me voilà embarquée dans le métier d’archéologue. Le vrai, le dur, pas celui bling-bling d’Indiana Jones ou celui dilettante d’Adèle Blanc Sec.
Dans les faits, ça implique de donner des cours à l’Université pendant l’année, mais personne au premier rang ne bat des cils pour me dire “I love you”.

Une fan du Dr Henry « Indiana » Jones
Ça implique de passer 4 mois par an à l’autre bout du monde aussi ! Sans internet, sans téléphone, parfois sans électricité même. Je navigue donc de la côte nord-est du Brésil à la côte sud de la Chine…...
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Dernière édition par un modérateur:

Brunehilde

On s'débrouille, avec ce qu'on a dans les mains !
4 Jan 2019
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#4
Oh mais en voilà une chaîne à laquelle je vais m'abonner direct :dowant:

Je connais une archéologue, mais elle fait pas de déplacements internationaux :erm:

Quand j'étais petite je voulais être paléontologue (et puis en devenant grande je me suis rendue compte que j'étais une quiche pour apprendre par coeur des trucs et faire des calculs, alors j'ai lâché l'idée d'en faire mon métier, mais je regarde toujours avec passion des reportages ou les revues spécialisées :happy:).

Mais je trouve ça vraiment chouette d'encourager les filles à faire des matières plus scientifiques.

J'ai l'impression que ça pose moins de problème maintenant que quand j'étais au collège/lycée.
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Portnawak

Well-known member
26 Jan 2019
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#5
C'est sympa d'avoir ces témoignages si variés, pour moi archéologue c'est ceux qui sont couchés dans la poussière à nettoyer les fossiles de dinosaures avec un pinceau. :taquin:

Par contre je trouve pas très sympa de refuser d'aller au barbec des potes avec son mari qui déjà est seul une partie de l'année le pauvre. Il a peut-être envie de sorties en couple de temps en temps.
 
You Rock !: Myush78
8 Mai 2019
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#7
J'ai été, ainsi qu'une bonne partie des ami.es, archéologue, et clairement on ne jouait pas dans la même cour. Nous, c'était plutôt enchaîner CDD sur CDD d'un bout à l'autre de la France (trouver du job à l'étranger = mission quasi impossible), candidater à des postes en ayant perdu d'avance car pistonnés, être payé.es le smic ou à peine plus pour un niveau master et parfois plus de 6 ans d'expérience, sans aucune perspective d'avenir ou de carrière. La majorité des archéologues arrêtent avant d'avoir eu 10 ans dans le métier à cause de toutes ces raisons (en plus des dommages physiques causés par ce métier).

Mais c'est toujours plaisant de lire le témoignage de quelqu'un qui a réussi!
 

TheMadTink

Moi dans le doute je réponds merde.
9 Jan 2019
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#8
Je suis archéologue et claiiiiiiirement je rejoins le témoignage de @ErsatzE on ne joue ABSOLUMENT pas dans la même cours que la rockie du témoignage.
La réalité du travail pour 90% des achéos en France c'est enchaîner les CDD payés au SMIC dans des coins aussi charmant que Montereau sur le Jard, Saint-Martin la Garenne ou Bouzi les trois églises, se taper des fouilles sur des terrains pollués, la précarité et l'absence de perspective de carrière :yawn:
 

Shoujiki

Well-known member
3 Jan 2019
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#9
En France il y a aussi le domaine de l'archéologie préventive avant travaux ou nouvelles constructions
edit: mais je m'y connais pas trop
 
8 Mai 2019
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#10
En France il y a aussi le domaine de l'archéologie préventive avant travaux ou nouvelles constructions
edit: mais je m'y connais pas trop
Oui, c'est principalement dans ce domaine là que les archéologues travaillent (en CDD de quelques mois en général, dans des boîtes privées ou des institutions publiques). L'autre domaine, l'archéologie programmée, concerne plutôt les universités et recrute en grande majorité des bénévoles et se déroule pendant les vacances scolaires.
 
3 Jan 2019
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#12
Merci pour ce témoignage bien écrit et plein d'énergie positive ! Mais je voudrais aussi en savoir plus sur le côté technique des choses, j'ai pleeeein de questions pour l'auteur de l'article et aussi les autres archéologues qui ont commenté:
- Comment vous trouvez du travail? Est-ce que c'est possible d'être en CDI? En général qui vous embauche, les universités, les musées, une administration ?
- Quel est le profil type de ce métier? Plus d'hommes? Plus de jeunes/vieux? Est-ce que vous constatez des évolutions?
- Quels sont les différents types de missions que vous pouvez faire? (comme par exemple l'archéologie préventive c'est quoi exactement?)
- À quoi ressemble une journée type de fouille? Pour moi, j'ai juste en tête l'image d'un périmetre de terre quadrillé et de gens qui passent 2h a creuser un mini trou pour être sûrs de ne rien endommager ^^
Merci :fleur:
 

croquette

New member
21 Juin 2019
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#13
En tant qu'archéologue du préventif, je suis d'accord avec ErsatzE et TheMadTink, l'article est bien sympa mais ne reflète absolument pas la situation actuelle de l'archéologie en France. Cet article de Libé paru l'année dernière donne une vision bien plus réaliste :

https://next.liberation.fr/arts/2018/06/21/les-archeologues-nouveaux-damnes-de-la-terre_1661003

Pour répondre à Justinesmnn :

premier petit point, l'archéologie préventive : il s'agit d'opérations de fouilles qui sont réalisées au préalable de grands aménagements du territoire (autoroute, lotissement, rond-point...), pour documenter le patrimoine avant qu'il ne soit détruit. C'est une loi qui est passée en 2001, qui rend les fouilles obligatoires avant destruction des vestiges. Cette activité est réalisée par des opérateurs privés qui sont des entreprises ou des bureaux d'étude (Eveha, Archeodunum, Paléotime, Mosaïque, Hades...), ou par l'Inrap (Institut national de recherche en archéologie préventive), établissement semi-public. C'est l'aménageur (=l'entreprise qui construit l'autoroute, le lotissement, le rond-point) qui finance les fouilles, un peu selon le principe "pollueur-payeur", en l'occurrence ici c'est plutôt "destructeur de vestiges-payeur". On peut aussi qualifier cette archéologie "d'archéologie commerciale" : l'aménageur nous paye pour qu'on lui vide son terrain des vestiges archéologiques. Autant te dire qu'il va choisir l'entreprise qui lui fait le devis le moins cher.... Bref. Ceci étant posé.

Quand on fait des études d'archéologie, on commence par faire du bénévolat sur les chantiers de fouilles programmées ouverts aux étudiants pendant l'été (des sortes de chantier école, c'est ici que ça se passe : http://www.culture.gouv.fr/Thematiques/Archeologie/Sur-le-terrain/Chantiers-de-benevoles). Normalement on y crée des contacts qui vont nous aiguiller pour trouver un sujet de Master (pro ou recherche, à voir selon ton profil), diplôme qui te donnera une spécialité. Il est aussi possible de faire des stages au sein d'entreprises d'archéologie préventive pendant les études.

Une fois le Master en poche, tu peux faire un doctorat (si tu as un financement comme par exemple une bourse CIFR ou une allocation de recherche ministérielle, ou bien si tu alternes petits boulots et thèse). Si tu as "seulement" un Master, tu peux te tourner vers l'archéo préventive (boites mentionnées ci dessus) pour décrocher des contrats de technicien de fouille, selon leurs besoins quand ils ont de l'activité. Pour un premier contrat, il faut évidemment justifier d'un bon mémoire de Master mais aussi d'une expérience significative de terrain (les fouilles programmées donc, et aussi les stages). Plus tu auras enchaîné les CDD, plus tu auras de l'expérience, plus tu auras de chances de pouvoir te faire confier des petites responsabilités (en tant que responsable de secteur par exemple). Pour ce qui est du CDI, les entreprises ont tendance à ne recruter que des spécialistes (anthropologue, céramologue, géo-morphologue, archéo-zoologue...) et des responsables d'opération. Les CDD (techniciens de fouille) sont leur variable d'ajustement, comme toute entreprise qui a des besoins qui fluctuent fortement en fonction de l'activité économoque. Je te conseille donc très vivement d'avoir une spécialité, ou à prendre le plus de responsabilités possibles sur les chantiers si tu souhaites un jour être embauchée en CDI. Cela peut prendre plusieurs années, j'ai des collègues avec 5, 10 ans d'expérience qui sont toujours en CDD.

