HP, Asperger, hypersensibilité, TDAH et autres neuro-atypismes : c'est pas de la tarte à gérer, viens qu'on s'en cause

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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Lausanne
#42
Je vous lis avec attention et je trouve cela très intéressant.
Du coup, je vais me raconter un peu.
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Comme tu as fait ça étant petite, le résultat démontre que tu étais précoce. Et ça devait être le WAIS en vigueur à l'époque - je crois qu'on en est à la huitième version, ça évolue.

Bonne idée de refaire le point à présent, autant en repassant les tests qu'en recevant un avis de psychologue sur ce que tu pourrais faire comme travail sur toi-même pour lever les blocages.

Par exemple, sachant que tu peux agacer des gens en demandant ce qui se passe avec les exceptions, chercher des gens à qui tu peux le demander (les profs ça doit schader pour faire entrer le programme dans les clous temporels, donc la petiote qui "retarde" le gavage n'est pas bienvenue).

Il y a peut-être un travail à entamer avec un psy pour renforcer l'estime de soi; j'en ai découverte une sur mon canton, spécialisée dans la prise en charge des HP.
En regardant les sites de soutien aux HP, tu pourrais trouver de bons aiguillages?
 

LuLa

That awkward moment between your birth and death
4 Jan 2019
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#43
Je relis ce post qui m'avait beaucoup parlé et me parle encore tellement aujourd'hui:
https://enfant-surdoue.fr/douance_troublee/crise_existentielle_et_surdoue/

"Pour résumer : 11 motifs de crise existentielle chez les surdoués
  1. Isolement et solitude, en raison du sentiment d’être différent et de ne pas être vu ou compris par les autres.
  2. Faible estime de soi. Le sentiment persistant de ne pas s’intégrer (et potentiellement d’avoir été victime de brimades ou d’ostracisme quand on est plus jeune) peut mener à une mauvaise image de soi. Les individus surdoués se demandent ce qui ne va pas chez eux parce qu’ils semblent si en désaccord avec ceux qui les entourent. Ils peuvent aussi se comparer à d’autres, et leur perfectionnisme et leur lucidité sur leurs faiblesses peuvent les amener à s’auto dévaloriser comme s’ils n’étaient pas à la hauteur ou, au contraire, à juger les autres trop sévèrement.
  3. Malaise social. Les personnes douées peuvent trouver les intérêts ou la conversation des autres ennuyeux ou superficiels, ou ne pas comprendre pourquoi les autres ne voient pas le monde comme ils le voient. Ils peuvent avoir de la difficulté à participer socialement ou à se faire des amis.
  4. Difficulté de couple. Trouver des partenaires potentiels qui sachent les stimuler sur des suffisamment pour assurer une relation satisfaisante peut être très difficile pour les personnes surdouées. De même, les surdoués ont tendance à être plus androgynes (intellectuellement bien sûr), ce qui peut remettre en question les normes sociales relatives au rôle de genre.
  5. L’idéalisme des surdoués, la conscience aigüe et la capacité intellectuelle nécessaire pour se concentrer sur des problématiques métaphysique peuvent conduire à des sentiments de désespoir et d’insignifiance. Celles-ci peuvent être persistantes et récurrentes tout au long de la vie.
  6. Déception et frustration, avec l’incapacité des autres à suivre le rythme, l’apparente indifférence à l’égard de ce que les individus surdoués considèrent comme des impératifs moraux, ou avec le monde qui n’a pas de sens.
  7. Volonté de s’engourdir au travers de stupéfiants. En tentant de gérer l’intensité de leurs émotions et leur sensibilité accrue ou de faire face à des sentiments douloureux de solitude ou de dépression, les personnes douées peuvent trouver des moyens de « s’engourdir ». Cela ne fait qu’accentuer l’auto-dévalorisation et le sentiment d’insignifiance.
  8. Difficulté à prioriser les actions ou les « chemins ». La multipotentialité des adultes surdoués signifie qu’il y a un sentiment constant d’urgence à vouloir poursuivre de nombreux intérêts en même temps, et il peut être difficile d’exclure des options ou de s’engager. D’où une impression diffuse d’échec.
  9. Difficulté à tolérer des périodes de manque de direction ou d’ennui. Une fois qu’un domainede développement personnel a été exploré, les adultes surdoués peuvent s’ennuyer et donc prêts pour le prochain défi. Or il faudra peut-être un certain temps avant qu’une nouvelle orientation ne se dessine. En attendant l’ennuie accentue l’insignifiance.
  10. Manque d’épanouissement. Beaucoup d’adultes surdoués ont une liste impressionnante de réalisations et de talents, mais peuvent encore se sentir insatisfaits. Parfois, il est difficile de trouver un sens lorsque que l’on peut voir comment on pourrait régler un problème, mais se sentir incapable d’avoir un impact sur le monde et donc sur le problème en question.
  11. Erreur de diagnostic. Étant donné que de nombreux psychologues et éducateurs ne sont pas conscients des différences fondamentales liées aux surdoués, ils peuvent mal interpréter et « pathologiser » les pensées, les sentiments et les comportements typiques de cette population. Dans certains cas, cela mène à un diagnostic inapproprié de troubles mentaux."
EDIT: perso je suis en pleine "Paralysie fonctionnelle causée par l’absence de motivation ou d’inspiration (On ne peut plus se résoudre à faire quoi que ce soit de concret car au final nos actions n’ont plus de sens). "
 

Psyduck

Noot Noot !
12 Août 2019
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#44
@LuLa : ici c'est l'époque "faible estime de soi" qui prévaut... surtout quand tu rencontres des thésards norrmaliens ET agrégés quand toi tu n'as "que" le CAPES :gonk:


Mes intelligences seraient à mon avis 1 / Linguistique, 2 / Inter-personnelle et 3/ Existentielle et un peu d'autres aussi. Mais en spatiale c'est zéro pointé :cretin:
 

Melys

Well-known member
2 Jan 2019
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#47
@Clem' pour ta question sur nos types d'intelligence. Pour ma part, ça serait clairement l'intelligence logico-matematique et l'intelligence spatiale qui serait mise en avant. Ainsi que l'intelligence pragmatique.
Je pense être pas mal au niveau de l'intelligence linguistique sur le point de la compréhension, mais l'expression est clairement un problème chez moi.
Je suis également très empathique. Je comprend bien les sentiments des autres généralement, je me met très facilement à leur place, j'imagine très facilement ce que d'autres peuvent ressentir. (J'ai même tendance à m'interroger souvent sur ce qui a pu mener telle ou telle personne à agir comme elle le fait : qu'est ce qui peut se passer dans la tête d'un criminel? ... )
Parfois quand je parle de ce genre de chose c'est mal perçu : "mais pourquoi tu leur cherches des excuses?" C'est pas ce que je fais, j'essaie juste de comprendre.
Mais j'ai beau comprendre les gens, me mettre à leur place, je ne suis vraiment pas douée pour "y réagir".

D'ailleurs cette difficulté d'exprimer clairement mes pensées me provoque un sacré symptôme de l'imposteur.
 
Dernière édition:

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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#48
C'est curieux, pas grand'monde cite l'intelligence intra-personnelle… enfin, c'est curieux...je veux dire que pas mal parlent de cette difficulté à se comprendre soi-même, donc à s'exprimer, alors que la linguistique est dans le tableau.
 
You Rock !: In_Wonderland

Melys

Well-known member
2 Jan 2019
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#49
@Clem' en fait, oui et non. Pour ma part je ne l'ai pas citée à cause du manque de confiance en moi. Mais, quand je regarde plus d'info sur l'intelligence intrapersonnelle, il y a différentes interprétations. Et notamment le fait d'être beaucoup dans l'introspection et dans l'interrogation sur soi même serait un facteur d'intelligence intrapersonnelle. Il n'est pas uniquement question d'avoir la réponse à ces questions, de se connaître parfaitement, de savoir qui l'on est et ce dont on est capable.
Donc la part d'inné serait ce besoin de s'interroger sur soi même et de chercher à savoir ce que l'on est, de chercher à analyser nos forces. Les réponses me semblent être de l'acquis grâce à un travail sur soi
 
You Rock !: Selmelbi56 et Clem'

Nedjma

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3 Jan 2019
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#50
@Clem' en même temps, je ne suis pas sûre d'avoir bien cerné l'intelligence intrapersonnelle. Est-ce du coup l'intelligence des bons communicants, voire des comédiens, des acteurs ?
 
You Rock !: Psyduck

Clem'

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#52
@Clem' en même temps, je ne suis pas sûre d'avoir bien cerné l'intelligence intrapersonnelle. Est-ce du coup l'intelligence des bons communicants, voire des comédiens, des acteurs ?
C'est plutôt ce que décrit Melys, la capacité à se comprendre soi-même, à s'introspecter. Mais pourquoi pas en relation avec le fait d'être comédien, de créer un rôle, de l'interpréter, donc d'émouvoir en transmettant quelque chose qu'on a débusqué en soi-même?

@Jeanne Tu en saurais plus en te faisant tester, mais il faut être sûr que si le test dit non, ça va pas être la cata. Et puis les tests ne mesurent pas tout, et ça peut ne pas être ton jour, et ça peut être à un point près.

Mais tu mets sur la table ce qu'on appelle le syndrome de Cassandre, l'anxiété liée à l'anticipation, peut-être pas d'un événement précis, mais la capacité à "sentir"
que quelque chose cloche, qu'une situation présente un risque, c'est une intelligence d'ordre intuitif.

Et le souhait d'être exceptionnel, je le mets en relation avec le fait que c'est normal de penser à se valoriser, et un progrès, dans la mesure où c'est le contraire de ce que tu sembles penser de toi habituellement.

Edit: possible de cumuler HP, Asperger et hypersensibilité, par ailleurs.
 
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Jeanne

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4 Jan 2019
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Anywhere
#53
@Clem' merci de ta réponse.
Me faire tester, ça me semble long et compliqué. Et si le test s'avérait négatif, ça me toucherait pas plus que ça au final. En faisant mon cheminement, en me disant "je suis peut être un peu ça ou bien pas du tout", ça m'a fait réaliser que finalement, mettre un diagnostic ou un nom (ou pas), ce n'était pas bien important et que ça ne changerait rien. J'ai fait avec mon statut de fille étrange toute ma vie et j'ai réussi à faire avec et l'accepter.
Paradoxalement, je continue à m'y intéresser un petit peu, écouter des témoignages, voir comment ces "gens là "fonctionnent et font avec des traits que j'ai en commun.
Le terme "exceptionnel" , c était aussi pour essayer de trouver une excuse à ce que je suis. Je pense qu'en parler vaguement à quelqu'un m'a permis de ranger ça de côté, et de passer à autre chose (parce que je marche comme ça. Une obsession, une idée et une fois que j'ai statué dessus, je laisse de côte). Même si j'aurais peut être toujours un petit doute.

En tout cas, c'est certain que je suis pas hypersensible. On dit de moi que je suis froide, hautaine, voir inexpressive et j'ai jamais vraiment été triste (angoissée oui, je me fais peut à cause de ça, mais je trouve que la tristesse profonde - pour moi, je veux pas que ça soit perçu comme un jugement de valeur- est une perte de temps. Et ça à tendance à m'énerve quand des amis sont tristes trop longtemps, par exemple)
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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#54
Dans ma famille, j'ai un nid de HP réalisés, et qui n'ont pas de diagnostic posé. Clairement, on peut bien vivre son HP, sans le test(y).

Et aussi une HP, que le résutat du test ferait sombrer dans une dépression encore plus profonde qu'actuellement.
Une autre, pleine d'intelligences non-valorisées socialement, persuadée qu'elle a un QI d'huître.

Le test a une fonction rassurante quand il est positif, et qu'on est bien dans ses godasses. Pour le reste, tout le monde peut faire du développement personnel pour trouver du mieux-être.

Petite précision: le test se résume à prendre rendez-vous, à y aller, puis y retourner pour avoir le résultat. Il coûte un peu cher (environ 800 CHF).


Ce que je trouve frappant dans ce que dit @Jeanne, c'est le terme d'"excuse" à se trouver pour expliquer son étrangeté.

Quand je dis que je suis HP, la plupart du temps c'est parce que les gens me demandent si je le suis / sinon, en assortissant d'explications sur comment je fonctionne, pour donner le mode d'emploi (pensée en arborescence) si nécessaire, quand ça fritte. Et avec prudence, à des gens qui ne vont pas me traiter de pédante, ou m'accuser de vouloir prendre le leadership, ou même me tourner le dos. Avec le temps et après quelques essais parlants, j'ai appris à garder ça pour moi dans certaines circonstances et devant ce que je pressentais comme issue.

Les autres, je les ai abandonnés en chemin, HP ou pas, réalisés ou pas, parce qu'ils ne me font pas du bien. Et finalement, bien/mieux-vivre cette particularité, revient comme tout au long de la vie à apprendre à s'entourer de personnes bienveillantes qui vont juste prendre cette donnée pour ce qu'elle est : une information.

Pour la question de la tristesse profonde, au-delà d'être un état émotionnel, elle peut servir de rebond si son exploration met au jour ce qu'il y a en-dessous; une étape pour faire le bilan.
 
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Nedjma

Punk bibliothécaire
3 Jan 2019
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#59
Tu en saurais plus en te faisant tester, mais il faut être sûr que si le test dit non, ça va pas être la cata.
c'est exactement ça qui me fait appréhender de passer le test.
Après, même si cela ne relève pas du HP, les ressentis sont là et méritent une réponse. Donc que ce soit @Jeanne, un.e autre rockie ou moi, ce sentiment de malêtre persistant mérite quand même une prise en charge psy si la personne le sent.

@In_Wonderland merci pour ton témoignage perso, il apporte beaucoup ! Je suis contente pour toi que ta psy ait été là pour nuancer le résultat (y) n'empêche qu'à 6 points près, tu aurais pu " tomber dedans " un autre jour. ça rejoint ce que @Clem' dit, il y a des jours avec et des jours sans pour passer le test ... Enfin, j'espère ne pas t'embrouiller encore plus du coup :unsure:
 

In_Wonderland

ça se mange ?
8 Jan 2019
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#60
@Nedjma Pour le test, je dirais que pour les personnes qui pensent que ça peut améliorer quelque chose (le fait de savoir est parfois hyper important) ça peut être une vraiment bonne idée de se lancer.
Tout en sachant que ça peut avoir des répercussions assez négatives en cas de retour ... différent de ce que l'on pensait. :erf: