Not all (men, blancs, hétéros, cis...)

Lunatique

Well-known member
3 Jan 2019
89
485
53
Je vois passer dans énormément de discussions militantes la grande question du "Not all" (le plus souvent men quand on tourne autour du féminisme) et j'aimerais bien avoir une discussion posée autour de ça, pour comprendre les raisons de chacun des groupes : le groupe qui subit l'oppression et ceux qui sont de l'autre côté et disent "eh oh, je ne suis pas comme ça :hi:" J'aimerais aussi savoir les mécanismes des deux côtés, et voir l'impact que cette problématique pose dans un échange et un débat mixte.
(Je m'excuse d'avance, les propos sont assez cis centré, puisque pour les personnes trans binaires ou non, d'autres problématiques entre en compte en fonction du passing notamment, avec un mix d'éducation et de passing lorsqu'il y a eu transition physique).

Je sais que c'est un sujet qui peut provoquer énormément de tensions, mais le but serait justement de pouvoir ici poser les arguments et expliquer à l'autre ce qui nous blesse dans le comportement, sans attaques personnelles et sans jugement si possible au maximum.


De mon point de vue (de femme cishet blanche donc), je comprends la généralisation au point de vue de la société. Pour parler de féminisme, sujet que je maîtrise le mieux, oui au niveau sociétal les hommes sont favorisés, ont un comportement lié à l'éducation générale qui provoquent certaines actions : prendre plus la parole, plus facilement, plus fort etc, et les femmes ont également intériorisé des comportements, par éducation ou par "force", qui les place dans une certaine position également.
Mais évidemment de l'autre côté, au niveau individuel on ne peut pas mettre tous les individus dans le même moule : certains hommes vont être timides, vont être conscients de parler plus donc rester vigilants à laisser la parole (avec plus ou moins de succès puisque toute une éducation sociétale prend du temps à défaire). A l'inverse des femmes vont savoir s'affirmer etc.

Honnêtement, je comprends aussi que les généralisations puissent être blessantes, ça m'est arrivé de lire des propos sur les blancs, les cis, les hétéros où oui, le premier impact c'est de le prendre personnellement. Dans ce contexte, comment pouvoir prendre du recul, comment apporter une réponse générale sur le sujet sans se justifier personnellement, et comment travailler sur soi pour dépasser ce temps de blessure personnelle ? (Et également, parce que je sais qu'en théorie c'est pas bien faut pas le faire on doit être plus fort et passer au dessus, mais c'est un mécanisme humain, comment continuer à s'engager dans une lutte et une déconstruction quand en face il y a un renvoie à la condition de privilégié avec l'idée que peu importe les efforts, ça ne sera jamais au niveau ?)

J'espère avoir été claire, c'est un questionnement que j'ai depuis un moment, mais rien que là j'ai forcément des biais, et si j'ai blessé des gens, n'hésitez pas à me le signaler :jv:


Edit : Précision de lecture, si vous voulez avoir les posts dans l'ordre, vérifiez en haut à droite du topic que vous avez bien sélectionné "sort by dates" et non "sort by votes" (vous devez voir le deuxième). Ca évitera un tris en fonction des votes sur les posts, qui mélange tout.
 
Dernière édition:

Lunatique

Well-known member
3 Jan 2019
89
485
53
Oui effectivement, après je me suis dit que je me lançais dans une pente glissante là, et ça aborde encore un autre aspect à mes yeux (mais super intéressant également). Sur une même caractéristique : genre, la personne avec les privilèges sociétaux sera toujours gagnante. Par contre, quand on fait la somme des caractéristiques des individus, quelqu'un favorisé sur un aspect peut être au final bien plus victime d'oppressions que l'autre, surtout selon les aspects de la vie.
Dans ton exemple, l'homme restera favorisé niveau harcèlement etc, par contre niveau travail, niveau de vie (et tout ce que ça engendre niveau accès à la vie sociale, la culture, les loisirs etc), il sera clairement défavorisé.

