Oser dire non

Nedjma

Punk bibliothécaire
3 Jan 2019
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#1
Je suis sûre qu'on est nombreux.ses à être des " trop gentil.les ", avec cette tendance à se laisser marcher sur les pieds. Je vous propose donc de poster ici les fois où vous avez osé dire non, poser des limites à l'autre.
Vous pouvez aussi expliquer en quoi cette fois-ci, c'était " non ". Pour celleux qui ont des addictions, ça peut être aussi cette victoire du jour où vous avez réussi à dire " non ".

ça pourrait nous inspirer les un.e.s les autres :supermad:Ah et obviously, comme c'est un sujet d'encouragement on évite les jugements à l'emporte-pièce, chacun ses combats personnels.

Je commence :

ce matin, une collègue m'a demandé si l'on pouvait se voir pour préparer ensemble un document de synthèse, pour une réunion ce vendredi. Je lui ai dit que cette fois-ci ce ne serait pas possible, puisque je serai en formation de mardi à jeudi. Elle m'a donc demandé si je pouvais remplir sa partie à elle puisqu'elle " n'y connaît rien aux ordis ".
J'ai dit non.
Je n'ai pas à faire le travail des autres en plus du mien, d'autant plus que j'ai déjà été très coulante avec cette collègue par le passé.

A vous !! :rockon:
 
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CCCC

Cessez ces "C" !
20 Jan 2019
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#2
Alors c'est une très très bonne idée, mais franchement je crois que je ne vais pas poster souvent... Parce qu'à ce jeu là, je suis vraiment débutante. Même, je pense presenter un sacré handicap.

MAIS hier :
Mon copain a eu un souci de santé, en ce moment il y a une infirmière que passe tous les jours faire une piqûre, ce qui est relou (car du coup, on est coincés à la maison pendant les vacances). L'infirmiere lui a proposé de lui apprendre comment les faire lui-même, il a dit qu'il y réfléchirait.
L'apres-midi même, il me demande si je ne veux pas apprendre à lui faire les piqûres, parce que lui, ça lui fait un peu peur.
Je suis plutôt du genre à dire "oh excellente idée, bien sûr mon chéri" (oui, je suis conne. De base.)
Mais m'étant auto-diagnistiqué un syndrome du sauveur, je me suis dit que ça allait nourrir nos névroses respectives et m'engager sur une pente très glissante alors j'ai rigolé et j'ai dit "ha ha tu as tellement d'humour mon chéri" (oui, je suis moins conne mais je reste lâche) pour que les choses soient quand même bien claires, j'ai quand même rajouté "certainement pas, ha ha"

Ça compte comme une victoire, non ?
 

Nedjma

Punk bibliothécaire
3 Jan 2019
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#5
Aujourd'hui, j'ai osé dire non à mon copain qui voulait passer du temps avec moi, parce que j'avais envie d'écrire. Alors mon copain n'est pas du tout possessif ou envahissant, mais il alterne entre des phases " indépendantes " et des phases ultra câlines.
Et quand je ne suis pas au diapason avec lui, je culpabilise et du coup je suis ultra mal à l'aise. Du coup je suis contente d'avoir réussi à verbaliser " écoute là j'ai plutôt envie de me consacrer à mon livre ", ce qu'il a très bien compris !
Communication Nedjma, communication !
 

CCCC

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#6
Aujourd'hui, j'ai osé dire non à moi-même.
C'est ma journée où je bosse à la maison, je n'ai pas cours (je suis prof) et habituellement, je passe à journée à fonds les ballons à corriger le plus de copies possible et à finir de préparer mes cours du lendemain en mangeant un sandwich à mon bureau. Je me fais en général une to-do list de malade, il m'arrive de me chronométrer pour être sûre d'être efficace, et j'aime beaucoup mon organisation car j’abats beaucoup de taf et je peux profiter de ma soirée relax en sachant que tout est prêt pour le lendemain.

Aujourd'hui, j'ai dit non.
J'ai pris un "mental health day". Je ne me sentais pas tip-top hier, j'avais besoin de me sentir vivre, aller dans mon jardin, ne pas me presser. Je me suis arrangée autrement. Ce que je n'ai pas fait aujourd'hui, je le ferai ce week-end, ou en soirée la semaine prochaine.
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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Lausanne
#7
Ma stratégie: temporiser.

"Je réfléchis et je te redis".

Si ça met la pression en face ( "faut que je sache vite", "c'est pour avant-hier", "mais je me sens tellement pas capable de faire moi-même". "t'es tellement bonne pour faire ça"... technique du disque rayé : "Je réfléchis et je te redis". Jusqu'à ce qu'en face, on me lâche.

Puissante technique!!!


Une fois, une connaissance me parle de faire du baby-sitting.
Je réponds "Pourquoi tu me demandes ça?"
En face "Ben comme t'es sage-femme, tu dois aimer les enfants"...

Je réponds… rien… je le regarde par-dessus mes lunettes…

Commentaire embarrassé de l'impétrant : "J'aurais mieux fait de fermer ma gueule"

Moi : hochement de tête approbateur.


Une de mes étapes intéressantes pour commencer à dire non: travaillant à une époque sur appel, ça m'était difficile de refuser même si c'était clair pour moi tout de suite que je n'allais pas accepter la mission.

J'ai trouvé un truc intéressant à utiliser: "Je vais voir si je peux déplacer le rendez-vous important que j'ai ce jour-là, et que j'attends depuis longtemps ".

Et après avoir bien respiré, je rappelais. "Désolée, pas réussi".

Bon, les agences intérimaires ont commencé à ensuite à demander les dispos pour le mois suivant… si j'oubliais d'en décocher une, volée de bois vert parfois.
Donc lettre de démission de ma part: qu'on me rappelle les règles du jeu (mais édictées unilatéralement! et non entérinées par moi… donc déjà suspectes...), soit. Mais poliment, et avec mesure.

Ensuite, c'est venu progressivement tout seul. Aussi parce que j'ai bien travaillé ça en thérapie: dire non ne fait pas de moi une méchante personne, même si en face on ose le suggérer. Ou le dire; si c'est le cas, je réponds "Si tu veux".

J'ai appris à me foutre de l'opinion des manipulateurs ; ou à louvoyer pour leur échapper comme une savonnette, floup!
 
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Nedjma

Punk bibliothécaire
3 Jan 2019
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#8
@Clem' intéressantes tes techniques, je vais m'en inspirer ! J'ai tendance à m'engager sur plein de trucs sur un coup de tête, pour faire plaisir etc. et après me retrouver avec plein d'obligations qui me pompent mon énergie. A méditer, donc :)
 

Ptite plume

Well-known member
2 Jan 2019
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#10
Ensuite, c'est venu progressivement tout seul. Aussi parce que j'ai bien travaillé ça en thérapie: dire non ne fait pas de moi une méchante personne, même si en face on ose le suggérer. Ou le dire; si c'est le cas, je réponds "Si tu veux".

J'ai appris à me foutre de l'opinion des manipulateurs ; ou à louvoyer pour leur échapper comme une savonnette, floup!
Ça me parle ça, apprendre à s'en foutre... j'ai toujours l'impression d'être la méchante de l'histoire dès que j'ose dire non ou émettre une opinion différente... les gens sont "choqués" tellement c'est pas habituel.
 

Kniphofia

Au fond du jardin
3 Jan 2019
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#11
Cette discussion m'a fait réfléchir depuis que je l'ai lue. Je me rends compte que je sais de plus en plus dire non, alors qu'avec mon passé de gentille fille écrasée par la personnalité des membres de sa famille, ce n'était pas gagné. Il y a des non qui m'ont apporté une grande satisfaction :

- Une demande de baby-sitting aussi, de la part de membres de la famille qui n'ont pas le même train de vie que moi (mais vivent au-dessus de leur moyen), en plus la demande était formulée avec une technique de manipulation grossière. Ça a été : "Non, je ne suis pas baby-sitter" et fin de l'histoire. Pour ne pas passer pour un monstre d'égoïsme, je précise que je leur avais déjà servi de nounou bénévole pendant plusieurs mois et que ça c'était mal terminé, au point qu'on avait coupé les ponts pendent plusieurs années...

- Ma mère qui me redemande en amie sur Facebook, alors que j'avais accepté une première fois, par faiblesse, pour le regretter à chaque connexion, jusqu'à ce qu'elle pique une crise comme ça lui arrive régulièrement, qu'elle ferme son compte, puis qu'elle oublie et qu'elle revienne dessus. Cette fois, mon non a été très ferme. J'avais été tellement soulagée de la disparition de son profil !

- Une collègue qui me demande de relire son dossier professionnel. Sachant qu'elle avait déjà demandé à la moitié des collègues, que je n'ai pas l'esprit assez managérial pour lui faire des remarques pertinentes et surtout qu'elle se comportait régulièrement comme la dernière des ados pimbêches avec moi, je n'ai pas eu trop de scrupules à refuser.

- Une amie qui me demande de l'héberger pour une nuit avant de prendre l'avion : en fait, il fallait héberger trois personnes dont une personnage âgée souffrante dans mon studio, très encombré à l'époque. Ça faisait quelques années que j'attendais qu'elle vienne chez moi pour qu'on se fasse un week-end entre copines, vu que j'avais déjà passé quelques jours chez elle, mais je ne voyais rien venir. J'ai vraiment eu l'impression qu'elle pensait à m'appeler juste parce qu''elle avait besoin de moi à ce moment-là, ce n'était pas par plaisir de me voir mais juste parce qu'il lui fallait un point de chute. Ça s'est confirmé par la suite qu'elle me prenait légèrement pour une conne. Pas de regrets donc, même si c'est sûrement la situation qui m'a le plus donné mauvaise conscience sur le moment.

Je suis d'accord avec l'idée qu'il faut s'en foutre de passer pour une méchante. Dans les cas relatés, de toute façon, les gens n'avaient déjà pas une très bonne opinion de moi et voulaient juste se servir de moi.