HP, Asperger, hypersensibilité, TDAH et autres neuro-atypismes : c'est pas de la tarte à gérer, viens qu'on s'en cause

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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Lausanne
#1
Aux douze coups de midi (jeu télévisé qui passe… à midi), pendant 5 mois, Paul, Asperger de 20 ans tout juste, disposant d'une mémoire dite éidétique (plus que visuelle: photographique), a tenu la dragée haute à ses concurrents. Un humour décapant qui s'est révélé au fil des émissions, un épanouissement social certain, visible, audible... ses sorties me faisaient tellement marrer!

La première fois que j'ai entendu parler du syndrome d'Asperger, je crois bien que c'était il y a une vingtaine d'années; je suivais un couple pour leur première grossesse, et ce bébé était déroutant, fronçant les sourcils quand on le taquinait, tout sérieux comme un pape, on voyait qu'il faisait des efforts.

Les parents sont devenus des copains très chers, leur deuxième est HP, (eux aussi, visiblement, mais bon c'est pas leur préoccupation, ils s'en sortent très bien dans la vie).
Donc le Youm, j'ai un peu suivi son parcours. Les parents ont bien bossé du moment qu'ils avaient capté la problématique de devoir lui apprendre les codes sociaux, puisque le loulou ne dispose pas des neurones-miroir qui permettent l'apprentissage de la relation par empathie.

Je les trouve marrants les Asperger, communiquer avec eux c'est comme apprendre une nouvelle langue (et ils ont chacun la leur) - et c'est bien plus facile quand ils sortent du bois: combien de fois le dialogue s'est débloqué, quand j'apprenais qu'ils étaient… ce qu'ils sont.

Les HP, ça peut être galère aussi: c'est pas parce qu'on a un QI au-dessus de la moyenne que tout est facile - et le mythe de la calculette sur pieds est tenace. Les différentes sortes d'intelligences sont parfois un panaché de compétences et d'aptitudes surprenantes, pas forcément valorisées au premier chef, et qui passent pour de la pédanterie - et ce n'est parfois qu'un désir de justesse qui est derrière.

Les hypersensibles, duraille aussi: quand les canaux de perception sont ouverts jusqu'au vertige, la vie peut être juste tellement stressante en elle-même!

T'en connais, des gens comme ça? Tu en es?

Viens, on s'en cause...
 

Psyduck

Noot Noot !
12 Août 2019
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#2
HP et hypersensible au rapport :coiffe:

J'ai eu beaucoup de mal dans mon enfance à me lier aux autres élèves, je passais mon temps à discuter avec les instits et les profs. Les gens passaient leur temps à dire à mes grands-parents "Elle est mature pour son âge votre petite."

Et pourtant, aujourd'hui je ressens parfois dans ma tête qu'il y a 2 Psyduck :
- Psyduck pondérée, mature, sérieuse comme un pape
- Psyduck qui "se rattrape" en ayant des coups de folie ou des plaisirs totalement régressifs.

Bref, c'est compliqué tout ça :shifty:
 

Ekalos

Like science-fiction, but in real life
4 Jan 2019
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#5
@Ekalos Ah d'accord, t'es bien contaminé par le nom de la chose plutôt qu'à son contenu effectif, prévisible ou pas...
Oui, j'ai besoin de limites claires et de définitions. J'ai du mal avec totu ce qui est mouvant et ambïgu : il y a tellement de possibilités que mon cerveau travaille trop et ça me fatigue.
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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Lausanne
#8
J'ai parfois des réflexes "aspergisants" : l'amour du détail et de la précision dans mon domaine de compétences (l'écriture), je peux rééditer 15 fois un message parce que c'est pas tout-à-fait ça, qu'il manque un "s" quelque part, ou un espace entre mots. (Edit : tiens, voilà, je viens de le faire)

Pour le HP, j'ai mis dix ans à aller me faire tester, et ça m'a soulagée parce que c'était ça ou être bipolaire, selon les allusions voilées de ma généraliste.

Comme le psy m'a ri au nez en entendant cette alternative, en me disant que j'étais plutôt d'une rare lucidité, j'ai fait ce qu'il fallait pour en avoir le cœur net. Résultat des courses: je suis pas bipolaire.

Hypersensibilité: je crois juste que je vieillis et que la limite de tout ce qui est "just a little bit too much for me" s'est abaissée.
 

Nedjma

Punk bibliothécaire
3 Jan 2019
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#14
Hello, hypersensible oui, HP je ne sais pas :unsure:

J'ai commencé à me poser la question il y a quelques années. J'avais posté sur un autre forum un message où je disais que je me sentais stupide, à cause de cette étiquette " dans les nuages/dans la lune " que je traîne depuis toute petite. Une personne du forum m'a parlé des HPI, je suis allée me renseigner et me suis retrouvée dans pas mal des " symptômes " ( je mets entre guillemets parce que le mot n'est pas juste, mais je n'en trouve pas de plus parlant - je ne considère pas les HPI comme malades )
Par la suite, plusieurs personnes m'ont dit IRL que j'avais le profil type du HPI.

Problème : j'ai peur de passer un test de QI qui confirme qu'effectivement, je suis " bête ", que ce soit par un résultat en dessous de la moyenne ou dedans. Parce que même avec une intelligence moyenne, cela voudrait dire ( pour moi ) que tous mes petits " à-côtés " dans la vie de tous les jours seraient effectivement des tares.
Je ne sais pas si j'ai été très claire, mais ça me fait du bien de l'écrire parce que c'est vraiment un sujet d'inquiétude pour moi depuis toujours. Le sentiment de " ne pas être à ma place " mais pas assez décalée en même temps parce que je fais tout pour rentrer dans le moule, ne pas paraître trop " extra-terrestre ", ne pas être trop moi-même avec les autres ...

Dites, vous avez déjà eu ce sentiment-là avant d'être diagnostiquées ? Voire, il y en a dans la salle qui ressentent la même chose ?
 

Ekalos

Like science-fiction, but in real life
4 Jan 2019
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#16
Hello, hypersensible oui, HP je ne sais pas :unsure:

J'ai commencé à me poser la question il y a quelques années. J'avais posté sur un autre forum un message où je disais que je me sentais stupide, à cause de cette étiquette " dans les nuages/dans la lune " que je traîne depuis toute petite. Une personne du forum m'a parlé des HPI, je suis allée me renseigner et me suis retrouvée dans pas mal des " symptômes " ( je mets entre guillemets parce que le mot n'est pas juste, mais je n'en trouve pas de plus parlant - je ne considère pas les HPI comme malades )
Par la suite, plusieurs personnes m'ont dit IRL que j'avais le profil type du HPI.

Problème : j'ai peur de passer un test de QI qui confirme qu'effectivement, je suis " bête ", que ce soit par un résultat en dessous de la moyenne ou dedans. Parce que même avec une intelligence moyenne, cela voudrait dire ( pour moi ) que tous mes petits " à-côtés " dans la vie de tous les jours seraient effectivement des tares.
Je ne sais pas si j'ai été très claire, mais ça me fait du bien de l'écrire parce que c'est vraiment un sujet d'inquiétude pour moi depuis toujours. Le sentiment de " ne pas être à ma place " mais pas assez décalée en même temps parce que je fais tout pour rentrer dans le moule, ne pas paraître trop " extra-terrestre ", ne pas être trop moi-même avec les autres ...

Dites, vous avez déjà eu ce sentiment-là avant d'être diagnostiquées ? Voire, il y en a dans la salle qui ressentent la même chose ?
Je ne comprends pas de quel sentiment tu parles exactrment, mais ce dont Tu parles fais écho en moi.
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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Lausanne
#17
@LuLa
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Ha, j'ai même eu un médecin qui me faisait la leçon en me traitant d'écorchée vive, super subtil, ça me fait le même effet que si on me demandait de pas avoir les yeux bleus...

Problème : j'ai peur de passer un test de QI qui confirme qu'effectivement, je suis " bête ", que ce soit par un résultat en dessous de la moyenne ou dedans. Parce que même avec une intelligence moyenne, cela voudrait dire ( pour moi ) que tous mes petits " à-côtés " dans la vie de tous les jours seraient effectivement des tares.
Je ne sais pas si j'ai été très claire, mais ça me fait du bien de l'écrire parce que c'est vraiment un sujet d'inquiétude pour moi depuis toujours. Le sentiment de " ne pas être à ma place " mais pas assez décalée en même temps parce que je fais tout pour rentrer dans le moule, ne pas paraître trop " extra-terrestre ", ne pas être trop moi-même avec les autres ...

Dites, vous avez déjà eu ce sentiment-là avant d'être diagnostiquées ? Voire, il y en a dans la salle qui ressentent la même chose ?
Bien sûr! Le sentiment d'imposture fait partie du syndrome HP, surtout qu'on est très doués en général pour déjouer les règles et trouver comment en faire moins, même si ça prend des heures de trouver comment...cherchez l'erreur, y en a pas, c'est un jeu!
 

Nedjma

Punk bibliothécaire
3 Jan 2019
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#19
@Ekalos alors en termes d'émotions c'est un mélange de :
- honte " ah ah Nedjma plane tout le temps à 1OO miles ", " tu pourrais faire un effort pour être plus concentrée/moins étourdie ", " mais t'es bête ou quoi ? ", " il te manque une case ? ", " arrête de trop penser ", " t'es trop cérébrale ", " roh l'intello, pas fun "
- espoir d'une réponse : " regarde : hyperactivité, anxiété, pensée en arborescence, cerveau qui ne s'arrête jamais, rejet profond de l'injustice, mythe du sauveur, ça te rappelle pas quelqu'un ? Au hasard, toi ? "
- honte : " nan mais faut arrêter avec les étiquettes ", " toi, HP ? euh non je crois pas "

@Ptite plume @Clem' merci pour vos réponses, ça fait du bien, vraiment :)