« Petite fille » le documentaire à voir sur Arte pour comprendre la transidentité

Sorcière des champs

Well-known member
4 Déc 2019
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@Docteur ainsi tu es psychologue et tes interrogations m'étonnent (pour ne pas dire m'inquiètent en tant que praticien, maintenant tu dis t'interroger, et c'est ton droit).. dans mes longues études, on a fait beaucoup de psycho aussi (bien sûr pas autant que toi, sans doute), et c'est pas vraiment comme ça qu'on analyse un patient, sur un documentaire.. Puisque d'office biaisé,. Il s'agit ici d'un documentaire, filmé par une (douée) tierce personne, donc qui va montrer que ce qu'iel veut montrer. J'aurais pu faire aussi un documentaire (non pas aussi chouette :yawn: ceci est de la théorie) où j'aurais pu donner un tout autre point de vue, par ex, le papa ultra présent. Vu qu'on voit à travers les yeux d'un tiers, qui montre ce qu'il veut montrer, c'est d'office subjectif et le spectateur peut avoir des impressions qui peuvent être justes comme totalement à côté de la plaque. Le principe même d'un documentaire. Bon tu dis que tu t'interroges et c'est totalement ton droit :fleur: n'oublie pas que c'est un documentaire, c'est juste ça que je veux dire. D'ailleurs tu l'as noté toi même, ici c'est sous le prisme émotionnel, c'est le parti pris choisi par le réa. Donc on ne peut pas vraiment tirer de conclusions trop hâtives.. D'où l'importance de prendre de la distance. Ensuite, je n'ai pas encore creusé dans pubmed et cie (je suis très, face au scepticisme, à aimer balancer une liste d'articles scientifiques -bien qu'il faut toujours être critique aussi face au scientifiquement prouvé, on s'entend-), mais il me semble que la pédopsychiatre, est elle, contrairement à toi ou moi, spécialisée dans ce domaine précis, et justement balaie bien fermement que les désirs de la mère ne sont pas responsables d'une dysphorie de genre. Sauf erreur on parle d'un médecin qui a augmenté son savoir d'une spé en plus. C'est pas n'importe qui non plus (bien qu'il faille toujours être critique, même devant des spécialistes, soit, je veux bien l'entendre aussi). Je suis persuadée que cette pédopsychiatre a lu paquet d'articles attestant de cela. Ah la mère, cette éternelle castratrice.. :rolleyes: en fait tes doutes ont l'air fort sous le prisme freudien, avec l'analyse des désirs de la grossesse, le rôle prépondérant de la mère etc etc. Oui on voit ça en psycho, mais la psycho a évolué depuis freud etc, qui d'ailleurs est beaucoup remis en question !
Je pense que le réa a insisté de montrer le côté : les FC de bébé fille / le désir d'un bb fille > pour que la parole de la pédopsy ait plus d'impact (et qu'on entende bien le "le désir de la mère N'a PAS d'influence) et que ça rassure par là même les mères qui vivent la même situation. Je me spécialise dans la prise en charge notamment de la mère (et de l'enfant), et lors de mes stages, que ce soit en gynéco, en kiné, en neuro, c'est fou, peu importe la patho de l'enfant, le schéma, toujours le même qui ressort face à un enfant porteur d'un handicap / d'une différence : l'ultra culpabilité de la mère. Les mères sont rongées par la culpabilité. D'ailleurs la maman du reportage l'explique très bien, avec des mots très justes (au début du reportage, passage poignant dans la cuisine). Mais même pour des petits trucs du quotidien avec un enfant quelconque >>. "mon enfant ne fait pas ses nuits" / mon enfant ne tête pas / mon enfant n'est pas sevré etc etc. Les mères sont des boules de culpabilité souvent. Je pense sincèrement ici que le parti pris était de montrer la culpabilité que ressent cette mère, l'introspection qu'elle a fait sur elle même pour se dire, mince, j'ai désiré ça / j'ai vécu ça > et du coup mon enfant est ainsi. Elle me paraît très saine justement. Ce qui me heurte dans tes inquiétudes :erf: c'est qu'alors, si on s'autorise à penser que la mère est en cause, on peut le faire dans d'autres domaines, comme pourquoi mon enfant est homo / bi / assexuel / transgenre / whatever ? mère en cause ? C'est dangereux.. Oui un parent peut influer négativement sur un enfant, maintenant, pour ces domaines là, il a été prouvé que ce n'est pas une question de désir parental ou d'éducation ou même de génétique. (et soutenir autre chose est dangereux et malaisant ce me semble (et me fait mal rien que de l'imaginer)).

