Un homme peut-il être féministe ?

Querencia

Member
19 Juil 2020
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Un homme cis peut être un allié, mais pas féministe compte tenu du fait qu'ils sont les premiers à profiter de ce que nous les femmes, sont obligées de subir. Ils peuvent comprendre, militer, mais comme ce qui les touchent découle immédiatement de ce que EUX ont mis en place et que la majorité des choses sont largement en leur faveur, ils ne peuvent pas être féministe.
(et d'autant plus quand c'est pour relayer leur propre opinion sur certaines choses ou pour prendre la parole à la place des femmes)
 

meta

Well-known member
18 Juil 2019
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C’est une question qui m’intéresse.
Je ne me prononce pas pour le moment…

Après plusieurs lectures croisées et rencontres (je peux avoir mon cookie ?), je ne sais pas si je suis féministe. Je pense que le féminisme d’aujourd’hui me fait peur, parce que je ne sais pas ce qu’il demande, où il va. J’ai l’impression qu’il y a beaucoup de courants, certains plus extrêmes, certains plus médiatisés, et que plus je lis à ce sujet, moins c’est clair, ce qui me fait me dire qu’il y a un problème avec le concept (ou la définition, merci au-dessus pour les efforts).

Je connais des hommes qui n’aiment pas que des femmes se déclarent féministes. J’apprends aujourd’hui que l’inverse est vrai, que des femmes n’aiment pas que des hommes se déclarent féministes :)
Après je trouve ça intéressant que certains disent "je suis féministe, t’inquiète" pour emballer. Est-ce qu’on leur a posé la question, ou est-ce qu’ils l’affirment d’eux-mêmes ? 

@AngèleLN je demande sincèrement, quels droits manquent aujourd’hui aux femmes (en France ou pays similaires), que des hommes voudraient leur refuser ? J’ai regardé un peu, j’ai vu plusieurs revendications pour le salaire ou des quotas par exemple, mais pour moi ça ne touche pas les droits directement ?

Voilà, c’est peut-être pas le bon sujet pour tout déballer et c’est peut-être pas exactement le débat… si c’est le cas, je verrai pour un autre sujet.
 

AngèleLN

Let's Play
1 Avr 2019
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wordpress.com
@meta Déjà l'allongement du délai d'IVG fait polémique en ce moment si je dois te citer un droit tout de suite. Sachant qu'il y'a un gros problème d'accès à l'IVG en France.

Après c'est bien plus compliqué qu'une question de droit. Certes au niveau du droit, nous ne sommes pas trop mal loti mais c'est tout le reste qui ne va pas...
Moi je réclame une chose principale, une société où je ne risque pas de me faire agressée, violée, battue parce que je suis une femme. Une société où un homme ne sera pas offensé parce que je gagne mieux ma vie que lui. Une société où un couple se partagera à 100% la charge mentale et les tâches ménagères. Une société où je n'aurais pas à subir de plafond de verre parce que j'aurais décidé de faire un enfant. Une société où je ne serais pas vu comme une sorcière si je décide de ne pas en avoir. Bref, je rêve d'une France qui ne serait plus une société patriarcale.

Et tu serais étonné du nombre d'hommes qui disent que les féministes exagèrent alors que je peux te sortir plein d'études pour te prouver tous les problèmes que je viens de te citer.
 

LuLa

Oeuvre au noir
4 Jan 2019
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@meta C'est pas une question de "droits" mais une question d'égalité. Les inégalités peuvent se traduire dans toutes les sphères de la société et de plein de manières différentes: famille (charge mentale, violences, féminicides, répartition des tâches...), relations amoureuses (charge mentale encore et toujours, sexualité...), travail (discriminations...), culture et loisirs (représentation de la femme, manque de représentativité...), éducation (stéréotypes de genres...), vie citoyenne et politique (manque de représentativité, harcèlement, discriminations...), etc etc.
 
