Expliquer à son entourage pourquoi on est child-free

4 Jan 2019
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#21
Après personnellement je trouve que la question la plus importante n'est pas : pourquoi tu ne veux pas d'enfants, mais plutôt : pourquoi tu en veux ?
Ca doit être tellement difficile d'élever un être humain sans trop le traumatiser/bousiller, sans répéter les schémas qu'on a eu petits, devoir s'en occuper tous les jours même quand on a 40 de fièvre, devoir pourvoir à ses besoins, faire en sorte qu'iel ait une bonne éducation, il faut pouvoir être certain aussi que si c'est un enfant voulu par les deux parents, et bien les deux parents s'investiront à 100%, je trouve qu'on ne fait pas de gosses pour les laisser se dépatouiller et démissionner de son rôle de parent, il faut accompagner l'enfant, il faut le surveiller, c'est épuisant, il faut ne pas s'oublier en tant que personne en plus de ça, ne pas oublier son couple, bref, c'est beaucoup plus difficile d'avoir des enfants que de ne pas en avoir. Alors pourquoi on ne pose jamais la question à ceux qui en veulent : pourquoi tu veux des enfants ? y as-tu bien réfléchi ? es-tu certain-e que tu ne changeras pas d'avis parce que c'est pas un chat tu peux pas le déposer à la SPA.
 

Captain Morue

Plus de première fraicheur.
2 Jan 2019
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lataniereauxlivres.wordpress.com
#22
Égoïste envers qui d'abord ?
Je pense que c'est parce qu'on choisit de se consacrer à notre propre vie plutôt qu'à celle d'un enfant.
Je pense hein, c'est très boiteux comme raisonnement mais la réflexion de base est complétement stupide, pas autant que "et t'as pensé aux gens qui ne peuvent pas en avoir ?!" mais presque :geek:
 

Kitchie

Well-known member
3 Jan 2019
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#23
@shigurette exactement quand on est en couple depuis longtemps et que la trentaine est bien entamée ça se calme. Les gens n’en pensent pas moins certainement, mais ils doivent se dire qu’ils ne peuvent plus te faire changer d’avis. D’ailleurs le « tu vas changer d’avis » devient inexistant, vu que tu as de moins en moins de temps pour changer d’avis. C’est une réponse qui est faite aux vingtenaires qui affirment haut et fort qu’elles ne voudront jamais d’enfants car de fait, dans la vraie vie certaines changent effectivement d’avis. Mais bon, l’inverse (celles qui voulaient des enfants et qui changent d’avis ensuite) existe aussi.
 
You Rock !: WQT
4 Jan 2019
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#24
@Kitchie ah non on ne te dit plus tu vas changer d'avis, mais tic toc l'horloge tourne :cretin:
(je dis ça pour rire, j'en ai pas encore fait l'expérience moi-même heureusement, mais l'horloge tourne ça devrait plus tarder ! :cretin: )
 

Blix

Member
4 Jan 2019
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#25
Moi, on ne m'a pas dit que j'étais égoïste avec le terme égoïste, mais avec un truc du genre "ah Blix et le sens du sacrifice, toute une histoire (gros soufflement)" mais je vous em******. En gros ce qui est sous-entendu, c'est pas que c'est égoiste envers un potentiel enfant mais plutôt, que cela révèle bien quand même quelque chose de ma personnalité, à savoir que je ne me sacrifie pas et que, par extension, je suis extrêment auto-centrée et dans le fond, moralement bof.

Mais...1. Qui a dit que le sacrifice était un truc positif ? (Jésus lui l'a fait, je sais...tant mieux pour lui. Ps: je ne suis pas croyante mais je cherchais un exemple. Mais qui dit en plus qu'il a pas kiffé son sacrifice à lui. Il était plutôt motivé par sa tache. Ça avait du sens pour lui). D'où on peut très bien s'arranger pour combiner son agréement/des décisions perso et une aide apportée. Ça n'enlève rien à la valeur du bien qu'on fait. C'est quoi cette idée qu'il faut s'oublier pour faire valoir une bonne action.

Et du coup 2. Si c'est vrai que je trouve l'idée du sacrifice nulle. Si spécicifiquement, je n'ai pas envie de faire du bien par la voie de la maternité, ça ne veut pas dire que je n'ai pas envie d'aider par d'autres moyens ! Ça m'énerve ! Ça me touche parce que j'ai pas envie d'être une mauvaise personne. Mais ceux qui disent ça me mette le doute. Est-ce que c'est vrai? Est-ce que le sacrifice est la bonne façon d'aider et est-ce vrai que je suis incapable de faire passer quelqu'un d'autre avant moi ? Ce à quoi je réponds que dans la réalité, non, parce que vue comment je veille sur mes frères et soeurs et ceux que j'aime, c'est vraiment injuste qu'on me dise cela. Mais justement je me dis que je devrais tendre à moins faire passer les autres avant moi justement. Je serais moins malheureuse si je me faisais plus plaisir.

Et puis enfin, c'est qui les égoistes dans l'affaire, s'ils préfèrent me voir malheureuse, pour se sentir moins seuls à faire leur sacrifice, que de me voir m'épanouir ?

Voilà. Le sens du sacrifice...en plus ce sont même pas des cathos qui me disent cela ou des gens qui vivent pleinement cette idée. Et ce sont des gens qui ne se privent pas eux de tracer leur voie. Bref.
 
Dernière édition:
4 Jan 2019
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#26
@Blix de toute façon c'est triste de vouloir des enfants par "sens du sacrifice", ça a une sacré connotation négative, ça donne super envie d'en avoir, je me sentirais trop mal si mes parents disaient m'avoir eue par "sens du sacrifice". Ah bah merci, c'est pas que vous me vouliez, c'est que vous aviez un complexe du martyre c'est ça ? C'est pas que vous m'aimez, c'est de l'abnégation pure et dure, le sens du devoir ? :eh: Je vous rappelle que je n'existais pas, que je n'ai rien demandé, et que même si je ne déteste pas la vie, j'aurais préféré ne jamais exister ? Puis c'est tellement pénible d'avoir des enfants que c'est un sacrifice ? Mais alors pourquoi les gens en font encore :eh:

Pour moi le "sacrifice" qui a du sens, et encore c'est pas du sacrifice je n'aime décidément pas ce mot, c'est quand tu fais des choses bien alors qu'elles te font du mal. Par exemple, faire du bénévolat avec des personnes âgées en hôpital si tu es sensible à la vieillesse et à la fin de vie, ou en hôpital auprès des enfants, ou dans un centre pour personnes à la rue, ou dans un organisme de protection animale, ou que sais-je encore ; tu "sacrifies" quelque part ta tranquillité, tu te chamboules l'esprit, par moments ça fait très, très mal à des endroits dont tu ignorais même l'existence jusqu'alors, pour en produire quelque chose de bien, même si toi ça te heurte et te retourne le cœur et l'esprit, tu es confronté-e à des choses que tu aurais préféré ignorer, mais tu poursuis, par sens du devoir, pour l'amour et le bien-être d'autrui, de personnes/animaux en besoin, par altruisme pour ceux qui ont eu moins de chance...

Faire des enfants par "sens du sacrifice" mais c'est tellement idiot ça me fait trop rire.
 
Dernière édition:

ChatChocolaté

Well-known member
4 Jan 2019
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#27
@Blix Perso ces notions de "sacrifice", je les trouve totalement archaïques et périmées en 2019. C'est vrai que ça infuse encore beaucoup notre société (passé judéo-chrétien bonjour :geek:), mais stop, ça n'a plus lieu d'être. Et c'est très sain de le questionner.
D'autre part, à quel moment on fait un enfant par sacrifice, ou pour se prouver (à soi-même mais surtout aux autres) qu'on est une "bonne" personne ? Ca n'a aucun sens, c'est complètement absurde. C'est même dangereux de penser comme ça. On fait un enfant par désir, par amour, par envie de transmettre, mais par sacrifice ?? Qu'est-ce qui ne va pas dans la tête de ces gens ?

