Harcèlement, collègue lourdingue… c'est pesant, viens qu'on s'en cause

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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Lausanne
#1
Je vois une rockie mal à l'aise avec un monsieur de son entourage, une deuxième qui dit que la description de la situation la met mal à l'aise… alors j'ouvre ce topic.

Que faire, comment se positionner, et sans se mettre en situation précaire, voilà l'idée. Et raconter, bien sûr, parce que le pouvoir de topics comme "Trois choses positives dans ta journée", "En ce moment, là, tout de suite", et "Ça m'énerve", "Le boulot se passe mal…", et ben il est puissant, je trouve.

Alors poser ces trucs qui coincent, pourquoi pas?

Les femmes ont tellement été habituées à endurer sans moufter des comportements douteux, et à fuir en abandonnant la place, que même des situations ténues n'enclenchent pas la sonnette d'alarme, alors que ça devrait.

Et j'ai vécu ces derniers mois une situation que je me suis cramponnée pour dénoncer, aller au bout des choses… finalement, pour mon confort perso, c'était bien! Et en plus, le directeur m'a remerciée, ça lui permettait de mettre en place un protocole de traitement rapide pour "geler" une situation, protéger les gens, la relation, la personne maltraitée… et poser des balises pour un traitement rapide, au lieu que ça traîne de semaines durant.


Pour initier le truc, je signale un petit bouquin très vite lu, de Natacha Henry, sorti en 2003 : "Les mecs lourds ou Le paternalisme lubrique".

On s'en cause? On s'en recause?
 
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Safinette

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4 Jan 2019
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#2
Quand je vois dans notre entreprise que les dirigeants se permettent des remarques graveleuses en réunion, et que RH et autres responsables femmes ne disent rien.
je me permets de faire systématiquement un rappel à la loi, avec un assentiment mou de la part de la DRH...et c'est tout...on se tape sur le bide, on se dit que safinette elle est vraiment mal baisée (dans leur tête hein) et puis on recommence 10 minutes après...
Alors se sortir de là....(là où je suis hein)
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
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#3
On dirait que l'indélicatesse fait partie des mœurs… difficile à déloger, donc. Il y a une espèce de consensus de la grossièreté, qui fait que pour ne pas être mis(e) à ban, on cautionne/on ne cautionne pas, en ne disant rien. C'est comme si on avait pas d'autre porte de sortie que de faire comme si on n'avait pas entendu - l'attitude éducationnelle qui consiste à ignorer le propos sous la ceinture, pour ne répondre que quand quelque chose de constructif est dit. Mais bon, ça marche seulement si l'interlocuteur est assez fin pour capter sa bourde.

La réplique "T'as pas d'humour" étant souvent la parade des lourdauds.

A quoi je réponds "Pas celui-là, non". Et il y a une différence entre raconter une blague de cul, et le faire pour dominer.

N. Henry décrit très bien l'ambiance qui se pose comme un cheveu sur la soupe...

"Lorsque les femmes parlent de « mecs lourds », c’est pour exprimer un refus et un mépris des attitudes masculines, explique Natacha Henry. Certains hommes s’en prennent de façon vulgaire ou équivoque aux femmes qu’ils rencontrent, en sexualisant la relation et en la hiérarchisant. L’auteure propose de nommer ce comportement « le paternalisme lubrique », qui se produit dans des lieux publics, dans la vie professionnelle, et demeure une agression psychologique sans se traduire pour autant par du harcèlement sexuel ou moral au sens juridique du terme ni par une agression physique. Elle précise que si le phénomène ne concerne pas tous les hommes, en revanche il touche toutes les femmes, qui subissent toutes sortes d’humiliations, de contraintes. Celles-ci doivent composer avec des remarques, des paroles, des gestes déplacés et lutter pour leur intégrité psychologique, physique et sexuelle. Le paternalisme lubrique joue le rôle de régulateur social et impose à chacun(e) de rester à « sa place », dans une configuration sexiste. Natacha Henry rappelle que la liberté d’expression s’arrête là où commence le sexisme."

Marie-Anne Juricic / https://www.monde-diplomatique.fr/2004/04/JURICIC/11216
 
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Floowls

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#4
J'ai remarqué que les "pires" (en ce qui concerne ma petite expérience du moins) environnements de travail sont dans des milieux où es gens sont plus instruits et plus guindés. Les gens osent moins ouvertement dire "ta gueule" à ceux qui leur parlent mal. Quand je bossais à l'usine, aucun gars ne se permettaient de faire des remarques déplacés, souvent c'était des jeunes intérimaires, ils se faisaient immédiatement recadrer et globalement, les conflits ne duraient pas. Ça gueulait un coup et c'était fini. Depuis que je bosse dans un bureau (en plus dans les RH. Dans le genre langue de bois et hypocrisie ils battent tous les records ! ) les conflits traînent en longueurs et personne n'a envie de prendre les choses en mains. J'avais parfois envie de gueuler sur mes supérieurs "Putain mais arrêtez de vous débiner, c'est à vous de gérer ça !" mais non, c'est moi qui, tant bien que mal, faisait le tampon.
J'avais un collègue, avec qui je bossais en binôme sur un gros sujet, donc on se voyait beaucoup. Mes collègues me répétaient souvent "dis nous si ça va mal avec machin, on sait comment il peut être avec les nouvelles, surtout jeune, etc" C'était choquant d'entendre ça, vous savez qu'il a des comportements limites mais ça s'arrête là, personne ne dit rien. Avec moi il était assez cool parce que dès la première remarque de merde je lui ai expliqué qu'avec moi ça ne marchait pas comme ça. Oui, je porte des jupes et je suis peut-être agréable à regarder mais tes remarques tu te les fous ou je pense, en vous remerciant de votre compréhension, bien cordialement. J'ai été un peu plus subtil que ça mais il a comprit.
 

Clem'

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#5
Tiens c'est drôle… on aurait dit qu'elles comptaient sur toi pour quelque chose d'indéfinissable… le dénoncer?

Bon, après, comme tu as travaillé pour ta propre paroisse, si elles voient que tu te fais respecter, ça fait exemple… elles sont revenues te demander comment tu t'en sortais avec lui?

(tes remarques tu te les fous ou je pense, en vous remerciant de votre compréhension, bien cordialement.: :ROFLMAO::ROFLMAO::ROFLMAO:)
 
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Floowls

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#6
Je sais pas pas trop ce qu'elles attendaient. A mon avis, si je l'avais dénoncé, il ne se serait rien passé parce qu'il est proche de la retraite et qu'il a fait toute sa carrière dans la boîte alors personne n'aurait voulu s'occuper de ça. ("C'est un vieux", "C'est pas maintenant qu'on va le changer" et j'en passe) Ironiquement, c'est lui qui s'occupait du déploiement des formations sur la mixité et la promotion de l'égalité femme-homme dans l'entreprise.

Il s'est quand même fait retoquer plusieurs fois par un gars de l'équipe mais le directeur du département par contre n'a jamais rien fait alors qu'il était parfaitement au courant de son comportement. De toute façon, mon directeur dès qu'il y avait un souci dans l'équipe, il était au abonné absent. C'est un homme très gentil mais par contre il n'a pas du tout les compétences pour manager (comme pas mal de gens malheureusement).
Je suis restée 1 an et pendant tout ce temps elles me demandaient régulièrement si ça allait. En fait, personne n'a su que je l'ai recadré : Je l'ai pris à part dans son bureau pour lui parlé. Malgré tout, je ne trouvais pas correct de l'afficher devant tout le monde et qu'il se sente humilié. (il l'aurait bien mérité cela dit !)

(J'adore les formules de politesses. Quand j'écris ce genre de truc à la fin de mes mails je m'imagine toujours faire une courbette à la reine d'Angleterre :cretin:)
 

Nedjma

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3 Jan 2019
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#7
Un truc qui me vient : se méfier des supérieurs " trop " sympas. Alors un supérieur souriant, poli, courtois je n'ai rien contre. Par contre, le supérieur qui te parle comme à son pote, qui te raconte des détails de sa vie etc. Méfiance, méfiance. Parce que sous ses airs sympa, il peut garder les infos persos que tu lui as confiées naïvement pour te la mettre à l'envers. Attention aux manipulateurs :vieux:
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
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#8
Un truc qui me vient : se méfier des supérieurs " trop " sympas. Alors un supérieur souriant, poli, courtois je n'ai rien contre. Par contre, le supérieur qui te parle comme à son pote, qui te raconte des détails de sa vie etc. Méfiance, méfiance. Parce que sous ses airs sympa, il peut garder les infos persos que tu lui as confiées naïvement pour te la mettre à l'envers. Attention aux manipulateurs :vieux:
Bien vu. Une attitude trop familière, pour susciter la confidence, mettre les gens de son côté/cliver en cas de besoin. (Un peu hors-sujet: Une de mes cheffes m'avait proposé de venir faire NA avec elle, sa famille et ses amis, ça faisait quelques semaines qu'on se connaissait. Mais elle c'était de la naïveté, elle ne savait pas comment diriger une équipe - on peut pas être le patron ET le pote en même temps).

@Floowls Je suis d'accord, s'expliquer en face-à-face avec le dérapeur; ne serait-ce que parce qu'une humiliation publique, il peut te la faire payer ensuite. A part ça, il déployait juste les formations sur la mixité et la promotion paritaire, ou il les donnait?

A part ça bis, le contenu de ces formations, ça m'intéresserait de savoir si on y parlait des comportements douteux à éviter... parce que je fais partie de la génération qui parlait de "promotion-canapé... les djeunes, ça vous parle comment?
 
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Safinette

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4 Jan 2019
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#9
@Clem' ça parle toujours de promotion canapé, uniquement évidemment quand une femme a un poste haut placé, pas pour un homme bizarrement! (alors que pourtant il a aussi pu sucer le directeur....mais bon le sexisme et souvent teinté d'homophobie)
Donc ça parle toujours comme ça.
Dans les phrases cultes de notre directeur et que ça fait marrer les autres, sauf quelques uns et moi je gueule :
"C'est normal qu'on ait plus de femme au nettoyage, c'est dans leur gêne"
"La nouvelle de votre équipe elle a de jolis arguments j'espère"
"L'équipe là, vous allez bientôt toutes nous faire un arrêt maladie pour votre congé mat vous êtes toute en âge de faire des bébés!"
"A défaut d'être assis à côté d'une blonde à gros sein j'étais assis à coté de Paul dans le train"
"C'est pas bobonne dans sa cuisine qui va donner des leçons sur le sujet"

Je l'ai affiché devant tout le monde en lui demandant s'il n'avait pas honte (pour info c'est mon n+3) il a rougit et bafouillé (donc il SAIT que ça ne se fait pas), je lui en ai parlé en tête à tête, j'en ai parlé à mon syndicat qui lui en a parlé....et NORMALEMENT tout le CODIR devrait avoir une formation de 2 jours sur le harcèlement sexuel l'an prochain...
Mais vraiment!...
Et encore je ne fais pas du tout attention aux regards de ces hommes (ni sur moi ni sur les autres), mais les autres se sentent mal à l'aise juste à cause de ça en leur présence, c'est que ça doit être bien lourd!
 
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Floowls

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9 Sept 2019
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#10
@Safinette Ah ouais, il est gratiné celui-là ! :sick:

Pour ce qui concerne les "promotions canapés", dans mon ancien boulot (pas celui dont je parle dans les messages plus haut) ce sont mes collègues femmes qui sortaient des trucs comme ça sur d'autres femmes. Elles étaient très médisantes sur les autres femmes et même entre elles alors que le credo c'était "on est une équipe hyper soudée, avec un vrai esprit d'équipe". Je peux vous assurer que quand certaines étaient absentes l'esprit d'équipe prenait un sacré coup ! Mes oreilles ont dues bien sifflées quand je suis partie. :yawn:

@Clem' il déployait juste les formations, on avait une équipe de la DRH spécialement dédiée aux questions de la mixité. Au département formation on était chargé de planifier les journées et de vérifier que l'ensemble des salariés avaient bien suivi la formation, qui était obligatoire pour tous. D'ailleurs, le collègue don je parlais, qui a plusieurs fois interpellé l'autre sur son comportement, faisait parti des formateurs sur cette thématique.
La formation avait principalement pour objectif de parler des comportements déplacés que pouvaient avoir certains salariés envers leurs collègues parce que finalement beaucoup d'entre eux ne se rendaient même pas compte de l'impact que ça pouvait avoir parce que c'était du "sexisme ordinaire" Il y avait une mise en situation avec des jeux de rôles où les hommes devaient prendre la place des femmes et inversement. Il était aussi question des inégalités salariales et de la difficulté pour les femmes d'accéder à des postes de direction.
Cette formation fonctionnait surtout sur ceux qui étaient déjà un peu réceptifs à ces questions. Sur les vieux cons et connes parce que malheureusement certaines femmes trouvaient ce genre d'initiative complètement inutile ("on ne peut plus rire de rien", "moi la galanterie ça ne me dérange pas, au contraire", "on ne veut pas toutes être des féministes castratrices" etc) ça n'avait pas vraiment d'écho.
 
You Rock !: Dres et Safinette