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Chocovore

éclair au chocolat
9 Jan 2019
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@meta Le concept de féminisme est assez flou, mais ce n’est pas forcément un problème en soi.
C’est le cas de la majorité des grands courants de pensées (voir des métarécits si on aime Lyotard) comme par exemple, le marxisme qui regroupe aussi bien de gens comme Lénine, Trotsky et Mao que Marcuse, Fromm, Louis Althusser ou Simone Weil mais on peut le décliner avec l’écologie, la démocratie, l'émancipation,...

Mais c’est difficile d’y associer extérieurement, une personne ou non. Ça revient à limiter la question à la lecture de son propre sous-courant, ou d'estimer qu’on a une vision d’ensemble du courant de pensée.

@AngèleLN Mais les couples se partagent déjà 100% de la charge mentale et les tâches ménagères. Il y en a même où c’est la femme qui récolte les 100% pour elle toute seule. (ahah désolé pour ce troll sur la forme :troll: )
 

LadyOscar

Well-known member
5 Jan 2019
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Je pense qu'un homme peut être féministe tout comme une femme. Par contre, ma définition personnelle intègre le fait que cela ne doit pas lui bénéficier personnellement mais bien viser à l'émancipation de l'ensemble ou d'un sous-ensemble de femmes. Typiquement pour un homme (hétéro): n'est pas du féminisme que de manifester à une femme son soutien pour qu'elle se sente libre d'explorer sa sexualité quand derrière il propose de le faire avec lui.
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Acathe

Well-known member
4 Jan 2019
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Je peux apprécier que des hommes se disent féministes parce que ca montre que ce n'est plus un mot interdit et une tare, genre "je suis pas féministe je suis universaliste !", "Rha elle est chiante elle est féministe" ... :stare:
Après je dois vivre dans une monde moins hype car je connais peu ou aucun de mecs qui le disent pour se faire mousser.
Du coup je suis contente que des mecs aient pas peur de se revendiquer féministe en disant "Ben je suis pour l'égalité homme-femme donc oui je suis féministe".

Par contre de mon côté, je les considère plutôt comme des alliés :lunette:
Disons que je n'ai jamais vu aucun mec concrètement changer les choses en profondeur. Déjà si je pouvais voir les gars qui se disent féministes en manif, ca me ferait plaisir. (Mon mec se sent pas...) Et puis ils ont été socialisés mecs, et d'une façon ou d'une autre, ca ressort. Et pourtant mon copain fait des mega efforts, mais il pourra pas s'empêcher de m'expliquer un truc que je connais par coeur, ou bien de prendre plus la parole, ou plus de place physiquement, ou de pas penser aux milliards de trucs auxquels je pense sans cesse. Parce que moi aussi j'ai été socialisée femme, et que ca occupe sans cesse mon cerveau, et que sans cesse je me fais couillonner à cause de ça, parfois contre ma volonté.
Je pense à un truc débile, mais parfois quand je veux écrire un mail délicat à ma direction, je lui demande son avis. Il me l'a quelque fois réécrit complètement, c'était impossible à envoyer tellement c'était brut et direct. Je suis sûre que je me serais faite ramasser d'ailleurs (sûrement pas lui, cela dit ...). Du coup maintenant je lui demande de me relire, et pour lui tous mes modulateurs d'avis et mes conditionnels, il les fait sauter. Je me retrouve limite à négocier en mode "Bon celui-là je le garde, celui-là t'as raison faut que j'arrête de faire la carpette". Bref tout ça, il le réfléchit pas, c'est normal pour lui. Moi quand j'écris un mail, je prends 30min et je me relis 200fois.
Donc non, il ne pourra pas tout comprendre, mais il pourra me soutenir du mieux qu'il le peux, depuis sa compréhension et les efforts qu'il fait pour entendre de quoi je parle.

N'empêche, hyper régulièrement je lis sous des témoignages banals pour des femmes, des mecs choqués qui disent "Je le savais, mais je ne pensais vraiment pas que c'était comme ça / à ce point".
Dernièrement je lisais des tweets de témoignages de sororité. Et un gars qui réalise à quel point les gars qui sortent leur bite et se branlent dans les transports devant des meufs est fréquent. Alors que c'est une évidence pour nous tant on a entendu ces histoires.
 

HellaSly

Slytherin
3 Jan 2019
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@meta

Hum, déjà je tiens à dire que je ne cherche pas à t'attaquer personnellement. Mais que du coup tu montres bien l'exemple de pourquoi les hommes ne peuvent pas se déclarer féministe. Allié oui, mais pas féministe.

Déjà j'ai remarqué, que même chez les hommes de bonne foi qui tentent vraiment de comprendre, le fait de ne pas avoir l'expérience de certaines choses est problématique. Parce que c'est dur de comprendre le poids du patriarcat au quotidien, depuis ton enfance, quand tu ne le vis pas personnellement. D'un point de vue extérieur, cela peut paraître léger, que l'on se plaint pour rien, qu'il y a des choses beaucoup plus graves dans le monde, que les lois sont de notre côté. Sur le papier, en majorité, peut-être oui que les lois sont de notre côté. Mais :

- c'est déjà sans compter sur le poids de l'éducation. Même si on est élevé par des parents qui ne font pas de différence entre un garçon ou un fille, il y en a quand même. En côtoyant les autres, à l'école, plus tard en entreprise. Il y a vraiment des valeurs qui sont intégrées inconsciemment. Deja on a tendance à penser que les femmes sont plus débrouillardes, plus matures. Ce qui fait qu'en soit on est dès la petite enfance moins maternée. Ce qui du coup donne effectivement des petites filles en general plus débrouillarde, parce qu'on les a laissé gérer plus vite certaines choses seules : s'habiller, se laver, encourager à participer aux tâches ménagères de la maison, s'occuper de ses devoirs seules, laissé seule à la maison plus tôt, donner des responsabilités comme aller chercher le pain, etc. De plus, la société est déjà moins délicates quand une fille n'arrive pas à gérer ces choses là. Contrairement aux garçons, où les gens sont en général plus indulgents parce que se sont des garçons, les pauvres.

- ensuite il y a le poids du regard, même enfant, qui est dérangeant plus on grandit. Les remarques dès l'adolescence. Soit belle et tais toi. Il faut souffrir pour être belle. Tes douleurs de règles sont normales, c'est les règles. Tu es jolie comme un cœur. Les gens ne se rendent pas compte mais les remarques sur le physiques, dès le jeune âge, induit déjà une certaine pression sociétale à se conformer à un standard. Oui les garçons ont aussi ce genre de remarques mais elles sont généralement plus indulgentes. Les petites-filles sont encouragés à être douce, à ne pas user de la violence à l'école, à être dans le care et dans l'empathie. En soit c'est une bonne chose, tous le monde devrait être encouragé à user de ce genre de valeur. Mais une petite fille qui adopte des comportements jugés plus masculins sera quand même beaucoup plus réprimandée (se salir, être plus violent quand on l'embête, répondre, user d'insolence, faire des bêtises d'enfants classiques, etc). Ça Creuse un écart. Là où on va encourageait la prise de risque chez les garçons, où on va encourager la prise d'initiatives, le fait d'affirmer son caractère. Une petite fille devra apprendre à se faire discrète, à être plus souple, plus adaptable. Forcement cela a un impact sur la vie d'adulte, notamment dans le monde professionnel. Les femmes auront moins tendance à risquer des actions qui pourront leurs apporter des promotions en cas de succès. Elles n'auront pas le réflexe de négocier autant leurs salaires. Elles seront plus discrètes en entreprise ce qui leur donnera un avancement moins rapide (en plus des thématiques liées à l'injonction de maternité que je développerais plus bas). Elles auront moins d'ambitions et auront tendance à se sacrifier pour le conjoint. Ceci sont des généralités, toutes les femmes n'agissent pas ainsi. Mais toutes partent quand même avec un sacré handicap. Notons aussi le syndrome de l'imposteur plus présent.

