Tout ce que le scoutisme m’a apporté depuis vingt ans

L

LeVioque

Guest
Il y a malheureusement des scouts de toute version, y compris extrémiste.
Si des parents sont intéressés, qu'ils se renseignent bien avant.
Ce contenu est réservé aux membres inscrit.es. Inscris-toi par ici.
 
  • You Rock !
Reactions: Sosso

beapouet

Well-known member
7 Jan 2019
100
991
93
Bruxelles
@Ap.Lo je n'ai pas lu tous les bouquins de Baden Powell donc il peut me manquer la vision d'ensemble mais j'ai eu l'impression que Dieu était une partie importante de sa pédagogie (3 petales de la fleur de lys/trois doigts de la promesse = devoir envers soi-même,les autres et dieu)mais qu'il n'y attachait pas de divinité particulière : déjà de son vivant, des groupes de toutes confessions ont vu le jour (anglicans a la base, puis catholique, musulmans, bouddhistes). Je crois qu'il n'y avait pas a la base de groupes laïcs (c'était sans doute pas trop la mode en 1910) mais je n'y vois pas d'opposition : il suffit d'avoir une dimension spirituelle dans sa vie, qu'il s'agisse d'un dieu ou d'une profonde foi en l'humanité ou d'être épris de liberté. Dans mon mouvement scout ça a été traduit par "croire qu'il y a plus grand que soi" et je trouve ça assez joli :)
 

Ap.Lo

Well-known member
21 Fev 2020
6
52
13
Merci @beapouet pour tes explications ! De mon côté j'ai retrouvé mes infos, en fait, les premiers mouvements français, créés en 1911 étaient neutres. Pas encore laïcs mais neutres et il me semble que BP les a reconnus immédiatement d'où l'idée que le côté spirituel pouvait être représenté de différentes manières comme tu le disais.
 
Dernière édition:
L

LeVioque

Guest
Pour info, des mouvements extrémistes de tout bord ont, devant le succès de l'expérience de Baden Powell, tenté de reproduire le mouvement à leur sauce.
Les hitlerjugend en sont un des multiples exemples (à l'époque le scoutisme fut interdit en Allemagne). Le mieux c'est de se renseigner auprès des fédérations nationales, de voir notamment quels agréments elles ont avec le gouvernement.
Par exemple en France, le fait que l'association soit agréé comme "Mouvement d'éducation populaire" est plutôt bon signe.
Une liste sur le site de l'éducation nationale (Note: je n'ai pas trouvé l'équivalent sur le site du ministère de la jeunesse et des sports: ça a changé de domaine ministériel?)
Pour ceux qui seraient intéressé par une branche non religieuse, il existe par exemple les Éclaireuses Éclaireurs de France qui sont laïcs et apolitiques.
Il faut aussi se souvenir que c'est un mouvement qui a plus d'un siècle et qui a pas mal évolué, a fait différentes branches qui ne s'entendent pas toujours entre elles... D'ailleurs la mentalité des gens d'aujourd'hui n'est pas celle de 1900... heureusement!
 

Nancy Drew

Well-known member
6 Jan 2019
120
487
63
@Zibzob 70 000 adhérents, c'est rien par rapport à d'autres, déjà. Et sachant que tou.te.s les chef.taine.s sont bénévoles, que dans mon cas les familles étaient de aisées à très aisées râlaient du prix du camp d'été, je trouve choquant que cette institution possède autant. Maintenant, c'est mon avis bien sûr. Et c'est pas nouveau chez les catholiques d'avoir autant de possessions immobilières... Je faisais plutôt ce lien-là entre les richesses indécentes de l'Eglise et cette propriété des SGDF qui prônent la débrouille et le bénévolat (oui, j'ai quitté mon groupe parce qu'on me demandait toujours plus de choses gratuitement et même parfois de payer ma participation à des évènements pour aider le groupe/le mouvement alors que j'étais étudiante, boursière et que j'avais un boulot en plus à côté).
 

Mamzelle Oups

Well-known member
27 Nov 2019
74
318
53
Je me reconnais beaucoup dans ton témoignage Clémence ! J'ai comme scoutisme à 11 ans, et ça m'a permis de devenir beaucoup moins timide, de faire des choses que je n'aurais jamais fait autrement (rassemblements à 16 000, projet solidaire au Cambodge et au Népal, enregistrer un CD...). J'y ai rencontré mon mari, et nos parents respectifs s'y sont rencontrés aussi. Ce sont d'ailleurs mes parents qui ont créé le groupe SGDF où j'étais. J'étais par contre dans un petit groupe local, bien plus mixte socialement je pense que beaucoup. Concernant la religion, je suis née dans une famille croyante et un peu pratiquante mais pour qui la religion est une fête, respectueuse et accueillante. J'ai retrouvé cela au départ dans le scoutisme, jusqu'à ce qu'une personne à la limite extrémiste prenne la place de mes parents à la tête du groupe. J'étais alors cheftaine et un autre animateur, lieu aussi extrémiste, nous a traités (mes parents, mon futur mari et moi) de "païens"... Mais les responsables départementaux leur ont demandé d'être moins axés sur la religion car elle n'est pas le seul pilier du scoutisme. Depuis ce moment là (voire avant), je suis devenue athée en rejet de ces catholiques "bien pensant" mais qui sont en fait une minorité dans le scoutisme que j'ai connu. Suite à ça et à un déménagement on a eu besoin de s'éloigner quelques années. Mais le scoutisme fait partie de notre vie et on a repris l'an dernier, dans l'accompagnement d'une équipe de 4 jeunes femmes qui montent un projet solidaire. On les a connues à 10 ans, ça fait plaisir de les accompagner dans leurs 1ers pas d'adultes!
Pour finir, je suis assez partagée sur Jambville. D'une part j'y ai vécu de très bons souvenirs et les SGDF ont une identité importante dans la société qui peut justifier cette possession. Cependant, entretenir Jambville coûte cher et cela se répercute sur le prix des formations des SGDF de toute la France. Du coup, on observe un peu un scoutisme de "luxe" et une équipe nationale déconnectée des petits groupes comme le nôtre. Mais bon, malgré ces défauts, c'est le scoutisme qui a fait l'adulte que je suis aujourd'hui et je réfléchis déjà à quel groupe pourra rejoindre ma fille de 7 mois quand elle aura l'âge ^^
 

pravda1917

Well-known member
7 Avr 2019
1 121
5 586
113
Jambville coûte cher c’est une évidence mais moins que ce que l’on pense quand même. Pour avoir été membre de l’organisation d’événements qui se déroulent un an sur deux là-bas je sais que la loc est vraiment cher et j’ai été amené a discuté avec des personnes qui gèrent les finances du lieu et leur discours c’était que les locations couvraient la grande majorité des frais (en tout cas il y a une dizaine d’années)
 

Nancy Drew

Well-known member
6 Jan 2019
120
487
63
@pravda1917 Ah c'est cool parce que dans le mouvement, quand j'ai fait un jamboree là-bas, le discours c'était plutôt: ouah, trop la classe d'être SGDF, ON A UN CHATEAU! (Evidemment, pas les grands pontes mais plutôt les chef.taine.s qui avaient plus de bouteille!)
 

pravda1917

Well-known member
7 Avr 2019
1 121
5 586
113
@Nancy Drew après on peut pas empêcher les gens d'être con hein. Je vois pas trop ce qu'il y a de cool dans le fait d'avoir un château ou autre possession couteuse quand on est censé être dans le partage. Il se trouve que ce n'est pas si couteux donc en vrai ça n'a pas trop d'importance par rapport au mouvement en lui même mais je trouve que ce genre de réactions c'est super chrétien quand même
 

Mamzelle Oups

Well-known member
27 Nov 2019
74
318
53
Jambville coûte cher c’est une évidence mais moins que ce que l’on pense quand même. Pour avoir été membre de l’organisation d’événements qui se déroulent un an sur deux là-bas je sais que la loc est vraiment cher et j’ai été amené a discuté avec des personnes qui gèrent les finances du lieu et leur discours c’était que les locations couvraient la grande majorité des frais (en tout cas il y a une dizaine d’années)
Ce qui m'avait marqué, c'est ce que l'on m'avait dit lors d'un we formation départ à l'étranger en 2014 (pour les projets chefs). On était à La Glacière (ancien local national à Paris) et on dormait en auberge de jeunesse. Je m'étonnais du coût et d'être obligée louer quelque chose à Paris au lieu d'aller à Jambville et les formateurs nous avaient expliqué que cela coûtait moins cher que de passer le we à Jambville.
 

pravda1917

Well-known member
7 Avr 2019
1 121
5 586
113
@Mamzelle Oups peut être que le prix d’une location ne change pas quelque soit la structure qui loue, ça semble pas super cohérent de faire pays les sgdf mais parfois les choses ne sont pas cohérente.
 
  • You Rock !
Reactions: Mamzelle Oups

Philomuse

Well-known member
24 Avr 2019
18
290
48
j'étais dans un groupe non-mixte, et pour moi ça a été mon premier pas dans le féminisme. Je sais, ça peut paraître paradoxal, mais pour moi la non-mixité sous certaines conditions permet aux adolescentes de prendre parole, de s'affirmer, d'agir, sans se penser par rapport à des garcons, etc.
(Bonjour ! Pardon d'arriver comme un cheveu sur pavé dans la soupe, je suis plus sur Madz que sur Rockie d'habitude.)

Je suis hyper contente de lire ton commentaire parce que je partage totalement cette perception de non mixité dans le scoutisme comme première ouverture vers le féminisme - dans le sens où c'est un des rares lieux où, personnellement, j'ai pu évoluer en étant autre chose que "pas un garçon". Ça permet de se rendre compte de ce que c'est... et à posteriori, ça été le premier pas dans mon processus de déconstruction. Si j'ai beaucoup aimé découvrir la vie scoute mixte par la suite en devenant cheffe (même si le côté agence matrimoniale, que j'ai constaté aussi, m'a un peu saoulée pour le coup), je pense que ces moments de non-mixité à l'adolescence ont été extrêmement précieux pour moi .

On ne me prend jamais au sérieux quand je le mentionne parce que j'étais moi aussi dans un mouvement TRÈS catholique. Au point que j'ai un peu honte de dire de quel mouvement je viens, alors que mes nombreuses années de scoutisme ont jouées un rôle central dans ma formation personnelle, particulièrement à l'adolescence, dont ils sont de loin les meilleurs souvenirs.... Cette stigmatisation, si je la comprends, me pèse un peu, parce que bon, je n'y suis pas pour grand chose finalement ; je viens d'une famille catholique, qui m'a logiquement orientée vers un mouvement catholique, où en temps que catholique (again), je me suis longtemps retrouvée. Se saisir de sa propre religion, adopter un esprit critique et apprendre à discerner les points problématiques d'un mouvement, ça ne fait pas du jour au lendemain ; c'est au sortir de l'adolescence, en endossant à mon tour des responsabilités dans le scoutisme - et, en parallèle, en évoluant sur mon approche de la foi, que j'ai commencé à faire le tri entre ce qui me plaisait et ce qui me plaisait moins. J'ai fini par raccrocher mon foulard après trois années (et quelques mois) de service côté chef.fe.s, parce qu'il était temps pour moi de tourner cette page.