(Et puis le raccourci "je fais un enfant alors je suis quelqu'un de bien / j'ai de grandes qualités morales" est tellement con. Il y a tellement de parents maltraitants, démissionnaires, abusifs, horribles, dysfonctionnels, égoïstes. Le simple fait d'avoir un gosse ne fait pas de toi une bonne personne. Ca serait un peu trop facile sinon :facepalm:)
 

Loum

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9 Jan 2019
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#28
Hello,

Je viens ajouter ma pierre à l'édifice de la childfreetude. Ma mère l'a bien pris, je crois qu'elle s'en fiche complétement à vrai dire, je saurais pas trop dire pourquoi. Je pense que c'est une des seules personnes de mon entourage à ne pas avoir eu de réaction. Pour mon père c'est autre chose il est convaincu que je changerai d'avis, pour lui la vie c'est une maison avec jardin, des enfants et un chien et il imagine pas qu'on puisse être heureux autrement je crois. Du coup il me dit toujours au détour de conversation "tu verras quand tu auras des enfants" mais arghhhh que ca m’énerve... Mais en même temps si je change pas d'avis bah il me prendra pas la tête avec ca, il aura juste du mal à admettre qu'il a eu tort.
Ma belle famille a eu un peu la même réaction "vous verrez dans quelques années vous changerez d'avis"
Mes amis m'ont demandé pourquoi mais par pur curiosité, aucun jugement de leurs coté. J'ai même une amie qui m'a dit que si elle disait vouloir des enfants c'est plus parce qu'elle ne s'était jamais posée la question et que grâce à mon "témoignage" elle se rend compte qu'en fait elle n'en veut pas....
Bref des réactions plutôt "sympas" de la part de mon entourage proche, en comparaison aux expériences de certaines dans ce topic :( . Par contre quand c'est des gens que je connais pas très bien là il peut y avoir des malaises ou réactions un peu "violentes" à l'annonce de mon non désir d'enfant. Étrangement c'est eux qui se permettent le plus de donner leurs avis alors que bon ...
Du coup j'apprends à adapter mon discours en fonction de l'interlocuteur ou même à mentir dans certains cas.
Quand je connais pas la personne j'explique les véritables raisons : aka pas de désir + ça colle pas à mon mode de vie
quand je connais moins la personne je joue la carte de la sécurité : "non mais le monde est trop pourri, ça me ferait peur de mettre un enfant dans ce monde là" => en général les réactions sont positives ou alors on me dit que justement mon enfant pourrait changer le monde, genre Gandhi
Mais j'ai l'impression, quand j'en parle à des parents, qu'une très grande majorité d'entre eux me disent "non mais moi non plus j'en voulais pas au début/ a ton age/ et puis j'ai changé d'avis. tu verras" je me demande si c'est vrai ?

Bref tout ça pour dire que c'est pas facile, et qu'avec les années ça le sera de moins en moins (je suis encore "jeune" xD)
J'aborde le sujet que si on me pose frontalement la question
 

MaryJ.Anna

Ewok à poil longs.
6 Jan 2019
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#29
En général je n'en parle que si on me pose la question. Si c'est des gens que je connais peu je me contente d'un "Nope pas envie" avec un grand sourire, en général le côté très assumé et bien dans mes baskets de ma réponse surprends et les gens me laissent tranquille :cretin:. Mes parents c'est un coup je l'accepte, un coup je t'explique quand même que 1. moi j'en voulais pas mais j'ai changé d'avis (ma mère), 2. ça change la vie quand même (mon père), 3. et ton copain il en veut pas lui ? (ma mère bis). Ce à quoi je réponds 1. on est différente, 2. c'est justement pour ça que j'en veux pas et 3. pour l'instant non et si ça change on se séparera. Les autres membres de ma famille n'en parlent pas et ça m'arrange bien. Je m'inquiète un peu vis-à-vis de ma belle-famille puisqu'ils sont très bébés et que la question m'a déjà été posé, ce à quoi j'ai répondu que c'était une question très intime. Réponse de belle-maman : on en rediscutera. :fear:

