Très inquiète pour la santé de ma mère

15 Jan 2019
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#1
Bonjour à toutes,

Je lance ce topic comme une bouteille à la mer, c’est un sujet qui me fait énormément de mal, et que je n’aborde jamais, avec personne, car je n’en ai pas la force. Je l’ai abordé il y a quelques années avec mon frère et ma grand mère, mais je ne souhaite plus le faire car j’ai l’impression de leur créer des inquiétudes qu’ils n’ont peut être pas de base (ou du moins, pas autant que moi).

Ma mère est en surpoids. Je n’ai aucune idée de son poids, mais je pense qu’on est clairement dans l’obésité. Elle n’a jamais eu une morphologie mince, même plus jeune, mais sa prise de poids a été régulière ces 15 dernières années, jusqu’à atteindre ce stade qui m’inquiète.
Ma mère mange énormément. Des quantités astronomiques, vraiment. J’ai vraiment honte de dire ça, mais je suis toujours mal à l’aise dans les repas de famille ou entre amis, car elle n’a aucune restriction, et que je vois parfois les gens regarder son assiette avec insistance. Du coup, j’essaye d’ignorer en me plaçant le plus loin possible d’elle.. Mais ça ne fonctionne pas. De plus, quand elle cuisine à la maison, ses repas ne sont jamais vraiment sains. Il y a toujours beaucoup beaucoup de gras.
Ce qui m’inquiète le plus, c’est qu’elle n’a pas l’air d’être consciente des quantités qu’elle ingère, et du poids qui en découle. Avec les années, sa prise de poids a eu des incidences claires sur ses capacités physiques. Elle est constamment essoufflée, a des douleurs dans pratiquement toutes les articulations. Par conséquent, pratiquer une activité avec elle, ne serait-ce que de la marche, n’est pas vraiment possible. Cela me fend le cœur parce que je suis proche d’elle et j’aimerai partager des balades en famille à ses côtés.. mais dès qu’il y a un effort physique à fournir, elle refuse l’activité en raison de ses douleurs au dos, aux chevilles, etc.

Ma mère est également fumeuse. Très grosse fumeuse, ce qui n’arrange rien aux problèmes d’essoufflements. Depuis environ 6 mois, j’ai remarqué qu’elle avait tout le temps la voix cassée, clairement Le genre de voix des dames de 65 ans qui ont fumé à outrance toute leur vie. Et bien sûr, cela ajoute encore plus à mon inquiétude pour sa santé.

Clairement je m’inquiète de perdre ma mère très jeune, car je vois mal comment son corps pourrait supporter ses excès encore 30 ans, et je suis également horriblement triste des conséquences de ses comportements sur sa vie. Elle passe à côté de tellement de choses.

J’ai essayé de lui en parler à une époque. Mon frère et ma grand mère également, mais rien n’y fait. Elle est dans le déni le plus total. Elle m’avait même répondu de façon un peu agressive en disant que c’était n’importe quoi et que « figure toi que j’ai perdu du poids et que ma ceinture m’est trop grande. » Quand au sujet de la cigarette, je fume également (peut être 5 fois moins qu’elle ceci dit) alors elle me répond que j’ai pas à lui donner de conseils. Certes.

Ca me rend malade. Vraiment. J’arrive parfois à ne pas y penser pendant quelques semaines, mais quand ça revient dans mes pensées, c’est le chaos le plus total.
J’espère tellement qu’elle ai un déclic. J’espère depuis des années, mais rien ne vient.. Je n’ose pas aborder de nouveau le sujet avec elle, parce que non seulement je ne veux pas lui faire du mal, et que je sais qu’elle se sent attaquée quand on lui en parle, et parce qu’en plus cela abime notre relation, alors qu’on est vraiment proche et que j’ai de la chance d’avoir une maman aussi géniale qu’elle

Je ne sais pas exactement ce que j’attends en postant mon témoignage. Peut être me soulager dans un premier temps en posant ce qui me ronge par écrit, à défaut de réussir à en parler avec mes proches. Peut être également d’avoir des témoignages de personnes qui vivent la même chose, ou qui étaient comme ma maman et ont eu ce fameux déclic.

