La vraie vie des femmes entrepreneures

Clémence

Rédactrice en chef
Équipe Rockie
21 Nov 2018
340
1 536
93
28
#1
 

La semaine dernière, en zonant faisant de la veille sur Twitter, je suis tombée sur un thread très intéressant. Aurélia Baranes y racontait toutes les embûches qu’elle a rencontrées en créant à 27 ans Serieously, un média pour les passionnés de séries.
Ce n’était pas la première fois que j’entendais des jeunes femmes entrepreneures parler de leurs difficultés, et ça m’a donné envie de creuser le sujet en discutant avec elle et son associée, ainsi qu’avec une autre cheffe d’entreprise.

Il se passe plein de choses super (non) quand on est une femme, jeune et qu'on lance une entreprise. J'ai pas l'habitude de faire des threads mais en ce #BlueMonday c'est peut-être l'occasion.
— Aurélia Baranes (@aureliabaranes) January 21, 2019

L’histoire la plus marquante, c’est sans conteste celle de ces deux Américaines qui ont décidé de s’inventer un associé masculin. Lassées de devoir se battre pour obtenir ce qu’elles voulaient avec leurs prestataires et interlocuteurs...
Lire la suite ...
 
Dernière édition:

grenouilleau

Well-known member
9 Jan 2019
101
543
93
#2
Article très dur à lire le lundi matin, dites-donc :coffee:.

La quasi-totalité confirme que pour les femmes, monter une entreprise, c'est plus dur que pour un homme, au point que les deux femmes citées dans l'article ont dû faire appel à un subterfuge pour faire semblant d'avoir un associé (et à plusieurs reprises semble-t-il). Merci en tout cas pour le retour d'expérience, si je dois monter ma boîte je sais quoi faire maintenant : inventer un associé en carton !

Par contre je tiens à souligner un élément de langage qui m'a heurté, je parle de la conclusion à l'américaine (Elle, La Revanche d'une blonde, "parce que moi je ne crains pas les challenges", et autres films US) : "j'aime bien l’idée de challenge"...
L'idée est que monter sa boîte est un challenge ? Un défi ? Ça me paraît assez méprisant par rapport aux autres salariés (même si je suppose que ce n'est pas voulu).
Parce qu'une mère célibataire qui lit ça, elle va penser quoi ? Que seules les femmes qui ont les moyens de monter leur boîte se challengent ?
C'est drôle que les pauvres qui galèrent, eux, ne sont pas vus comme des "challengeurs". Pourtant c'est dur aussi, de se battre pour survivre au jour le jour, dans une société néo-libérale et patriarcale. Et ces genTes-là aussi risquent le surendettement, sans avoir besoin de monter une boîte. Le challenge est-il moins respectable quand il est imposé ?

Bref, merci beaucoup pour ce retour très instructif, mais la conclusion en forme de leçon de vie à l'américaine, bof. Surtout quand on sait où ça mène une partie des genTes, le rêve américain. D'ailleurs peut-être qu'un article sur les chiffres des boîtes qui coulent chaque année permettrait de nuancer tous ces articles (j'englobe Madz dans ma lecture) pro-entreprenariat.
Parce qu'autant je comprends l'idée d'encourager les genTes à se lancer, autant je trouve que leur cacher une partie de la difficulté (au-delà de "mes contractants cherchent à m'escroquer", surtout en tant que femme, ça effectivement, c'est le risque des affaires), c'est imprudent, parce que les conséquences peuvent être très lourdes.
 

Mawax

Well-known member
8 Jan 2019
419
510
93
#3
@grenouilleau Je ne pense pas que l'idée de challenge dévalorise qui que ce soit, en l'occurrence il apparaît dans une situation, c'est donc Chloé qui se serait lancée dans ce challenge même en connaissant les difficultés. À aucun moment elle ne parle des gens pour qui le quotidien est effectivement un challenge...
Par ailleurs cet article parle bien d'entrepreuneuriat, comme annoncé par le titre, et non de vie quotidienne (même si cela pourrait tout à fait faire l'objet d'un autre article).
Quant à la fin de ton commentaire, je ne suis pas entièrement d'accord non plus : il ne faut pas s'arrêter à la crainte que son affaire ne fonctionne pas, sinon on ne lance jamais son entreprise, cette crainte est toujours présente ! En revanche il faut bien préparer son projet en amont pour limiter les risques. On ne monte effectivement pas une entreprise sur un coup de tête. Mais je pense que ce serait le sujet d'un autre article consacré à la création d'entreprise et non aux difficultés rencontrées par des femmes entrepreneures au seul motif qu'elles sont des femmes.
 

grenouilleau

Well-known member
9 Jan 2019
101
543
93
#4
@ Mawax J'ai dû mal m'exprimer, je suis bien d'accord avec toi sur le fait que la personne qui témoigne évoque son propre cas (logique :)).
Le fait qu'elle ne parle pas de la vie quotidienne d'autres personnes : là encore c'est très compréhensible au vu du sujet, moi j'en parle dans les commentaires comme exemple, pour expliquer mon avis plus clairement.

J'ai tenu à pointer le fait que la formulation de la conclusion est teintée d'idéologie , celle qu'on trouve très souvent dans les films US. Ce n'est pas anodin, et c'est pourquoi j'ai tenu à le signaler. Cette manière de voir les choses valorise les prises de risque financière (ou autre), y compris auprès de genTes que cette prise de risque mettrait en danger socialement. Il me paraît sain de la souligner. D'autant que je m'étonne de ne jamais lire d'articles sur les danger de l'activité sur les sites Madz et Rockie. Certes, je n'ai pas fait toutes les archives de Madz, mais il ne me semble pas avoir lu un article qui présenterait les aspects négatifs de l'entreprenariat, par ex le témoignage d'une personne qui s'est lancée et n'a pas réussit (Rockie n'en contient pas).

Montrer un seul aspect de l'histoire, c'est occulter un pan pourtant très important de la réalité = monter une boîte peut mener au surendettement.
 

LeaSc

New member
28 Jan 2019
5
17
3
Paris
#5
C'est un sujet hyper intéressant, j'adorerais avoir plus de témoignages de femmes entrepreneures dans différents domaines, et à différents niveaux d'avancement pour voir si elles ont des expériences similaires. Et avoir leurs tips pour gérer ces situations !
 

Fab

Chauve en chef ‍
Équipe Rockie
16 Nov 2018
218
1 188
93
#6
Bref, merci beaucoup pour ce retour très instructif, mais la conclusion en forme de leçon de vie à l'américaine, bof. Surtout quand on sait où ça mène une partie des genTes, le rêve américain. D'ailleurs peut-être qu'un article sur les chiffres des boîtes qui coulent chaque année permettrait de nuancer tous ces articles (j'englobe Madz dans ma lecture) pro-entreprenariat.
Parce qu'autant je comprends l'idée d'encourager les genTes à se lancer, autant je trouve que leur cacher une partie de la difficulté (au-delà de "mes contractants cherchent à m'escroquer", surtout en tant que femme, ça effectivement, c'est le risque des affaires), c'est imprudent, parce que les conséquences peuvent être très lourdes.
On fera sans doute par la suite un article sur les échecs d'entreprise, mais de mon côté, je crois que monter sa boîte, même si c'est pour la planter (30% des boîtes ferment avant leurs 3 ans, et paradoxalement, ce chiffre monte à 50% avant les 5 ans) et retourner ensuite vers le salariat, c'est la meilleure expérience que tu puisses avoir, bien plus instructive que n'importe quelle expérience salariale.
Et très sincèrement, à moins d'hypothéquer ta maison, d'y mettre toutes tes économies, de te coller un crédit perso sur le dos, il y a tout de même en France un risque limité à la création d'entreprise : si tu as eu la bonne idée de choisir la bonne structure (faites-vous accompagner par des expert·es !), si tu as la chance de pouvoir toucher le chômage et que tu as bossé suffisamment en tant que salarié·e avant ça, tu as au moins 2 ans d'assurance-chômage financés par l'Etat pour tester ton projet, ce qui est très largement suffisant pour vérifier si ton idée est viable ou pas :)
 

grenouilleau

Well-known member
9 Jan 2019
101
543
93
#7
Merci de ton conseil, et d'avoir donné quelques chiffres :), en tant que "jeune" qui cherche une alternative au salariat.
Pour ce qui me concerne, effectivement monter une boîte reviendrait à hypothéquer ma baraque (parce que crédit bancaire, garantie tout ça). Donc même si ça fait très envie, c'est aussi très dangereux.
 

Lolita

N'oublions pas ceux qui nous nourissent
3 Jan 2019
220
1 137
93
#8
@Fab Pour travailler avec des entrepreneurs et avoir eu plusieurs expériences salariées, je ne dirai pas que c'est la meilleure expérience qu'on puisse avoir et que c'est bien plus instructif que n'importe quelle expérience salariale. Ça dépend de l'expérience entrepreneuriale et de l'expérience salariale qu'on a!
 

ChatChocolaté

Well-known member
4 Jan 2019
149
1 215
93
#10
@grenouilleau Je ne vois absolument pas le rapport entre l'article, qui dépeint les difficultés que peuvent rencontrer les entrepreneures, et le fait que "les pauvres ne seraient pas vus comme des challengeurs"... :eh: Quand est-ce qu'on bascule sur un sujet qui n'a rien à voir ?
Y a des moments où faudrait quand même voir à ne pas aller trop loin dans l'interprétation, parce que ça peut vite confiner au ridicule.
Par ailleurs, je ne vois pas non plus en quoi l'article présente une seule face de l'entrepreneuriat. Je vois pas trop où tu vois le rêve américain dans cet article (moi en tout cas, ça m'a échappé :yawn:), parce qu'en le lisant on comprend clairement que monter sa boite n'a rien d'un parcours de santé (et encore moins quand tu prends en compte la composante du genre).
Faire un article sur difficultés de l'entrepreneuriat, OK, mais ce ne serait pas un peu pessimiste et décourageant ? Quand on songe à monter sa boite, c'est plus dans l'optique que ça marche (en général….), et dans ce cas on a surtout besoin d'encouragement (encore plus lorsqu'on est une femme, sans vouloir faire de misérabilisme). Et je pense que personne n'ignore que la majorité des boites coulent avant 5 ans et qu'une mauvaise gestion de l'affaire peut mener à l'endettement. Le risque, il est quand même connu.

Sinon, je trouve que c'est un article très intéressant (bien qu'édifiant). Je suis allée lire le thread Twitter et je me suis bien facepalmée :facepalm: Je savais que c'était un milieu ultra-sexiste, mais je ne pensais pas que c'était à ce POINT là. Mais ça ne doit pas non plus nous décourager : plus il y aura de femmes entrepreneures, et plus vite les choses bougeront !

Plus d'articles sur l'entrepreneuriat please, c'est un sujet ultra intéressant :)
 

happydrunkmouse

Ouais, ma tête en gros plan, c'est un peu flippant
3 Jan 2019
78
245
33
#11
Je rencontre un peu le même type de difficultés : j'ai une activité de freelance en vidéo que j'ai réellement débuté en Décembre donc c'est tout jeune (je viens d'etre diplomee de mon master)
Le tout premier client proposait de me payer £50/jour (meme pas le SMIC) pour la DEUXIEME vidéo (bien sur j'ai refusé et dit que je voulais bien plus) en voulant "me mettre a l'épreuve pour la premiere et voir comment je travaille" (ils m'ont littéralement dit "let's see if you blew our minds", no pressure). La deuxieme raison pour ne pas me payer tout de suite est que apparement il avait mis toutes ses economies dans son entreprise et du coup avait pas les moyens pour moi... Et puis, tranquilou, à la soirée de lancement, je découvre qu'il a engagé une PR company.

Ensuite, je m'installe pour interviewer son partenaire, qui fait de la photo en tant que hobby, le type rigole, me fait des remarques puis SE LEVE avec l'intention, je cite, "d'aller voir derriere la camera pour etre certain que tout soit correct."
Et bien sur, tout cela en rigolant, difficile de le recadrer violemment, meme si je l'ai fait se rassoir direct.

Là, ce meme client m'a envoyé un mail pour caller un RDV téléphonique y'a deux semaines pour "voir ou j'en suis et filmer pour lui fin février", eh bah le type ne m'a jamais appelé. Il veut aussi que je dépose les cartes SD le soir même au boulot de sa femme, comme si j'avais que lui comme client...

Et je suis sûre et certaine que si j'avais été un mec, il m'aurait pas traitée comme ça, parce que la je sens que je suis pas prise au sérieux.

Ceci ayant été ma premiere experience de freelance, j'avoue que sur le coup, je savais pas trop trop comment réagir, mais c'est sur que je sens que je vais devoir batailler plus que si j'avais été un mec...
 

Ecureuille

S'émerveille du monde
2 Jan 2019
923
11 021
93
#12
Qu'est-ce que ça me met en colère de lire ça !
C'est vraiment insupportable, d'autant que je me reconnais totalement dans le côté "bonne pâte" où on commence par se remettre soi-même en question, alors qu'en fait c'est l'autre qui se montre irrespectueux et infantilisant. En plus, l'auto-entrepreneuriat est hyper valorisé ces temps-ci, et voir que c'est A CE POINT en défaveur des femmes (non mais la valeur des levées de fonds femmes/hommes :eek: c'est dingue !!!) ...... :mur:
C'est clair qu'il faut se battre, et ne pas prendre peur devant ça, mais quand même, cette injustice de toujours attendre des femmes qu'elles en fassent PLUS, bien plus que les hommes pour finalement être prises au sérieux..... et encore! Pendant que les mecs ne se rendent même pas compte de l'absence de ces obstacles dans leur vie et leurs projets... (même si certes ils en ont aussi, bien sûr, encore heureux lol).
Ce contenu est réservé aux membres inscrit.es. Inscris-toi par ici.

Vivement que le monde soit féministe ! :supermad:
 

Lol'ô

Well-known member
6 Jan 2019
864
3 746
93
#13
Il y a plusieurs années j'ai ouvert un commerce, dans une petite ville rurale. Très bien accueillie en général par la clientèle, essentiellement féminine, étant donné l'activité. Donc, les réflexions rares, mais désagréables, étaient du genre, que je n'étais pas une bonne mère parce que je passais beaucoup de temps au magasin, plutôt qu'avec mes enfants ... Je rétorquais, que c'est bizarre d'entendre ça dans la bouche d'une fille ou petite fille de paysanne, qui ne dirait jamais de leur mère ou leur grand-mère qu'elles étaient de mauvaises mères, pourtant on sait le genre de journées qu'elles devaient avoir. Fin de la conversation.
Il y a le sexisme des hommes, et il y a la jalousie des femmes.

Sinon, au sujet des vêtements au travail. Je pense que la formule jean-baskets pour le chantier, et veste sérieuse pour les rendez-vous, ça va pour les hommes aussi.
 

grenouilleau

Well-known member
9 Jan 2019
101
543
93
#14
@grenouilleau Je ne vois absolument pas le rapport entre l'article, qui dépeint les difficultés que peuvent rencontrer les entrepreneures, et le fait que "les pauvres ne seraient pas vus comme des challengeurs"... :eh: Quand est-ce qu'on bascule sur un sujet qui n'a rien à voir ?
Y a des moments où faudrait quand même voir à ne pas aller trop loin dans l'interprétation, parce que ça peut vite confiner au ridicule.
Par ailleurs, je ne vois pas non plus en quoi l'article présente une seule face de l'entrepreneuriat. Je vois pas trop où tu vois le rêve américain dans cet article (moi en tout cas, ça m'a échappé :yawn:), parce qu'en le lisant on comprend clairement que monter sa boite n'a rien d'un parcours de santé (et encore moins quand tu prends en compte la composante du genre).
Faire un article sur difficultés de l'entrepreneuriat, OK, mais ce ne serait pas un peu pessimiste et décourageant ? Quand on songe à monter sa boite, c'est plus dans l'optique que ça marche (en général….), et dans ce cas on a surtout besoin d'encouragement (encore plus lorsqu'on est une femme, sans vouloir faire de misérabilisme). Et je pense que personne n'ignore que la majorité des boites coulent avant 5 ans et qu'une mauvaise gestion de l'affaire peut mener à l'endettement. Le risque, il est quand même connu.
Vu que tu te permets de me dire que mon raisonnement confine au ridicule, tu penses bien que je vais m'abstenir de te répondre, ça ne mènerait à rien. Aucun intérêt d'échanger avec une personne méprisante. Déjà qu'IRL j'évite, c'est pas sur internet que je vais le faire.
 
3 Jan 2019
17
89
13
#15
Je rencontre un peu le même type de difficultés : j'ai une activité de freelance en vidéo que j'ai réellement débuté en Décembre donc c'est tout jeune (je viens d'etre diplomee de mon master)
Le tout premier client proposait de me payer £50/jour (meme pas le SMIC) pour la DEUXIEME vidéo (bien sur j'ai refusé et dit que je voulais bien plus) en voulant "me mettre a l'épreuve pour la premiere et voir comment je travaille" (ils m'ont littéralement dit "let's see if you blew our minds", no pressure). La deuxieme raison pour ne pas me payer tout de suite est que apparement il avait mis toutes ses economies dans son entreprise et du coup avait pas les moyens pour moi... Et puis, tranquilou, à la soirée de lancement, je découvre qu'il a engagé une PR company.

Ensuite, je m'installe pour interviewer son partenaire, qui fait de la photo en tant que hobby, le type rigole, me fait des remarques puis SE LEVE avec l'intention, je cite, "d'aller voir derriere la camera pour etre certain que tout soit correct."
Et bien sur, tout cela en rigolant, difficile de le recadrer violemment, meme si je l'ai fait se rassoir direct.

Là, ce meme client m'a envoyé un mail pour caller un RDV téléphonique y'a deux semaines pour "voir ou j'en suis et filmer pour lui fin février", eh bah le type ne m'a jamais appelé. Il veut aussi que je dépose les cartes SD le soir même au boulot de sa femme, comme si j'avais que lui comme client...

Et je suis sûre et certaine que si j'avais été un mec, il m'aurait pas traitée comme ça, parce que la je sens que je suis pas prise au sérieux.

Ceci ayant été ma premiere experience de freelance, j'avoue que sur le coup, je savais pas trop trop comment réagir, mais c'est sur que je sens que je vais devoir batailler plus que si j'avais été un mec...
Je suis moi-même freelance et je ne suis pas du tout étonnée par ton expérience! Mais je pense que cela tient beaucoup au fait que les clients traitent souvent les freelance n'importe comment, estiment que c'est normal de payer une misère, s'attendent à des délais irréalistes comme si tu étais á leur disposition 24/7, etcccc et encore plus quand on est jeune freelance. J'en discute régulièrement avec mes amis freelanceusr, homme ou femme c'est souvent la même chose, mais ça dépend aussi du secteur: je travaille dans le domaine de la rédaction/traduction/réseau sociaux et je ne vois pas trop de différence entre clients homme ou femme, ou comment je suis traité par rapport à d'autres freelancer masculins, par contre quand tu bosses dans des milieus dits plus "masculin" genre web development etc j'imagine que c'est difficile pour les femmes.

Anywayyys, tout ça pour dire que malheureusement bienvenue dans la vie de freelance! Mais tu verras qu'avec le temps et l'expeéruence tu gagneras en assurance et tu sauras plus facilement dire non et négocier raisonablement avec des clients ou potentiel clients :) Tu devrais te renseigner auprès de freelancers plus experimentés de ton secteur sur les prix et pratiques standards (acomptes, modalité de paiement etc), ça aide!
 
You Rock !: happydrunkmouse

happydrunkmouse

Ouais, ma tête en gros plan, c'est un peu flippant
3 Jan 2019
78
245
33
#16
Je suis moi-même freelance et je ne suis pas du tout étonnée par ton expérience! Mais je pense que cela tient beaucoup au fait que les clients traitent souvent les freelance n'importe comment, estiment que c'est normal de payer une misère, s'attendent à des délais irréalistes comme si tu étais á leur disposition 24/7, etcccc et encore plus quand on est jeune freelance. J'en discute régulièrement avec mes amis freelanceusr, homme ou femme c'est souvent la même chose, mais ça dépend aussi du secteur: je travaille dans le domaine de la rédaction/traduction/réseau sociaux et je ne vois pas trop de différence entre clients homme ou femme, ou comment je suis traité par rapport à d'autres freelancer masculins, par contre quand tu bosses dans des milieus dits plus "masculin" genre web development etc j'imagine que c'est difficile pour les femmes.

Anywayyys, tout ça pour dire que malheureusement bienvenue dans la vie de freelance! Mais tu verras qu'avec le temps et l'expeéruence tu gagneras en assurance et tu sauras plus facilement dire non et négocier raisonablement avec des clients ou potentiel clients :) Tu devrais te renseigner auprès de freelancers plus experimentés de ton secteur sur les prix et pratiques standards (acomptes, modalité de paiement etc), ça aide!
Bah en fait, j'en ai déjà discuté avec des collègues masculins, et même si des fois oui les clients veulent les arnaquer en terme de prix et autres, personne ne s'est jamais permis de leur dire comment faire leur travail, et ça m'a vraiment choquée de constater que des clients se permettent ça.
Et je sens vraiment que le fait que je sois une fille, jeune, toute petite (1m52), dans un milieu uuuultra masculin (malheureusement on est pas beaucoup de filles derrière une caméra...), je pense que certains clients en profitent en pensant que je suis vulnérable (ils se mettent clairement le doigt dans l'oeil). Je suis pas sûre que j'aurais eu la meme experience si j'étais un mec d'1m80 par exemple.