Ça me fait plaisir de lire ce témoignage, ainsi que celui des Rocki.e.s qui ont eu une bonne expérience scoute. Je me retrouve tout à fait dans ce qui a été dit ; le plaisir de la vie en forêt avec la nécessité de se débrouiller, la très riche expérience du vivre ensemble, les apprentissages conjoints de l'autonomie et de l'entraide, et les moments de joie pure qui font la vie de camp : les veillées où s'enchaînent les numéros absolument tordants et ceux qui nous émeuvent aux larmes, l'émulation permanente et bienveillante de l'équipe, qui chantera le plus beau chant, qui fera le meilleur pain dans son four en terre (big up à notre tarte au citron qui a majestueusement défilé à travers tout le campement), qui construira la tente surélevée avec le plus d'étages, qui fera le fil rouge de veillée le plus astucieux... Tout ce qu'on vit est rendu plus vif et plus intense par la particularité des conditions, le fait que rien n'est acquis. Tu veux un thé ? Tu vas chercher du bois pour allumer ton feu. Tu veux te laver ? La rivière te tend les bras. Le fait d'avoir à surmonter quelque chose pour un truc banal de la vie quotidienne fais que tu en apprécies deux fois plus le résultat. Tu remets en question ce qui te semble normal : avoir de l'eau à volonté, de la chaleur sur commande, un espace de vie qui t'appartient... J'ai vraiment découvert aux scouts le sens du mot confort. Ce qui est fou, c'est à quel point ces conditions sont stimulantes. Les équipes font des trucs incroyables, en s'appuyant sur les talents de chacune ; on est en permanence émerveillées, encouragées, et on fait des tas de rencontres (dans mon mouvement, le camp était national donc on était nombreuses et les filles venaient d'un peu partout). Je n'ai pas les mots pour décrire la première heure du soir où, entre chien et loup, l'odeur de la nuit se mêle aux feux de bois qui s'allument dans les bivouacs. Les amitiés qui se nouent en attendant son tour devant le point d'eau, dans un soleil éblouissant, tes jerricans de 20l à la main. La veillée de présentation des coins de chaque équipe à la fin des journées d'installation, où on déambule dans la forêt pour découvrir, au gré des sketches et des illuminations, comment chacun s'est installé. C'est grisant... Au point qu'en rentrant de mes premiers camps, j'étais complètement perdue de retourner dans le monde normal, j'avais l'impression d'avoir vécu un rêve. Tout ça me semblait tellement plus réel, intéressant, libre, sérieux, profond que le collège et le reste... Dans l'année, c'est plus calme bien-sûr, mais pour moi c'était vraiment des moments de liberté ; de penser, de vivre, de réfléchir, d'apprendre des choses intéressantes et amusantes. La dimension chrétienne prenait une grande place dans mon mouvement, et elle prenait une grande place pour moi aussi. C'est un des endroits où j'ai beaucoup cheminé à ce sujet. J'ai approfondi certaines choses et j'ai trouvé des limites, les endroits où là, ça n'était plus pour moi, je décrochais.

Tout ça je l'ai vécu parce que j'ai eu la chance de tomber sur un super groupe - et une branche assez saine de notre mouvement. Je pense néanmoins que le scoutisme, en tant qu'activité déjà, ne peut pas plaire à tout le monde, et que selon les groupes, l'ambiance peut être plus ou moins bonne, avec des effets de milieu plus ou moins pesants... Donc je comprends tout à fait ceux et celles qui ne s'y sont pas retrouvé.es. Moi même je ne l'ai pas vécu de la même manière toutes mes années. Petite, c'était sympa, mais pas un souvenir impérissable non plus (ça répondait aussi moins à un besoin dans ma vie à ce moment là je pense). Adolescente, ça a été génial, jusque ce que mon mouvement se casse la gueule, où c'est devenu plus compliqué. Une fois cheffe, c'est devenu une expérience complètement différente, très riche, moins exaltée mais plus les pieds sur terre, avec la prise de responsabilités, la joie de la transmission, le stress de l'organisation.

D'ailleurs, par rapport à la sécurité des activités, ça a sans doute évolué ces dernières décennies mais c'est extrêmement encadré ! Du point de vue activités dans la nature, on est très sensibilisés aux dangers potentiels (particulièrement aux feux de forêt l'été : jamais de feu à même le sol, méthodes d'isolation du foyer, jamais de feu sans quelqu'un à côté/des jerricans d'eau, ne jamais quitter un foyer sans l'avoir arrosé d'eau...) et à la préservation de la nature : connaissance des arbres auxquels on ne touche pas et de ceux qu'on peut couper, comment scier une branche/un arbre en fonction de l'espèce, quels produits d'hygiène utiliser pour ne pas dégrader le milieu... Quand aux activité, il y a une réglementation précise en fonction des âges : tel nombre d'encadrants avec tel niveau de formation pour tel nombre d'enfants/de jeunes.. L'exemple qui a été donné plus haut par exemple, trois gamines de douze ans envoyées sans argent et sans nourriture en raid pendant plusieurs jours, c'est soit une anecdote qui remonte à un bon moment, soit parfaitement hors la loi. On n'empêchera jamais des crétins de faire n'importe quoi malheureusement, mais en tout cas pour les mouvements qui sont agréés Jeunesse & Sport, ce qui était le cas du mien, la réglementation est claire et précise, dument enseignée en formation et contrôlée durant l'année par un échange assidu avec les responsables et par des inspections (de jeunesse et sport ET du mouvement) pendant les camps d'été (avec risque de fermeture du camp si des irrégularités sont constatées). Et je peux vous dire que Jeunesse et Sport, ils sont pas tendres avec les scouts en général, surtout les catholiques !

Ce que je reprocherais un tout petit peu à ce témoignage, ce qui m'étonne du moins, c'est l'absence de toute critique. Il y a des trucs dans la vie qui sont supers pour certaines choses et problématiques pour d'autres. C'est profondément rageant, mais c'est comme ça, je pense que c'est important de le reconnaître et de ne pas chercher à lisser les choses. J'ai adoré une bonne partie de mes années scoutes, et pourtant maintenant que j'ai pris du recul là-dessus, je vois bien ce qui fait que j'y réfléchirais à deux fois avant d'y mettre mes (hypothétiques au plus haut point) enfants. Alors peut-être que l'auteur n'a vraiment rien à reprocher à son mouvement bien sûr. Pour ma part, je ne vois pas comment on peut nier que malgré tout, c'était excluant envers les identités religieuses, de genre, d'orientations sexuelles différentes de celles du groupe. Ça véhiculait certains modes de pensée auxquels je ne m'identifie plus, et ça encourageait parfois des personnalités un peu fragiles vers des comportements malsains. Ça n'efface pas ce que j'y ai vécu, mais je suis mal-à-l'aise avec le fait d'avoir appartenu à un mouvement dont des membres défilent en uniforme à la manif pour tous. Comme toujours, je pense qu'il faut séparer les individus du mouvement dans son ensemble et de ses représentations les plus visibles. Mais est-ce que ça suffit... Je ne suis pas sûre. Ça a beau être un déchirement pour moi, je ne crois pas pouvoir raisonnablement souhaiter que mon mouvement continue à exister en restant sur ses positions.
 

Bernie

Well-known member
24 Fev 2019
1 625
11 908
113
@Philomuse pour ce qui est des conditions des raids, je l’ai précisé dans mon message, c’était dans les années 90. Mais même pas sure que c’était dans les clous à cette époque. ;)
Si je peux être pour la non mixité comme moyen d’émancipation, je ne l’ai pas vécue comme telle à mon époque. Les louveteaux partaient faire des cabanes dans les bois et les filles apprenaient à coudre au local (je ne caricature qu’à peine). Les filles faisaient des spectacles dans les maisons de retraites et distribuaient du café aux sdf car elles sont naturellement portées vers le « care » et les garçons faisaient des trucs plus physiques et vachement plus fun.
Mais peut-être que je dois me considérer comme vieille maintenant.
 
  • You Rock !
Reactions: Sosso

GrumpyBunny

Well-known member
3 Jan 2019
610
3 874
93
C’est marrant ce témoignage et toutes vos expériences qui suivent. Pour moi ça fait écho aux colonies de vacances que j’ai fait pendant mon enfance et aussi aux récits de scoutisme que mes parents ont vécus. Dans les deux cas ils étaient dénués de liens avec la religion. J’ai jamais demandé à mes parents pourquoi on n’avait pas fait de scoutisme alors que eux même en gardent de super souvenirs et en fait je pense que leur unité (encadrée par mes grands parents) était un peu en marge et que du coup mes parents n’ont pas retrouvé cette neutralité dans les scouts locaux de notre génération. Les colonies de vacances ont fait un super substitut pour moi. Le camping, la vie en communauté, la débrouillardise, l’esprit d’équipe et encore tant d’autres choses sont des valeurs que j’ai pu acquérir lors des différents séjours et je pense que c’est une chouette alternative si on y a accès.
 

Philomuse

Well-known member
24 Avr 2019
18
290
48
@Bernie ah pardon j'ai oublié les années 90 en chemin (qui ne sont pas il y a si longtemps !!). Mais oui probablement que ça n'était déjà plus dans les clous...

Pour revenir sur l'histoire de la non-mixité, à l'âge louveteaux/louvettes/jeannettes c'est un peu différent, parce que le côté vie dans la nature est beaucoup moins important, on fait plus de petites activités tranquilles, des jeux... Et effectivement il y a sans doute beaucoup plus l'écueil des activités genrées, même si comme toujours ça dépend des groupes et des chef.fe.s. Pour moi c'est surtout pour l'âge scout/guides/assimilés (les 12-17 en gros) que la question de la non mixité se pose. Parce que les filles à cette âge là ben... Elles sont comme tout le monde : des furies ^^. Ces temps de non mixité à l'adolescence permettent, selon moi, d'avoir un endroit pour librement exprimer qui tu es, sans les contraintes qu'impliquent habituellement le fait d'être une fille dans notre société. Bien entendu, je ne l'envisage pas comme un défouloir avant de redevenir la fille qu'on attend que tu sois en rentrant chez toi, mais comme un "laboratoire" de l'expression de ta personnalité propre, qui complète l'expérience de soi faite dans l'espace mixte habituel.
 