Est ce que la mère l'a influée inconsciemment ? justement moi la mienne, rêvait d'un petit garçon, elle a pris une photo avec son ventre rond et marqué "Julien ?" dessus, alors que j'étais dedans. Mon père aussi rêvait d'un petit garçon. Je l'ai pas mal entendu étant enfant (je suis cis), on m'a montré la photo et moi je trouvais ça juste WTF et désagréable. Ils ont essayé de me faire jouer aux mécanos, de me pousser dans des tas de choses connotées "garçon" et j'ai fait l'inverse, correspondant au cliché attendu de la société concernant les filles. Bref, Si tous les parents déçus du genre de leur bébé (il y a beaucoup de parents décus, en vrai) influaient réellement, on aurait beaucoup beaucoup de dysphories de genre (et ptet des gens plus ouverts d'esprit ? :pray: )
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C'est vrai que la petite ne s'exprime pas beaucoup, mais des enfants de 8 ans timides, y'en a plein. Des qui savent pas quoi raconter à une caméra / un psy, plein. Les petits de ma soeur, du même âge, ils ont les mêmes réactions que sasha face à des inconnus. Où toi l'adulte, tu te dis, mais bon sang, ils alignent pas 3 mots, c'est quoi cette histoire, eux qui sont si bavards ?! Pourquoi ils font les "bébés" ? Et ça aussi ça m'étonne car en temps que psy, tu as forcément vu le développement des enfants, et mieux, tu en as sans doute eu en consult ou lors des stages. Il y a plein de petits qui sont comme ça. Où c'est carrément chaud de leur donner la parole et d'en sortir quelque chose. Et promis, ils vont bien ! (même avant mes études médicales, j'avais fait d'autres études, me suis retrouvée à donner cours en lycée et en fac, et tu as des gens quasi adultes dans un cas, et majeurs dans l'autre, eh bien dans les couloirs, ils parlent normalement, et tu leur pose une question en cours, même quand ils savent la réponse, ils perdent leurs mots, balbutient, ont l'air d'un coup d'enfants pris en faute)...

La maman semble heureuse oui, et elle l'exprime beaucoup verbalement/non verbalement (elle se comporte comme beaucoup de mamans mères d'un enfant différent ou enfants en situation de handicap (!! je ne fais pas de parallèle maladroit, je sais qu'il n'est pas question d'un handicap, hein (quoique les adultes font tout pour bien handicaper l'enfant qui n'a rien demandé à personne, je dis juste que les mères d'enfants en situation de handicap se comportent ainsi aussi)., qui font de la différence de leur enfant une force, ça devient leur combat etc (on avait vu ça justement en cours.. donc oui elle correspond à ça et non ça ne me choque pas. Beaucoup de parents d'enfants non valides ou porteur d'une différence rejetée par la société se comportent ainsi. C'est leur cooping pour dépasser le truc et s'en sortir, en résumé). Elle a de plus les paroles typiques, c'est quasi un cas d'école tellement elle citait mes cours parfois, quand elle explique son "combat", quand elle s'inquiète de ce "que son enfant pourra faire ou non", quand elle se plaint du "rejet", qu'elle aspire à "une vie normale" pour l'enfant etc etc. Justement tu disais que c'est un enfant très protégé / touché et ça t'étonnait car "elle est en primaire". Mais justement, c'est le comportement typique des parents d'enfants porteurs d'une différence mal acceptée / ou porteurs d'handicap / ou gravement malades / ou malades chronique etc. On le voit dans le chapitre "l'enfant et la maladie" justement. Ce sont souvent des enfants très touché, sur couvés, même tardivement. Maintenant tant que ça n'empêche pas l'enfant de se développer, tant qu'il est suivi (ma prof de psycho avait cité le cas d'une enfant guérie, mais qui a fait semblant de rechuter car sa mère était limite malheureuse de ne plus pouvoir la surcouver parce qu'elle allait mieux > là oui, on est dans un comportement maternel pathologique. Mais que je sache, la petite Sasha est suivie et bien suivie, je pense que si quoi que ce soit de tel était détecté chez les parents, l'équipe médicale agirait en conséquence... on parle pas d'une petite lâchée solo sans suivi sérieux..)

