Les dérives de la "parentalité bienveillante"

Marelle.

Fight like a girl
7 Fev 2019
235
3 461
93
Je me demande en réalité qui sont ces gens tellement virulents sur les réseaux sociaux, qui veulent dénoncer tout le monde pour à peu près n'importe quoi, qui culpabilisent à mort les parents et qui considèrent qu'à peu près tout est une violence potentielle.
Est-ce que ces gens ont vraiment des enfants ? Est-ce qu'ils vivent leur parentalité de manière sereine ?

Je crois aussi qu'il y a un effet loupe, qu'en réalité ils sont très peu nombreux mais qu'on les voit beaucoup car ils sont très actifs en ligne. Dans ma réalité, - et pourtant j'ai un entourage très Montessori/allaitement long/portage etc -, je vois des parents qui font du mieux qu'ils peuvent et qui pourtant parfois haussent la voix, disent non, isolent leur enfant dans sa chambre pendant quelques minutes, ... Et je vois aussi leurs enfants qui pour autant vont très bien, ont de l'humour, de l'esprit critique, savent quand ils vont trop loin, bref, sont structurés.

Il y a quelques années, j'avais lu tout un article qui disait que le parc était une prison, blabla. Dans les faits, tout est une question de mesure, bien sûr que si je laisse mon bébé toute la journée seul dans un parc sans interagir avec lui, c'est clairement pas ouf pour son épanouissement. Maintenant, je suis bien contente de pouvoir le poser dans ce parc cinq minutes par ci par là dans la journée pour aller aux toilettes/prendre ma douche/prendre mon petit-déjeuner, bref, être aussi une personne qui répond à ses propres besoins et pas uniquement l'esclave de mon bébé ( :cretin: ) de manière sereine en ayant la certitude que durant ce laps de temps il ne va pas tirer la queue du chien ou s'électrocuter.

Je ne peux même pas croire que ça puisse fonctionner à plus ou moins court terme de choisir de ne fixer aucune contrainte à son enfant au motif qu'il fasse lui-même des choix libres et conscients. Un enfant n'est pas un adulte. L'autre jour, je me faisais la réflexion en repensant à un dessin animé qui me terrifiait quand j'étais gamine (oui) que quand on est petit, on a quand même peur super souvent, de plein de trucs et on attend justement des adultes autour de nous qu'ils nous offrent un cadre rassurant et sécurisant. Et un cadre, par définition, c'est des limites.

A mon boulot, je vois plein de petits à qui les parents n'ont fixé aucune règle, pas parce qu'ils sont adeptes d'une parentalité bienveillante envers et contre tout, mais plutôt parce qu'ils sont dépassés par leur quotidien et leurs problèmes d'adultes et qu'ils laissent les enfants se gérer. Le constat que je fais c'est que bien souvent ces gamins aiment aller à l'école parce qu'elle leur offre un cadre rassurant, des règles, etc, qu'ils n'ont pas à la maison.

En considérant tout comme une violence potentielle, même ce qui relève du soin (administrer un médicament, changer la couche, brosser les dents), on finit par être au mieux négligent, au pire maltraitant. Et être finalement comme celui qu'on condamne, sur un autre versant...

J'ai vu s'afficher une pub sur mon thread facebook d'une formation dispensée par la caf sur la parentalité positive.
Bon, autant je trouve super qu'on remette en question des pratiques éducatives qui étaient courantes à mon époque ( :vieux: ) et qui sont plus que discutables, comme la gifle ou bien le fait de devoir rester à table touuut l'après-midi jusqu'à ce qu'il n'y ait plus une miette dans son assiette... Autant, quand je lis dans la présentation un truc du genre "éduquer sans punir", je m'interroge vachement. Et je pense que y'a aussi un problème de sémantique avec ce mot "punition", qui a un côté presque religieux.
Je lui préfère le mot sanction, que je vois plutôt comme une réparation. Et ça me semble super important quand on fait une connerie ou du mal à quelqu'un de savoir que 1. on est allés trop loin 2. d'essayer de réparer.
En ça, je vois pas comment il est possible d'éduquer sans sanctionner les comportements qui vont trop loin. D'ailleurs, même une fois adulte on est confrontés à la sanction dans notre quotidien, si je roule à 180km/h sur l'autoroute je vais me prendre une amende, si je décide de ne plus aller au taf et de rester dans mon lit je vais me faire licencier. Bref.

