Une Rockie

Une Rockie Anonyme
25 Nov 2018
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L’affaire Weinstein et le mouvement MeToo en 2017 et 2018 ont été très difficiles à vivre pour moi. Je me suis énormément retrouvée dans les témoignages, à la fois dans le rôle de la victime et dans le rôle de l’agresseuse. J’ai pris conscience à ce moment-là que je n’avais pas consenti à plusieurs de mes relations sexuelles. J’ai aussi compris que je ne m’étais pas assez préoccupée du consentement d’autres femmes.
Je me suis mise à lire les témoignages de façon presque compulsive, tout en sachant que ça me mettait dans un état d’anxiété difficilement supportable. Je me souviens en particulier d’un enregistrement de Weinstein dans un couloir d’hôtel avec une jeune femme qu’il essayait de faire culpabiliser pour qu’elle le suive dans sa chambre, sur le mode « ne fais pas de scandale, ne me fais pas honte en agissant comme quelqu’un d’immature ». Cette scène, je l’ai vécue en tant que victime, avec les mêmes arguments.
La colère est arrivée assez rapidement après MeToo
C’était à la...
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SucréeSalée

Active member
11 Jan 2019
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Je n'ai pas de mot, ce témoignage est très puissant et résonne beaucoup en moi. J'ai aussi vécu des agressions sexuelles que je n'ai reconnu comme telles que plusieurs mois après, et je pense n'avoir pas su protéger des amies en leur disant que rien n'était de leur faute quand elles vivaient des choses similaires. Mon éveil au féminisme m'a aussi beaucoup ouvert les yeux... j'espère que la Rockie trouvera des personnes avec qui discuter comme elle le souhaite. Merci pour son témoignage.
 
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Pagara

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17 Jan 2019
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Nantes
hellenknight.wixsite.com
Compliqué ce témoignage... Mais merci de l'avoir fait.
Ton parcours est difficile, touchant. Et montre qu'une fois de plus en ce bas monde, tout n'est pas toujours tout noir ou tout blanc.

De mon propre point de vue, je pense que tu as bien fait d'écrire ce message d'excuse. La destinataire en fera bien ce qu'elle voudra, mais pour ton propre parcours c'est une bonne chose. J'entends que la culpabilité sera toujours là, parce qu'on ne revient pas en arrière. Tout l'enjeu sera d'en faire un moteur pour progresser dans la bonne direction, tu as l'air d'être sur la bonne voie.
Je pense au compte instagram Tubandes, qui diffuse souvent des témoignages d'hommes violés par des femmes. Montrer la pluralité des agresseurs est une chose qui commence à doucement rentrer dans les moeurs, et je crois que c'est pas ces biais là que certain.e.s pourront avoir la prise de conscience que tu n'as pas eu plus tôt.
 

Mathilde

Rend la podcast money aux podcasteur·ices / DJ
3 Jan 2019
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Paris
Merci pour ce témoignage ! Ça a dû te demander bien du courage, à la fois cette prise de conscience, mais aussi de le formuler, l'écrire, puis le partager ainsi. Bravo pour ça.

Je me retrouve en partie dans certains questionnements soulevés par ce point de vue. J'ai été violée il y a plusieurs années, j'ai mis longtemps à prendre conscience que c'étaient effectivement des viols à cause de tout un tas de raisons. Depuis, ma pire crainte est d'imposer (ou d'avoir imposé ?) quoi que ce soit, même sans m'en apercevoir, à une de mes partenaires. Vraiment, je ne rigole pas avec le consentement. Je pense même que ça m'empêche parfois d'aller aussi loin que ce que certains de mes partenaires souhaiteraient, mais je préfère ça que risquer ne serait-ce qu'un prémisse d'erreur d'interprétation de ma part. Donc, vraiment, merci de témoigner à ce propos, je me sens moins seule !
 

iaie

Member
25 Jan 2019
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Merci pour ce temoignage. C'est très courageux de ta part de raconter ainsi ton expérience, et très utile.

Ce que tu dis sur le fait que les hommes n'ont pas forcément conscience de certains comportements (je ne parle bien sur que des paroles) me fait réfléchir depuis quelque temps. Je suis dans un environnement masculin depuis très longtemps. Les mecs lourdingues sont pour la plupart pas des connards, ils ont juste jamais réfléchi. Et comme tu le dis c'est valable pour tout le monde, on a tous intégré certains biais.