Aussi, j'ai vu beaucoup d'enfants où il leur arrive des trucs de fou (positifs, genre rencontrer/faire un truc avec leur idole (chanteur ultra connu, très grand sportif..), réaliser un rêve un peu dingue (nager avec les dauphins..), avoir un cadeau complètement incroyable, ect etc) et ils n'extériorisent pas toujours la joie aussi clairement que les adultes. (Ca me marque à chaque fois). Ca ne veut toujours pas dire qu'ils ne l'ont pas, cette joie. N'oublions pas qu'elle était filmée, cette petite fille, sans doute intimidée. Moi au même âge, j'aurais eu énormément de mal à parler ou bouger devant une caméra. Ca m'aurait horrifiée. Et je vais bien :shifty: Par ailleurs, toujours dans le développement de l'enfant, je ne suis pas certaine que pour un enfant de 8 ans, ce soit très clair/compréhensible de pourquoi iel est pas accepté.e comme iel est, de pourquoi il faut des papelards/autorisations par des autorités supérieures pour être accepté.e (quelle image ces pauvres enfants doivent avoir de notre monde, moi clairement ça m'a arrachée les larmes, de me dire que nous, adultes, on fasse subir des moments AUSSI gerbants sur de petits êtres en développement.. la petite a forcément ressenti que les gens ayant autorité à ses yeux, l'école, doutait par exemple du fait que ses parents étaient de bons parents. T'imagine un peu la violence du truc pour un simple gosse ? Les questionnements complexes que ça doit engendrer dans son système nerveux encore immature ? (j'ai une spé en neuroscience)). Aussi pourquoi devrait elle se réjouir autant qu'un adulte de quelque chose qui devrait être simple. Je n'explique pas bien avec les mots (car fatiguée), mais elle doit être juste soulagée en fait. Et un peu dépassée qu'il ait fallu passer par autant d'étapes pour un truc qu'elle pensait sans doute plus simple. Les enfants sont très droit au but, très simples dans leur raisonnement. La complexité, ça vient plus tard dans le développement. Tu as vu son grand frère ? lui il explique en 2 phrases, avec une simplicité désarmante sur le comment il explique la situation de sa soeur à ses potes. Il se prend pas la tête. De par leur développement neuro encore immature, je pense que les enfants se coupent moins les cheveux en 4 que les adultes (jusqu'à un certain âge, et flemme de chercher précisément dans mes cours, mais sûre de l'avoir étudié). Donc outre le côté elle n'explose pas de joie car pudeur/gênée par la caméra, faut aussi prendre en compte le côté elle est un peu dépassée sans doute aussi. Elle n'a que 8 ans, elle ne comprend peut être pas tout. Et en plus, elle était assez expressive niveau langage non verbal. On sent que c'est un enfant avec de la retenue, mais tout de même, il y avait beaucoup à dire rien qu'avec le non verbal.

Quant au côté hormonal etc, les personnes avant moi on répondu avec beaucoup de justesse, je n'ajouterai rien.

Le reportage m'a aussi beaucoup fait penser à ceux qui ne s'identifient à aucun genre, ou ceux qui "changent", par ex... leur parcours doit être encore plus compliqué et générer encore plus de rejets/questionnement :erf:
 

Sorairo

Well-known member
4 Déc 2020
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Je te suis totalement sur le ressenti de culpabilité de la mère.

La mienne m'en veut énormément, car elle a l'impression que tout le monde la montre du doigt, comme responsable de ma "déchéance", elle qui a toujours "tout bien fait"...

J'ai renoncé depuis longtemps à aborder avec elle le sujet de la transidentité, car de mes explications elle ne fait que saisir au vol tout ce qui lui paraît être un reproche, et elle prend la lecture d'un article sur l'étiologie de la transidentité comme un réquisitoire contre elle - comme si je lui reprochais via Wikipédia de m'avoir transmis une faiblesse génétique, couverte d'hormones pendant la grossesse et éduquée de façon biaisée...

Bref, elle ne peut supporter l'idée qu'il y ait pu avoir de sa part la moindre responsabilité active ou passive, et de toutes façons, son docteur lui a bien dit, tout ça c'est n'importe quoi et c'est juste moi qui ai soudainement perdu la boule - et d'ailleurs, on voit bien sur toutes les photos de son album que j'ai toujours été une personne très gaie!