J’espère ne pas avoir été trop longue et trop fouilli, et je remercie d’avance ceux qui auront peut être des témoignages à m’apporter sur ce sujet :whistle:
 

Carys

Well-known member
20 Juin 2020
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#2
@Kasia J'aimerais tellement pouvoir t'aider. On voit clairement que tu aimes ta mère et que tu n'as pas envie de la voir souffrir. Malheureusement, j'ai l'impression que c'est un problème fréquent. Le seul truc que je peux partager ne va t'être d'aucune utilité : le déclic doit se faire chez la personne à mon sens. Et parfois, il ne se fait jamais.

Dans mon propre cas, j'étais en surpoids quand j'étais enfant et mon médecin et mes parents me disaient de temps en temps que j'allais avoir des problèmes de santé si je continuais (des problèmes de quoi ? Moi, je suis jamais malade), que j'allais avoir des vergetures disgracieuses (pff, qu'ils viennent en face me dire que je suis disgracieuse) et bref, ce n'est qu'en partant loin de ma famille, dans un endroit où paradoxalement personne ne me disait rien, que j'ai chamboulé mes habitudes et je me suis rendue compte que j'avais plus la pêche en grignotant moins et qu'en fait, j'aimais bien le sport. Mais c'était vraiment le hasard en fait.
Le truc, c'est que j'étais jeune et que je pouvais partir. Pour ta mère, c'est un peu plus compliqué. C'est beaucoup plus dur de changer des habitudes enracinées.
Ce que je voulais dire par cette anecdote, c'est que parfois, malgré tous les bons conseils, rien ne prend. (Désolée. :( )

Cela dit, je lance une idée un peu idiote mais j'ai vu qu'elle avait fonctionné chez des membres de mon entourage...Ce sont des gens un peu particuliers toutefois, toujours dans la compétition pour tout. Dans leur cas, l'un a fait une analyse de sang pour voir s'il avait du diabète et son ex a voulu se tester aussi car elle était sûre de mieux manger que lui (en fait, elle mange plus mal et le résultat n'a pas menti). Depuis, c'est à qui aura le meilleur taux (ils me rendent dingues).

Tu dis que tu fumes aussi. Et si tu consultais à ce sujet ou laissais entendre que tu allais faire des examens pour vérifier que tout allait bien ? Je ne te dis pas t'arrêter de fumer ou autre, tu fais ce que tu veux bien sûr mais c'est juste histoire d'implanter l'idée d'un suivi médical dans sa tête sans lui dire de le faire elle. Ou le diabète ou d'autres examens que tu souhaiterais lui voir faire. Ce n'est pas incongru de faire une prise de sang de temps à autre pour vérifier que tout va bien.

Enfin voilà, j'espère de tout cœur que ta mère aura un déclic ou que tout ira bien pour elle et pour toi aussi.
 

LuLa

That awkward moment between your birth and death
4 Jan 2019
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#3
@Kasia C'est toujours difficile de se faire du souci pour son entourage et sentir qu'on ne peut pas y faire grand chose, car on ne peut pas obligé les gens à faire ce qu'ils ne veulent pas.
Je ne sais pas comment tu as abordé le sujet la dernière fois avec ta mère. Ça peut aider de commencer par dire qu'on tient à la personne et qu'on s'inquiète pour elle. Est-ce que tu lui as dit les choses comme tu nous l'a dit à nous, que tu l'aimes et que tu veux continuer à profiter d'elle le plus longtemps possible? Peut-être aussi lui demander gentiment si il y a une raison pour qu'elle réagisse mal quand tu lui parles de sa santé?
Tu peux peut-être aussi lui proposer de cuisiner pour elle, ou ensemble, de faire des repas un peu différents?

Sinon je trouve l'idée de @Carys intéressante, de lui montrer que de ton côté tu vois pour arrêter de fumer, que tu vas faire une prise de sang pour diabète, cholestérol, etc. La tenir au courant des résultats, lui parler des conseils que le médecin a pu te donner (quitte à faire passer tes idées pour celles de ton médecin...).
 
You Rock !: Pomdap et Kasia
15 Jan 2019
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#4
@LuLa @Carys Merci beaucoup pour vos réponses si bienveillantes !

C’est vrai que le déclic doit venir de la personne elle même, peut être qu’il viendra, mais j’ai peur qu’il arrive trop tard, alors si je pouvais l’aider à l’avoir j’en serais tellement heureuse.. Quand j’ai essayé de lui en parler, je pense avoir tout mis en œuvre pour qu’elle comprenne que c’était de l’inquiétude et pas un jugement. Malheureusement elle réagit tellement au quart de tour qu’à part couper court à la conversation c’est compliqué.. je ne veux pas que cela devienne un sujet de dispute..

Par contre effectivement le fait d’implanter l’idée d’un suivi médical dans sa tête ne m’avait jamais traversé l’esprit, mais c’est vraiment une super idée ! Je vais essayer de creuser de ce côté là :)
 
You Rock !: Pomdap, Carys et LuLa

Oursinator

Ours mal léché.
8 Jan 2019
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#5
Hello,

Je suis obèse morbide d'après l'imc, mais je suis jeune et je n'en ressens pas plus les effets avec le temps qu'avant car je suis grosse depuis longtemps. Le comportement de ta mere m'evoque le mien avec mes proches donc peut etre puis je t'apporter des clés de compréhension.

Je ne suis pas sûre que ta mère soit dans le déni, je pense qu'elle est dans l'impuissance. Il faut considérer son addiction à la cigarette et à la nourriture comme des symptomes et non comme la maladie à faire disparaitre. Imagine cela comme des béquilles plus que des freins pour elle au quotidien. Si tu lui vires ses béquilles et qu'elle n'a pas pu travailler sur son sentiment d'impuissance, elle risque de s'effondrer (dépression). C'est peut etre pour cela qu'elle se met en colere. Elle se sent piegee entre ce qu'elle se sent capable (ou plutot incapable de faire) et ce que vous attendez d'elle (pression familiale).
Les gros savent qu'ils sont gros. Vraiment. Comme les fumeurs n'ignorent pas fumer. Elle voit les regards, elle sent l'atmosphere, la gene, mais elle feint de l'ignorer car son besoin de nourriture/cigarette est superieur à celui de paraitre controlante. Et le fait de venir lui parler de son poids, meme sous couvert d'inquiétude peut etre très infantilisant pour les gros, ce qui alimente la colère. En plus elle est dans une situation où elle est incapable de vous rassurer, ne pouvant pas elle meme maitriser ses addictions. Si ta mere fonctionne sur un modèle d'addiction comme ca a l'air d'etre le cas, elle est une cocotte minute qui gère ses emotions avec ces béquilles, elle a peut etre l'air de gérer au quotidien, ce qui semble te donner cette impression de déni, mais il faudrait connaitre son estime personnelle, la vraie, pas celle qu'elle affiche.
Personne ne veut afficher cette vulnérabilité sans être certain d'être compris et soutenu derrière. Parfois ca pousse à un faux je m'en foutisme derriere des airs de bonne vivante : plus vous voulez me priver de ma liberté, moins vous m'aimez comme je suis et moins je vais me controler pour me sentir toute puissante face au détracteur. Elle renverse le sentiment d'impuissance dans ces moments là en étant persuadé de faire ce qu'elle veut et pas ce que vous, vous voulez pour elle. Si vous vous focalisez sur son poids et la mettez face à ses échecs, elle peut avoir l'inverse de la réaction attendu et se drapper dans sa fierté. Et se protéger de vous, par peur de souffrir de votre jugement peut l'enfermer davantage à considérer ses addictions comme une solution rassurante qui elles "comprennent" vraiment son manque et le comble.
Il est tres difficile d'avoir conscience de ces mécanismes quand on est concerné sans avoir commencé un travail sur soi.
J'insiste sur le fait qu'avoir qq en face qui parle de santé quand on est obèse, notamment quand c'est sa famille, c'est tres oppressant. Qu'est ce qu'on peut répondre á qq qui nous aime et s'inquiète, à tort ou à raison, quand on s'accable soi meme de ne pas reussir à ses yeux ? L'argument de la santé c'est pas forcement faux (je partage des luttes anti grossophobie mais je diffère sur ce point souvent) en soi, au contraire ta mere meme si elle refuse de l'admettre devant toi peut s'en douter mais plus elle devra se défendre face à tes inquiétudes, moins elle pourra s'écouter elle meme et accepter des faits, c'est trop tot parce qu'elle est dans un affect négatif et une trop mauvaise estime d'elle meme. Sa posture de résistance l'empêchera d'etre dans un dialogue authentique tant qu'elle sera trop fragile vis à vis d'elle meme et que la souffrance prendra le pas sur le reste. Il ne faut pas oublier que la grossophobie est un torrent insidieux qu'on se prend toute la vie, une oppression recement découverte mais pendant tres longtemps la seule option que tu avais pour te construire, c'était d'avoir tort d'être gros. Tort d'être ce que tu étais et d'exister socialement. L'ironie c'est que les addictions entrainent un manque de confiance en soi et d'estime de soi car on pense manquer de volonté, alors qu'il ne s'agit pas de volonté à proprement parler, mais d'un mécanisme de defense qui a pris cette forme. Et finalement c'est un trouble de l'estime de soi qui va pousser à mettre en place cette défense (avec des phases de contrôle/relâchement) et non pas l'inverse, ce qui montre bien qu'il n'est pas question de volonté quoique la société veuille faire croire. C'est le problème des dépendances.

Plus tu mets d'énergie dans ton bouclier, moins tu te renforces intérieurement, et plus tu continues à puiser tes ressources dans des addictions parce que ce comportement est energivore psychiquement. Parce que ca la touche dans son identité, c'est bien plus profond qu'une question de chiffre sur la balance. Il est parfois plus facile de camper un personnage que de faire face à la honte, à l'impuissance, à la culpabilité d'échouer. Tout comme on peut aussi bien vivre des aspects de son obésité et ne pas se sentir mal de l'être, d'avoir des soucis d'image de soi au meme titre qu'un tas de gens, d'aimer la nourriture ce qui semble etre une honte pour la societe, chez une femme meme sans obésité, et disons le clairement, aimer manger. Parce que manger énormément et gras c'est peut etre mal mais c'est bon. Ca soulage le cerveau, ca le court-circuite. La junkfood n'a jamais aussi bien porté son nom.

Quand on est obèse il peut y avoir un tas de noeud, d'ambivalences en soi, d'importants paradoxes, de conflits internes. La société et des gens bien intentionnés trouveront facile de faire maigrir des gros. C'est juste une question d'alimentation. Juste une question de sport. De changements d'habitude. Pourquoi t'applique pas quelque chose d'aussi simple ?

En plus d'être faux comme un tas de croyance autour du poids, c'est terrifiant de changer, et à ce titre là une assiette de poisson avec haricot vert et toute l'alimentation saine qu'on essaye de vendre comme sexy pour faire passer la pilule ben ca produit de la detresse immense puisque t'as plus les aliments gras qui te comblent. Et si t'es pas comblé, t'es vide.

Je sais que ce message est long, j'avance les choses comme si elles étaient actées au lieu du conditionnel, mais je crois qu'il y a bcp d'incompréhension entre vous, et je sais pour etre celle qui se braquait que rares sont les portes d'entrée sur le sujet.

Je me suis basée sur mon exp perso, mais aussi sur des livres sur les tca, et d'autres problématiques à mesure que je découvrais l'hyperphagie. J'ai compris que j'étais en colere contre ceux qui voyaient mon poids et non ma souffrance concernant des sujets qui n'y étaient pas liés. Je me disais que ce qui les intéressait cetait juste que je rentre dans la norme, et que là où eux avaient décidé que le surpoids était mon plus grand problème dans ma vie, ils n'avaient jamais écouté ou en tout cas voulu accepter que d'autres souffrances personnelles étaient plus importantes pour moi á mes yeux que celle-ci. Non seulement l'obésité doit toujours rester notre probleme n1, mais en plus il faut se montrer conscient et pénitent aux yeux des autres. Il est impossible de s'occuper de soi quand en permanence notre image appartient aux autres. Se la réapproprier veut dire changer ses relations aux autres, et peut etre bien que vote mere cherche à préserver ses liens tels qu'ils sont par peur de se détacher de vous. Le sentiment d'intrusion vient souvent de là, quand les délimitations entre soi et les autres ne sont pas claires, on se sent vite envahi par des remarques ! Son corps est visible en permanence, qu'elle le veuille ou non. Elle ne peut pas se protéger de vous autrement qu'en se fachant parce que parler de son corps et de changer, meme pour des raisons qui vous semblent bonnes, c'est lui dire que son corps ne lui appartient pas seulement à elle, mais aussi au regard des autres et c'est tres violent d'autant plus qu'on a rarement conscience de cela. Elle meme ne sait peut etre pas pourquoi le dialogue est impossible.

