Le topic des childfree

Kit-tea

Well-known member
6 Jan 2019
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Voilà, maintenant que vous savez tout de mon cheminement CF, j'ai une question pour vous : y a-t-il des choses concrètes dans la parentalité que vous trouvez chouettes et que vous regrettez de ne pas pouvoir vivre/faire/réaliser ? (sans pour autant que ça vous fasse changer d'avis, évidemment !)
Honnêtement la seule chose qui me vient à l'esprit c'est la relation une fois l'enfant adulte. Avec ma mère nous sommes très proches et on partage beaucoup. Ainsi que lorsqu'on vivait tous ensemble, voir la maison active, vivante... Sauf que nous sommes tous loin maintenant et ces moments sont donc plus rares et c'est ce qui arriverait certainement si je faisait des enfants.
Mais honnêtement ce n'est même pas au niveau de regret puisque je peux réaliser ces moments avec des amis et ma famille occasionnellement. Et que mon côté introvertie me lasserait très vite de toute cette activité :cretin:
D'ailleurs je me rends compte que même cette réponse n'inclue pas d'enfants en bas-âge, c'est dire à quel point ça ne m’intéresse pas d’interagir avec eux :yawn:


J'aimerais bien être aussi sûre que toi :puppyeyes: ! Moi c'est 99 % chilfree et 1 % envie/incertitude. Du coup, je me retrouve à penser à des trucs comme "Si on achète avec Monsieur Cactus dans quelques années, ce serait bien de viser un appartement avec 3 chambres histoire que les 2 gosses aient chacun leur chambre" ou "Si j'accouche, je ne veux pas de péridurale ni de décubitus dorsal ni aucune torture style expression abdominale ou épisiotomie. Oh tiens, ça tombe bien, la clinique Truc Muche a justement une salle d'accouchement physio, c'est cool"
Je n'ai jamais pensé ainsi :ninja: Mon partenaire et moi cherchons un nouveau logement et la seule raison pour laquelle je veux une 2nd chambre c'est pour en faire un grand espace pour nos bureaux (couple de geeks et beaucoup de matos informatique, ça encombre), et grossesse et l'accouchement m'horrifient donc les seules fois ou c'est mentionné, c'est pour exprimer le soulagement d'être CF et ne jamais avoir à vivre cette destruction corporelle.

D'ailleurs,
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schizophrenia

Well-known member
8 Jan 2019
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@Grim Je trouve la question des beaux-enfants compliquée à gérer. Pour moi, cela vient avec le partenaire : de la même manière que s'il a un chat ou un chien. C'est son choix, donc je dois me plier à la contrainte que ça représente. Et c'est pour ça que je ne m'imagine pas être en couple avec quelqu'un qui a des enfants, trop de sacrifices par rapport à mon mode de vie : j'ai pas envie de passer mon temps de loisir à faire des activités "pour enfant", où basiquement j'adore sortir, faire la fête, manger au resto, voir des potes à l'improviste. Mais des sacrifices que je comprends, et que je trouve légitime, et si par ailleurs mon conjoint se trouverait avoir des enfants, je m'y plierai, parce que je sais à quoi je m'engage.
Par exemple, je comprends tout à fait qu'il y ait des règles de vie dans une maison, et que tout le monde doivent s'y plier : prévenir de quand on rentre etc. Je pense que si hypothétiquement je partageais ma maison avec ma mère et mon beau-père, j'estimerais pas ça délirant que je puisse passer récupérer des papiers où déjeuner avec ma mère : après tout ça reste mon logement et ça me créerait beaucoup d'insécurités de savoir que je n'y suis pas la bienvenue quand je veux, surtout pour récupérer un papier. J'ai vraiment des sueurs froides à l'idée de me dire qu'un jour, ce ne sera plus possible pour moi d'aller et venir comme je veux (en les prévenant), chez l'un d'entre eux : leur logement a toujours été un repère et m'a permis de grandir et m'épanouir. On fait partie du package de ma mère, donc vivre chez celle, est synonyme de devoir côtoyer mon frère qui, à 22 ans, vit encore au foyer de mes parents. Ca signifie aussi potentiellement me croiser. De la même manière, j'ai un chat, et du coup je n'imagine pas m'en séparer pour un nouveau compagnon. Soit il fait avec, soit on trouve un entre deux (genre on emménage pas ensemble), soit dommage mais ça fait partie des incompatibilité de la vie.
Est-ce que tu en as parlé avec ton copain pour voir quelles sont les limites qu'il veut imposer à sa fille ? Quelle est leur règle commune ? Si il est en déplacement la semaine, c'est peut être leur seul moyen de se voir non ? Et dans ce cas là c'est compréhensible ? As-tu pensé à la possibilité pour vous de ne pas cohabiter ? Comme ça, tu n'es pas obligée de croiser sa fille.
 

Grim

Ermite misanthrope
3 Jan 2019
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Édit : précisions

Je suis peut être un peu sur les dents et j'en suis désolée. Je trouve cette situation difficile à gérer parce que j'ai pas l'impression de demander la lune mais en même temps j'ai du mal a me sentir légitime donc c'est pas simple.
 
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foliana

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3 Jan 2019
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@Grim Je suis du même avis que toi, avoir quelqu'un qui passe à l'improviste en mode "j'arrive dans 10 minutes" non merci, j'angoisse.

Je comprends l'avis de @schizophrenia mais je ne peux pas m'empêcher de penser que ce n'est pas parce que tu vis dans une maison (même un we sur deux), que tu dois manquer de respect aux autres habitants. Et quand je dis manquer de respect, c'est simplement prendre un refus pour un camouflet et une interdiction de revenir.

La gamine est adulte, 20 ans, avec un copain dans les pattes. Elle passe un we sur deux chez son père qui l’accueille sans soucis, je vois pas pourquoi lui dire "Ah non ce soir je préfère pas j'ai eu une grosse journée. Demain ?" serait une menace de la virer de son carnet de famille. Si j'appelle ma mère et que je lui dis que j'aimerai passer à 19h et qu'elle me réponds que non ça sera pas possible parce que X et Y, ben ok je revois mon planning. Ce n'est pas pour autant qu'elle refuse de me voir. Faut apprendre qu'à partir d'un moment, on devient adulte et nos parents (ou beaux-parents) peuvent retrouver une semi-liberté eux aussi. Quand je voulais passer chez mon père et que je tombais sur ma belle-mère, ben si elle me disait de passer un autre jour/une autre heure, ok je râlais mais c'est comme ça. Je ne me suis jamais vraiment frittée avec elle à ce sujet --là, elle était autant chez elle que moi chez moi. Et donc on fait des concessions.

Dans un autre ordre d'idée, j'ai une relation pourrie avec la famille de mon compagnon. Je lui ai précisé que je ne voulais personne de sa famille chez moi mais que si lui le désirait, ben ok pas de soucis, je partirai prendre un café le temps qu'ils papotent dans notre salon. Parce qu'il sait que c'est aussi chez moi et que j'ai le droit de vouloir mes we tranquille sans sociabilisation forcée ou cri d'enfants mal élevés (autre histoire ça), ben il cherche à faire des concessions et les appelle en leurs proposant des solutions qui va à tout le monde. Pas juste à une personne. C'est la base de vie en société, je ne vois absolument pas le problème de refuser à quelqu'un une visite impromptue.
 

GibbeRish

Partir pour mieux revenir
28 Avr 2019
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C'est vrai qu'en étant jeune, la notion de "oui c'est chez toi aussi mais avant tout tu vis chez nous" n'est pas toujours bien accepté. Mais elle a 20 ans donc quelque part elle devrait comprendre la nuance, ou, tout du moins, ne pas le prendre comme un refus de votre part de la recevoir.
Quand je vivais chez mon père, s'il ne souhaitait personne chez lui à tel ou tel moment pour X ou Y raisons bah ca me soulait sur le coup mais c'était comme ca, je ramenai personne.
Après, peut-être que le ressenti est légèrement différent lorsque que les parents sont séparés et que donc on est amené à vivre dans deux maisons...Elle prend peut etre cette decision comme une interdiction d'accès à ce qui est aussi sa maison. Effectivement une petite discussion est peut etre necessaire pour clarifier la chose et calmer les esprits. Faire comprendre que vous avez le droit d'avoir votre mot à dire sur quand vous voulez ou non inviter une personne chez vous (une personne autre que ta belle fille).
J'espere que vous trouverez un moment pour pouvoir en discuter, qu'elle comprenne que ce n'est pas juste "nan je ne veux pas de vous" mais plutôt "pas maintenant, pas là à cet instant".
Bon courage!
 

schizophrenia

Well-known member
8 Jan 2019
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Je pense que ça vient peut être d'une différence d'éducation/conception de la maison.
Mon frère, à a peu près l'âge de ta belle fille, et sa copine vivait quasiment chez mes parents. Je pense qu'à partir du moment où, dans ma famille, on est majeur, on a le droit de ramener notre compagnon/compagne. Ca vient du fait que ma mère a toujours rêvé d'avoir une grande famille, et qu'elle a souffert du fait que mon père n'ait pas été le bienvenu chez elle plus jeune. Du coup, ils sont plutôt ouvert : on a une grande maison, donc chacun peut occuper son espace comme il le souhaite. Je comprends que c'est nettement plus relou quand on a un petit espace/qu'on est obligé de sociabiliser. J'avoue ça me pèse nettement plus quand mes parents viennent dans mon mini appartement (que je partage avec mon copain) parfois avec mes neveux, mais j'ai tellement été élevée dans l'idée que c'est les concessions qu'on fait en famille : my place, their place.
@foliana : Oui je comprends le fait d'appeler ses parents pour leur dire "est-ce que je peux passer ? Non ok ça vous arrange pas", dans le cas où le personne est indépendante et à son propre logement, mais ce n'est pas le cas là si ?
 

foliana

Active member
3 Jan 2019
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@schizophrenia Si j'ai bien compris, la fille vit chez sa mère et passe tout les 15 jours chez son père. Ce fut mon cas aussi quand j'étais plus jeune donc je vais dire que le problème je le "vivais" ^^. Quand mon père a emménagé avec ma belle-mère, il nous a dit que nous étions toujours chez nous mais aussi chez eux (ma belle-mère et ses trois enfants). Au départ nous (mon frère et moi) avions à peine une grosse dizaine d'année, donc on ne nous demandait pas vraiment de téléphoner avant de venir. Mais quand nous avons eu chacun 15-16 ans, là nous devions appeler avant de venir, décaler nos arrivées si cela ne convenait pas pour X raison, ne pas ramener d'amis de manière inopinée, etc. D'abord parce que si chacun faisait ça, imagine le bordel que ça engendre avec 5 enfants +/-du même âge mais aussi parce que ma belle-mère et mon père voulaient garder un minimum de contrôle sur leurs vies.

Comme tu le soulignes justement, c'est une manière différente d'avoir été élevée. Et il n'y a pas de bonne ou de mauvaise manière d'être élevé (quoique sur certains points ça se discute). Si tu as été élevée dans l'optique que tu es toujours la bienvenue chez tes parents et que tu ne dois pas appeler pour prévenir, il faut penser que d'autres sont dans l'autre mode de pensée. Tu faisais le lien avec se mettre en couple avec une personne ayant un chien/chat. C'est pareil en fait. Mettons ton copain a un chien, le genre super pot de colle baveux qui aime lécher les orteils. Sauf que toi, tu as horreur du contact baveux et que les câlins c'est ok, mais pas dès que tu t'assieds dans le fauteuil. Tu mettras des limites au chien, selon les règles pré-établie avec ton compagnon, et le chien comprendra que bah, tu lui fournis ses croquettes mais que si il veut lécher de l'orteil, il doit aller voir ton copain.

À 20 ans, et surtout après 12 ans de vie commune avec Grim, elle doit la connaître et savoir que prévenir à l'improviste ça l'angoisse. Elle reste chez elle mais elle doit faire avec les aléas de la vie des autres occupants de la maison. En fait je trouve ça un peu gonflé de la part de la fille en question de prendre la mouche quand Grim lui dit que 19h c'est trop tard. Genre ça fait 12 ans que tu manges avec elle le soir, tu connais son rythme de vie. Je sais que je ne dois pas appeler ma mère après 18h parce que pour elle, c'est que c'est très grave. Si c'est pour demander si elle va bien, rappelle le lendemain matin. C'est un peu pareil, non ?
 

Safinette

Well-known member
4 Jan 2019
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J'ai vécu un peu la même situation que @Grim

Sauf que j'ai vécu beaucoup moins longtemps. mais la plus petite des deux filles (20 ans quand j'ai emménagé hein) vivait encore chez son père. Donc j'ai débarqué la dedans, bon à 20 ans elle faisait sa vie, rentrait quand elle voulait, et passait avec qui elle voulait, plus ou moins en prévenant quand c'était juste pour passer, et en prévenant si elle invitait du monde. Çà ne m'embêtait pas trop, même si je suis peu habituée à ça. Mais on a eu des "clashs" sur d'autres trucs.
Genre on la croisait très peu, car toujours à droite à gauche, par contre il fallait en permanence passer derrière elle, et des trucs qui paraissaient anodins pour mon copain, me paraissaient être un envahissement total de mon espace. (genre les serviettes de bains qui traînent dans des pièces randoms, le petit déj sur la table), ça et le fait qu'elle tapait dans le frigo (pas de soucis) mais sans prévenir si elle terminait un truc. Et pareil quand je lui ai dit, elle a un peu fait une crise (assez passive) "je peux plus rien manger chez moi"
ça s'est tassé avec le temps, elle a finit par s'habituer à ma présence et moi à la sienne.

La deuxième étape ça a été de leur faire comprendre aux deux, que non, si tu n'as pas prévenu tu ne rentres pas sans sonner (maintenant la petite a aussi son appartement) dans la baraque, même si la porte d'entrée est ouverte, que oui on a une vie, et que peut être on s'envoie en l'air sur la table du salon (c'est chez nous après tout).
Mais pareil c'est une question d'éducation, pour elles ça a toujours été un moulin cette maison, moi j'ai besoin de savoir que c'est mon espace sécurisé, et que personne n'y rentre sans l'autorisation de quelqu'un...
Donc je comprends bien le côté "agression" et non maîtrise, comme dise les autres ce sont des questions d'habitudes, et ça peut paraître exagéré pour certain, et pas assez exagéré pour d'autre , il faut que tout le monde arrive à prendre conscience des différences de chacun et arrive à les respecter.
 

Emy Snape

Sugar, cream or cyanide ?
10 Jan 2019
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@Grim ça vaut ce que ça vaut parce que je suis pas du tout dans ta situation, mais juste : je te comprends TOTALEMENT. Donc soutien, et chapeau d'avoir "supporté" ça pendant 12 ans. A ta place j'aurais jamais pu, même pour l'homme que j'aime ça aurait été no way, donc je te trouve hyper forte face à tout ça.

Perso c'est impensable que des gens débarquent chez moi à l'improviste, j'ai besoin d'être prévenue au moins 2 jours à l'avance (pas par plaisir d'être chiante et exigeante, mais être confrontée à des gens de manière imprévue quand on a du mal avec les interactions sociales et qu'on est peut-être sur un spectre neuroatypique, ça peut parfois être une vraie souffrance/angoisse/incompréhension en fait).
Mes frangins ont les clés de chez moi au cas où il arrive un pépin, mais ils savent qu'ils doivent pas s'en servir pour venir bouffer sans prévenir, malgré le fait que pour eux famille = chez moi, tu es un peu chez toi. C'est pas contre eux mais c'est pas ma vision des choses, c'est pas mes codes, je suis plus dans le truc "tu viens que si je t'invite, tu n'as pas accès à ma chambre parce que c'est privé par principe, et tu ne touches pas à tout inutilement parce que de base ça t'appartient pas". Du coup je me pointe pas non plus en freestyle chez eux même si ça les dérangerait pas du tout. Evidemment que s'ils sont en galère je les accueillerais sans problème, mais si c'est pas un cas de force majeure ils ont pas à venir sans que ce soit convenu à l'avance. On a pourtant été élevés de la même manière (chacun avait son espace bien à soi et notre père nous laissait la liberté de fermer nos chambres à clé ou pas, j'étais la seule à le faire), sans voir jamais beaucoup de monde circuler à la maison parce que c'est pas quelqu'un de profondément sociable.
Dès lors que j'ai commencé à co-habiter avec l'homme, mon père a considéré que son chez lui n'était plus vraiment mon chez moi (comme mon chez moi n'est pas son chez lui, c'est logique pour nous), il nous accueillait avec plaisir mais fallait respecter quelques règles basiques, entre autres prévenir à l'avance et respecter un refus de sa part s'il avait autre chose à faire ce jour là. Ça m'a toujours paru être le minimum et je me suis jamais sentie rejetée "juste pour ça".

Dans ton cas, j'ai envie de dire que ta belle-fille a 20 ans, pas 10. A son âge, elle peut quand même comprendre que vous l'accueillez mais que VOTRE logement n'est pas le sien pour autant. Je veux dire, la nuance est quand même pas si difficile à saisir (et puis mentir pour s'incruster en disant que son père était OK, no comment). Je vois juste pas le problème dans ta demande en fait, c'est pas déconnant de faire respecter ses propres règles chez soi. Tout le monde n'a pas les mêmes codes et les mêmes besoins, si ton besoin c'est d'être prévenue à l'avance, je vois pas ce qui l'empêche d'assimiler ça et de mettre en pratique. Je comprends pas trop son comportement et son discours :dunno: Peut-être que sa vision de la famille correspond pas à la tienne et à celle de ton conjoint, mais bah la vie est faite de frustrations et de gens aux attentes très différentes les uns des autres, c'est pas bien sorcier de s'adapter en soi, surtout si c'est pour avoir des rapports apaisés sur le long terme. C'est aussi ça, grandir.
Comme tu dis tu ne demandes pas la lune non plus, tu la chasses pas de chez toi, y'a rien d'injuste ou de mesquin dans ta demande (même si dans notre société c'est tellement valorisé d'accepter la famille et les potes à bras ouverts et que si tu le fais pas, tu es forcément quelqu'un d'hautain ou de pas gentil). Tu es complètement légitime à vouloir vivre la situation au mieux dans ton propre logement, y'a clairement pas de quoi culpabiliser selon moi.
Pourquoi ne pas entamer une conversation avec elle un jour où tu te sentiras un peu apaisée par rapport à ça et que vous serez seuls sans son mec ? En remettant l'église au milieu du village (c'est votre logement), en la rassurant éventuellement (vous l'accueillez sans souci, faut juste respecter l'individualité et les besoins des autres, en l'occurrence les tiens et ceux de son père), en lui expliquant qu'il y a des trucs que tu apprécies pas (le mensonge), que tu lui dis tout ça justement pour que vos rapports soient les plus apaisés possible et pour que ses visites soient toujours un plaisir plus qu'une contrainte.

En tout cas courage. Vraiment.
 

Manins

Well-known member
3 Jan 2019
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@Grim

Bon. Je vais aller à contre-courant de pas mal d'avis. Je vais commencer par dire que je comprends ton besoin de solitude et d'anticipation : je suis faite du même bois, j'ai des difficultés en société, je stresse très vite et beaucoup si quelqu'un se pointe chez moi sans être prévenue. Ça m'est arrivée de passer 30 minutes dans les escaliers de mon immeuble devant chez moi en attendant de trouver le courage et le sang-froid nécessaire pour ouvrir la porte, sachant que mon copain avait invité à l'improviste deux copains à lui (que j'aime par ailleurs beaucoup !) à prendre l'apéro.

Mais j'ai aussi été à la place de ta belle-fille, prise dans les suites d'un divorce difficile avec procès et tout le toutim, ballottée entre deux foyers. Et putain, que c'est douloureux d'être un enfant déraciné. En fait, ça m'aurait défoncé à l'époque qu'on me renvoie de cette manière que je ne suis pas "chez moi" ni chez l'un ni chez l'autre de mes parents (c'est clairement ce que tu dis quand tu écrit 'elle dit toujours qu'elle va chez son père ou chez sa mère, pas chez elle') sous prétexte qu'il y a garde alternée. Même à 20 ans. Donc elle est quoi, elle est SDF ? Je grossis le trait, mais enfin tant qu'elle a pas de chez elle, ça me paraît quand même hard de la traiter comme n'importe quel potentiel adulte qui pourrait se pointer chez toi.

Je ne dis pas que tu es une belle-mère en carton, loin de là. Tu as visiblement beaucoup pris sur toi pour que ça se passe bien pour elle, et je ne doute pas que tu t'es investie dans cette relation. Mais tant qu'elle n'a pas de chez elle, qu'elle ne s'est pas installée, ça me semble compliqué d'exiger d'elle qu'elle prenne autant de pincettes dans son rapport à votre domicile... Surtout qu'elle a l'air de bonne volonté : tu dis qu'elle est gentille, qu'elle a accepté de participer aux tâches ménagères quand tu le lui as demandé, qu'elle pensait avoir prévenu pour le fait que son copain venait (peut-être qu'elle a menti, mais peut-être aussi qu'elle était de bonne foi ? :dunno:) et souhaitait passer juste pour prendre des papiers... Et oui, peut-être que c'est extrêmement malvenu pour toi qu'elle étende le linge dans votre chambre, mais encore une fois, si il n'y a pas malice de son côté, c'est difficile de lui en vouloir pour ça. Vous lui aviez explicitement interdit d'aller dans votre chambre ou pas ? Je veux dire si des règles sont clairement posées et qu'elle les enfreint, c'est une chose, mais si, c'est du non-dit et qu'elle tend à te blesser sans le vouloir en essayant de trouver sa place chez vous, ça me semble quand même nécessaire de relativiser l'outrage. Je sais pas, peut-être que je me trompe mais j'ai l'impression, dans les messages que tu écrit, qu'elle doit "deviner" pas mal de choses. S'il y a des limites absolues, des trucs sur lesquels tu ne peux absolument pas transiger sous peine de te sentir trop mal, peut-être qu'il faudrait, si ce n'est pas clairement fait, en tirer deux-trois règles claires afin de faciliter la vie commune. Mais ça me semble logique, en dehors de ces règles de faire des concessions aussi de ton côté tant qu'elle n'a pas son propre chez-elle. Typiquement, passer vite fait prendre des papiers à 19h en ayant prévenu un peu de temps avant, ça me semble un bon compromis. Si tu ne veux pas qu'elle s'attarde, tu peux clairement signaler par texto avant qu'elle arrive que comme c'est short-notice, vous avez pas prévu le dîner hier mais qu'elle est la bienvenue, comme prévue, pour le repas le lendemain non ?

J'espère sincèrement que tu ne vas pas mal prendre mon message. Je ne suis pas dans tes bottes, et je ne connais pas ta belle-fille. Je ne mets pas un seul instant en doute ta souffrance, tes difficultés, tes angoisses, ta peur de l'intrusion. Mais je ne peux pas m'empêcher de mettre dans la balance, dans l'autre côté, sa peur de l'abandon et son potentiel besoin d'appartenance et même à 20 ans, ça compte. Elle subit la garde alternée autant que toi, finalement. En tout cas j'espère de tout cœur que les choses se simplifieront, sans trop de heurts, pour vous deux. Et que tu pourras poser tes limites (et les limites de tes limites) sereinement :fleur:
 
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Emy Snape

Sugar, cream or cyanide ?
10 Jan 2019
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@Manins mais même quand des gosses vivent sous le toit de leur.s parent.s, ils font pas non plus absolument TOUT ce qu'iels veulent quand iels veulent, si ? Y'a en général des règles à respecter niveau intimité (réciproque) et limites pour que la vie en communauté se passe au mieux, mais c'est le logement de l'adulte avant d'être celui de l'enfant en toute logique. Le vrai logement de l'enfant, c'est quand iel aura assez d'autonomie pour avoir le sien et appliquer ses propres codes sous son toit, en attendant iel se plie un minimum aux règles fixées dans le foyer (ne pas rentrer après telle heure, prévenir si on va manger chez des potes ou si on en ramène à la maison, ne pas aller dans telle pièce si c'est privé, participer aux tâches ménagères, etc.). Ça fonctionne tout le temps comme ça en fait, de l'enfance jusqu'à l'autonomisation totale, on est tou.te.s passé.e.s par là à 5, 10, 15 ans.
Edit : Idem pour Tonton Marcel ou pour le pote d'enfance qu'on pourrait être amené.e à héberger, le minimum c'est qu'il respecte les quelques trucs de base (qui varient d'une personne à l'autre). Our home, our rules.

C'est pas pour autant que c'est forcément mal vécu ou que c'est signe de négligence/désamour/incompréhension des trauma et de la personnalité, si y'a une atmosphère safe et du dialogue en amont (et dans le cas de @Grim y'en a visiblement pas mal à chaque fois). C'est pas pour autant qu'il y a pas écoute des besoins de la personne en face, mais on est pas forcément obliger de complètement se renier ou s'oublier pour être accueillant.e.
Je comprends pas trop pourquoi poser des limites serait un affront, un rejet ou une horrible privation de liberté, surtout quand on parle d'une adulte de 20 ans qui a logiquement assez de maturité et de compréhension des choses pour respecter les quelques demandes pas bien contraignantes du père et de la belle-mère (je comprends que ça bloque plus quand l'enfant est jeune et qu'iel est dans sa phase "je suis le centre du monde"). Le respect des émotions et du vécu de l'autre, ne pas imposer trop de choses chiantes, ben c'est à double sens.

Après comme dit plus haut, on a tou.te.s une éducation et une perception différente du truc (et de la famille de manière générale), d'où certainement l'incompréhension des arguments et des besoins des un.e.s et des autres. La base du respect est pas la même pour tout le monde. On tombera certainement jamais d'accord parce que ça fait appel à des convictions très ancrées, mais c'est intéressant.
 
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schizophrenia

Well-known member
8 Jan 2019
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@Grim : J'avoue que ce qui me chiffonne un peu, si tu me permets, c'est que tu ne l'autorises pas, où que ça t'énerve qu'elle fasse le ménage alors que bon, elle vit ici. Honnêtement, je suis choquée qu'elle puisse étendre le linge dans ta chambre sans te demander, c'est quand même un safe space (de la même manière que ça chambre à elle, j'imagine est privée) mais qu'elle fasse le ménage. On a pas tous le même seuil de tolérance et je comprends qu'elle se sente mieux si certaines choses sont faîtes. Je comprends que ça te renvoie à tes insécurités, mais c'est pas très juste pour elle, si elle a besoin d'un environnement nickel pour y vivre. Genre mon copain fait 80% des tâches ménagères, principalement parce que j'ai pas trop les ressources temps/moral pour le faire, je culpabilise un peu mais j'ai pas envie qu'il se force à vivre dans un appartement qui ne correspond pas à ses standards de propreté sous prétexte que c'est à moi de le faire (et en vrai, je kiffe avoir un appart propre, si il me demande rien et est content de le faire, double bénéfice).

HS :
Toute cette histoire me rappelle quand le cousin de mon mec nous a appelé le lundi midi pour nous prévenir qu'il restait toute la semaine chez nous à partir du soir même. Même pas nous demander si c'était possible, non, nous dire qu'il arrivait. Mon mec l'avait pas vu depuis dix ans, on a du trouver une couette et des draps en deux heures.
Au final il nous a rendu ouf : il a imposé à mon mec de sortir le lundi soir alors qu'il bossait à six heures le lendemain, a bouffé tous nos chocolats de noël en douce, il a fallu lui rappeler trois fois de fumer sa weed dehors et pas dedans, il a fallu lui laver ses affaires et lui faire des tuperware de bouffe. Au final, j'ai craqué devant sa beauferie le dernier jour et je suis partie dormir ailleurs. Parce que même si on partage le même appartement à égalité (enfin non il paye le loyer moi non), j'estimais que c'était à mon copain de poser les limites et de décider lui même qu'elles sont les règles qu'il applique pour sa famille. De la même façon je gère mes parents quand ils viennent (et je suis moins coulante avec eux).