A côté de cela, mon père n'a exprimé que de la tristesse - il lui semble avoir perdu son fils et meilleur ami pour ne récupérer en échange qu'un ovni aux contours bien flous - et ma soeur, elle, m'a soutenu dès la première minute et nos liens déjà étroits se sont encore bien resserrés. Les différences de ressenti sont vraiment flagrantes.
 

Antioche

Las Fritas Barricadas
3 Jan 2019
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@Chopin Je ne pense pas qu'il faille nier le reste du monde et l'attribution de genre à la base et je ne vois pas où j'aurai dit ça ? D'ailleurs c'est l'une des choses qui me dérange dans le documentaire : la transidentité n'est jamais nommée, or pour moi au contraire c'est très important que ces enfants sachent que ce qui leur arrive à un nom, que les difficultés qu'iels rencontrent ont un nom aussi (la transphobie, qu'on entend dans la bouche de la psy seulement à la toute fin du reportage).

Quand je parle du fait que c'est important pour les personnes trans d'être bien informés sur ce qu'il est possible ou pas de faire, et bien accompagnés aussi, c'est justement parce que je ne compte pas du tout nier la différence entre l'enfance d'une personne cis et d'une personne trans.
Pour autant, pour un enfant prepubere, je vois pas tellement quel accompagnement particulier on pourrait lui donner qui différerait de celui d'un enfant cis, si ce n'est éventuellement un soutien psychologique si quelque chose des choses se passe mal. Protéger les enfants trans c'est aussi leur garantir une enfance la plus normale qu'il soit possible.
 
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Antioche

Las Fritas Barricadas
3 Jan 2019
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@Chopin Je suis pas très sûr de comprendre là où tu veux en venir. Dans cette logique, est ce que les parents de Sasha auraient du lui apprendre à se faire discrète plutôt que de se battre pour faire plier l'école ? Est ce que ça aurait réellement été mieux pour son équilibre psychique de ne pas chercher à faire valoir ses droits parce qu'il faut faire avec la société ?

En fait, ce passage sur la fluidité de genre, c'était surtout pour répondre à la question ''quel est le bon âge pour savoir ?''. Contrairement à toi je pense pas que de se revendiquer d'un autre genre que celui assigné, réclamer d'être genré d'un façon ou d'une autre ou encore vouloir s'habiller d'une manière qui détonne aux yeux des autres puisse être un signe de trouble en soi. Je vois pas pourquoi. Après OK, je suis pas psy et j'y connais pas masse en développement de l'enfant, mais ça tombe bien parce que je fais pas confiance aux psy, encore moins sur ce sujet :goth:
En tout cas je vois pas ce qu'il y a d'inquiétant en soi, et dans un premier temps si y'a pas d'hostilité venant de l'extérieur (et si ça peut, ça pourrait arriver) je vois vraiment pas ce qui nécessiterait une autre prise en charge que juste de l'information et de l'acceptation. Le contraire me choqué plutôt, en réalité. Ça gênera peut être, mais ouais ça me choque que le premier réflexe qu'on ait quand son gosse veut porter des robes et se faire genrer au féminin, ce soir de voir un médecin ou un psy.
 
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Antioche

Las Fritas Barricadas
3 Jan 2019
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@Chopin Ben visiblement, l'un comme l'autre on est totalement passé à côté de ce qu'on voulait dire et on ne comprend pas du tout le message que l'un et l'autre voulait faire passer :dunno:
Visiblement on est pas totalement en désaccord, mais on doit pas parler pareil. Je laisse tomber, parce que moi aussi ça me fait chier d'être accusé d'utiliser les enfants comme porte étendard d'une cause militante. J'ai honte quand je lis ça, j'aurai jamais du répondre.


