Je ne peux pas m’empêcher de me comparer aux autres

Marie

Events mad & Rockie
3 Jan 2019
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Paris
dansmesinternets.fr



La dernière fois que je me suis comparée à quelqu’un remonte exactement à 10 minutes. J’étais en train de regarder une vidéo tuto d’Animal Crossing: New Horizons et en voyant ce que le joueur avait fait de son camping, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire : le sien est TELLEMENT plus beau que le mien, il est si doué, je n’aurai jamais cette vision.
La comparaison est un réflexe tellement naturel chez moi que je ne me rends plus compte qu’elle est ma compagne quotidienne. En période d’isolement social et alors que j’ai moins d’occasions d’être gratifiée de compliments, me comparer sans cesse peut m’amener dans un cercle d’auto-dépréciation plutôt désagréable.
Je me compare sur tout, tout le temps
En temps normal, je ne suis pas vraiment ma meilleure amie. Ma vie spirituelle et les petites voix qui traversent mes pensées n’ont pas la bienveillance de mes proches et de ma...
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Dernière édition par un modérateur:

Joséphine

Well-known member
25 Jan 2019
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Moi aussi, je me compare. Je me suis toujours sentie nulle, mais c'est ce que mes parents m'ont fait ressentir, alors c'est compliqué.
Sauf qu'aujourd'hui, je suis en thérapie suite à des choses très graves, c'est un boulot en soi, donc je ne travaille pas. J'ai la "chance" de pouvoir le faire.
Mais les autres... Je sens qu'ils ne comprennent pas forcément, et certains pensent que je fais une erreur, que je suis sur la mauvaise pente. Je ne suis plus amie avec ces personnes qui n'essaient pas vraiment de me comprendre.

J'essaie de ne plus me comparer avec les autres tout simplement parce que ce n'est pas comparable. Ma vie est vraiment différente et particulière, mon chemin n'est pas le même que celui de la plupart des gens. Mais ça reste difficile, parce que ça me fait me sentir seule, parce que je n'ai pas de référence. Et puis les autres font des choses que je meurs d'envie de faire mais que je ne peux pas faire pour le moment. Ma vie est très limitée, même si je travaille dessus.
 

Tinure

Well-known member
23 Avr 2019
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L'ironie quand une pub sur la page du forum me propose de faire un test de qi pour voir si je suis dans les gens doués ou pas xD
Moi c'est un peu pareil, ca dépend aussi des gens avec qui on traine. Dans ma vie même les choses que j'aime faire deviennent petit à petit des sources de comparaison. Je me rends compte que les trucs sur lesquels je ne peux pas me comparer c'est les choses que je fais sans avoir d'objectif à la clé. Par exemple, le yoga. Je fais du yoga parce que j'aime ca et pour me sentir bien, mais pas particulièrement pour "perdre du poids" ou "avoir un corps meilleur". Avant je voulais faire du sport genre de la musculation avec des objectifs physiques dans la tête, alors que ces sports ne me plaisaient pas vraiment. Oui, j'aimerais être plus musclée, mais je n'arrivais pas à faire des pompes ou quoi, ca me stressais et j'abandonnais, et je m'en voulais. Et je me comparais à ma petite soeur qui en faisait tous les jours. Mais sinon dans plein d'autres domaines de ma vie je me compare alors qu'il n'y a aucune raison pour ca. Même (et je dirais même surtout) dans l'activisme, alors que c'est vraiment pas le but ou l'endroit. Je traîne avec des activistes, et je m'en veut toujours un peu de pas avoir la même conviction, la même énergie qu'eux. Je me compare à des activismes du climat sur Twitter que je trouve courageux et plein d'énergie. J'aimerais bien avoir leur vision et ce truc qui les pousse à faire des trucs, moi j'ai l'impression d'avoir perdu mon momentum, l'énergie du mouvement.
Mais bon je dis ca mais en vrai je fais des trucs aussi, c'est juste que puisque ces trucs sont devenus "ma norme", je ne les valorise pas. Il y a aussi le fait que je suis assez seule, je passe mon temps avec moi-même et il n'y a personne de proche de moi à qui je puisse dire sur quoi je travaille. A la place je vois des gens sur les réseaux sociaux qui eux font plein de trucs, et avec qui je n'ai pas de "relation", je sais ce qu'ils font mais eux ne me connaissent pas, c'est asymétrique, et à force de rester seule j'ai l'impression que ce que je fais "ne compte pas", n'est pas intéressant, que c'est normal, que c'est la base
J'ai de plus en plus envie de trouver d'autres amis pour rencontrer d'autres idées, ne pas toujours rester avec les mêmes personnes avec qui je me compare sur des sujets très spécifiques. J'ai besoin d'être avec des gens différents avec lesquels la différence puisse être valorisée
 

Tinure

Well-known member
23 Avr 2019
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Et effectivement faire le tric sur mes réseaux sociaux ca m'a beaucoup aidée. J'ai unfollow plein de gens même si je les admirais beaucoup et que je voulais "suivre ce qu'ils faisaient", parce qu'au bout d'un moment je me rendais compte que je ressentais toujours la même chose en voyant leurs posts: de l'insécurité, un peu de jalousie et une voix qui me disait "et toi qu'est ce que tu attends?". Je me détache de plus en plus de Twitter même si c'est là que plein de gens partageaient des trucs susceptibles de m'intéresser mais au bout d'un moment ca devient trop, même l'information ca fait trop à gérer et ca peut être contre-productif de recevoir plein de mini-info plutôt que de faire ses propres recherches de manière consciente. Et à la place je suis des gens sur instagram qui publient du contenu qui me fait du bien
 

grenouilleau

Well-known member
9 Jan 2019
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Y a plusieurs trucs dans l'article : la comparaison pro, la comparaison physique, la comparaison avec les hommes, avec les autres femmes.

Pour la comparaison pro avec les hommes, de mon côté, ça me mets juste en rage. Parce que c'est le résultat de la société patriarcale, si je gagne moins que tel ou tel ami.
Je le prends pas personnellement quoi. Même si je le vis personnellement, je sais que c'est un truc sur lequel j'ai pas de prise.
D'ailleurs il me semble que la manière dont est codé you tube par exemple "colle" aux réflexes patriarcaux inégalitaires de la société (l'article parle de réussite par les podcasts ou autre truc internet). C'était ce que disait Zuckerberg pour Facebook quand il a été auditionné devant je-sais-plus-quelle-assemblée-US, et je crois que youtb fonctionne pareil : qu'est-ce que "garde" les gentes sur la page ? des hommes : donc on va diriger les gentes vers des vidéos d'hommes.
Bref, ça reproduit puis amplifie les clichés genrés (en plus du harcèlement des femmes sur internet, qui renforce encore le biais, puisque les femmes s'auto-censurent, donc y en a moins).
Surtout que depuis quoi, 5 ans, sur youtube en tout cas, la situation est encore pire : maintenant que la plateforme a suffisamment de gentes connu.es, elle pousse vers leurs vidéos, donc c'est devenu très très difficile de faire son trou (avant c'était plus égalitaire, puisque youtube voulait se construire en attirant des cinéastes).
Donc sur la comparaison pro : aucun intérêt, c'est juste se faire du mal pour un truc qu'on maîtrise pas individuellement

Pour la comparaison physique entre femmes : là aussi je l'explique comme une conséquence du patriarcat. Quelle est sa valeur sur le marché des femmes ? Est-ce qu'elle est plus "bonne" que moi ? En d'autres termes : est-ce qu'elle va trouver un meilleur "homme" que moi, plus beau, plus riche, moins oppresseur que d'autres (je parle du point de vue hétérosexuel)...
Parce que si on regarde de manière "neutre".. ben à partir du moment où on est toutes les deux en vie, c'est qu'on est toutes les deux aussi bien l'une que l'autre, non ?
J'arrive pas à le dire bien, mais pour moi la comparaison physique entre femmes vient vraiment de la pression que les femmes doivent supporter pour survivre dans le monde patriarcal. C'est vital, de trouver un homme. Donc c'est vital d'être "plus bonne" que les autres, et que les autres ne nous fassent pas de l'ombre.
Le cliché du vieux qui a 45 ans fait sa crise et part avec une jeune femme pour oublier qu'il va bientôt mourir, c'est pas juste un cliché, ça a des conséquences concrètes pour les femmes, en terme de pression. Pas juste la femme qui se fait quitter, mais les autres aussi : est-ce que je suis encore assez bonne pour m'éviter la misère d'un divorce ?
Je dis ça parce que c'est un fait qui a été compté, les foyers mono-parental c'est très souvent des mères seules, et c'est très souvent les foyers les plus pauvres du pays.
Donc pour moi la comparaison physique entre femmes, c'est quelque part ça, au cœur de la comparaison : avoir la tête occupée à vérifier qu'on a de meilleures chances que les autres. Plus tard, qu'on est pas (encore) bonne pour le déclassement social. Ou qu'on est bonne pour être "sauvée" de ce qui attends les femmes si elles ne se trouvent pas d'homme dans cette société là.

Du coup, j'évite pas spécialement de me comparer, mais je regarde d'autres choses quand je me compare. Je me dis tiens, elle a mis plus d’énergie que moi pour tel truc, ça doit la soucier plus que moi. Quand je vois une femme très bien habillée, je me dis souvent : "tiens, elle doit vraiment être stressée sur son avenir" ou "son patron doit vraiment lui mettre la pression".

Bref, la comparaison pour s'auto-flageller, c'est destructeur, surtout que les causes des qualités sont très souvent extérieures aux gentes elleux-mêmes.
Mais je crois qu'arrêter de comparer n'est pas obligatoire. Parce que c'est pas une solution viable à long terme. Pour moi c'est comme si je me disais : "je vais oublier que je vis dans une société normée". La société normée saura toujours se rappeler à nous d'une manière ou d'une autre.
Donc je compare, mais je change le regard que je porte sur ce que je vois. J'essaye de passer d'une comparaison destructrice pour moi-même à une comparaison où j'essaye de comprendre d'où ça vient.
Et ça permet de voir du coup que les normes de beauté, de réussite, sont le résultat d'une société inégalitaire. Et je trouve que c'est un truc intéressant à faire : pourquoi telle "qualité" me fait envie, et pas telle autre. Qu'est-ce que ça veut dire de ce qui est attendu des femmes, des hommes. Est-ce que ça vaut la peine (au sens propre souvent).
Et j'espère que quand je serais vieille, ça me permettra de vivre mieux de devenir moche, ou invisible socialement. Parce que j'ai l'impression que ça aide, de savoir d'où vient le problème, la souffrance dans la comparaison. Je serais en colère, mais pas contre moi quoi.
Et j'espère que si je m'en sors pas trop mal je me dirais pas que c'est parce que je suis trop cool comme personne, juste que j'ai eu de la chance et que j'ai bénéficié des mécanismes sociaux d'inégalité. Bref, je vois pas l'intérêt de le prendre personnellement.
 

Eglantine

Les deux, mon capitaine.
3 Jan 2019
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@grenouilleau

Je trouve ce que tu dis sur le vieillissement et sur le fait de réfléchir à pourquoi on envie telle qualité d'une autre personne plutôt qu'une autre très intéressant. Ca me rappelle une discussion avec ma psy il y a fort fort longtemps.

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Par contre sur le ''pourquoi telle qualité et pas une autre'' j'avoue que je n'ai pas trop de réponse pour le moment, si ce n'est qu'autant il y a certaines qualités que je désire avoir pour ce qu'elles me permettraient réellement de faire (i.e ''J'aimerais tellement avoir une aussi belle plume qu'elle, pour faire passer facilement mes idées'', ''J'aimerais être sociable comme lui pour nouer des relations plus facilement et me sentir moins seule''), autant c'est tout à fait possible qu'il y en ait d'autres que j'envie plus pour l'image qu'elles donneraient de moi, à moi comme aux autres (i.e ''J'aimerais bien être aussi souple qu'elle pour... que ce soit impressionnant ?''). C'est peut-être surtout là que ça devient problématique :hesite: Mais dans l'ensemble, je pense que j'ai surtout tendance à envier des qualités qui ont un rapport direct avec ce mon métier, mes loisirs (qualités qui me permettraient d'être plus compétente dans l'un ou l'autre) ou mes vieilles-blessures-d'enfance-pas-guéries :cretin:
 

Alfen

TheFool sur Madz
3 Jan 2019
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C'est un sujet complexe la comparaison aux autres.
@grenouilleau : y a un TEDx qui est pas mal au sujet de la comparaison entre femmes et du fait que c'est un héritage du temps où il fallait être le meilleur "cheval" pour se faire acheter par un homme

Je vais essayer la technique conseillée dans l'article de noter mes instants comparaison.

En théorie, j'ai réussi des trucs cools dans ma vie. Mais en pratique, je ne suis "jamais assez bien" pour moi même. Je pense avoir des blessures-d'enfance-non-guéries moi aussi, via des parents peu sécurisants. La confiance en soi commence là après tout. J'ai pas trop de problèmes avec les inconnues sur les réseaux, c'est plutôt les personnes que je connais que j'envies : untelle qui a un boulot super bien payé, untelle qui est bonnasse et qui arrive à faire du sport, untelle qui est en couple stable et heureuse depuis longtemps. Tout est multifactoriel, tant du modèle de couple qu'aux opportunités pro/perso et de la filière pro qu'on a prise. Mais c'est dur de l'intégrer. J'y arrive toujours pas.

Là mon gros dilemme c'est la peur que la personne avec qui je suis parte pour une autre. Et l'avoir choisi, forcément c'est arrêter la recherche d'un compagnon. Et j'ai peur de passer à côté d'une "meilleure opportunités". Et je culpabilise de penser tout ça. Cercle vicieux bonjour.
 

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