La philosophie (et les penseurs*)

  • Auteur de la discussion Jana.
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J

Jana.

Guest
#1
Dilemme quasi-cornélien que de choisir le bon endroit pour créer ce sujet : développement personnel, vie quotidienne ou littérature, selon que l'on considère la philosophie comme un outil de vie, un féal compagnon ou son aspect matériel de « simple » livre ?

C'est qu'en plus d'appréciations personnelles, la philosophie recoupe une multitude d'idées et de domaines de pensées (éthique, phénoménologie, politique...), de figures de proue qualifiées de « philosophes » par des autorités d'époques et de quelques « penseurs » à qui l'on dénie parfois ce fameux titre de philosophe...

Le terme de « culture », utilisé dans le sens de développement des facultés humaines, intellectuelles, animiques (sauf pour, notamment, les matérialistes), me semble être le terrain le plus neutre face aux utilisations multiples de cette discipline.


Je serais très curieuse de lire votre rapport à la philosophie, comment vous en êtes venu.e.s à vous intéresser à ce domaine (ou pas), vos plus grandes lectures / idées, vos lectures en cours, vos questionnements actuels, peut-être même votre évolution.


Je commence, donc. Pour ma part, c'est grâce -comme, je pense, beaucoup de personnes- aux cours de philosophie en terminale que j'ai découvert cette discipline. Je lui dois énormément, et c'est, notamment, et entre autres choses, bien entendu, mon remède à un état dépressif constant, une façon de me rappeler qu'il y a d'autres choses à penser, d'autres façons d'évaluer, d'autres idées à avoir. J'apprécie particulièrement, l'écoute et la lecture de discours qui s'assimileraient facilement à des mantras si l'auteur ne nous rappelait pas d'y réfléchir surtout nous-même et nous faire notre propre idée (Krishnamurti, notamment, qualifié de penseur plus que de philosophe ; ou encore Sénèque, pour le côté philosophie de vie) ; l'étude de textes parfois rebutants et compliqués, à décortiquer ; et le plaisir de voir nommées, décrites et analysées, des sensations, des impressions, des situations et parfois des réponses. En bref, la philosophie m'aide à vivre, me soutient au quotidien, et m'apporte plus de paix ; cette discipline, c'est pour moi l'une des meilleures choses au monde.
En tant qu'autodidacte, j'ai majoritairement exploré la philosophie hellénistique -j'étais d'ailleurs team Platon face à Aristote dans cette guerre d'idées insipide- , un peu de philosophie politique (Hannah Arendt, Carl Schmitt, Proudhon...) et ai commencé un gros chantier d'étude sur le courant phénoménologique et l'existentialisme -je pense que j'y reviendrai.

J'ai fait une pause, pour lire récemment «La philosophie pour les non-philosophes » de Louis Althusser, qui, comme son nom ne l'indique pas, n'est pas du tout un livre d'initiation pour les personnes ne connaissant pas ce domaine. En fait, Althusser questionne la notion même de philosophes, qu'il associe à des professeurs évoluant en dehors de toute réalité concrète ; et à cela, il oppose « le peuple », le «tout le monde », qui se fait sa philosophie à iel à travers les étapes et les expériences de sa vie. Cette philosophie qu'aurait tout un chacun au dedans de iel, relève d'une part d'une certaine nécessité d'accepter l'ordre des choses (qu'il faudrait subir), et notre réaction face à cette ordre des choses, que ce soit des choses positives ou négatives, qui ferait notre sagesse.
Mais pour lui, cet encensement d'une telle sagesse a une portée politique : l'ordre social en place a tout intérêt à ce que le « peuple » prenne les choses avec philosophie (pour ne pas se rebeller, et aussi parce qu'à force de révoltes, le « peuple » perdant continuellement, s'est résigné dans cette philosophie de l'acceptation).
De là, il explique que la philosophie est éminemment politique, que ses idées majoritaires évoluent au fil du temps pour servir le groupe qui cherche à dominer son époque ; allant jusqu'à émettre l'hypothèse que, s'il nous reste majoritairement des écris de philosophes idéalistes notamment durant la période hellénistique (et il citera Platon), peu d'écrits nous sont parvenus de philosophes matérialistes (et il prendra comme exemple Démocrite), et que ce n'est pas un hasard, mais un choix politique si, selon lui, l'idéologie dominante en philosophie a toujours été et reste l'idéalisme (même s'il reconnaîtra que chaque discipline pour exister doit porter en elle son noyau et son contraire). En somme, que la philosophie est finalement un outil d'asservissement de plus -puisque c'est le domaine des idées et des représentations qui sert à dominer les comportements.
C'était une assez bonne découverte dans la mesure où je n'avais jamais lu de véritables critiques de mouvements ancestraux - même s'il est évident que des personnes considérées comme connues le sont pour une raison : parce qu'on a permis de les faire connaître, et il n'y a qu'à regarder les livres d'histoire ou la représentation majoritaire de l'homme blanc occidental ayant fait l'histoire et ayant fait son temps pour s'en convaincre ; et comme je ne voudrais le trahir par mes mots en essayant de relater les siens, je ne peux que vous conseiller de le lire à votre tour et de vous faire votre propre avis.
 

Nedjma

Punk bibliothécaire
3 Jan 2019
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#2
Youpi, un topic sur la philo !

J'ai fait un master de philo et ce furent de très belles années sur le plan intellectuel et personnel.
Tout comme toi je situe la philo sur plusieurs plans de vie, et notamment au niveau du développement personnel. D'ailleurs beaucoup de livres de développement perso connus ne sont qu'une version remâchée de Sénèque.

Depuis quelques années je collectionne les livres de philo de terminale. ça me permet de me plonger dans un court texte quand je médite sur un sujet en particulier.

Mon auteur favori par dessus tous est Spinoza. L'Ethique et le Traité théologicopolitique ont façonné une bonne partie de ma vision du monde, et de mes valeurs actuelles. Mais c'est tout particulièrement en termes de métaphysique, de spiritualité que Spinoza m"a nourrie. Je suis également une grande lectrice de Nietzsche, qui malheureusement est souvent mal interprété. J'adore ses concepts de surhomme et d'éternel retour.

Mais de manière générale, je n'aime pas trop discuter de philo IRL. J'ai du mal à trouver des interlocuteurices qui ne s'écoutent pas parler quand ils discutent philo. J'aime bien les débats, vraiment. Mais la plupart du temps, les " philosophes " ne font que de la masturbation intellectuelle.
Ce que la philo m'a apporté, c'est surtout de la rigueur intellectuelle. Toujours prendre du recul par rapport à tout, même à ses propres avis. Essayer de départager en soi-même ce qui tient du présupposé ou de la thèse. Et se dire que l'on peut toujours défendre ses idées avec ferveur et humilité.
 
31 Jan 2019
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#3
Super topic :cretin:
Je suis dans la team très très amateur/débutant !

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A l’époque du lycée, j'avais adoré le livre Antimanuel de philosophie de Michel Onfray. Ça complétait bien les cours il me semble. Je ne sais pas ce que ça vaut aujourd'hui.
Si vous avez des ouvrages de philo à recommander pour (re)commencer à un niveau facile à s’intéresser au sujet, n’hésitez pas !!

Maintenant, je regarde surtout des youtubeurs de vulgarisation, qui sont de très haute qualité je trouve (j'en ai essayé plein !), comme :



Et j'avais bien accroché et bien tout compris avec cette vidéo qui est pour moi à un niveau + avancé on va dire, mais les autres trucs de philo d'arte sont des fois bcp + ardus pour bien tout comprendre ! (je n'ai plus trop l'habitude non plus) :
 

Jeanne

Well-known member
4 Jan 2019
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Toulouse/ Belgique
#4
Oh, je n'avais pas vu ce topic!

Je me mets doucement à la philo, tout en me disant que je ne sais par où commencer, si tant est qu'il existe un chemin unique pour commencer dans cette discipline.
J'ai lu quelques essais, par ci par là depuis quelques années sans vraiment me plonger dedans.

Mon copain a fait des études de philosophie et m'a donné envie de m'y mettre vraiment , même si je suis en train de me dire qu'il me faudrait plus qu'une vie pour ça.
Et de manière générale, je lis un peu plus des textes de philosophie politique pour le moment.

Pour celles et ceux qui s'y connaissent, ce serait peut être chouette de faire un petit topo quel courant/quel auteur à conseiller, si ça dit à quelqu'un.

Vous lisez quoi en ce moment?
 

Lol'ô

Well-known member
6 Jan 2019
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#5
Je découvre aussi ce topic, et moi aussi j'aimerai bien m'enrichir dans ce domaine, seulement j'ai peur de m'ennuyer en lisant les philosophes ....
J'ai touché un peu la philo en terminale, mais étant donné que j'étais en filière pro, ce n'était pas très ... important, jamais de devoirs, ni en classe, ni à la maison. Si je me souviens, les cours consistaient à débattre, à apprendre à s'écouter, et à argumenter nos réponses, ce qui en soit était déjà pas mal. Et finalement, pour une matière qui n'était pas à l'examen, je me suis laissée souvent embarquer dans les conversations, j'en garde un bon souvenir, et peut-être que ça a finalement influencé mon goût pour la discussion, et mes facultés à toujours argumenter mes coups de gueules.
J'ai appris pas mal en fréquentant des groupes libertaires sur FB, je ne peux plus aller sur FB, depuis je suis en jachère, mais cela me manque.
Comme pour d'autres centres d'intérêts, je devrai bien aller voir à la bibliothèque ....
Sinon, j'écoute beaucoup les philosophes actuels qui analysent la complexité de notre société, ils font souvent référence aux anciens, ce qui m'amène à penser que la philosophie rend plus libre.

J'aimerai bien trouver ici autant de partages que dans d'autres topics plus "pratiques", pouvoir avoir des échanges sur des sujets philosophiques. A bientôt j'espère.
 
You Rock !: Martesmartes

Jeanne

Well-known member
4 Jan 2019
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Toulouse/ Belgique
#6
@Lol'ô tu écoutes qui comme philosophes actuels ? Ça m'intéresse!
Pourquoi tu penses t'ennuyer en lisant des philosophes?
Je pense que ça dépend ce que tu cherches/ a envie/ les sujets qui t'interessent et qui tu lis, c'est tellement vaste!
Après, même si je m'y connais pas des masses, j'ai vraiment l'impression que certains écrits sont indigestes (ou bien il faut être habitué au discours philosophique en général), et d'autres plus abordables.
Pour l'instant j'ai privilégié les essais pas trop longs et "facile" même si je commence doucement des plus gros ouvrages en lisant des extraits.
 

Brunehilde

On s'débrouille, avec ce qu'on a dans les mains !
4 Jan 2019
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#7
J'aime bien les livres "la philosophie en série" : chaque série tv est vue sous l'angle d'un grand thème philosophique, et plusieurs auteurs sont abordés. C'est assez simple mais ça permet de se mettre dans le bain.
3 minutes pour comprendre les 50 plus grandes théories philosophiques est pas mal également je trouve.

Je lis histoire de la pensée chinoise d'Anne Cheng, en parallèle avec propos et anecdotes sur la vie selon le Tao. Ce sont des lectures qui me prennent des mois, mais c'est passionnant.
 

Lol'ô

Well-known member
6 Jan 2019
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#8
Désolée @Jeanne , je ne sais pas citer les noms, je n'ai pas cette mémoire .:crying:
J'en ai vu sur Thinkerview, dans des TedX, des interviews sur Média, et en écoutant des émissions sur France Culture.

Et histoire de commencer, j'ai acheté à Emmaüs, un Philo Seuil, Comme une danseuse de flamenco : La vie
Il n'est pas très gros, et il est très joli :)
 
You Rock !: Martesmartes

Chocovore

éclair au chocolat
9 Jan 2019
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#9
Ce week-end j’ai lu le tome 1 de “La planète des sages” de Charles Pépin et Jul (surtout connu pour Silex and the City) (chez DARGAUD)
https://www.dargaud.com/bd/Planete-...-mondiale-des-philosophes-et-des-philosophies
Chacun des 59 philosophes, ou écoles de philosophie présentés, bénéficie d’une petite planche par Jul et d’un petit récapitulatif de sa vie et de ses principaux concepts par Charles Pépin.
Ce que j’aime bien ce livre c’est la variété des philosophes traités et le fait qu’il ne se prend pas au sérieux et est de cette manière très accessible aux débutants.


Sinon je suis rentré assez tard dans la sphère philosophique.
Pourtant cela avait bien commencé, mon instit de CM1-CM2 avait dit à mes parents que je deviendrai un grand littéraire. (J’ai eu cette information à 22 ans dans la conversation qui a suivie la remise de mon diplôme d’ingénieur)

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Au final je suis maintenant connu au travail entres ingénieurs comme “un homme de lettre”, assez surprenant pour l’ancien “physicien fou” dans ce milieu relativement pauvre en praticiens diplômés de la philosophie.
Mais comme la écrit Karl Marx dans le Capital au chapitre 16 de la 5ème section du livre premier : “Sur un terrain plat, de simples buttes font l'effet de collines”
(Même si ce n’est pas pour inviter au relativisme mais pour se foutre de la gueule de ce bourgeois de John Stuart Mill alors que vu de 2019, Mill semble avoir une vision plus réaliste que Marx)

Sinon mon truc c'est plutôt la philosophie politique et mes principaux potes sont Aristote, Descartes, Hegel, Marx, Kropotkine, Bourdieu, Reclus.

Ma prochaine Lecture : John Dewey
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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Lausanne
#11
La philo… mon prof rigolait doucement en me traitant de crapule intellectuelle, parce que certains auteurs me gonflaient et que je les dégommais en dissertation.

J'en garde juste une bonne lecture qui m'a aiguillée sur la psychologie de la communication: Bettelheim, "Le cœur conscient". Il y raconte comment il est arrivé à survivre, émotionnellement, dans un camp de concentration. Plus tard, je suis tombée (sans me faire mal) sur l'école de Palo Alto, Watzlawick entre autres et son merveilleux opuscule: "Faites votre malheur vous-même". Et plus récemment sur Viktor Frankl, et son expérience de la survivance en camp de concentration, comme Bettelheim. Son message (que je retraduis un peu), c'est que l'homme cherche la plénitude de sens - que les actions, les événements et la manière dont on les vit, fassent du sens, à l'aide de la réflexion et de la vie intérieure. D'où la notion de résilience. En parlant de ça, Cyrulnik et l'éthologie.

Alors je peux dire que via la philo, je suis tombée sur ce qui me passionne depuis bientôt 40 ans: la psychologie de la communication.
 

La ronflette

Active member
17 Jan 2019
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#12
Pour moi la philo a été une révélation en terminale, tout m'intéressait et j'avais une impression de facilité que je n'avais jamais ressentie et qui m'a beaucoup surprise. J'ai passé l'année à me dire que c'était trop beau et à attendre le moment où j'allais, enfin légitimement, buter et me sentir dépassée (2h de cours sur Heidegger m'ont presque donné raison, mais ça a fini par faire sens à un quart d'heure de la fin héhé).
J'ai eu l'impression d'avoir trouvé ma matière, vraiment, et je suis allée en fac de philo jusqu'au master. Ça a été de belles années et je crois que c'est une formation de couteau suisse. Les compétences que j'ai développées m'ont resservie partout par la suite, ça m'a enrichie pour la suite de mon parcours scolaire et pro mais aussi personnellement.
@Nedjma : tu résumes parfaitement ce que ces études m'ont apportées et c'est tellement bien dit que je n'ai rien à ajouter. Merci de tes jolis mots, à vrai dire je suis touchée de lire un retour qui se rapproche autant de mon ressenti et de pourquoi j'aime la philo.
Sinon comme toi j'ai souvent du mal à parler avec les gens qui se disent intéressés. En fait j'ai souvent vu des gens très content de "savoir" des choses et ravis de l'étaler et pas des gens qui souhaitaient partager, échanger et se questionner à partir du bagage de chacun. Pour tout dire ça m'insupporte, pour moi c'est à l'opposé de ce qu'est et ce qu'apporte la philo.

Aux personnes qui se disent qu'elles n'y "connaissent rien" ou ont un petit bagage, mon prof de philo m'a dit un truc qui m'a marqué. Faire de la philo,c'est à dire réfléchir et analyser, ne nécessite aucun bagage supplémentaire que de la sincérité, de la curiosité et un peu de rigueur intellectuelle. Le reste, les connaissances (sur la position de tel ou tel auteur par exemple), ce ne sont que des outils en plus. En bref, vous avez déjà tout ce qu'il vous faut, et il n'y a pas de "bonne" façon de commencer. Lisez ce qui vous inspire, ne vous forcez pas. Il y a des "matières" en philo, personnellement j'adore la philo morale et politique et n'ai jamais accroché à la métaphysique ou à la philosophie du langage. Il y a aussi plusieurs façons d'aborder les auteurs, pour ma part j'aime le coté réflexion abstraite autour de sujets très concrets. Mon mémoire ne portait d'ailleurs pas sur de l'histoire de la philo mais voulait essayer d'analyser avec des outils théoriques un fait social assez commun et trivial. Mais c'était le reflet de ce que j'aimais et de mon rapport aux auteurs,j'aime réinvestir :).

J'en profite pour conseiller un livre de philo morale que j'aime beaucoup . Ça s'appelle "l'influence de l'odeur des croissants chauds sur la bonté humaine: et autres questions de philosophie morale expérimentale". C'est accessible à tout le monde et on est dans la démarche ou on t'apporte des connaissances pour enrichir ta réflexion. Pour résumer à chaque chapitre une petite histoire (ou expérience de pensée) pour questionner ce qu'on trouve moral ou non. Le chapitre explique pourquoi la question était problématique, et les réponses qui ont pu être apportées par les philosophes ainsi que leurs limites. Vraiment foncez ça se lis super bien et c'est même souvent drôle, presque taquin ! (Ruwen ogien <3).

Enfin merci @Ekalos @Babioushka et @Brunehilde ! Ce serait top que ce forum soit l'occasion de partager des liens, vidéos et conseils de lecture ! @Chocovore, on ma offert la même bd et je partage ton avis, c'est très bien fait !
 
Dernière édition:

Enheduanna

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1 Fev 2019
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#13
J'avais beaucoup d'attentes en entrant en Terminale, et un prof nul m'acomplètement dégoutée de la philo (on a passe la moitié de l'année sur Ferdinand de Saussure, c'est tout ce dont je me rappelle tellement c'était ennuyeux). Et pourtant je sentais qu'il y avait du potentiel, mais je n'ai jamais réussi à m'y replonger à cause de ces mauvais souvenirs.
Et là j'ai regardé la série The Good Place, et j'ai adoré parce que j'ai enfin compris la dimension pratique de la philo, qui n'est pas que des discussions complètement abstraites sur le sexe des anges.
Depuis j'ai vraiment envie d'entrer dans cet univers, si vous avez des conseils de lecture facile pour une ultra-débutante je prends, peut-être en philosophie éthique et morale pour commencer (pour vous dire, j'ai lu Le Monde de Sophie et je m'y suis perdue, donc j'ai vraiment un niveau de maternelle).
@La ronflette je note ta recommandation, je pense que ça devrait me plaire !
 

Nedjma

Punk bibliothécaire
3 Jan 2019
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1 672
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#14
@Enheduanna en même temps, Le Monde de Sophie n'est pas si facile à lire ! J'adore ce livre, mais il sert plus à acquérir une culture de la philosophie en générale qu'à " apprendre à philosopher ", selon moi.
En philo éthique, L'homme révolté de Camus est super. C'est la plume de Camus, donc c'est très agréable à lire.
J'ai aussi beaucoup aimé Fééries anatomiques de Michel Onfray. Ce livre parle de l'éthique du corps, de la façon dont on le perçoit philosophiquement dans nos sociétés modernes avec les avancées en médecine. Ce qui est super, ce que c'est répertorié en chapitres sur l'euthanasie, les soins palliatifs, etc.
Pour les débutants, je recommande le Dictionnaire philosophique d'André Comte-Sponville :) Il traite des " grands " concepts de philo avec beaucoup de simplicité, de sensibilité et d'humour.

Enfin, cette revue a été très critiquée par mes camarades de classe de philo un peu pédants, mais le Philosophie Magazine fait très bien son boulot. C'est un magazine de vulgarisation, donc il n'est pas aussi " précis " que de grosses pavasses de philo, mais c'est sérieux et traite de sujets d'actualité divers. Et il y a beaucoup de philosophie morale !

@La ronflette oooh merci pour tes gentils mots, ça me touche :puppyeyes: tu es prof de philo maintenant ? Et toi, tu as des philosophes chouchoux ? Je suis tellement, tellement d'accord avec toi quand tu dis que la philo est comme un couteau suisse. Keupine ! :loveeyes:

Ah, et du coup @La ronflette je ne sais pas si tu seras d'accord avec moi, mais pour les débutant.e.s qui s'attaquent à des livres de philo ... ce ne sont pas des romans, ce n'est pas " grave " si vous ne les lisez pas en entier ! A mon sens, il vaut mieux lire un chapitre en profondeur, le laisser mijoter dans votre tête, vous faire cogiter etc. plutôt que de se forcer à lire en entier un livre et ne pas en retenir grand chose au final.
 
Dernière édition:
17 Jan 2019
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#16
@Enheduanna : si tu le lis hésites pas à venir en discuter ici ou en mp ! J'espère que ça te plaira !

@Nedjma ::highfive:. Ça me fait trop plaisir de lire une copine de parcours et d'enthousiasme !
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D'ailleurs je rebondis sur ce que tu dis, je suis totalement d'accord, ce n'est pas grave de ne pas tout lire. Je dirais même que justement ça peut se lire comme un roman, parfois lire vite parce que le passage ne nous captive pas, sauter des bouts même. Parfois à l'inverse s'arrêter, prendre le temps jusqu'à se demander pourquoi ça a été ce mot là précisément et pas un autre. Et s'autoriser à relire aussi. Et se laisser y revenir un jour ou on est en plus grande forme, ou parce que les mots nous touchent et nous font réfléchir. Écrire ou souligner dans le livre si l'envie vient (adepte du crayon de bois, j'avoue tout). En bref ne se mettre aucune pression face à la lecture pour que ça reste un plaisir, les règles de Pennac s'appliquent totalement je trouve.

En terme d'auteurs (c'est pour ça que j'ai mis du temps à te répondre) et bien beaucoup m'ont marqués mais j'ai beaucoup aimé De la liberté de JS Mill. Pour résumer l'auteur se dit, bon les gars c'est chaud. L'État ne devrait pas pouvoir tout régir dans notre société c'est potentiellement too much son truc, le droit là (aka l'arme de l'État pour interdire ou autoriser). Certains trucs devraient juste lui échapper : la sphère privée (avec qui on couche par exemple). Mais ca peut pas être la foire a la saucisse non plus. Du coup comment délimiter quels comportements influencent la société, les autres citoyens (et donc que l'État peut et doit réglementer pour le bien commun) et ceux qui ne concernent que nous (si tant est que ça existe) ?
Pour que ça soit logique il faut une règle abstraite et pas décider au cas par cas. Bref quel critère ? Et là c'est le harm principle, le principe de non nuisance:cheer:.

Je trouve ça bien écrit, extrêmement intéressant et facile à réinvestir pour réfléchir avec un œil neuf aux questions de société (aka tous les débats touchant à l'encadrement des questions qui divisent, de l'euthanasie au travail du sexe. Bref les questions qui font totalement consensus :taquin:).
J'ai adoré parce que c'est un outil théorique qui permet d'éclairer la vrai vie, parce que c'est pédagogique, parce que notre droit est globalement pétri de ça même si parfois ça manque de cohérence et donc parfois en lisant un article de presse on se dit, oh mais en fait c'est du Mills qui s'ignore. Ah et puis il est pas cher et c'est de la philo politique alors pourquoi se priver :danse:.

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Sinon Ruwen Ogien, si j'avais du faire de la recherche ou écrire des livre j'aurais aimé écrire les siens tellement je trouve ça pertinent, pédagogique et enrichissant <3.
Je note vraiment Camus et onfray, je n'ai pas lu et tu me donnes envie !

Ah et personnellement j'aimais beaucoup lire ou entendre des gens me raconter un auteur avant de le lire ou pas. Ce n'est pas tabou de commencer par une connaissance de seconde main ! Ou même de n'avoir qu'une connaissance de 2nd main. Certains auteurs sont techniques (kant par exemple) et on a besoin de comprendre son langage pour le lire (avantage,on s'en rend vite compte). D'autres ont la difficulté inverse, c'est littéraire, on tourne les pages et en fait on a été emporté et on a pas distingué les idées, les étapes, du raisonnement. Genre tu pars de A tu te retrouves à penser Z sans avoir vu l'alphabet et t'as pas compris comment t'en étais arrivé là (Platon, kikou espèce d'entourloupeur). Je crois que là dessus faut pas se mettre de pression, connaitre un auteur via un commentateur, philosophie magasine,un podcast sérieux, un cours de terminal, ou (bon plan d'ailleurs) un livre avec commentaire intégré pour la terminale, c'est très bien. Ça donne des outils pour réfléchir. Même un tournevis kantien d'occasion ça enrichi la trousse à outil de la réflexion !
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Et aller le lire parce que ça nous a donné envie c'est bien aussi. Je vois ça comme de la rando, marcher avec un guide pour aller découvrir la faune farouche d'un coin de forêt inconnu c'est cool, même si peut-être le circuit est un peu balisé et même si bien sur c'est chouette de se promener seul un peu au hasard et d'apercevoir un bout de biche sauvage (et même si on a pas bien vu quelle espèce et qu'on est pas sur, parce qu'on était tout seul). Bref l'essentiel est d'aimer se promener, les modalités importent peu, et tout comprendre aussi je crois :)
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