Les 6 principales mesures annoncées pendant le Grenelle des violences conjugales

Clémence

Rédactrice en chef
Équipe Rockie
21 Nov 2018
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#1
Je t’en parlais déjà dans cet article, le Grenelle des violences conjugales a eu lieu cette semaine. Plusieurs associations ont été invitées par le gouvernement à venir échanger pour trouver des solutions à ce problème majeur qui concerne environ 225.000 femmes chaque année, soit quasiment une femme sur dix en France.
À l’issue de la rencontre, voici les mesures qui ont été annoncées par le gouvernement. Si certaines vont dans le bon sens selon les associations et militantes, elles ne sont pas suffisantes. Ainsi, pour Anne-Cécile Mailfert, la présidente de la Fondation des Femmes, il y a « quelques bonnes pistes et quelques déceptions ».
1 – De nouvelles places d’hébergement d’urgence
La mesure phare annoncée par le Premier ministre, Édouard Philippe, c’est la création de 1.000 nouvelles places d’hébergement destinées aux femmes victimes de violences conjugales. Celles-ci viendront s’ajouter aux 5.000 déjà existantes, et seront réparties de la sorte : 250 places dans les centres...
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Joséphine

Active member
25 Jan 2019
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#3
Bien sûr que c'est insuffisant. Mais au moins, les médias en parlent. Les gens commencent à en prendre conscience. Le tabou tombe. Il faut que chaque décès soit médiatisé. Mais bon, combien de femmes qui ne sont pas encore mortes et dont on ne parle pas ? Et puis, pourquoi attendre leur mort pour faire qqch...
On dirait que pour pour la justice, seul le meurtre est grave.
Parce que bon c'est un autre sujet tabou, mais combien d'enfants violés tous les jours par leurs proches ? Ma psy m'a dit que les violences conjugales sont le plus grand facteur de risque pour les violences sexuelles sur les enfants.

Une de mes amies a une voisine qui est battue par son mari. Les voisins ont déjà appelé la police mais comme la femme refuse de porter plainte parce qu'elle a trop peur, la police ne se déplace plus maintenant. Et toutes leurs mesures ne changent rien à cette situation...

Je pense que de toute façon, les changements ne se feront pas d'un coup. Les mesures se feront petit à petit, avec le temps, et la prise de conscience de l'opinion. C'est terrible, mais pour rester un minimum positive, ça avance un peu au moins...
 

Chaewon

Active member
20 Août 2019
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#4
Personnellement je trouve au contraire des associations que l'audit est une bonne idée. Malheureusement, le fait que les victimes parlent de l'accueil qu'elles reçoivent ne suffit pas, aussi nombreuses soient-elles, ni le fait que le président ait pu observer par lui-même les dysfonctionnements.
C'est triste à dire mais sans un minimum d'informations """objectives""", difficile de mettre en place des actions. Et un audit permettrait d'objectiver en quelque sorte les divers témoignages.
En fait, j'ai du mal à expliquer ce que je veux dire parce que c'est pas vraiment le mot "objectif" qui convient.
Cela dit je comprends tout à fait les inquiétudes des assos parce qu'effectivement les personnes qui y travaillent sont confrontées à des situations difficiles sans doute tous les jours, des situations urgentes ... et un audit ça prend du temps pour le mettre en place, le mener puis en tirer les conclusions. Un temps qu'on n'a pas forcément en attendant ...
Mais j'ai peur que sans des conclusions d'audit, les décideurs ne soient pas suffisamment convaincus des mesures à mettre en place (comme effectivement de la formation spécifique sur ces problématiques-là pour le personnel qui recueille les plaintes)
 

Piqué

Know-it-all
3 Jan 2019
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Lyon
#5
La mesure qui à mon sens est manquante est l'éviction du partenaire violent lorsque les personnes vivent ensemble. Je ne comprend pas pourquoi ce n'est pas la norme : virer le coupable et non plus la victime, que ce soit dans le cadre de violence par conjoint ou ex ou de harcèlement scolaire.
De même, il faudrait que l'auteur de violence soit placé en foyer avec obligation de suivi psychologique.
 

cilijoya

Carabistouilles !
2 Jan 2019
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#6
Les mesures sont pour l'instant insuffisantes et surtout, je trouve qu'elles ne prennent pas en compte l'urgence de la situation. L'article de libé qui reprend la visite au 3919 m'a un peu laissée sans voix. Les questions du genre "Il vous bat depuis longtemps" ou encore "vous pourriez être ouverts 24h/24" alors qu'on connaît le peu de budget alloué à ce sujet...ça me semble tellement naïf et à 1000 lieues de l'urgence du sujet.
J'espère que l'audit de 3 mois aboutira sur des solutions concrètes et efficaces. J'espère que les moyens humains/matériels/financiers seront mis à disposition pour que cela évolue vite dans le bon sens mais pour l'instant j'ai des doutes...
 

Ann Ha

Well-known member
6 Jan 2019
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#7
Oué, comme beaucoup je trouve que c’est bien qu’on en parle mais le budget alloué est assez misérable et donne une mauvaise image de l’importance du problème.
J’espère quand même que ça finira par venir : en même temps il y a cinq ans voir « crime passionnel » dans les journaux ne choquait personne, maintenant on commence à trouver ça chelou. C’est grâce au boulot des associations, qui malheureusement, doivent plaider longuement dans le désert avant la moindre petite avancée.
 

grenouilleau

Well-known member
9 Jan 2019
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#8
Beaucoup d'annonces, et, oh comme c'est étonnant dites donc, très peu de financement, comme d'autres l'ont dit. Pourtant, c'est l'essentiel. Sans budget les mesures ne sont que des promesses qui n'ont pas vocation à être mises en œuvre.
Je vais pas reprendre point par point les mesures annoncées, l'article le dit, sous presque chaque points : les financements ne sont pas annoncés (= seulement des promesses) ou sont très insuffisants.

Pour faire contre-point, je mets ici le point de vue d'un magistrat qui a bossé là-dessus. En résumé, le problème c'est surtout que les structures actuelles ne fonctionnent pas. Les plaintes ne sont pas prises, les femmes ne sont pas entendues... Dire qu'on va créer de nouveaux trucs, c'est déplacer le problème sans le résoudre, voire pire complexifier le problème. Et si les autres trucs ne sont pas financés, ben le problème n'est pas résolu (mais au moins, il sera ailleurs, on pourra accuser les hôpitaux cette fois-ci, ou les tribunaux, plutôt que les policier.es qui ne font pas leur job correctement ou qu'iels ne sont pas formé.es ou qu'iels ne sont pas suffisamment payé.es pour être motivé.es ou autres).
Quand on voit l'état dans lequel les gouvernements successifs ont mis nos hôpitaux et nos tribunaux, y a de quoi douter de la faisabilité de leurs mesures : déjà que ces services ne sont pas mis en état de fonctionner correctement, et on va leur rajouter des tâches en plus ? Sans dire combien on va leur allouer (autrement dit, y a de forts risques qu'on ne leur alloue rien, et que la mesure ne soit que du papier).

Les associations ont bien décrit la situation : elles " regrettent qu’il n’y ait pas eu plus de moyens annoncés précisément" = en d'autres termes, que des annonces, c'était le rendez-vous festifs des associations, à l'année prochaine !

Pour jauger des vraies actions, par contre, il faut regarder le tableau d'ensemble. Et on observe quoi ? Paupérisation organisée, pour tous (sauf les quelques 1%, voire moins, de grands bourgeois). Ben c'est pas ça qui va permettre d'aider les femmes, au contraire.
Si on mets en balance ces annonces pour la plupart non financées (ou trop peu), avec l'action du gouvernement pour renforcer la misère sociale (et là c'est pas que des annonces, bien sûr), on se rend bien compte qu'il s'agit d'une plaisanterie.
Exemple récent : la réforme des retraites : ce gouvernement prévoit d'appauvrir un peu plus tout le monde, mais les femmes seront plus impactées que les hommes (parce que qui prends des mi-temps, des congés pour s'occuper des gamins, en pratique : les femmes ; donc qui va douiller le plus pour la réforme des retraites ? Toujours elles). Or, pourquoi les femmes restent/se mettent avec des hommes maltraitants ? Parce que vivre actuellement isolée dans notre société, quand on est une femme, c'est vivre dans la pauvreté. Quitter un conjoint violent, c'est devoir retrouver un logement, ne parlons pas des gamins s'il y en a, assurer tout avec un seul salaire, un mi-temps, voire avec pas de salaire.

Assurer des conditions matérielles décentes aux femmes est essentielle dans la lutte contre les violences qui leur sont faites, c'est le cœur du problème. Et là, les gouvernements successifs libéraux ont bien montré qu'ils luttaient pour affaiblir les femmes.
 
M

Merlin

Guest
#9
@grenouilleau , à peu prés d'accord sur tout ce que tu dis, sauf ta dernière phrase. Penser qu'un système politique dans son ensemble (ce qui inclut de fait les grands fonctionnaires les salariés des services publics et les partenaires sociaux ) ferait tout pour affaiblir les femmes, pour reprendre ton expression n'est pas loin, pour moi, d'un début de complotisme...:clin:
Que des mesures comme la réforme des retraites ou de l'assurance chômage pénalisent plus les femmes, oui, incontestablement (mais pas que...) mais y voir la volonté d'affaiblir tout un groupe d'individus, non. Quel serait le mobile ?
Par contre, sacrifier une partie de la population la plus précaire (et donc, pas que des femmes) en se disant qu'elle n'ira pas défiler dans la rue, et qu'elle n'a pas les moyens, les réseaux, pour se rendre visible et peser sur les décisions, oui, c'est un pari (gagnant pour l'instant) que prennent les gouvernements successifs.
 

grenouilleau

Well-known member
9 Jan 2019
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#10
@Merlin : aucun souci de mon côté avec le complotisme, pour moi c'est le nouveau mot à la mode dans les médias pour empêcher les genTes de réfléchir. C'est the terme actuellement utilisé pour jeter l'anathème sur toute réflexion un minimum construite. Hésite pas à me filer des arguments, hein. Ou à me poser des questions.
Mais si tu débutes ton message par "COMPLOTISTE !", ben on va pas être pote. Désolée, je ne veux pas être agressive, mais c'est un peu le nouveau "COMMUNISTE" des Etats-Unis sous la maccarthysme, ou le nouveau "SORCIÈRE" pour empêcher les femmes de parler. Et je ne parlemente pas avec les terroristes.


Edit : pour replacer le sujet : le complotisme, c'est les reptiliens. Si un jour j'écris un commentaire où j'affirme que les reptiliens veulent opprimer les femmes, ok, j'accepterais complotiste. Sinon, ça reste une attaque ad hominem non fondée.
 
Dernière édition:
M

Merlin

Guest
#12
@grenouilleau , je retire bien volontiers le mot de complotisme, bien que je l'avais fait suivre d'un émoticône qui à mes yeux nuançait ma pensée...J'avais d'ailleurs hésité à éditer mon message, et puis je me suis dit qu'il n'était pas agressif...comme quoi...:clin: Donc, désolé.
Mais je ne retire pas le reste...
@pravda1917 , cela ne change rien à mon raisonnement.
 

Clélia

Active member
3 Jan 2019
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#13
Moi qui travaille avec des femmes victimes de violences conjugales( je suis psychologue dans une asso d'aide aux victimes), je suis quand même contente qu'il y ait eu ce Grenelle. La décision de pouvoir suspendre les droits parentaux du père est une bénédiction, si les juges y sont sensibles...et si on travaille avec les mères qui bien souvent de part l'emprise et les lieux communs pensent qu'il faut absolument un père pour bien grandir (spoilers : non en fait). Après je suis d'accord, il y a encore beaucoup de chemin à faire dans certains commissariats en termes de formation...c'est souvent la "première" étape et souvent elle ne se passe pas bien. Elle peut même être culpabilisante...l'audit n'est pas nécessaire selon moi. Tout les professionnels qui gravite autour savent ce qui ne va pas, les policiers et gendarmes en première ligne l'admettent, ils ne sont là plupart du temps ni sensibilisé ni formé. Du coup, ils ont en tête la plupart des stéréotypes du genre "si elle reste c'est qu'elle le veut bien"...bref, une petite avancée c'est toujours mieux que rien. Reste à voir la mise en application. Et puis continuer le combat parce que ce ne sera pas suffisant...
 

LucieVDS

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7 Fev 2019
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#14
@Clélia : merci pour ton commentaire, un point m'a beaucoup touchée : les femmes pensent souvent qu'il faut absolument un père pour bien grandir.
Pour être honnête et directe (ça suffit de sauver les apparences à tout prix et de ne rien dire "par pudeur" alors qu'on est concernée), je suis persuadée que c'est exactement le cas de ma mère.

Ce qui complique certes un peu les choses, c'est qu'ils habitent en Turquie. Mes 3 frères ont moins de 10 ans... Mais ma mère pourrait décider de quitter mon père. Honnêtement.
C'est elle qui gagne l'argent pour la famille car mon père est au chômage depuis 3 ans (même si apparemment il fait rentrer un peu d'argent grâce à des combines pas claires), c'est elle qui a un titre de séjour en règle en Turquie grâce à son travail (mon père dépend d'elle, il est là en tant que mari et père), elle a un réseau d'ami.es français.es puisqu'elle bosse dans un lycée français, sa famille en France est au courant des violences et serait évidemment prête à l'accueillir et à l'aider si elle le demandait...
Mais elle est trop fière, elle ne veut pas "être une assistée et vivre de la charité publique" (sa réponse quand je lui demandais de quitter la Syrie en guerre pour mettre mes frères en sécurité), et elle estime que (pour mes frères ou moi) se prendre des baffes plusieurs fois par semaine (y compris de sa part à elle) et s'entendre dire qu'on est bête ou conne, c'est absolument pas de la maltraitance et que je dramatise comme toujours.

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Évidemment je souffre de stress post-traumatique, d'un trouble de la personnalité borderline, et concrètement de dépression et d'anxiété. Mais je suis sous traitement et j'ai une super psychologue formée aux TCC. Et puis, j'ai fondé Insane !

Je pense que son idée de "il faut absolument un père pour bien grandir" vient en partie du fait que son père à elle est mort alors qu'elle avait 15 ans (or elle était assez proche de lui, et clairement plus que de sa mère, ma grand-mère qui est aujourd'hui mon pilier de soutien).
Bref, ma question c'est : comment je peux lui faire comprendre qu'un père comme ça c'est bien pire que pas de père du tout ? Est-ce que tu aurais des arguments ou mieux des ressources à me conseiller ?
 

Chaewon

Active member
20 Août 2019
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#15
@Clélia je suis d'accord avec toi quand tu dis que tous les professionnels qui gravitent autour savent ce qui ne va pas, mais à mon avis l'audit ne sert pas à les convaincre eux mais à convaincre les décideurs.
Et je pense aussi qu'il aidera à avoir des éléments "concrets" (pas mieux que le terme "objectif" que j'avais mis dans mon premier message mais bon j'ai du mal à trouver mieux) pour avoir une meilleure idée du montant des financements à mettre en place, où les mettre en priorité, etc.
 
You Rock !: Lol'ô

grenouilleau

Well-known member
9 Jan 2019
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#16
@Merlin Je veux bien te croire de bonne foi, c'était peut-être que tu donnes pas au terme complotiste le poids qu'y mettent une partie des médias actuellement. J'ai expliqué ce que signifie à mon avis ce terme dans le débat public aujourd'hui : c'est un mot qui a été utilisé pour silencier les opinions qui ne vont pas dans le sens du libéralisme, en les discréditant sans arguments (parce que là ce serait plus compliqué). Je pense vraiment que les mots ont une force, d'ailleurs y vraiment des techniques utilisées par les commerciaux pour tenter de mieux convaincre les clients (parfois c'est appris par imitation, parfois c'est appris à l'école). Et quand tu balances un mot comme "complotiste", je suis persuadée qu'une partie des gens débranche son cerveau en mode : oula, c'est une conversation inintéressante. Donc l'emploi du mot empêche tout débat.

Quant à l’émoticône, je l'ai vu, et j'ai hésité parce qu'effectivement c'est censé nuancer, mais après réflexion il m'a surtout donné l'impression d'avoir été utilisé sur le mode "rhoo c'est de l'humour", souvent utilisé pour diminuer, en apparence, la charge agressive d'un message méprisant. On croise souvent ce genre d'échanges, en réalité et en virtuel :
"proposition/intervention féministe" -> "nan mais quelle ***"-> "pourquoi tu t'enerves, c'est de l'humour".
L'émoticône pouvait à mon avis s'interpréter en ce sens. Du coup, si j'additionnais un "crédule" gratuit + "c'est de l'humour", je me retrouvais avec le message typique utilisé pour silencier les genTes.
Désolée, ce n'est pas pour le plaisir de décortiquer ton message, j'explique juste comme je l'ai reçu, et pourquoi j'ai réagi.

Donc pour te répondre, je crois que tu as mal compris le sens de mon message initial : je ne pense pas que tous les acteurs de la vie sociale aient sciemment envie de faire chier les femmes, et se soient réunis dans un caveau la nuit par paquet de douze pour mettre au point un plan diabolique :alien:.
Simplement les hommes politiques agissent en faveur des actionnaires, et non en faveur des gens qui bossent. Et ces politiques ont pour effet d'appauvrir l'ensemble de la société (hors quelques grands bourgeois, disons 1-2% de la population). Si tu ajoutes à cela qu'on est dans une société patriarcale, où une grande partie du travail des femmes n'est pas considéré comme du travail salarié (c'est-à-dire reconnu socialement comme tel, et qui par ex permet de cotiser pour la retraite), le résultat c'est que les femmes sont encore plus pauvres que les hommes pauvres (en moyenne). C'est la conséquence de l'addition libéralisme + patriarcat.
Et qu'est-ce qu'on trouve souvent (toujours) dans un groupe humain ? Des violences. Et qui les tourmenteurs visent-ils ? Les faibles, souvent. Or, dans notre société, les faibles, économiquement surtout, c'est les femmes et les enfants.
Du coup, un gouvernement qui, suivant une politique menée par d'autres gouvernements en faveur des actionnaires, des grands bourgeois, paupérise encore plus les femmes, ne fait rien contre les violences faites aux femmes, au contraire il les aggrave.
J'avais une citation de Beauvoir là-dessus, mais je ne la retrouve pas, en gros elle disait que si on donne aux femmes un pouvoir économique suffisant (= indépendance financière, vis-à-vis des hommes), tout le reste suivra. Pas totalement convaincue personnellement, mais c'est sûrement vrai en partie.

Pour les politiques : elles sont mises en oeuvre publiquement, y a des traces, des propositions de loi, des votes à l'assemblée, des décrets, bref c'est tangible, pas imaginaire. Tout le monde peut vérifier sur des sites institutionnels, ou dans des livres sérieux qui parlent de politique. Bon, après, faut avoir le temps et l'envie d'aller lire. D'où l'utilité de croiser les sources d'informations, si on n'a pas le bagage nécessaire pour comprendre tout seul. Si le sujet t'intéresse, Le grand bond en arrière, de Serge Halimi, directeur du Monde Diplo, édité chez Fayard, et réédité chez Agone, pas un guignol donc) m'a bien plu.
 

Lunatique

Well-known member
3 Jan 2019
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53
#17
Il y a eu beaucoup d'anonces faites, sauf que concrètement, on parle surtout de choses qui sont déjà promises ou possibles. Typiquement le point deux, l'autorité parentale peut déjà être retirée à l'auteur de violences, mais c'est encore très peu appliqué. Et je ne serais pas étonnée que des places d'hébergement d'urgence soient déjà promises et en attente depuis longtemps :goth:
De même, il a été dit comme une découverte miraculeuse que les enfants témoins sont en réalité victimes. Wow, grosse nouvelle, ça fait plusieurs années que ce fait est déjà reconnu.
Franchement beaucoup d'annonces encore une fois, mais beaucoup de pétard mouillé surtout. (Mais bon, dans le social Macron nous a déjà sorti les révolutionnaires Maisons du Service Public qui... Existent déjà avec exactement les mêmes missions mais sous un autre nom. Qui dit autre nom dit budget pour changer noms, logos, papeterie etc :lunette:)
 

Clémence

Rédactrice en chef
Équipe Rockie
21 Nov 2018
419
1 962
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#18
Il y a eu beaucoup d'anonces faites, sauf que concrètement, on parle surtout de choses qui sont déjà promises ou possibles. Typiquement le point deux, l'autorité parentale peut déjà être retirée à l'auteur de violences, mais c'est encore très peu appliqué.
Merci pour ton message, qui me fait penser que je n'ai peut-être pas été suffisament claire dans ma formulation de ce point. Il était effectivement déjà possible de retirer complètement l'autorité parentale, mais la plupart des juges rechignaient à le faire, même après une condamnation car cela impliquait que l'agresseur n'aurait plus à verser de pension alimentaire.

Et en amont, avant une condamnation, n'en parlons pas, c'était inimaginable pour nombre de juges. La nouveauté, c'est que les juges pourront désormais suspendre l'autorité parentale ou l'aménager (droit de visite suspendu mais obligation de verser la pension, etc). Cela devrait convaincre plus de juges de passer à l'action en amont dans les cas de contrôle judiciaire ou d'ordonnance de protection.

Pour les places d'hébergement, il y en avait déjà 240 de promises avant l'été, mais normalement les 1000 viendront s'y ajouter. (Après, ça reste des promesses, attendons de voir si ces logements vont réellement sortir de terre).

Sur les enfants victimes, c'était effectivement connu et répété depuis des années par les militantes et experts (qui prêchent clairement dans le désert), mais il me semble que c'est la première fois que c'est dit aussi clairement par un gouvernement, donc c'est quand même une bonne nouvelle, même si on est d'accord, c'est leeeeeeeeeeeent, alors qu'on parle de sauver des vies. Et ça me met dans une rage folle.
 
Dernière édition:

ChatChocolaté

Well-known member
4 Jan 2019
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#19
"Parmi les annonces du Premier ministre, le fait que le juge puisse « suspendre ou aménager » l’exercice de l’autorité parentale en cas de dépôt de plainte est donc une bonne nouvelle"

Bin ça devrait un peu être la base en fait :lunette: C'est ouf qu'il faille en arriver à des centaines de féminicides pour qu'on commence à se dire : "oh, tiens, et si on accordait la possibilité de suspendre ou aménager l'exercice de l'autorité parentale des agresseurs ? peut-être que ce ne sont pas de bons pères après tout :hesite:"
SANS BLAGUE.

Et ce que je trouve également incroyable, c'est qu'aucune proposition n'a été faite pour FORMER les gendarmes (qui sont pourtant en première ligne) et les juges qui ont à traiter de ces affaires. Pourtant, c'est un point crucial : on ne peut pas lutter contre les violences de genre sans former et sensibiliser au préalable le personnel qui traite de ces cas toute la journée.

La France a décidément un énorme train de retard dans le traitement des violences conjugales, et ce n'est pas avec les propositions de ce Grenelle qu'elle va le combler.
 
M

Merlin

Guest
#20
@grenouilleau , merci de me laisser le bénéfice du doute, quand je veux être désagréable ou agressif, je ne m'y prends pas de cette manière:clin: Et puis je me sens bien sur ce site, pas envie de me fâcher avec quiconque....
Oui, tes explications sont beaucoup plus claires maintenant. Je ne partage pas totalement ton avis, argumenté, certes, mais c'est normal, j'ai toujours tendance à voir le verre à moitié plein...edit: j'oubliais, je vais le lire ton bouquin, je te dirais...:clin:
Bonne soirée...:clin:

@ChatChocolaté , j'y vois également un autre avantage à la suspension de l'autorité paternelle en cas de danger immédiat pour la mère et les enfants, c'est que la mise à l'abri peut se faire sans que le père connaisse la nouvelle adresse. C'est pas rien...Si cela avait été appliqué plus souvent on aurait évité quelques drames...
 
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