« Petite fille » le documentaire à voir sur Arte pour comprendre la transidentité

Sorcière des champs

Well-known member
4 Déc 2019
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Je boycotte la tv, donc merci d'avoir partagé, sans quoi je serais passée à côté de ça ! Je vais évidemment regarder (et essayer de pas m'effondrer). La réaction de l'équipe enseignante me donne la nausée. J'ai fait des précédentes études pour faire enseignant chercheur et c'est clair qu'on ne voit quasi rien sur le développement/la psycho de l'enfant. Alors qu'on bosse avec des enfants. J'ai appris + en fac de médecine sur le dev des enfants que dans le cursus pour futur prof.. Toutefois, ça n'excuse pas la fermeture d'esprit. A partir du moment où les parents sont au courant de ce que l'enfant ressent (le hiatus avec l'assignation à la naissance, donc), que l'enfant est ""suivi"" (j'ai du mal avec ce terme, car c'est pas vraiment une ""pathologie"", on s'entend) (par ex médecin de famille, si on veut absolument se rassurer), qu'on laisse l'enfant s'habiller comme iel l'entend et qu'on s'adresse à iel comme iel se désigne. :confused: On dirait que l'équipe éducative part du postulat que c'est forcément un caprice de l'enfant, voir que ça cache une patho sous jacente. :mad:
 
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Moulteepass

Member
31 Mai 2019
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Paris
J'ai regardé le docu tout à l'heure et pfiouu... que d'émotions :tears:
Déjà, très vite, on oublie la caméra. On sent la posture du réalisateur très discrète et bienveillante. Ça peut paraître curieux à souligner d'emblée, mais pour un sujet aussi délicat, j'avais peur d'être à un moment donné mal à l'aise, qu'il y ait une sensation un peu trop voyeuriste...
Mais non. Enfin de mon point de vue :)

J'étais déjà éveillée sur le sujet de la transidentité, c'est d'ailleurs un sujet que je n'ai pas hésité à évoquer avec ma fille cis.
Mais jusque là je n'avais pas entendu de longs témoignages de ce que ça signifie au quotidien pour un-e jeune enfant trans et pour sa famille.

Malheureusement ce docu confirme qu'il faut, et qu'il faudra encore se battre en tant que trans pour avoir simplement le droit d'exister aux yeux des cis...
Mention spéciale à la direction de l'école ainsi qu'aux professeures de danse de la petite, mais quelle violeeennce leur attitude!! Le déni pour l'une et l'humiliation pour l'autre :mur:

Mais il y a aussi des jolies choses qui se passent: cette famille tellement soudée les un-es avec les autres et notamment autour de Sasha, père mère frères soeur. C'est si beau ❤
Et cette mère courage... on sent certes le père aussi investi et préoccupé par le bien-être de sa fille, ils font front ensemble, mais on comprend que la mère tient en grande partie le foyer donc par défaut, elle gère donc en majorité les problèmes qui découlent du rejet de la transidentité de sa fille. Quelle ténacité :clap:
Je trouve que ce documentaire devrait être indiqué à toute personne se permettant de dire que les enfants trans "ça n'existe pas/c'est une lubie/c'est la faute des parents". Devant les larmes de douleur de Sasha qui se plie un temps aux conventions cis, et devant tant d'amour et de bienveillance de la part de sa famille (qui à l'origine, ne connaissait rien à la transidentité), et bien je défie quiconque de rester dans l'incompréhension après cela!
Mon coeur de maman en est encore toute chamboulée :crying:
Bravo et merci à cette touchante famille d'avoir accepté d'être les sujets de ce docu, et bravo au réal d'avoir saisi ces instants avec tant de délicatesse :)
 
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AgatheR

Well-known member
15 Fev 2019
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Je n'avais rien à rajouter par rapport aux messages précédents, mais finalement je tiens à rajouter un commentaire d'admiration et d'encouragement pour les gens qui passeraient par là et sont dans la même situation.

Que d'émotions, j'ai rarement été aussi atteinte par un documentaire (en d'autres termes j'ai pleuré comme une madeleine du début à la fin, qu'on se le dise)

Déjà, MERCI pour ce documentaire et à ceux qui ont travaillé dessus
Cette famille, mais AMOUR sur eux, ses parents, ses frères et sa sœur! Pour moi c'est ça faire preuve d'intelligence et de bienveillance, et c'est trop beau.

