HP, Asperger, hypersensibilité, TDAH et autres neuro-atypismes : c'est pas de la tarte à gérer, viens qu'on s'en cause

Lol'ô

Well-known member
6 Jan 2019
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Yep,
Je ne me suis jamais posée la question de savoir de quoi venait que je me sentais différente, jamais à ma place, et que mon cerveau est constamment en train de m'inventer une vie. Je ne sais pas si ça a un nom, ni si ça se traite, ni si j'ai envie de me traiter, en fait.

Je vis avec ça, et comme je l'ai lu dans le post de @Nedjma , sans entrer dans le moule, je fais de mon mieux pour rester connecté avec mon entourage. Il m'arrive donc souvent d'être avec des gentes physiquement, mais d'être complètement ailleurs mentalement. combien de fois, je m'entends dire : mais on en a parlé l'autre jour .... Ha, oui, ben, moi je devais être ailleurs. Quand j'assiste à une réunion associative, par exemple, je m'oblige à une attention indispensable, et au bout d'un moment, c'est trop difficile, je m’échappe, j'y arrive de mieux en mieux, depuis que c'est moi qui prends les notes pour les CR, je ne sais pas pourquoi.
Un peu comme @Ekalos , j'assume mal les rencontres prévues à l'avance (si j'analyse bien le terme "rencart"), je me sens bien mieux lors des rencontres fortuites. Parce que quand je sais que je dois voir quelqu'un, je me prépare mentalement, mais comme je ne sais pas à quoi, j'arrive complètement perdue, avec une trouille de malade, de ne pas être à la hauteur de ce qu'on attend de moi, du coup je suis maladroite, je ne sais pas quoi dire, je me fais l'effet d'être une andouille sans cervelle. Alors que l'imprévu, me prend comme je suis, et je suis beaucoup plus naturelle.
Sinon, je n'ai aucune mémoire, je suis envieuse par exemple de celles qui parlent couramment d'autres langues que leur langue maternelle, ou (surtout) des personnes qui connaissent super bien les plantes, et leurs vertus, moi je ne retiens rien, de ce qu'on me dit, même pas les prénoms, mais je sais très bien recouper les informations qu'on me donne, et par exemple savoir l'âge de quelqu'un, ou l'endroit où il vit, ou je sais pas trop quoi, rien qu'en ayant suivit une conversation. Je peux me souvenir des goûts d'une personne, que je n'ai vu qu'une fois, enfin des choses, pas très significatives, mais qui laissent penser que je suis quelqu'un de très à l'écoute, ce qui est peut-être vrai, mais pas recherché (est-ce que ça peut-être le syndrome de l'imposteur?)

Il me semble qu'il faut beaucoup de temps et de patience aux personnes qui se donnent la peine de vouloir vraiment me connaitre. Et je soupçonne que les autres disent de moi que je suis bizarre, ce qui est vrai. Beaucoup de gentes me trouvent superficielle, ce qui ne me semble pas la vérité, je pense que je reste sur mes gardes, parce que j'ai peur d'être à côté de la plaque, que je sais plein de choses, mais que je ne me sens que rarement légitime à les partager.
Pendant longtemps, (mais vraiment longtemps) je restais à l'écart, maintenant, j'essaie de plus en plus de m'intégrer dans les milieux qui m'attirent, mais c'est tellement compliqué. Les gens attendent des relations simples, et je ne sais pas faire ça. Ce qui m'exaspère, c'est de rencontrer quelqu'un que je connais, bien ou peu, et de ne pas savoir quoi dire, une fois le "bonjour, ça va ?" de rigueur dis, j'ai envie de me foutre des claques (la superficialité ?)
Par exemple, cet été, j'ai accueilli des artistes suite à leurs concerts, le contact a été chaque fois super, avec force de "si tu viens par chez nous, surtout appelle, si on est là, on fait un truc, tu dormiras à la maison ... " Mais j'angoisse, de me retrouver devant leur porte, et de ne pas savoir comment me comporter ... C'est tellement nul, et épuisant. Parce que quand ils étaient là, tout était tellement simple.

Quand je suis seule, je m'invente une vie, tout le temps, j'ai appris à faire la différence entre ces vies virtuelles et la vraie vie, mais cela n'empêche pas des fois de me retrouver dans des situations que je ne sais pas gérer, parce que j'avais imaginé autre chose (difficultés lors des "rencarts"). Dans mes divagations, je vois les gens comme je les aimerai, mais bien entendu, ce n'est pas la réalité, ce qui me déstabilise. Et ça, ça me pourrit vraiment, vraiment la vie, et ça, c'est juste pas racontable.

Et puis, j'ai souvent l'impression de ne pas occuper le bon espace spatio-temporel, je ne me suis jamais entendu avec les gentes plus âgé.es que moi, pour mes grand-mères j'étais une extra-terrestre, pour mes parents et mes collègues, une utopiste. J'aurai adoré être de la génération Woodstock, mais je suis toujours en avance d'une mode, vestimentaire, musicale, mode de vie ... politique. Je suis un peu visionnaire, ces gens souvent complètement incompris et méprisés (mon père).
Je crois que c'est aussi pour tout ça que j'aime la compagnie des enfants, ils ne sont pas jugeants, avec eux, ça passe ou ça casse, c'est tellement plus simple.
Et du coup, même si j'en ai marre de la solitude, ben, je me suis rendue compte que je suis la seule qui me comprend et qui me supporte, et qui me pardonne, quand je déconne.

Et à moi aussi il me faut beaucoup de temps pour poster un texte, parce que j'ai toujours un truc à rajouter, parce que j'ai tellement l'habitude qu'on ne me comprenne pas que j'en écris des tonnes, pour essayer qu'au moins quand j'écris, on me comprenne. (Et j'aime l'écriture, même si je ne suis pas très instruite)
C'est la première fois de ma vie, je m'exprime sur cette face de ma vie, je suis tellement contente d'avoir des connaissances comme vous, avec vous tout est tellement plus simple. Merci @Clem' :):)
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
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@Lol'ô

Ben de rien, vraiment...Je me rends compte que quand on présente une bizarrerie quelconque, c'est juste qu'on est authentique (même si on se sent à côté de la plaque).

C'est par rapport à des normes qu'on nous exprime qu'on nous trouve off the road. Plus on se comprend bien soi-même, plus on a de chances de bien se gérer. J'ai une franchise brute de décoffrage que j'ai d'abord étouffée… et puis je me suis rendue compte que décrypter des trucs très subtils, c'est bien pour faire de la relation d'aide, par exemple; mais pas OK pour échanger avec n'importe qui.


Et pour l'histoire de l'instruction, des manques de compétences… "Les intelligences multiples" d'Howard Gardner. c'est une lecture intéressante.
 
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Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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DP, pas vu certains posts...

Les tests sur Internet, caca. CACA!!!

Un bon bilan psychologique met les points sur les "i", et même si le résultat ne met pas dans la catégorie 2% ou encore moins, ça ne veut rien dire, pendant mon propre test j'ai été déconcentrée par un geste de la psy que j'ai mal interprété et qui a diminué ma performance, parce que je suis partie dans un trip au sujet de la relation avec mon père - il sentait bien qu'il y avait quelque chose de "prometteur" en moi, mais me poussait dans des problèmes dont j'avais rien à cirer: mathématiques, ou même lire l'heure - or dès qu'un truc me fait chier, j'ai l'esprit qui s'égare vers les nuages qui passent et les formes que j'y vois, les oiseaux qui m'émerveillent de leur maîtrise du vol plané...

Un des tests où j'ai perdu le plus de points était de la logique de comptage; et sur 4 domaines mesurés, deux étaient dans la norme "normale", le troisième était pas tété, mais j'ai pété tous les scores dans le quatrième… et me voilà diagnostiquée HP. Les intelligences multiples, je vous dis!

Ce qui me fait dire que le WAIS se basant principalement sur des performances dans des domaines où je suis moyenne, voire nulle, mais parce qu'ils ne m'intéressent pas, et je suis pas la seule à faire ce constat, ce serait une bonne idée de réviser complètement ces normes de questionnements pour déterminer la "hauteur" de l'intelligence.

Mon ex-meilleur ami n'est même pas testable avec les tests de Mensa, trop performant...et je ne le vois plus parce qu'il est socialement imbitable et se plaint de se mettre les gens à dos. Le WAIS ne teste pas l'intelligence émotionnelle, ça c'est une autre échelle...

Quant aux fâcheux qui ne demandent pas pourquoi on se pose la question, mais débinent avec une petite remarque assassine, c'est pas des gens à qui confier ses doutes.

Avant de faire le test, je me suis attirée une remarque du genre "Han, mais moi aussi peut-être que je suis HP?" (une ex-copine blessée par le fait que je remarquais systématiquement ses erreurs dans ses travaux à remettre, alors qu'elle me demandait de les relire… et c'est une de mes compétences: voir tout de suite ce qui cloche, le détail qui pète tout). Je lui ai répondu "Mais oui, peut-être, vazy fais le test": un encouragement, qu'elle a pris pour de la dérision.

Les normes de communication, c'est que des normes.
 
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Nedjma

Punk bibliothécaire
3 Jan 2019
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@Clem' je suis allée tout à l'heure sur le site de Mensa et j'ai passé le test, j'ai eu le résultat " même pas digne d'essayer de nous contacter ", en gros :stare: ( wiwi faut que j'arrête les tests sur Internet ).
Mais du coup, tu as vu de près les tests Mensa/WAIS de près, c'est bien ça ?

Pour le fait de réviser les tests, je suis d'accord avec toi. Mon copain étudiant en psy m'a expliqué que la psychologie étant encore une jeune matière, elle a encore du mal à donner une vraie définition de ce qu'est être intelligent. Et que l'estimation même d'un quotient intellectuel n'est pas une réponse suffisante pour définir cet ensemble vaste qu'est l'intelligence.
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
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@Clem' je suis allée tout à l'heure sur le site de Mensa et j'ai passé le test, j'ai eu le résultat " même pas digne d'essayer de nous contacter ", en gros :stare: ( wiwi faut que j'arrête les tests sur Internet ).
Mais du coup, tu as vu de près les tests Mensa/WAIS de près, c'est bien ça ?

Pour le fait de réviser les tests, je suis d'accord avec toi. Mon copain étudiant en psy m'a expliqué que la psychologie étant encore une jeune matière, elle a encore du mal à donner une vraie définition de ce qu'est être intelligent. Et que l'estimation même d'un quotient intellectuel n'est pas une réponse suffisante pour définir cet ensemble vaste qu'est l'intelligence.
Tests Mensa, pas essayé, ils sont incomplets, et ne donnent que la réponse "Vous pouvez faire partie de notre coterie / Vous pouvez pas". Une sacrée baffe pour l'ego et une manière de faire qui pratique le clivage.

Le WAIS, passé chez la psychologue; et ce que j'ai bien aimé, c'est qu'elle a fait un diagnostic complet, sur la base des résultats du WAIS et de son analyse après entretien. Ce qui du coup a mis en évidence que si je repassais les tests en ayant réglé mon trip avec mon paternel, le résultat pouvait monter jusqu'à me faire admettre à Mensa.

Mais comme je n'en ai rien à brasser, et que ça me suffit de savoir que je suis HP, tout va bien. Spontanément je me suis réorientée vers un deuxième métier qui m'a permis de développer mes aptitudes pour en faire des compétences, alors je peux dire que je suis HP "réalisée".

Savoir qu'on est HP ne règle pas tout, j'ai attendu pour passer les tests d'être rassurée sur mes capacités - avec ma deuxième formation et ce que j'en ai fait ensuite.
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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@Calva Bienvenue!

Théorie des neurones-miroir: pas réfutée, mais mise en doute sur leur rôle effectif, et en évoquant soit un manque de ces neurones, partiel, ou leur inactivation pour des raisons X.

Pour pas mal de ces diagnostics psychosociaux, en découvrant des circuits neuronaux particuliers, on compense les errements précédents de la psychiatrie - comme par exemple les troubles du circuit de récompense https://fr.wikipedia.org/wiki/Système_de_récompense pour les personnes souffrant d'addiction au sens large du terme. Pour en savoir plus, Wikipedia est au service de tout le monde https://fr.wikipedia.org/wiki/Neurone_miroir

Mais il semble que ce soit une piste à considérer, et qui a le mérite d'avoir dédouané des parents se demandant ce qu'ils avaient bien pu commettre comme erreur: il s'agit d'un équipement physico-chimique déficient au départ, et pas de "faute" à imputer à qui que ce soit.