Et pour finir : je n'ai JAMAIS dit que tous les psy faisaient ou racontaient de la merde. J'ai dit que la transidentité n'était pas un ''symptôme'' inquiétant en soi (parce que Chopin disait que c'était important de pouvoir vérifier si ce n'est pas la conséquence d'un autre trouble, ce avec quoi je suis en total désaccord. Par contre j'ai bien compris qu'iel ne disait pas ''la transidentité est un trouble'', mais ça ne change rien à mon propos).
Et qu'à titre perso je ne faisais pas confiance aux psy. Et pourtant j'en ai vu, plein. Et c'est pour ça que je m'en méfie, que je trouve que c'est une démarche dangereuse. La psy du reportage a l'air vraiment très bien (je l'ai dit plein de fois, et j'ai jamais dit que Sasha devrait arrêter d'aller la voir, hein) et vraiment tant mieux ça me fait super plaisir que la famille ait ou trouver ce soutien qui me semble très précieux.
Juste, je sais d' expérience que beaucoup de psy ne seront pas du tout dans cette attitude et que tous ceux à qui j'ai parlé de transi d'entité - ou autre chose au final, ont été maltraitants à mon égard. Des psy qu'on sait être respectueux des personnes trans y'en à pas tant que ça (à ce titre c'est pareil pour tous les soignants en fait) , quand on chercher des psy spécialisés on tomber facilement sur la SOFECT, alors oui je suis hyper sceptique de cette démarche d'aller voir directement un psy au risque de tomber sur quelqu'un qui va faire des dégâts alors que le problème vient des connards qui doivent faire cet immense effort de ne pas penser a l'appareil génital d'un enfant et lui foutre la paix. Et oui ça me choque.

D'ailleurs je suis halluciné de lire ''je ne sais pas dans quel monde tu vis blablabla'' alors que.. Ben justement, la majorité de la transphobie que j'ai vécu c'était pas à l'école, c'était pas dans ma famille, c'était pas au travail, c'était bien dans le bureau d'un psy ou d'un médecin et j'en pleure encore en l'écrivant tiens. C'est génial si on tombe sur des soignants qui peuvent nous aider sans nous juger, mais j'aimerai bien qu'on se foute pas de moi quand je dis que je m'en méfie et que c'est pas toujours une bonne idée. Surtout quand on est un parent perdu et pas bien informé qui prendra pour argent comptant tout ce qu'on leur raconte.

J'suis désolé hein, mais j'ai pas inventé non plus la généalogie transphobe de la psychiatrie. Iels ont encore a prouver qu'on peut leur faire confiance.
 

Rose

Pas citer.
6 Jan 2019
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Je lis vôtre débat, c’est hyper intéressant.
Personnellement j’ai aussi une autre question, et c’est ce qui m’empêche de regarder le reportage d’ailleurs.

Qu’est ce qui pousse un réalisateur cisgenre à filmer l’intimité d’un enfant trans ? Quelle est la genèse du projet ?
Qu’est ce qui pousse des parents à accepter qu’on filme la vie de leur enfant pendant des moments difficiles ?
Qu’est ce qui est intéressant dans l’interview de la famille et de médecins qui parlent d’une tierce personne, personne qui elle, ne souhaite/peut pas s’exprimer pour elle même ?
Pourquoi un enfant d’ailleurs ?
Quel impact sur la vie de Sasha ?

En bref, comment ne pas se sentir voyeur pendant le visionnement ?
 

Rose

Pas citer.
6 Jan 2019
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@LeVioque
Merci pour tes réponses. Malgré tout, je suis toujours dérangée par l’existence de ce documentaire.
D’ailleurs certains de tes mots mettent le doigts sur des éléments qui me gênent réellement.

1) Qu’est ce qui pousse les parents à accepter de faire filmer leur enfant dans son intimité pendant plusieurs mois ?
Quand bien même la raison serait louable - médiatiser pour sensibiliser et faire du docu un outil militant -je pense que c’est moralement douteux d’instrumentaliser le vécu de quelqu’un d’autre pour ça. A fortiori quand la personne n’est pas en état de réellement consentir (en l’occurrence un enfant de 7 ans).

2) En quoi est-il intéressant d’avoir un focus sur les opinions des parents et des médecins alors même que la personne concernée ne s’exprime que très peu ?

Ici tu ne répond pas à ma question. Mais tu propose des explications par rapport au fait qu’elle ne s’exprime que très peu. —> elle ne veut pas, ne peut pas, elle est trop jeune, elle est mal à l’aise, elle n’a pas les mots pour le conceptualiser.
D’accord mais alors justement, si la personne concernée ne s’exprime pas, pour l’une ou l’autre de ces raisons, a-t-on le droit moralement de s’exprimer pour elle ?

Quoiqu’il en soit, j’ai du mal à expliquer réellement et concrètement pourquoi mais je suis toujours gênée par la posture de ce reportage comme j’ai pu l’être face à des reportages autour de famille d’un enfant autiste par exemple. Où la parole était donnée exclusivement ou quasi à la famille et aux médecins. Et l’enfant au lieu d’être le sujet actif du reportage, en est finalement l’objet. Et je n’aime pas ça. Ça me met très mal à l’aise.
 