Je ne sais pas trop ce que je veux dire avec ce roman fleuve mais j'ai de la peine pour les personnes qui sont noyées dans les injonctions de la parentalité "trop" positive parce que je crois qu'elles se font aussi du mal à elles-mêmes et qu'elles doivent passer beaucoup de temps à se faire des noeuds au cerveau en ayant peur de casser leur petit.
 
Dernière édition:

CyannGwen

Well-known member
16 Fev 2020
311
2 735
93
Je trouve l'article et les échanges qui en découlent ici très intéressants et utiles.
Je pense pour ma part que beaucoup de familles 'antiVEO' vont beaucoup trop loin, notamment sur les réseaux sociaux.
Sur instagram, je suis le compte de Madame_captaine qui dénonce régulièrement les dérives de l'éducation BPR (Bienveillante-Positive-Respectueuse), et leur aspect parfois sectaire. Vu de loin, les excès anti-VEO peuvent paraître anodins, mais en réalité ça peut aller très loin. ça commence par le bashing à l'égard des parents 'pas assez VEO' et ça va jusqu'à la dénonciation abusive à l'Aide Sociale à l'Enfance, pourtant déjà saturée par les 'vrais' cas de violences intra-familiales. Je ne parle même pas du fait que sous couvert d'éducation positive, on frôle parfois la négligence (notamment concernant la santé: certains parents BPR considèrent que les soins médicaux et l'administration de médicaments s'apparentent à une violence éducative, et préfèrent donc les épargner à leurs enfants, avec les conséquences qu'on imagine, sans compter une remise en question constante et injustifiée de la science et des figures médicales).
Pour ma part, à la naissance de mon fils, il y a bientôt 12 ans, j'ai été séduite tout d'abord par une approche maternante de l'éducation, puis rapidement par le mouvement 'bienveillant', ayant moi-même vécu des violences familiales pendant l'enfance et l'adolescence (et par là je ne parle pas de punitions, hein, mais plutôt d'incidents m'ayant parfois conduite aux urgences).
Et puis j'ai été confrontée à la réalité, notamment d'un enfant touché par le handicap cognitif et les troubles du comportement, et ayant plus que quiconque besoin de repères, de règles et de limites. Toutes les lectures et les discours assimilés entraient en totale dissonance avec la réalité, et mes convictions se sont trouvées très ébranlées. J'ai vraiment été perdue pendant un moment, avant de retrouver des repères. Il est clair que je ne rejette pas tous les apports de l'éducation non violente (par exemple, quand mon fils est en crise, j'essaie autant que possible de m'isoler avec lui et lui parler calmement en reformulant ce que je crois avoir compris de ses émotions, quand la situation le permet car trop souvent, c'est impossible, ou encore je l'incite dans ces cas-là à se défouler contre les objets pour décharger sa colère) mais globalement, je trouve que cette vision est 1/ idéaliste et irréaliste 2/ écrasante pour les parents 3/ patriarcale ( je devrais développer pendant des heures mais pour faire court, très souvent ce sont encore les mères qui s'y collent, les mères qui sont culpabilisées, et les mères que l'on encourage, dans à rester chez elles, cf la corrélation entre IEF et éduc positive, avec une petite touche de sectarisme au milieu de tout ça, évidemment ce résumé est archi-réducteur).
Ce que je tire de tout cela: la nécessité de bien connaître les théories et principes de l'éducation positive et éventuellement s'en inspirer sur certains points, l'importance de garder du recul vis à vis de ce qui peut s'apparenter à un dogme, le fait de conserver ses distances face à un discours très culpabilisateur, et ne pas oublier que chaque situation, chaque enfant et chaque famille est différente. Ah, et surtout, la bienveillance commence par soi-même....
Quant à l'adultisme (transposer une situation en remplaçant l'enfant par un adulte, en se demandant si on agirait de la même façon), j'ai vu récemment un pédospy dans je ne sais plus quelle émission rappeler que l'une des différences principales entre l'enfant et l'adulte était l'expérience. Le cerveau de l'enfant n'a justement pas la maturité suffisante pour faire certains choix en connaissance de cause, c'est pourquoi le rôle de l'adulte est d'accompagner l'enfant dans ces choix.... J'y pense à chaque fois qu'on me balance une analogie de ce type....

