Féminisme «pro sexe» ou féminisme «abolitionniste» ?

Vis à vis de la prostitution, vous êtes féministes :

  • Totalement «pro sexe»

    Votes: 22 12.0%
  • Plutôt «pro sexe»

    Votes: 62 33.7%
  • Plutôt «abolitionniste»

    Votes: 41 22.3%
  • Totalement «abolitionniste»

    Votes: 16 8.7%
  • Je ne connais pas encore assez ce sujet

    Votes: 30 16.3%
  • Je ne me sens pas concerné.es

    Votes: 3 1.6%
  • Je ne souhaite pas prendre position/pas d'avis

    Votes: 8 4.3%
  • J'en ai rien à foutre, chacun sa merde

    Votes: 2 1.1%

  • Nombre total d'électeurs
    184

Berlin_3553

Well-known member
27 Mai 2020
206
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63
Rennes
Et vous, où est-ce que vous vous situez dans ce qui est sûrement l'un des plus gros clivage au sein du mouvement féministe en général ?

Ces deux mouvances sont elles irréconciliables ? Quels sont exactement leurs désaccords ?
Mais également leurs luttes communes ?

Votre avis sur la prostitution ? Vos solutions ?

Vos questions ? Vos réponses ?

Vous pouvez maintenir ou modifier votre réponse au sondage à tout moment au fil des échanges qui, s'il vous plaît, resteront riches et respectueux malgré les désaccords inévitables.


Définition (à compléter) :

Pro sexe :

Abolitionnisme :

Liens (à compléter) :

Neutres : Evaluation loi 2016 , Enquête sénatoriale de 2000 , L'Allemagne, plus gros bordel d'Europe , Carole raconte l'enfer des bordels belges , Je veux comprendre : le débat sur la prostitution , Je veux comprendre… la loi renforçant la lutte contre le système prostitutionnel

Pro sexe : Le Strass , Médecin du monde, Bataille de chiffres, tapotepute

Abolitionnistes : Fondation Scelles , Mouvement du nid , La CLES Canada , Association Mémoire Traumatique et Victimologie , 30 arguments pour l'abolition
 
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Berlin_3553

Well-known member
27 Mai 2020
206
312
63
Rennes
Je profite que ce soit à peu près «match nul» pour préciser que l'intérêt n'est pas du tout de compter les points !

Le principal serait d'éclairer les personnes qui ne connaissent pas assez le sujet pour le moment.

De confronter les deux visions avec les arguments de chacun dans le respect, même si la bataille de chiffres s'annonce tendu !

Moi je ne suis pas assez neutre pour lancer réellement le débat, donc si quelqu'un veut s'y coller ?

Sinon j'essaierai de le faire quand même en proposant des sources des deux bords, lorsque j'aurais le temps.


On pourrait commencer par parler de la loi de 2016 par exemple, une critique positive et négative.
 
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Valil0u

Well-known member
2 Avr 2019
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J'ai voté plutôt "pro sexe" mais j'ai hésité à voter "pas concernée". C'est vraiment un des sujets sur lesquels j'ai beaucoup de mal à avoir une opinion. J'ai beau m'informer, écouter des podcasts, lire/écouter des témoignages, je me retrouve prise entre différents arguments contradictoires avec lesquels je suis d'accord.
La raison pour laquelle je pense ne pas être concernée est que je ne suis pas une tds. Et qu'à mon sens, c'est leur avis à ielle surtout qu'il faudrait écouter. Car ielles sont les premier.e.s concerné.e.s.
 

GrumpyBunny

Well-known member
3 Jan 2019
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J’ai voté “plutôt abolitionniste”, mais si j’avais pu j’aurais choisis “je n’ai pas d’avis”.
j’ai une image assez négative des conditions de travail des TDS et si je penche plus vers l’abolitionnisme c’est parce que je pense que pour le moment la proportion de femmes qui le sont par envie est plus faible que celles qui y sont contraintes (je n’ai aucun chiffre donc si ça se trouve je me plante complet). Mais je suis d’accord avec les arguments principaux des deux côtés donc c’est vraiment un sujet sur lequel j’ai beaucoup de mal à me positionner et pour le moment ma position serait de soutenir les deux partis, dans tous les cas, il me semble essentiel que les choses changent mais dans quelle direction?
 

