Lettre à la future moi qui voudrait un deuxième enfant

Ju_nosaurus

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1 Oct 2019
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@Ju_nosaurus Je me retrouve dans ce que tu dis avec les affaires de bébé. On a prêté les plus volumineuses (poussettes, lit parapluie,...) ainsi que la quasi totalité des habits à ma sœur pour mon neveu en bas âge. Le peu qui reste n’est plus visible dans le logement.

On a enlevé la dernière poubelle pour les couches de nuit et transformé par la même occasion la table à langer. Ça donne l’impression de quitter un monde.
On a également prêter tout ce qui est "gros" : poussette, cosy, nacelle, lit à barreau, matelas, matelas à langer... Donner les jouets bébé à des amis et maintenant donner les vêtements. Mais entre prêter et donner il n'y a pas la même implication émotionnel je trouve :puppyeyes:.
Clairement la chambre de mon fils est une chambre de "grand" maintenant et d'un coté, ça fais du bien (même si il y a un petit pincement au cœur).
Mon fils étant un accro du biberon et mettant encore des couches la nuits il nous "reste ça" comme reliquat de la petite enfance, ça fais une transition en douceur on va dire ^^.
 
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Kettricken

Hate is always foolish, love is always wise
3 Jan 2019
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Mais de nouveau, c'est quoi cette idée de faire un enfant pour assurer ses vieux jours? Ou se forcer à faire un deuxième pour que ce dernier puisse servir de compagnon d'infortune 50 ans plus tard à son frère ou sa soeur en s'occupant des parents quelques années? Mon Dieu...
Ca n'est pas parce qu'on ne fait pas des enfants pour cette raison que les enfants en question ne se retrouve pas dans cette situation
J'ai 2 soeurs et 3 demis frères/soeurs. Et clairement, quand on a du gérer la fin de vie de notre père, j'étais heureuse de ne pas gérer seule. De la même manière, ma mère est lourdement handicapée et je suis très heureuse que mes soeurs m'aident à gérer son quotidien. Et nous sommes de nouveau à 6 pour gérer ce qui semble être la fin de vie de notre tante sans enfant

Personnellement, je ne veux qu'un enfant non pas parce que j'ai mal vécu les débuts mais simplement parce que je sens notre famille au complet. Si un enfant supplémentaire devait venir s'ajouter, nous l'accueillerions avec joie mais il ne nous manque pas
Par contre, je ressens effectivement énormément de culpabilité à l'idée de ne pas donner de frère ou soeur à mon fils. Encore plus quand je pense qu'il aura une voir deux tantes sans enfant dont il devra peut-être s'occuper tout seul si les choses tournent d'une certaine manière. J'essayerai de tout faire pour qu'il ne ressente pas cette obligation mais il y a des choses qu'on ne maitrise pas toujours.
Du coup, les témoignages d'enfants uniques heureux ci-dessus me font beaucoup de bien. Mais je comprends aussi totalement le ressenti de @Vadim et c'est ce qui me fait peur pour mon fils.

Par ailleurs, on m'a rarement fait ch*** quand j'étais CF, autant mon fils avait à peine un mois que les injonctions assez fortes au deuxième enfant commençait.
Amis CF, ne cédez pas à la pression sociale : ça ne sera jamais assez et vous devrez en avoir 2 ou 3 (pour avoir les 2 sexes).
C'est fou ce que les gens aiment avoir une opinion sur nos utérus
 
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Kettricken

Hate is always foolish, love is always wise
3 Jan 2019
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@Ju_nosaurus C'est certainement le fait que je sois en train de gérer la fin de ma vie de ma tante sans enfant qui m'y fait penser. La situation est particulière : elle avait 55 ans à ma naissance et m'a clairement servie de grand-mère. Mais pour peu qu'il y ait des liens familiaux stables, la question se pose même si la tante ou l'oncle n'a pas été aussi proche que ça des enfants de ses frères/soeurs

Ma mère avait 12 (12!) oncles et tantes, dont certains sans enfant : et ben il fallait s'en occuper en fin de vie. Heureusement, ils étaient très nombreux à le faire (bcp de cousin.es), mais... on va pas juste les abandonner quoi
Ceci dit, un de ces couples sans enfants s'était lié d'amitié avec un couple de quarantenaire et ils s'en sont beaucoup occupé (avant de finalement prendre tout l'héritage, ça ma foi voilà... mais surtout de jeter toutes les photos et souvenirs de famille sans laisser la possibilité aux neveux et nièces qui n'avaient pourtant pas du tout coupé contact d'en récupérer certains)