Voilà, désolée pour le roman.
Tout mon blabla n'est évidemment que mon opinion, hein, et reflète mon expérience uniquement, bien sûr......
 

Coco l’asticot

Well-known member
12 Jan 2019
826
3 427
93
Je suis bien d’accord, perso l’idee d’imaginer l’enfant comme un adulte je le fais que dans certains cas bien précis par exemple quand on parle mal à un enfant (genre t’es con t’es moche oui oui c’est insupportable je supporte pas qu’on insulte les enfants) je dis est-ce vous parleriez comme ça à un adulte comme vous ?? Et meme chose quand j’entend un ami ou autre en parlant de lui même dire je suis hideux je suis une merde, je dis mais tu serai aussi méchant avec quelqu’un d’autre ?? Non alors pourquoi tu l’es avec toi même ?? Voilà c’est les rares fois ou ça m’arrive
 

Bree_

Well-known member
2 Jan 2019
2 687
30 854
113
J'ai aussi vu les illustrations de Fanny Vella, qui transposent les situations que l'ont fait vivre à nos enfants à des adultes.. Et je les trouve totalement à côté de la plaque.
Je trouve plus maltraitant de traiter un enfant comme un adulte que de le considérer pour ce qu'il est : un enfant, qui a besoin de cadre, de limites auxquelles se heurter pour grandir sereinement.

J'ai allaité plutôt longuement, j'ai usé et use encore d'outils estampillés bienveillants qui me semblent pertinents. Je ne lève pas la main sur mes enfants, j'évite tant que possible de crier (avec plus ou moins de succès :yawn:) mais je suis toujours sidérée de voir jusqu'où ça peut mener..
Il y a quelques années, une fille m'a dit sur les forums de madmoizelle que j'étais un monstre (!) parce que j'avais décidé de laisser ma fille de 13 mois pleurer la nuit, après m'être assurée qu'elle ne manquait de rien, afin qu'elle comprenne que nope, le bibi de 5h, ça n'allait pas le faire. (en plus, la meuf était anti-vaxx :cretin: la paille, la poutre, toussa, bref)
Cette culpabilisation des mères (parce que les pères ont l'air d'être les grands absents de ces mouvements, qui puent un peu l'essentialisme..) pour des broutilles me sort par les yeux.
Et quand je vois une de mes amies dire à sa fille "qu'elle comprend sa fatigue et sa colère" pendant que sa gosse la roue de coups à 4 ans bien tassés.. je me dis qu'il y a quand même un gros souci. Un coup pareil, la mienne aurait valsé dans sa chambre, bye bye les privilèges etc. A 2 ans, tu arrêtes le geste et tu rappeles posément que la main caresse, que personne ne tape personne, et bla et bla.. Ensuite.. Ils grandissent et sont parfaitement à même de comprendre des choses aussi basiques que "non, maman n'admet pas d'être un punching ball" de mon humble avis.
(hors soucis particuliers, hein, je parle ici d'enfants pour qui on confond éducation bienveillante et laxisme total)
 

Patisson

Well-known member
3 Jan 2019
985
5 875
93
Je trouve au contraire que tout n'est pas à jeter dans les dessins de Fanny Vella. Notamment quand le gars demande à sa copine d'aller embrasser des inconnus, les refus de prendre dans les bras après un cauchemars pour ne pas habituer l'autre, demander à sa copine de montrer ce qu'elle sait faire (alors qu'elle en a pas envie) pour divertir les adultes....
Je trouve que ça permet de se poser des questions sur ce qu'on fait par automatisme avec les enfants.

Par contre pour le bain ou toute situation où la santé/sécurité de l'enfant/le temps sont en jeu, je suis d'accord que ça va trop loin.


Je n'ai rencontré que quelques personnes qui se sont intéressées à l'éducation bienveillante. Je vois beaucoup plus de parents pour qui c'est le festival des tapes sur les mains, des insultes dites directement ou non (''Mais qu'est-ce qu'il est chiant !'' dit devant l'enfant), du laisser pleurer, des punitions... Qui sont ces gens qui respectent à la lettre les préceptes trouvés sur Instagram ? J'ai plutôt l'impression qu'une très grosse majorité des parents n'en ont jamais entendu parlé ou ne s'y sont pas intéressés. Et que dans ceux qui s'y intéressent, la plupart prennent du recul à un moment où l'autre et n'appliquent pas tout.

@Patriarcaca j'ai déjà eu des personnes qui m'ont demandé si je nourrissait mon fils. Aussi bien dans mon pays actuel qu'en France. Mais à chaque fois c'était des personnes âgées alors je pensais que c'était une vieille expression.
 

CCCC

Cessez ces "C" !
20 Jan 2019
3 169
24 832
113
Mais j'avais plutôt l'impression que laisser la liberté totale aux enfants, prôner le "interdit d'interdire", c'est plutôt une dérive des années 60/70, aux US une tendance issue de la contre-culture de la fin des années 60, en France la culture post-mai 68.
Dans les ouvrages plus récents que j'ai lus (Guégen, Filiozat...) il n'est nullement question de refuser toute limite aux enfants, donc je m'interroge sur les sources contemporaines de ce type de dérives.
 

Bruyère

Calluna Vulgaris
3 Jan 2019
384
6 737
93
@Gringo : je ne connais pas le contenu de ces ateliers et je suis loin d’être contre, d’ailleurs! C’était juste pour illustrer le fait que l’éducation positive est largement sortie du seul cadre des RS.
 
  • You Rock !
Reactions: Bree_ and CCCC

Zébule

Navigue en toute détente
13 Mar 2019
1 155
16 177
113
@CCCC entièrement d'accord, j'ai lu le livre de Guéguen et un de Filliozat, je n'ai pas trop aimé le deuxième (bien qu'il m'ait quand même fait réfléchir) mais dans aucun de ces livres on ne dit que l'enfant doit être considéré comme un adulte, c'est même totalement l'inverse !!
On t'explique en long en large et en travers que le cerveau d'un enfant n'est pas mature et que donc on ne peut attendre de lui la même chose que d'un adulte. C'est carrément du bon sens cela dit, mais donc je ne comprends pas d'où vient l'idée qu'on doit traiter un enfant comme un adulte. Ça n'a strictement aucun sens.

J'avais vu les dessins de Fanny Vela et je pense quand même que son idée a été détournée. Son but n'était pas de dire "c'est pareil" mais de faire réfléchir en changeant le cadre. D'ailleurs j'avais écouté l'épisode de la matrescence où elle s'exprime et elle dit bien que le but c'est de faire réagir, et qu'évidemment elle sait qu'un enfant n'est pas un adulte (ça me fait vraiment bizarre d'écrire ça parce que j'ai l'impression que c'est une tautologie) et qu'avec sa fille bien sûr qu'elle mettait des limites.

Après sur l'éducation sans punition, ça ne me semble pas vraiment nouveau finalement :unsure: . Mes parents n'ont jamais entendu parler d'éducation positive, mon père fondait son éducation sur une posture entièrement autoritaire et pourtant ils avaient comme principe de ne jamais punir car c'était déjà quelque chose de questionné (sur l'utilité de la chose en fonction des tempéraments des enfants).
 

Dragonya

Well-known member
3 Jan 2019
935
7 729
93
Une autre dérive/problème que je trouve à ce discourt c'est qu'il ne semble que s'adresser aux parents des tous petits. Ou en tout cas il faudrait l'appliquer aux ados mais sans pour autant que cela y corresponde. Je vais essayer de m'expliquer avec un exemple car j'ai du mal à vraiment exprimer ma pensée. Un ado en classe va me traiter de sale pute (exemple vécu donc). Je demande donc à ce que ce charmant enfant soit sanctionné. Et certaines personnes adaptent de l'éducation bienveillante qui me sortent "non mais il savait peut être pas ce qu'il faisait, il faut lui expliquer pourquoi ça t'a blessé..." Un peu le même genre de chose qu'on va te sortir pour un bambin de 2/3 ans qui te dirait la meme chose. Alors non cet ado savait très bien ce que signifie ce mot et il l'a utilisé de façon délibéré. Et je trouve (mais ça c'est personnel) que la sanction qui sert uniquement à réparer la bêtise n'est pas toujours adapté, en particulier avec les plus grand. Dans ce cas précis les parents proposaient que leur enfant m'écrive une lettre d'excuse. Oui bien sûr que ça me semble la base. Mais il va surtout venir me l'écrire pendant une retenue.
 

charberlotte

Well-known member
25 Jan 2019
46
252
53
32
Super interessant comme sujet! Ici mon bebe a 9 mois donc je commence a peine a etre confrontee a ses prises de decision ("non maman je ne vais pas lacher la telecommande meme si j'ai monte le volume a 90 et que ca hurle dans la maison").
Il y a avait un compte instagram que je suivais et que j'aimais bien (elle a pris une pause et je ne me souviens plus du nom pour le moment) ou une des choses qui aidait pour visualiser un peu les derives du quotidiens etait d'appeler les VEO comme elles etaient: des violences. Et a partir de ce moment ca, ca devient plus facile de relativiser ce qu'on fait.
Les illustrations de Fanny Vella vont souvent un peu trop loin a mon gout, mais ce qu'on peut en retenir c'est de ne pas faire a un enfant ce qu'on ne voudrait pas qu'on nous fasse. C'est a dire nous arracher a notre jeu de societe sans notice. Il est bon de dire a l'enfant qu'il est temps de rentrer et qu'il va falloir se preparer a arreter de jouer incessament sous peu, non? De meme pour aller visiter la belle famille, il ne me viendrait pas a l'idee d'embarquer l'enfant (le mien, un autre ou meme un adulte) dans la voiture sans lui dire ou on va. L'enfant et meme le bebe n'est pas stupide et va comprendre rapidement qu'on prend la voiture pour aller voir mamy, papy ou des amis. Par contre oui souvent on va proposer a l'enfant de passer plus de temps avec la famille parceque nous les parents on veut aussi profiter un peu de notre famille/amis sans concentrer 100% de notre energie sur l'enfant et comment il joue.
 

Oiselle

Sous la tyrannie d'un oisillon joli
3 Jan 2019
2 548
33 174
113
@charberlotte : ah ben si ça marche de le prévenir et de lui expliquer, oui, c'est super ! En soi, les méthodes "bienveillantes" sont merveilleuses en théorie, le seul souci c'est qu'en pratique, ça ne fonctionne pas avec tous les enfants. Et donc la deuxième étape si l'enfant ne veut pas "coopérer", c'est donc de s'imposer, parfois par ce qui est appelé une "violence". Mon fils de 15 mois a son petit tempérament, il ne veut jamais mettre ses chaussures. Pourtant je lui explique à chaque fois que c'est pour sortir, aller jouer dehors (donc un truc qu'il aime), ben non non non il veut pas du tout. J'utilise donc la force : je le prends sur mes genoux et je lui mets ses chaussures en le maintenant, même s'il crie ou se débat. Pourtant je crois que moi, je n'apprécierais pas qu'on m'enfile des chaussures de force :taquin:
 

Mercredos

Well-known member
2 Jan 2019
282
4 189
93
Ce que je trouve dangereux sur la question des VEO, c'est notamment le fait d'en faire un terme parapluie pour toutes sortes de phénomènes sans rapport d'intensité ou de nature les uns avec les autres.

Ça m'a particulièrement choquée sur un épisode récents des Pieds sur terre sur le burnout parental, dans lequel une mère dépassée (et qui avait pourtant largement été biberonnée aux discours sur la parentalité dite bienveillante) avoue parfois avoir mis sa fille en pleine crise sous une douche froide pour la calmer. Elle est très coupable et consciente de son propre échec et admet d'elle-même : "je sais bien que c'est une VEO" :oo:

Alors non :halp: C'est pas une violence ordinaire, c'est une violence tout court :dunno: Ça veut pas dire qu'il faut clouer cette dame au pilori ou lui envoyer l'ASE, c'est juste que mettre cette sortie de route un peu hard core dans le même panier que d'appeler son enfant "mon gros Loulou", le priver de dessert, lui moucher le nez alors qu'il n'en a pas envie ou le retenir fermement par le bras lorsqu'il se met en danger dans la rue, ça n'a pas de sens, voir même c'est contre-productif :dunno:

D'un coté on atténue la violence de certaines pratiques en les qualifiant d'ordinaires, de l'autre on qualifie de violents des comportements anodins, ou des petites coercitions quotidiennes ayant pour but le soin/la sécurité l'enfant et/ou le fait de donner des règles de vie et un cadre :hesite: Y'a de quoi être perdu, et se sentir perdant à tous les coups :hesite:
 
Dernière édition:

Kettricken

Hate is always foolish, love is always wise
3 Jan 2019
3 707
46 823
113
Ça m'a particulièrement choquée sur un épisode récents des Pieds sur terre sur le burnout parental, dans lequel une mère dépassée (et qui avait pourtant largement été biberonnée aux discours sur la parentalité dite bienveillante) avoue parfois avoir mis sa fille en pleine crise sous une douche froide pour la calmer. Elle est très coupable et consciente de son propre échec et admet d'elle-même : "je sais bien que c'est une VEO" :oo:
J'avais entendu le même témoignage et j'avais éprouvé le même choc. C'est pas du tout dans la même catégorie que sortir de force du bain, maintenir un enfant réticent au change ou crier un coup.
Et comme tu dis, il ne s'agit pas de la clouer au pilori, mais dire que c'est une VEO, c'est sous-entendre que c'est quelque chose de pas top que beaucoup de parents ont déjà fait parce qu'ils se sentaient dépassés. Sauf que non, pas du tout

Enfin :worthy: pour l'ensemble du poste
 

Zébule

Navigue en toute détente
13 Mar 2019
1 155
16 177
113
@Mercredos @Kettricken Je suis complètement d'accord avec vous (même si je pense que le fait que cette personne appelle ça ordinaire veut dire que ça l'est pour elle et ça ne doit pas venir de nulle part). L'expression a été dévoyée mais cela dit elle a bien un sens puisqu'au début elle désignait les fessées, les gifles, les isolements dans le noir qui étaient (sont ?) bien ordinaires (et avant les coups de martinet ou de règle) et qu'on ne peut pas appeler autrement que violence me semble-t-il, avec bien un objectif "éducatif". Donc là ça prend tout son sens et ça me semble même assez clair.
Mais j'ai vu que dans la loi française, il était prévu que soit remis au parlement un rapport faisant l'état des lieux des violences éducatives en France et donc j'imagine que l'un des objectifs était de définir précisément ce que c'est car personne ne sait aujourd'hui en poser les limites.
Je n'ai pas l'impression que ça ait été fait (?), d'où le flou artistique dans lequel on baigne.

En plus c'est très difficile car il me semble qu'il est prouvé que les violences psychologiques ont des impacts plus importants que les violences physiques, qui sont pourtant les plus faciles à définir et repérer. Donc c'est un sujet très complexe et je dois avouer penser que ni Facebook ni Instagram ne sont les lieux où on va dire ah oui euréka, c'est ça :lunette:
 

Oiselle

Sous la tyrannie d'un oisillon joli
3 Jan 2019
2 548
33 174
113
Alors on va passer pour des monstres, mais devant l'intensité des crises de notre fille, on a déjà pensé à la mettre sous la douche pour la calmer parce que vraiment, on savait plus quoi faire :goth: vraiment, je ne souhaite à personne de vivre ça avec ses enfants :sweatdrop:
 

Derniers messages