Altheea

Well-known member
6 Fev 2019
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Liège
En même temps le positionnement pro-sexe/abolitionniste c'est quelques choses qui est à la fois complexe et source de tension dans les milieux féministes donc ce n'est pas forcément évident de "lancer le débat" , personnellement dans le sondage j'ai répondu plutôt "pro-sexe" car je pense profondément que je n'ai pas a juger ou a croire incapable de discernement les gens qui décident que la prostitution n'est pas forcément plus aliénante pour eux/elles/iels que d'autres formes de travail.
De plus je suis plus ou moins persuadée qu'aucune interdiction ou pénalisation ne fera disparaître la prostitution contrainte et je suis globalement inquiète des risques que les interdictions trop sévères font courir aux travailleurs/euses du sexe qui peuvent plus difficilement recourir à la police ou au soins médicaux quand ils en ont besoins.

Après ça ne veut pas dire que je suis aveugle face aux énormes problèmes posé par la prostitution en général notamment ceux liés à la coercition par les proxénètes, les risques pour la santé, les risques de violences sexuelles et même dans le cas d'une prostitution "choisie" le fait que beaucoup de personne qui font ce choix le font par contrainte économique.

En bref , je pense que le changement doit surtout intervenir au niveau culturel et que tant qu'il persistera cette idée chez beaucoup que le sexe leur est "dû" et que c'est un signe de réussite économique d'engager des escorts , il sera très difficile de se débarrasser de la prostitution et que tant que c'est le cas je préfère que les personnes qui pratiquent cette activité n'aie pas peur de se faire arrêter quand elles vont déclarer une violence qu'elles ont subit.
 

Berlin_3553

Well-known member
27 Mai 2020
206
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63
Rennes
@Valil0u Je ne sais pas si tu seras d'accord, mais il me paraît important de préciser qu'user du terme "Tds", c'est déjà prendre position pour ces dernièr.e.s qui ne représentent pourtant qu'une part relative de l'activité prostitutionnelle. Il semble donc que tu aies raison de te positionner plutôt "pro sexe" à l'heure actuelle.

N'oublions pas que la grande majorité des personnes se prostituant, le font, soit pour s'assurer des moyens de subsistances soit parce qu'elles sont exploitées par un tiers proxénète.

@GrumpyBunny Selon les chiffres que l'on retrouve le plus fréquemment, la part de prostitué.es mineur.es est très importante déjà. A l'heure où le débat public s'est emparé de la question du consentement de la lutte contre la culture du viol, je pense qu'on peut tous tomber d'accord sur le fait qu'aucun.e de ces mineurs n'est en mesure de consentir à cette activité.

@Altheea Tu pars du principe que les personnes prostituées craignent les lois censées mieux les protéger ? Ne serait ce pas plus logique que ce soit l'inverse ? Grâce à la loi de 2016, les personnes prostituées ne sont plus criminalisées et peuvent donc plus facilement faire appel à la police en cas d'agressions.
 
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AngèleLN

Let's Play
1 Avr 2019
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wordpress.com
@Berlin_3553 Oui les TDS craignent les nouvelles lois sinon il n'y aurait pas eu de manifestations contre la loi de pénalisation des clients.
Je suis plutôt pro sexe, je pense que beaucoup de métiers ne se font pas par plaisir (c'est d'ailleurs une notion récente prendre du plaisir en travaillant) et qu'il y'a beaucoup de soucis à ne pas reconnaître le statut de TDS.
Un des soucis majeurs pour moi, c'est que quand on est TDS, on ne peut pas cotiser pour sa retraite par exemple, on n'a pas le droit au chômage, congés maternités, congés payés, etc. Donc rien que pour ça, le statut de TDS devrait être reconnu
 

Altheea

Well-known member
6 Fev 2019
83
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Liège
Ne pas les criminaliser et leur donner des moyens de se protéger face aux clients sont deux choses différentes, si elles/eux/iels ne sont pas "pénalement" punissable mais qu'elles/ils/iels dépendent pour vivre de clients qui "prennent un risque" pour venir et donc se sentent le droit d'exiger plus des travailleurs du sexe en général, ça crée tout un nouvel ensemble de problème, allant d'une précarisation encore plus forte à des risques sanitaires s'ils commencent à refuser les préservatifs etc...

Je trouve dommage sur le sujet qu'on écoute pas plus les concernés aussi bien ceux qui sont là sous contrainte que ceux qui le font par choix et qu'on essaye pas de travailler la législation autour de leurs besoins, que ce soit une protection juridique pour les personnes qui veulent continuer ce travail ou des aides conséquentes pour permettre aux gens qui veulent en sortir d'en sortir.

Globalement, je suis beaucoup plus favorable aux approches qui interdisent le proxénétisme mais sont plus souple concernant les travailleurs/euses du sexe "indépendants", car encore une fois je ne me sens pas légitime à leur dire que leur choix de vie est moins valide que celui de quelqu'un qui fait le choix de faire un métier à risques sanitaires lourds par exemple.

Après je suis belge donc je ne connais pas précisément le contenu de la loi française de 2016 et je n'ai pas assez de connaissances et de chiffres concernant les lois de pénalisation des clients que pour savoir à quel point c'est efficace, donc ça reste une opinion basé sur un ressenti et sur des témoignages entendu.
 
S

Shaka ponk

Guest
Pareil que mes VDD. Je ne sais pas trop. Par rapport à la loi de 2016 je constate cependant une chose : je suis voisin de la RN7 où l'on voyait pas mal de camionnettes entre la ville de ... et de ...

Celle-ci ont totalement disparues. Par contre, tu tapes "escort" et le nom du département et le nombre d'annonces a littéralement explosé.
 

Aesma

Menstruoloque
6 Jan 2019
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J'ai longtemps cru que j'étais abolo, la prostitution bouh c'est pas bien. Et puis je me suis renseignée, et puis j'ai découvert qu'une connaissance pour qui j'avais beaucoup d'admiration était TDS.

D'abord il faut bien comprendre une chose : avant d'abolir la prostitution il faudra abolir le patriarcat et le capitalisme. Également, défendre les droits des TDS n'est pas cautionner les réseaux de traites d'êtres humains.

