Se relancer/réorienter après un burn-out

Luchsii

Well-known member
16 Jan 2019
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Bonjour tout le monde :hello:

Est-ce qu'il y en a qui sont dans ma situation ou dans la phase suivante ?

J'ai fait 5 ans d'études, je suis devenu indépendante (pour bosser à la maison sans pression comme je le souhaitais), j'ai bossé 3 ans à fond et puis... Je me suis écroulée : entre le fait de bosser à la maison ("t'es libre pour faire ça, t'es à la maison de toute façon ?"), la pression des clients ("tu peux le faire ce soir / ce week-end ? Je suis dans la grosse merde"), plus un gros chantier de rénovation sur notre maison (donc sur mon lieu de travail)... à un moment j'ai dit stop, je ne veux plus de ça, j'avais le dos bloqué, je n'arrivais plus à respirer, je pleurais dès que je devais travailler, je faisais tout hyper vite en apnée et du coup c'était mauvais, avec les retours négatifs qu'on imagine, je paniquais dès que j'avais une alerte de mail...

Bref, juste après ma décision d'arrêter, je suis tombée enceinte, je me suis occupée de ma merveilleuse petite fille jusqu'à ses 9 mois, puis je suis à nouveau tombée enceinte. J'ai enchaîné quelques petits contrats histoire de "survivre financièrement" à l'époque où la petite faisait de grosses siestes, mais aujourd'hui je n'envisage pas reprendre ce métier.
Je prépare un concours d'enseignant que je passe dans 1 semaine (procrastination bonjour), mais même si l'aspect transmission m'intéresse, ce qui me motive principalement, c'est :
- un salaire fixe
- les vacances scolaires
- un métier loin de la maison pour que les gens me prennent au sérieux et arrêtent de me demander des trucs pendant que je travaille

Avec tout ça, je suis loin d'être sûre d'avoir mon concours, j'ai du mal à m'y préparer sérieusement.
Mon rêve ce serait de rester mère au foyer encore quelques années et de m'occuper de mes petites (avec un peu de crèche quand même pour souffler), mais ce serait égoïste parce que c'est beaucoup de pression financière sur Monsieur (qui n'est pas non plus des masses emballé par son boulot). D'autant qu'il y a plein de choses qu'on aimerait s'offrir pour varier un peu nos loisirs (un camping-car pour s'échapper en famille le week-end ?).

En fait j'ai juste PEUR de la pression du travail et de la société.
En plus, travailler, ça me soûle, j'aime les premières semaines mais dès que c'est répétitif ça me tue (hyperactivité/TDA/HP bonjour).

Vous avez des témoignages ?
Des gens (pros, perso) qui vous ont aidés à surmonter ça ?

Merci et bon courage à tout le monde !!
 

Ellesméra

Well-known member
10 Jan 2019
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Désolée je ne peux pas t'aider Luchsii, je suis exactement dans le même cas que toi :cretin: (enfin pas la situation, mais mon rapport au monde du travail) Je hais dès que c'est répétitif et je hais devoir passer ma vie à travailler, mais trouver un travail qui laisse du temps pour soi à côté et qui en plus est intéressant (non répétitif), franchement c'est compliqué de trouver un poste qui remplit ces conditions...

Mais bon tu es bien obligée d'aller travailler, surtout pour les raisons que tu as cité, donc concentre toi sur les raisons qui te motivent à ne pas rester au foyer, et demande si enseignante correspond bien à ce que tu veux. Demande toi à quel point il y a de la pression dans le métier d'enseignante, et ce qui te fait vraiment peur.
 

Emily's

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21 Mar 2019
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Lyon
Coucou :hello:
J'ai vécu un Burn Out en travaillant dans la grande distribution et parce que l'on me demandait de faire deux postes différents en même temps.
J'ai fini mon alternance puis j'ai commencé un autre boulot pendant trois mois ... Horrible. Des supérieurs horribles et méchants qui m'ont fait beaucoup de mal.
Et là je suis dans un nouveau poste un CDD (qui se finit dans deux mois) et là ... C'est le bonheur. Je suis dans un super poste avec une nouvelle équipe au top.
Et ce qui est horrible c'est que je vais devoir les quitter car c'est un remplacement pour congés maternité :sad:

Tout ça pour dire qu'à mes yeux le domaine du travail c'est comme la roulette russe : on ne sait jamais sur quoi on va tomber.
Le principal c'est ce que TOI tu veux : quel domaine, quel type de poste, quelles compétences, quelles valeurs ? C'est vraiment un gros travail à faire sur toi même mais ce ne sera que bénéfique :fleur:

Courage ! :supermad:
 

Luchsii

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16 Jan 2019
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@Ellesméra @Emily's Merci pour votre soutien :fleur:

C'est vrai que j'ai un peu orienté mon post en "témoignage" (parce que ça fait toujours du bien de partager ce genre d'expérience douloureuse avec des gens qui comprennent !) mais c'est vrai que ce qui m'aide le plus c'est les témoignages d'après-burn-out :)

Hé oui on est "bien obligés", mais en plus je me sens très enfermée parce que j'habite dans une petite ville pas très développée et surtout où il n'y a pas grand chose dans mon domaine d'origine. D'où l'idée de prof. J'avais vu une coach avec qui j'avais fait le point : j'avais conclus que j'avais besoin de contact social, de transmission, de sens à mon travail...
Bon, prof, c'est pas si mal que ça, c'est plus les conditions de l'éducation nationale et le peu de possibilités pour asseoir son autorité qui font très peur.

Je me demande surtout comment on peut faire pour guérir de cette angoisse.
@Emily's Toi, tu as l'air de dire qu'une bonne expérience suffit à reprendre confiance ?
En tout cas j'espère que tu trouveras un autre cadre aussi top :)
 

Ellesméra

Well-known member
10 Jan 2019
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@Luchsii Oui je pense qu'une bonne expérience professionnelle t'aidera à te sentir mieux et à arrêter d'avoir peur :) Ca fait beaucoup de bien les bonnes expériences.
 
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Equinoxe

If not me, who? If not now, when?
4 Jan 2019
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Hey!! :hello:

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Tout ça pour dire: c'est clairement la bienveillance de quelques collègues et mon travail d'introspection qui m'ont tiré d'affaire, je me connais beaucoup mieux, je sais plus ou moins ce que je veux, vers quoi je tends et surtout ce que je ne veux plus. Il y a encore des couacs et mon chemin est loin d'être fini (fini-t-il jamais d'ailleurs? je ne pense pas :cretin:)
Si j'ai un conseil à te donner, c'est: de la bienveillance, beaucoup de bienveillance, et de l'indulgence à ton égard, tu vas surmonter, tu as la force nécessaire en toi :clin:
 

Luchsii

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16 Jan 2019
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@Equinoxe Ohlalalala merci pour ton long témoignage ! :jv:
À la fois c'est encourageant et à la fois... ahlala je vois que j'ai pas fini d'en baver, d'autant que je suis peut-être pleine d'a prioris, mais agent d'entretien ça me ferait badder un peu :unsure:
Pas bête les bouquins sur la phobie sociale entre autres. J'avais jamais utilisé ce mot à mon propos, mais vu que globalement j'ai peur des gens, ça doit être ça :dowant:
Et moi aussi ce sont les enfants qui me faisaient le plus peur, et depuis que j'ai ma petite j'adooooore ça me passionne, et quand je vois les nanas de la crèche je me dis que leur métier est cool. Ça pourrait être une piste.
Là je vais me confronter aux ados (si j'ai mon concours), on fait difficilement pire non ? ^^

Ton témoignage me fait penser à ma copine major de promo en prépa, trop une tête, qui avait fini par ne pas aller au concours de l'ENS (la tronche des profs), puis finalement après avoir eu ses concours de prof elle a tout lâché pour prendre un job planplan sans intérêt particulier.

Bon merci merci merci. Je vais continuer à creuser tout ça.
L'ennui c'est que je suis hyper ric rac en fric, mais ça me fera justement peut être tester le boulot purement alimentaire...
 
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Luchsii

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16 Jan 2019
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@Equinoxe D'ailleurs, maintenant que j'y pense, as-tu des bouquins qui t'ont marquée, qui t'ont aidée à comprendre/reprendre confiance en toi ?