Cette petite fille, la voir pleurer à cause de tout ça , ça brise le cœur, elle ne devrait pas avoir à affronter ça, jamais...
purée les choses pourraient être si simples..
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Je leur souhaite beaucoup de bonheur, j'espère qu'elle ne va pas rencontré trop de gens malveillants durant son adolescence.

Et voir des gens comme ça (la famille), d'une manière plus globale, ça fait du bien, et ça redonne du baume au coeur !
 

Laverne

Well-known member
9 Jan 2019
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Je boycotte la tv, donc merci d'avoir partagé, sans quoi je serais passée à côté de ça ! Je vais évidemment regarder (et essayer de pas m'effondrer). La réaction de l'équipe enseignante me donne la nausée. J'ai fait des précédentes études pour faire enseignant chercheur et c'est clair qu'on ne voit quasi rien sur le développement/la psycho de l'enfant. Alors qu'on bosse avec des enfants. J'ai appris + en fac de médecine sur le dev des enfants que dans le cursus pour futur prof.. Toutefois, ça n'excuse pas la fermeture d'esprit. A partir du moment où les parents sont au courant de ce que l'enfant ressent (le hiatus avec l'assignation à la naissance, donc), que l'enfant est ""suivi"" (j'ai du mal avec ce terme, car c'est pas vraiment une ""pathologie"", on s'entend) (par ex médecin de famille, si on veut absolument se rassurer), qu'on laisse l'enfant s'habiller comme iel l'entend et qu'on s'adresse à iel comme iel se désigne. :confused: On dirait que l'équipe éducative part du postulat que c'est forcément un caprice de l'enfant, voir que ça cache une patho sous jacente. :mad:
D'après quelques indices donnés, je soupçonne que Sasha était scolarisée dans le privé (potentiellement catholique?) Je ne suis pas sûre que ce soit très différent dans le public, mais j'espère malgré tout...

J'enseigne dans un lycée public ; il y a deux ans on a eu un élève en transition, et l'administration a systématiquement demandé aux profs et personnels d'utiliser le pronom et le prénom de son choix. Le rectorat a rapidement entériné le changement de prénom aussi, les infirmières sont intervenues aupres de sa classe pour expliquer la transidentité et globalement je crois qu'il a trouvé du soutien parmi ses camarades comme ses profs. Personnellement j'ai apprécié la clarté du message de l'administration qui a présenté le changement comme un fait, n'appelant pas à la discussion.
Ceci dit cela n'a pas empêché des réactions transphobes de certains collègues, qui ont continué obstinément à le mégenrer... Ça a donné lieu à des conversations assez violentes en salle des profs, et j'ai regretté que cela ne soit pas l'occasion d'une formation sur le sujet car il y avait beaucoup d'ignorance dans les propos tenus. Comme tu le dis, la formation dans l'Educ Nat est assez nulle...
Malheureusement je pense qu'à l'âge de Sasha, cela suscite des réactions encore plus violentes. Je lui souhaite le plus de douceur possible pour la suite de son parcours :fleur:
 

Matilda

Well-known member
5 Jan 2019
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J'ai beaucoup aimé ce documentaire aussi. J'ai été un poil mal à l'aise sur les scènes où on voit sasha pleurer comme ce n'est qu'une enfant, mais comme l'a dit une rockie plus haut on ne se sent pas voyeur à travers ce documentaire.
J'ai trouvé la mère admirable, et le fait que la famille soit si unie et qu'ils parlent si ouvertement ça m'a fait chaud au cœur.
Je trouve qu'on entend moins parler de la transidentité chez les enfants donc c'est vraiment un bon moyen de sensibiliser ce documentaire. Le seul autre document que j'ai pu lire vis à vis de ce sujet c'est "Mon fils en rose" (que j'avais survolé d'ailleurs car la façon c'était écrit m'a un peu ennuyé), c'est une mère italienne qui parle de son expérience.
Et j'ai aussi beaucoup aimé la pedopsychiatre, j'aurais pu l'écouter parler des heures haha
 