Sinon quand les gens sont très relous et que je les connais peu, je sors la carte de la stérilité (pas totalement un mensonge vu que j'ai des problèmes de fertilité reconnus et ai été porteuse d'une maladie pouvant rendre stérile pendant deux ans, disons que je doute pas mal de ma capacité réelle à enfanter mais comme on ne peut le vérifier que si on a un projet bébé je ne peux pas être sûre à 100%). Au moins c'est radical, iels arrêtent directement et je me dis qu'iels réfléchiront peut être à deux fois avant d'insister auprès de quelqu'un maintenant. :goth:

Dans l'ensemble en tant que CF je me fiche pas mal des questions et du jugement, c'est relou mais sans +. Ce que je trouve triste c'est que bien souvent le discours pro-natalité qu'on me tient est extrêmement violent pour ... les personnes infertiles/stériles voulant des enfants. :facepalm: Tous ces discours comme quoi sans la parentalité on ne peut pas s'épanouir, que c'est la plus belle chose au monde, qu'on est un monstre si on vit sans enfant etc ... autant c'est facile de s'en foutre quand on est cf (même si ça peut blesser/être relou) autant ce doit être dévastateur quand on veut mais ne peut pas avoir d'enfant. :erf: C'est ce que je trouve terrible dans les mouvement anti-childfree/pro-natalité, iels ne se rendent pas compte que ce n'est pas aux childfree qu'iels font le plus de mal. :mur:
 

Louisette_

révolutionnaire de salon
29 Jan 2019
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#31
on s'approche de la trentaine, ça fait 10 ans qu'on est ensemble avec mon mec... mais je suis prête ! haha de mon côté de la famille je l'ai toujours fanfaronné et quand on commençait à dire des "oui bon tu verras" je les coupais direct en leur disant de se sortir ça de la tête parce que non, ça n'arriverait jamais. Du coup on a jamais eu de vrai discussion mais je crois que ça a fait son chemin. Ma grand-mère en aurait pas eu non plus si elle avait été née plus tard, ça fait plaisir de la voir nous soutenir là dessus :) par contre mon papi c'est à chaque qu'il nous demande si on a perdu le mode d'emploi haha mais c'est juste qu'il aime les petits alors ça ne me froisse pas du tout :)

Côté belle-famille ça a été discuté avec la belle-soeur un peu plus jeune sans aucun accro, et j'ai bien dit à mon copain que si des questions se posaient c'est lui qui s'en chargerait, j'ai pas envie de devoir mener ce débat du côté de sa famille juste parce que je suis la meuf du couple. Comme ça la charge est répartie. Il a d'ailleurs évoqué ça avec sa mère il y a pas longtemps et apparemment elle est partie se promener pendant 2h... haha affaire à suivre
 
You Rock !: ChatChocolaté

GibbeRish

Partir pour mieux revenir
28 Avr 2019
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#32
Il est vrai que "pourquoi devrait-on se justifier de pas en vouloir??". Mais il semblerait que faire passer le message avec juste un "je n'en veux pas" ne fonctionne pas toujours :facepalm:.

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You Rock !: Cerna

Nadolig

cyberspace ace
2 Jan 2019
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#33
Avec ma mère j'essaie de faire passer le message par petites touches, subtilement. L'autre jour on discutait de ma marraine, qui a 60 ans et n'ai jamais eu d'enfants (pas par choix, mais c'est une autre histoire). Et donc j'ai dit à ma mère "j'ai de la chance d'avoir dans ma vie un modèle de femme qui a n'a pas eu d'enfants mais est épanouie dans sa vie malgré tout". Elle n'a pas vraiment relevé, mais je pense qu'elle a enregistré l'information se cachant derrière cette remarque :yawn:
 
