Une Rockie

Une Rockie Anonyme
25 Nov 2018
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C’est une histoire qui n’a pas de mots. Car il n’y a déjà pas de mots en français pour définir des parents qui ont perdu un enfant.
Alors on essaie tant bien que mal de les poser, ces mots. Pour raconter l’histoire de notre enfant, sa vie, si courte a-t-elle été. Pour trouver la force, quelque part, de se lever tous les matins, et continuer. Continuer à vivre. Car il faut continuer.
J’ai eu une grossesse magnifique, neuf mois de bonheur, parfois empreints de petites angoisses comme toutes les femmes lors de leur première grossesse. (« Docteur Google, désolée de te déranger si tard mais selon toi, peut-on manger de la mozzarella enceinte ? Et au fait, quelle est la meilleure position pour dormir ? »)

L’émerveillement en sentant ses premiers petits coups. Le soulagement après les trois mois...
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Dernière édition par un modérateur:

Luchsii

Well-known member
16 Jan 2019
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:fleur::fleur::crying::crying:

Tout plein de soutien à tout la famille du petit Victor...

On est si peu confrontés à la mort dans notre société que la grossesse est devenu un moment à part en ce sens. Fausses couches... morts in utero dont on parle si peu... mort subite du nourrisson...
J'ai tellement peur pendant mes grossesses que je ne prends rien pour acquis. Je n'utilise jamais le prénom pourtant déjà décidé. À chaque fois qu'on me demande le terme, je ponctue mes phrases de "si tout se passe bien".
Et pourtant, après la naissance, ça a été l'apprentissage le plus difficile de ma vie : accepter que, même si ce passage à haut risque était derrière nous, ma fille pouvait encore mourir à tout moment. Un bête accident, une maladie...

Une leçon de vie : apprendre à vivre le moment présent, cesser d'anticiper... les premières semaines j'imaginais ma fille mourir au moins 15 fois par jour.

Plein de courage aux mamans qui ont subi ça. Il nous faut réapprendre que la mort est possible. Qu'il est possible de continuer à vivre. Mais qu'est-ce que ça doit faire mal.

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Emmabovary

Well-known member
6 Avr 2019
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Très touchée par ce témoignage... j’en ai pleuré. J’ai fait une fausse couche assez précoce et même si je ne l’avais pas senti bouger, c’était tout de même très dur, alors je n’ose imaginer ce que ça a pu être pour la Rockie qui témoigne ici. Mais c’est vrai que la vie continue,malgré tout. Le grand frère puis la petite sœur de ce bébé qui n’est pas né ont été les meilleurs moyens pour moi de dépasser ce triste moment. Plein de pensées pour ceux à qui ça arrive.
 

papche26

Well-known member
19 Avr 2019
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C'était écrit dans la newsletter Rockie pourtant : "Après avoir séché tes larmes, tu peux ramener un peu de gaieté dans ta journée en découvrant cet autre témoignage ...". Moi devant mon PC avec mon kleenex ==> elle avait raison Clémence, ça fait pleurer ce témoignage, dis-donc.
Enceinte de 7 mois, moi qui flippait successivement pour la trisomie, puis le bec de lièvre, puis le spina-bifida, me voilà avec une nouvelle angoisse ... On va dire "bah c'est les hormones", mais jsuis sûre que toute personne normalement constituée pas shootée aux hormones versera aussi sa petite larme en lisant cet article.
Et je ne peux pas m'empêcher de repenser à ce que je faisais, moi, le 14 Novembre 2018, jour de la mort de leur petit Victor. Tout juste enceinte, je ne le savais même pas encore. J'ai regardé mon agenda : c'était un mercredi, j'étais au boulot, journée bien chargée. C'est fou, quand les jours s'égrènent de façon "normale" pour nous, on n'imagine pas que d'autres gens vivent un drame pendant ce temps là.
Courage à ces 2 parents et bravo pour ce témoignage très touchant. Et s'il n'y a pas de mot pour qualifier le fait qu'ils aient perdu leur bébé, c'est peut-être justement pour pouvoir continuer à les appeler ... des parents.
 