- parlons maintenant du rôle attendu d'une femme. Déjà en entreprise, les femmes auront tendance à être considérée comme moins fiables. Or la grossesse qui prend quelques mois de son temps, se sont quand même majoritairement elles, encore aujourd'hui, qui vont gérer l'après grossesse en majorité. Dans le sens où le congés enfant malade, même si le père en prend parfois, est pris plutôt par les femmes. De même que la réduction des heures en entreprise, pour aller chercher l'enfant à l'école, l'amener à l'école, le garder le mercredi, l'amener aux activités extra scolaire. Mais aussi faire les courses, gérer le stock alimentaire (car même si des hommes font les courses, c'est généralement la femme dans un couple hétéro qui va gérer le stock a la maison et la liste de course, ce qui s'ajoute à La charge mentale. Tout comme les rendez-vous médicaux, etc). L'homme souvent, même s'il fait parfois autant dans le couple, aura tendance à se reposer sur l'organisation de sa femme. Il va faire le ménage mais ne va pas forcément penser que mardi c'est jour de lessive, va plutôt s'appuyer sur sa femme pour l'organisation de ce genre de chose. Et au quotidien, quand tu dois gérer ta vie pro, ta vie de famille, en vrai c'est épuisant.

- évoquons la sexualité féminine. Qui est déjà beaucoup plus tabou que la masculine. Il est déjà d'avis collectif que la femme a moins de désir sexuel. Une femme qui en a beaucoup sera peut-être vu positivement par son conjoint, mais sera plus facilement jugée par la société comme hors norme. La masturbation, pas beaucoup en parle (même si beaucoup plus aujourd'hui). C'est vu comme quelque chose d'exceptionnel alors qu'en fait, on a les mêmes envies d'exploration que les hommes à l'adolescence en général, beaucoup n'osent même pas le faire seule, de peur d'être jugée même si personne n'est au courant. Cela a forcément un impact sur sa propre sexualité, quand tu n'as jamais pris le temps de te découvrir personnellement.
De plus, les femmes sont jugées pour avoir moins de désir. Ce qui biologiquement, rien ne le prouve (non la testostérone n'est pas l'hormone du sexe). Mais au final, quand une femme doit gérer en majorité la vie du couple et du foyer, en plus de la vie pro, forcément la fatigue a un gros impact sur son désir personnel. Ça demande d'avoir du temps pour y penser, pour se détendre. De plus, les femmes en couples hétéro jouissent généralement moins, forcément ça donne pas envie de s'adonner à Une activité si tu sais que tu ne vas pas en retirer du plaisir mais plutôt un moment fatiguant et parfois désagréable. On est jamais mieux servi que par soi-même.
Enfin il reste la dichotomie entre la "putain" et la "mere". Le fait que la société attend des femmes qu'elles soient désirables mais pas trop, douée mais sans trop d'expériences non plus, sexy mais pas trop, débridée mais pas trop. C'est hyper compliqué d'arriver à s'assumer sur ce domaine là sans se sentir jugée.
Sans parler de la drague lourde quotidienne depuis l'adolescence, du harcèlement de rue, au travail parfois, de l'injonction à Coucher régulièrement pour une norme sociétale, d'être toujours au top physiquement, de sentir le poids du vieillissement plus intense que chez les hommes (oui les hommes ont tendance à être considérés comme parfois plus désirable avec le temps alors que la femme est souvent vue comme "périmée" avec le temps). Se sont des généralités que je fais là bien sûr. Mais cela a un poids et un impact sur les attentes.

- tout ce qui est lié aux problèmes féminins. C'est considéré comme sale souvent, quelque chose qui doit être caché. Par exemple je me rappelle de la honte au collège si la serviette hygiénique de mon sac tombée en classe. Mais pourquoi j'avais honte en soit alors que c'est une chose naturel, que je vais vivre pendant x année dans ma vie. Aujourd'hui perso je m'en fiche complet si les gens voient mes protections et je me ballade librement dans mon taff avec ma serviette à la maison pour aller me changer. Et gare à celui ou celle qui feront une remarque. C'est juste normal. Je ne cherche pas à le montrer, j'en ai juste ma claque de me cacher.
Aussi puisqu'on parle des règles, les syndromes menstruels qui nous font passe pour des hystériques contrôlées par nos hormones (le fait qu'on est plus faim parfois, plus envie de Sucre, plus sur les nerfs, etc). Et la douleur qui n'est pas prise en compte. Considérée comme normal. Ce qui pousse beaucoup de femmes à se négliger sur le plan médical et qui découvre un soucis gynéco tardif, comme les ovaires polykistiques, ou l'endométriose. Sans parler du parcours du combattant, souvent épuisant pour se faire entendre par le milieu médical qui conduit aussi à un retard se diagnostic (pourtant depuis quelques années 70% des médecins sont des femmes, cela n'empêche pas à ces médecins d'être sexiste aussi, par ce que c'est comme ça qu'elles ont appris).
D'ailleurs parlons du médical, mais vu que la société nous considère comme douillette, forcément nos douleurs sont très souvent jugées psychologiques, alors qu'elles cachent bien souvent une réalité médicale (mes maladies auto immunes considérées comme psychologiques qui ont entraîné un retard de diagnostic et donc plus de douleurs et donc une perte d'emploi). Un homme sera beaucoup plus entendu facilement sur ce sujet. Bien que le poids du sexisme induit parfois qu'ils n'iront pas se faire soigner aussi.
La contraception, souvent gérée par les femmes car ça les concerne. Au final il faut être deux pour faire un gosse. Pourtant ça repose bien souvent sur nos têtes. Économiquement (oui toutes les contraceptifs ne sont pas remboursés), moralement (faut y penser). En plus ils ne sont pas efficaces à 100%. Mais dès qu'il y a un problème, c'est quand même forcement une erreur de notre part. Donc case IVG. Où tous les hommes n'accompagnent pas la femme dans les démarches, qu'elle vit souvent seule. Ou qui pensent pouvoir avoir un avis sur ce qu'il y a dans nos utérus. Beaucoup d'IVG sont vécus comme traumatiques déjà parce qu'on est seule, plus le poids de l'injonction à être triste (perso c'était la meilleure décision de ma vie que j'ai jamais prise, et fuck ceux qui pensent que je suis insensible, c'était juste des cellules, bye)
En plus c'est parfois le parcours du combattant pour avoir un rendez-vous à temps. D'où la demande d'allongement du délais pour l'IVG.


Bref franchement je pourrais continuer comme ça pendant heures pour montrer que le féminisme est utile et un sujet majeur dont il faut parler. Parce que ce n'est pas normal que 50% de l'humanité souffre autant de sa condition, d'être juste une femme.
Et je trouve que c'est un réel manque d'empathie que de penser que l'égalité est présente aujourd'hui, même chez nous. C'est pas avoir fait l'effort de comprendre les thematiques, de les avoir négligé, d'avoir pensé qu'elles sont extrêmes. J'entends que la perte de privilèges n'est pas si simples à vivre et à envisager. Mais ce n'est que le rétablissement d'un équilibre en fait.
C'est pour tout ça que je pense qu'un homme, même de bonne foi, ne peut pas être féministe. Mais un allié ceci dit. Un allié dans le couple en prenant aussi de la charge mentale, en permettant à sa compagne de mener une carrière pro si elle le veut, en se sentant concerné par tous les thèmes, en aidant au foyer sans attendre d'instruction, en participant à la contraception, en reprenant ses potes quand ils font des remarques sexistes, etc.
 

Nylah

Ne pas me citer, merci !
23 Juil 2020
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Pareil qu' @AngèleLN . D'expérience, je suis plutôt méfiante envers les hommes cis qui se disent féministes.
Je pense sincèrement qu'un homme cis peut le devenir même si le chemin de la déconstruction est long. J'en ai rencontré et ils ne se considéraient pas forcément comme étant féministes, pour eux c'était normal d'agir d'égal à égal, ils avaient conscience dès le départ d'être privilégiés et souhaitaient que ça change.

PAR CONTRE, si je lis le profil d'un homme cis qui se revendique féministe, je vais me méfier. Certains agresseurs ne vont pas hésiter à se faire passer pour militant afin de trouver des proies. :/ Ce n'est pas la majorité mais il faut faire attention.