Docteur

Well-known member
20 Fev 2019
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J'ai été très mal-à-l'aise devant ce reportage. J'avais l'impression que Sasha était sous l'influence de sa mère et qu'au final la fillette n'avait que très peu de place. La mère qu'elle a toujours voulu une fille, elle dit elle-même "qu'elle était très déçue à la naissance que ce soit un garçon". En tant que psy, je me pose des questions quand je vois ça. Je me demande sincèrement si Sasha n'est (in)consciemment influencée par sa mère. D'ailleurs dans le reportage, tout est selon le point de vue la mère. Son ressentie à elle. Elle nous parle de ses fausses-couches de petit-fille, de cette envie qui ne l'a jamais quittée.
La petite n'a au final que très peu la parole. D'ailleurs on ne parle que très peu de l'ambivalence ou de la souffrance de Sasha. Tout est sous le prisme émotionnel. La mère semble plus heureuse que Sasha elle-même de son choix ! De plus quelque chose m'a frappée dans ce reportage, c'est la façon dont elle est traitée. On dirait un tout-petit (alors qu'elle est en primaire).

On ne parle pas non plus des questions fonds, ni de la transition, ni des risques notamment en ce qui concerne la prise d'hormone chez les enfants. Juste de l'émotionnel.

Donc là sincèrement je m'interroge. Attention, je ne cherche à culpabiliser personne.

PS : je ne suis pas transphobe, je m'interroge simplement. Merci de ne pas me tomber dessus.
 

Antioche

Las Fritas Barricadas
3 Jan 2019
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@Docteur C'est pas aux cis de définir ce qui est transphobe ou pas. Je vais pas revenir sur l'entièreté de ton message, j'ai pas la force, mais pour les gens qui passeraient par là :
On ne donne pas d'hormones aux enfants trans !!! Éventuellement des bloqueurs à la puberté mais pas d'hormones avant l'adolescence ! (le plus tôt que j'ai vu, c'était 15 ans). Vraiment il faut en finir avec ce mythe.
Ça n'a rien de systématique, ça n'a rien d'obligatoire.
 

Ptite plume

Well-known member
2 Jan 2019
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@Docteur je trouve que l'on ressent déjà assez la douleur de Sasha, elle est palpable tout le long du documentaire, de réelles larmes de douleur. Quand au fait de se poser des questions sur ce qui aurait influencé la mère et donc l'enfant (comme la question du médecin généraliste au début du film) je trouve ça hyper dépassé et hyper culpabilisant.

Je l'ai trouvée contrairement à toi très mature dans sa façon de parler, pas du tout bébé (et quand bien même, elle n'avait que 7 ans à l'époque)

Je ne connais en revanche rien en ce qui concerne les traitements sensés inhiber la puberté, je me garderai donc de tout commentaire à ce sujet.
 

Antioche

Las Fritas Barricadas
3 Jan 2019
594
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Oh allez si je réponds :

Je pense qu'il y a plein de raisons qui peuvent expliquer le retrait de Sasha par rapport à sa mère. Elle est peut être juste timide, déjà. Peut être qu'elle est impressionnée par la situation (faire un voyage en train de Paris pour voir un médecin inconnu...)
Peut être que ne pas pouvoir vivre pleinement sa vie de petite fille l'inhibe beaucoup (je trouve ça assez visible pendant les cours de danse : elle a l'air beaucoup plus gênée et maladroite qu'en famille où elle est libre d'être qui elle souhaite)
Peut être qu'elle n'a juste rien à dire en particulier à la pedopsy. A son âge, j'ai vu des psy aussi, et j'étais complètement mutique : je ne comprenais pas bien le principe, et dans le cas de la transidentité ben c'est quelque chose de très naturel et on a pas forcément de réflexion particulière dessus. On est et c'est tout. A sa place j'aurai fait pareil, hausser les épaules et laisser ma mère parler des choses difficiles à ma place.