Mais comment faire pour faire prendre conscience qu'on reproduit des schémas sexistes (ou homophobes ou autres) sans faire culpabiliser son interlocuteur ?

J'aimerais lancer ce genre de discussions mais souvent, je suis trop vindicative lol
 

Lol'ô

Well-known member
6 Jan 2019
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Merci pour ce témoignage courageux. J'apprécie particulièrement le ton repentant, et le fait de ne pas malgré tout, se sentir dédouanée des possibles conséquences des violences commises. C'est important.
Je suis en ce moment en pleine réflexion, justement sur ce que pourrait m'apporter la demande de pardon, du père de mes enfants qui m'a de plusieurs façons violenté durant notre relation, et j'avoue que je ne sais pas. En tout cas, force est de constater, que tant qu'il ne me le demande pas, je ne le peux pas. C'est pour ça que je trouve très intelligent de la part de @Nyme de l'avoir fait, dommage qu'il n'y est pas eu de réponse, parce que ça me laisse dans mes confusions.
Je (me) pose la question, est-ce que pardonner, efface, atténue, le mal qu'on ressent dans sa chair, et dans son estime de soi ?
Et d'autre part, et ce témoignage m'encourage à penser ça, je crois qu'on a le droit aussi à "l'oubli", quand on est sincèrement repentant, parce qu'on peut changer, on peut prendre conscience du mal qu'on a fait, et on peut avoir le courage de le reconnaitre et de demander à être pardonner.
Dans mon cas, mon ex a retrouvé une vie conjugale épanouissante, tant mieux pour eux, mais j'ai du mal à comprendre comment il s'arrange avec sa conscience. Et si il n'a pas peur, du moment où forcément, je parlerai à nos enfants, qui pour le moment croient encore que je suis une méchante qui a détruit notre famille.
 

Ellie

Well-known member
4 Mar 2019
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Merci pour ce témoignage et bravo pour le chemin parcouru et le courage d'avoir témoigné !
 
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Nyme

Member
12 Mar 2019
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Merci à toutes pour vos réponses.

Vous êtes beaucoup à parler de courage, mais je ne le vois pas comme ça. Déjà, je témoigne de façon anonyme, même si j'ai parlé de ça et envoyé l'article à plusieurs de mes ami.e.s. Et puis, même si le processus de prise de conscience a été très long et douloureux et compliqué, je ne pouvais pas vraiment y échapper. Je ne pouvais pas choisir de ne pas y penser.
J'ai voulu témoigner quand Rockie a été lancé à la fois pour avoir l'impression de faire quelque chose et pour me sentir moins seule, parce que je n'ai vu aucun article nulle part qui parle de ça. L'écriture en elle-même et les discussions avec @Clémence pour préciser mon témoignage m'ont beaucoup remuée, mais il y a eu aussi quelque chose de cathartique. D'ailleurs, je tiens à remercier Clémence pour sa bienveillance. Elle a fait très attention à m'aider à dire ce que voulais de la façon la plus claire possible.

je me sens moins seule !
Merci, je me sens moins seule à mon tour. J'ai beaucoup apprécié tes articles et témoignages dans MadmoiZelle.

J'apprécie particulièrement le ton repentant, et le fait de ne pas malgré tout, se sentir dédouanée des possibles conséquences des violences commises. C'est important.
Je suis contente que ça soit bien clair dans mon texte. Je trouve ça très important aussi. J'ai essayé d'analyser les facteurs qui ont favorisé mes actes coupables, parce que je me dis que ça pourrait aider d'autres à ne pas faire comme moi, mais je ne veux surtout pas tout mettre sur le dos de la société ou de mon statut de victime.

Montrer la pluralité des agresseurs est une chose qui commence à doucement rentrer dans les moeurs, et je crois que c'est par ces biais là que certain.e.s pourront avoir la prise de conscience que tu n'as pas eu plus tôt.
Oui, j'ai l'impression que les choses sont en train de changer, et ça me donne de l'espoir pour les prochaines générations.