Quelques faits qui m'ont fait réfléchir à cela :
• depuis 2016 on pénalise les client·e·s de TDS, sauf que les TDS doivent dans le même temps se déclarer à l'URSAFF (sisi c'est pas une blague)
• la traite d'êtres humains ne concernent pas que la prostitution (il y a beaucoup d'esclaves modernes dans le secteur du bâtiment, de l'agriculture ou de la production domestique - garde d'enfants, ménage etc) mais dans tous ces corps de métiers on fait bien la différence entre travailleureuses et victimes d'exploitation
• parmi les TDS on compte une bonne part d'étudiant·e·s, de mères célibataires, de réfugié·e·s sans papiers mais également de personnes LGBTQI+ ainsi que de personnes handicapées, il y a de nombreuses études qui montrent que les étudiant·e·s salarié·e·s ont beaucoup moins de chances que les autres de réussir leurs études, à quel moment c'est plus respectable de bosser tous ses WE à McDo ou 3 nuits par semaine dans une société d'entretien pour un salaire de misère payé au lance-pierre quand tu peux te faire X€ en ayant un rapport tarifé ? À quoi bon avoir des horaires et un boulot de merde quand tu dépenses les 3/4 de ton salaire en baby-sitting ? Quel métier est réellement accessible quand tu n'as pas de papiers ou que tu es victime de discriminations ? Est-ce qu'abolir la prostitution va vraiment améliorer les conditions de vies de ces personnes ?
• dans la loi de 2016, l'aide pour sortir de la prostitution était de 300€ non cumulables avec d'autres aides. C'est moins que le RSA et de nombreuxes TDS ont justement commencé à se prostituer car le RSA ne suffit pas pour vivre.
cette loi a un bilan catastrophique : les putes sont plus souvent pénalisé·e·s ou arrêté·e·s que leurs clients qui "prennent des risques" et en profitent pour imposer une baisse de prix et/ou des rapports non protégés. Moins de clients veut également dire moins de choix et donc + de risques de tomber sur des agresseurs (quand t'as 10 clients dans la semaine et que y en a un que tu sens pas tant pis, 9 ça suffit pour payer ton loyer et tes courses ; quand t'as 3 clients dans la semaine dont 1 que tu sens pas ben t'as plus vraiment le choix parce que t'es encore à découvert du mois dernier) Autre problème, + les clients veulent rester cachés + il y a besoin d'intermédiaires et donc de... proxénètes !
• En parlant de proxénétisme la loi française sur le proxénétisme est carrément problématique : elle assimile au proxénétisme toute aide que pourrait recevoir les putes, les empêchant de louer des appartements, vivre en couple ou en colocations mais aussi de s'auto-organiser entre elleux pour avoir des conditions de travail + décentes.
• Déjà bien précarisé·e·s par la loi de 2016, le covid a mis les TDS en PLS, le Strass a sorti un gros rapport avec plein de suggestions à courts et longs termes.

Pour tout ce qui est de la rhétorique abolo je vous recommande ++ tapotepute qui démonte tout ça avec brio :
tapotepute

Mes penchants masochistes et moi on a décider de passer un week-end à penser à l'abolitionnisme.

L'abolitionnisme c'est le mouvement politique "féministe" qui veut abolir la prostitution et la pornographie.

On ne se penchera donc pas sur les anarchistes et libertaires qui veulent abolir le travail du s*xe parce que c'est un travail et que le travail c'est nul.
Mais bien sur les arguments, statistiques et discours abolitionnistes.
Comprendre ses ennemis toussa toussa

Le "viol tarifé"
Alors on commence avec la notion de "viol tarifé"

La rhétorique abolitionniste fait comme ça : "les prostituées acceptent de coucher avec leurs clients contre de l'argent, sans argent, elles n'acceptent pas. Elles n'en ont donc pas envie, c'est donc un viol"

Selon cette idée, ce n'est pas le consentement qui compte mais l'attirance, l'envie.
Le consentement motivé par autre chose que du désir serait un "faux consentement". Une autre personne que moi peut décider si mon consentement est valable.

On a toustes nos conditions pour faire du s*xe
- "pas le premier soir"
- "pas avant le mariage"
- "seulement avec une personne avec qui je suis en couple exclusif" etc.
La mienne c'est "contre un certain tarif horaire". Mais pour les abolitionnistes, l'argent n'est pas une condition acceptable.
On arrive à cet endroit du discours abolo où il faut comprendre que pour elleux, je ne suis pas en pleine possession de mon libre arbitre. Je suis donc "forcée" par l'argent.

Mais si cette idée est un peu absurde (décider à la place des autre de s'iels consentent ou non, c'est un truc de machistes non ?), elle est surtout dangereuse.

Si quoi qu'il arrive, quand je suis avec un client c'est un viol tarifé, quand mes limites ne sont pas respectées, qu'il y a rupture de consentement ou juste viol. Ben ça compte pas, parce que depuis le début, c'était un viol.
Et c'est là qu'un discours qui prétend vouloir protéger les tds nous mets en danger.

C'est tout pour moi, je vais prendre un bain pour laver ce que j'ai lu sur des sites abolos.

Réseaux de proxénétisme
"Oui, mais les tds qui bossent en réseau, sont soumises à des proxénètes, sont victimes de traffic d'être humain ? " me chuchotent les abolitionnistes.

Alors soyons clair.e.s, si je milite pour que le travail du sexe soit reconnu c'est aussi parce que je crois que le traffic d'être humains, l'esclavage. C'est profondément mal. Et qu'il faut nommer la différence, sans cesser d'être solidaire avec les personnes exploitées.

Les abolitionnistes parlent du 1 pour cent pour qui c'est un choix, d'une élite des putes (d'où sort ce chiffre ? D'une fleshligth probablement)

Mais soyons sérieux, si c'est de l'esclavage ce n'est pas du travail. Quand un.e migrant.e récolte tes fraises de mars pour pas un rond, tu propose pas d'abolir les fruits rouges. Quand Nestlé assume avoir participé à l'esclavage d'enfants, tu boycotte même pas tes céréales pref. Quand Polanski plaide coupable pour viol sur mineure, est accusé par des enfants, t'es pas avec moi pour bloquer des cinémas.

Ce qui te gêne c'est pas l'exploitation, c'est le sexe.

Ensuite, et cela a fait ses preuves, dans les pays où le tds est decriminalisé, les taux d'esclavage sexuel chutent drastiquement.

Les mesures abolos ne protègent personne, sauf une morale blanche bourgeoise. Une culture hétérosexuelle de la honte du sexe et de la haine des corps.

Despentes disait "les putes sont les seules prolottes pour lesquelles les bourgeoises s'inquiètent", puis elle a bien raison.

"C'est une violence sexiste"
Dans un monde où l'immense majorité des clients du travail du s*xe sont des hommes. C'est un argument abolitionniste qui paraît presque pertinent.

En effet, dans un monde magique sans patriarcat ni capitalisme, le travail du sexe sans le moindre doute un autre aspect. Les métiers du soin, la construction de la médecine, l'enseignement, tout aurait probablement un autre aspect sans patriarcat.

Et je ne te dit surtout pas que je n'ai pas hâte que ça arrive (double négation waouh) Néanmoins en attendant, je voudrais bien des droits s'il te plaît.

Pour les abolos, les p*tes sont le summum de l'anti-féminisme, des traîtres à la botte du machisme. Mais sincèrement, si les métiers du s*xe sont tournés vers les sexualités masculine, c'est pas parce qu'on veut pas de client.e.s meufs et queer. C'est qu'il n'y en pas.

Tu sais comment faire pour changer le monde ça y est ?

'La majorité des TDS ont subi des violences sexuelles"
Je vais te citer une collègue et douce personne qui me suis :
"Fun fact. Les boulangères ont en majorité été violées.
Parce que c'est des boulangeres ? Non, parce qu'on vit dans un monde où les violences sexuelles sont omniprésentes. D'ailleurs, si on est dans les corrélations abusives, 100 pour cent des gens qui portent des chaussures bleues vont mourir un jour, c'est super dangereux, les chaussures bleues"

Voilà, en fait, argumenter que la plupart des tds ont subit des violences sexuelles et que c'est pour ça qu'elles se sont tournées vers le tds, c'est absurde.
La plupart des meufs, des queers, des personnes trans, des personnes non conforme au genre ont vécu des violences sexuelles.

Ça peut être une raison de se tourner vers le travail du s*xe, pour se réapproprier son corps, ses limites, son pouvoir sur la sexualité. Ça peut n'avoir aucun lien.

Et cette connexion elle est faites pour tenter de fabriquer un imaginaire de violence, de souffrance autour des tds, puis c'est juste une technique pour qu'on ai l'air de souffrir as fuck.

Alors que bon, si ce monde n'est pas follement une partie de plaisir pour les p*tes, c'est surtout parce que les abolos nous harcèlent, que les lois nous precarisent, que la putophobie nous isole.
Elle aborde également plein d'autres sujets tel que le porno ou le couple qui sont passionnants
 
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Merlu

Le troisième type, c'est moi
18 Fev 2019
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6 175
113
32
Devant ton nez
@Aesma Tes ressources sont intéressantes, c'est bien d'avoir la parole d'une concernée.

Perso, j'ai longtemps été plutôt abolitionniste parce que dans mon idée, dans une société égalitaire, le travail du sexe cesserait simplement d'exister, parce que le TDS serait un des symptômes du sexisme sociétal (ce serait donc absurde de s'attaquer à lui) et qu'on y serait poussé soit à cause de la précarité, soit à cause d'une vision peu saine de la sexualité inhérente au passif de violences sexuelles (d'où la corrélation apparente entre violences sexuelles et chute dans le TDS, mais que était de toute évidence une corrélation illusoire).

Maintenant que je lis ton message, je me sentirais un peu mal de dénigrer la parole d'une concernée. J'avais lu sur le blog de @ChatChocolaté des arguments qui me semblaient pertinents, mais après comparaison avec tes sources, c'est vrai que ça tient beaucoup moins la route.

Perso, j'ai peu d'espoir que ça change. Dans l'esprit des gens, la "pute" représente le fond du fond de la sous-humanité (c'est pas pour rien que c'est l'insulte sexiste la plus fréquente), le gouvernement n'a donc pas vraiment d'intérêt à se pencher sur le problème.
 
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Aesma

Menstruoloque
6 Jan 2019
1 840
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113
@Merlu Mec je te cite des articles ultra-précis, je fais l'effort de te renvoyer à différentes sources (2 assos de terrains + une personne concernée) et toi tu pokes une personne en me parlant de son blog. EDIT : il y a probablement des arguments tout à fait défendables sur le blog de cette rockie mais en fait si tu veux les confronter aux miens ce serait bien que tu ailles me chercher les extraits qui semblent te pertinents plutôt que de me laisser chercher par moi-même, je vais pas passer ma journée à explorer son blog pour trouver des arguments qui vont contre ce que j'ai dit au-dessus, je vais pas faire le travail d'argumentation ET de contre-argumentation : EDIT

Et vision peu saine de la sexualité ? Osecour. Parce que le sexe c'est bien que quand c'est entre deux personnes monogames de sexes opposés ? Parce que "c'est mal" de gagner sa vie en ayant des rapports tarifés ? Le sexe c'est cool ou c'est nul ? Est-ce qu'on peut faire un travail par passion et être rétribué·e pour un truc qu'on aime ? Ben j'espère, je pense pas qu'on devienne dessinateurice ou boulanger·ère alors qu'on a peur des feutres et de la pâte à pain. Est-ce qu'un travail peut être pénible et dangereux pour la santé ? Oui. Faut-il abolir tous ces métiers ? Non, mais on peut faire en sorte d'améliorer leurs conditions de travail *gros enfonçage de porte ouverte*

Comparons avec un métier qui pourrait être équivalent : la coiffure. Est-ce qu'en tant que coiffeureuse tu te dois d'aimer tou·te·s tes client·e·s ? Est-ce que c'est gratifiant de faire une jolie coupe à une personne qui repart avec le sourire ? Est-ce que si tu aimes couper les cheveux, ce n'est pas normal de te rémunérer ? Est-ce que c'est illégal de réclamer une coupe+couleur+brushing puis de partir sans payer ou en laissant un billet de 10€ ? Est-ce que tu as une vision peu saine de la capillarité vu que c'est ton métier ?
 
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Merlu

Le troisième type, c'est moi
18 Fev 2019
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Devant ton nez
@Aesma Effectivement, après comparaison attentive, ça ne tient plus vraiment la route. J'ai édité mon message, mon raisonnement était effectivement fallacieux. Je suis désolé, j'aurais pas dû débattre dans mon état de fatigue, donc en n'étant pas concentré, du coup, j'écris des bêtises.
 
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Merlu

Le troisième type, c'est moi
18 Fev 2019
1 796
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Devant ton nez
Il existe un autre terme pour désigner le féminisme «abolitionniste»: les SWERF (comme les TERF, mais en remplaçant "trans" par "sex workers").
 