Je ne trouve pas non plus qu'elle soit traité comme un bébé. Il y a beaucoup de tendresse dans cette famille, et cette gamine à bien besoin d'être entourée et câlinée. À côté de ça je trouve que sa mère s'adresse à elle de manière tout à fait adulte au contraire.
Sasha a probablement juste envie de vivre sa vie. Elle ne comprend pas pourquoi on la rejette et elle n'anticipe pas forcément ce qu'un adulte anticiperait (les discriminations, le parcours médical, la culpabilité...)

Je trouve que tout le passage où le médecin de famille pose des questions à la mère sur ses envies pendant la grossesse est extrêmement dépassé et déplacé. Se servir de ça pour discréditer les besoins de la fille est vraiment dérangeant.



Plus largement concernant le documentaire : je l'ai bien aimé mais je trouve contrairement à ce qui a été dit avant que c'est assez intrusif. On voit beaucoup Sasha dans des moments très intimes et alors qu'elle est assez dénudée. Beaucoup de scènes où elle s'habille etc. qui perso le dérangent.
Le mot transphobie n'est prononcé qu'une seule fois par la psy à la toute fin alors que c'est bien de ça qu'il s'agit.
D'ailleurs les mots transi denté, fille trans, ne sont jamais prononcé. Le doc préféré garder la formule ''fille née dans un corps de garçon'' qui est beaucoup répété. C'est le vocabulaire de la famille so OK, mais je trouve ça dommage quand même que ce soit un truc qui persiste de documentaire en documentaire.

Dans les points positif, la pedopsy à l'air plutôt cool et respectueuse, elle incite Sasha à prendre conscience qu'on a pas le droit de la maltraiter pour ça, que qu'elle a le droit de garder des choses pour elle si elle préfère.
La famille est plutôt top aussi, ça fait beaucoup de bien de voir ce soutien unanime.
 

Sorairo

Well-known member
4 Déc 2020
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J'ai ressenti une énorme émotion en visionnant ce documentaire.
Trans mtf, je suis née à une époque où "ça n'existait pas", et n'ai pris conscience de ma condition que vers 11 ans (grâce à la "bonne blague" du pédiatre que nous avions été consulter car j'avais fait une montée de lait prépubertaire...), pour la traîner misérablement jusqu'à mes 43 ans, âge auquel j'ai enfin pris mon courage à deux mains et, à la stupéfaction de tout mon entourage, débuté une transition qui, quoique tardive, m'a apporté beaucoup de bonheur.
Pour ceux qui doutent du ressenti de la petite Sasha, je vous assure que je me suis totalement retrouvée en elle. Même mise à l'écart tant par les garçons que par les filles dès la primaire (t'es une tapette!), mêmes efforts pour ne pas être assimilée à un groupe auquel je ne me sentais pas appartenir (pas de Goldorak ni d'images de foot, seul "garçon" du club de tricot, et j'exigeais à six ans des pantalons de flanelle grise et des mocassins à pompons...), même mutisme et même souffrance avec cette impression que mon corps - c'est ainsi que je me percevais - était une sorte de robot et moi une toute petite pilote enfermée dans la boîte crânienne...
Alors, évidemment, la prise en charge - surtout médicale - des enfants trans est un sujet complexe à ne pas aborder à la légère. Mais il ne faut pas perdre de vue que tous les adultes trans ont été des enfants trans, et que par abus de principe de précaution remettre à plus tard une transition les prive littéralement de leur jeunesse. Dans mon cas MtF, ne pas pouvoir porter d'enfants et déjà dur et irrémédiable; mais regarder en arrière et fantasmer la petite fille et l'adolescente que je n'ai pas pu être et ne serai plus jamais me fait toujours monter les larmes aux yeux.
 

grenouilleau

Well-known member
9 Jan 2019
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Du coup à quel âge on considère que c'est safe, qu'il y a pas de risque d'interférence parentale dans le choix ?
 

Sorairo

Well-known member
4 Déc 2020
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Du coup à quel âge on considère que c'est safe, qu'il y a pas de risque d'interférence parentale dans le choix ?
Il n'y a pas de réponse simple, ce serait trop facile. Tout ce que l'on peut dire est qu'il faut y mettre beaucoup d'expertise et une totale bienveillance. Ne pas prendre pour acquis tout ce qui sort de la bouche d'un enfant, MAIS sans pour autant réfuter spontanément ce qu'il dit. Donner la même chance à l'hypothèse trans qu'à celle d'un jeu enfantin.