Ça vaut pour tout le monde et je pense que ça pourrait bénéficier à d'autres qu'à moi :)
 

Ada

Veux être considérée en tant que tel
13 Jan 2019
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Ile de France
Salut :hello:
De mon côté je suis en pleine reconversion après avoir ait un burn out il y a tout pile un an. L'ironie c'est que j'étais justement prof. Pour faire court j'ai laissé le travail tout envahir à force de vouloir faire toujours mieux, toujours plus et je me suis épuisée. Et là effet boule de neige : quand t'es épuisée tu te fais bordéliser, donc tu t'épuises à chercher des solutions (car faut pas rêver je n'ai pas reçu d'aide autres que des conseils "tu devrais faire ...") et la situation continue de dégénérer (moral : allez voir le médecin au premier signe d'épuisement !). J'ai envoyé ma démission peut après, en demandant à ce qu'elle soit effective à la fin des vacances d'été et j'ai fini l'année en enchainant les arrêts maladies (sans être remplacée histoire de se sentir bien mal d'abandonner les gosses).

Comme mon master ne me servait pas à grand chose pour travailler hors éducation nationale, j'ai décidé de retourner à la fac et je suis donc actuellement en L3 info. L'idée de départ c'était de me reformer en douceur (j'avais le droit au M1 mais j'avais peur que ça soit trop intense) dans un domaine où je suis assurée d'avoir du boulot. Je ne sais pas encore vers quel poste me diriger exactement mais j'aimerais avoir des horaires bien définis et ne plus travailler du tout chez moi, histoire de préserver ma vie hors boulot.
 
Dernière édition:

Equinoxe

If not me, who? If not now, when?
4 Jan 2019
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@Ellesméra Je fais le ménage dans une structure qui fait de la sensibilisation à l'environnement et au développement durable et c'est clairement pour cette asso que j'ai postulé, parce que je voulais y rentrer. ça aurait été n'importe quelle autre structure, j'aurai refusé. A la base c'était un cdd de 6 mois en 20h/semaine, ça collait bien avec mes horaires d'anim périscolaire, j'étais en train de créer ma boîte, bref ça me faisait des sous, du chômage pour après et probablement un potentiel réseau :cretin:
Et puis le cdd s'est transformé en cdi :shifty:, on m'a proposé de faire de l'animation pour eux aussi :dowant:, je suis presque à temps plein aujourd'hui, j'ai arrêté ma boîte et le périscolaire. Tout ça parce que j'ai des collègues géniaux et que je m'étais encore jamais senti à ma place dans une structure <3
Et oui, j'ai baddé les premiers mois en mode "et maintenant je vais faire que du ménage, ma vie est foutuuuuuuue :crying:" (lol :cretin:) et j'ai flippé au moment de signer mon cdi et.... et ben ça va en fait :cretin: Le boulot est pas ouf mais je suis seule sur mon poste, je m'organise comme je veux, j'ai pas de pointeuse, je prends mon café (autant que j'en veux d'ailleurs) comme je veux, du moment que le boulot est fait, on me fout la paix, et ça, ça change la vie :cretin:

@Luchsii Honnêtement je pense que si j'avais trouvé le bon professionnel de santé, j'aurais été beaucoup plus vite, mais bon, j'ai pas cherché plus loin et c'est dans mon tempérament de me débrouiller seule, avec les erreurs qui vont avec :cretin: Du coup j'ai un peu la sensation d'avoir fait le chemin à pieds nus, j'ai beaucoup tâtonné, beaucoup replongé, mais c'est mon chemin, c'est comme ça que je conçois ma vie et j'ai fini par l'accepter :happy: Mais ce que j'ai découvert seule, je pense qu'un psy doit aussi pouvoir t'aiguiller :clin:

En livres qui m'ont marqué:
-Cessez d'être gentil, soyez vrai (Thomas d'Ansembourg) (lui c'est ma bible :cretin:)
-Le meilleur de soi (Guy Corneau)
-Victime des autres, bourreau de soi (Guy Corneau) (plus difficile à lire j'ai trouvé)
-Etre heureux, ce n'est pas nécessairement confortable (Thomas d'Ansembourg)
-Les 4 accords toltèques (Miguel Ruiz)
Et en ce moment je suis sur Le pouvoir du moment présent (Eckart Toll)
 

Luchsii

Well-known member
16 Jan 2019
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@Equinoxe Merciiiii pour les bouquins, je me les note pour après mon concours ! Je vais m'y mettre. Tout ça me rassure énormément (et en même temps va falloir que je me mette un coup de pied au cul).
Finalement, pour le ménage, j'observais justement la nana qui fait le ménage de ma petite crèche y'a quelques semaines et je me disais que c'était pas si terrible que ça. Elle a une bonne ambiance, elle est toute seule à gérer son petit truc... le seul truc c'est l'exposition au produits chimiques (même si je pense que ça a dû évoluer).

