Les gens disent que je suis spéciale... ou quand l'amitié c'est compliqué

Nyx Syrma

Jamais à court de questions
2 Fev 2019
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Nantes
#21
@Kniphofia du coup pour répondre à la question initiale perso ça ne me parle pas. Par contre je suis carrément pour le fait de ne pas changer parce qu'on est différente. La différence est une vraie force, je trouve. Quelle qu'elle soit. Mais pas toujours facile à vivre ^^"
 
23 Mai 2019
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#22
Je suis contente de tomber sur cette discussion, car je suis aussi hypersensible. La différence avec la plupart d'entre vous c'est que je ne suis pas timide du tout. Je n'ai pas de mal à engager les conversations. Par contre avec un grand groupe c'est autre chose, là j'ai tendance à être intimidée et ne pas parler.

J'ai eu une semi solution pour vous, ça ne règle pas tout mais bon, je m'explique:

En gros moi aussi j'ai du mal à garder une amitié. J'ai un passé familial assez pourri qui fait que je ne suis plus en contact avec ma famille. La seule personne qui fait office de famille c'est mon mari. Je n'ai pas non plus d'amis, du moins des amis tels que je les aurais voulu. J'ai longtemps essayé de me construire ma famille avec mes amis. Et du coup j'ai eu pas mal d'amitiés où je donnais tout, j'étais toujours là pour les gens, toujours prête à écouter, aider, et comme je l'ai lu plus haut, j'attendais la même chose en retour. Sauf que les personnes en face n'avaient pas du tout les mêmes attentes, et ne me rendaient pas du tout la pareille. Et même à l'inverse comme je les choisissais très mai, ils ne répondaient jamais aux messages, étaient présents quand ils avaient besoin de quelque chose et puis après, ils disparaissaient.

J'en ai eu assez, j'ai fait le ménage dans mes relations, j'ai supprimé mon compte facebook. J'en avais assez des relations superficielles. Je n'ai fait en sorte de garder que les "vrais amis", 4 personnes..Je peux vous dire que ça a fait le vide autour de moi... Sauf qu'avec ces 4 personnes, on est loin de l'amitié à la "friends"! Il y en a 2 célibataires, très indépendants, qui n'ont vraiment pas du tout besoin de moi..donc on se voit de temps en temps dans l'année mais ils ne viennent quasi jamais vers moi. Et 2 en couples avec enfants. L'une a tendance à se noyer dans un verre d'eau sur son planning, donc si je la vois 1 fois dans l'année, on a fait fort..Et l'autre on a une relation plus à double sens, sauf que elle a eu un bébé malade en novembre dernier et hospitalisé depuis, donc on ne se voit plus (et c'est normal elle a d'autres priorités).

Du coup, moi qui suis quelqu'un qui se sent seul facilement, ben je me retrouvais régulièrement à déprimer depuis des années. Quand j'ai compris que j'aurais jamais la famille d'amis dont je revais, pour combler ce vide en moi, j'ai déchanté. J'ai eu récemment la période ou je me suis dis "ils me contactent pas alors moi non plus". Alors oui la fierté est contente, on se dit qu'on ne se fatigue pas à courir après des gens qui ne viennent pas vers nous. Sauf que ce n'est pas bon pour le moral pour autant. Je me suis sentie super isolée. J'ai essayé de changer de personnalité carrément. A la base je suis quelqu'un qui a besoin d'être entourée. J'ai essayé d'être solitaire, de ne contacter personne et de m'occuper dans mon coin. Sauf que au bout d'un moment je me suis rendue compte que je restais triste, on ne peut pas changer sa nature. On peut s'améliorer, évoluer. Mais pas changer radicalement. Et puis un jour ou j'étais en larme parce que cette solitude me pesait trop, j'en ai parlé à mon mari. Lui qui n'a jamais compris ma solitude alors qu'on est deux, a fini par me conseiller.