Antioche

Las Fritas Barricadas
3 Jan 2019
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@LeVioque je trouve qu'il y a quelque chose de naïf à penser que, aujourd'hui comme il y a 30 ans, il n'y a aucun danger pour une personne LGBT à aller voir n'importe quel psy.
Par exemple il y a peu un ami à moi qui est bi à sauté le pas d'aller voir une psy pour lui parler notamment de sa dépression qui date de ses années lycée où il était harcelé pour sa sexualité. La psy a bloqué sur le fait qu'il ne voulait pas faire de coming out à sa famille et à beaucoup insisté dans ce sens, alors que vraiment c'était pas du tout ça qui le tracassait. Mais la psy était juste obsédée par ses relations familiales et son rapport avec sa mère (lol)
C'est un peu ce que j'ai vécu aussi avec des psy dès que j'ai commencé à parler de transidentité avec des psy : fixation sur ma sexualité, rapport avec ma mère, tout ça. Voir des trucs plus glauque où on a tout de suite considéré que j'étais dans une sorte de psychose ou au mieux de rébellion adolescente.
Ça veut pas dire que tous les psy font ça, seulement faut pas croire qu'avec l'historique psychiatrisant des personnes LGBT on peut avoir l'assurance d'être correctement traités. À ce titre c'est pour ça que des listes de soignant LGBTfriendly circulent dans les assoc' et sur internet : parce qu'on ne peut PAS faire confiance aveuglement.

Franchement, maintenant que je suis dans des démarches médicales de transition, j'ai zéro envie de raconter ma vie, je veux juste qu'on m'aide à obtenir ce que je veux. Les personnes trans ou LGBT peuvent avoir besoin d'un soutien psy mais pas TOUTES, pas AUTOMATIQUEMENT, et quant à avoir un 'diagnostique' merci mais non merci, nous ne sommes pas malades.
 

Fleo

Well-known member
23 Juil 2019
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Je n'ai pas encore vu ce documentaire que je me réserve pour ce soir mais deux choses :

@Docteur La honte, putain. La honte. J'suis psy, et j'ai pas d'autres mots. Super de nous donner une image rétrograde et pas du tout déontologique alors que la majorité d'entre nous (dans les dernières générations de formés en tout cas, je remonte aux diplômés depuis 15/20 ans) essayons de faire changer le regard des gens sur un métier qui n'est pas toujours très bien compris/reçu.

@Antioche Petite précision, mais "La psy", ça ne veut rien dire sur le terrain... Les psychologues (5 ans d'études + stage de 280 heures grand minimum pour obtenir le titre) ne reçoivent pas la même formation que les psychiatres (médecins ayant reçu une formation spécialisante en psychologie). Je le précise parce qu'il y a une plus grande part de flexibilité dans le programme psycho (notamment en cognitif, où j'ai fait ma spé, qui est peu ou prou la section Recherche même s'il y en a dans les autres types de psycho - sociale, du développement, clinique, etc).

D'où le fait qu'à mon avis, il sera peut-être plus aisé de trouver un.e psy LGBTQ+ friendly qu'un.e psychiatre. Mais ça n'est évidemment qu'un ressenti que je ne peux pas corroborer par des études poussées sur la question.
 

Antioche

Las Fritas Barricadas
3 Jan 2019
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@Fleo oui je sais ! Je n'ai eu affaire qu'à des psychologues personnellement, je ne connais pas leur spécialité mais du coup probablement psy clinique :happy:
 
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Querencia

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19 Juil 2020
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Ohlala, je pensais pas que le documentaire serait relayé sur Rockie, je tombe sincèrement des nues. Il a été désapprouvé par une grande partie de la commu trans Twitter. (et par pas mal d'assoc)
Le thread déjà partagé par Antioche (il faut l'ouvrir et dérouler, il y explique en quoi ce documentaire est problématique en live), mais il y en a d'autre, justement. La pédo-psy ferait partie de l'équipe protocolaire de Paris (https://transparis.fr/psychiatrie.html…) (information partagée par una assoc' trans de Nante). C'est un peu ce pourquoi ce docu est une publicité gratuite pour la SoFECT/FPATH qui ne se nomme jamais mais laisse croire qu'iels sont là pour les aider... Pour rappel, la Sofect :







Et concernant ce documentaire :



(Je suis une membre assidue du forum Madz, je suis pas là pour tomber sur qui que ce soit évidemment :fleur: )
 
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