@Scarlett O'Hara Merci pour ton énorme témoignage :fleur:
C'est super que tu aies réussi à t'en sortir et à trouver des professionnels. Je me rends compte que les difficultés sont différentes en tant qu'indépendant : on peut s'arrêter plus facilement, mais on ne peut compter que sur soi : pas de syndicat, pas de congé maladie, pas de chômage, pas d'interlocuteurs en gros... J'ai conscience que je devrais voir un psy mais je n'ai pas d'argent, je suis déjà une charge pour mon chéri, je ne culpabilise pas trop trop parce que je m'occupe de notre (bientôt nos) enfant(s), mais lui faire payer un psy...
On m'avait parlé d'une psychiatre pas trop portée sur les médocs près de chez moi, mais pfff faut que je passe par le médecin traitant pour la convaincre de me faire une ordo :oops:
En gros faut que je me trouve un boulot pour payer le psy ^^ puis trouver un psy qui voudra pas me mettre sous anti dépresseurs, dans ma petite ville méditerranéenne de 50 000 habitants.


En tout cas on voit bien que toutes nos expériences nous forgent, a fortiori nos mauvaises expériences.
Vous me donnez envie de me relancer.
Si j'ai pas mon concours et après mon "congé maternité", je chercherai p'têtre un p'tit boulot pépère dans l'administration, ou un boulot en crèche...
J'avais pensé aux espaces verts aussi, j'aime bien planter des trucs. Et puis j'ai l'habitude de ramasser les cacas de chiens t'façon :dowant:
Après avoir lu les bouquins d' @Equinoxe bien sûr :taquin:
 

Luchsii

Well-known member
16 Jan 2019
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@Scarlett O'Hara Oui j'avais bien lu ta réponse, mais il fallait que je prenne le temps de répondre au calme une fois bébé couché :p
Je ne crois pas que les mutuelles remboursent les séances psy en France, en tout cas la mienne non.

Je comprends ton parcours difficile :fleur:
Les pensées noire de rumination je les ai eues, mais au final comme j'étais à la maison et que je pouvais "ne pas travailler", je passais les journées sur mon canapé à somnoler à "attendre que la vie passe", en gros la tête dans le sable comme l'autruche en attendant que la mauvaise période passe, même si ça devait durer des années. Mon rapport à la mort a quand même changé dans cette période : avant j'avais une réelle phobie de la mort, eh bien pendant la période je m'en fichais un peu, j'étais un peu plus "relax" en voiture par exemple vu que j'avais moins peur de mourir.

Je suis bien d'accord que la santé mentale passe avant tout. Ce qui m'a sauvée de la dépression c'est ma première grossesse. J'ai su prendre énormément soin de moi (en fait, de mon futur bébé, surtout) et j'ai appris énormément de choses sur moi. C'est juste que depuis cette date (il y a 2 ans) j'ai complètement "mis de côté" l'aspect travail, j'ai vécu sur mes économies et là ça y est, je suis au bout de mes économies (je mettais beaucoup d'argent de côté en indépendante).
Là voilà je suis obligée de m'y confronter et je me rends compte que ça ne s'est pas réglé "tout seul".

J'ai hésité pendant un temps à contacter la maison du handicap pour me faire reconnaître comme handicapée à cause de mon hyperactivité/hypersensibilité mais j'ai entendu que c'était le parcours du combattant :unsure:
Je n'ai pas de soucis à réclamer mon dû et à être un "poids" pour la société.
Ce qui est plus dur c'est que mon compagnon est déjà pas loin du bout du rouleau, je lis des signes de dépression en lui et voilà... on est un peu sur la corde raide, surtout qu'autant moi je suis capable de réduire mon train de vie, lui pas trop.