Si tu réussis à faire une thèse, cela t'ouvre plus de portes : tu peux, en plus de l'archéologie préventive, postuler pour travailler à l'Université (enseignant-chercheur : d'abord Maitre de conférences, puis après avoir passé une habilitation à diriger des recherches tu obtiens le statut de Professeur) ou tenter de rentrer au CNRS. Bien évidemment, ce sont des parcours très longs, qui demandent énormément de sacrifices (pas de vacances, contrats précaires pour cumuler de l'expérience en enseignement de fac en tant que vacataire, mobilité géographique, absence de vie personnelle). Sans compter qu'une thèse ne suffit plus, il faut faire dans l'idéal un post-doc à l'étranger (= comme une seconde thèse). Pas simple du tout, mais tout est toujours possible avec énormément de travail ET de la chance. Parce qu'il faut savoir qu'il y a extrêmement peu de postes, pour un nombre faramineux de candidats.

Donc si je résume on a deux profils de métiers très différents :
- l'archéologie préventive et plus particulièrement le poste de technicien de fouille, qui s'apparente aux conditions de travail dans le BTP (grand déplacement, travail sous intempéries, port de charges lourdes), cela nécessite une bonne condition physique et ne pas craindre de travailler loin de chez soi la plupart du temps ; si tu réussis à évoluer en responsable d'opération, tu feras moins de terrain et tu pourras être occupée, disons à la louche, une moitié de l'année en bureau, à rédiger tes rapports de fouille. Les conditions de travail sont dures, mais globalement les collègues sont sympa. Il y a à peu près autant d'hommes que de femmes. La moyenne d'âge à l'Inrap est assez élevée (autour de la cinquantaine) puisque c'est le premier institut de préventif qui a été fondé. Les opérateurs privés (Eveha, Archeodunum etc) sont plus jeunes, entre 30 et 40 ans je dirais. Les CDD sont bien plus jeunes (tout frais sortis de Master) et les CDI sont plus vieux, autour de la quarantaine.
- l'université et le CNRS : Il y a beaucoup moins de terrain, puisque tu peux ne faire "que" des fouilles programmées l'été pour tes étudiants... En gros, c'est du boulot de recherche (bibliographie, travail de labo, participations à des congrès, publication des résultats) mais il y a aussi un énorme volet administratif, pour trouver des financements à tes projets ou mettre en place les maquettes d'enseignement. L'enseignement est chouette, l'encadrement des étudiants de Master (puis de thèse après avoir eu ton HDR) fait aussi partie du lot. L'organisation de manifestations scientifiques fait partie du job aussi. Du point de vue de l'âge, on est sur du plus vieux que dans le préventif, je dirais que la moyenne d'âge de recrutement des maitres de conf est autour de 35-40, le passage au statut de professeur aux alentours de la cinquantaine. Je trouve (mais c'est peut être subjectif) que les femmes sont moins présentes au niveau des postes à responsabilité. Je pense que c'est lié aux énormes sacrifices personnels qu'il faut faire pour en arriver là ...

pour finir, tu te douteras bien qu'une journée type de fouille dépend de ton poste précis... En préventif c'est généralement assez physique (fouille manuelle à la truelle, ou pelle-pioche, pousser des brouettes, déplacer des cailloux) mais il y a aussi des moments où on fait des relevés (= dessin technique de ce que l'on vient de fouiller) et des photos. Le responsable d'opération va passer plus de temps à coordonner son équipe, prendre des décisions scientifiques, rendre compte de l'avancée des travaux à sa hiérarchie mais aussi à l'aménageur (qui est ne l'oublions pas son client). C'est un poste avec pas mal de stress, puisque généralement on a assez peu de moyens par rapport aux vestiges que l'on trouve !

Voilà un peu mes réflexions, je veux pas te faire peur ni te décourager, mais je trouve important de casser l'image glamour et fantasmée du métier, pour éviter les déceptions...
 
