Lettre à la future moi qui voudrait un deuxième enfant

Ecureuille

S'émerveille du monde
2 Jan 2019
1 904
25 514
113
J'ai lu une phrase sur FB qui m'a bien parlé : "J'ai préféré offrir à mon enfant une mère heureuse et en bonne santé plutôt qu'un frère ou une soeur."

Il est hors de question pour moi de retraverser ce que j'ai traversé à la naissance de ma fille, raison pour laquelle je me suis fait stériliser. Une petite part de moi avait peur "d'oublier" ce que j'avais traversé, j'ai préféré prendre une solution radicale.
Quant au sujet de l'enfant unique, plusieurs de mes proches sont enfants uniques et le vivent très bien, moi j'aurais préféré être enfant unique, et même si je vois des fratries qui font envie en termes de lien et d'amour, ben yen a d'autres où c'est le bordel donc bon... au final on peut pas vraiment savoir. Ma fille côtoie des enfants de son âge très régulièrement dont une avec qui elle vit comme une soeur.. j'estime que ça suffit pour pallier un éventuel manque. Et puis surtout MOI je ne veux pas d'autre enfant et je pense que c'est uniquement ce qui doit compter.
 

zelitrex

Well-known member
4 Jan 2019
27
240
28
Après pour avoir choisi d'avoir deux enfants j'ai trouvé que ça avait été vraiment plus simple pour le deuxième (qui pourtant ne dormait pas plus la nuit), parce que le changement de vie a déjà eu lieu, tout parait plus simple. Bon après clairement c'est hors de question pour nous d'en avoir plus, et je comprend complètement qu'on puisse ressentir ce que je ressens actuellement après avoir eu seulement un enfant.
 

o0kami

Well-known member
6 Fev 2019
5
96
13
Je pense qu'il faut arrêter de croire qu'un enfant unique est malheureux, et qu'il lui manque quelque chose. Je suis fille unique et je n'ai jamais manqué de frère ou de soeur, car mes parents étaient non seulement très présents et disponibles, mais ils ont en plus toujours fait en sorte que l'on voie du monde (et donc d'autres enfants) et d'ailleurs je connais mes meilleures amies depuis qu'on a 4 ans. Une fratrie ne garantit pas le bonheur des enfants, ne garantit d'ailleurs même pas que ces derniers vont s'entendre, resteront proches à l'âge adulte. Beaucoup d'amour, d'attention, de jeux, c'est ça qui fait le bonheur d'un enfant.
 

Gringo

Anciennement Gringo
2 Jan 2019
872
5 351
93
Le seul souci d'être enfant unique c'est la vieillesse des parents, t'es tout seul pour la vivre et l'endurer et ça peut conditionner des choix de ta vie d'adulte à toi (ne pas accepter une offre d'embauche trop loin, devoir leur rendre visite plus souvent que si on est deux à se relayer, ...)
 

o0kami

Well-known member
6 Fev 2019
5
96
13
Mais de nouveau, c'est quoi cette idée de faire un enfant pour assurer ses vieux jours? Ou se forcer à faire un deuxième pour que ce dernier puisse servir de compagnon d'infortune 50 ans plus tard à son frère ou sa soeur en s'occupant des parents quelques années? Mon Dieu...

Et c'est intéressant, parce que dans beaucoup de familles, il y a en général un frère ou une soeur qui s'occupe des parents beaucoup plus que les autres (pris par leur travail et/ou qui habitent plus loin et/ou qui sont brouillés avec les parents, etc.) voire totalement.
 

Elize

Well-known member
10 Fev 2019
28
208
28
Merci pour ce témoignage, dans lequel je me reconnais tellement ! Aujourd’hui j’ai un petit d’un an, et bon sang qu’est-ce que j’en bave ! Et pour ma part je sais que je n’aurai pas d’autres enfants, déjà parce que je n’en veux pas d’autres, mon compagnon encore moins, et aussi parce que je suis belle mère de deux grandes filles une semaine sur deux. En fait, je pense être assez lucide sur ce sujet : je n’aurais pas un mec qui a déjà deux enfants en plus de notre bébé commun, je sais que je finirai par céder aux injonctions du « et le petit deuxième c’est pour quand ? » « tu vas quand même lui donner une petite sœur petit frère à ton fils ? ». Avec trois enfants à la maison, je considère que mon fils a des sœurs, et que l’on a suffisamment de boulot, d’autant plus quand j’entends des témoignages autour de moi sur la difficulté de passer de un à plusieurs enfants ! Et puis je n’ai pas envie de faire un enfant dans le dos de mon compagnon, tout simplement.
Malgré cela je sais que dans quelques années ça sera un peu difficile pour moi de n’avoir fait qu’un seul enfant, et j’espère que j’arriverai à assumer ce choix malgré la pression sociale et cette nostalgie de la maternité et de la grossesse.
Du coup ce témoignage me donne envie de m’écrire une lettre à mon moi du futur, pour me rappeler mon choix de n’avoir qu’un enfant, et m’encourager à ne jamais regretter ce choix !
 

Gringo

Anciennement Gringo
2 Jan 2019
872
5 351
93
@o0kami J'ai pas dit ça du point de vue des parents, j'ai dit ça du point de vue de l'enfant unique. C'est quand même plus simple quand tu peux te relayer pour les appels, pour les visites, pour passer Noël, pour diviser le prix de la maison de retraite, pour ne pas devoir gérer l'enterrement et vider leur maison seul, etc.

Bon après je dis ça pour le cas où les parents sont eux-même isolés du reste de leur famille (leurs frères et soeurs à eux, leurs neveux et nièces) et qui n'ont plus la santé pour pouvoir bouger et sociabiliser facilement.
C'est sur que si t'as des parents vaillants, inscrits à plein de clubs, qui quand tu les appelles te disent "rappelle plus tard, j'ai pas le temps, là", ça rassure sur le fait qu'ils ne sont pas en train de mourir d'ennui.
 
Dernière édition:

Sylvie

Well-known member
16 Jan 2019
485
4 062
93
Moi je suis d’accord avec @Gringo !
Je suis fille unique et non seulement j’ai toujours voulu un frère ou une sœur depuis que je suis petite, mais je vois aussi mes parents vieillir, séparés et habitants à 800km l’un de l’autre, et j’angoisse pour les années à venir.
Clairement pour moi il ne s’agit pas « d’assurer ses vieux jours » côté parents, mais d’offrir à ses enfants la possibilité de partager quelque chose qu’on ne peut partager avec personne d’autre. Pour s’occuper des parents qui vieillissent certes, mais aussi et surtout pour parler de ce qu’on vit avec quelqu’un qui peut le comprendre, qui connaît et aime autant nos parents que nous.
Par exemple, je sais que je peux parler de mes parents avec certaines amies, mais j’ai bien conscience qu’elles n’auront jamais les souvenirs, le lien, etc. qui fait qu’elles se sentiront aussi impliquées que moi. Ça me manque.

Et j’ai fait 2 enfants (j’aimerais 3 mais, comme dans l’article, pas sûre que j’en sois capable et effectivement je ne veux pas me sacrifier pour ce rêve) car :
- je me suis toujours imaginée avec plusieurs enfants
- j’ai envie de leur offrir ce que je n’ai pas eu, cf ci-dessus (pour d’autres qui ont de mauvaises relations avec leurs frères et sœurs c’est l’inverse et je comprends très bien qu’on préfère avoir un enfant unique)
Je serai heureuse le jour où mes enfants médiront de moi dans leur coin parce que j’ai fait un truc qui les énerve (tant qu’ils m’aiment quand même :drama:).
 

Vadim

Well-known member
5 Jan 2019
160
957
93
Je suis fille unique qui l'a très bien vécu, j'ai eu une enfance heureuse sans manque. Aujourd'hui mes parents sont de jeunes retraités actifs, ils ont des amis du même âge mais on a pas d'autre famille proche.
Et clairement, après avoir assisté à la mort de mes grands parents, quand je pense que je vais devoir affronter leur mort seule, sans personne avec qui partager vraiment ma peine, qu'il n'y aura personne qui aura partagé les mêmes souvenirs... Ça m'angoisse beaucoup.
Même si je sais que les fratries ne sont pas toujours unies, il y a au moins quelqu'un dans leur "carte mentale" qui a partagé leur enfance et des années de souvenirs.
Donc même si j'ai trouvé la première année de ma fille très dure et que j'ai encore parfois du mal à apprécier la vie avec un enfant, je réfléchis à en faire un deuxième (pas que pour ça hein). J'ai beau vouloir la préparer au mieux à affronter la vie, si je peux lui donner une chance d'avoir un ami pour toute la vie et ne pas la laisser seule quand elle en sera aussi à cette étape, je voudrais lui offrir ça.
 

Mchiou

Member
17 Jan 2019
3
14
3
Wow ! Merci pour cet article c’est des mots sur ce que je ressentais.

Mon ressenti face à « être seul pour le deuil de ses parents », c’est que c’est un pari sur l’avenir! Personne ne sait comment quelqu’un va réagir dans face a deuil parental. Mon pere est mort quand j’avais 25 ans, j’ai un entourage merveilleux: frère, mère, homme et ami(e)s qui étaient tout le temps présents pour moi, mais je me sentais quand meme seule dans mon deuil.
Cependant je comprends ce que veut dire @Vadim concernant la « carte mentale » : ce n’est pas pareil qu’une fratrie mais je compte sur les cousins de mon fils pour cela :)
 

KtyKonéko

adulte à temps partiel & autrice de fanfiction
Quand notre fils était petit, mon mari a évoqué l'idée d'avoir un second enfant
je lui ai répondu, OK, mais c'est toi qui accouche
mon accouchement avait été un cauchemar, il n'est jamais revenu sur le sujet
Et c'est aussi ce que je répondais à celleux qui me posaient la question, que ce soit mon mari qui accouche à ma place, en général, ça mouchait bien les gens.

Ce contenu est réservé aux membres inscrit.es. Inscris-toi par ici.
 

Angy

Well-known member
3 Jan 2019
152
1 300
93
Je suis dans une situation similaire à celle de @Vadim avec pour différence que mes parents sont séparés. Et sans même parler du deuil futur, juste les problèmes "d'adultes" (financier, de santé, etc.) sont difficiles à porter seules je trouve, d'autant plus quand un parent est très dépendant de moi émotionnellement... J'ai toujours été ravie d'être enfant unique, mais aujourd'hui j'aimerai avoir quelqu'un à qui passer le relai de temps en temps (et nous n'avons pas d'autre famille).
 

Chocovore

éclair au chocolat
9 Jan 2019
2 745
21 430
113
@AngèleLN Ici ma sœur a eu le bon goût de se réorienter au lycée et de “perdre” une année ce qui a permis à mes parents de ne plus avoir à payer mes études lorsqu’elle a débuté les siennes.
Mes parents avaient fait 2 emprunts pour leur maison et un s'arrêtait à la date ou je devais passer le bac pour gagner de la marge de manœuvre financière au moment de mes études. (Ici notre emprunt devrait se terminer au bac+1 de notre enfant s’il suit la voie classique)

Même si quand on se projète à l'arrivée du deuxième enfant, financièrement il y a souvent déjà le sujet de sa garde : et ça peut coûter bien plus chère que la fac (si on la chance d'avoir une fac dans sa ville).
On a comparé avec ma mère et la garde de notre fils dans le quartier ses 3 première années était globalement du même ordre que ce que mes parents ont payés pour 3 années d’école d’ingénieur à 500 km de chez eux.
 

Ju_nosaurus

Well-known member
1 Oct 2019
15
122
28
Ca résonne totalement en moi cet article. Mon fils à 3,5 ans et je continu de trouver la parentalité difficile, même si ça n'a rien avoir avec les débuts. J'aimerais connaître une 2eme fois cet amour immense, mais en fais, je n'en veux pas de 2eme car comme dit @Chocovore "un deuxième pourrait facilement excéder mes capacités" !!

En plus ma grossesse était dure (nausée, contraction, MAP) et bébé RGO, bref un début horrible que je n'ai envie de revivre pour rien au monde. J'ai eu l'impression d'avoir faire la pus grosse connerie de ma vie les 1er mois, et en fait... bah je crois que ce n'était pas pour moi être mère! Alors j'ai beau passer de super moment avec mon fils maintenant et j'aimerais qu'il ait un frère ou une sœur car je suis très complice avec mon frère, se serait en fait une énorme connerie que d'en faire un deuxième et j'en suis consciente.

Mais c'est dur de faire ce deuil je trouve... J'ai donné l'intégralité des vêtements bébé/enfant stocker à la cave il y a deux semaines, je me dit que la tentation de rentrer dans la norme en en faisant un deuxième (par défaut, pression social) et moins grande si on n'a plus aucune affaire bébé :ROFLMAO:
 

Chocovore

éclair au chocolat
9 Jan 2019
2 745
21 430
113
@Ju_nosaurus Je me retrouve dans ce que tu dis avec les affaires de bébé. On a prêté les plus volumineuses (poussettes, lit parapluie,...) ainsi que la quasi totalité des habits à ma sœur pour mon neveu en bas âge. Le peu qui reste n’est plus visible dans le logement.

On a enlevé la dernière poubelle pour les couches de nuit et transformé par la même occasion la table à langer. Ça donne l’impression de quitter un monde.
 

Derniers messages