Une Rockie

Une Rockie Anonyme
25 Nov 2018
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J’aimerais partager avec toi un principe qui a littéralement bouleversé ma vie. Colère, incompréhensions, disputes, reproches à foison, grandes périodes de questionnements (« Mais qu’a-t-il/elle voulu me dire avec cet emoji burger?? ») sont désormais derrière moi.
Mes relations familiales, amicales, professionnelles et ma vie de couple se sont apaisées. Chaque problème ne m’apparaît plus que comme un tas de solutions qui n’attendent que d’être mises en place. C’est trop beau pour être vrai ? Et pourtant, la pratique de la Communication Non Violente (CNV) m’a vraiment aidée à changer ma manière de communiquer avec les autres. 
La communication non violente, c’est quoi ?
Comme son nom l’indique avec beaucoup de clarté, il s’agit d’une manière de communiquer… sans violence. Bon ok, j’explique.
Mise au point par Marshall Rosenberg, un psychologue américain, la CNV a pour but de communiquer sans nuire à la personne en face (à la poubelle, les reproches !).
Elle est développée autour...
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Dernière édition par un modérateur:

grenouilleau

Well-known member
9 Jan 2019
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C'est très intéressant, malheureusement ça n'a l'air de fonctionner qu'avec les personnes de bonne foi, dans un environnement apaisé.
Ce serait pas mal que ce genre d'article sorte dans la presse masculine, j'ai quand même l'impression que le hommes sont moins sensibilisés à ce mode de communication que les femmes, à qui on apprend cela généralement dès le berceau.

edit : (je parle de communiquer avant d'aller au conflit, pas des techniques précises citées dans l'article)
 

Luchsii

Well-known member
16 Jan 2019
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Super de sortir des articles là dessus, on n'en parle jamais assez, surtout comme dit @grenouilleau dans d'autres types de presse...
C'est génialissime avec les enfants.
Quand ma fille de 18 mois me tape, je lui dis : "quand tu fais ça, ça fait mal à maman". Ma maman, de l'ancienne école, lui dit que "tu es pas gentille". Une fois qu'on connaît la différence, on perçoit mieux la violence.
 

Merlu

Le troisième type, c'est moi
18 Fev 2019
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Devant ton nez
Et si rien ne fonctionne, que toute prise de recul est impossible, que cette relation ne nous apporte que prises de tête, reproches et tristesse… Il faudra peut-être prendre des routes séparées.
Et si on n'a pas d'autre choix que de fréquenter la personne (par exemple si c'est un collègue et que la démission n'est pas envisageable ou un parent duquel on est dépendant), il n'y a pas de solution ?
 

beapouet

Well-known member
7 Jan 2019
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Bruxelles
@grenouilleau de mon expérience : oui, ça marche mieux quand tout le monde est bienveillant mais pour ma part, ça a déjà marché avec d'odieux connards. En fait, comme c'est mentionné vite fait dans l'article, les gens qui sont dans la manipulation ou le rapport de force sont tellement surpris par cette approche de sincérité (authenticité), que ça remet un peu la relation envenimée à zéro.
Je m'explique : j'avais une relation de travail avec qui ça se passait très mal : elle me faisait souvent des reproches en déformant mes propos, avec toute ma hiérarchie en copie de ces mails virulents alors qu'au téléphone juste à deux elle ne m'en avait rien dit, des remarques passives-aggressives en réunion etc.
J'en étais malade. Quand après bien insomnies, j'ai mis mes ovaires sur la table en disant "Charlotte, je ne comprend pas ce mail que tu as envoyé, quand tu dis que mon travail n'est pas bon, je me sens dévalorisée en tant que personne, cela détruit ma confiance en moi et ne m'aide pas à m'améliorer pour ce projet" elle a été tellement surprise (elle s'attendait à un rapport de force je pense et avait déjà préparé plein de remarques désagréables à mon sujet à ressortir à mon boss si je passais par lui pour me plaindre), qu'au final elle m'a expliqué qu'elle avait énormément de pression, tant au niveau personnel que professionnel et qu'en fait c'était retombé sur moi mais que c'était effectivement pas justifié.
Bon après, j'ai quand même réussi à éviter de bosser avec elle parce qu'une semaine après cet échange, c'était reparti (c'était une psychopathe, quand même, hein !) mais bon, à court terme, j'ai vraiment eu le sentiment d'avoir trouvé le verre d'eau qui avait éteint son bâton de dynamite ^^ (et aussi j'avais le coeur qui battait à 100 à l'heure de m'être exposée comme ça à quelqu'un qui ne me voulait clairement pas du bien).
 

beapouet

Well-known member
7 Jan 2019
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Bruxelles
Absolument ! C'était moins grave après cette discussion mais ça continuait à me déranger. Mais par contre elle ne s'est jamais servie de cette interaction contre moi (ce qui, je l'avoue, me faisait très très peur). Bon, elle a fini en burn-out 2 mois après et j'ai appris qu'elle avait déménagé au Kenya encore quelques mois plus tard... donc je pense que la problématique allait plus loin que moi ^^

[Je précise juste : c'était pas ma collègue mais quelqu'un d'une autre boîte avec qui je devais collaborer pour plusieurs projets. Ce qui m'a permis de l'éviter plus facilement ensuite mais m'empêchait aussi de me plaindre aux RH pour harcèlement ou qqch de ce genre. Ca a un peu orienté ma recherche solution, c'est pour ça que je précise]
 

Ecureuille

S'émerveille du monde
2 Jan 2019
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Oui vive la CNV ! Il faudrait des spots publicitaires sur toutes les chaînes de télé, pour que tout le monde connaisse et s'y mette. C'est clair qu'entre 2 personnes "authentiques" et qui veulent vraiment trouver des solutions dans leur relation, c'est super. Quand on est face à une personne hermétique à ce type de communication, c'est plus compliqué.
Cela dit y'a beaucoup de gens qui sont entre ces deux "extrêmes" et avec qui communiquer de façon non violente peut vraiment améliorer des situations. Et une fois qu'on a montré à quelqu'un qu'on peut exprimer ce qu'on ressent, l'autre se sent libre aussi de le faire et ça pose des bases plus saines. Je pense par exemple à des réunions associatives, en ce moment je m'implique dans 2 projets associatifs et je suis un peu perplexe des "débats" où chacun veut défendre son bout de bois sans écouter les autres et sans réfléchir à comment concilier tout ça. Dans ce genre de contexte, je pense que la CNV peut aider, déjà pour que les gens se sentent écoutés, et ensuite pour faire passer ses idées en douceur. Le tout étant d'y penser, la dernière fois j'ai juste défendu mon bout de bois comme les autres :yawn:

Et je trouve que le level le plus difficile c'est de faire cette communication avec.. ma mère :halp: La dernière fois que je lui ai exposé mes ressentis, elle a juste fondu en larmes en disant avec colère qu'il était impensable qu'elle partage ses émotions car celles-ci devaient être gardées bien au fond de soi et surtout pas exposées ... :lol: Disons que y'a une belle marge de progrès !
 

GrumpyBunny

Well-known member
3 Jan 2019
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J’attend le second article avec impatience alors! C’est une méthode qui m’intrigue depuis un moment, j’ai lu ici et la des explications parcellaires et commence à essayer de le mettre en place dans mon couple. Je ne vois pas des résultats flagrants (on s’engueule peu et on a pas de personnalités très confrontationelles ) mais je ressens une fluidité nouvelle dans notre communication.
Hâte d’avoir du concret du coup!
 

Ecureuille

S'émerveille du monde
2 Jan 2019
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@Merlu je suis partagée : est ce qu'il y a TANT de gens que ça foncièrement méchants qui veulent taper là où ça fait mal ? Est ce que y'a pas plutôt une majorité de gens très sur la défensive car blessés quotidiennement par toutes les interactions "violentes" qu'on vit dans notre société ? Je pense que pour tous ces gens sur la défensive, la CNV peut apporter beaucoup de sérénité dans les relations. Pour les autres cas de gens vraiment mauvais (j'ai la chance de ne pas avoir ce type de personne autour de moi), effectivement il faut faire attention mais je crois que ça rejoint ce que dit l'article : si la personne est toxique faut s'éloigner autant que possible ou limiter le contact. Faut être à l'écoute de son for intérieur et se demander "est ce que ça vaut le coup que j'essaie de vraiment communiquer avec cette personne, en montrant ma vulnérabilité". Si la réponse est non bah faut lâcher l'affaire :dunno:
 

Mlle_fifine

Active member
9 Jan 2019
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Mais est-ce que ça ne nous met pas parfois en danger ? Ça implique tout de même de se montrer vulnérable, et plein de gens se donnent pour mission sacrée de taper sur votre talon d'achille à coups de massue dès qu'ils y ont accès.
La vulnérabilité n'est pas une faiblesse. (Ok plus facile à dire qu'à appliquer, je suis d accord). Sur le sujet, je vous conseille le TED de Brenée Brown, le pouvoir de la vulnérabilité. Elle a aussi une conférence dispo sur Netflix.
 