3 Jan 2019
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#14
En tant qu'archéologue du préventif, je suis d'accord avec ErsatzE et TheMadTink, l'article est bien sympa mais ne reflète absolument pas la situation actuelle de l'archéologie en France. Cet article de Libé paru l'année dernière donne une vision bien plus réaliste :

https://next.liberation.fr/arts/2018/06/21/les-archeologues-nouveaux-damnes-de-la-terre_1661003

Pour répondre à Justinesmnn :

premier petit point, l'archéologie préventive : il s'agit d'opérations de fouilles qui sont réalisées au préalable de grands aménagements du territoire (autoroute, lotissement, rond-point...), pour documenter le patrimoine avant qu'il ne soit détruit. C'est une loi qui est passée en 2001, qui rend les fouilles obligatoires avant destruction des vestiges. Cette activité est réalisée par des opérateurs privés qui sont des entreprises ou des bureaux d'étude (Eveha, Archeodunum, Paléotime, Mosaïque, Hades...), ou par l'Inrap (Institut national de recherche en archéologie préventive), établissement semi-public. C'est l'aménageur (=l'entreprise qui construit l'autoroute, le lotissement, le rond-point) qui finance les fouilles, un peu selon le principe "pollueur-payeur", en l'occurrence ici c'est plutôt "destructeur de vestiges-payeur". On peut aussi qualifier cette archéologie "d'archéologie commerciale" : l'aménageur nous paye pour qu'on lui vide son terrain des vestiges archéologiques. Autant te dire qu'il va choisir l'entreprise qui lui fait le devis le moins cher.... Bref. Ceci étant posé.

Quand on fait des études d'archéologie, on commence par faire du bénévolat sur les chantiers de fouilles programmées ouverts aux étudiants pendant l'été (des sortes de chantier école, c'est ici que ça se passe : http://www.culture.gouv.fr/Thematiques/Archeologie/Sur-le-terrain/Chantiers-de-benevoles). Normalement on y crée des contacts qui vont nous aiguiller pour trouver un sujet de Master (pro ou recherche, à voir selon ton profil), diplôme qui te donnera une spécialité. Il est aussi possible de faire des stages au sein d'entreprises d'archéologie préventive pendant les études.

Une fois le Master en poche, tu peux faire un doctorat (si tu as un financement comme par exemple une bourse CIFR ou une allocation de recherche ministérielle, ou bien si tu alternes petits boulots et thèse). Si tu as "seulement" un Master, tu peux te tourner vers l'archéo préventive (boites mentionnées ci dessus) pour décrocher des contrats de technicien de fouille, selon leurs besoins quand ils ont de l'activité. Pour un premier contrat, il faut évidemment justifier d'un bon mémoire de Master mais aussi d'une expérience significative de terrain (les fouilles programmées donc, et aussi les stages). Plus tu auras enchaîné les CDD, plus tu auras de l'expérience, plus tu auras de chances de pouvoir te faire confier des petites responsabilités (en tant que responsable de secteur par exemple). Pour ce qui est du CDI, les entreprises ont tendance à ne recruter que des spécialistes (anthropologue, céramologue, géo-morphologue, archéo-zoologue...) et des responsables d'opération. Les CDD (techniciens de fouille) sont leur variable d'ajustement, comme toute entreprise qui a des besoins qui fluctuent fortement en fonction de l'activité économoque. Je te conseille donc très vivement d'avoir une spécialité, ou à prendre le plus de responsabilités possibles sur les chantiers si tu souhaites un jour être embauchée en CDI. Cela peut prendre plusieurs années, j'ai des collègues avec 5, 10 ans d'expérience qui sont toujours en CDD.

Si tu réussis à faire une thèse, cela t'ouvre plus de portes : tu peux, en plus de l'archéologie préventive, postuler pour travailler à l'Université (enseignant-chercheur : d'abord Maitre de conférences, puis après avoir passé une habilitation à diriger des recherches tu obtiens le statut de Professeur) ou tenter de rentrer au CNRS. Bien évidemment, ce sont des parcours très longs, qui demandent énormément de sacrifices (pas de vacances, contrats précaires pour cumuler de l'expérience en enseignement de fac en tant que vacataire, mobilité géographique, absence de vie personnelle). Sans compter qu'une thèse ne suffit plus, il faut faire dans l'idéal un post-doc à l'étranger (= comme une seconde thèse). Pas simple du tout, mais tout est toujours possible avec énormément de travail ET de la chance. Parce qu'il faut savoir qu'il y a extrêmement peu de postes, pour un nombre faramineux de candidats.