Objectivement, du reste, quand l'on y regarde de plus près, on se rend compte que le souci est vraiment beaucoup plus sociétal que médical - et que finalement, plus l'on s'y prend tôt et mieux c'est!

Je m'explique, car je ne voudrais surtout pas que l'on s'imagine que je souhaite faire opérer des enfants en bas âge, alors que c'est exactement l'inverse...

Imaginons le cas d'un enfant mâle de trois ans qui insiste sur le fait qu'en fait, il est une fille. Pourquoi lui refuser cette expression? Si ce n'est l'ostracisation de personnes malveillantes ou ignorantes, cela se résumera à vivre d'une façon supposément féminine : activités et vêtements qu'iel attribue au genre féminin. En quoi cela gênera t'il son développement physique et mental? En imaginant qu'il s'agisse d'un vrai petit garçon qui ne fait que jouer à être une petite fille, le simple fait d'aller à la danse ou de porter une robe risque t'il de détruire son potentiel retour à la virilité? On peut dire en ce cas que cette dite virilité serait quelque chose de bien fragile...

Reprenons donc l'existence de notre présumée petite fille de trois ans. Entre trois ans et la puberté, il lui reste environ huit années. Dans ce long intervalle, si on lui présente sans aucun forçage les avantages et inconvénients de la vie dans les deux genres, qu'on lui fait bien comprendre qu'il doit suivre son ressenti et qu'un changement de cap n'aurait absolument rien de déshonorant, est-il réellement concevable que son authentique identité n'aura pas le temps d'émerger?

Personnellement, si j'étais une professionnelle de la santé, je me sentirais beaucoup plus à l'aise pour prescrire un traitement médical à un enfant de douze ans suivi et présentant une constance d'expression depuis plusieurs années qu'à un adolescent de seize avec une volonté récente...

Quoi qu'il en soit, le plus important est de laisser à l'enfant un choix éclairé, lui laisser au final la décision, mais après une information complète et sans tabous. Dans le domaine de la transidentité, on entend souvent des personnes qui évoquent la "pression des parents". Si l'on retourne le point de vue, dans le cas standard, celui de 99,99% de la population, la pression des parents n'est elle justement pas de forcer leur enfant à se conformer à son sexe de naissance, sans tenir compte de ses aspirations?
 

Matriochka

Merci de ne pas citer mes spoilers :)
8 Oct 2019
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@Sorairo, je suis d'accord avec toi mais.... "sans aucun forçage", c'est impossible. L'enfant vit dans le même monde que nous, avec les harceleurs à l'école, des adultes qui pensent tout savoir sans remettre en cause le schéma patriarcal... Y'a qu'à voir le nombre de parents qui paniquent parce que leur petit garçon aime jouer avec une poupée ou de la dinette.
 

Sorairo

Well-known member
4 Déc 2020
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@Sorairo, je suis d'accord avec toi mais.... "sans aucun forçage", c'est impossible. L'enfant vit dans le même monde que nous, avec les harceleurs à l'école, des adultes qui pensent tout savoir sans remettre en cause le schéma patriarcal... Y'a qu'à voir le nombre de parents qui paniquent parce que leur petit garçon aime jouer avec une poupée ou de la dinette.
J'en suis bien consciente, et c'est pour cela que les choses sont si compliquées.

J'ai vécu le harcèlement, et en ai beaucoup souffert. Mais être une enfant trans dans les années 80... bon, c'était de la science-fiction...

Aujourd'hui, la main est aux professionnels de l'éducation. Il faut les éduquer eux-mêmes sans relâche, et ne tolérer de leur part aucune discrimination. La plupart des enseignants sont ouverts, informés et de bonne volonté face aux questions LGBT, et les mentalités évoluent petit à petit. On peut espérer un avenir meilleur.