En tout cas oui ce qui fait du bien dans ton message, c'est bien ce que tu dis : je me dis que mon rapport au travail changera peut-être :) Dès que je pourrai (bon, c'est dans quasi un an quand mon futur bébé aura une place en crèche) je tenterai de postuler à des petits postes variés si j'ai pas eu mon concours, pour tester :)
Merci :fleur:
 

Zelila

Well-known member
5 Jan 2019
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Coucou tout le monde! :hello:

Je suis contente d’être tombée sur cette discussion étant en ce moment dans une phase où c'est vraiment dur dur de me remettre à travailler :shifty:
Mon entourage me donne vraiment l'impression d’être une "grosse fainéante qui profite des aides" et je le vis assez mal, d’ailleurs ma vie sociale est en berne et plus je me coupe des autres, plus je me sens merdeuse et, bref, c'est un cercle vicieux :erf:

Pour la petite histoire, j'ai fais des études d'art, que j'ai arrêté en plein milieux pour des histoires de finances... Apres quoi j'ai fait un service civique que j'ai adoré (je faisais principalement de l'animation en EHPAD et j'aimais beaucoup ça), j'ai rêvé de la carrière d'art thérapeute, j'ai pensé m'orienter vers l'animation ou le social mais, hé, j'ai du trouver en vitesse un appart et un travail suite à une séparation.
Je me suis retrouvé à faire la plonge, c'est clairement pas ouf mais ça paye les factures. Et puis, une chose en entraînant une autre, j'ai enchaîné plusieurs jobs en restauration, où on me faisait toujours miroiter un CDI qui me passait chaque fois sous le nez.
J'ai eu une année 2016 et 2017 difficiles sur beaucoup de plans et j'ai tout refoulé, me suis abrutie de travail en enchaînant le plus d'heures possibles pour ne pas me retrouver devant tout ce qui s’était passé. L'idée bien pourrie, vous vous en doutez :top: Surtout que la restauration c'est physique, avec des horaires difficiles...
Mon dernier travail était bien payé mais dans des conditions vraiment pas terribles et moi je n'y arrivais juste plus (physiquement et moralement), j'ai demandé une rupture conventionnelle et une fois au chômage, plus moyen de retravailler! J'ai des problèmes d'anxiété de base (crises d'angoisse, phobie sociale....) qui ont pris des proportions difficiles à gérer une fois au repos... Je me suis retrouvée dans un sale état et j'ai vraiment mis le plan professionnel de coté, le temps de me remettre.

Cette période de chômage m'a fait du bien et même si j'ai encore des choses à travailler, j'aimerais me relancer. Je ne veux plus bosser en restauration et je ne sais pas si je suis capable de reprendre un temps plein tout de suite. J'ai pas mal peur de refaire des crises d'angoisse au boulot notamment, de me retrouver de nouveau sous pression, de devoir me refaire une place auprès d'inconnus...
J'hésite entre de l'interim ou une formation, je pense aussi à voir un thérapeute.
Mais je vais y arriver 8)

Voilà pour moi :happy:
En tout cas vos témoignages m'ont fait du bien et je vais suivre ce topic avec attention :fleur:
 

Luchsii

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16 Jan 2019
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@Zelila Comme quoi on peut apprendre des expériences des autres et en sortir plus fortes :fleur:
C'était un peu ce que je voulais dans ce topic, avoir des retours, savoir comment les gens s'en sont sortis... Ce que j'en retire c'est qu'il faudra :
- que je trouve un bon professionnel / psy
- que je me "replonge" (aaargh apnée :gonk: ) dans le monde du travail pour me confronter à mes peurs (certes irrationnelles) en essayant de trouver des expériences à temps partiel et/ou passionnantes et/ou avec un entourage bienveillant.

C'est vraiment une saloperie ce truc de l'épuisement professionnel, on voit bien que ça peut arriver dans plein de domaines et que ça touche principalement une certaine catégorie de personnes (sensible, perfectionniste, phobique... et bosseur !). Comment on n'en parlait pas autant dans la génération de nos parents ? Pourtant ça devait bien arriver... Est-ce que les gens étaient plus endurcis face au travail ?
En même temps on voit bien que même les anciennes générations ont souffert face aux nouvelles méthodes de management (ayant de la famille à l'éducation nationale et chez France Télécom, j'ai vu le changement).

@Zelila En tout cas vu ce que tu racontes, c'est sûr que tu n'es pas une "grosse fainéante" qui profite ! Peut-être que c'est ton entourage qui te donne cette impression, mais peut-être que tu t'infliges toi-même cette étiquette, vu que tu es une bosseuse...
Moi je le vivais pas trop trop mal (mis à part mon conjoint qui me reproche toujours quand qqch n'est pas fait à la maison, vu que j'y suis) car je me considère réellement comme "malade", d'ailleurs j'ai réellement eu des répercussions physiques (cou et dos bloqués, je ne pouvais plus lever la tête et regarder les choses en hauteur : ça paraît con, mais dans un supermarché c'est la MERDE).
En fait j'ai jamais arrêté de ma vie, j'ai enchaîné lycée-fac-apprentissage-indépendante (beaucoup d'heures direct) puis maternité vécue à 100%, et là maintenant que ma petite est à la crèche je me prépare à mon concours... En fait j'aimerais juste une année de césure, je crois !
Je pense que la plupart des gens en burn out sont dans ce genre de cas, du coup après ils culpabilisent de "ne rien faire".
Là je le vis mal parce qu'on est sur la pente descendante niveau fric, on vit au-dessus de nos moyens et je suis quelqu'un d'économe, je déteste vivre "à crédit", c'est-à-dire dépenser de l'argent que je n'ai pas gagné d'une manière ou d'une autre.
 

CCCC

Cessez ces "C" !
20 Jan 2019
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Hello, je ne suis pas dans cette situation, mais j'ai lu ce topic et vos situations me touchent je vous envoie à tous.tes toutes les ondes positives que j'ai autour de moi !
:fleur::fleur::fleur::fleur::fleur::fleur::fleur::fleur::fleur:

Aussi @Luchsii , une des phrases dans ton premier post m'a beaucoup fait réfléchir :
- un métier loin de la maison pour que les gens me prennent au sérieux et arrêtent de me demander des trucs pendant que je travaille
Au début je me suis dit direct "alors avec prof ça va pas être facile !" parce qu'en tant que prof, il faut tout de même s'attendre à ce que ton boulot soit un chouia dévalorisé. Mon oncle médecin disait toujours à ma mère prof : "alors, encore en vacances ?" (alors qu'on se voyait QUE pendant les vacances et qu'il était LUI-MEME en vacances !!!). Dans le même genre, j'ai une collègue qui s'est vue imposer une offre de crèche "spéciale prof" avec 4 jours par semaine seulement, ah oui parce que prof, c'est pas un boulot entier, tu vois, pourtant elle était à plein temps. L'année dernière, un taxi commence à déblatérer sur les profs, il me dit "rendez-vous compte qu'un prof agrégé fait 12h de cours par semaine ! 12h ! J'ai rien contre eux, mais c'est quand même dégueulasse !" (j'ai pas osé lui dire que j'étais prof agrégé en prépa et que je faisais 9h de cours par semaine. Il aurait fallu que je lui explique qu'en fait je bosse entre 30 et 50 heures par semaine, et là, comme ça, dans un taxi à Antibes, j'ai senti comme une grosse fatigue et pas du tout l'envie de me justifier :gonk:)

Mais bien entendu, je comprends que lorsqu'on est à 100% à s'occuper de ses enfants, c'est vraiment vraiment vraiment encore pire, et qu'au moins avoir un métier comme enseignant, on on peut légitimement être officiellement occupée et dire "don't disturb", c'est déjà un soulagement. C'est d'ailleurs un des rares métiers où on te pardonne d'éteindre ton portable plusieurs heures d'affilée ! Le luxe !

Mais en fait, je me fais la remarque qu'on est dans une société qui fait culpabiliser les gens quoi qu'ils fassent.
Tu ne veux pas d'enfants ? Feignasse !
Tu veux 4 enfants ou plus ? Vraiment une excuse pour avoir des allocs, feignasse !
Tu es prof ? ouh la feignasse !
Tu es au chômage ? Feignasse ET profiteur.se d'allocs !
Tu ne peux (veux?) pas boucler mon dossier, à moi, ton client ? Feignasse !
Tu ne veux pas faire d'heures sup ? Espèce de grosse feignasse !
Tu es dans une phase où tu ne peux pas gérer émotionnellement de t'impliquer trop dans ton boulot et tu veux trouver un bon équilibre ? Feignasse, feignasse et encore feignasse !

