Le topic des childfree

Cactus

Aïe ! Ça pique !
2 Jan 2019
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J'ai toujours du mal quand on cherche à opposer égoïsme des parents et altruisme des CF, ou à l'inverse altruisme des parents et égoïsme des CF. Oui les parents sont égoïstes, oui les CF le sont aussi, oui tout le monde l'est potentiellement sur des choses différentes en fait.
Les parents font des enfants parce qu'ils en ont envie, pour eux, pour leur plaisir, parce qu'ils en ressentent le besoin, parce qu'ils veulent transmettre leurs valeurs même si objectivement elles laissent à désirer. Donc c'est égoïste.
Les childfree ne font pas d'enfant parce qu'ils n'en ont pas envie, ils s'abstiennent pour eux-mêmes, pour leur plaisir, parce qu'ils ressentent le besoin de ne pas procréer, parce qu'ils préfèrent garder leur vie telle quelle. Donc c'est égoïste.

ET ENCORE HEUREUX ! Ce serait horrible de faire un enfant pour une autre raison que par envie égoïste. Imaginez expliquer au gamin qu'on l'a eu parce que c'était pour faire plaisir à tante Gertrude ou parce que tout le monde le fait donc c'est comme ça. Il va se sentir vachement désiré dis donc...

Par contre, du coup ça me gonfle quand les parents ou wannabe parents disent que les childfree sont égoïstes. Déjà, et alors ? On ne fait de mal à personne à ce que je sache. Ensuite, bah eux aussi donc chut.

Y'a pas beaucoup d'altruisme dans ma volonté de ne pas avoir d'enfant. Y'a beaucoup de choses pas intellectualisées, qui viennent de l'instinct et du viscéral, je suis CF parce que je le SAIS. Ma tête le sait, mon corps le sait, mes émotions le savent. Aussi sûr que je sais qu'il faut pas oublier de respirer pour vivre, aussi sûr qu'un wannabe parent sait qu'il peut pas vivre sans enfant. Mon childfreeisme est tellement ancré depuis toujours, mon désintérêt total pour la maternité et les nourrissons tellement ancré depuis mon enfance (y compris tous les jeux et les contes qui s'y rapportaient de près ou de loin), que j'ai l'impression d'être née comme ça. C'est peut-être le cas, peut-être pas. Je peux pas vraiment l'expliquer, je le ressens profondément et je le vis sans mettre de mots ou de concepts compliqués dessus.
J'aimerais bien être aussi sûre que toi :puppyeyes: ! Moi c'est 99 % chilfree et 1 % envie/incertitude. Du coup, je me retrouve à penser à des trucs comme "Si on achète avec Monsieur Cactus dans quelques années, ce serait bien de viser un appartement avec 3 chambres histoire que les 2 gosses aient chacun leur chambre" ou "Si j'accouche, je ne veux pas de péridurale ni de décubitus dorsal ni aucune torture style expression abdominale ou épisiotomie. Oh tiens, ça tombe bien, la clinique Truc Muche a justement une salle d'accouchement physio, c'est cool"
Alors que dès que je m'imagine avec un gosse ne serait-ce que dans 8 ans (j'en aurai alors 35), ça me donne envie de PLEURER en mode "Merde, il ne me reste que 8 ans à vivre, c'est dégueulasse. Au final entre les obligations en tant qu'étant puis les sacrifices faits dans ma vie de jeune adulte et enfin le fait d'élever un gamin pendant 20 ans, je vivrai + d'années de contraintes que de liberté...".

j'ai une part égoïste et toute l'abnégation nécessaire pour faire tourner sa vie autour de celle de l'enfant, c'est impensable pour moi.

[...]bouffer tous les jours à 12h devant son jeu TV préféré en essayant de comprendre le langage incompréhensible propre aux enfants et en démontrant patiemment pourquoi faut pas qu'il reprenne 2 fois de dessert, c'est pas ma définition de la vie. J'ai vu aussi à quel point ma patience est limitée sur certains trucs, dans la vie de tous les jours j'étais déjà au courant, mais avec un enfant c'est forcément décuplé (désordre, bruit, besoin d'attention et d'affection du môme qui est trop envahissant pour moi, crises de padodo, faire de la pédagogie, négocier et prendre le temps de tout expliquer, communication non violente, tout ça).

[...]

Ça demande des capacités et des préoccupations qui sont tellement à l'opposé des miennes et de mon fonctionnement.
Alors oui je me soucie de son bien-être quand il est là, j'ai envie qu'il me voie comme une personne positive et un minimum

[...]
dans ces moments là je me sens facilement prisonnière aussi. J'ose pas imaginer la prison que ce serait pour moi de devenir mère, compte tenu de mes aspirations, de mes projets, de ma personnalité et de mes névroses.
C'est exactement ce que je ressens. Comme tu le dis, je me sentirais prisonnière, ce n'est pas ma définition de la vie.

Y'a autre chose qui me ferait complètement flipper : les gens, les agressions sexuelles, le harcèlement scolaire, les trauma causés par les autres de plein de façons, tous ces trucs qui marquent à vie et qui n'épargnent pas grand monde (puis j'imagine que ma/notre progéniture aurait logiquement pas une physionomie bien-dans-les-normes ou qui passerait inaperçue, ce qui n'aiderait pas). J'ai une vision assez noire et sarcastique des gens en général, je suis pas outillée pour déborder d'optimisme et de confiance en les autres, c'est peut-être pour ça que je vois que l'aspect négatif du monde et que je ne comprends pas comment certain.e.s peuvent être super enthousiastes à l'idée de donner la vie, mais faire naître un être humain, risquer de le briser en tant que parent, prendre le risque que le monde extérieur le brise, prendre le risque qu'il brise les autres ensuite ou au minimum qu'il vive avec ses trauma ad vitam aeternam... C'est un peu con parce que la fin du monde m'inquiète pas (ni pour moi ni pour les générations futures, ou alors c'est du déni et je le sais pas encore) mais l'impact que peuvent avoir les gens les uns sur les autres me paraît franchement flippant.
J'y ai pensé aussi et j'adhère complètement.
Je me suis déjà dit aussi : avoir un garçon donc un futur oppresseur ? Non merci. Avoir une fille donc une future victime du système patriarcal ? Non merci. Passer 20 ans à expliquer que non, contrairement à ce qu'a dit la maîtresse, le rose n'est pas que pour les filles, que contrairement à ce qu'a dit Kevin les filles aussi peuvent faire du karaté, répéter en boucle à ma fille qu'elle aussi peut être astronaute si elle veut ou bien répéter en boucle à mon fils que l'absence d'un oui ça veut dire non, etc. Avoir peur à chaque rentrée scolaire que mon enfant devienne un harceleur ou un harcelé et me sentir coupable dans les deux cas. Et ainsi de suite. Nan, franchement, ce serait trop de stress, trop de douleur, trop de fatigue...
 

Lemon

Sweet and sour
6 Jan 2019
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J'ai fait cinq heures de train avec le chat/les affaires du chat, ça m'a donné un aperçu de l'apocalypse que ça doit être de gérer un enfant. Quand par exemple le truc se met à miauler parce qu'il a senti l'odeur du jambon et qu'il faut faire les cent pas dans le couloir, le temps qu'il se calme. Ou qu'à peine rentrée chez toi, tu dois courir partout pour le nourrir, changer la litière etc. Malgré tout, je l'aime et il me manque. (Et l'avantage, c'est que j'ai pas besoin de babysitter pour kiffer ma vie et aller boire des bières toute la soirée).
C'est exactement pour ça que je ne veut pas d'animaux de compagnie non plus, trop de choses relous à gérer :censored: (même si j'imagine que ça doit être génial d'avoir une relation si privilégie, les corvées quotidiennes me bloquent...). D'ailleurs je dois souvent me justifier d'adorer les animaux mais de ne pas en "avoir" (rien qu'utiliser ce verbe me pose soucis, je n'ai pas envie de posséder un être vivant). Donc en plus de la question "c'est pour quand les enfants ?" de la famille, je dois gérer les "alors tu va prendre un chat / un chien maintenant que tu va avoir un jardin ?" :rolleyes:...
 

schizophrenia

Well-known member
8 Jan 2019
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@Cactus : c’est marrant parce que quand on se pose la questions d’acheter avec Monsieur S on ne parle jamais d’avoir plus d’une seule chambre. C’est naturel pour nous. De la même manière, j’arrive pas à m’imaginer accoucher, ou alors j’ai un scénario de film d’horreur. Quand je rêve que je suis enceinte que le point d’accoucher je suis en mode « péridurale péridurale » et « trouvons une poubelle pour jeter le bébé ». Je suis chanceuse parce que ça me permet d’etre Sereine.
 
23 Avr 2019
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Paris
Coucou tout le monde.

Je viens poser mon caillou de CF en construction parce que ce topic me fait tellement de BIEN.

Donc 24 ans, bientôt 25, encore jeune me direz-vous ("t'as le temps de changer d'avis", nonnnnnnnnnnnnnnnnnnn o_O), CF depuis toujours (?).

Depuis toute petite j'ai jamais été branchée enfant, bébé, ça ne m'a jamais intéressé, et aujourd'hui ça me laisse assez indifférente.
Comme beaucoup ici j'ai l'impression, j'aime vraiment être "libre" dans le sens sans contraintes subies (ou seulement des contraintes choisies et c'est là toute la différence). Pouvoir gérer mon temps, mon planning. Sans compter la lourdeur de la maternité. C'est un peu toujours le même problème de charge mentale que vous évoquiez, mais la perspective de me retrouver avec un enfant plus un mec à gérer, qui ne fera sûrement pas grand chose, c'est la définition du cauchemar pour moi. Ou me séparer du père de l'enfant et me retrouver à l'élever seule les 3/4 du temps, sauf quand Mr daigne s'en occuper 1 we/2. Bien sûr tous les hommes ne sont pas comme ça, je généralise, et y'a pleins de papas géniaux, mais c'est quand même 80% des cas.

J'ajoute une enfance pas très heureuse, des parents spéciaux, une relation compliquée avec ma mère qui m'a dit plusieurs fois que j'étais un poids dans sa vie, que je l'empêchais de vivre, et que si elle avait su, elle aurait pas fait d'enfants, ça marque. Je suis bien consciente que mon éducation a peut-être (sûrement ?) conditionné ce choix, mais j'ai une anecdote qui m'a bien marquée à ce sujet et que je voudrais retransmettre ici :

Je vais pour la première fois chez un médecin chez qui on m'a envoyé.
Lui : Vous voulez des enfants ?
Moi : Non
Lui : Vous êtes proche de maman ? (déjà me parle pas comme une enfant de 5 ans stp)
Moi : Non, plutôt le contraire.
Lui : Ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh, c'est pour ça !
:unsure:

Le mec m'a complètement infantilisé et me fait en prime sa psychanalyse à deux balles. Je ne nie pas que ça n'a pas conditionné mon choix EN PARTIE, mais ça m'a semblé réducteur, et j'ai compris ça comme "les femmes CF ont des problèmes oedipiens ou avec leur mère, en gros elles sont pas bien dans leur tête". J'en suis sortie en rage. Donc en gros, on aurait pas le droit d'être CF ? Librement ? En ayant une réflexion mûre et construite ? Rationnelle (ou pas d'ailleurs) ? Ou juste être CF sans raisons parce qu'on a décidé que ce serait comme ça et pas autrement ?

Il faut toujours trouver des excuses, comme si le fait de ne pas vouloir d'enfant était quelque part pathologique. Et quand bien même des personnes ne voudraient pas d'enfants parce qu'iels sont traumatisé.es, ça dérange qui ? C'est une maladie d'être CF ? Un coup de psy et tout ira mieux, vous verrez, vous aurez envie de pouponner ? J'hallucine.

J'ajouterai que je ne me reconnais pas du tout dans la maternité, dans le fait d'être mère. C'est quelque chose qui ne me parle pas du tout. Avoir un enfant à moi, ça me paraît complètement irrationnel en fait. Pourquoi vouloir à tout prix un enfant à soi ? Pourquoi pas un enfant d'ailleurs ? Les gens qui veulent des enfants et refusent d'adopter quand ils ne peuvent pas avoir un enfant biologique me questionnent beaucoup. Tout ça me renvoie à une idée de possession, d'appartenance, d'ego qui me met vraiment mal à l'aise même si je n'ai pas encore abouti cette réflexion là. D'ailleurs si vous avez des pistes... :hello:

En revanche j'aime beaucoup l'idée de "mentorat/tutorat". Par exemple je m'imagine très bien tata ou marraine (et ma meilleure amie m'a déjà réservé pour son futur premier d'ailleurs :hesite:). Transmettre des valeurs, transmettre des connaissances, une ouverture sur le monde, un état d'esprit, une ouverture intellectuelle, à des enfants ou à des jeunes je trouve ça formidable. Les guider et leur donner les clés pour devenir des adultes équilibrés, capables de faire leur propres choix, ça me parle. Et je serai vraiment heureuse de le faire. Mais pas à temps plein. Pas avec des enfants à moi.

