Expliquer à son entourage pourquoi on est child-free

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Merlin

Guest
#41
@ChatChocolaté , je vais être honnête, quand il sont grands, tu perds le contrôle sur ce qu'ils font ou disent. Cette perte de contrôle s'accompagne d'un grand sentiment d'impuissance. C'est un peu déstabilisant. Tu as raison à propos des activités que tu peux faire avec eux mais ça ne dure pas vraiment. J'ai eu la chance de pouvoir consacrer une semaine par an à mon grand dés qu'il eut une quinzaine d'années et l'on partait en voyage que tous les deux (rando en Irlande, Ecosse, Bretagne, Alsace...). Maintenant, ça le gonfle...:cretin:.
Mais je digresse...cette perte de contrôle ne te permet plus que de faire du curatif quand les problèmes surviennent. je ne veux surtout pas minimiser les problèmes que l'on peut rencontrer quand les enfants sont petits, ma fille a été hospitalisée à 3 semaines et mon grand à vécu pendant des années toutes ses nuits sous une tente à oxygène...mais justement, on pouvait y faire quelque chose. Il y avait des solutions. Le chômage, les études supèrieures, les problèmes d'argent, les peines de coeur, les accidents de la route, les agressions (pour ma fille) là, tu n'y peut rien...tu les prends dans tes bras, tu pleures avec eux mais c'est tout. Je ne sais pas si je m'explique bien...
 

Melou

Tout ça c'est dans ma tête
18 Jan 2019
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#42
@Merlin Je comprends tout à fait, c'est une des raisons pour lesquelles je ne souhaite pas d'enfants. Tant qu'ils sont petits tu peux encore veiller sur eux (même si tu ne peux pas les protéger de tout, il y a toujours les maladies, accidents etc. ) Mais quand ils sont grands tu ne peux plus rien faire pour les protéger et tu revis avec eux par procuration tous les moments pas top que tu as toi-même vécu dans le passé : chagrin d'amour, rejet des autres, le stress de choisir les bonnes études, le chômage... (Et encore je ne liste que des trucs pas trop grave qui font partie de la vie mais ce serait déjà tellement au-dessus de mes forces que je ne peux pas imaginer des choses pires...) Mona Chollet l'explique très bien dans son livre "Sorcières"

@Fekete Macska ma grand-mére m'a dit "les enfants n'ont pas demandé à venir au monde" (sous-entendu : en tant que parent qui les a fait tu en portes la responsabilité et tu dois les aider toute ta vie)
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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Lausanne
#44
@Nadolig : si on te pose la question «C’est quand que… », pourquoi pas répondre en posant une question absurde en retour, comme « C’est quand que tu te fais greffer une troisième main sous l’œil ? »

Mais de toute façon, ce genre de question sur, même pas « môme ou pas », mais « môme, quand ? » sent la mise en accusation relou, et de par sa nature-même, ferme le possible débat.

J’adore la réponse sur les enfants en cage à la SPA…

Une collègue d’un jour (je faisais de l’intérim) me demande à la pause « T’as des enfants ? », je réponds direct « Pourquoi faire ? » Oh la tronche… et les rires des autres…

Et puis que penser des femmes qui n’ont élu un homme que pour qu’il devienne le père de leurs enfants… Casting de merde, ouais…

« T’as pensé aux gens qui ne peuvent pas en avoir ? », Là c’est le sommet du blues de la connerie, comme si ça corrigeait… quoi ? les statistiques ? l’injustice du hasard et de l‘univers ? Tiens ça me fait penser à ma mère qui me sortait que les petits biafrais seraient si contents d’avoir la soupe que je ne voulais pas avaler : elle est restée comme deux ronds de flan quand je lui ai tendu l’assiette en lui suggérant de la leur envoyer… on va quand même pas devenir mère porteuse, ou quoi ?

Pour le coup des deux personnes qui ont voulu un enfant, puisque nous-même on est nées… ben j’ai cette petite histoire : mes parents ont surtout voulu se sortir chacun de leur famille toxique respective. Le présé est resté sur la table de nuit, ça faisait un an qu’ils couchaient ensemble, mon père venait d’avoir son diplôme d’imprimeur, ils pouvaient se lancer seuls mais il fallait un prétexte… ma grand-mère a voulu faire avorter ma mère… et moi je suis le résultat d’un retour de couches mal géré. Bref, ma sœur est donc quelque part un être mis au monde comme on va louer un camion de déménagement – sauf qu’on peut pas le rendre à l’agence.


Comment on peut savoir que ça va être si formidable d’être mère et enfant, même à l’âge adulte ? Et si on finit par se détester, c’est quoi l’idée ? Je ne parle plus à ma mère depuis 6 ans, tellement elle est devenue méchante de ne pas avoir pu se réaliser, à cause des enfants, entre autres, et malgré un demi-doctorat de droit… jamais elle ne fait un compliment, qui ne contienne un saloperie dénigrante… et elle est aussi comme ça parce que sa propre mère l'a maltraitée, l'ayant faite, et laissée fille unique, parce que tout ce qu'elle voulait c'était avoir une reconnaissance sociale, ne plus être bonniche - le premier gentil garçon, pas trop malin, qui est passé à sa portée, hop, elle l'a chopé.

On peut ici et maintenant faire autrement que de se marier et de pondre un gniard pour devenir "quelqu'un", heureusement.
 
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