Mlle_clouzy

Well-known member
17 Jan 2019
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J'ai l'impression de lire un article que j’aurai écrit dans la nuit sans m'en rendre compte tellement ça pourrait être ma description :LOL: Je pleure dès que je suis en colère et après je culpabilise parce que je n'ai pas réussi à faire passer le message que je voulais calmement. Et ma psy est aussi en congé mat... c'est loooong (enfin pour moi, par pour elle j'imagine). Mais c'est exactement la raison de pourquoi je suis allée voir une psy, le premier jour je suis arrivée, naïvement" bonjour, je pleure tout le temps et je ne sais pas gérer mes émotions, merci de me donner un mode d’emploi" bon... pour le mode d’emploi c'est raté, mais ça fait du bien d'en parler à un professionnel.
 

CCCC

Cessez ces "C" !
20 Jan 2019
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:lol:
J'ai mis 40 ans a comprendre que ce que je ressentais, c'était de la colère... Le terme "hypersensible" m'a collé a la peau... "Je chiale, mais bon c'est pas ce que je suis hypersensible..." Sans jamais voir que l'émotion qui se cachait derrière, c'était de la colère.
La reconnaître a été la première étape. Ensuite l'accepter et la trouver légitime. (Work in progress). Ne pas culpabiliser de ressentir cette émotion (car en vrai, c'est la culpabilité qui m'oblige à la masquer ! Après tout, c'est un des 7 péchés capitaux ! C'est pas rien !) La verbaliser, c'est encore autre chose mais je m'y mets doucement.
Donc @Mymy i feel you! Bravo pour le chemin accompli !
 

Ptite plume

Well-known member
2 Jan 2019
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Ben moi aussi, je pleure tout le temps, le plus désagréable étant quand je suis au bord des larmes, généralement car quelqun m'a fait une remarque, c'est contenu jusqu'à ce que j'explose... je ne sais pas faire autrement, j'ai besoin de pleurer pour "décharger"... si je ne peux pas pleurer ça se termine généralement en crise d'angoisse...mais je réfléchis à d'autres stratégies... respirer par exemple, histoire que la pression "retombe". Ecrire ou dessiner ça peut aussi aider. Parler surtout, mais c'est difficile.
 

Ahn

Well-known member
8 Mar 2020
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Je commence tout juste à m'en débarasser aussi. Y a juste avec ma famille que ça me le faisait pas. Et pour la première fois il y a quelques semaines, j'ai gueulé sur mon voisin et qu'est-ce que j'étais contente d'être seulement dans la colère et de pouvoir l'exprimer tranquille!
Y a un côté très décrédibilisant dans le fait de pleurer quand on s'énerve... Combien de fois j'ai voulu faire comprendre à mon patron que c'était plus possible, et là je sens les larmes monter, il le voit, et mon effort s'envole en fumée. Par contre je sais pas trop comment s'est fait le changement. J'ai beaucoup pris confiance en moi, ça doit jouer.
Bon courage à toutes celles qui en souffre, ça peut s'en aller ;)
 

Lysae

^^
12 Avr 2020
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Bon sang, my life sérieusement.
Je me reconnais dans tout ce que vous racontez, moi aussi il m'arrive de fondre en larme quand je suis en colère, typiquement quand mon ego est attaqué (last time devant mon patron, loose totale)

Je m'étais fait une raison en voyant presque ça comme un handicap définitif, en fait j'essaie juste d'éviter les situations. (dernière rechute ya 5-6 ans) mais c'est tellement handicapant, j'ai l'impression d'avoir une colère légitime et des tas de chose à dire, et de renvoyer une image de faiblesse sans pouvoir argumenter (essaye de parler avec les sanglots et la morve au nez... :/) Le pire c'est que ça m'énerve encore plus (du coup je vais courir pour sortir tout ça, ça donne des séances de sport super efficace mais la raison de la colère est toujours là...)

Du coup vous me redonnez de l'espoir (quoi, ça peut s'arranger ?) Et en même temps c'est pas gagné (je pratique déjà la communication non violente, je n'ai pas l'intention de faire une thérapie -pas le temps, pas assez de gêne sur ma vie de tout les jours- j'esquive tellement bien que je suis pas sûre que ça se représente)

Mais je me rends compte que mon égo tout petit joue quand même la dedans du coup, je pensais être quelqu'un de fort avec de l'ambition (je veux grimper des échelons dans mon boulot) et je suis pas mal résistante aux événements de la vie, je soutiens souvent les autres... Mais mon nouveau mec m'a fait prendre conscience que mon estime de moi volait au niveau des pâquerettes. Il relève à chaque fois que je me sous estime ou que je me devalorise et c'est tellement tout le temps 0o

Bon bin d'après la conclusion de Mymy j'ai encore du chemin...

En tout cas bonne route à vous les Rockies, je vous comprends tellement, on est pas tout.e.s seules!

Et si il y en a d'autres qui ont réussi à surmonter ça, ça m'intéresse.
 

Moutik

Well-known member
11 Jan 2019
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Shanghai
Je viens me rajouter a la Team pleureuse. :cretin:
D'ailleurs, un jour il y a fort longtemps, j'avais demandé a mon médecin si il y avait quelqu'un a aller voir, ou des médocs pour arrêter de pleurer tout le temps, et ça réponse m'a marqué (et certainement fait un peu de bien sans résoudre grand chose) : "ho bah c'est pas un problème de pleurer, ça dérange qui? faut pas en avoir honte". :fleur:

Bon et pour la suite, je vous le met en spoiler, parce que moi, la colère, c'est a peu près la seule émotion que j'arrive a gérer sans finir en larme, et je veux pas complètement vous polluer. :shifty::cretin:

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Mawax

Well-known member
8 Jan 2019
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Team pleureuse aussi ! J'ai tellement envie de faire passer le message quand je suis en colère, mais comme je suis en colère je ne m'exprime probablement pas clairement (pour un tiers, dans ma tête c'est très clair, les liens entre les différents éléments aussi, mais je crois que je ne les explicite pas assez, donc rétrospectivement je comprends qu'on ne me comprenne pas), donc ça m'énerve encore plus que mon interlocuteur (généralement Monsieur, je suis à mon compte donc pas de problème avec mon boss !) ne comprenne pas ce que je lui dis et je pleure d'impuissance.
Bref j'ai encore du chemin à parcourir, mais savoir que c'est possible ça me reboost ! Merci @Mymy !
 

Matteus

Vieux de la vieille
7 Jan 2019
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Longtemps membre de la team pleureuse, j'ai l'impression que ça s'est "asséché" chez moi. Sans forcément avoir fait un travail sur moi, la vie a fait que j'ai pris en assurance, en confiance en moi, en estime de moi et j'ai cessé de pleurer pour la colère. En fait j'ai cessé de pleurer pour beaucoup de choses (la tristesse, la joie...) Finalement il ne reste certaines émotions qui me tirent les larmes.
D'un côté je trouve ça positif, dans ma tête je réalise que je fais mieux face aux situations sans pleurer (j'arrive à verbaliser, à me défendre, à expliquer et temporiser). De l'autre, ça me fait mal de me sentir sans moyen d'exprimer physiquement une émotion qui me submerge et qui se fait plus forte que ma volonté. Il m'arrive parfois de crier, parce que la force de l'émotion a besoin de se matérialiser, et que les larmes ne sortent pas.

J'ai l'impression quand même que pleurer, c'est mal vu. C'est un truc d'enfant, de faible, de femme... et.... wait what ? Du sexisme ??? mince, je l'avais pas vu venir. Bon en y réfléchissant, c'est quand même quelque chose qui m'a marquée dans pas mal de représentations sexistes des siècles passés : la Femme et sa sensiblerie, qui pleure, qui défaille, qui s'émeut vs le Bonhomme qui est rationnel, froid, logique et chez qui l'esprit domine ( et non les émotions). Et clairement, si analyser et faire face à sa colère (ou à toute autre émotion) me semble une manière saine de gérer un moment où les émotions prennent le pas sur la raison (donc je remets pas du tout en cause le contenu de l'article et le besoin de l'autrice de faire face à ses épisodes de larmes), il faut aussi s'interroger sur la place de cette manifestation d'émotion forte dans nos rapports humains.
Et puis finalement, je me dis que pleurer quand on est en colère, c'est encore la manière la moins dangereuse de réagir : il y a des gens qui hurlent, qui cassent des objets, qui se font du mal et surtout qui font du mal aux autres dans ces moments là.
 
S

Shaka ponk

Guest
Pour rebondir sur ce qui vient d'être dit je n'ai, je crois, jamais vu d'homme pleurer sous le coup de la colère ou de l'indignation. Par contre, au boulot, (je précise que je travaille dans un milieu féminin), les larmes jaillissent volontiers. Mais pas chez toutes les femmes non plus. Peut-être parce qu'un homme en colère va avoir plus tendance à avoir recours à la violence verbal (voir physique, l'intimidation etc) ce qui, de fait est aussi un exutoire.
Mon père je l'ai vu pleurer une fois, à la mort de sa femme. En colère, il hurlait.
Donc les hommes ne sont pas dépourvus d'émotions, mais ils ont tendance à intérioriser beaucoup.
Je ne sais pas si c'est seulement l'effet d'une éducation genrée, mes parents ne m'ont jamais interdit de pleurer, jamais de réflexion, rien, mais je ne pleure pas, c'est un fait. Sauf sous le coup d'une forte émotion. Ou alors si c'est l'éducation se doit être un truc assez subtile et totalement inconscient.
Mon fils pareil, jamais vu pleurer (sauf enfant évidemment, et encore). Ma fille ne pleure vraiment pas souvent, jamais pour de la colère. Elle évacue autrement (vaut mieux se garer dans ces moments là).
Ce qui est certain, c'est que dans le boulot, quand une collègue se met à pleurer sous le coup de la colère, ça la dessert fortement. Il suffit d'entendre les réflexions après...

Devant un film, quand je sens l'émotion me gagner (et c'est assez souvent...) bin, je me lève et je vais aux toilettes. Ou je me mouche en pestant contre les pollens. Je ne sais pas si ma femme est dupe, elle ne m'a jamais rien dit...
Mais elle est fine...
 
  • You Rock !
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Merlu

Le troisième type, c'est moi
18 Fev 2019
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Devant ton nez
J'ignorais totalement qu'on pouvait pleurer sous le coup de la colère. Moi qui suis une vraie pomme d'arrosoir dans pas mal de situations, ça ne m'arrive jamais quand je suis énervé.
 
Dernière édition:

Matteus

Vieux de la vieille
7 Jan 2019
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@Shaka ponk avec mes lunettes de féminazie :cretin: j'aurais tendance à dire que c'est très lié à l'éducation genrée et à des archétypes féminins et masculins. Mais je suis prête à entendre d'autres explications (spoiler alert : aucune ne m'a encore convaincue pour l'instant).

Et oui, ça me semble très inconscient, comme beaucoup d'autres comportements genrés.
Par exemple, j'ai jamais entendu deux homme se complimenter sur leur physique/tenue de manière totalement random (du genre "ça te va trop bien cette nouvelle coupe de cheveux" ou "j'adore ton jean, il te met vraiment en valeur"), je considère que le fait que ce type de remarques soit plus répandu chez les femmes comme le fruit d'une éducation genrée et des archétypes de genre. Mais en même temps, personne ne dit jamais à des petits garçons : tu n'as pas le droit de complimenter tes copains sur leurs physique.
Alors que le "ça pleure pas un grand garçon comme toi" ou le "arrête de pleurer, t'es pas une fille", c'est déjà plus répandu comme types de discours. Tout comme le faire de genrer des attitudes : on emploie plus facilement le mot "chialeuse" que "chialeur", le terme "pleureuse" qui fait référence à quelqu'un dont le métier est de pleurer lors de funérailles est presque toujours employé au féminin. Je pense qu'on peut trouver beaucoup d'autres exemples qui font que dans notre culture, le fait de pleurer est connoté comme féminin.

Et par conséquent, c'est négatif (après si vous voulez encore des preuves qu'on vit dans une société patriarcale...). Pleurer est vu comme un signe de faiblesse, d'incapacité à se maîtriser, de manque de sérieux, de manque de résistance face aux épreuves. On soupçonne la personne qui pleure de chercher à apitoyer son "adversaire" plutôt que le combattre en face à face : c'est lâche et sournois et donc connoté négativement.
Donc ça ne m'étonne que pleurer soit une manifestation émotionnelle réprimée chez les hommes et tolérée chez les femmes dans un cadre patriarcal (un comportement inférieur est toléré chez les femmes parce qu'elles sont des humains inférieurs).

Sinon, on m'a conseillé ce film qui porte justement sur la manière dont des hommes gèrent ce type d'émotion. Je ne l'ai pas encore vu, mais j'ai entendu de bonnes critiques.
 
S

Shaka ponk

Guest
@Matteus sans nier l'influence de l'éducation genrée (évidemment) je ne suis pas convaincu que ce soit là la l'unique explication. Ce serait faire fi du caractère individuel, de la personnalité propre à chacun, de la sensibilité des uns et des autres. Comme l'a souligné @Merlu se mettre à pleurer quand on est en colère est plutôt un comportement ultra minoritaire. Et comme je l'ai écrit, une femme en colère qui pleure c'est aussi très mal vu, homme comme femme.
Dans ma boite, c'est le fait de 2 personnes sur 40...donc statistiquement assez insignifiant.
D'une manière plus générale, cette manifestation d'une émotion particulière est plutôt mieux acceptée chez une femme que chez un homme, oui, incontestablement.
Mais je crois que mettre systématiquement en avant comme seule explication plausible l'éducation genrée et le patriarcat me semble insuffisant.
Encore une fois, il me semble que le féminisme fait toujours l'impasse sur la dimension individuelle. J'ai du mal à comprendre pourquoi...(vrai question, hein...)
 

Chou-fleur

Well-known member
27 Jan 2019
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@Shaka ponk Je ne suis pas sûre que pleurer quand on est en colère soit un comportement si minoritaire que ça. Par exemple, si je m'énerve au boulot, je ne vais pas pleurer, je vais chercher à me calmer avant d'être trop énervée (pas envie d'être le cliché de l'"hystérique" et de perdre la face). Mais dans la sphère privée je vais très facilement pleurer si je m'énerve (ou si je suis fatiguée). Donc la plupart des gens ne me voient pas pleurer si je m'énerve car je sais m'arrêter avant "en public".

Je pense que personne n'a dit que l'éducation genrée est la seule explication, bien sûr que chaque personne va réagir différemment. Seulement l'éducation genrée est indéniablement un facteur qui joue lors la construction de la personnalité de chacun, et qu'il est donc impossible de ne pas la prendre en compte. Et si un phénomène global touche plus les femmes que les hommes (pas forcément toutes les femmes ou tous les hommes, mais en moyenne), et qu'il n'y a pas d'explication biologique, c'est que le patriarcat y joue un rôle. Le féminisme est là en partie pour pointer du doigt cela et le combattre.
Par exemple si Josette est payée plus que José pour le même travail, ça ne veut pas dire que l'on doit nier que dans la globalité les femmes sont moins bien payées que les hommes. C'est pareil pour les traits de personnalité à mon sens, il faut regarder ce qu'il se passe dans la globalité. (Concernant le fait de pleurer si on est énervé, je n'ai pas d'avis sur la question car aucune donnée chiffrée à ma portée).
 

CCCC

Cessez ces "C" !
20 Jan 2019
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@Shaka ponk je suis d'accord avec ce que @Chou-fleur dit. En fait c'est toujours le cas quand on parle de sociologie, on parle de tendances chez des groupes sociaux. Ce sont des réalités statistiques, ce qui signifie que bien souvent ce ne sont pas des réalités individuelles.
Une autre question est celle de la liberté individuelle face aux injonctions sociétales, bien souvent masquées. Le fait est que bien souvent, nous sur-estimons notre liberté et minimisons le pouvoir des injonctions. Ainsi, tu trouveras plein de femmes qui te disent "je m'épile parce que j'aime ça, parce que j'aime mon corps quand il est épilé, et j'adore aller au hammam me faire faire une épilation, etc." Or la seule et unique raison d'être de l'épilation c'est l'injonction sociale. Donc on peut très bien avoir une impression de choix individuel, alors que ce choix est en réalité absent.
Les émotions, c'est pareil. Les garçons et les filles ne sont pas éduqués pareil du tout en ce qui concerne la gestion des emotions. Moi j'ai entendu toute mon enfance "t'es pas belle quand tu pleures" (merci maman). Clairement mon frère n'a pas été éduqué pareil. C'était pas mieux, mais c'était pas pareil.
 

CCCC

Cessez ces "C" !
20 Jan 2019
4 135
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@Shaka ponk esprit d'escalier, quand tu nous tiens...
Je rajoute la chose suivante : la question n'est pas "si j'agis de telle manière, est-ce a cause de mon individualité ou à cause des injonctions sociales et de mon éducation genrée ?" C'est un peu binaire d'attribuer soit a l'un soit à l'autre nos actions. Au mieux, on pourrait chercher à estimer "les injonctions sociales jouent pour x% de tel type de décisions" (ça on sait faire en statistique).
Mais je crois que ça serait mal comprendre les enjeux. Je crois qu'on est 100% soumis aux injonctions sociales et 100% libres. La société dans laquelle on grandit et on vit, elle nous est donnée, on ne la choisit pas et on vit avec cette contrainte. La problématique de l'être humain, c'est plutôt "comment trouver un espace individuel de liberté dans un cadre social qui m'est imposé ?" Les réponses sont multiples et infinies, dans le champ de la politique, de l'art, de la sexualité, de l'économie...
Et on n'est pas obligés de se construire à contre-courant de la société pour tout... C'est fatigant :)
Et le fait est que dans la question des émotions, tout cela se construit lorsqu'on n'a pas encore l'âge de prendre de la distance avec son éducation genrée.
 

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