  • You Rock !
Reactions: Bernie

Bernie

Well-known member
24 Fev 2019
1 625
11 908
113
@Philomuse j’ai aussi pu déplorer des activités extrêmement genrées en intégrant une troupe de caravelle en 1997 après un déménagement et 5 années passées dans un même groupe (que je critique aujourd’hui avec le recul de l’âge, une autre culture, la découverte d’autres milieux plus à gauche mais où j’ai quand même passé de bons moments). Ça a été mon ultime expérience, le summum du cul-cul et de la niaiserie que peut apporter un entre-soi de jeunes filles bourgeoises qui ne pensent qu’à la tenue qu’elles vont porter pour aller au Rallye du samedi soir. C’est ce qui m’a fait tout arrêter du jour au lendemain.

Peut-être que je critique les scouts aujourd’hui parce que j’ai quitté ce milieu et découvert d’autres choses. Peut-être que si je n’avais pas déménagé, que j’étais resté dans ce même milieu, avec les mêmes personnes, je serais restée scout, je me serais mariée avec un scout et je trouverais ça génial et mes enfants seraient scouts aussi. Mais j’ai quitté ce milieu, découvert d’autres réalités, pris énormément de recul par rapport à la religion et à l’éducation. Et sorti du côté « c’est cool de camper dans la nature et de savoir se débrouiller avec pas grand chose », plus grand chose ne me séduit dans l’idéologie scoute.
 
  • You Rock !
Reactions: Sosso and Lolita

Philomuse

Well-known member
24 Avr 2019
18
290
48
@Bernie ah je comprends très bien... Après l'arrêt de l'organisation à laquelle j'appartenais, on a du faire un camp jumelé avec un groupe d'une grande ville. Je l'ai assez mal vécu ; c'était un scoutisme bourgeois et mondain, que je jugeais assez niaisot et dans lequel je ne me retrouvais pas du tout ; ça n'avait rien à voir avec le scoutisme que je connaissais. Mais du coup là aussi, je pense qu'il ne faut pas confondre le scoutisme et les individus...

Bon évidemment je ne vais pas nier qu'il y a des effets de milieux dans le scoutisme de toute façon. Après je n'en ai pas trop souffert personnellement parce que j'étais à la campagne, et que ça aténuait beaucoup les choses. Géographiquement on couvrait un territoire assez vaste, on allait pas dans les mêmes écoles, on n'avait pas les mêmes amis en dehors des scouts. Le cliché chez nous, c'était pas du tout la bourgeoisie, mais plutôt une certaine aristocratie de campagne désargentée un peu ringarde, pas complètement dénuée de charme il faut le dire ;) ... Et puis des gens "normaux". Et quand j'ai été cheffe moi-même, là c'était vraiment varié, des petites venaient et ramenaient des copines de l'école. Ça donnait des situations assez cocasses, où des gamines de familles nombreuses où tout le monde avait été scout avant venait me demander pourquoi on ne disait pas "les grâces" après le repas, pendant que d'autres organisaient des concours de "Miss jungle" (référence au livre de la jungle sur lequel on se base) parce qu'elles avaient passé le samedi précédent devant la télé, ou construisaient des veillées sur le modèle de The voice :LOL: mais tout ce petit monde cohabitait plutôt bien !

Quoiqu'il en soit, je ne dis pas du tout ça dans le sens de "le scoutisme est la meilleure activité tu es juste allé dans le mauvais groupe". Comme l'a dit @GrumpyBunny , ce que moi j'ai aimé dans le scoutisme d'autres en ont fait l'expérience à travers d'autres activités... Ce n'est qu'une proposition parmi d'autres, qui pour moi porte dans ses origines un beau projet pour la jeunesse, mais qui a aussi ses défauts !