cilijoya

Carabistouilles !
2 Jan 2019
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Courage à ces 2 parents et bravo pour ce témoignage très touchant. Et s'il n'y a pas de mot pour qualifier le fait qu'ils aient perdu leur bébé, c'est peut-être justement pour pouvoir continuer à les appeler ... des parents.
Je me permets juste de rebondir là-dessus, n'y voit pas de critique @papche26, j'ai bien compris le sens de ce que tu voulais dire :fleur:, mais l'absence de mot c'est quelque chose qui me pose question en ce moment dans mon parcours.
Aux yeux d'un certain nombre de personnes nous ne sommes pas parents mon compagnon et moi...et nous ne sommes pas non plus nullipare. Alors on est quoi ? La maladie qui a été détectée après coup chez moi, je n'en avais jamais entendu parlé avant alors que l'adénomyose concerne potentiellement 10% de la population féminine et que beaucoup des femmes atteintes de cette maladie sont sujettes aux fausses couches. Mon gynéco a reconnu être impuissant à me soigner car il en connaissait peu à ce sujet et le spécialiste que je consulte actuellement reconnait aussi le manque d'informations dans ce domaine. Certes, il y a l'effet société patriarcale qui explique bon nombre de choses dans la méconnaissance des maladies gynécologiques, mais je crois aussi que si on nommait les choses, on les ignorerait un tout petit peu moins. On invisibilise en ne nommant pas. Peut-être que s'il y avait un mot pour désigner les parents qui ont perdu un enfant, on en aurait plus conscience, peut-être aussi qu'on en aurait une meilleure compréhension, qu'on se sentirait moins perdus. Quand j'étais étudiante, mon prof de linguistique avait coutume de dire "Ce que nous ne nommons pas est invisible à notre connaissance.", en ce moment j'y pense souvent.
 

Nirrita

Well-known member
5 Jan 2019
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Bruxelles
Courage à tous les parents qui doivent passer par là, pour passer le deuil, et aussi pour rester fort ensemble

J'aimerais aussi qu'il y ait un nom pour cela, et qu'on en parle plus dans la société. Mes parents ont perdu deux enfants et j'ai constamment cette peur pour mes connaissances qui sont enceinte
 
  • You Rock !
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Lilydouce

De la volonté, rien que de la volonté
2 Jan 2019
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Pour ma part, je n’aime pas le mot « parange » mais c’est très personnel. Pour moi je suis maman, seulement il y en a un qui n’est plus là. Mes interlocuteurs marquent toujours un temps d'arrêt, s’excusent (de quoi ? Jamais trop bien compris...) et la discussion suit son cours.
La question « tu as des enfants? » revient assez régulièrement dans la société alors c’est souvent une des premières infos que les gens ont sur moi... Et c’est important à mon sens d’en parler car comme disait le prof de @cilijoya mettre des mots simples sur les choses c’est vitales
 

Ashley

Well-known member
16 Jan 2019
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C'est bouleversant. Je souhaite à la Rockie qui témoigne et à son compagnon de retrouver petit à petit la douceur de vivre.
 
  • You Rock !
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Aistha

Well-known member
6 Mar 2019
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Merci beaucoup pour ce témoignage. Il m'a beaucoup émue, j'ai dû le lire en deux fois j'étais bouleversée.
Je vous souhaite énormément de courage ainsi qu'au papa.

Merci aussi à la rédaction de Rockie de publier ce genre de témoignage.
Non l'expérience de la maternité/paternité n'est pas tout beau tout rose avec des papillons et des paillettes... Cela reste très tabou dans notre société mais c'est une expérience douloureuse plus souvent qu'on ne le pense. Malheureusement ça n'arrive pas qu'aux autres.
Je l'ai pour ma part découvert lors de ma 2ème grossesse où il a longtemps (10 semaines) été question d'IMG. J'ai alors eu une période assez morbide où je me renseignais sur le deuil périnatal. Je me suis très vite rendue compte que je n'étais pas seule avec ma douleur, telle copine avait fait plusieurs fausses couches, telle voisine avait perdu un bébé à la naissance 30 ans plus tôt, telle autre avait perdu son bébé au 9ème mois de grossesse l'été d'avant.
Ça n'a pas apaisé ma propre douleur ou mes angoisses mais je me suis sentie moins seule face à l'horreur de ce qui m'arrivait. Et quelque part ça m'a fait du bien.
Alors merci encore pour ce témoignage qui pourra aider de nombreuses personnes.
 

Lol'ô

Well-known member
6 Jan 2019
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J'ai du mal à tarir mes larmes.
Et ça m'a fait pensé à tellement de choses, mais je me satisferai cette fois-ci, de faire part de mon empathie, et de mes encouragements, pour ces paranges ... cette maman et ce papa sans enfant.
Cela surtout grandit mon sentiment d'avoir tellement de chance de connaitre mes enfants.
Je suis heureuse de savoir ces parents, reprendre le cours de leur vie. Je leur souhaite que la douleur s'atténue, jusqu'à leur laisser envisager d'agrandir leur famille.
Beaucoup d'amour. :fleur:
 

Mandy Namite

Poupipou pipoupipou
21 Mar 2019
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:fleur::fleur::crying::crying:

Tout plein de soutien à tout la famille du petit Victor...