J'ai eu plusieurs cas dans mon entourage où le type cis se disait ouvert d'esprit, féministe, respectueux de l'autre et opé sur le consentement mais dès que l'on creuse un tout petit peu, on se rend vite compte que ça n'est pas ça du tout. J'ai un exemple bien précis d'un type qui se prétendait comme tel et qui disait militer pour le droit des femmes, qu'il luttait contre la pédophilie et qui racontait sur les réseaux à qui voulait l'entendre qu'il était militant à 10000%.

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meta

Well-known member
18 Juil 2019
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Bonsoir,
Merci à toutes pour les réponses détaillées. C'est très long (et cela a du demander beaucoup de temps pour le rédiger, merci), et j'ai beaucoup de mal à argumenter en ligne, je vais répondre mais peut-être laisser passer un peu de temps encore pour y réfléchir.
Juste préciser un point : je ne prétends pas que l'égalité (ou l'équité ?) est acquise. Je pense que c'est une question qui peut emmener dans de longues discussions, c'est pour cela que j'ai voulu commencer par un point qui semblait plus limité et sur lequel il serait plus facile de s'expliquer, la question des droits évoquée par AngèleLN.
 

HellaSly

Slytherin
3 Jan 2019
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Prend ton temps pour répondre évidemment. Ceci dit, la plupart des choses que j'ai noté sont en vrais sourcées depuis des années par de statistiques, que j'ai pas noté d'ailleurs car je n'ai pas eu le temps. Donc j'ai du mal à voir comment on peut argumenter et débattre sur des faits prouvés par des statistiques, mais je suis curieuse de lire ce que tu vas amener ceci dit. Cependant, au vu de ton premier message, j'avoue que j'ai aussi peur de lire des arguments assez classiques et dont les féministes doivent répondre très souvent malheureusement.

Le but de mon message était surtout de faire comprendre pourquoi le féminisme est encore si important de nos jours, même dans nos sociétés occidentales, et que non du coup, l'égalité n'est pas si clair même si sur le papier on est tous régit par des mêmes droits. C'est oublié le poids de la société et des mœurs qui malheureusement influence beaucoup le respect de nos droits.
 

klifer

Le temps passe vous savez ...
2 Jan 2019
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Opinion perso ne reposant que sur une expérience empirique : je n'ai jamais rencontré d'homme qui se revendiquait féministe sans faire le bon gros fuck boy derrière. Par contre je vois pas mal de cismecs qui bien que ne se revendiquant pas féministes (et ça me tue hein, c'est debile de résister) sont de bons alliés au quotidien, sans forcément s'en rendre compte et qui ont intégrés les valeurs de base : égalité, équité, gestion des gamins a 50%, pas de requêtes quand au caractère de la fame, de son ambition ou de son passé sexuel etc. Mais tu leur fera pas dire qu'ils sont féministes . C'est totalement débile, ça m'enrage (en couple hétéro, évidemment mon mec est comme ca et si du coup le quotidien est ultra cool ca a pu donner lieu à de grosses engueulades car ça me rend dingue.) mais je préfère ça a un mec qui se dit féministe et puis en fait... lol.
 
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Chocovore

éclair au chocolat
9 Jan 2019
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@klifer C’est une des raisons qui fait que cette question peut tourner en rond indéfiniment.

En m’intéressant au sujet, je m'étais rendu compte que les discours qui sont dans l’optique qu’un homme ne puisse pas, par nature, être féministe ne passent jamais par la définition d’en quoi consiste le féminisme ou être féministe.

Par contre ils sous-entendent pour la majorité l’acceptation de concepts, d'hypothèses, ou de théories en particulier ce qu’on peut trouver dans l'œuvre de Sandra Harding mais le mentionnent rarement.

En ce qui me concerne la vision qui m’a le plus convaincue jusqu’à présent et celle portée, entre autre, par la canadienne Alison Wylie : Il y a dans le cadre du féminisme, un avantage épistémique contingent mais non automatique à être perçue comme femme dans la compréhension des problématiques féministes (et que ces problématiques deviennent donc bien plus facile à appréhender). Et que ceux qui n’en disposent pas doivent réaliser une démarche volontaire pour compenser l’absence de cet avantage épistémique contingent.
(Cela se rapproche d’une déclinaison particulière du positionnement épistémologique en science sociale)
Et de ce fait c’est important à grande échelle que ce soit les femmes qui soient impliquées dans les problématiques féministes même si en pure théorie ce n’est pas indispensable.
Et comme tout les autres points de vue celui ci est basé sur l'acceptation préalable de concepts, d'hypothèses,...