Il m'a dit que j'avais trop tendance à envoyer des sms et pas appeler les gens. Alors que mes potes eux, ne répondent jamais aux sms car ils sont perchés ou occupés. Parfois ils répondent au bout de 15 j.. Que certes c'est vexant d'avoir à faire à des gens qui ne prennent jamais de mes nouvelles. Sauf que la priorité c'est mon bien être. Il m'a dit que le peu de fois ou j'avais un pote au téléphone, j'étais toujours de bonne humeur après. Du coup il m'a conseillé de ravaler ma fierté par rapport au fait que ce soit toujours moi qui fasse le premier pas. Et il a raison. Depuis, quand je veux des nouvelles, je prends mon tel, j'appelle, je ne me contente plus d'envoyer un sms ou un mail qui n'aura jamais de réponse. Les potes répondent toujours, ou rappellent plus tard. Moi j'ai eu besoin de parler, de me changer les idées et au moins c'est fait. Et franchement depuis que je vais plus vers les "amis", je vais mieux. Je me sens moins isolée. Par contre ça ne règle pas tout hein, je trouve toujours dommage de savoir que je n'aurais jamais l'amitié dont je rêve. Mais je fais en sorte de ne pas m'isoler, de parler, de rire, et c'est déjà beaucoup. Parfois il faut accepter que les choses ne seront pas telles qu'on les aurait voulu, mais quand même faire au mieux pour être heureux. Et clairement, ce délire que j'ai eu à m'isoler encore plus parce que ça me vexait que les gens ne viennent pas vers moi, ça n'a servit qu'à me faire du mal à moi même. La fierté c'est bien, mais elle atteint ses limites quand elle te pousse à te faire du mal à toi même.

Par contre, attention, les 4 personnes avec qui j'ai gardé contact, restent des gens bien même s'ils ne sont pas très dispos, ce ne sont pas des gens toxiques. Biensur quand on a à faire à quelqu'un de nul, il ne faut surtout pas s'acharner à faire des efforts pour cette personne.

Voilà c'était ma contribution!:cretin:
Sujet ô combien sensible !!

@Mawouitewese Je me retrouve complètement dans ton message, j'aurais pu écrire la même chose !

Au boulot, je suis plutôt celle qui fait du lien, qui déclenche les conversations. Mais au bout d'un moment, les ego (ou les névroses :whistle:) des uns et des autres reviennent au galop (après je n'ai pas envie de dire oh les méchants, et moi la gentille), donc très vite ton collègue fait du "moi je moi je" ou bien te coupe la parole...
Le fait est que ça me touche (trop) le fait que je pose des questions, que je m'intéresse, alors même parfois quand c'est inintéressant du genre "oh ma pauvre Chaussette, je l'emmène chez le véto pour l'opérer de l'oeil" (dans ma tête : "euh ouais ça fait juste 3 jours que tu m'en parles j'ai compris") ou bien la collègue qui squatte facebook sur son téléphone tous les midis et qui ne te calcule pas alors que t'es à côté. Pourtant elle est sympa, c'est juste que si j'initie rien, bah elle n'en fera rien.

Avec les années j'ai appris à parler de moi aussi (et pas qu'à être la fille polie qui s'efface), je suis perçue comme quelqu'un de solaire (allez n'ayons pas peur des fleurs !), on me l'a assez dit, mais certains ont aussi pu me qualifier de bizarre (quand on te demande pourquoi tu ne vas pas bien, et que tu réponds que tu as des maux de tête à cause de tes règles, tu es perçue comme bizarre...véridique) car un vocabulaire assez franc, et je suis plutôt spontanée.

Pour en revenir au sujet du post, j'ai peu d'amis, la plupart habitent loin, et j'ai fini par lâcher ma bande de potes sur ma nouvelle ville qui ne m'apportaient rien. Je suis quelqu'un qui écoute (encore une fois, on me l'a assez dit), empathique, mais quand ça ne marche pas dans les 2 sens bah la fierté en prend un coup sévère.
Ou alors ce sont les amis qui se mettent en couple, et qui sont carrément plus dispo (oui moi aussi, si je vois mon amie - qui n'habite qu'à 100km - une fois l'an je suis contente !) alors qu'elle te dit qu'elle descend avec son mec dans son fief à lui et fait des trips avec ses potes à lui, et tous les ans, c'est vexant ("ok et moi non du coup ?"). Ou alors je ne suis pas importante pour elle et je me suis fourvoyée sur toute la ligne. Je lui en ai déjà parlé, la dernière fois que je lui ai proposé de se voir, elle m'a dit" ok, mais à mi-chemin, et juste sur la journée" (imaginez la sortie de novembre pluvieuse...cosy comme retrouvailles), je lui ai dit que ça serait sympa de se voir de façon plus privilégiée, de se prendre un temps sur un weekend dans un endroit cool, franchement une fois l'an je ne pense pas être trop gourmande si on parle d'amitié.