Bien sûr, quand on est une femme ça aggrave les choses ! et vous savez encore ce qui aggrave les choses ? c'est d'être consciencieux dans son travail et de vouloir faire les choses bien.

Je ne parle pas spécifiquement du burn-out, qui est un phénomène que je ne connais pas assez pour en parler personnellement, mais bien des conditions dans la société qui permettent au burn-out d'exister. Voilà, on n'est jamais assez bien. Il y aura toujours un connard pour nous juger.
A tous ces gens-là qui pensent que travailler signifie souffrir et ne faire que ça, j'ai envie de leur dire "fuck you".
 

Luchsii

Well-known member
16 Jan 2019
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@CCCC Hahaha merci pour les bonnes ondes, elles ont été bien reçues ;)
Pour être passée par la case prépa, je peux dire que tous mes profs étaient passionnés et c'était tous des génies :giggle:

Je connais l'image des profs, étant issue d'une famille de fonctionnaires et/ou profs mais ayant une belle-famille de droite / de notables et d'agriculteurs : à ceux qui se plaignent des vacances et des horaires des profs, j'ai déjà l'habitude de répondre alors pourquoi TOI tu n'as pas fait prof ? Cest bizarre hein, le métier de prof c'est trop les vacances mais l'éducation nationale n'arrive pas à recruter ? Peut-être que les conditions ne sont pas aussi enviables ?

Je suis un peu hors sujet, mais tu as raison, la société n'a de cesse de nous renvoyer une image de feignasse...
 
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Zelila

Well-known member
5 Jan 2019
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@Luchsii C'est vrai que j'ai du mal avec cette image de "profiteuse", je le vis vraiment comme un échec alors qu'au final, ce n'est qu'une phase et ça arrive à plein de gens... Et c'est bien possible du coup que ce soit moi qui me colle cette étiquette! :shifty:

Cette période me parait juste si éloignée de ce que je vivais avant, je bougeais beaucoup, j'avais une vie sociale bien remplie, des activités, des sorties, des voyages, des déménagements... Maintenant quand on me demande de mes nouvelles, je me sens mal, j'ai l'impression de stagner complètement dans ma vie, sans travail et sans enfants, toujours dans le même appart à attendre que ça passe.
Et les commentaires de l'entourage n'aident pas, il faut bien l'avouer :stare:
Apres je suis bien consciente qu'ils ne sont pas au courant de mes difficultés (anxiété et cie) et que du coup ça fausse leur jugement.

J'ai encore pas mal de travail à faire sur moi et j'ai vraiment envie de consulter pour dénouer un peu tout ça, par contre j'ai vraiment peur qu'un thérapeute ne m'aide pas vraiment et un psychologue, c'est hors budget du coup :erf:
Il faudrait que je travaille pour me payer les séances alors que je veux consulter pour apaiser ma peur de travailler, c'est ballot! :yawn:

Edit: @Luchsii Je n'avais jamais vu ce que j'ai vécu comme une "maladie" pourtant j'ai moi aussi eu des répercussions physiques (douleurs d'épaule à plus pouvoir lever le bras, douleurs de sciatique :goth:...) en fait je ne me sentais pas vraiment concerné par un "burn-out" jusqu'à tomber sur ce topic :hesite: Pourtant le fait que j'ai développé une espèce de phobie du travail me fait me poser la question, je vais un peu plus me renseigner sur ce sujet du coup.
 
Dernière édition:

Luchsii

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16 Jan 2019
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@Zelila Je trouve que le terme "burn out" est assez difficile à cerner, j'ai moi-même eu du mal à me l'approprier (c'est un psy qui m'a dit que c'était mon cas) d'autant plus que j'étais mon propre patron, donc "pas d'excuse". Devant les gens sceptiques je préfère parler "d'épuisement professionnel", je trouve que c'est plus parlant et que ça fait moins "trendy".
Ce même psy m'a aussi appris à accepter l'étiquette "dépression" que je n'avais absolument pas envisagée et qui m'a aidée à me dire que j'avais vraiment touché le fond et que je n'avais plus qu'à donner un bon coup de pied.