Bref, j'imagine mal une famille qui laisseraient se démerder les oncles et tantes sans enfant en fin de vie.
Après, on ne sait pas de quoi l'avenir sera fait
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Ophélia

Fouine bien connue
20 Mai 2020
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J'ai l'impression que la pression sociale à faire en deuxième enfant était compatible avec le mode de vie des gens et l'état du monde pendant les Trente glorieuses - et peut être même jusqu'à la fin des années 90 - mais nettement moins avec la situation actuelle: la pollution de la planète, la pandémie, la diminution du pouvoir d'achat, le risque de basculer dans la précarité... Mais peut être que je me trompe en ayant l'impression qu'être parents/parents potentiels en 2021 est nettement plus stressant que dans les années 80? J'ai cette impression car dans le discours de mes propres parents transparaît le fait qu'à leurs yeux la parentalité c'est génial et surtout facile. Je ne le vis pas comme ça, personnellement. Mon mari m'a dit quelque chose avec lequel je suis plutôt d'accord : " dans tous les cas, il faut avoir un certain sentiment de sécurité personnelle pour avoir envie de faire un enfant" et en ce moment j'ai l'impression que ce sentiment de sécurité personnelle, qui comprend à mes yeux une certaine confiance en l'avenir, est bien malmené...

Édit: precision
 
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ValleSoana

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12 Nov 2020
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J'aime cette phrase : "je n'ai jamais aussi bien compris les CF que depuis que je suis mère":taquin:

C'est vraiment la loterie tout ça :
* il y a des fratries qui se déchirent. Ma belle-mère a 7 frères et soeurs, c'est bien parce qu'ils se relaient chez sa maman de 100 ans toujours à domicile (!!), c'est affreux parce qu'il y a sans arrêt des embrouilles à la Santa Barbara que je trouve insupportables!
* il y a des fratries heureuses et soudées
*il y a des enfants uniques parfaitement heureux
*d'autres qui voudraient partager les joies et les chagrins, etc, les parents qui vieillissent...
C'est parfaitement impossible de savoir à l'avance dans quelle configuration on sera.

Que les gens arrêtent de nous saoûler avec leurs avis sur nos utérus et nous foutent la paix! Chacun son choix!
 

Pimprenelle

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3 Jan 2019
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J'avais dis à mon chéri que je voudrais noter tous les trucs hardcore qui sont en train de nous arriver, au cas où il nous viendrait l'idée de faire un deuxième :cretin:

Je vais donc garder cette lettre à la place parce que... La flemme !

J'avoue que je voudrais un ou deux autres enfants mais là on prends tellement cher qu'il faut être sûr d'être prêt à repartir dans une tempête hardcore. Au moins quand on a pas d'enfant on a une idée plus soft de cette tempête (oui je vous jure on est jamais prêt). Alors que là, on sait déjà ce qui va se passer :halp:
 

Magnus

Well-known member
12 Mar 2019
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@o0kami Merci pour ce message <3 J'ai un fils de 4 mois mais absolument aucune envie/possibilité mentale d'en refaire un autre. Et en même temps je m'inquiète/culpabilise déjà de ne pas lui "faire" un petit frère ou une petite soeur.
On se dit déjà que notre maison sera maison ouverte pour tous ses copains/cousins/etc, on a déjà choisi une nounou qui s'occupe d'autres enfants... Et on croise les doigts pour que ce soit suffisant à son bonheur.

J'aime beaucoup la phrase d' @Ecureuille qui résume parfaitement mon avis sur la question.

@Gringo on est trois dans ma fratrie et nous nous prenons déjà la tête là-dessus... Pas sûre que ce soit l'apanage des enfants uniques. Je pense que c'est à nous parents de ne pas faire porter tout cela aux enfants également.

Je ne comprends pas non plus la raison de faire un autre enfant pour qu'il ait un "ami". Il y a plein de fratries qui sont indifférents les uns envers les autres, voire carrément en conflit.

@Ju_nosaurus & @Chocovore Mon fils a 4 mois et on a déjà donné toutes ses affaires (sauf celles auxquelles on était sentimentalement attachés) de la taille Naissance à 6 mois à des copains. Et toutes mes affaires de grossesse.

