TheMadTink

Moi dans le doute je réponds merde.
9 Jan 2019
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@TheMadTink elle a bien le droit de poster ton premier ou 500e commentaires ou elle veut quand même, même si ça fait une mini polémique
Alors. Oui, je n'ai jamais dit le contraire, je faisais allusion à son premier commentaire dans ce fil, parce qu'elle en a posé d'autres après, pas à son premier commentaire sur le site, @grenouilleau est une membre active de la communauté.
 

Miya

Well-known member
29 Juin 2020
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Au delà de la forme, en lisant vos échanges j'ai l'impression que la principale incompréhension découle du fait que @grenouilleau a l'impression que l'injonction après une fausse couche est d'être triste (et que donc parler de sa tristesse n'est pas lutter contre le patriarcat) alors que les autres ont l'impression que l'injonction après une fausse couche est de ne pas en parler du tout ou alors de minimiser (et que donc parler de sa tristesse est lutter contre le patriarcat). Le constat de base est très différent, d'où le dialogue de sourds.
Personnellement je trouve également que les FC sont énormément invisibilisées et souvent considérées comme "pas grave", donc merci Meghan.
 

Eglantine

Les deux, mon capitaine.
3 Jan 2019
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@Miya Je suis totalement d'accord avec toi, mais je rajouterais quelque chose:

Je ne pense pas qu'une impossibilité de parler de quelque chose qui nous rend immensément triste à cause dune injonction soit équivalente au fait de ne pas pouvoir parler du fait que quelque chose nous rend heureux / ne nous fait ni chaud ni froid à cause d'une injonction.
Dans le second cas bon certes c'est chiant de ne pas pouvoir en parler et certes ça peut contribuer à renforcer certaines images de la société de ne pas en parler (ici le ''une femme doit vouloir absolument être mère'' s'il est tabou de parler d'une fausse couche pas mal vécue) mais au moins la personne n'a pas vécu de drame personnel sur ce sujet en particulier (vu que ça a été bien vécu). Dans le premier c'est la double peine: Tu es terrassée par la douleur, tu es parfois seule avec dès le départ (grossesse pas encore annoncées à l'entourage, tout ça), et en plus tu ne dois pas en parler, ce qui peut beaucoup aggraver la tristesse ressentie.

Bref, même avec le moindre gramme de doute sur la direction dominante de l'injonction, je pense qu'il valait mieux s'abstenir de ramener le ''mais pourquoi on ne parle pas des femmes qui vivent bien leur fausse couche, ça aussi c'est un problème'' ici. Ce n'était pas l'endroit, pas le moment, et pas la première fois d'ailleurs qu'il y avait des tensions autour de ce sujet.

Pour faire une analogie plus ''générale'': J'ai dans mon entourage plusieurs cas de personnes qui n'ont pas été tristes de la mort d'un membre de leur famille, pour une raison X ou Y (ne pas s'en sentir proche du tout, ou voir la personne souffrir depuis très longtemps et être soulagée que ça se termine, etc). Ca existe, c'est un fait. Et ça peut leur peser de ne pas pouvoir en parler car c'est tabou. Bah ça n'en ferait pas pour autant une bonne idée d'aller sur un article qui par exemple raconte l'expérience de perdre un proche et de recevoir des injonctions à remonter la pente plus vite - dans lequel beaucoup de lecteurs vont reconnaître leur histoire - et de dire ''faut quand même pas oublier qu'il y en a pour qui c'est pas triste, et que c'est un tabou, pourquoi on ne parle pas de ça''. Mauvais endroit, mauvais moment.
 

Kurmad

Well-known member
7 Jan 2019
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Ahhhhhh ! Ok, je comprend d'où viennent les crispations maintenant.
Merci beaucoup @Eglantine d'avoir expliqué ça posément et de m'avoir fait changer d'angle de vue sur le problème.
 
  • You Rock !
Reactions: Eglantine and Miya

Leah P.

Routarde à durée indéterminée
3 Jan 2019
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ledeuxiemejour.blogspot.com
@Eglantine Merci aussi pour ton message qui résume bien la situation. Je rajouterai que le fait de dire que défendre et promouvoir la parole des femmes qui souffrent de ça n'est absolument pas féministe parce que la douleur de perdre un enfant à venir est patriarco-compatible, ben j'ai trouvé ça horrible à lire en plus d'être complètement faux.