J'avais bien aimé une émission de "Grand bien vous fasse" sur France Inter qui expliquait qu'on vivait dans une société productiviste où tout nous pousse à être au top tout le temps : on a des coachs professionnels, des coachs privés, etc., etc.
Sauf que c'est impossible, il y a forcément des hauts et des bas dans la vie, des hauts et des bas en énergie. C'est en contradiction avec le message ambiant mais c'est une réalité. Surtout que pour les gens "hyper-", ces périodes sont encore plus marquées, le même psy m'a prévenue que j'allais toute ma vie être sensible au burn out et à la dépression (selon mon mode de vie : sports, pression, etc.).
J'avais vue une autre psy un peu hippie sur les bords qui était très "féminité", elle considérait que les femmes d'autant plus avaient besoin de "périodes de gestation"... j'ai pris son discours avec des pincettes, mais comme je suis tombée enceinte à ce moment, j'ai un peu suivi son discours déculpabilisant et j'en ai profité pour me consacrer à fond à mon corps, à mon mental pour offrir la plus belle grossesse et les meilleures ondes à mon futur bébé, et j'ai continué comme ça pendant ses 6 premiers mois de vie et j'estime que c'est la plus belle réussite de ma vie.

Voilà voilà, là où je veux en venir c'est qu'il y a plein de façons d'avoir une vie remplie sans pour autant être productif au sens de la société.
L'ennui c'est que ça ne paye pas le loyer :censored:


Edit : d'ailleurs apparemment de plus en plus de spécialistes sont alarmés du fakt qu'on dort de moins en moins, qu'on se repose de moins en moins, et qu'au niveau santé c'est bof bof...
 
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Sam Cob

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8 Jan 2019
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@Equinoxe Merciiiii pour les bouquins, je me les note pour après mon concours ! Je vais m'y mettre. Tout ça me rassure énormément (et en même temps va falloir que je me mette un coup de pied au cul).
Finalement, pour le ménage, j'observais justement la nana qui fait le ménage de ma petite crèche y'a quelques semaines et je me disais que c'était pas si terrible que ça. Elle a une bonne ambiance, elle est toute seule à gérer son petit truc... le seul truc c'est l'exposition au produits chimiques (même si je pense que ça a dû évoluer).

@Scarlett O'Hara Merci pour ton énorme témoignage :fleur:
C'est super que tu aies réussi à t'en sortir et à trouver des professionnels. Je me rends compte que les difficultés sont différentes en tant qu'indépendant : on peut s'arrêter plus facilement, mais on ne peut compter que sur soi : pas de syndicat, pas de congé maladie, pas de chômage, pas d'interlocuteurs en gros... J'ai conscience que je devrais voir un psy mais je n'ai pas d'argent, je suis déjà une charge pour mon chéri, je ne culpabilise pas trop trop parce que je m'occupe de notre (bientôt nos) enfant(s), mais lui faire payer un psy...
On m'avait parlé d'une psychiatre pas trop portée sur les médocs près de chez moi, mais pfff faut que je passe par le médecin traitant pour la convaincre de me faire une ordo :oops:
En gros faut que je me trouve un boulot pour payer le psy ^^ puis trouver un psy qui voudra pas me mettre sous anti dépresseurs, dans ma petite ville méditerranéenne de 50 000 habitants.


En tout cas on voit bien que toutes nos expériences nous forgent, a fortiori nos mauvaises expériences.
Vous me donnez envie de me relancer.
Si j'ai pas mon concours et après mon "congé maternité", je chercherai p'têtre un p'tit boulot pépère dans l'administration, ou un boulot en crèche...
J'avais pensé aux espaces verts aussi, j'aime bien planter des trucs. Et puis j'ai l'habitude de ramasser les cacas de chiens t'façon :dowant:
Après avoir lu les bouquins d' @Equinoxe bien sûr :taquin:
Si tu souhaites voir un psy je te conseille de te renseigner s'il existe un CMP (centre médico psychologique) près de chez toi, les consultations sont gratuites (il peut y avoir cependant un certain délai d'attente). Plus d'infos ici : https://psychotherapie.ooreka.fr/astuce/voir/653953/centre-medico-psychologique-cmp
 
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