Est-ce que c’est cela être féministe (c'est le cas dans la vision de Catherine MacKinnon) ? un allié ? voir se déconstruire ? (Ce qui du point de vue le la philosophie de Derrida n’a aucun sens) Cela m’importe peu à titre personnel. Comme le courant de Wylie, je préfère éviter le plus possible les essentialismes qui enferment les gens de manière binaire dans des cases et m'intéresser plus aux phénomènes qui peuvent se mesurer dans une réalité plus proche d'un continuum.
 

Chocovore

éclair au chocolat
9 Jan 2019
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@klifer Pour faire plus simple on est dans un avis, il n’y a aucun moyen de prouver si un homme peut ou ne peut pas être féministe.

Certains courants théorisent que c’est possible (MacKinnon, Wylie, Badinter,...), d’autres non (Harding, Hill,...). En fonction de celui auquel on adhère on a sa réponse.

Moi celui dont je me sens le plus proche sur cette question est celui de Wylie que j’ai brièvement résumé, mais c’est toujours avec une part de subjectivité. Il n’est pas “meilleur” que les autres, je pense juste que c’est une grille de lecture plus pertinente.

Le premier posteur en était bien conscient, la première phase du premier message portait sur l’impossibilité du consensus vis à vis de la question.

Jacques Derrida, n'est pas une autrice théoriste féministe, c'est un philosophe français contemporain qui a théorisé le concept de déconstruction prolongeant ce concept venu d’un autre philosophe Martin Heiddeger (qui utilisait en allemand le terme de Destruktion) : une pratique d'analyse particulière des textes écrits.
 
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klifer

Le temps passe vous savez ...
2 Jan 2019
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@Chocovore oh ok. Pardon je pensais que mon message était clair sur le fait que j'exprimais une opinion perso et pas la conviction profonde de ma connaissance absolue sur le sujet. Je vais éditer pour que ce soit plus clair.
 

Chocovore

éclair au chocolat
9 Jan 2019
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@klifer Ce n’était pas un reproche du tous, ton exemple est super intéressant, et illustre qu’on a pas besoin de se déclarer féministe pour faire des actions féministes et que se déclarer féministe n’implique aucunement d’entreprendre des actions féministes (que tu nomme valeur de base).

Je pense que tout le monde sera en phase avec le fait qu’il est plus facile de vivre avec et côtoyer ceux qui n'attachent pas de spécificités au caractère des femmes et autres stéréotypes de genre, qui partagent équitablement les tâches ménagères, qui sont conscients que les femmes n’ont pas les même expériences qu’eux...

Je fais partie de ceux qui pensent qu’on les appelle féministes, alliés, scrameustaches ou g4d8h2 n’a que finalement assez peu d’importance. Le plus intéressant est que leur proportion au sein de la population augmente.
 

klifer

Le temps passe vous savez ...
2 Jan 2019
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@Chocovore alors oui je suis d'accord. Cela dit je trouve que refuser de se reconnaître féministe c'est quand même refuser de prendre en compte la réalité sociétale et de regarder les rouages systémiques en face. Parceque en disant pas besoin d'être féministe, puisque je / nous nous occupons bien des enfants et sommes heureux d'encourager nos meufs à faire carrière, ces mecs certes très faciles à vivre refusent de voir plus loin que le bout de leur environnement et leur situation individuelle. Alors que de nombreux problèmes ne sont pas réglés et ne le seront pas tant que les mecs penseront que l'important c'est d'être réglo à la maison et que le reste ça les concerne pas puisque ben.... ils sont réglos. Les problématiques sociétales rencontrées par les femmes ont besoin d'être entendues et soutenues par tous pour que les choses bougent. Pas par les femmes seulement. Donc oui c'est super cool d'avoir un coparent / conjoint égalitaire mais ça ne fait pas forcément avancer les causes communes.
 

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