Donc si je résume on a deux profils de métiers très différents :
- l'archéologie préventive et plus particulièrement le poste de technicien de fouille, qui s'apparente aux conditions de travail dans le BTP (grand déplacement, travail sous intempéries, port de charges lourdes), cela nécessite une bonne condition physique et ne pas craindre de travailler loin de chez soi la plupart du temps ; si tu réussis à évoluer en responsable d'opération, tu feras moins de terrain et tu pourras être occupée, disons à la louche, une moitié de l'année en bureau, à rédiger tes rapports de fouille. Les conditions de travail sont dures, mais globalement les collègues sont sympa. Il y a à peu près autant d'hommes que de femmes. La moyenne d'âge à l'Inrap est assez élevée (autour de la cinquantaine) puisque c'est le premier institut de préventif qui a été fondé. Les opérateurs privés (Eveha, Archeodunum etc) sont plus jeunes, entre 30 et 40 ans je dirais. Les CDD sont bien plus jeunes (tout frais sortis de Master) et les CDI sont plus vieux, autour de la quarantaine.
- l'université et le CNRS : Il y a beaucoup moins de terrain, puisque tu peux ne faire "que" des fouilles programmées l'été pour tes étudiants... En gros, c'est du boulot de recherche (bibliographie, travail de labo, participations à des congrès, publication des résultats) mais il y a aussi un énorme volet administratif, pour trouver des financements à tes projets ou mettre en place les maquettes d'enseignement. L'enseignement est chouette, l'encadrement des étudiants de Master (puis de thèse après avoir eu ton HDR) fait aussi partie du lot. L'organisation de manifestations scientifiques fait partie du job aussi. Du point de vue de l'âge, on est sur du plus vieux que dans le préventif, je dirais que la moyenne d'âge de recrutement des maitres de conf est autour de 35-40, le passage au statut de professeur aux alentours de la cinquantaine. Je trouve (mais c'est peut être subjectif) que les femmes sont moins présentes au niveau des postes à responsabilité. Je pense que c'est lié aux énormes sacrifices personnels qu'il faut faire pour en arriver là ...

pour finir, tu te douteras bien qu'une journée type de fouille dépend de ton poste précis... En préventif c'est généralement assez physique (fouille manuelle à la truelle, ou pelle-pioche, pousser des brouettes, déplacer des cailloux) mais il y a aussi des moments où on fait des relevés (= dessin technique de ce que l'on vient de fouiller) et des photos. Le responsable d'opération va passer plus de temps à coordonner son équipe, prendre des décisions scientifiques, rendre compte de l'avancée des travaux à sa hiérarchie mais aussi à l'aménageur (qui est ne l'oublions pas son client). C'est un poste avec pas mal de stress, puisque généralement on a assez peu de moyens par rapport aux vestiges que l'on trouve !

Voilà un peu mes réflexions, je veux pas te faire peur ni te décourager, mais je trouve important de casser l'image glamour et fantasmée du métier, pour éviter les déceptions...
Merci pour toutes les explications :rainbow:
 

Chocovore

éclair au chocolat
9 Jan 2019
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#15
Je viens de finir le livre Retour vers le paléo co-écrit par Jennifer.
C’est dans les dernières pages lorsque le collectifs est présenté que ça fait tilt dans mon cerveaux et que ça m'a rappelé quelque chose que j’avais déjà lu ici.

Si j’ai trouvé le niveau d’informations sur la vie paléolithique accessible, intéressant, sourcé de manière satisfaisante pour un livre universitaire, le style et le ton d’écriture m’ont assez choqué.

Je suis probablement biaisé par une approche familiale trop conservatrice autour de l’objet du livre universitaire, et parce seul une partie des ouvrages ont traversé le temps, mais j’ai été frappé par le potentiel d'obsolescence de cet ouvrage (une sensation qui ne m’arrive que rarement face à un livre et quasi exclusivement sur des ouvrages politiques). Il y a tellement d’allusions à des références actuelles ultra-ciblées (et de jeux de mots un peu trop faciles) que je ne me vois pas conseiller ce bouquin aux plus proches amateurs de préhistoire que je côtoie comme mes parents et mes tantes alors qu’on se conseille parfois de ces ouvrages ultra poussif où l’auteur fait une “petite ellipse” de 200 pages sur la culture de la céramique cordée.
 
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