C'est pas parce que la société patriarcale incite les femmes à avoir des enfants qu'elle prend soin d'elle tout au long du processus. On a le droit d'être féministe, de vouloir avoir des enfants, de vouloir parler de notre désir de grossesse, de vouloir parler de nos fausses couches, de vouloir parler de notre accouchement, de vouloir parler de la difficulté d'être mère, et y'a pas à être jugée pour ça.

Parler de problèmes féminins qui sont tabous dans la société (et franchement on a beau avoir des conceptions différentes sur ce qui est attendu d'une femme après la fausse couche, qui va dire que c'est pas tabou sérieux en France aujourd'hui de parler librement de sa fausse couche?) c'est féministe. Et même si on a le droit de pas être d'accord là dessus, lancer ce débat ici c'est au mieux maladroit, au pire provocateur/non empathique.
 

Kurmad

Well-known member
7 Jan 2019
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@Leah P. Je pense que vous avez mal compris cette partie du discours :
ça n'est absolument pas féministe parce que la douleur de perdre un enfant à venir est patriarco-compatible
Ce que j'ai compris, c'est plutôt : briser un tabou sur les fausses couches, parler de son accouchement, de la difficulté d'être mère, etc. ce sont des choses positives, c'est certain. Mais ce n'est pas spécialement féministe. Pas dans le sens : "en parler ça fait le jeu du patriarcat", mais plutôt dans le sens "en parler, ça ne renforce pas spécialement l'égalité homme-femme, mais ça ne lui porte pas non plus préjudice, c'est quelque chose qui est indépendant du féminisme".
Je ne crois pas que @grenouilleau voulait mettre un jugement dépréciateur dans cette partie de son discours.

Si on étend cette réflexion, ça pourrait être : est-ce-que tous les sujets qui touchent la vie des femmes, mais uniquement des femmes (ou en très grande majorité, des femmes), sont des sujets féministes ?
Par exemple, est-ce-que parler du cancer du sein, c'est nécessairement féministe ?
Y'a un vrai débat à avoir là-dessus (ou pas d'ailleurs, car est-ce vraiment important ?), mais effectivement ce n'est probablement pas l'endroit ni le moment, car ici, il y a déjà une parole qui doit se libérer pour briser le tabou sur les fausses couches, et c'est tellement rare d'avoir un espace de discussion à ce sujet, qui vaut mieux en créer un autre que le faire dériver.
 

Gingerbraid

C'est un endroit rêvé pour les oiseaux
10 Mar 2020
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@Kurmad Je comprends ce que tu veux dire, effectivement la nuance est intéressante. Je crois que ça dépend de notre vision du féminisme et des attentes qu'on y met. Dans mon cas, je considérerais comme féministe toute démarche visant à l'accès à la connaissance, la liberté et le respect pour les femmes, qu'il s'agisse de relation avec leurs corps, de leurs actions ou de leurs modes de vie. Si on considère le féminisme de manière plus ciblée comme un combat pour l'égalité hommes /femmes alors oui certaines démarches qui concernent les femmes peuvent ne pas être reconnues comme féministes. Est-ce que reconnaître le tabou de la fausse couche c'est avancer vers une égalité homme/femme ? À priori non, puisqles hommes cis ne partagent pas ce vécu, on pourrait en conclure qu'il s'agit d'une "question à part". En même temps alors, ce serait aussi le cas du tabou de l'endometriose, de la sexualité entre femmes et plus largement de tout ce qui touche à l'expérience de la maternité ? Je pense que ce n'est pas parce que quelque chose ne concerne. "que" les femmes (ou du moins pas les hommes cis) que cela sort d'une perspective féministe. On peut se demander à quel point notre regard actuel sur ce sujet est forgé par une certaine appréhension historique des femmes. On peut aussi se demander comment par ricochet cela peut entraîner un regard plus juste et plus pertinent de la part des hommes eux mêmes-- une des conséquences du tabou de la fausse couche c'est aussi selon moi une difficulté des hommes à communiquer à ce sujet (y compris sur leur propre douleur) et pouvoir apporter un soutien.
 

Leah P.

Routarde à durée indéterminée
3 Jan 2019
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ledeuxiemejour.blogspot.com
@Kurmad Y'a pas de soucis c'est exactement comme ça que je l'ai compris et je pourrais redire exactement le même message que j'ai posté au dessus.

Ça fait des siècles que les femmes sont silenciées et qu'on leur impose de bien se tenir, ne pas faire de vagues etc. Et là quand elles réclament le fait de pouvoir rendre ces sujets publics, se sortir de la solitude et de la honte qu'elles peuvent ressentir, ben s'entendre dire que c'est pas une problématique féministe parce que faire des enfants et être triste de les perdre ça fait le jeu du patriarcat, ben non je suis pas d'accord. Et l'écrire en commentaire de ce post je ne vais pas remettre une couche dessus car je me suis déjà exprimée là dessus et je ne veux pas donner l'impression que je m'acharne ou quoi que ce soit

Quand la douleur de la fausse couche sera reconnue ben peut être que les femmes pourront avoir des médecins à l'hôpital qui les traiteront avec plus d'empathie, peut être que les psychologues seront mieux formés à accueillir leur parole, peut être qu'on autorisera leur partenaire à prendre leur journée pour rester avec elles, peut être qu'on leur prescrira des antalgiques efficaces, peut être qu'on pourra leur rembourser des séances de psy, peut être que les médecins pourront chercher des causes avant avoir besoin d'en faire 3 d'affilée. Ce sont pas des problématiques assez féministes ?
 

Psyduck

Féministe en carton (recyclé)
12 Août 2019
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Je rejoins totalement ce que dit @Leah P. , on a le témoignage d'une personne qui est passée par ce qu'elle considère à titre personnel comme une épreuve. On n'est pas dans un meeting ou sur un cas d'école, on parle des émotions d'une personne humaine et j'ai l'impression que certaines personnes l'ont un peu trop vite oublié.

D'après cet article, une femme sur 4 est ou sera concernée, soit 25 % d'entre nous et je trouve ça énorme. Cela veut dire que mathématiquement, rien que dans votre entourage proche il y a/aura une concernée. Et pourtant, on entend jamais parler de ça... Du moins pas avant qu'on aborde le sujet et que tombe le concert des "ah ben moi aussi", "c'est arrivé à ma soeur/ ma cousine / ma meilleure amie".

Oui, il y a un tabou sur les fausses couches comme autour de l'infertilité. Parce que dans notre monde moderne : on doit performer, même dans un domaine qu'on ne contrôle pas. Et cet "échec", il fait mal parce qu'il isole les concernées et c'est encore pire quand on veut leur faire un procès en féminisme.

Il me manque certaines parties de la conversation mais de ce que j'ai pu comprendre notamment grâce à @Serena Snape (c'est toujours un plaisir de te lire) et @TheMadTink (cette citation que tu as mis est glaçante d'inhumanité) , c'est que le sujet est devenu terriblement unsafe pour les concernées... :stressed:

La preuve, là où des témoignages importants comme ceux de @Margottine (#TeamPMA :rockon:) ou à l'inverse celui de @schizophrenia auraient du prendre toute la lumière, j'ai vu un débat stérile sur "est-ce du bon féminisme que d'être affectée par sa FC ?"

Si c''est faire le jeu du patriarcat que de faire preuve de sororité et d'empathie envers les personnes qui ont mal vécu leur(s) FC, alors je préfère faire le jeu du patriarcat et rester une oreille attentive et soutenante.

Et, par égard pour les concerné(e)s, on peut ne pas être d'accord avec elleux à la condition d'au moins mettre ses propos sous spoiler avec un TW, ça prend 5 secondes, après il faut vouloir faire l'effort.
 

Kleiner Apfel

Well-known member
1 Mai 2020
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Je vois que le débat est déjà très nourri mais je suis également très choquée par certains propos :eh:

Evidemment que ce sujet raisonne me touche directement, puisque ma FC de juin est bcp trop proche, et honnêtement ça a été la chose la plus difficile que j'ai eu à vivre.
J'entends bien que certaines femmes et le coparent peuvent bien le vivre, et c'est tant mieux !
Mais pour moi l'injonction actuelle, beaucoup de la part du corps médical d'ailleurs mais aussi de l'entourage c'est "il ne faut pas en faire un drame, vous en referez un, c'est la nature, la nature est bien faite, blablabla".
Donc OUI ça fait du bien de voir des témoignages de femmes qui l'ont mal vécu, OUI ça fait du bien de lever ce tabou autour de la fausse couche. Pour moi le débat qui a été lancé au début de cette discussion n'a pas lieu d'être ici.

Voila je n'ai pas eu le courage de tout lire en détails, mais c'était ce que je voulais apporter :fleur:
 

Obrigada

Well-known member
2 Fev 2019
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Bretagne sud
J'ai un peu survolé le débat, mais je rebondis sur le côté "tabou". J'ai fait deux fausses couches, et effectivement je n'en parle pas partout, même à personne, si cela ne vient pas dans la conversation. Parce que c'est intime, de même que je ne raconte pas mes accouchement, ni mes difficultés de couple, parce que je les ai plutôt bien vécues, le deuil fut rapide, sans grande douleur physique, sans arrêt de travail, très tôt, que ça me parait vite "du passé et loin" (alors que la dernière c'était début novembre) et que je ne parle pas non plus de mes émotions avec tout le monde.
Ma mère a fait 3 fausses-couches en 3 ans avant ma naissance, ça fait partie de l'histoire de ma conception. Ce n'était pas tabou même si elle ne m'a pas parlé des détails physiques et est restée pudique sur sa peine d'alors, me parlant plutôt de sa tristesse et son inquiétude de ne pas avoir d'enfant.

Du coup, je trouve ça normal de vouloir parler de sa fausse-couche si on veut mais je trouve aussi ça normal de ne pas en parler si on ne veut pas, ou d'en parler à des personnes choisies. Toutes mes connaissances n'ont pas à connaitre tous les détails de ma vie (donc cette fausse-couche restera peut-être un évènement connu seulement de mon mari et moi - et ce forum ^^ ou peut-être que j'en parlerai plus tard, notamment si je suis à nouveau enceinte)
 

Margot

Un jour après l'autre.
8 Fev 2019
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Je trouve la question "anti-féministe" ou "non-féministe" très intéressante.
Mais justement pour moi c'est totalement féministe que ces sujets strictement féminins deviennent public car ils impactent la vie des femmes, l'énergie qu'elle peuvent mettre dans leur travail, leurs relations sociales, leur engagement citoyen...
Donc ça crée une différence concrète entre le vécu des femmes et celui des hommes (je ne la remet pas en question, elle est là), qu'il est important de mettre en lumière pour qu'on puisse mieux accéder à une égalité homme / femme.
Et que les hommes puissent accepter et analyser aussi l'impact que ces sujets ont sur leur propre vie (une FC affecte aussi le père, de même que les problèmes gynécologiques que peut rencontrer sa compagne).

Donc pour moi c'est féministe que les femmes n'aient pas à se cacher ou se réunir entre elles pour pleurer sur les FC.
 

Manea

Well-known member
28 Jan 2019
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@schizophrenia

Pour en revenir à the crown, la génération de Charles and co n'avait pas forcément le droit de parler de sujets intimes, mais la femme d'un des petits fils de la reine - Zara Tindall - avait déjà parlé de deux de ses fausses couches et la plupart des gens savent que Kate a souffert pour ses trois grossesse d'hyperemèse gravidique - qui n'est pas du tout un sujet glamour et elle a pu quand même mettre en avant que ses grossesses n'étaient pas une partie de plaisir. Donc des femmes qui représentent une institution conservatrice (et se sont bien intégrées dans un modèle assez rigide) ont déjà pu parler de ce type de sujet.

Donc je suis pas sûre que Meghan dépoussière l'image de la famille royale - en tout cas pas sur ces sujet, peut-être juste que comme elle a une plateforme médiatique plus importante, plus de personnes l'entendent. Je dirais juste que la dernière génération est plus ouverte - peut-être d'une certaine manière c'est aussi lié à l'évolution de la société. Et d'autres femmes célèbres ont aussi parlé de leur fausse couche. Donc peut-être que les propos de Meghan Markle vont aider certain.e.s sur le moment - mais j'ai pas l'impression que ça change fondamentalement la vision de la société sur la fausse couche, tout comme d'autres révélations de ce type n'ont pas changé grand chose. D'autant plus que sa proposition de demander aux personnes qui ont perdu un enfant "are you ok" me paraît assez maladroit - peut-être que certaines femmes seront contentes d'entendre ça, mais je ne trouve pas que ça permet vraiment à une femme de développer sa souffrance - et certaines femmes ne veulent juste pas en entendre en parler.

Et je pense qu'elle a bien fait d'en parler - mais je ne vois pas en quoi c'est novateur ou tant féministe que ça.