You Rock !: Fenrir et Onirinaute

c_koi_la_suite

Aller on avance
5 Août 2019
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#34
Il y a peu, j'ai abordé le sujet avec un mec que j'hébergeais chez moi. Sa copine est enceinte alors qu'ils ne l'avaient pas prévu si tôt (ils ont genre 26 ans), donc on en arrive à parler d'envie d'enfants et je dis que je ne pense pas en avoir. Et là il me regarde avec un petit sourire en mode "oh ben ça pourra changer hein, moi j'en voulais pas maintenant à la base non plus". Ce à quoi j'ai répondu "non, pas maintenant ni plus tard". Je le vois dubitatif, donc je lui demande "est ce que toi tu te voyais vieillir vieux sans enfants ou avec?", il me répond "avec" et là j'ai mis le coup de massue "hé bien moi je me vois très bien vieillir sans". Après ça il n'a plus rien dit.

J'aurais pu être méchante mais ça ne se fait pas... Au final ça faisait trop le mec qui essayait de se rassurer de sa situation subie... Hé bien mec dans 4 mois t'es dans les couches, et moi je vais kiffer la life, hé ouais. :cretin:
 
3 Jan 2019
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#35
J'avais lu dans un bouquin sur la maternité que le réflexe, des femmes surtout, de vouloir convaincre les child free de faire des enfants c'était une façon de valider leur propre expérience de mère ou future mère. Et quand je vois la vraie colère qui se dégage de certaines femmes si on parle de ne pas vouloir d'enfant ... ben leur réaction va un peu dans ce sens là.

De mon côté en tant que célibataire je suis pas trop ennuyée hormis par ma mère. Elle veut des petits-enfants absolument et elle a du mal à admettre que sa propre fille ne lui en donnera pas. Et mon frère étant à priori célibataire aussi, ça risque de ne pas arriver tout de suite, voire jamais :lunette:
Elle commence tout juste à tolérer l'idée sauf que elle en vient à faire des parallèles ou des blagues mal placées sur le sujet

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M

Merlin

Guest
#37
Ma fille de 21 ans n'en veut pas non plus. J'espère que c'est pas moi qui lui ai mis cette idée en tête et qu'elle l'a prise en toute conscience....(je regrette pas d'en avoir mais si c'était à refaire, hum...)En fait je me demande si ça dérange pas le monde que quelqu'un ne soit pas dans un moule. Quand je dis que mes enfants ne fument pas et boivent quasiment pas en soirée tout de suite on me répond que c'est pas vrai, que je suis pas là pour contrôler etc...Childfree relève peut-être du même raisonnement...une femme DOIT avoir des enfants...un jeune adulte DOIT se bourrer la gueule le samedi...
C'est bien les enfants, hein, mais honnêtement tu passes les trois quart de ta vie à te faire du souci... et c'est pire quand ils sont grands...grands enfants, grands problèmes. je peux dire que l'adage est parfaitement exact...
Bon, je vais pas les rendre non plus...
 

Fekete Macska

Well-known member
18 Juil 2019
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Bucarest
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#38
Je vis en Roumanie, et ne pas vouloir d'enfants ici, ne pas se marier, c'est absolument aberrant pour la plupart des gens.
Pendant longtemps, j'avais le sentiment de leur devoir une explication, qui de toute façon se soldait toujours par un "ah, tu verras, vers la trentaine, ça viendra, t'en voudras" de leur part.
Mon premier déclic un jour, ça a été de comprendre, enfin, que non, je ne devais aucune explication à ces gens-là. Déjà, parce que j'en ai pas moi-même: je ne veux pas d'enfants, point. C'est un "besoin", un souhait, que je ne ressens tout simplement pas.
Au-delà de ça, j'ai bien des raisons qui me poussent encore plus à ne pas en vouloir, mais au final, elles sont là pour justifier un simple non-désir.

Pendant des années mon argument mettant fin à la discussion c'était: "ah mais je suis célibataire vous comprenez, ce serait dur toute seule". En vrai, je ne pense pas qu'il faille à tout prix être en couple pour élever un enfant, mais ça mettait un terme à la discussion.