Je me pose aussi de plus en plus de questions quant à ma manière de m'habiller, surtout en entretien pour rencontrer le client, même si je fais attention, je me dis des fois que je devrais y aller de manière vraiment ultra professionnelle (style tailleur) pour être sûre qu'ils me prennent au sérieux, même si ça me donnerait clairement l'impression de jouer un rôle...

Ceci dit, je vais pas me plaindre, j'arrive à vivre de ce que j'aime, et même si ça signifie batailler un peu plus que les mecs, je changerai d'activité pour rien au monde ! :D

Et merci pour ton message, ça me motive vraiment à me faire plus d'expérience ! :)
 
You Rock !: Granger et shae66
3 Jan 2019
17
89
13
#17
Bah en fait, j'en ai déjà discuté avec des collègues masculins, et même si des fois oui les clients veulent les arnaquer en terme de prix et autres, personne ne s'est jamais permis de leur dire comment faire leur travail, et ça m'a vraiment choquée de constater que des clients se permettent ça.
Et je sens vraiment que le fait que je sois une fille, jeune, toute petite (1m52), dans un milieu uuuultra masculin (malheureusement on est pas beaucoup de filles derrière une caméra...), je pense que certains clients en profitent en pensant que je suis vulnérable (ils se mettent clairement le doigt dans l'oeil). Je suis pas sûre que j'aurais eu la meme experience si j'étais un mec d'1m80 par exemple.

Je me pose aussi de plus en plus de questions quant à ma manière de m'habiller, surtout en entretien pour rencontrer le client, même si je fais attention, je me dis des fois que je devrais y aller de manière vraiment ultra professionnelle (style tailleur) pour être sûre qu'ils me prennent au sérieux, même si ça me donnerait clairement l'impression de jouer un rôle...

Ceci dit, je vais pas me plaindre, j'arrive à vivre de ce que j'aime, et même si ça signifie batailler un peu plus que les mecs, je changerai d'activité pour rien au monde ! :D

Et merci pour ton message, ça me motive vraiment à me faire plus d'expérience ! :)
Ahh ouui je suis pareil que toi! Avant d'être freelance j'ai bossé pendant 4 ans dans une ONG, un milieu pourtant pas trop masculin, et je suis comme toi assez petite, je fais plus jeune que mon âge, et c'était un combat permanent pour avoir l'air crédible... Peut-être que j'ai moins de problème maintenant parce que je travaille beaucoup en ligne et je rencontre rarement mes clients en face à face^^
 
You Rock !: happydrunkmouse

Mai Léo

New member
14 Jan 2019
6
22
3
#18
Ça me fait penser à la vidéo de la youtubeuse Esther intitulée "Fais comme les hommes, oublie le sexisme". Bien sûr ce titre est provocateur mais le propos qu'elle développe est très intéressant.

En résumé, le sexisme existe, et c'est injuste, oui. Et dans le monde de l'entrepreunariat, les valeurs qui priment (ambitions, ténacité, compétitivité, travail, etc.) sont plus favorables aux hommes car elles correspondent aux stéréotypes de genre qu'on leur attribue.
Et donc oui, c'est injuste. Sauf que si en tant que femme, on passe notre temps à se poser la question de comment on est perçues, si on dérange, etc. on va se mettre soi-même des bâtons dans les roues, en consacrant notre temps et notre énergie à autre chose qu'à notre entreprise. Et on va ajouter un poids dans la balance qui oui, est déjà déséquilibrée en notre défaveur.

Donc l'idée, c'est de déplacer notre attention consciemment sur le boulot à accomplir et de "ne pas pas penser au sexisme". Comme "les hommes" qui n'ont pas à réfléchir à comment ils sont perçus et donc consacrent toute leur énergie à leur boîte.

Regardez la vidéo, ça sera mieux que mon résumé ;)
 

CCCC

Rangez vos cahiers, sortez une feuille et un stylo
20 Jan 2019
1 406
9 503
113
#19
Petite anecdote: mon conjoint a monté sa boîte il y a quelques années maintenant. C'est une quiche en paperasse alors des fois je lui file un coup de main. Un jour, je suis allée à la RAM pour lui (la sécu des indépendants). Dialogue :
- Bonjour madame, je suis là pour régulariser une situation administrative. Par contre il ne s'agit pas de moi, mais de mon conjoint, j'espère que ce n'est pas nécessaire qu'il vienne en personne...?
- HA HA HA !! Ne vous inquiétez pas madame, on voit très peu d'hommes ici. Ce sont les épouses qui se déplacent.