Mais comment faire pour faire prendre conscience qu'on reproduit des schémas sexistes (ou homophobes ou autres) sans faire culpabiliser son interlocuteur ?
C'est une question que je me pose aussi. Si la personne en face est coupable tout en étant de bonne foi, l'objectif est de lui faire prendre conscience de sa responsabilité, et on ne peut pas lui éviter les sentiments désagréables. Dans mon cas, comme j'ai dit, je n'avais pas le choix parce que j'ai été victime aussi, mais pour quelqu'un qui n'aurait jamais été victime, je ne vois pas trop comment lui faire comprendre et admettre sa responsabilité/culpabilité. L'instinct de se justifier pour protéger l'image qu'on a de soi-même est quand même très très fort.

Je serais vraiment intéressée par des réactions d'hommes à mon témoignage.
 

Kermance

Well-known member
17 Fev 2019
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Arcachon
J'ai été agressée beaucoup, surtout quand j'étais très jeune. La liberté (et le manque de protection qui va avec) que j'avais, mon air bravache, le corps que j'avais faisait que j'ai pas mal subi de "petites" agressions. Ce qu'il faut comprendre, c'est que çà paraissait normal à l’époque. C'était même plutôt désirable. Au point que mes copines étaient assez jalouses que je me fasse plus agresser qu'elles. Par exemple, se faire peloter à la piscine en manquant de se noyer pour la cause était la preuve qu'on avait de la valeur aux yeux de certains garçons. C'était une forme hyper bizarre de validation qui générait de l'excitation pour la victime et de la jalousie de la part de celles qui n'en étaient pas victimes. J'ai peut-être vécu dans un monde isolé, mais je crois que c'est une expérience assez commune.

C'est (c'était?) un système très vicieux. Il fallait être désirable, donc être désirée avec violence était un peu le summum du truc et vous rendait plus "puissante". je pense avoir toujours cherché à avoir le dessus, même quand çà impliquait de retourner une agression en validation.

C'est un système que j'ai, à l’époque, suffisamment intégré pour à mon tour devenir agresseuse, et pas avec des femmes, mais avec un jeune homme de mon âge, que j'ai plus ou moins forcé à accepter un rapport sexuel. Je pensais : s'il bande, c'est qu'il a envie. Il dit non, mais en fait, il veut. A peu près de la même façon que je pensais qu'être désirée au point d'être violentée était une bonne chose, je pensais que le pousser à cet acte prouvait mon désir et ma désirabilité. Je ne voyais pas le mal là dedans parce que j'avais appris qu'un homme a toujours envie et qu'une femme qui dit non peut en tirer de l'excitation, voire du plaisir. C'est assez abject, et je n'en suis pas fière mais c'est ce que mon environnement m'avait inculqué.

Il a fallut quelques années, et de la lecture, et une prise de conscience collective pour que je finisse par trouver anormal ce que j'avais subi comme ce que j'avais fait subir.

On ne peut pas avoir honte à vie de ce qu'on a été. Parce qu'on change, parce qu'heureusement, on apprend. L'essentiel c'est d'être capable de changer de point de vue. Ça vaut pour moi, et mes conneries passées, çà vaut aussi pour les garçons qui m'ont agressée. Ils ont des excuses s'ils ont merdé quand ils étaient jeunes, dans un environnement qui donnait l'impression qu'il leur fallait faire çà pour être une homme normal. N'oublions pas que c'était un comportement qui n'était jamais puni, voire qui était encouragé.

C'était un temps où peloter une fille non consentante était normal, tout comme obtenir un rapport sexuel de façon limite était normal.

C'est pas bien, mais c'est derrière nous, on a grandi, on a appris grâce à quelques médias, dont madmoizelle, dont... pour moi çà a surtout été la lecture, mais pour d'autres, c'est une conversation. Bref, on s'améliore. Et on ne doit pas crever de culpabilité pour une chose qu'on a faite, qui était socialement acceptée.

Par contre, on peut éviter que çà se reproduise.
 

Eitae

Well-known member
3 Jan 2019
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Merci pour le témoignage.

C'est drôle je tombe sur cet article pile le jour où j'ai écouté un podcast là-dessus ! L'une des deux femmes parlaient d'un message de quelqu'un qui a pris conscience d'avoir agressé quelqu'un, et elles étaient d'accord sur le fait que l'agresseur devrait se taire et se faire discret. Ben j'étais pas d'accord avec elles, moi je trouve ça bien.

Je trouve que c'est un bon début d'en prendre conscience, et c'est ça qui pourra permettre de se remettre en question pour la suite, afin d'éviter de reproduire ça. Ça ne pourra que faire avancer les choses !

Alors même si personnellement, je n'aurais pas su quoi répondre et comment réagir à ça non plus (ça doit surprendre), j'avoue que ça me ferait quand même plaisir que les gens qui m'ont fait du mal le reconnaissent, en prennent conscience, parce que j'suis presque sûre que plusieurs n'en étaient pas conscients à ce moment (et je parle même pas que des violences sexuelles, ça vaut pour tout, je pense aussi au harcèlement scolaire par exemple)!
 

Lol'ô

Well-known member
6 Jan 2019
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@Kermance Je trouve que tu ne tiens pas beaucoup compte des victimes, tout le monde ne parvient pas à surmonter ses traumatismes. Alors oui à la deuxième chance, oui, on peut changer, non, on ne peut pas se dédouaner soi-même, t'as pas honte, super, tu ressembles à mon ex.
 

CCCC

Cessez ces "C" !
20 Jan 2019
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@Nyme merci pour ton témoignage. La violence, ce n'est pas que les autres, et faire son examen de conscience n'est pas chose facile et demande du courage.
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Bref on porte tous en nous potentiellement certaines de ces valeurs toxique... S'en débarrasser ne se fait pas en un jour.
J'ai bien aimé le spectacle de Blanche Gardin, dans lequel son personnage raconte avoir été violée, mais aussi avoir violé. Il faut prendre sa part de responsabilité...
 

Kermance

Well-known member
17 Fev 2019
46
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Arcachon
@Kermance Je trouve que tu ne tiens pas beaucoup compte des victimes, tout le monde ne parvient pas à surmonter ses traumatismes. Alors oui à la deuxième chance, oui, on peut changer, non, on ne peut pas se dédouaner soi-même, t'as pas honte, super, tu ressembles à mon ex.
Je suis désolée. J'essaye de tenir compte des victimes quand j’écris. Je ne veux blesser personne. Je t'ai heurtée, et je comprends pourquoi. La violence, c'est toujours un drame, toujours une plaie.

Je comprends ta colère, et tu as raison. Je ne peux pas y faire grand chose. J'ai l'impression que mon niveau de culpabilité ne changera pas grand chose à ton niveau de colère. C'est normal, et en fait, c'est parce qu'on ne vit pas les mêmes choses de la même façon. Tu as sans doute vécu des choses qui t'ont fait un mal durable. Et çà, c'est toi, et tu as raison de te fâcher, de réclamer justice. Tu as, en plus, le bon sens de ne pas projeter cette colère, tu ne fais pas de mal en retour. Tu es quelqu'un de bien, de meilleur que moi sans aucun doute.

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Ce que j'ai fait à 16 ou 17 ans est indéfendable, et j'aurais du être punie pour ce que j'ai fait. La punition n'a pas eu lieu. Ceux qui m'ont agressée avant çà méritaient aussi une punition qu'ils n'ont jamais subie. S'ils avaient été punis, peut-être que je n'aurais pas été obligée ou capable d'agresser quelqu'un en retour. Je pense aussi que pas mal de garçons violents le sont parce que c'est ce qu'on leur apprend. Et qu'ils font comme j'ai fait, ils s'adaptent.

Je pense vraiment que c'est réparable, éducable. Qu'on peut changer, apprendre, et vivre autrement. La violence ne disparaît pas, mais elle se contrôle et dans le meilleur des cas elle se sublime. Pour çà, il faut un mur en face de soi, des interdits, des conséquences.

Je préférerais que çà ne puisse jamais plus arriver, qu’aucun enfant ne devienne un adulte violent ou agressé, mais comme çà arrive sans arrêt, je préfère pardonner aux êtres jeunes, mal construits, dont mes agresseurs, dont moi et tenter d’œuvrer pour amenuiser le risque que la génération suivante vive la même chose.
 
Dernière édition:

Lol'ô

Well-known member
6 Jan 2019
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Merci @Kermance , de ta réponse. Elle me touche beaucoup. Chaque histoire est différente, la tienne me dit que finalement, même si on pardonne, on reste une victime. Reste la thérapie ....
 

Tari Alcarin

Member
31 Août 2019
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Merci pour ce témoignage, je le trouve puissant et courageux.
Et merci à Rockie d'ouvrir une discussion bienveillante sur un sujet aussi sensible !

Pour apporter une pierre au débat, voilà la traduction d'un article écrit en 2016 par David Wong (un homme cis, donc) qui m'avait fait beaucoup, beaucoup réfléchir :
https://abompard.wordpress.com/2017...es-ne-comprennent-pas-le-consentement-sexuel/

Je vous invite vraiment à lire l'article en entier, mais en voilà quelques morceaux choisis en guise de teasing :

"J’estime à environ 95% le nombre de héros cools de films d’action de mon enfance qui ont agressé des femmes au moins une fois pour qu’elles les aiment. […] En fait, plutôt que de faire l’inventaire des milliers d’exemples de la technique de séduction « Agresse-les jusqu’à ce qu’elles tombent amoureuses », je vais prouver à quel point ce truc est répandu en faisant une liste d’exemples uniquement à partir de la filmographie d’Harrison Ford : […]"

"Pour chaque message public d’information disant « Non c’est non », j’ai vu, allez, environ 10 000 messages disant ou impliquant qu’il n’y a rien de plus sexy qu’un mec qui n’attend pas le consentement."

"Littéralement toutes les images d’une femme en bikini que j’ai pu voir en dehors du catalogue de maillots de bain étaient présentées ainsi, comme un truc sur lequel baver. […] Donc après avoir vécu ma vie entière dans l’idée claire que c’est une tenue que les femmes portent pour que les hommes aient envie d’éjaculer, à votre avis quelles sont les pensées qui ont traversé mon jeune esprit stupide quand j’ai été à la plage et que j’ai vu de vraies femmes porter la même chose ? Est-ce que vous pensez que j’ai pu les voir en tant qu’être humains plutôt qu’en tant que manipulatrices sournoises ? […] La réaction complètement rationnelle de n’importe quelle femme sur la plage serait « Je ne le porte pas pour toi, pervers, je le porte parce que je me baigne, et c’est un maillot de bain ! Tu voudrais que je porte quoi, une tenue de ski ? » […] Elle donne à sa tenue un sens précis, pendant qu’à peu près 100% des posters, magazines, films, séries, chansons, clips, panneaux publicitaires, jeux vidéos, poèmes, romans, etc en donnent un autre."

"Bien sûr que les hommes peuvent contrôler la façon dont ils agissent à la vue de la tenue, mais il ne peuvent pas contrôler ce qu’ils ressentent : ça a été programmé comme une réaction physique involontaire, comme un déclencheur hormonal. Grâce à une vie entière d’entraînement culturel, le bikini est la cloche qui fait saliver le chien."

"Soyons clairs : pendant mes jeunes années, on m’a bien appris et répété que le viol c’est mal. Mais la définition du « viol », c’était un homme avec une cagoule dans une ruelle sombre qui abuse d’une inconnue sous la menace de violences […] Si quelqu’un avait dit à mon moi adolescent que « tripoter » une femme ou embrasser de force était une forme d’agression sexuelle, j’aurais été perdu. « Vous venez d’accuser la plupart des héros de films d’action de mon enfance d’être des violeurs en série ! Et si ça la fait tomber amoureuse de lui ? »"

"Ils enseignaient que toute activité sexuelle en dehors du mariage hétérosexuel est mal, à l’identique. Donc oui, le viol est passible des flammes éternelles de l’enfer. Mais vous savez quelle était la punition pour des rapports sexuels consentis avant le mariage ? Les mêmes flammes éternelles. Branlette pré-maritale à l’arrière d’une voiture ? Flammes éternelles. Sexe oral, quel que soit le moment ? Flammes éternelles. Rapport homosexuel ? Flammes éternelles. Masturbation ? Flammes éternelles. Il n’y avait pas de gradation dans les péchés et les punitions : tout était noir ou blanc, et à peu près tout dans la catégorie noire était totalement consensuel. Deux personnes « consentant » à un péché n’étaient pas différents de deux personnes préparant une attaque de banque."

"En attendant, il est trompeur de penser qu’un mec qui ne voit pas la ligne claire entre le consentement et l’agression est un fou. Notre culture a volontairement brouillé ces lignes et a entraîné cet homme à éprouver de la honte s’il traîne trop d’un côté ou de l’autre."


:fleur:
 

Merlu

Le troisième type, c'est moi
18 Fev 2019
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Devant ton nez
@Tari Alcarin Merci pour cette ressource précieuse.

Je vous mets au défi de citer sur un ton scandalisé la citation du "crétin de la radio" mentionnée dans l'article. Moi, j'ai pas réussi.
 
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