Et plus la société et les proches focalisent dessus, parce qu'on devrait jamais se pardonner d'etre gros et culpabiliser en permanence de ne pas apporter satisfaction plutôt que d'être soutenue pour les problèmes qu'on estime être les plus importants, plus on se sent seul et on se blinde. C'est terriblement violent.
Imagine un enfant qui va mal, et pour qui les autres estimeraient que tant qu'il a un bon bulletin c'est le principal. Même s'il souffre, qu'il rencontre d'énormes difficultés personnelles en dehors de ses résultats scolaires, la seule satisfaction et la seule chose sur laquelle les autres le surveillent et l'attendent, ce sont ses notes, souvent faibles. En plus de sentir isolé, désemparé, il peut nourrir du ressentiment, avoir une faible estime de soi et tout nier en bloc parce qu'au lieu de voir son entourage comme des ressources, il est au contraire á ses yeux des source de pression sur le sujet des notes, et il ne se confiera pas s'il se sent persécuté au contraire. Il peut assimiler ses notes à sa valeur en tant que personne (bon, mauvais, fort/nul). Il peut se sentir coupable de sentiments ambivalents envers ses proches, refouler des choses qu'il ne "devrait" pas ressentir car après tout c'est pour son bien que ses proches s'inquiètent, c'est important les bonnes notes, c'est son avenir...

Je prends l'exemple de l'enfant car l'infantilisation des gros passe par cela aussi, estimer qu'on est plus á meme que lui d'établir ses priorités. C'est rabaissant et humiliant, et c'est dangereux car à force de repérer ses failles de vouloir l'accompagner contre son gré, de la renvoyer à son image, la personne peut intérioriser les préjugés des autres et se sentir inapte à agir pour elle-meme. Alors oui sa santé est importante, oui c'est un argument valide et vous avez raison, mais montrez lui que vous vous interessez réellement à elle plus qu'à sa santé même si cela vous semble paradoxal.
Elle n'est pas sa santé. Elle souffre de sa maladie, elle n'est pas sa maladie. Sa santé est soumise à des causes et des conséquences qui la regardent intimement et où votre comportement sera vécu nécessairement comme intrusif...

D'ailleurs sa réflexion sur sa ceinture montre qu'elle se justifie, elle vous dit "regardez j'ai fait des efforts/progrès et vous ne les voyez meme pas". Des petites actions de sa part dont elle ne vous parle pas, des résolutions silencieuses existent peut etre, mais elle ne peut pas vous en parler, car si cela échoue elle devra aussi vous le dire. Et puis finalement ca l'obligerait à dépendre de vos exigeances et chercher votre approbation au lieu de le faire pour elle meme. Elle a peut etre le sentiment que vous ne voyez jamais ses efforts/réussites et combien c'est deja dur pour elle. Il est tout à fait possible d'être bravache en public pour cacher ses failles, d'avoir à la fois confiance en soi et vivre un mal etre profond.

Peut etre que tu as décidé pour ta mere que son obésité était sa priorité, parce que tu es inquiète il est normal que ton reflexe premier soit de vouloir faire disparaitre la source d'inquiétude ! et qu'en faisant ca tu la fasses davantage ruminer sur elle meme plutot que l'aider à se décentrer de ses dépendances et construire son estime de soi ? Essayez peut etre de la voir comme une personne plutot qu'à travers son stigmate ? D'avoir du recul et de ne pas la voir que comme une mere, une fille etc, qui sont parfois des roles étouffants même si plein de bonne volonté ?
Le plus important c'est qu'elle puisse vous faire confiance ou trouver d'autres personnes de confiance pour aborder le sujet sans se braquer, et que surtout elle trouve une réponse appropriée en face pour éviter la déception et le repli sur soi. Une simple écoute active sans solution ni conseil, axé sur ce qu'elle pense et ressent plutôt que sur ce qu'elle devrait faire ou votre inquiétude, sans enjeux de résultats, pourrait convenir dans un premier temps ? En gros permettez lui d'être authentique :giggle:
 
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