D'où les précieux aiguillages des pédo-psys, concernant la manière dont il faut travailler avec les gosses souffrant de troubles du spectre autistique et comment aborder/réajuster la relation et la communication avec les Asperger. Les parents dont je parle ont expliqué au loulou, chaque fois que nécessaire, ce que voulait dire telle attitude, tel ton, etc, ils lui ont comme appris la langue qu'on croit commune et aller de soi, parce qu'elle s'apprend au contact de ses semblables.
 

Nedjma

Punk bibliothécaire
3 Jan 2019
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Par rapport à l'empathie chez les autistes, j'avais appris que certaines zones du cerveau permettaient de reconnaître les mouvements faciaux des humains ( c'est-à-dire nos congénères ) comme des mouvements bien particuliers, ceux des émotions. Tandis que pour un autiste, ces zones du cerveau étant " dormantes ", il perçoit les mouvements faciaux comme des mouvements mécaniques. Cela n'implique pas que les autistes ne puissent pas ressentir de l'empathie, mais qu'ils aient des difficultés innées à reconnaître tel mouvement facial comme colère, tristesse, etc.
C'est ce qui explique aussi que pour la grande majorité des autistes, un retard intellectuel apparaît. En effet, une partie de notre développement cognitif passe par l'interaction, et la communication avec nos semblables.
Les autistes Asperger ( cas particulier et minoritaire sur l'ensemble des autistes ), ayant un fort potentiel cognitif, emploient d'autres stratégies innées pour interagir avec leurs semblables, ce qui leur permet de continuer à se développer, puis de communiquer. D'une certaine manière, ils " compensent " leur difficulté innée à interpréter les émotions avec leur très bonne cognition. Comme leurs stratégies d'adaptation ne passent pas par celles d'un humain " lambda ", ils développent d'autres capacités à interagir, observer etc. C'est pourquoi je ne perçois pas les autistes Asperger comme " malades ", mais comme ayant une autre façon de fonctionner.
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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Merci @Clem' pour l'ouverture du sujet et tes réponses. :highfive: ça fait beaucoup de bien d'en discuter avec toi, tu gères (y)
Mais moi aussi ça me fait du bien hi hi

@Clem' Merci beaucoup pour ta précision, je vois mieux où tu voulais en venir :top:
Ben ça m'a bien aidée de découvrir les diverses théories sur lesquelles je suis tombée après avoir constaté que je devais réviser ma manière de causer avec des certaines personnes, par exemple, surtout quand leur côté décalé me prenait le chou - mon propre côté décalé m'ayant mis maintes fois en position difficile.

Finalement, le but c'est de créer des passerelles là où y en a pas à première vue, et ça m'oblige à faire l'effort d'être très claire sur ce que je veux transmettre - pas seulement dire, mais transmettre pour que le récepteur puisse l'utiliser. Donc en particulier de chercher à comprendre pourquoi la personne ne comprend pas, quel canal utiliser - et comme formatrice d'adultes, je vois combien le profil d'apprentissage est important, pour faire décoller la personne de son bouquin (même si elle l'apprend par cœur, c'est prout pour utiliser le bagage si elle sait pas comment le mobiliser). Si on passe par un canal visuel comme le mind-mapping par exemple, ou si on fait faire à la personne certains déplacements dans l'espace.

Exemple: faire capter à un apprenti en soins le circuit cœur-poumons. Un dessin en coupe, ça marche moins bien qu'un cœur en pâte Fimo à démonter, et se projeter dans l'espace comme si on était le sang qui voyage de cavité en cavité, ça change tout! Et le moment où tu vois s'éclairer la face de l'autre parce qu'il a COMPRIS, avec ses ressources à lui... c'est un moment inestimable.
 

Lol'ô

Well-known member
6 Jan 2019
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Merci pour ta bienveillance, @Clem'

Je me rends compte que quand on présente une bizarrerie quelconque, c'est juste qu'on est authentique (même si on se sent à côté de la plaque).
Bah, c'est exactement ce que j'ai tenté d'expliquer à une rockie dans une autre discussion. Ca n'empêche que c'est assez difficile à vivre, et qu'il faut beaucoup de temps pour surmonter les difficultés d'intégration, si tant est qu'on y parvienne vraiment un jour. Parce que c'est pas évident quand on a une authenticité particulière de comprendre comment, soi-même, on fonctionne, puisqu'on ne correspond à aucun code. Rajoute à ça, les tabous, les secrets, et les ça va de soit .... Pffff !!!!
Perso, ça m'a pris beaucoup trop de temps, je trouve. Ca fait un peu (très) ch***, d'arriver à la cinquantaine, pour surmonter sa bizarrerie, on a eu le temps d'en prendre des claques ! Surtout quand en plus on a l'âme rebelle, et qu'on a pas du tout envie de se conformer au moule de la tradition. Ca fait étrange, la première fois, où on te dit : Bah, finalement t'avais raison, t'en as jamais eu rien à battre .... C'est pas vraiment ce qu'on ressent, sur le moment :cretin:
J'ai compris en même temps, mon attirance pour les gens marginalisés.