@Pimprenelle L'oubli me fait super peur. Je me rends compte que j'ai déjà oublié à quel points les 2 premiers mois de vie étaient durs. À quel point j'ai pété des câbles pas plus tard que la semaine dernière... La nature est bien faite, hein.
 

o0kami

Well-known member
6 Fev 2019
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@Kettricken Je n'avais jamais pensé que mon fils unique pourrait être amener à gérer aussi la fin de vie de ses oncles sans enfant :hesite::dunno: Surtout que ses 3 oncles sont tous sans enfant (par choix) et célibataires.
C'est tellement ça. C'est dingue de faire un enfant en prévision de tous les vieux qui devront être gérés hein? ! Les oncles maintenant? :eek:

Je suis fille unique, mes parents ont 70 ans, sont en bonne santé. Je ne dois pas m'en occuper, je les vois parce que ça me fait plaisir . Bien sûr qu'on peut avoir un parent handicapé, malade, etc. On peut aussi perdre son père ou sa mère très jeune, on peut aussi avoir des parents toxiques, des frères et soeurs toxiques, abusifs, etc. On ne peut pas parier sur l'avenir. et fonctionner avec des "si".
 

Chocovore

éclair au chocolat
9 Jan 2019
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@Ju_nosaurus Le notre était aussi un peu dans cette situation à 3,5 ans. Il a dû abandonner les biberons de lait le matin peu après. Il a arrêté les couches de nuit à 4 ans et 3 mois (son entrée en moyenne section) date à laquelle il a aussi troqué ses biberons d’eau pour des gourdes et des bouteilles.

@Ophélia A titre personnel, le sujet des dynamique démographiques m'intéresse beaucoup. Pour le creuser en détail à l’échelle mondiale, il y a la première partie du livre Planète Vide de Darrell Bricker, et John Ibbiston.

Les facteurs de diminution du nombre d’enfants dans les ménages à l’échelle mondiale sont principalement l’urbanisation, la présence de structures collectives (sécurité sociale, retraites,...), le travail des femmes [EDIT : l'implication des femmes dans des emplois de la société thermo-indutrielle] et l’augmentation du niveau d’étude.

Alors que dans un monde rural peu qualifié un enfant en plus pouvait se traduire par une force de travail d'appoint à l'horizon de 6 ans, dans un monde urbain dominé par les postes qualifiés, l'enfant représente un coût temporel et financier bien plus important souvent pendant plus de 20 ans.

En France il y a aussi d’autre facteurs : Dans les années 80-90, une plus grande proportion d’enfants entraient à l’école à 2 ans, le taux de travail des femmes était plus faible, Sarkosy et Hollande ont rogner sur les dépenses liée à l’enfance (la branche famille de la sécurité sociale présentait un bilan positif avant la pandémie) augmentant le reste à charge des parents,... l'augmentation de l'age de départ à la retraite peu aussi diminuer la disponibilité des grands parents.

Aujourd’hui à part quelques poste plus accommodants que d’autres ou ce n’est pas pénalisant, beaucoup moins de femmes sont prêtes à mettre en pause voir mettre fin à leur carrière pour avoir plusieurs enfants. Cela irait à l'encontre de l’injonction d’indépendance.

Dans l’ensemble du monde industrialisé, les classes moyennes passent beaucoup plus de temps avec leur enfants qu’il y a 30 ans. Ils sont sensibles à la pression d’avoir des enfants épanouis et de leur assurer le meilleur avenir possible mais n’ont pas la possibilité comme les plus riches de sous-traiter cette activité à d’autres.
Par exemple : il y a 30 ans c’était légitime pour une famille de la classe moyenne de laisser ses enfants devant les programmes télés, ce n’est plus le cas aujourd’hui.
 
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Mathilde_0404

Well-known member
16 Jan 2019
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Je rejoins pas mal de commentaires, je suis un peu dubitatives quand certain·es disent "mon enfant sera seul·e à s'occuper de ses vieux parents (ou oncles et tantes ect..).

Pour la suite de mon commentaire, je préfère préciser que c'est mon opinion personnelle, elle n’engage que moi et ne voyez aucune agression pour les personnes dont l'avis et la vie ne sont pas en adéquations avec ce que je vais dire.

Je trouve que les gen·tes ont tendances à ne pas se poser les bonnes questions sur le fait d'avoir un enfant. Pour moi, un enfant ne vous doit rien car il n'a jamais demandé à être là. Ma mère nous reproche parfois, à mes sœurs et moi-même, qu'elle à tout donné pour nous et que nous on ne lui donne rien en retour (ce qui est faux mais c'est un autre débat). Je trouve ça tellement injuste. Pour moi, un parent s'occupe de son enfant car il a choisi d'en avoir (sauf cas particulier on est d'accord, mais je prends l'exemple d'un monde de bisousnours). Au contraire, un enfant n'a pas le devoir de s'occuper de son parent, s'il le fait, c'est parce qu'il en a l'envie. Également, j'espère pour tout le monde que nous allons bien vieillir et ne pas avoir d'aide. Et si c'est le cas, quand on est très âgés, des aides existent pour bénéficier d'aides à domicile, de femme/homme de ménage, de cuisinier·es ect... Dans ma famille aucun enfant n'a subit son parent de la manière dont je peux le percevoir dans les commentaires. Tout ça pour dire que, pour moi, l'argument énoncé au début de mon commentaire n'a pas lieux d'être.

Encore une fois, je m'excuse si mes propos sont très bruts. Comme vous l'avez remarqué, après avoir été en contact avec pas mal de personnes malheureuses, j'ai très à cœur le fait qu'on à pas demandé à être sur terre, et que certaines personnes n'aurait préféré pas la connaitre.

Autre point : la culpabilité de ne pas "donner" de frère et/ou sœur à son enfant. Mes petites sœurs sont toutes ma vie, nous sommes très très proches (au point que ma mère regrette qu'on le soit autant pour vous dire). Néanmoins, je remarque que nous ne sommes pas la norme, à vrai dire, notre cas est exceptionnel. Je rencontre énormément de personnes qui sont neutres sur leurs frères et sœurs : ils se voient deux fois dans l'année, parfois ça les fait un peu chier et fin de l'histoire. Et d'autres, moins nombreux, qui sont en très très mauvais termes avec eux. Et donc pour rejoindre l'argumentaire du dessus, certain·es se retrouvent seul·es à gérer les parents malgré une grande fratrie, ou alors ce sujet n'est que discordes entre eux. Donc, tout ça c'est un peu la loterie. Votre enfant peut être seul et très bien dans sa vie ou alors regretter de ne pas avoir de frère ou soeur. Ou à l’inverse, en avoir, et que celleux-ci l'emmerdent profondément.

J'espère que tout ce que j'ai raconté était clair et n'a blessé personne. :fleur:
 

Kettricken

Hate is always foolish, love is always wise
3 Jan 2019
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C'est tellement ça. C'est dingue de faire un enfant en prévision de tous les vieux qui devront être gérés hein? ! Les oncles maintenant? :eek:
Mais je ne dis pas qu'on fait un enfant POUR ça.
Je dis que quand la génération au-dessus de nous vieillit, on est parfois amené à devoir s'occuper d'eux. Tu dis que ce sont des "si".Sauf qu'en vrai, la fin de vie n'est pas une possibilité, c'est un fait. Et comme je disais dans mon spoiler, elle peut-être très rapide, ou on peut avoir des personnes qui vivent de manière autonome sans aide (mon père et sa soeur ont été jusqu'à 90 ans sans avoir besoin d'aide). Mais il y a souvent un moment où il faut s'occuper des personnes de la génération du dessus
Alors ok, on peut décider de s'en laver les mains, mais c'est pas non plus forcément évident selon nos valeurs

Et une fois encore, je ne dis pas qu'on fait des enfants POUR ça
Personnellement, je compte mettre en place des solutions pour ne pas peser à mon fils (épargne et choix de ma fin de vie vu qu'ici l'euthanasie est permise). Mais ça reste un risque
De nouveau, je suis en train de m'occuper de la fin de vie de ma vieille tante et je le fais par choix et mon père n'a pas fait des enfants pour qu'on s'occupe de ses soeurs (je ne me suis d'ailleurs jamais occupée de son autre soeur). Donc je sais que c'est une possibilité
 

Kettricken

Hate is always foolish, love is always wise
3 Jan 2019
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Dp car je lis seulement le message de @Mathilde_0404
J'ai vraiment l'impression d'être lue de travers. Et je me demande si les personnes qui me lisent se sont déjà retrouvées confrontées à la fin de vie d'un parent ou d'une tante/oncle sans enfant.
Ca n'est pas parce que les parents font des enfants sans penser à toutes ces questions (donc font des enfants pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la fin de vie) que leurs enfants ne seront pas confrontés à ces questions un jour.

EDIT : Et je précise que bien sur on fait appel à des aides à domiciles, des infirmières, des livraisons de repas... et ben malgré ça, ça demande un investissement pour faire tourner le tout, pour évaluer si c'est possible de garder la personne à la maison, pour chercher une maison de repos etc
Alors bien sur, c'est plus facile quand on place directement la personne en EPHAD (et encore) mais ça n'est pas le choix de tout le monde

Et donc pour rejoindre l'argumentaire du dessus, certain·es se retrouvent seul·es à gérer les parents malgré une grande fratrie, ou alors ce sujet n'est que discordes entre eux. Donc, tout ça c'est un peu la loterie. Votre enfant peut être seul et très bien dans sa vie ou alors regretter de ne pas avoir de frère ou soeur. Ou à l’inverse, en avoir, et que celleux-ci l'emmerdent profondément.
Entièrement d'accord avec ceci par contre
 
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Gingerbraid

C'est un endroit rêvé pour les oiseaux
10 Mar 2020
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@Ophélia ta réflexion sur "est-ce que c'était plus facile d'être parent avant ?" rejoint des questionnements que je me suis posée aujourd'hui après avoir lu l'article, c'est quelque chose que j'a effectivement déjà entendu dans la bouche de proches (de 50 à 80 ans).
Je pense que cette impression pourrait être expliquée par les facteurs suivants :
- La mémoire sélective, qui gomme les mauvais moments pour se concentrer sur les bons. Ça rejoint le but de l'article et certains messages de Rockies ci dessus. Le phénomène de "c'était mieux avant" qui touche majoritairement les personnes âgées (mais pas que) qui peut conduire à un regard excessivement critique sur son présent, c'est aussi un mécanisme de survie qui permet de voir le verre à moitié plein et s'estimer satisfait de sa vie et de son inscription dans une génération...

- Comme le dit @Chocovore, les responsabilités qui pèsent sur les parents d'aujourd'hui sont souvent plus lourdes que celles d'hier et d'avant hier, en ce qui concerne l'épanouissement et le développement de l'enfant. Il y a beaucoup de réflexions et de remises en question sur les pratiques de la parentalité, qui peuvent être intéressantes mais s'accompagnent aussi souvent d'une charge mentale supplémentaire. Dans les années 70/80 ça pouvait être considéré comme normal de fumer devant ses enfants, prendre la voiture sans attacher la ceinture, laisser les enfants seuls devant la TV sur de longues périodes, donner ou menacer de punitions corporelles, ne pas prévoir d'activités culturelles /divertissantes ou autres pendant les temps libres...

Un de mes oncles et son épouse faisaient leur vie de jeunes adultes malgré la naissance de leurs enfants, avec fêtes alcoolisées à la maison, et ne se souciaient pas de savoir si les petits restaient au lit ou pas. Ces mêmes enfants avaient appris tout petits à faire leur déjeuner, réchauffer un biberon etc... Et ils ont commencé à baby-sitter leurs cousins vers 8/10 ans.
(Après je ne sais pas à quel point leur expérience était "normale" pour ces années-là mais d'après mes cousins ça ne paraissait pas exceptionnel à leur entourage.)

- Il me semble (même si dans les années 80 ça devait déjà commencer un peu à changer) que les familles étaient généralement plus entourées et passaient davantage de temps ensemble, entre générations et familles nucléaires. Ce qui signifiait déjà un soutien pratique et émotionnel en plus pour les parents (surtout les mères bien sûr) mais aussi à une normalisation de la charge des enfants, la famille au sens large comportant presque toujours en son sein des enfants en bas âge. Du côté d'un de mes parents, en particulier, les membres de la famille allaient vivre ponctuellement les uns chez les autres selon les situations (naissance, difficultés, veuvage) partaient en vacances tous ensemble, se rendaient visite relativement souvent.. Avec à chaque décennie des nouveaux enfants dans l'équation (et les enfants plus âgés /ados qui prenaient le rôle de baby-sitter) et j'imagine l'impression que les petits enfants et nourrissons faisaient toujours partie du paysage... J'ai l'impression qu'aujourd'hui (même si bien sûr ça n'a rien à voir de baby-sitter un cousin que de s'occuper de son enfant à temps plein) il est plus courant d'avoir peu de contact avec des tout-petits avant de devenir parent, et donc de découvrir sur le tas pas mal de contraintes matérielles qu'on n'aurait pas forcément imaginées.

Après pour le coup je ne dis pas du tout que c'etait mieux avant ! Mais il me semble qu'il y a une solitude et une culpabilité autour des parents d'aujourd'hui qui est assez importante par rapport à ceux d'autrefois (Mais c'est peut-être aussi parce qu'on se confie davantage, que ce soit dans la presse ou au quotidien sur les difficultés de la parentalité, ce qui n'intéressait pas grand-monde avant.)
 
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Gingerbraid

C'est un endroit rêvé pour les oiseaux
10 Mar 2020
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@Chocovore merci je ne la connaissais pas ! Elle est effectivement très drôle :yawn: Je fais souvent le thème du "c'était mieux avant" avec mes élèves, je vais la garder sous le coude pour eux.
 
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