Hippocampe

Well-known member
27 Mar 2019
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@Merlu

Il y a différents niveaux pour exprimer ses émotions et se montrer vulnérable. Au boulot par exemple, si je dis à mon collègue : "Robert, quand tu te mets à parler super fort dans l'open-space parce que ton client t'énerve, ça me génère du stress car j'absorbe ton stress. Pourrais-tu garder ton calme ou moins hausser la voix?"

Je n'ai pas particulièrement l'impression de me montrer vulnérable. Ok je dis que ça me stresse, mais c'est pas non plus au moins de me mettre en boule pour pleurer. C'est juste une situation plutôt banale : une personne qui s'énerve en parlant fort, ça va être désagréable pour beaucoup de monde.

Et exprimer ses émotions, c'est aussi se protéger dans certaines situations : dans le cas où mon collègue fait des blagues sexuelles, et que j'ai exprimé plusieurs fois en public que ça me gêne (même sans juger son type d'humour), ça me permet d'en parler à la DRH si besoin. J'ai prévenu plusieurs fois X que ses blagues me gênent et il continue à les faire, ce n'est pas normal.

Bon, bien sur, ce sont des exemples hypothétiques et loin d'être parfaits. Mais la communication non violente ne se résume pas à mettre ses émotions à nu, pour moi c'est plutôt ne pas avoir d'a priori sur les intentions de son interlocuteur.
 

Kermance

Well-known member
17 Fev 2019
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Arcachon
Ça va avoir l'air un peu bizarre, mais pour moi, la communication non violente ressemble à de la manipulation ego-centrée.

Montrer une vulnérabilité, c'est une arme aussi, çà met de ton côté le "bon droit". Du coup, c'est une méthode, parmi d'autres, pour parvenir à obliger l'autre, n'importe quel autre, à prendre en compte ton désir, ton ressenti, TOI. Ce désir n'est pas forcément valide. On peut faire passer par la communication non violente une demande totalement wtf.

Je vais donner un exemple : imaginons que je sois la mère d'un enfant lambda, et que je considère que le fait qu'il se salisse est horrible pour moi (c'est pas le cas, c'est un exemple absurde). Je peux très bien lui dire, de façon totalement non violente : "Chou, quand tu te salis, çà me fait mal au cœur, je suis obligée de nettoyer, çà me fait du travail. C'est pas grave, mais tu comprends? C'est difficile pour moi, çà me met mal à l'aise. C'est pour çà que je préférerais que tu ne te salisses plus. Est-ce que tu peux faire çà? Ou est ce que tu préfères continuer à te salir en jouant dehors? "

Il est très peu probable qu'un enfant de moins de 10 ans réponde "oué, je préfère me salir". Il est de toute façon peu probable que quiconque réponde. Même un adulte. C'est solide, argumenté, et tu passes pour un monstre si tu dis : "oh, wait, je m'en fous de toi, je fais, et tant pis". Manipulation ultime, même si t'as tort, tu es la victime, parce que tu es vulnérable et tu gagnes des points dans le public.

Or, un gosse lambda a un peu besoin de salir ses fringues pour vivre. Il a raison, dans sa démarche de "je m'en fous, je salis mes fringues, et je sais même pas combien çà coûte, parce que je sais même pas c'est quoi l'argent". Mais la CNV permet de le ceinturer au cœur, c'est du chantage affectif.

La CNV c'est une bonne méthode de communication, si ce qu'on veut communiquer est bien. Mais faudrait songer à valider la demande, avant de valider le mode de communication. Parce qu'à tout prendre je préfère un conflit ouvert qui laisse les gens être ce qu'ils veulent, qu'un consensus empathique qui permet à quelques uns d'emmerder les autres.
 

Cactus

Aïe ! Ça pique !
2 Jan 2019
398
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C'est très intéressant, malheureusement ça n'a l'air de fonctionner qu'avec les personnes de bonne foi, dans un environnement apaisé.
Je confirme.
J'ai testé une fois par écrit avec ma mère qui s'énerve vite et la discussion était en train de tourner au vinaigre et je voulais désamorcer la situation. Comme moi aussi j'ai tendance à m'énerver vite et du coup à blesser, j'ai voulu tester la CNV afin de ne pas être blessante et du coup, afin d'éviter de l'énerver davantage. Bref, l'idée c'était que ce soit gagnant-gagnant.

J'ai pensé à faire relire mes messages par Monsieur Cactus pour être sûre du caractère non-violent parce que même s'il ne connait pas le concept de la CNV, il l'applique naturellement plus ou moins, c'est quelqu'un de plus posé et plus diplomate que moi.

Bah en fait ma mère s'est encore plus énervée et j'ai eu le droit à un flot d'insultes :lol:. Elle rageait +++. Comme si le fait de voir que moi j'arrivais à être calme et posée, ça l'insupportait.
 

Hippocampe

Well-known member
27 Mar 2019
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@Kermance

Dès l'instant que tu es dans la communication - et donc dès que tu es en société - tu fais de la manipulation.

De manière plus ou moins consciente et plus ou moins nocive, mais face à un être humain tu cherche toujours à être comprise : si tu tourne légèrement le dos et que tu évite le regard de la personne qui te fixe dans le bus, tu essaies de lui faire comprendre de façon détournée que tu veux qu'il arrête de te regarder.

Est-ce que c'est pas plus de manipulation que si tu avais été voir le mec pour lui dire "arrête de me regarder" ?

C'est pas mal en soi, faire passer ton message par du langage non verbal c'est une façon d'éviter un contact dont tu ne veux pas.

La communication non verbale c'est comme d'autres formes de communication, de rhétorique, etc. Ça peut être "bien" ou "mal" utilisé.

Mais je me sens quand même moins manipulée par quelqu'un qui exprime clairement que ce que je fais me met mal à l'aise que par quelqu'un qui va crier, soupirer, s'agiter ou m'accuser de tous les maux.
 

Kermance

Well-known member
17 Fev 2019
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53
Arcachon
@Kermance

Mais je me sens quand même moins manipulée par quelqu'un qui exprime clairement que ce que je fais me met mal à l'aise que par quelqu'un qui va crier, soupirer, s'agiter ou m'accuser de tous les maux.
Oui, je suis très d'accord avec çà. Mais dire à quelqu'un "tu me mets mal à l'aise", ce n'est pas non violent, ou en tout cas, ce n'est pas l'essence de la méthode, qui ferait plutôt dire "je suis mal à l'aise avec ce que tu dis". C'est moins frontal, et de nuances en nuances, on perd du sens.

En fait, quelqu'un qui te dirait frontalement "Tu me saoules" est plus proche de la vérité que quelqu'un qui dirait "Je me sens mal à mon aise avec ce que tu dis". Et dans le premier cas, cette personne n'implique qu'elle, alors que dans le deuxième cas, cette personne implique que tu l'as mise mal à son aise, en fait, elle te culpabilise plus.

Je ne suis pas sûre d'être claire, mais je trouve que ce mode de communication détient une violence détournée pire qu'une violence frontale.
 

Ecureuille

S'émerveille du monde
2 Jan 2019
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En fait, quelqu'un qui te dirait frontalement "Tu me saoules" est plus proche de la vérité que quelqu'un qui dirait "Je me sens mal à mon aise avec ce que tu dis".
Le but de la CNV c'est aussi d'identifier pourquoi je me sens mal à l'aise quand tu dis ça (pour reprendre ton exemple), quel besoin non comblé ça met en lumière, dans l'idée que si je suis mal à l'aise c'est parce que ça touche quelque chose en moi (une blessure) et qu'en soi, le malaise vient de moi et de la façon dont j'interprète ce que tu dis.
Je pense que communiquer en CNV ça part aussi d'une recherche personnelle sur soi, comprendre que mes émotions m'appartiennent, tout comme ma réaction à une situation. Ça demande aussi un gros travail d'introspection. Alors évidemment on peut ne faire le truc qu'à moitié et juste rester dans la culpabilisation de l'autre et vouloir imposer ses ressentis, mais pour moi là on perd l'essence de la CNV et on peut plus appeler ça comme ça.

Pour l'exemple de la mère et des vêtements sales, pour moi elle devrait identifier pourquoi ça la fait chier que son enfant se salisse, peut être qu'elle choisit les vêtements avec soin et y attache de l'importance, et peut être qu'elle ne se sent pas respectée quand son enfant se salit. Une solution possible serait de proposer à l'enfant d'utiliser des vêtements qui ne craignent pas pour qu'il puisse avoir la liberté de se salir et que sa mère lâche prise sur le sujet.
Mais encore une fois faut que l'intention de départ soit de trouver une solution qui convienne aux 2 personnes sinon effectivement c'est juste une jolie manière de faire du chantage affectif. :lunette: