Je suis fiancée, j’ai 41 ans, j’ai choisi mes passions plutôt que d’avoir des enfants

Matteus

Vieux de la vieille
7 Jan 2019
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#21
@Kettricken effectivement, on sait toujours ce qu'on perd, jamais ce qu'on peut gagner quand on modifie sa situation personnelle.
Ce que j'essayais de faire passer comme idée c'est que la vision "sociétale" de la parentalité c'est soit un "être parent c'est la plus belle chose au monde" perçu comme niaiseux, soit un "bienvenu dans le monde du caca et du vomis" sarcastique.
J'ai jamais aimé les enfants en tant que tels, je ne les ai jamais trouvé mignons ou particulièrement intéressants. Et j'ai dû attendre longtemps et pas d'expérience pour comprendre pourquoi j'avais quand même envie d'en avoir, en quoi la parentalité m'intéressait quand même. J'aurais aimé avoir ces pistes avant de devoir les trouver par moi-même (parce que ça a été un peu long ;))
 
4 Déc 2019
11
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#23
@Matteus je suis childfree et je vois pas à quoi je renonce du coup, comme tu disais que les parents verbalisent ce que l'enfant implique comme renoncement. Je "renonce" à avoir un enfant. Point. Mais cela mis à part.. je cherche je cherche, je vois pas (je trouvais ton questionnement intéressant donc j'y ai réfléchi) o_O c'est comme si moi, je voulais adopter une girafe et que ma voisine s'en fiche des girafes, et que du coup je lui explique qu'elle renonce forcément à quelque chose en ne voulant pas adopter une girafe. Du moment qu'elle n'a aucun intérêt / accointance pour les girafes, elle ne renonce à rien, à priori :coiffe:

@Kermance c'est marrant parce que précisément je rêve d'avoir un cheval. (mieux je vais devenir entre autres, ostéo équin) :giggle:. Pour avoir vu les enfants de ma soeur, le moins regardante sur l'alimentation ... mmh ses enfants étaient vraiment compliqués :shifty: mais clair que les chevaux sont plus sensibles. Il y a quand même une différence "objective" c'est que ton cheval, que tu choisis d'avoir, c'est toi le proprio de l'animal, c'est ton choix et tu es lea seul(e) responsable. Et à priori, la société n'a pas d'attente sur toi et ce que tu fais avec lui. Pas de pression de toute la société (ou allez peut être du club si tu fais des concours.. mais entre un club et toute la société..). Alors qu'un enfant, se fait à deux mais in fine, c'est quasi toujours la femme qui endosse le plus gros (qui a la charge mentale de prévoir les rdv chez le gynéco / sage femme / cours d'accouchement / prise de sang / echographe / anesthésiste lors de la grossesse ? je doute que dans le plus large cas, ce soit les hommes qui font la démarche pour leur femme.. en tout cas dans mes stages hospitaliers, c'étaient toujours les mères qui devaient gérer), sur qui ça tombe en jugement dès que l'enfant va pas bien / est pas assez si / ne fait pas cela ? Qui se mange le + de congé maternité (et risque d'être dépréciée dans sa carrière) ? qui allaite ? qui se farcit les séances de rééduc + la maison etc etc ? (pour moi, l'homme n'ayant pas porté pendant 9 mois et ne subissant pas les conséquences d'un post partum, il devrait même en faire bien plus que la femme quand l'enfant est là, question d'équilibre) Oui il existe des pères qui sont tels que les femmes se sentent à 50 50 niveau charge mentale / épuisement, mais c'est encore loin d'être la majorité (rien qu'à voir à l'hôpital les pôles "mère enfant" > ça me fait toujours grincer.. mère enfant, bordel mais appelez ça pôle parent !). Les mères sont de vraies warriors. Je ne dis pas que cheval c'est mieux qu'enfant, mais juste que objectivement, en dépassant tous les petits sujets potentiellement rebutants (ou pas) de la maternité, la situation et ce qu'elle implique pour la femme (les pressions etc) est radicalement différente. Sachant qu'un cheval ça se vend si on ne gère plus / ou qu'on est malade etc. Pas un enfant. Et je ne me base pas sur du vent, mais sur les patientes qui arrivent chez nous, qui pleurent parfois, qui se sentent mauvaises mères, qui sont bouffées de culpabilité et qui viennent souvent seules avec leur bébé. Je crois que c'est la plus belle partie de notre métier, les écouter, les rassurer. Mais on a toujours un pincement de voir ces femmes qui mériteraient qu'on les laisse tranquille, qu'on les félicite, être si bas à cause de la pression autour.

Mes stages hospit m'ont vraiment montré que la société est loin d'avoir évolué sur la maternité et dans la grande majorité des cas, les femmes sont vraiment mises au second plan / doivent tout gérer ou au moins gérer le plus gros / ont plus de pression etc.

Beaucoup d'entre vous parlez de possibilité de voyages, alors certes, mais c'est pas le même budget, et surtout on est loin de la réalité de la majeure partie des gens. (Pour moi quand je parle voyage, je pense pas au voyage vacance typique sable/mer/all in' en france/italie/espagne, j'imagine le voyage + explorateur avec des destinations un peu plus lointaines) Le niveau d'étude ne garantit même pas une pérennité financière. Je suis entourée de master et doctorants et bac +10, et beaucoup d'entre eux vont galérer financièrement encore pendant quelques années (moi aussi). On a tous fin de vingtaine/début trentaine dans mon groupe. Donc clairement nous tous on fait un enfant, on peut objectivement dire adieu aux voyages, car le budget ne suivra pas. J'ose même pas imaginer ce qu'il en est pour les autres personnes à niveau d'études inférieur... Hormis ceux sortant de médecine, tout le reste vivent assez chichement. Même constat du côté de mon copain, autre branche, ils sont tous en galère, certains sont parents, mais doivent demander de l'aide à leurs famille et ont de la chance de venir de familles aisées qui peuvent subvenir.
Pour l'instant, toute catégorie confondue autour de moi (en oubliant le niveau d'études), les parents qui peuvent voyager sont ceux dont au moins un des conjoints a une famille "riche" ou ceux dont un des conjoints a obtenu un métier payant bien par piston.
 

Kettricken

Hate is always foolish, love is always wise
3 Jan 2019
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#24
@Matteus je suis childfree et je vois pas à quoi je renonce du coup, comme tu disais que les parents verbalisent ce que l'enfant implique comme renoncement. Je "renonce" à avoir un enfant. Point. Mais cela mis à part.. je cherche je cherche, je vois pas
C'est le soucis avec la parentalité : les inconvénients sont très concrets et faciles a expliquer. Les avantages bien moins.
C'est d'ailleurs une des réflexions qui ont contribué a me faire changer d'avis sur mon non-desir d'enfant. Avant de rencontrer mon conjoint, je voyais surtout énormément d'inconvénients au couple et une vraie prise de risque pour la femme en cas de couple hétérosexuel. Puis quand je suis tombée amoureuse de lui, j'ai compris que les inconvénients que je voyais étaient exacts mais que les avantages allaient bien au delà de "l'entraide et les câlins". C'est juste que c'était difficile a expliquer autrement que "ça me rend très très heureuse".
Du coup, je me suis demandée si c'était pas pareil pour les enfants. Et dans mon cas, ça l'est.
C'est hyper agaçant quand on te dit que c'est impossible a expliquer mais c'est vrai. Ou alors ça me prendrait bien plus de temps que je n'en ai pour formuler ça correctement
 

Matteus

Vieux de la vieille
7 Jan 2019
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#25
@Sorcière des champs

Ben ça va dépendre beaucoup de ce qui t'intéresse dans la vie ( comment ça c'est pas une réponse ?! :cretin:)
Par exemple, je ne voyage pas, donc l'aspect "renonciation aux voyages" de la parentalité ne m'a jamais semblé pertinent (même si cette renonciation n'est pas aussi tranchée qu'on pourrait le croire au premier abord). Contrairement à toi qui exprime l'intérêt pour le voyage.
Donc chacune, selon son mode de vie et ses centres d'intérêts, va renoncer à des choses selon les choix faits.

Disons de ce que j'ai constaté, les choses qui m'intéressent dans le fait d'avoir des enfants, auxquelles je renoncerais en n'en ayant pas relèvent surtout de l'expérience humaine plutôt que des éléments matériels :
- le côté grisant de créer quelqu'un à partir de rien et qui vienne de moi au sens le plus charnel du terme (le miracle de la vie, gnangnan oui mais j'assume totalement le côté égocentrique et mégalo que ça peut impliquer). Dans le domaine charnel : donner le sein, sentir ce que ça fait de nourrir quelqu'un de son propre corps. Savoir ce que ça fait, expérimenter la transformation du corps.
- l'intranquillité. Ce sentiment proche de l'inquiétude qui est de ne pas savoir ce qui va arriver, tout en sachant que ma tranquillité d'esprit ne dépendra plus jamais que de moi seule.
- la responsabilité : avoir un être, et non plus seulement des choses, qui dépende de moi, de ma capacité à prendre de bonnes décisions. Le côté "challengeant" me plaît.
- la transmission et l'éveil : donner à voir, à connaître, à comprendre, voir l'étincelle d’enthousiasme pour des choses nouvelles. Etre passeuse de quelque chose, d'une culture, d'un patrimoine, de valeurs.
- changer de perspective, être obligée de me mettre à hauteur d'un autre, de devoir voir le monde d'une autre manière pour comprendre. Accepter de changer radicalement de point de vue.
- établir une relation avec un être humain qui est "vierge" de toute relation, participer à sa construction, et contempler son évolution.
- Expérimenter le côté "parent" de la relation filiale. Donner une affectation particulière à mes enfants et en recevoir de leur part qui soit spécifique à cette relation.

Tu va me dire qu'on peut retrouver l'un ou l'autre de ces aspects dans d'autres activités que la parentalité, en organisant son métier ou ses activités autour de cela. Tout comme des parents te diront qu'on peut continuer à voyager, sortir, faire la fête, se murger une fois par semaine, on n'est pas obligés de tomber dans la misère ni d'acheter un pavillon de banlieue avec SUV et labrador, en s'organisant, en axant son métier ou/et ses activités autour de ce ça.

edit : je plussoie totalement le message de @Kettricken ci-dessus et le côté "ça me rend heureuse". L'effet de cette augmentation et cette transformation de l'expérience humain provoque un sentiment de bonheur.
 
4 Déc 2019
11
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#27
@Kettricken c'est marrant mais je vois autant d'avantages concrets à devenir parents que les inconvénients. Enfin d'avantages pour les personnes qui de base trouvent séduisante l'idée de la parentalité. Et je pense aussi que ça dépend du conjoint (mon ex 2 m'a fait passée de childfree à gros doute et si moi aussi je faisais un mini lui) ^^ donc j'imagine un peu ce que tu as dû ressentir. Par contre sitôt l'histoire finie avec ex 2, je suis redevenue childfree convaincue.

@Matteus ah oui donc en fait j'avais mal compris ton propos, toi en fait tu cherchais à quoi on renonce de positif si on ne crée pas un enfant alors qu'on en voudrait un, c'est ça ? Je ne pense pas que ce soit gnangnan le miracle de la vie, en stage quand la gyneco m'a fait palper des bouts d'un bébé de la tête à la nuque aux pieds aux mains sur le ventre d'une maman, appelez moi niaiseuse mais j'étais fascinée. C'est hyper impressionnant en vrai. (et après elle m'a engueulée parce que j'ai poussé des exclamations enthousiastes et que je cite "ça ne fait pas pro" alors que la maman semblait ravie). Je sais qu'il faut une distance médicale, mais parfois être un peu humain.. :erf::non: ça mange pas de pain :scream: :annoyed: :stare: :goth:
(je m'éloigne du sujet mais le côté esprit vierge à modeler pour en faire une belle personne est génial, sauf que malgré tous les efforts, souvent la société et les gens autour pervertissent ce petit être qu'on s'astreint à rendre génial.. :crying: je me souviens de vidéos sur la situation de handicap ou vidéos sur la couleur de peau, montrant les réactions des enfants en fonction de l'âge > et des dégâts que la société (école, médias, proches) fait sur eux. C'est flippant)
 

Kettricken

Hate is always foolish, love is always wise
3 Jan 2019
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#28
Je ne pense pas que ce soit gnangnan le miracle de la vie, en stage quand la gyneco m'a fait palper des bouts d'un bébé de la tête à la nuque aux pieds aux mains sur le ventre d'une maman, appelez moi niaiseuse mais j'étais fascinée.
Ça fait partie des avantages concrets auxquels je ne m'attendais pas : pour moi qui n'y connaissais rien aux enfants et a la grossesse, j'ai découvert que je trouvais ça fascinant en fait. Ça a réactivé mon côté scientifique empirique et mon intérêt pour l'éthologie (oui éthologie, pas anthropologie, car la grossesse et les 1ers mois de vie sont a les yeux une expérience plus de mammifère que d'humain)

Ceci dit, je me demande toujours si je serais resté CF si j'avais rencontré qlq d'autres que M. Kettricken. C'est fort possible. Je sais que j'aurais pu être heureuse sans enfant. Mais je suis tres très heureuse d'en avoir eu un
(Et après m'être bieeeeen pris la tête pour savoir si je voulais un enfant, me voilà repartie dans les mêmes questionnements pour un éventuel et peu probable deuxième)
 

Matteus

Vieux de la vieille
7 Jan 2019
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#29
@Sorcière des champs
ben disons que même si on n'en veut pas, selon nos choix et modes de vie, il y a des choses qu'on peut trouver chouette dans le fait d'avoir des enfants mais il faut pouvoir sortir du triptyque couches/plus de vie sociale/la société te jugera à vie quoi que tu fasses (ah merde, ça c'est aussi le cas sans enfants !). Moi j'ai listé mes raisons, mais selon les gens, il peut y en avoir une infinité.
Je suis d'accord sur l'histoire de l'enfant dont la personnalité et les traits de caractères ne sont pas le fruit de la seule éducation mais aussi de tout son environnement. Mais c'est inévitable. Autant j'assume le côté mégalo de la création de la vie à partir de mon corps (et de la petite contribution du papa) autant l'aspect Pygmalion, c'est pas du tout mon trip. Mais élever un enfant c'est toujours semer des graines qu'on ne verra germer que longtemps après, donc ça me va.

En aparté, la gynéco qui t'a engueulé n'a rien compris ! Je pense qu'une femme qui attend un enfant ne demande pas mieux que son émerveillement face à la vie soit partagé. Le personnel soignant peut parfois paraître "blasé" dans ce genre de cas, ça doit être plutôt sympa de voir ce genre de réaction.
 
You Rock !: Blinky

Aribeth

La roue tourne
6 Jan 2019
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#30
@Kurmad franchement c'est pas que ça me vexe, c'est juste que c'est faux. Mais la plupart du temps je n'interviens pas car je ne cherche pas à convaincre, ni à me mettre en avant.

@Gingerbraid je serais d'accord avec ta première partie mais sur Rockie quand même, on est plus loin dans le débat :unsure:

A noter que ces fameux inconvénients partent vachement vite. Mon grand est né en 2016 soit hier, et niveau contraintes ça n'a déjà plus rien à voir...
 
You Rock !: Chocovore et Psyduck

Maye

Well-known member
22 Jan 2019
30
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#33
@Sorcière des champs tu dis "Beaucoup d'entre vous parlez de possibilité de voyages, alors certes, mais c'est pas le même budget, et surtout on est loin de la réalité de la majeure partie des gens. (Pour moi quand je parle voyage, je pense pas au voyage vacance typique sable/mer/all in' en france/italie/espagne, j'imagine le voyage + explorateur avec des destinations un peu plus lointaines)"

Tu as conscience que c'est les all-in a la mer qui coûte le plus cher, et encore plus avec un enfant ? ^^' Bon ma fille commence a être suffisamment grande pour que je doivent lui payer son billet d'avion et ça fait mal au cul, a part ça elle coûte pas bien plus cher que si on était parti sans elle. Et clairement même en payant son billet ça reste plus rentable que payer un hôtel all-in en bord de mer en Italie. Globalement j'ai du mal avec l'argument du budget, un enfant ça peut coûter très cher, mais aussi très peu. C'est sur que c'est plus confortable pour les parents d'investir dans tous un tas de trucs mais rien n'est obligatoire hein. L'enfant il a besoin de l'amour de ses parents, et probablement quand même qu'il faudra une seconde chambre pour lui dans le logement quand il sera adolescent mais je crois sincèrement qu'il peut être heureux et équilibré même sans avoir sa propre chambre. C'est sur que quand ils grandissent c'est mieux si les parents sont a même de payer pour des études par exemple, mais votre enfant vous en tiendra vraiment rigueur si vous ne le pouvez pas ? Bon après c'est sur que si vous voulez faire 6 enfants la ça a un certains coup, mais alors la question de se devenir parent ou non ne se pose plus dans ce cas là il y a un projet de vie bien décidé derrière lol.
 

Tartoflan

Ne pas citer, merci !
26 Jan 2019
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#34
@Maye (dis-moi si tu veux que je te décite)

et probablement quand même qu'il faudra une seconde chambre pour lui dans le logement quand il sera adolescent mais je crois sincèrement qu'il peut être heureux et équilibré même sans avoir sa propre chambre.
Non. Tu sous-estimes grandement l'effet du manque d'intimité et son importance pour le développement. Je parle en connaissance de cause. Enfant, ça passe. Mais à partir de l'adolescence (au collège, et je dirais même pré-adolescence), il est absolument crucial pour un enfant de disposer d'un espace à soi pour ... se construire, simplement. Avoir la maison pour soi quelques heures avant que les parents ne rentrent du boulot n'est pas suffisant. Chacun a besoin d'un espace pour s'exprimer, apprendre à se connaître, expérimenter ... un espace personnel, à l'abri des regards, des oreilles, où l'on peut faire ce que l'on veut sans crainte d'être observé ou jugé. Moi je n'en ai pas eu, et même si je vais plutôt pas trop mal aujourd'hui, j'en ai énormément souffert, ça m'a bloqué dans plein de choses (par exemple, tu ne peux inviter personne. Quand au lycée toutes tes copines t'invitent à des soirées pyjama et que tu ne peux juste jamais rendre la pareille, parce que si tu invites quelqu'un, il y a toujours tes parents qui sont juste à côté, c'est gênant pour absolument tout le monde. Et la honte, on en parle ?). Et mes parents, eux aussi ils avaient besoin d'intimité, et ils ont souffert aussi de ne pas en avoir, en plus de la culpabilité de ne pas pouvoir l'offrir à leur enfant.
Je suis désolée d'être assez sèche, mais ça me touche trop pour que je laisse passer.

L'enfant il a besoin de l'amour de ses parents
Oui, bien sûr, c'est absolument nécessaire. Mais malheureusement ce n'est pas suffisant. De l'amour, j'en ai eu énormément. Et c'est bien grâce à ça qu'aujourd'hui je vais "plutôt pas trop mal". Mais l'amour n'achète pas à manger, l'amour ne chauffe pas ta maison, l'amour n'achète pas des vêtements adaptés, l'amour ne paie pas des études, ni des vacances, ni des loisirs. Moi aussi, j'aimerais que l'amour soit suffisant, mais dans notre société ce n'est pas possible.

C'est sur que quand ils grandissent c'est mieux si les parents sont a même de payer pour des études par exemple, mais votre enfant vous en tiendra vraiment rigueur si vous ne le pouvez pas ?
Quand tu as vécu très modestement (pour ne pas dire dans la misère) toute ta vie, et que la seule chose qui peut te permettre d'accéder à une vie plus confortable (même pas luxueuse hein) t'est refusée, bah oui il se peut que tu en veuilles à tes parents, même si ce n'est en rien de leur faute et qu'ils auraient tant voulu pouvoir.
A la fac, j'ai rencontré beaucoup de gens dans ma situation (à croire que les 7% d'enfants d'ouvriers qui accèdent à l'enseignement supérieur se sont regroupés au même endroit :yawn:), et même si on s'en sortait tous pas trop mal, on avait quand même des difficultés que n'avaient pas les enfants de classe moyenne ou supérieure. Quand tu dois bosser pendant tes études, ce qui te fait rater la moitié des cours et donc redoubler souvent, quand tu vis dans un logement pourri ou que tu dois rester chez tes parents (et tes taper 4h de transport par jour), quand t'as même plus assez pour te payer à manger ... et ça ce n'est que la partie "matérielle". On pourrait parler aussi du bagage culturel qui fait cruellement défaut et qui fait que tu dois bosser deux fois plus pour rattraper le retard (sans personne pour t'aider of course). Des relations que tu n'as pas pour te trouver un stage ou un boulot. En fait, même si tu t'en sors pas mal et que tu te sens bien dans ta situation, il y a toujours la société qui est là pour te rappeler ce qui te fait défaut.

Je ne dis pas que seuls les gens ayant de l'argent devraient faire des enfants, et que les pauvres devraient s'abstenir (je ne dis pas ça du tout, et je suis contre cette idée). Mais on ne peut pas dire aujourd'hui en 2020, qu'un enfant ça va, on n'est pas obligé de tout lui payer ou de tout lui offrir, même le minimum, et qu'il suffit de l'aimer pour qu'il vive sa meilleure vie. Parce que la société ne fonctionne pas comme ça du tout, hélas.
 

Maye

Well-known member
22 Jan 2019
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#35
Enfait je pense quand même qu'on a pas besoin de ça. BESOIN. Je l'écrit en majuscule pour insister, pas pour gueuler. La société, notre société ne permet pas a des familles pauvres de s'en sortir, et la comparaison avec les autres enfants est difficile et accéder a de bonnes études et de bon job plus tard est liés en grande partie au niveau de vie de tes parents. On est d'accord. Ça ne devrait pas l'être.

Maintenant je répondais surtout aux gens qui pensent qu'un enfant coûte extrêmement cher, et qu'il faille absolument une situation financière très particulière pour ne serait-ce que d'avoir le droit d'imaginer concevoir un enfant. Parce qu'entre partir en vacances en all-in en République dominicaine et la vie quotidienne il y a un monde.

Ma fille a 4 ans donc évidemment je n'ai pas le recul nécessaire pour juger de l'après. Mais jusque là personnellement je ne trouve pas qu'elle m'ait coûté si cher que ça, et en y réfléchissant bien elle m'a probablement coûté autant voir moins que de posséder un cheval (pour en revenir a l'article).

Je ne veux pas nier ton vécu ou ton ressenti, il est là il est réel mais je pense sincèrement que les sommes que l'on a l'habitude de donner quand on parle de faire un enfant et les sommes que les parents occidentaux ont l'habitude de dépenser pour leur progéniture n'est pas obligatoire. Il y a des tas de gens, que ce soit des personnes pauvres ici ou juste issue de cultures différentes ailleurs qui dorment au même endroit que leurs enfants et ça ne pose pas de problème. Ça ne devrait pas poser de problème ! Ça n'empêche pas l'enfant de grandir et ça n'empêche personne d'être heureux.
 
You Rock !: Lolita et Blinky

Cyrille

Well-known member
10 Déc 2019
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#36
Je rebondis sur la question financière : si, faire un enfant, ça peut aussi être une question d'argent. Mon mari et moi gagnons entre 20000 et 22000 euros par an - à deux, pas chacun...- et il nous serait difficile d'élever convenablement un enfant. Nous travaillons tous les deux, nous sommes tous les deux précaires et ce qui nous sauve financièrement, c'est de ne pas avoir le permis : pas d'assurance, pas de crédit auto, pas de carburant. Sinon, on serait perpétuellement à découvert.

Bref, on pourrait nourrir un enfant, mais pas plus. Pas de cours de piano/guitare/whatever, pas de sport un peu cher (vous avez vu le prix d'une licence de foot pour un gamin de six ans ?), pas de colonies de vacances, pas de vacances tout court d'ailleurs - mes parents et ma belle-mère ne veulent/ne peuvent pas s'occuper d'un enfant. Ce n'est pas ce que je souhaite pour n'importe quel enfant, a fortiori pour le mien.
 

Bernie

Well-known member
24 Fev 2019
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#37
@Cyrille j’entends tes derniers arguments mais je voulais tempérer un petit peu.
Cela dépend aussi d’où on habite, autant pour le coût du logement que pour la politique municipale envers les familles. Je gagne environ comme vous et j’ai 2 enfants. Pas de pension alimentaire car les enfants sont en garde alternée (Ce qui ne diminue par du tout par 2 ce que les enfants « coûtent », à part pour l’alimentation, car ils ont tout en double) . Pour autant, ils font tous les 2 des activités sympas car beaucoup d’adhésions (conservatoire, sport...) sont calculées selon le quotient familial et payables en plusieurs fois. Le conservatoire prête les instruments de musique les premières années aussi. Ma fille a pu partir au sport d’hiver avec la ville cet hiver, ça m’a coûté 150€ la semaine. Avec les chèques vacances que je peux avoir au boulot, on se concocte de super vacances à pas cher (camping à la ferme en pleine nature, randos ...).
On ne peut pas faire des voyages extraordinaires et manger au resto 3 fois par semaine mais on se débrouille pour avoir une vie confortable et riche culturellement.
 

Maye

Well-known member
22 Jan 2019
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#38
On s'éloigne du sujet initial, mais la vraiment je suis étonnée par ces propos. Que ce ne soit pas ce que tu souhaites, bah ok hein j'ai rien a redire. Mais a quel moment un enfant a besoin de leçon de piano ou de colonies de vacances ? Pour le coup la c'est même plus du confort c'est carrément du luxe a mes yeux ! Tu ne pourrais pas élever convenablement ton enfant sans ça ? Si, tout a fait que si. Tu ne souhaite pas le faire et c'est complètement un choix qui se respecte mais fournir un toit a son enfant et de la nourriture c'est suffisant normalement ! C'est la mon point : notre société actuelle nous "oblige" à consommer et dépenser toujours plus pour nos enfants mais en ont-ils réellement besoin ?

Je n'ai pas parlé de ma situation personnelle mais a vous lire ma fille ne sera jamais heureuse et épanouie...

J'arrête là la digression, je pense que tout le monde a saisi mon point de vue. Je ne crois sincèrement pas que nos enfants seront plus heureux si l'ont dépense plus d'argent pour eux. On ne vis certes pas d'amour et d'eau fraîche mais les expériences enrichissantes ne coûte pas forcément un rein et l'amour n'a pas de prix.

Édit : je tiens a préciser que je ne jette la pierre a personne et encore moins a veux qui décide d'acheter tout plein de chose. Si on le peut et qu'on en a envie tant mieux ! Je trouve juste qu'on a tendance a oublier ce que c'est réellement de subvenir aux besoins d'un enfant et je trouve que beaucoup de gens se mettent la pression pour avoir une situation particulière alors qu'elle n'est pas forcément nécessaire. Quoi qu'il en soit on est allés un peu loin je parlait des voyages a la base ^^'
 

Coco l’asticot

Well-known member
12 Jan 2019
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#39
Désolé pour le flood mais oui je rebondis sur l’argent et les enfants, avant d’etre enceinte tout le monde me disait que l’arrivee (Juste l’arrivee) d’un bb ça coûte un bras, bah en fait ça dépend juste de comment tu dépenses tes sous : nous on prend tout sur le bon coin vinted et recup d’ami, résultat j’ai le couffin à 10€, la baignoire à 5, l’écharpe et le transat on me l’a offert, pour les vêtements c’est des cadeaux de la famille...bref pour l’instant j’ai quasi rien dépensé alors que j’ai récupéré pleins de truc mine de rien
 

Manea

Well-known member
28 Jan 2019
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#40
@Maye

Je vis dans un pays où il y a beaucoup moins de soutien de l'Etat pour les familles - même l'assurance santé est payante pour chaque membre d'une famille. Donc le budget d'une famille pèse plus sur les épaules des parents. J'indique celà juste pour mettre en contexte mon commentaire sur l'aspect financier.

Je ne pense pas qu'il faut une tonne de gadgets, vacances très chères pour élever un enfant, mais pour moi c'est faire un déni de la réalité que de nier la contrainte financière que sont les enfants. Pour moi c'est 18 ans d'une certaine stabilité financière à pouvoir assurer, et comme pas de chance, les études sont aussi payantes chez moi et que les bourses sont beaucoup plus dures à obtenir, il faut encore subvenir environ 7 ans après la majorité selon le parcours des enfants. 25 ans d'investissement financier ça reste une certaine charge. C'est plus difficile d'effectuer une reconversion pro/recommencer des études, de réaliser certains rêves. Je ne dis pas que c'est impossible. Mais pour moi (et je ne te compte pas dedans) je trouve que la plupart du temps les personnes qui disent que les enfants ça n'est pas une entrave financière sont des personnes avec de bons salaires. Tout comme les childfrees (comme celle de l'article) qui parle de resto étoilés et frais d'entretiens pour un cheval comme si c'était une situation financière moyenne. Même sans enfants ce genre d'activités ça présuppose un salaire qui est bon. Alors oui je ne pense pas que la situation financière freine énormément les personnes qui veulent des enfants (mais vont peut-être se limiter sur le nombre). Par contre, le confort de ne pas devoir assurer une sécurité financière sur 25 ans peut être vu comme un des avantages pour les personnes cf. Et je vois pas en quoi c'est mal.

Et pour finir ce qui m'agace avec ce genre d'articles (pro cf ou pro parentalité) c'est ce besoin de se rassurer autant de la part des parents que des cf qu'on a fait le bon choix et se sentir offusqué des propos du "camp adverse". Ça revient toujours et c'esr un peu stérile comme débat. Je vois des avantages et des aspects positifs dans les deux choix selon le charactère et le parcours de vie des personnes.
 
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