Puis je me suis mise avec mon copain actuel, et cet argument a fait long feu. Et en plus, j'ai trente ans. Et devant le refus catégorique des gens de comprendre mon non-désir DEFINITIF d''enfants, j'ai compris que je ne devais d'explications à personne. Alors maintenant, je dis tout simplement que je n'en veux pas. Et je me borne à cette réponse jusqu'à ce que la personne d'en face change de sujet. Si jamais elle est vraiment têtue, j'assène l'argument définitif: "mon copain a des antécédents de sclérose en plaque dans sa famille." Là, on a enfin la paix.

Pour les personnes de mon âge qui expriment une réelle écoute quant à ce non-désir, j'explique que quand je pense à mon avenir, il n'y absolument jamais d'enfants dans le scénario. Il y a toujours eu un compagnon, même quand à la fin de la vingtaine j'étais au fond du trou devant l'absence intersidérale de relations. Dans mes rêves les plus fous, mes dessins seront un jour reconnus. Je verrai un jour le Machu Pichu. Et plein de rêves mégalo ou pas, impliquant d'autres personnes. Mais jamais d'enfants.

Je bataille aussi en ce moment avec une sorte de colère envers mes parents, assez injuste vu qu'ils sont adorables, qu'ils m'ont soutenue, me soutiennent, et me soutiendront toujours, qu'ils n'ont jamais questionné mes choix, et qu'ils sont donc tout à fait à l'aise avec l'idée que je ne veuille pas d'enfants - bref, des parents vraiment au top. Mais voilà: dans les moments de galère toute seule, dans les moments de dépression, dans les moments où je me fais violence pour me bouger et trouver un équilibre dans ma vie, j'arrive pas à ne pas penser que tout ça... c'est parce que deux personnes ont voulu un enfant. Qui devrait un jour se débrouiller tout seul, sans avoir jamais rien demandé. Donc clairement, j'ai du boulot de ce côté-là. Et si jamais des gens veulent toujours pas comprendre mon non-désir, même avec l'argument de la sclérose en plaque, je leur dis ça. Et je passe pour une fille indigne. Alors du coup ça ne les surprend plus que je sois un monstre de la nature ne voulant pas d'enfants :D
 

ChatChocolaté

Well-known member
4 Jan 2019
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#39
@Merlin C'est intéressant ce que tu dis parce que je me suis toujours dit qu'autant avoir des enfants en bas âge doit être particulièrement chiant, autant les voir devenir adultes doit être super cool parce qu'on peut enfin partager de vraies choses avec eux et avoir une relation moins basée sur l'autorité, le soin, la "surveillance", etc. Une relation libérée des contraintes, en somme.
C'est pour ça que le "grands enfants, grands problèmes" me laisse assez dubitative :cretin: (et peut-être aussi déçue, car le fait que les enfants finissent par grandir est le seul argument qui pourrait me faire un jour passer de l'autre côté de la barrière haha)
 

Roanne

Well-known member
4 Jan 2019
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#40
C'est pour ça que le "grands enfants, grands problèmes" me laisse assez dubitative :cretin:
Pourtant, on en parle de plus en plus, de ces trentenaires / quarantenaires / cinquantenaires tellement bignés par la vie qu'ils... retournent vivre chez leurs parents.
C'est arrivé dans mon cercle familial (associé à des trucs vraiment pas drôles) et ça, pour te pourrir ta retraite bien comme il faut, ça se pose là.
Mais ça reste un gros tabou, parce que évidemment, les grands enfants sont censés être des adultes équilibrés qui font eux-même des enfants et qui veilleront au bien-être de leurs vieux parents.
Sans parler des "grands enfants" qui n'assurent pas eux-mêmes en tant que parents et abandonnent plus ou moins la nouvelle génération chez les grands-parents... qui se retrouvent à endosser un rôle qui n'est pas le leur (aussi vécu dans ma famille). Quand tu n'as pas vraiment désiré d'enfants et que, déjà, tu ne t'es pas épanoui.e en tant que parents, et qu'en plus tu dois remettre le couvert, ça doit être un poil stressant, d'autant plus qu'à 60 / 70 ans, tu n'as clairement pas le même niveau d'énergie.