Je pense qu'il y a sans doute quelque chose qui cloche chez moi pour que toute relation me paraisse toujours semée d'embûches, je dois continuer de creuser aussi par là (mais le psy à force ça coûte cher !). Pourtant je n'attends pas grand chose des autres, je n'ai pas d'exigence vis-à-vis d'eux "mais non t'inquiète, je comprends que tu veuilles garder tes weekends avec ton mec" (mais purée avec 16 semaines de vacances annuelles y a quand même grave moyen de se voir grrr)

Et à part ça, j'arrive à plaire en général ! mais malgré ça, si je n'appelle pas, je ne serai pas sollicitée :(

La belle affaire !

Bise et force à toutes les Rockies qui m'auront lues et qui peut-être se retrouveront un peu dans mon post.
 
M

Mawouitewese

Guest
#24
@Ptite plume j’ai été dans ton cas. Et c’est vrai que lorsqu’on a des valeurs fortes en amitié. Qu’on est toujours là pour les autres, très fidèle, loyal, on a tendance à attendre la même chose d’eux. Le problème c’est que dès que tu as des attentes, des que tu voudrais que quelqu’un réagisse d’une manière ou comme toi tu aurais réagit, elle ne le fais pas et tu es déçue.. C’est comme ça que moi aussi j’ai eu des ruptures amicales assez moches..

Au final il y a très peu de gens dont j’ai des attentes maintenant. Il y a mon mari.. et moi.. voilà. Mais pour ce qui est des potes je passe des bons moments avec eux, mais je n’attends plus d’eux qu’ils me contactent ou me traite de telle ou telle manière. Après c’est sur on est pas sur des relations pleines de sincérité, soudées etc. Mais ce sont des individus à part entière, qui ont leur manière de fonctionner, je ne les changerais pas. Après je me dis que je ne suis pas à l’abri d’une rencontre avec une personne avec qui on serait sur la même longueur d’onde un jour, mais en attendant.. je profite des bons moments et je n’attends rien de plus.
 

Poupipoule

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8 Jan 2019
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#25
Hello. Moi je suis un peu de l'autre coté de la barrière, ado j'avais peu d'amies, 3/4 dont 2 meilleures amies, jusqu'en fac, ou entre l'éloignement et les nouvelles amitiés je les ai laissé tomber comme des vieilles chaussettes. Puis j'ai rencontré mon futur copain et j'ai aussi compris que ces nouvelles amitiés n'était pas bonnes, je les ai laissé tomber aussi. pour de bonnes raisons cette fois. Puis j'ai déménagé et j'ai encore laissé tomber les dernières amies en date. plus progressivement cette fois, comme si je ne pouvais entretenir que quelques amitiés a la fois et que l'une chassait l'autre.
J'ai eu un enfant et le je n'ai plus réussi à entretenir aucune amitié, le peu d’énergie sociale que j'ai se réduit avec les année et là je n'en avais plus pour personne d'autre que ma fille mon mec et ma famille.
J'ai essayé de recontacter mes premières amies avec succès, elles ont réussi à me pardonner l’an dernier et puis je n'ai pas réussi à entretenir cette amitié retrouvée, je viens de recevoir un message me disant que c'était plus la peine de revenir ...

Toutes ces années ont été émaillées de quelques dépressions et d'un très gros fond mélancolique, sérotonines bas comme dirais ma psy ..

J'ai cette impression de ne pas avoir l'énergie nécessaire , la force émotionnelle pour entretenir des amitiés.

Si d'autres personnes sont comme moi, ne savent pas garder des amis j'aimerai bien partager avec vous .
 
You Rock !: Floridrite et LuLa

semicircle

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27 Juin 2019
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#26
Des tas de gens se reconnaissent dans le syndrôme d'Asperger et encore plus de gens sont "sur le spectre" parce que l'humanité est diverse et ne saurait correspondre exactement aux cases neuro-typiques et neuros divergentes de façon cloisonnées. @Kniphofia
 
You Rock !: Moonwyn et LuLa

Kniphofia

Au fond du jardin
3 Jan 2019
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#27
@semicircle Oui enfin de plus en plus de gens s'y reconnaissent parce qu'on en parle plus et que les enfants sont mieux diagnostiqués qu'avant. Après certains peuvent trouver ça "cool" et avoir envie de s'approprier cette étiquette mais quand tu as fait l'expérience des difficultés dans la vie quotidienne et des échecs sociaux sur plusieurs décennies, tu sais que ça n'a rien de cool. La seule chose qui me retient de demander un diagnostic c'est qu'il faut parler de sa vie pendant trois jours et je vais probablement être en larmes au bout de trois minutes... Et j'ai trouvé un relatif équilibre matériel donc je n'ai pas besoin pour l'instant d'un statut de travailleuse handicapée (mais je me sens vite limitée par rapport à mes collègues).
@emmanuelle-b Moi aussi je suis assez sociable avec les nouvelles collègues, j'écoute patiemment, les histoires de gamins notamment mais quand je me montre un peu telle que je suis, je sens que ça coince. J'ai décidé de prendre mes distances face aux gens manquant d'empathie, qui inventaient des histoires, qui n'étaient pas tous seuls dans leur tête (étant gentille au départ j'attire les profils tordus) et bien sûr les manipulateurs qui se trompent sur mon compte et croient qu'ils vont facilement me retourner le cerveau !
Concernant les amis, sur la durée j'ai pu me rendre compte que les gens cools, que j'appréciais vraiment, finissent par ne plus me donner de nouvelles. Je pense qu'ils me considèrent comme la fille sympa mais pas très intéressante. Et ceux qui essaient de rester en contact, c'est justement ceux qui m'intéressent le moins, mentalement atteints, enclins au monologue et donc à la recherche d'une oreille patiente, rôle que je peux jouer au départ avant de me rendre compte dans quoi je m'embarque.
 
You Rock !: emmanuelle-b et LuLa

Lunelle

Well-known member
27 Juin 2019
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Strasbourg
#28
Je me reconnais totalement dans ce sujet, je coche pas mal de cases, à savoir:

- donner l'impression d'être froide et fermée, de ne pas trop parler et de faire la gueule alors que je suis plutôt amicale, pas difficile à vivre, partant pour sortir et parfois même piplette.
- être sans filtre ni tabou, je parle sans problèmes de n'importe quel sujet, les gens sont parfois mal à l'aise avec ça je crois.
- ne pas avoir les bons mots pour réconforter, ou plutôt ne pas savoir broder des nullités mièvres pour réconforter.

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Les gens ne me rappellent jamais, on ne me proposent jamais de sortir, aller boire un verre etc. J'ai aussi arrêté de faire des propositions de sorties à mes amis et potes car je collectionne les "excuses", ils ne sont jamais dispos, toujours fatigués, si ils ont un truc à faire dans l'aprem c'est comme si ça bloquait leur journée entière. Je ne dis pas qu'ils ne sont pas en effet très occupés et fatigués, mais de là à n'avoir que deux demi-journées par an à m'accorder...

En bref je n'ai pas vraiment d'amis, je n'ai jamais vraiment su m'en faire ou tout du moins les garder. Cela me fais me questionner sur moi-même: suis-je ennuyeuse? Est-ce que j'en attends trop de leur part? Est-ce que j'idéalise trop les relations d'amitié? J'aimerai pouvoir me voir de l'extérieur afin de voir ce qui cloche chez moi, de quoi j'ai l'air quand on me croise dans la rue, au cours d'une conversation... Comme ma famille ne me parle pas vraiment je me sens extrêmement seule...
 

Marcoz

Well-known member
4 Jan 2019
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#30
@Lunelle je me retrouve dans ce que tu écris, à ceci près que c’est moi qui suis parti vivre loin pour mes études puis le travail. J’ai toujours fait l’effort de me déplacer sans que ça me gêne plus que ça, jusqu’au jour où c’est moi qui ai voulu faire une pendaison de crémaillère et personne n’est venu (parce que trop loin, trop cher...). Je n’ai que des amitiés que je considère comme solides parce qu’anciennes, je ne sais pas me faire de nouveaux amis mais peut être que c’est moi qui suis trop exigeant.

Grâce au travail j’ai pu me rapprocher un peu en vivant à Paris, j’ai vu la différence, mais malheureusement je dois repartir. Ça me fait peur parce que je vais me retrouver tout seul dans une région que je ne connais pas, je ne pourrais pas bouger autant que je le voudrais, donc j'appréhende beaucoup cette vie qui m’attends.
 

Marcoz

Well-known member
4 Jan 2019
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#32
@Lunelle Ta situation est bien plus difficile que la mienne. Je n’ai pas eu les mêmes difficultés que toi, bien que ça n’ait pas été toujours facile. Par contre je te rejoins sur les centres d’intérêt que peu d’autres personnes partagent. Ça fait que je ne suis pas très porté sur les discussions, je suis vite classé dans la case « introverti », donc pas la meilleure personne pour sortir. En plus de ça je n’ai pas un visage naturellement souriant, on m’a reproché plusieurs fois de faire la gueule alors que je n’avais rien demandé. Le plus dur pour moi c’est que tout se répète sans arrêt, quelque soit l’endroit où je vis ou ce que je fais.

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Je vais pas être le mieux placé pour te donner des conseils. Cependant, les concerts et les cinémas ne me semblent pas le plus judicieux pour faire des connaissances parce que ce ne sont pas endroits où tu parles avec les gens, au contraire.
 
You Rock !: Lunelle
23 Mai 2019
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#34
@semicircle Oui enfin de plus en plus de gens s'y reconnaissent parce qu'on en parle plus et que les enfants sont mieux diagnostiqués qu'avant. Après certains peuvent trouver ça "cool" et avoir envie de s'approprier cette étiquette mais quand tu as fait l'expérience des difficultés dans la vie quotidienne et des échecs sociaux sur plusieurs décennies, tu sais que ça n'a rien de cool. La seule chose qui me retient de demander un diagnostic c'est qu'il faut parler de sa vie pendant trois jours et je vais probablement être en larmes au bout de trois minutes... Et j'ai trouvé un relatif équilibre matériel donc je n'ai pas besoin pour l'instant d'un statut de travailleuse handicapée (mais je me sens vite limitée par rapport à mes collègues).
@emmanuelle-b Moi aussi je suis assez sociable avec les nouvelles collègues, j'écoute patiemment, les histoires de gamins notamment mais quand je me montre un peu telle que je suis, je sens que ça coince. J'ai décidé de prendre mes distances face aux gens manquant d'empathie, qui inventaient des histoires, qui n'étaient pas tous seuls dans leur tête (étant gentille au départ j'attire les profils tordus) et bien sûr les manipulateurs qui se trompent sur mon compte et croient qu'ils vont facilement me retourner le cerveau !
Concernant les amis, sur la durée j'ai pu me rendre compte que les gens cools, que j'appréciais vraiment, finissent par ne plus me donner de nouvelles. Je pense qu'ils me considèrent comme la fille sympa mais pas très intéressante. Et ceux qui essaient de rester en contact, c'est justement ceux qui m'intéressent le moins, mentalement atteints, enclins au monologue et donc à la recherche d'une oreille patiente, rôle que je peux jouer au départ avant de me rendre compte dans quoi je m'embarque.
Je pense que ( je peux me tromper) l'on est trop conscient de se qui se passe autour de nous, une espèce d'hyper empathie, qui devient handicapante.
J'ai pu me sentir parfois comme en dehors de moi-même à m'observer taper la discut' et à me juger en permanence (par exemple "mayday ! mayday ! ta phrase est trop longue !"), à interpréter chaque mouvement de visage de mon interlocuteur ("hanlala mais s'il fait ça avec ses yeux c'est que je l'ennuie !")...alors que quand je me sens bien avec quelqu'un, vraiment bien, je n'ai plus cette sensation de m'observer.
Y a aussi clairement un problème de confiance en soi dans cette attitude je ne le nie pas. Par contre, même si je n'ai pas tout à fait confiance en moi, je ne veux pas me déprécier, je sais que je suis quelqu'un de bien (et vous aussi à ce que je lis).
Si je suis convaincue que cette capacité d'empathie est un atout, c'est vrai qu'elle est difficile à porter dans notre société...
 