On est si peu confrontés à la mort dans notre société que la grossesse est devenu un moment à part en ce sens. Fausses couches... morts in utero dont on parle si peu... mort subite du nourrisson...
J'ai tellement peur pendant mes grossesses que je ne prends rien pour acquis. Je n'utilise jamais le prénom pourtant déjà décidé. À chaque fois qu'on me demande le terme, je ponctue mes phrases de "si tout se passe bien".
Et pourtant, après la naissance, ça a été l'apprentissage le plus difficile de ma vie : accepter que, même si ce passage à haut risque était derrière nous, ma fille pouvait encore mourir à tout moment. Un bête accident, une maladie...

Une leçon de vie : apprendre à vivre le moment présent, cesser d'anticiper... les premières semaines j'imaginais ma fille mourir au moins 15 fois par jour.

Plein de courage aux mamans qui ont subi ça. Il nous faut réapprendre que la mort est possible. Qu'il est possible de continuer à vivre. Mais qu'est-ce que ça doit faire mal.

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J’ai accouché il y a 7 mois et demi, et pareil que vous, pendant ma grossesse je me disais que tout pouvait s arrêter à n’importe quel moment, et depuis l’accouchement, idem.
Pourquoi? Non pas parce que je suis une angoissée de nature, mais parce que j’ai fait une grossesse extra utérine qui aurait pu me coûter la vie (ça non plus on en parle jamais), une collègue juste après l’annonce officielle de sa grossesse à 4 mois a perdu son bébé sans raison apparente, une amie a dû accoucher de son bébé a quasi 6 mois de grossesse à cause d une maladie gènétique hyper rare detectée à l’écho du 2e trimestre maladie qui ne permet pas la survie et la vie du bébé, une de mes soeur a perdu le sien au 7e mois de grossesse pour des raisons inexpliquées et enfin un couple d’ami ont perdu leur petit d environ 2 mois suite a un accouchement compliqué alors que la grossesse s’était bien passée.
Il faut avoir eu dans son entourage des exemples concret parfois pour realiser.
Donc, non, rien est acquis, sans s enfermer dans une peur non plus, je chéri la vie avec mon fils, et je me dis que le fait qu il ne fasse toujours pas ses nuits est un luxe.
Enorme coeur sur ces parents blessés.
 

Luchsii

Well-known member
16 Jan 2019
898
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@Mandy Namite C'est fou parce qu'en lisant ton témoignage je me dis "toutes ces expériences tragiques autour d'une seule personne"... mais si ça se trouve c'est justement parce que certaines des histoires autour de moi sont encore enfouies et taboues que j'ai l'impression que mon entourage est assez epargné, maI il a fallu que j'annonce ma grossesse et que je parle du facteur rhésus (suis rhésus négatif et papa rhésus positif) pour que j'apprenne que ma grand mère avait failli mourir d'une fausse couche tardive de son cinquième enfant (incompatibilité rhésus) et que c'était un traumatisme pour toute la famille y compris ma maman...

Merci à la Rockie d'avoir témoigné. À la fois ça me fait un peu plus peur (suis enceinte), à la fois ça me conforte dans l'idée qu'il faut vivre dans le moment présent et profiter de ce que l'on a.

Comme tu dis @Mandy Namite, qu'est-ce que quelques années de mauvaises nuit quand on a dans notre entourage des gens qui ne pourront jamais avoir d'enfant alors qu'ils en voudraient un ?
 

Kettricken

Hate is always foolish, love is always wise
3 Jan 2019
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Les mots manquent face à un tel témoignage. Je ne peux que souhaiter à l'autrice et à son compagnon d'arriver à trouver petit à petit une certaine joie de vivre tout en gardant de la place pour Victor

Ma maman a perdu un enfant avant moi, il est mort à 11 jours.
Un jour que j'étais adulte, je regardais un cube de photos posé depuis toujours sur l'appui de fenêtre. Je vois une photo, presque complètement effacée par le soleil, que je ne reconnais pas. Je demande à ma mère qui m'explique que c'est une des seules photos de cet enfant. Qu'elle ne voulait ni l'enlever car il avait sa place dans notre famille, ni la faire refaire grâce au négatif car elle aurait l'impression de raviver la douleur

Je connais au moins trois autres personnes dans ce cas (décès dans les 10 premiers jours de vie). On en parle peu mais ca n'est pas si rare.
Une de ces personnes, qui a la soixantaine, m'a dit qu'après le drame, ils avaient eu la visite de voisins qu'ils connaissaient mal. Ils leur ont dit qu'ils étaient passé par là eux aussi. Et la dame a dit à mon amie "Je ne dis pas ça pour vous faire peur mais vous y penserez tous les jours". Et mon amie m'a confirmé que plus de 30 ans plus tard, il ne se passe pas un jour sans qu'elle pense à cet enfant.

Sur le fait "qu'il n'y ait pas de mot" pour cette situation, je pense que Lynda Lemay avait écrit une chanson sur le sujet. Si je me souviens bien, elle s'appelle "pas de mot" d'ailleurs
 
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