Je crois que tu as directement mis le point sur ce qui me dérange avec le Not all. Pour moi le dire concernant une oppression précise ça se comprend, mais sur un plan plus large, on entre forcément sur des oppositions entre les différents privilèges / oppressions et personne ne va les classer dans le même ordre (ce qui est plutôt rassurant d'ailleurs).
 

kuwagami

Well-known member
6 Jan 2019
85
322
53
Pour la question de base, personellement la réflexion se base sur l'intention réelle ou devinée du jugement. Et comme nous sommes sur internet, dans 99% des cas ça sera une intention devinée car on ne connait rienou presque des intentions réelles de nos interlocuteur.ice.s (j'ai bon sur celui là ?).

Du coup, quid du "not all..." ? C'est difficile de le comprendre quand on parle de problématiques globales (les hommes blanc cishet sont plus privilégiés que les femmes/trans/racisés/etc). Par contre, et ça s'est vu récemment sur certains réseaux sociaux, certain.e.s passent de plus en plus à la formulation "tou.te.s les (souvent hommes en ce moment) sont sexistes/des aggresseurs sexuels/etc" (remplacer par blancs/racistes, femmes/chieuses, etc). Et là on entre dans l'aggression à mon sens. Elle n'est pas forcément voulue, mais en abscence de contexte on prend les mots littéralement, et effectivement la réponse quasi immédiate est le "ha mais non pas moi".


Je pense que la solution est dans les bonnes pratiques du débat et d'internet. Pas d'ad hominem, expliciter le contexte si il y a matière à confusion, et éviter au maximum les débats sur les réseaux sociaux genre twitter ou facebook car ils ne s'y prettent pas (manque de place pour développer des idées).
 

Sire Sagremore

Well-known member
7 Jan 2019
35
239
33
Orléans
Disons que même si intellectuellement on comprend parfois c'est compliqué. J'ai une amie qui n'arrêt pas sur facebook de déverser sa haine des hommes blancs cis hétéros et valides. J'ai beau savoir que c'est général la répétition est compliquée pour moi. D'autant que je déteste les conflits et me sentir la cible de la haine de quelqu'un me blesse très facilement. Du coup j'ai en grande partie arrêté de discuter avec elle alors que je sais consciemment qu'elle ne me voit pas comme ça. (Bon après je suis peut-être agenre ce qui enlève le cis de l'équation mais bon...).

Disons qu'à l'entendre en permanence c'est difficile de ne pas le prendre pour soi. Et du coup de temps en temps on lâche un "not all" ou alors on s'éloigne....

Parce que j'ai toujours l'impression qu'on me renvoie l'image d'un être ignoble, oppresseur et sans problèmes alors que j'ai malgré tout mes propres problèmes (pour certains le patriarcat en est la cause). Alors ça aide peut-être à comprendre ce que ressentent les gens opprimés mais en plus nous, les mâles blancs, on ne nous a pas entraînés à résister à ça.

Désolé pour les male tears mais bon, vous avez un témoignage quoi...
 

Antioche

Las Fritas Barricadas
3 Jan 2019
594
3 713
93
@Reiemye au contraire, c'est très compliqué, et ce que dit la sociologie n'est pas si binaire que ça.
Je vis/ai vécu dans des quartiers très pauvres, avec des familles blanches aussi dans le lot. Est-ce que ça a vraiment un sens de dire à ces familles qu'elles font partie des oppresseurs parce qu'elles ne vivent pas la racisme en plus du classisme ? Et à quoi ça sert ?
Est-ce que naitre c'est être condamné à être, surtout ?

EDIT : bon ben doublé uhuh
Et du coup je rajoute que j'suis complètement d'accord, l'expression male tears :facepalm:
Super sympa hein, les mecs savent pas exprimer leurs émotions, mais faut absolument moquer les émotions des mecs, youpi.
 