Honnêtement, j'adore mes parents, ce sont des gens droits, honnêtes et aimants. Mais ils sont de leur temps, et j'aurais rêvé qu'ils me donnent la même chose que ceux de Sasha qui, dans sa souffrance, a tout de même la possibilité ne serait-ce que partiellement de vivre son enfance dans son vrai genre. :)
 

Merlu

Le troisième type, c'est moi
18 Fev 2019
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Devant ton nez
On est clairement pas assez informés sur la transidentité à l'enfance. Jusqu'à très récemment, je trouvais ça inconcevable qu'on transitionne avant l'adolescence, jusqu'à ce qu'il y ait eu une discussion dans mon groupe d'amis à propos d'un fait divers parlant d'un enfant qui avait transitionné très jeune et que l'un d'entre eux avait trouvé WTF, mais d'autres personnes du groupe se sont chargées de lui expliquer qu'il n'en était rien. ça m'a permis d'"éduquer" à mon tour d'autres amis (bien plus ignorants que réellement hostiles par rapport au sujet, sinon je ne m'y serais pas risqué) quand une situation similaire s'est reproduite.
 

grenouilleau

Well-known member
9 Jan 2019
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@Chopin @Antioche Comme vous avez l'air d'être au courant sur le sujet, vous aussi vous pensez comme @Sorairo que 3 ans c'est un bon âge pour savoir si une personne est d'un genre ou d'un autre ? Ou 4 ans dans le cas du reportage ?
 

Antioche

Las Fritas Barricadas
3 Jan 2019
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@grenouilleau Je pense que ça n'a aucune importance. Comme dit @Sorairo, de toute façon pour un enfant ça n'implique rien d'autre que de le laisser porter les vêtements qu'iel veut, et qu'on s'adresse lui de la manière qui convient. C'est juste un genre, c'est pas comme si l'enfant demandait à ce qu'on le vouvoie ou à avoir un traitement de faveur.
Les questions qui touchent à la santé et nécessitent un consentement éclairé (traitements hormonaux, opérations c'est encore plus tard !) seront d'actualité des années plus tard, pas avant le début de l'adolescence. Ces ''étapes'' ne sont ni nécessaires ni obligatoires, si l' enfant ne les réclame pas alors on s'en fiche, l'important étant qu'iel soit bien informé.

J'ai un peu l'impression que pour beaucoup de gens c'est très important de savoir si un enfant qui se revendique d'un genre ou d'un autre est dans une phase où s'il est définitivement trans, comme si s'il s'agissait d'une phase il fallait l'empêcher d'explorer ça. Mais on est d'accord que ça ne pose problème que si on considère que la trans identité et/ou la fluidité de genre sont problématique en soi. Ou si on considère qu'un garçon doit s'exprimer comme un garçon et inversement. Ce n'est personnellement pas du tout mon cas, et si un enfant est dans ce truc là quelques années avant de changer d'avis je ne pense pas que ça veuille dire qu'iel se soit tromper, c'est juste une autre période de son identité.

(par exemple dans le reportage ca me dérange beaucoup que quelque part il faille un papier d'une psy pour que l'école suive la famille, comme si sans agrément d'un professionnel on ne pouvait pas respecter l'identité de quelqu'un)
Et cela dit je n'ai encore jamais eu vent d'une personne qui se serait vécu comme du genre opposé à celui qu'on lui a assigné et à changé d'avis tardivement.

J'en pense de même pour les adolescent'es trans : l'important est que tout le monde garde en tête qu'une transition physique n'est ni nécessaire ni obligatoire. En général on prend ça au sérieux et meme quand ça a l'air sorti de nulle part ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas eu une longue réflexion en amont.

En bref, y'a pas d'âge pour laisser les gens être qui iels veulent être.
Et ce n'est pas parce que ça arrive beaucoup plus tard dans la vie d'une personne que c'est moins sérieux.

J'ajouterai également : les gens ont souvent peur qu'un enfant cis se trompe en pensant être trans, c'est pour ça que la transition des enfants les inquiète. Pourtant ces même personnes s'inquiètent rarement qu'un enfant trans puisse passer à côté de son enfance et de son adolescence parce qu'on ne l'a pas pris au sérieux. Or effacer les traces d'une puberté qu'on a pas voulu et qui nous fait souffrir, c'est long, c'est compliqué, et on ne devrait pas avoir à vivre ça si on ne le veut pas.
 
Dernière édition: