Harcelée au collège, j’ai vécu 15 ans dans la colère

grenouilleau

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9 Jan 2019
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@Kitchie Je ne suis pas tout à fait d'accord avec la partie de ton message qui dit que les harceleurs et harceleuses réussiront souvent (c'est comme ça que je lis la mention "bien au contraire", peut être à tort?).
De ce que j'ai pu constater, iels finissent par tomber un jour sur un os. Ça prend plus ou moins longtemps, mais pour l'instant, à chaque fois, la grosse majorité des genTes que je connaît qui avaient ce genre de penchants finit par se prendre une tôle, plus ou moins lourde.

Et quelque part ça me paraît très logique : à force d'embêter le monde, c'est statistiquement inévitable qu'un jour iels tombent sur plus méchant.es, plus retors, ou tout simplement plus combattif qu'elleux. Après, c'est sûr qu'entre temps, iels auront pu agresser plusieurs personnes, et sûrement iels continueront ensuite. Ce mode de fonctionnement n'est pas positif pour les harcelé.es, mais il n'est pas (forcément) positif pour les harceleurs non plus.
 

Lion

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3 Jan 2019
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Brest Bay
@Martesmartes
Pourquoi selon toi leur évolution s'accompagnerait forcément de souffrance ?
Pour moi, ils n'ont pas forcément souffert : ils ont pu juste mûrir, prendre du recul sur leur comportement et tourner la page de leur côté. Je ne pense pas qu'un adolescent qui harcèle deviendra forcément un adulte qui harcèle et qui sera malheureux dans sa vie : pour moi, chacun peut prendre du recul sur son comportement et évoluer.
 

Chlope

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10 Jan 2019
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Lyon
Est-ce qu'on parle vraiment de pardonner ou de tourner la page? J'ai l'impression que ce n'est pas la même chose mais la nuance est assez subtile donc je sais pas expliquer en quoi... Je pense que le pardon c'est une démarche volontaire quand tourner la page se fait plutôt inconsciemment avec le temps.
Le harcelement que j'ai subit au collège et au lyçée par des personnes différentes je l'ai pas pardonné, pendant encore des années après le simple fait d'en parler me faisait pleurer. Mais aujourd'hui je n'ai plus de colère, plus de tristesse, j'ai réussi à m'en défaire, sans le chercher. J'ai tourné la page... Un jour je me suis rendue compte que ça ne faisait plus rien, que mon passé c'était le passé, il ne changera pas, mais qu'il était fini, alors la haine de cette époque n'a pas sa place dans ma vie à présent. Je n'ai plus de colère contre ces gens, je ne leur souhaite ni mal ni bien et je me fiche de ce qu'ils deviennent.
Je garde par contre quelques séquelles, une petite méfiance inconsciente envers les inconnus, une estime de moi basse et en reconstruction (difficile pour moi), des épisodes de dépression...
Je suis par contre intransigeante sur le harcèlement, peu importe lequel et peu importe par qui. Non, "ça va c'est juste pour rire" ça ne marche pas! Toi tu te marre peut-être mais le véritable sens de l'humour c'est de faire rire tout le monde, pas juste soit même. Je demande pas un humour ultra politiquement correct mais juste un tout petit peu se mettre à la place de ceux dont on veut se moquer avant de le faire. Je sais très bien que les harcèleurs chroniques n'ont généralement que peu voir pas d'empathie, mais si personne ne les suivait, ils le feraient probablement moins
 

Kitchie

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3 Jan 2019
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@Chlope je suis d’accord les suiveurs donnent du pouvoir aux harceleurs et dans ce sens sont tout aussi responsables.
@grenouilleau mon expérience ne m’a pas permis de constater la même chose. Ces personnes finissent certes par tomber parfois sur un os, mais elles retombent toujours sur leurs pattes. Après je ne dis pas que leur comportement est souhaitable, juste pas assez puni.
@Martesmartes oui il est tout à fait possible d’imaginer un harceleur pour qui tout va bien dans la vie. Ton point de vue est rassurant pour une personne qui a été victime d’un harceleur, mais je crains qu’il ne se vérifie pas dans la réalité, en tous cas pas toujours.
 
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grenouilleau

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9 Jan 2019
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@Kitchie Du coup il faudrait des données chiffrées, j'imagine ça d'ici : "avez-vous été un gros c... au collège ?" "si oui, cela a-t-il impacté significativement votre vie ?"
 

Merlu

Le troisième type, c'est moi
18 Fev 2019
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Devant ton nez
Malheureusement, c'est sociologiquement avéré qu'écraser les autres est une condition sine qua non pour s'élever socialement (cf. la ligue du lol). D'ailleurs, l'immense majorité des patrons sont des sociopathes dans le sens psychiatrique du terme (véridique). Il y a donc de fortes chances que parmi vos anciens bourreaux, il y en a qui le sont restés et à qui ça a permis d'avoir les plus hautes fonctions.
 
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Kitchie

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3 Jan 2019
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@grenouilleau pas sûre que tous ces gens se considèrent comme tels, du coup ça fausserait notre sondage :).
Après je ne dis pas que le fait d’avoir été harceleur peut avoir un impact sur la vie future du harceleur, juste que se comporter comme ça démontre certains traits de caractère qui vont leur faciliter la vie ensuite notamment dans le travail (par exemple, culot, assertivité extreme, fort caractère, capacité à mener les autres et à les mettre de son côté, capacité à mentir, à taper sur une cible ou un concurrent qui menacerait leur ascension, et à inciter les autres à exclure quelqu’un qui leur ferait de l’ombre, absence de scrupules et d’empathie etc.)
 

grenouilleau

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9 Jan 2019
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@Merlu je suis d'accord sur le constat des patron.nes à majorité sociopathes, j'avais effectivement lu ça quelque part (si tu as la source, hésites pas, mais je te confirme que j'ai lu ça aussi), mais j'ai l'impression qu'être un patron, ça ne dépend pas tant du fait que c'est des harceleurs, plutôt du fait que les futurs patrons font partie d'une classe sociale qui leur permet d'assouvir leur sociopathie en devenant patrons.

En bref, ça revient à dire que tous les harceleurs ne deviennent pas patrons. Mais que les harceleurs qui le peuvent pourraient facilement se diriger vers ce genre d'activité, qui leur permettrait d'assouvir leur besoin d'être "chef", de donner des ordres, de dominer, bref, de diriger autrui.

Je précise : je ne parle pas de tous les patrons, bien sûr qu'il y a des genTes sympas dans cette catégorie. Et bien sûr qu'être patron, ce n'est pas nécessairement régenter autrui. Je parle précisément des patrons qui ont des employés et qui apprécient de les brimer, ou de les voir se pourrir entre elleux.
 
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Lemon Curd

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5 Jan 2019
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@Kitchie et même si c’est le cas, est-c’e que c’est souhaitable ?
J’ai eu par hasard des nouvelles d’un de mes principaux harceleurs du collège (l’un de ceux qui alimentaient le harcèlement, pas un suiveur). Il a eu un grave accident et est aujourd’hui tétraplégique. Autant j’ai pu le haïr, autant cette nouvelle m’a fait sincèrement de la peine. Parce que certes, il a été un petit con cruel. Il ne se souvient peut-être même pas de moi et n’a sûrement pas conscience du mal qu’il m’a fait ni des conséquences psychologiques que ça a pu avoir sur moi. Mais est-ce que je souhaite ça à qui que ce soit ? Non
Bon si j’avais appris qu’il avait porté plainte contre un collègue pour harcèlement j’aurais sûrement ricané par contre :hesite:

Je n’ai pas pardonné, parce que je n’en ressens pas le besoin et je n’en vois pas l’utilité. Je n’ai plus de rancoeur non plus. Ils n’ont plus aucun pouvoir sur moi. J’ai juste avancé.
 

Kniphofia

Au fond du jardin
3 Jan 2019
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Ça m'intéresserait beaucoup de savoir si les harceleurs actifs au collège deviennent en majorité ces pervers manipulateurs dont on entend tellement parler à l'âge adulte ! J'imagine une étude statistique qui devrait 1°) repérer les petits cons à 12 ans ; 2°) déterminer s'ils sont devenus des gros cons dangereux dans le milieu familial et professionnel.
Mais le propre du harcèlement, c'est de passer en grande partie inaperçu. Vous êtes plusieurs à témoigner de scènes de chahut général, qui devraient susciter des interrogations chez les profs, et j'en ai vécu plusieurs aussi. Mais le harcèlement quotidien était plutôt discret. Parfois, c'est plus destabilisant de voir une personne lever les yeux au ciel quand on prend la parole, que d'entendre une insulte tellement grossière qu'elle nous passe au-dessus de la tête. Je pense aussi qu'il y a une opinion répandue selon laquelle les ados se cherchent entre eux, et sont souvent déprimés, un peu comme les batailles entre frères et sœurs où les parents ne cherchent pas trop qui est à l'origine d'un conflit. Alors qu'il s'agit bien de comportements sociopathes qu'il s'agirait de repérer et de canaliser plutôt que d'attendre que jeunesse se passe.
 

Merlu

Le troisième type, c'est moi
18 Fev 2019
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Devant ton nez
Alors qu'il s'agit bien de comportements sociopathes qu'il s'agirait de repérer et de canaliser plutôt que d'attendre que jeunesse se passe.
C'est effectivement un autre problème. On considère trop souvent que c'est une fatalité, que c'est normal, voire des «enfantillages inoffensifs», et on s'en sert comme justification pour ne pas chercher à les combattre. C'est pour cette même raison que les agressions sexuelles commises pendant l'enfance ne sont pas combattues, on les estime sans conséquences parce que commises par des enfants.
 

Brekkenth

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10 Jan 2019
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@Hinhinhin A mon avis quelqu'un qui initialement voulait juste vivre sa vie tranquillement deviendra sensible à son image s'il est harcelé. Je ne pense pas qu'on puisse séparer les deux volets... le harcèlement découle d'une logique de groupe où la solitude du harcelé n'est pas choisie mais subie et donc n'engendre pas les mêmes réactions : être osctracisé d'un groupe ce n'est pas la même chose que d'être indifférent à son appartenance au groupe....
 

zelitrex

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4 Jan 2019
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Je suis assez étonnée de ceux qui s'attendent à ce que les harceleurs soient des personnes haut placées par la suite dans la société, personnellement dans les établissements que j'ai fréquenté les personnes qui ont été harcelées (dont moi) étaient majoritairement des très bons élèves, et les harceleurs des gamins charismatiques mais élèves moyens, et clairement aujourd'hui ce sont eux qui se retrouvent à faire des bullshits jobs, à avoir eu des gamins très très tôt, une mauvais hygiène de vie et les dégradations physiques qui vont avec, et c'est le groupe des harcelés qui font des métiers à responsabilités. Je suis la seule dans ce cas ?