MxPineapple

Pronom : iel + neutre ou masculin
2 Jan 2019
1 259
9 891
113
J'ai aussi fait partie des personnes qui font des blagues sur les hommes cishet blancs, ou en tous cas les trouvent droles/utiles pour faire passer la frustration (parce que je pense que c'est ca, le seul point positif de telles blagues). Et les generalites sont parfois utiles pour parler a un niveau systemique. Mais je trouve que certaines generalites du type font l'impasse sur les specificites de chaque oppression mentionnees (le sexisme, l'homophobie, la transphobie et le racisme), et que les personnes qui font de telles generalites les utilisent pour se dedouanner de leurs propres statuts d'oppresseureuses. Par exemple, une meuf cis qui parle de facon generale des "hsbc" (homme straight blanc cis) va se placer avec moi dans la categorie "opprimee par les hsbc" alors que sur l'axe de la transphobie, elle est autant mon oppresseuse qu'un hsbc. De meme, si je le fais, vu que je suis blanc-he, ca peut etre une facon de me dedouaner de mon racisme ordinaire.

Et puis en soi, comme vous le disiez, ca efface beaucoup de differences tres importantes dans le niveau de privilege - un hsbc SDF et neuroatypique aura probablement beaucoup moins de "privilege" que moi.
 

Lunatique

Well-known member
3 Jan 2019
89
485
53
Qui nous agresse, qui nous tue, qui nous viole ? Les hommes.
Je cite ça parce que je suis en désaccord avec ta formulation. (Et bon, je sais d'avance qu'on ne sera pas d'accord in fine, mais c'est pour expliquer ma position).
Les hommes ? Des hommes, en grande majorité. C'est une lettre, mais pour moi c'est justement toute la nuance en fait. Tous les hommes ne sont pas des tueurs / violeurs / et j'en passe. Et toutes les femmes ne sont pas des violées / victimes / et j'en passe. La graaande majorité des situations de violences, viol, meurtres, les hommes sont les auteurs et les femmes les victimes, je ne remets absolument pas ça en question.
Et par contre juste, je réalise totalement qu'on est dans une société misogyne, et je le croise assez dans ma vie personnelle et mon travail, aucun soucis pour ça.

Après, pour moi le "les X", ça veut aussi dire qu'ils le sont tous, et que donc quelque part c'est foutu, il n'y a qu'à exterminer cette catégorie. Je pousse le trait assez loin, mais je trouve que dans ces formulations (parce que là, j'ai l'impression que tu vises tous les individus homme et pas le groupe social homme, mais je ne suis pas sûre d'être très claire dans ma phrase), sont assez impératives dans un mauvais sens : sans espoir d'évolution et au final pour moi c'est ce qui clive les gens concernés contre le combat. Oui lire ça ça peut amener quelqu'un à se dire qu'il n'a pas envie d'être féministe. On arrive là aux différentes formes de féminisme, mais pour moi dans ma vision des choses sur le long terme, c'est contre-productif et ça risque juste d'engendrer encore davantage de violence et de haine.

Ce contenu est réservé aux membres inscrit.es. Inscris-toi par ici.



Je pense que la solution est dans les bonnes pratiques du débat et d'internet.
Du coup pour toi, ça serait quoi les bonnes pratiques autour de ces questions ? :D


Alors ça aide peut-être à comprendre ce que ressentent les gens opprimés mais en plus nous, les mâles blancs, on ne nous a pas entraînés à résister à ça.
Je te rassure, aucune personne avec des privilèges n'est habituée à se les prendre en pleine face, et les critiques qui vont avec :yawn: (Après effectivement, on comprend, je pense, plus facilement quand on vit soi-même certaines oppressions. Et encore, je crois qu'il y a aussi une grosse question d'informations. Je pense au classisme qui se perd complètement en ce moment, et où on n'a pas l'habitude de venir questionner et remettre en question les privilèges associés. Mais je divague (vague :cretin:).


J'ai aussi fait partie des personnes qui font des blagues sur les hommes cishet blancs, ou en tous cas les trouvent droles/utiles pour faire passer la frustration (parce que je pense que c'est ca, le seul point positif de telles blagues).
Là j'ai une question, tu les faisais dans quel cadre ? Parce qu'entre faire une blague dans un groupe fermé qu'on connait, et en public, l'impact est forcément différent :hesite: (J'adore faire de l'humour très très noir, mais clairement je ne me permettrais jamais avec des gens que je ne connais pas, y compris sur le forum, hors MP).


et que les personnes qui font de telles generalites les utilisent pour se dedouanner de leurs propres statuts d'oppresseureuses.
Merci pour cette phrase et l'explication dessous, ça me fait énormément réfléchir (donc je reviendrais peut-être quand elle aura cheminé dans ma tête. Mais j'ai aussi cette impression de "mauvais groupe coupable de tout : homme cis hét blanc" (encore une fois on zappe la classe mais c'est habituel), contre toute personne ne rentrant pas dans cette catégorie qui du coup est zappée de toute généralité dans la majorité des discussions.



Et globalement je suis contente de voir des participations sur le topic et je trouve l'échange super riche pour le moment :D (Moment fleur bleu :cretin:)
 

MxPineapple

Pronom : iel + neutre ou masculin
2 Jan 2019
1 259
9 891
113
@Lunatique Ca fait un moment, mais il me semble me souvenir d'en avoir fait pas mal sur le forum de l'ECM feministe sur Madz quand j'y trainait encore, surtout :hesite: Sinon avec ma femme, ou entre ami-es, si un jeu de mot se presente. Mais je ne suis pas adepte de l'humour noir en general, donc je faisais jamais des blagues tres glauques.
 

MxPineapple

Pronom : iel + neutre ou masculin
2 Jan 2019
1 259
9 891
113
@MxPineapple
Il y a un truc d'ailleurs qui me turlupine: quid des NB qui ont joui ( ou jouissent encore) des privilèges de sexe :ninja: ?
C'est super problématique ( et gênant) mais ça m'est déjà arrivé de remarquer qu'un NB AMAB attirait plus l'attention avec sa parole, que la manière de s'exprimer avait été dans une certaine mesure conditionnée ( et les afab y réagissaient aussi d'ailleurs, les modalités du discours étaient différentes). Pas tout le temps, pas pour touxtes ( et je ne veux pas du tout dire qu'iels sont cis en fait). Je parle uniquement du profit de l'éducation genrée, même si cette éducation genrée à fait souffrir la personne.
Je ne sais pas trop comment l'exprimer, c'est confus mais tu as déjà remarqué ça? Tu en penses quoi?

Edit:
les blagues, j'en ai fait plein aussi :ninja: Et ECM est plein de blagues sexistes. On peut voir le côté décharge mais bon :ninja: ( dit-elle alors qu'elle en fera probablement encore :ninja: )
Les NB AMAB, je n'en ai pas beaucoup connu-es qui tiraient la couverture a elleux - par contre, certains mecs trans, oui, quelques uns... Je pense que l'education joue peut-etre dans certains cas, surtout si le fait d'etre percu-e comme homme n'est pas trop une souffrance. Pour certains mecs trans, je pense que ce qui joue aussi c'est qu'il y a une forte pression pour conformer au genre masculin et a la masculinite toxique (et aussi, comme pour tout groupe de personnes, certains sont des connards :lol: ).
 

Lunatique

Well-known member
3 Jan 2019
89
485
53
@MxPineapple Oui donc au final soit en privé, soit sur un topic quand même dans cette optique :hesite: (Et même sans humour très noir, il y a des blagues qui passent moins en public.) Merci :D

@Reiemye Je sais pour Madz, je serais incapable de me souvenir de ton pseudo vu que je suis terrible à ça, mais tu es assez reconnaissable (d'où le fait que j'ai dis que tu étais misandre, je ne me serais pas permis en un post). C'était lié à l'impression générale que j'ai pu avoir en te croisant sur Madz. Mais c'est intéressant du coup, merci d'avoir répondu.
 

Antioche

Las Fritas Barricadas
3 Jan 2019
594
3 713
93
@Chopin
C'est pas à moi que tu poses la question mais j'ai un semblant de réponse. Je dis que mon mec est cis parce qu'il est encore trop mal à l'aise et trop bloqué dans sa réflexion pour revendiquer quoi que ce soit, et je vais pas dire "il est NB" alors qu'il ne le dit pas. (mais du coup je me rends compte que je fais l'inverse ce qui est pas mieux, mais bref). Même si lui ne le formule pour l'instant pas comme ça je le sens sur le fil depuis quelque temps. Ça travaille.
Je pense que non seulement l'éducation genrée laisse quand même des traces dans ce cas là (le fait d'avoir rencontré les communautés trans sur le tard, de manquer de mots, de concepts pour s'exprimer clairement et peut être aussi justement un conditionnement qui le pousse à tout garder pour lui), mais qu'en plus dans certains cas elle peut rendre amer et exacerber des trucs.
J'ai l'impression en tout cas que si il prend si durement certains discours féministes, c'est parce qu'en tant que pas-tout-à-fait-cis la dissonance n'en est que plus violente.


J'ai l'impression de pas être clair du tout :hesite:

EDIT : sinon je me souviens avoir lu sur Madz une excercice statistique assez intéressant qui démontrait pourquoi c'était peu probable que là, actuellement, à ce moment précis, un majorité d'homme soit des agresseurs. J'insiste bien sur agresseur, je parle pas de comportements sexistes en général qui sont à mon avis majoritaires peu importe le genre.
 
Dernière édition:

Sire Sagremore

Well-known member
7 Jan 2019
35
239
33
Orléans
Je n'ai pas compris cette phrase, tu veux bien développer ?
En gros c'était pour dire qu'en effet les hommes blancs n'ont pas l'habitude de recevoir des critiques en raison de ce qu'ils sont, du coup ils ont eu le privilège de ne pas avoir eu à développer de protection contre ça. Du coup ça touche d'autant plus qu'on n'en a pas du tout l'habitude. Ce n'est pas une excuse, juste un constat bien triste qui explique pourquoi le not all arrive très vite.

Comme je le dis ça peut aider à comprendre ce que ça fait d'être traité durement en raison de quelquechose qu'on n'a pas choisi à la naissance et dans un sens de mieux comprendre les oppressions.

Je donnais juste un témoignage de ce que ça fait d'entendre très souvent ces critiques et pourquoi, même si parfois on sait que c'est pas bien, on fait du not all...

Mon autre solution pour éviter le not all c'est de m'éloigner parce qu'il y a une limite à la dose de critiques dont je peux me sentir la cible et que je peux supporter. En fait à chaque fois je me pose la question "est-ce que j'agis comme ça, suis-je ce monstre ?" mais même si le plus souvent la réponse est "not me" (et que je la garde pour moi) malgré tout à force j'ai juste l'impression de faire partie d'une espèce de gens détestés par des gens que j'aime bien....

J'essaye de m'entraîner à dissocier ma situation d'une généralité mais ce n'est pas évident, d'autant qu'il y a forcément des comportements où je ne suis pas bon et dont je dois prendre conscience.

@Chopin oui je parlais surtout de masculinité toxique et de toute cette pression que se mettent les hommes entre eux et même eux-même, ce besoin permanent de prouver sa virilité auprès des autres, le "concours de bites" permanent qui est bien trop présent dans les relations entre hommes.
 

MxPineapple

Pronom : iel + neutre ou masculin
2 Jan 2019
1 259
9 891
113
(je ne comprends pas du tout comment les messages s'affichent ici :shifty:)

@Antioche e On m'a aussi dit que les blagues contre les hsbc peuvent etre violentes pour les personnes NB AMAB ou les femmes trans, parce qu'iels sont/ont ete percu-es comme des hommes pour une bonne partie de leur vie et (malgre la mention "cis") les blagues/commentaires sur les organes genitaux ("qu'on leur coupe les couilles") ca peut etre dur a lire.
 
  • You Rock !
Reactions: Etp and Lunatique

Chandernagor

Well-known member
3 Jan 2019
17
128
28
Perso la misandrie, l'esprit "Tous les hommes sont ...." ça ne m'intéresse pas. Déjà c'est malhonnête intellectuellement, ça nous coupe de la réalité et puis l'idée que la moitié de l'humanité soit irrémédiablement pourrie ça me donne plus envie de mourir qu'autre chose.
Je suis pour déconstruire les choses, interroger ce qui semble aller de soi, instaurer plus de justice et d'égalité dans la société, m'affranchir des schémas qui me font souffrir ou m'empêchent d'avancer, etc. Par contre y'a deux trucs qui appellent à la vigilance :
1. je ne suis moi-même pas irréprochable, ni en terme de sexisme, ni dans mes rapports avec les hommes.
2. globalement, je trouve qu'à partir du moment où on tombe dans l'aigreur et la défiance généralisées, c'est que la grille de lecture féministe ne nous aide plus à nous émanciper des vieux schémas et qu'on n'a plus un rapport constructif aux choses. Finalement, c'est pas parce qu'on se met à détester les hommes qu'on devient plus libre et autonome. Au contraire, ça ne fait qu'aggraver la fracture entre les genres et ça ne change rien aux problèmes.
 

kuwagami

Well-known member
6 Jan 2019
85
322
53
@Reiemye Le débat est très loin d'être aussi simple.

Je tiens à commencer par dire que je comprends très bien la lassitude de devoir encore et toujours devoir répéter les mêmes choses à de nouvelles personnes qui ne comprennent pas les problématiques abordées, car iels ne sont pas concerné.e.s.

Ce contenu est réservé aux membres inscrit.es. Inscris-toi par ici.

Tu n'es pas obligée de répondre vu ton dernier message, mais j'espère que mon point de vue sera au moins compris :erf:


Du coup pour toi, ça serait quoi les bonnes pratiques autour de ces questions ?
Ben justement, celles du débat raisonné :hesite: Eviter les ad hominem vu que ça sert à rien (tous les... Tu... etc) à part envenimer le débat pour rien en évitant de répondre aux questions de fond, et essayer de contextualiser au maximum si un sujet peut prêter à confusion. Dans le cadre du sexisme par exemple (puisque c'est souvent le sujet quand on voit apparaitre un #NotAllMen, ironique ou non), rappeler qu'on parle de sexisme systémique, éviter les phrases chocs qui ne servent pas à grand chose à part cristalliser les oppositions, ne pas envoyer paître les arguments qui ne vont pas dans notre sens (même si c'est chiant de répéter 20 fois à 20 personnes différentes exactement la même chose)...

C'est pour ça que les réseaux comme Facebook ou Twitter ne sont absolument pas adaptés à ce genre de débat, à l'opposition de forums où on peut réellement poser sa pensée sans devoir recourir à des raccourcis facilement sortis de leur contexte et/ou inadaptés à cause de biais de pensée.

C'est loin d'être évident, surtout quand on est du "bon" côté de la balance et qu'on ne voit pas le problème de façon évidente, mais je ne pense pas que se monter les uns contre les autres à coup de hashtag assassins aide beaucoup plus.
 

Imago

Well-known member
4 Jan 2019
48
364
53
@Lunatique D'accord avec toi sur toute la ligne. Le #notallmen, je l'accepte selon le contexte. Si c'est juste un outil pour ne pas se remettre en question, c'est nul. Si c'est pour se protéger de la misandrie, je comprends totalement. La misandrie, je trouve ça inutile, c'est se tirer une balle dans le pied, et si ça sert juste à se faire du bien parce qu'on a vécu des choses difficiles bah, y a d'autres moyens de se faire du bien, sans avoir un retentissement négatif sur le militantisme. Parce que la crainte que portent certains hommes sur le féminisme, je trouve qu'elle est à la fois dues à des clichés, mais aussi due à une réalité. La faute est partagée (dixit une meuf qui a été elle-même beaucoup trop chiante).
 

Mymy

Rédac chef de madmoiZelle
2 Jan 2019
185
1 525
93
Paris
www.madmoizelle.com
Intéressant ce débat ! :top:

Personnellement je pense avoir fait de la « misandrie ironique / provocatrice » (#NotAllMen, #MenAreTrash tout ça), quand j'étais plus jeune mais ça fait un bon paquet d'années que ça m'est passé.

Tout simplement parce que au sens large j'ai totalement saturé de la condescendance et du sarcasme gratuit dans les espaces militants, principalement en ligne puisque je n'en fréquente pas vraiment « dans la vie physique ».

Je comprends l'intérêt de se défouler en cercle fermé, je ne suis pas la police des paroles ni rien, mais quand j'ai vu, sur Twitter, sur le forum mad, sur des groupes Facebook, que la moindre opinion allant à contre-courant de l'avis dominant se faisait accueillir par une avalanche de mépris, de condescendance et de sarcasme, ça m'a passé le goût de recommencer.

J'ai développé mon féminisme avant qu'il y ait autant de présence militante sur les réseaux sociaux et clairement si on m'avait traité de « dinde », de « gourdasse » et qu'on m'avait dit « mais oui mais oui #NotAllMen allez supprime ton compte » (exemples réels venant de... femmes féministes :cretin: ), j'aurais bien vite lâché l'affaire.

Je comprends que tout le monde n'a pas le courage, l'énergie ni l'envie de faire de la pédagogie mais à ce moment-là, je préfère laisser couler que mordre, surtout quand, comme c'est souvent le cas, plein de gens font le taf à ma place. On n'est pas FORCÉES de répondre à un contenu en fait, quand on ne le sent pas. On n'est pas FORCÉES de prendre la parole quitte à avoir épuisé sa patience, et à se résoudre à la moquerie.

J'admets utiliser encore largement le sarcasme, car j'adore ça, mais pas de façon générique. Parce qu'en fait si je dis « Men are trash » (ce que je ne pense pas, car la question de l'oppression masculine reste bien plus nuancée que ça) à UN mec relou / sexiste / insultant pour « rigoler », pour le provoquer, mais que je le dis en public, bah plein d'autres gars qui n'ont rien fait de spécial vont le lire, et je doute que ça les motive à s'intéresser au féminisme.

Donc quand je suis sarcastique avec un troll je le suis avec lui. Pas avec tout son genre, toute son origine, tout son groupe social ni rien.

J'ai passé assez de temps à lutter contre les généralisations concernant les femmes, je n'ai pas envie de généraliser au sujet des hommes, c'est ma façon de voir les choses.

C'est aussi parce que j'ai fini, par mes parcours personnels et ma gestion de la rubrique masculinité sur madmoiZelle, par côtoyer des hommes proprement détruits, parfois par des hommes, parfois par des femmes, mais en tout cas de façons liées à leur identité de genre.

Parler avec un mec victime de viol parce que « pas assez viril » qui essaie d'expliquer ce qu'il ressent quand il lit « les hommes sont des violeurs » ou « men are trash » ou « burn all men », ça m'a bien foutu une claque. Même si oui, ok, il comprend la logique derrière, il sait qu'on ne parle pas de lui... mais bon, on parle des hommes, et il en est un.

C'est comme si on disait « les femmes sont des connasses » et qu'après on me disait « non mais pas toutes, juste les pas sympa ». Bah dis les connasses alors. Pas les femmes.

C'est décousu je crois :hesite: mais voilà, entre l'omniprésence du sarcasme agressif qui ne fait RIEN avancer, et le fait de côtoyer des mecs plus ou moins victimes de violences, je me dis que préciser un peu ma pensée, ça ne mange pas de pain, ça n'ajoute pas au climat dégueulasse du militantisme en ligne, et ça peut épargner des personnes fragilisées.
 

Derniers messages