Et ton exemple sur la formation, et les différents modes de compréhension ... Moi, c'était les maths, j'ai cartonné tant que mes inconnues étaient matérialisables avec des trains (ou des robinets, ou des quantités de je ne sais quoi), je pouvais faire des dessins, mais quand on a essayé de me faire comprendre que ça pouvait être n'importe quoi, j'ai bien compris : n'importe quoi, mais j'ai pas compris le sens des formules !!! :yawn: J'ai eu 4 en maths au bac, et 18 en compta.
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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Merci pour ta bienveillance, @Clem'

Bah, c'est exactement ce que j'ai tenté d'expliquer à une rockie dans une autre discussion. Ca n'empêche que c'est assez difficile à vivre, et qu'il faut beaucoup de temps pour surmonter les difficultés d'intégration, si tant est qu'on y parvienne vraiment un jour. Parce que c'est pas évident quand on a une authenticité particulière de comprendre comment, soi-même, on fonctionne, puisqu'on ne correspond à aucun code. Rajoute à ça, les tabous, les secrets, et les ça va de soit .... Pffff !!!!
Perso, ça m'a pris beaucoup trop de temps, je trouve. Ca fait un peu (très) ch***, d'arriver à la cinquantaine, pour surmonter sa bizarrerie, on a eu le temps d'en prendre des claques ! Surtout quand en plus on a l'âme rebelle, et qu'on a pas du tout envie de se conformer au moule de la tradition. Ca fait étrange, la première fois, où on te dit : Bah, finalement t'avais raison, t'en as jamais eu rien à battre .... C'est pas vraiment ce qu'on ressent, sur le moment :cretin:
J'ai compris en même temps, mon attirance pour les gens marginalisés.

Et ton exemple sur la formation, et les différents modes de compréhension ... Moi, c'était les maths, j'ai cartonné tant que mes inconnues étaient matérialisables avec des trains (ou des robinets, ou des quantités de je ne sais quoi), je pouvais faire des dessins, mais quand on a essayé de me faire comprendre que ça pouvait être n'importe quoi, j'ai bien compris : n'importe quoi, mais j'ai pas compris le sens des formules !!! :yawn: J'ai eu 4 en maths au bac, et 18 en compta.
Un pote Asperger m'a en effet dit qu'avec le temps, il avait développé des stratégies de compensation, et que même à 60 ans, il évitait certaines situations. Mais bon, comme nous tous en général...Moi, les colloques, j'y allais avec des mots croisés, des sudoku, pour supporter les parlotes.

Les maths: durant les 3 ans de prépa au bac, jamais fait plus qu'ouvrir un fascicule et le refermer tellement ça me désespérait de déconnexion pragmatique.
Résultat: avec les langues, j'ai compensé et comme mon prof de maths était ultra-bienveillant, il m'a tiré les vers du nez à l'oral, et bien que le résultat ait été en-dessous de la moyenne, ça a compensé mon joyeux 1 de présence à l'écrit (échelle de un à dix), et voilà. Ma chance: tomber sur un prof qui n'en faisait pas une maladie ni une vexation personnelle. N'empêche que j'ai bien fait rire ma classe, le jour où j'ai demandé comment, dans une équation du 3ème degré, on pouvait arriver à "x" entre parenthèses - en fait, il avait réduit une partie de l'équation, et mettait juste les parenthèses... et comme il écrivait comme un cochon, les deux paires de parenthèses accolées ressemblaient à un "x" entre parenthèses. En plus, à peine j'avais posé la question que je comprenais mon erreur, donc j'ai appris ensuite à attendre un indice avant d'étaler mon incompétence/ma malcompréhension.
 
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Clem'

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Ow, DP, c'est mal.

Par rapport à l'empathie chez les autistes, j'avais appris que certaines zones du cerveau permettaient de reconnaître les mouvements faciaux des humains ( c'est-à-dire nos congénères ) comme des mouvements bien particuliers, ceux des émotions. Tandis que pour un autiste, ces zones du cerveau étant " dormantes ", il perçoit les mouvements faciaux comme des mouvements mécaniques. Cela n'implique pas que les autistes ne puissent pas ressentir de l'empathie, mais qu'ils aient des difficultés innées à reconnaître tel mouvement facial comme colère, tristesse, etc.
C'est aussi une histoire de lobe frontal, qui ne se développe complètement qu'à la fin de l'adolescence (et ça peut aller jusqu'à 25 ans…). Le lobe en question permet entre autres d'identifier les expressions et de les associer à une émotion. Et les ados peuvent avoir de la peine avec ça (études scientifiques à l'appui, si je retrouve je mets le lien): un panel d'ados à qui on a présenté des photos de visages expressifs se trompaient régulièrement, confondant tristesse avec colère, and so on.
 
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Clem'

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Owwwww, TP, je vais aller en enfer...

https://fr.wikipedia.org/wiki/Théorie_des_intelligences_multiples

L'intelligence logico-mathématique n'est qu'une des 9 citées, et les tests de QI sont basés aux trois-quarts sur celle-ci, donc… je pose la question: quelles sont les vôtres? NB: pas s'arrêter aux termes ni à la liste, plus ça va plus on en désigne...

Moi c'est: linguistique / intrapsychique / interpsychique / existentielle.

Edit: je rajoute la pragmatique: devant une situation complexe et déroutante, je peux trouver très vite comment la solutionner, en faisant zoom arrière pour capter tous les éléments en compétition - y compris… en me défilant, voyant que ce n'est pas à moi d'endosser la responsabilité d'une décision.
 
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Martesmartes

Well-known member
3 Fev 2019
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Bonjour !
Mon copain est HP, mais tendance très rationnel, il n'est pas du tout artiste dans l'âme. Au début j'avais tendance à me sentir bête par rapport à lui mais ça s'est atténué quand j'ai constaté que son intelligence était très performante au détriment d'autres formes de compréhension. Je suis moins une flèche en logique mais je suis plus polyvalente. Au début ça me donnait presque le vertige d'imaginer à quel point nos façons de percevoir le monde devaient diverger. Mais je pense qu'à force de se fréquenter nos cerveaux se connectent et s'acculturent l'un à l'autre. Plus le temps passe et moins j'attribue de traits de sa personnalité à son QI.
 

Clem'

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Connexion et acculturation des intelligences… j'achèèèèète!

Voilà qui me plaît bien, ça ouvre la porte à quelque chose de plus paritaire que l'évocation des supposés "manques" de l'autisme.

Tiens, ça me fait penser à un autre truc: pourquoi pas intégrer la langue des signes aux options d'étude des langues...
 

Nedjma

Punk bibliothécaire
3 Jan 2019
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@Clem'
Comme ça, je me retrouve dans l'intelligence linguistique, interpersonnelle, et spirituelle.
Après j'ai toujours adoré toute forme de sport ( mais jamais très douée ) et j'adore la nature sous toutes ses formes, mais pas dit que je sois dans les domaines kinesthésique et naturaliste.
 
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Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
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Je vous lis avec attention et je trouve cela très intéressant.
Du coup, je vais me raconter un peu.
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Comme tu as fait ça étant petite, le résultat démontre que tu étais précoce. Et ça devait être le WAIS en vigueur à l'époque - je crois qu'on en est à la huitième version, ça évolue.

Bonne idée de refaire le point à présent, autant en repassant les tests qu'en recevant un avis de psychologue sur ce que tu pourrais faire comme travail sur toi-même pour lever les blocages.

Par exemple, sachant que tu peux agacer des gens en demandant ce qui se passe avec les exceptions, chercher des gens à qui tu peux le demander (les profs ça doit schader pour faire entrer le programme dans les clous temporels, donc la petiote qui "retarde" le gavage n'est pas bienvenue).

Il y a peut-être un travail à entamer avec un psy pour renforcer l'estime de soi; j'en ai découverte une sur mon canton, spécialisée dans la prise en charge des HP.
En regardant les sites de soutien aux HP, tu pourrais trouver de bons aiguillages?