Emy Snape

Sugar, cream or cyanide ?
10 Jan 2019
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#36
Same here.

J'aurais mis le temps pour venir en parler ici (parce que j'ai toujours l'impression que parler de moi et de mes "difficultés" = geindre pour rien, j'ai vite peur de tomber dans le pathos quand je me livre à ce genre d'exercices). Certainement mon post le plus perso. Je préviens, ça risque d'être long et confus.

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Edit : ajout balise spoiler.
 
Dernière édition:

Albert

Well-known member
13 Jan 2019
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#37
Je me retrouve également beaucoup dans ce que vous décrivez. Moi non plus je n'arrive pas à lier d'amitiés durables, moi non plus je ne suis pas à l'aise en groupe, si ce n'est que je ne pense pas avoir l'air inaccessible. Je pense que j'ai toujours l'air de la gentille fille de service, celle qui a toujours un sourire plaqué sur le visage, et qui quand on lui marche sur le pied émet un petit rire en demandant pardon.

J'ai perdu le lien irrégulier que j'avais avec 3 ou 4 amies de mon enfance. Je donne des nouvelles et j'en prends, mais c'est rarement réciproque. 2 d'entres elles n'habitent plus la même ville que moi, mais pour la 3ème, quand je propose quelque chose tous les 2 mois environ, j'ai un délai de 15 semaines pour avoir une réponse, qui est souvent "ah non là désolée je ne peux pas", sans proposer autre chose. Je pense qu'on peut considérer de fait que nous ne sommes plus amies.

J'avais réussi à nouer des liens des collègues de mon âge. Mais j'ai démissionné, et le même schéma s'est remis en place : je donne des nouvelles, ces personnes donnent des nouvelles, proposent qu'on se voit, quand je répond pour proposer concrètement une date ou un lieu, je n'ai plus aucune réponse. Pour l'une d'entre elle, j'ai relancé plus activement, on a fini par se voir, mais ensuite plus de nouvelles. J'ai l'impression d'être cette personne à l'haleine douteuse et aux blagues limites que les gens essaient de fuir dans les réceptions.

Je suis toujours partagée entre l'envie d'avoir une vie sociale malgré tout, et la fatigue et la démoralisation, parce qu'au fond, qui a envie d'avoir un entourage composé de gens qui manifestement ne recherchent pas ma compagnie malgré les gestes que je fais dans leur direction ?
 

Alnilam

Well-known member
3 Jan 2019
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#39
Je me rends compte que depuis toujours c'est les gens qui me choisissent comme amie (soit pas grand monde :cretin:) et non l'inverse. Du coup je laisse faire les choses parce qu'après tout pourquoi pas ? Puis si ça me permet de ne pas être seule... :rolleyes: Sauf que du coup j'ai laissé des gens se comporter avec moi comme ils voulaient et pas forcément à mon avantage… Et je n'osais jamais rien dire. Et je me rends compte que je me suis souvent laissé entrainer dans des relations qui ne me convenaient pas (voire qui étaient carrément toxiques) à cause de ça.
Je ne sais pas aborder les gens et encore moins tisser de relations avec, soit je tombe sur quelqu'un qui prend l'initiative de mettre l'amitié en place soit rien ne se passe. Pour ce qui est d'entretenir la relation une fois celle ci crée je ne m'en sors pas mieux. Peut être parce que me rendant finalement compte que le comportement de la personne à mon égard ne me plait pas forcément je préfère laisser les choses se déliter. En tout cas je n'ai pas envie de m'investir.
En somme je suis très passive dans mes relations amicales et rarement satisfaite de ce qui s'y passe.