Sinon dans ma famille mon choix est plutôt bien accepté et je me rends compte à vous lire que j'ai de la chance. Mon père lui-même m'a dit il y a quelques mois (parce qu'on en parlait) qu'il ne me voyait pas avec des enfants, que ça ne me correspondait pas. Ma mère sait que je n'en veux pas, elle a eu du mal au début, le chantage à la grand-mère toussa toussa, mais on fait pas des enfants pour ses parents, et maintenant elle s'y est faite. Mes amis sont hyper ouverts, donc pas de soucis de ce côté-là. Et pour le moment ça ne m'a jamais posé de problème avec les mecs vu que je ne cherche pas de relation longue donc tout roule.

En fait dans tout ça, pour résumer ce pavé, le plus dur pour moi a été de faire le deuil du fait d'être mère. Pas dans le sens où j'en voulais et c'est pas possible mais dans le sens où je n'en ai jamais voulu mais je me le suis longtemps caché comme si c'était un herpès honteux; et il m'a fallu des années pour accepter cet état de fait sans me sentir anormale. Quelque part j'ai fait le deuil d'une certaine image potentielle de moi-même, d'un futur conditionnel. D'une personne que j'aurai pu devenir mais que je ne serai pas. Je l'ai ressenti comme faire le deuil d'un chemin que je prendrai jamais parce que ce n'est pas le mien. Dès fois je me dis que j'aimerais bien être "normale" et vouloir des enfants, et puis je me rends compte que même en me forçant je ne pourrai pas. C'est un état de fait. C'est comme ça et pas autrement et ça ne PEUT PAS être autrement.

Donc il me semble important d'avoir des espaces "safe" comme celui-ci où chacun.e peut témoigner de son parcours et donner son point de vue sans se faire emmerder. Et merci à tout.es pour vos témoignages, c'est très inspirant.

Et désolé encore pour le pavé, merci à ceux ou celles qui ont eu le courage de me lire. :fleur:
 

Cactus

Aïe ! Ça pique !
2 Jan 2019
101
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93
@schizophrenia
Ici, c'est l'inverse.

Monsieur Cactus (dit qu'il) veut des enfants, que quand il s'imagine à 40 ans, il se voit être père. Pourtant, quand on pense à l'appartement qu'on pourrait acheter (sachant qu'on s'est mis d'accord sur le fait que ce serait un achat pour du long terme hein, on n'a pas l'intention de le revendre au bout de 5 ans), ses critères en fait c'est une chambre pour nous et une chambre pour faire la salle de sport dont on rêve.

Je savais que tous les deux on voulait au moins 2 chambres pour ce projet mais comme il m'a plusieurs fois dit que lui il voulait des enfants (mais pas pour maintenant), j'ai bêtement imaginé qu'il voudrait aussi une troisième chambre pour y foutre un ou 2 marmots. Bah... non. Et comme avoir une troisième chambre pour y faire une belle bibliothèque et/ou un dressing et/ou une chambre d'ami, ce serait cool, bah l'idée dune troisième chambre ça ne me dérangeait pas quoi. Du coup je m'étais dit autant viser un appartement 3 chambres.

Extrait d'une conversation entre Monsieur et moi :

Moi, en train de regarder des annonces alors qu'on achètera pas avant 4 ou 5 ans mais j'aime bien regarder quand même : bon, des appartements avec 3 chambres dans notre budget, y en a mais pas des masses et avec les autres critères, ça va être long ^^'
Lui : bah, on s'en tout, 2 chambres ça suffit
Moi, prêchant le faux pour savoir le vrai : ah bon, tu veux pas également une pièce supplémentaire pour t'en faire un bureau et être au calme :rolleyes: ?
Lui : non, justement, je préfère qu'il reste dans le salon, je n'ai pas envie d'être isolé, il faut juste une deuxième chambre pour notre salle de sport.
Moi : ah bon bah oui, dans ce cas 2 chambres ça suffit !
Du coup, ça ne fait que confirmer mon idée qu'au fond, il n'en veut pas non plus. C'est moche hein de croire que je sais mieux que lui mais bien évidemment, je ne prétends pas être sûre à 100 % de ce qu'il veut, je ne suis pas lui.

Mais y a cette discussion et surtout y a plein d'autres petits détails qui me font croire qu'il pense en vouloir parce que dans sa famille, c'est comme ça, que la société dit que c'est comme ça et qu'il n'a jamais vraiment envisagé qu'un autre choix était possible mais qu'en fait, il s'en fout complètement, voire que ça l'arrangerait bien de ne pas en avoir.

Par exemple, malgré mes propos impitoyables contre les enfants et le fait d'être parent, il ne veut pas qu'on se sépare car selon lui, je pourrais changer d'avis... ou lui aussi pourrait changer d'avis. Je n'en connais pas beaucoup (pour pas dire "pas du tout") des gens qui disent "oui j'en veux mais je peux changer d'avis, peut-être que dans 5 ou 10 ans je ne voudrai plus être parent" :hesite:

Quand je l'imagine me dire "En fait moi non plus je ne veux pas d'enfant", je ressens comme un soulagement :red:.

Mais il a l'air de s'accrocher à l'idée qu'un jour, il en voudra :cry:.

En fait, j'ai l'impression, peut-être idiote, que mon "corps" ne serait pas contre (c'est vraiment possible en fait cette histoire ou c'est du mytho ?) et que la société arrive à me faire croire -à tort- qu'il pourrait y avoir 1 ou 2 avantages à être mère. Mais mon cerveau sait que ça ne me conviendra pas. Je sais que ça sera trop de stress, de fatigue, de contrainte, de déceptions. Je sais que j'aurais l'impression de gâcher ma vie, d'être prisonnière, une esclave.
 
Dernière édition:

schizophrenia

Well-known member
8 Jan 2019
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@Cactus : ici on est conditionnés aussi par le fait qu'on a même pas le loisir de se poser la question (puisqu'un appartement de plus d'une chambre coûte 400 000 euros à l'achat).
En tout cas, je trouve ton discours très interessant, n'oublie pas que tu as plein de temps pour choisir/décider.
 

Safinette

Well-known member
4 Jan 2019
492
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Perso quand on en a parlé, j'étais assez catégorique, après je connais aussi des gens pour qui c'était hors de question et pourtant plus tard....
Donc en gros je lui ai dit "je sais pas si dans 5/10 ans je tiendrais le même discours, même si ça fait 15 ans que le tiens, mais je sais que si un jour je veux un enfant ça ne sera pas avec toi".
Le seul cas où l'on pourrait avoir un enfant c'est si je faisais un déni de grossesse, il m'a dit qu'il ne me laisserait bien entendu pas seule.
 
You Rock !: Genny et Scaretale

Melou

wait... what?!
18 Jan 2019
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Voilà, maintenant que vous savez tout de mon cheminement CF, j'ai une question pour vous : y a-t-il des choses concrètes dans la parentalité que vous trouvez chouettes et que vous regrettez de ne pas pouvoir vivre/faire/réaliser ? (sans pour autant que ça vous fasse changer d'avis, évidemment !)
Pour moi ce serait de donner un prénom. Je me dis que j'aimerais bien passer des mois à faire des listes, à peser le pour et le contre, à tester les réactions des gens etc.
Et puis je pense que j'aurais bien aimé être grand-mère. Je le vois comme mon rôle de tata / marraine maintenant mais en vieux quoi. :vieux:
 

Mymy

Rédac chef de madmoiZelle
2 Jan 2019
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Paris
www.madmoizelle.com
@Melou : a l’inverse de plein de femmes CF qui disent en avoir une phobie, moi je pense que c’est la grossesse qui m’intéresserait le plus ! Ça a l’air d’être une expérience corporelle absolument unique ! Mais aussi risquée, bien sûr, et on ne sait pas sur quel modèle de grossesse on tombe. Donc je ne me vois pas vivre ça sauf contre ma volonté ; même en cas de GPA légalisée, je ne pense pas prendre ce risque, hormis à l’extrême limite pour quelqu'un que j’aime infiniment mais ça paraît très hypothétique !

Bonne question je trouve ! :jv:
 

Safinette

Well-known member
4 Jan 2019
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@Scaretale je suis comme ça aussi. Je suis contente pour les gens car ils ont l'air content, mais quand on m'envoie 15 photos par jour, j'avoue je ne les regarde pas (comme les photos de voyage des gens aussi....autre sujet ).
Même quand c'était mon neveu, il était chou hein....mais bon ça reste un bébé, je regarderai pas des selfies de mon frère ou ne ma belle sœur tous les jours....bah là pareil. Mais bon je ne dis rien, et des fois je lâche un "trop chou!!!!"...ça ne me coûte rien et c'est socialement bien vu

@Mymy quand j'ai été enceinte (quelques semaines) j'ai trouvé ça incroyable aussi, mon envie de ne pas le garder était là et inamovible, mais je n'arrêtais pas de me dire que mon corps était en capacité de fabriquer un être vivant et je trouvais ça dingue.
En plus mon corps m'a envoyé des signaux ultra fort (et pas sympas...) donc c'est fou de voir tout ce qui peut se passer.

@Melou moi c'est le côté transmission de mes valeurs/ des choses que j'apprends (surtout le respect, le féminisme, le consentement etc) on va dire qui peut me manquer. J'ai pas d'enfant dans mon entourage proche et mon neveu je ne le vois que trop rarement pour pouvoir lui faire passer quelque chose. C'est aussi en partie pour ça que je me réoriente. j'ai envie de jouer un rôle dans la vie d'enfants, mais pas de les avoirs à la maison (et potentiellement subir les conséquences d'un loupé de ma part)
 

Melou

wait... what?!
18 Jan 2019
94
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53
@Mymy et @Safinette je comprends ce que vous voulez dire, être enceinte ça m'intrigue (beaucoup plus que ça ne me tente d'ailleurs). Avant je me disais que ça doit être génial de pouvoir manger absolument tout ce que tu veux pendant 9 mois puisque tu grossis de toutes façons mais c'est même pas le cas ! Certaines collègues qui ont fait du diabète pendant leur grossesse m'ont raconté avoir été mises au régime alors que (je cite) manger était le seul plaisir de l'existence qui leur restait encore :cretin:

Quand j'ai pris l'avion avec ma cousine enceinte de 7 mois j'ai eu un aperçu des avantages (sans les inconvénients niark niark), on a pu traverser le terminal en chariot électrique et griller la file d'attente, ça donne un petit sentiment VIP assez grisant. D'ailleurs pendant toute cette période j'ai eu énormément de mal à avoir un comportement normal avec elle, j'étais hyper protectrice, et je faisais attention à tout ce que je disais pour ne pas la froisser.
Par contre le truc que tout le monde trouve mignon la plupart du temps mais qui m'effraie un peu c'est quand le bébé bouge, elle m'a montré et m'a fait toucher son ventre, ça me fascine et ça me dégoûte en même temps.:oo: J'oscille entre "le miracle de la vie" et "Alien" :alien:
C'est-à-dire qu'être enceinte, l'accouchement, l'allaitement tout ça, même si c'est la chose la plus naturelle du monde je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'on est dans un ouvrage de science fiction où l'auteur a imaginé quelque chose de passablement tordu pour que les humains se reproduisent. Je sais pas moi, on pourrait faire une bouture en coupant son orteil et attendre que ça pousse ? Ce serait quand même plus propre :yawn:

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Safinette

Well-known member
4 Jan 2019
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@Chaton sous-marin
Je pense aussi que les CF restent discret malgré tout, dans mon groupe d'ami on était 3 CF (sur 6 nanas c'est pas mal), y'en a une qui est passé du côté obscur (j'avais jamais discuté de ses motivations, mais elle a rencontré un mec et PAF un baybay...donc ça devait pas être super ancré)
L'autre est en couple (plus ou moins...ça à l'air compliqué) et elle n'en veut toujours pas alors que lui oui, donc c'est tendu, mais des fois elle me demande si je suis toujours CF, je crois que ça la rassure un peu....mais globalement on en parle pas plus que ça.
Nos amis savent qu'on ne veut pas d'enfant et je crois que c'est un non sujet, ce qui nous va bien.
 

Emy Snape

Sugar, cream or cyanide ?
10 Jan 2019
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ET ENCORE HEUREUX ! Ce serait horrible de faire un enfant pour une autre raison que par envie égoïste. Imaginez expliquer au gamin qu'on l'a eu parce que c'était pour faire plaisir à tante Gertrude ou parce que tout le monde le fait donc c'est comme ça. Il va se sentir vachement désiré dis donc...
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"Si on achète avec Monsieur Cactus dans quelques années, ce serait bien de viser un appartement avec 3 chambres histoire que les 2 gosses aient chacun leur chambre"
Ici on a acheté une maison avec 3 chambres (le m² vaut quasi rien dans notre coin paumé, autant en profiter) mais on a juste pensé à ma pièce perso et à la bibliothèque, jamais en mode "au cas où, si un enfant ou 2". Ça nous vient jamais à l'esprit d'inclure un.e môme dans notre équation.

En tout cas je trouve tes questionnements assez intéressants (se projeter sur le nombre de chambres et l'accouchement tout en voulant pas d'enfant), ça me fait voir le childfreeisme sous un autre prisme, plus nuancé et moins catégorique que le mien.

D'ailleurs je dois souvent me justifier d'adorer les animaux mais de ne pas en "avoir" (rien qu'utiliser ce verbe me pose soucis, je n'ai pas envie de posséder un être vivant). Donc en plus de la question "c'est pour quand les enfants ?" de la famille, je dois gérer les "alors tu va prendre un chat / un chien maintenant que tu va avoir un jardin ?" :rolleyes:...
Parce que je crois qu'une partie des gens voient les CF comme "de pauvres âmes insensibles qui savent pas aimer tu vois", donc voir un CF avec des animaux ça adoucit certainement l'image qu'ils s'en font, ça les rassure quelque part. Faut forcément être attendri.e par un truc, faut forcément avoir envie de s'occuper d'un être vivant ou avoir besoin d'affection, c'est trop mal vu sinon. (Oui c'est complètement con, on est d'accord.)
Je trouve ça assez responsable de dire clairement qu'on se sent pas prêt.e pour les corvées que représente une bestiole, plus que d'en accueillir une chez soi pour la balancer au refuge ou sur le bord de la route 2 mois après parce que "aaah mais j'avais pas réfléchi aux inconvénients, tout le monde m'a dit que c'était génial et puis c'est trop meugnon une boule de poils" (affligeant :stare:)

Après je partage pas trop cette vision de possession de l'être vivant (sauf dans le cas d'un achat d'animal, là je suis totalement contre). Si je prends mon exemple perso, nos 2 chats viennent d'un refuge où ils ont été entassés, avant ça ils ont été abandonnés, voire peut-être maltraités vu leurs réactions à certains trucs. Même si mon envie d'avoir des animaux est égoïste (évidemment) et que je me vois pas comme sauveuse désintéressée, c'est aussi l'occasion de leur apporter un environnement plus safe/respectueux et des moments de calme après la galère. "Avoir" un animal ça se résume pas juste à ce qu'il nous appartienne sur le papier, même si je comprends à peu près pourquoi le terme peut faire tiquer.

Ben d'ailleurs en ce moment on est en camping-car avec eux, par choix et par galère de trouver quelqu'un.e pour veiller au grain pendant 2 semaines. C'est pas mal d'orga et de chamboulement en amont. Ils sont passés par une phase "je suis pas chez moi SOS je flippe", puis par une phase serviteurs de Satan et là ça commence enfin à aller mieux depuis le début de la semaine (je supporterais ça de la part d'aucun humain mais là comme je suis gaga ça passe). La majorité du temps ça me fait plaisir, mais forcément on est un peu moins libres que les autres années du coup. Y'a du bon et du moins bon.

@Melou les trucs que je trouve plutôt chouettes dans la parentalité : donner un prénom et la transmission de connaissances. Après je me sens pas totalement privée de ça en tant que CF non plus.
Je suis passionnée de prénoms depuis mon enfance (parce que la lecture, mes années théâtre et mon intérêt pour l'Histoire). Je me prive pas de m'y intéresser sous prétexte que je veux pas de gosse, les prénoms sont super intéressants dans plein d'autres contextes que la maternité.
Pour la transmission de connaissances, je le fais un peu avec mon filleul maintenant qu'il est dans un âge enrichissant (pour moi s'entend, je trouve qu'un être humain devient vraiment stimulant à partir de 5 ans) et aussi avec n'importe quelle autre personne, même adulte, qui s'intéresse un peu à mes passions. Mais participer à l'éveil intellectuel de quelqu'un au quotidien, je pense que ça me plairait vachement. Pour autant j'envisagerais jamais un boulot avec les jeunes (je préfère largement un taf plus solitaire et j'aime bien me sentir coupée du monde dans mon box :shifty:)
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Je me dis que ce serait pas déplaisant, mais ça me manque pas réellement non plus.

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