Aesma

Menstruoloque
6 Jan 2019
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113
@Balor C'est du service à la personne. Tu peux bosser dans un salon ou en indépendant·e. J'ai pris cet exemple parce que ça me semblait moins tendancieux que masseur·se à priori tout le monde respecte les coiffeur·se·s.

C'est le fait qu'on utilise son sexe au lieu de ses mains et une paire de ciseaux qui te choque ? As-tu une vision peu saine de la sexualité ? :lunette:
 

Balor

T'as du feu ?
21 Fev 2019
2 388
21 145
113
Ouest lyonnais
@Balor C'est du service à la personne. Tu peux bosser dans un salon ou en indépendant·e. J'ai pris cet exemple parce que ça me semblait moins tendancieux que masseur·se à priori tout le monde respecte les coiffeur·se·s.
Violer et donner un coup de poing sont aussi deux agressions de personne. Les deux sont comparables ? :lunette:
C'est le fait qu'on utilise son sexe au lieu de ses mains et une paire de ciseaux qui te choque ? As-tu une vision peu saine de la sexualité ? :lunette:
C'est plutôt le fait de prétendre que le sexe est une activité comparable au fait de couper les cheveux qui me semble complètement absurde.
 
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Aesma

Menstruoloque
6 Jan 2019
1 840
8 792
113
@Balor Comparons avec d'autres métiers du service à la personne. Les auxiliaires de vie par exemple qui nourrissent, lavent et torchent des personnes qui ne sont pas ou plus en capacités de le faire elles-même. Les esthéticien·ne·s qui font des pédicures ou des épilations du maillot et du SIF. Les assistant·e·s maternel·le·s qui changent plusieurs couches par jour et se font régulièrement vomir dessus.

Pour le viol tu repasseras j'ai déjà donné des sources au-dessus expliquant que l'on ne pouvait pas parler de viol tarifé pour le travail du sexe vu que le point crucial est le consentement. Si tu acceptes d'être payé·e pour torcher des vieux ou des mômes pourquoi est-ce qu'on ne pourrait pas comparer ça avec accepter d'être payé·e en échange de rapports sexuels ?

Est-ce que tu veux qu'on reparte sur d'autres corps de métier ? Est-ce que tous les métiers ne sont pas bizarres ? Genre faire 15 ans d'études pour devenir chirurgien·ne et découper des gens ? - oui mais on leur sauve la vie - Être payé·e à soulever des trucs lourds jusqu'à ce qu'on ait les lombaires en miettes et que nous appelerio déménageur·se ? Passer un concours pour avoir le droit de porter une arme et tout un tas d'équipements très solides et très chers pour taper sur du personnel hospitalier qui manifestent pour + de moyens ?

La différence que tu fais c'est LE SEXE. Je ne pense pas que le travail du sexe soit + dégradant qu'un autre travail (quand c'est CHOISI) et j'aurais même tendance à penser que les putes valent mieux que les flics ou bien des hommes politiques qui sont pourtant rémunéré·e·s par nous les gentil·le·s contribuables.
 
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Ecureuille

S'émerveille du monde
2 Jan 2019
1 869
24 361
113
J'ai édité mon message
Cela fait plusieurs fois que je vois que tu édites tes messages après avoir été convaincu ou avoir compris que t'es arguments ne tenaient pas la route. Quand je lis la conversation sans savoir que ça a été édité, ça rend ma compréhension moins fluide et là en l'occurrence je n'ai pas bien compris la réaction virulente d'Aesma car ton post ne m'avait pas particulièrement interpellée. Puis j'ai lu que tu avais édité et donc j'ai compris qu'il me manquait une partie :lunette:
Est ce que à l'avenir tu pourrais plutôt "barrer" ton post initial et ajouter en dessous ton édit pour garder une bonne compréhension des threads ? :fleur:
 

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