Espace de réflexion et de soutien pour les personnes trans

7 Jan 2019
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#21
J'ai l'impression qu'il y a beaucoup de personnes cis pour qui "je suis un homme (une femme)" veut dire "j'ai un pénis (un utérus/des seins)" et/ou "on m'a dit que j'étais un homme (une femme)" et/ou "je correspond aux clichés/critères masculins (féminins)". Quand on leur demande ce qui fait d'iel un homme ou une femme, ce qui fait qu'iels se sentent homme ou femme, la réponse c'est "j'ai tels organes génitaux" ou "on m'a toujours dit que je suis de tel sexe donc je le suis"

Du coup, je suppose que la transidentité est un mindfuck complet pour elleux, et que c'est plus simple de rejeter tout d'un bloc en niant les personnes trans plutôt que de risquer de remettre en question leur conception du sexe/genre (qui n'est généralement pas différencié du coup), parce que ça pourrait vouloir dire remettre en question la façon dont iels perçoivent leur genre.
(Pas que ça rende leur transphobie acceptable, absolument pas ! Mais ça peut être une piste sur pourquoi des cis refusent l'idée même de la transidentité)
 

La Dame

Ronchonchon
2 Jan 2019
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Ailleurs
#23
Hey j'efface juste mes posts ici : pour moi y avait 0 trucs sous entendu dans mes posts mais je suis vraiment pas douée en communications écrite. Visiblement j'ai heurté des gentes. Et je ne le souhaite pas. Je laisse juste mon premier post.

Amour sur touxtes !
 

MxPineapple

Pronom : iel + neutre ou masculin
2 Jan 2019
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#24
Je viens de voir cet article sur facebook (TW transphobie/transmisogynie) qui relate le fait que JK Rowling a like un article tres transphobe sur twitter (et apparemment, c'est pas la premiere fois) :sick: Je n'avais plus tellement d'espoir sur le role de pretendue alliee LGBT+ dont elle se donnait l'image, mais je n'etais pas au courant qu'elle etait ouvertement transphobe... Ca fait quand meme bien mal au coeur de lea potterhead que je suis. Surtout qu'apparemment, il y a beaucoup de potterheads qui continuent de la defendre...
 
You Rock !: Etp, Eileen et Lou-ve

Toky

Member
11 Jan 2019
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Somewhere in east Asia
#25
Hello... Je me lance... Grosse réflexion...

Je me demandais si d'autres personnes étaient dans mon cas... Depuis le plus jeune âge j'ai été ce que notre société qualifie de garçon manqué... vers l'adolescence j'ai développé un rejet pour ma poitrine que je bandais pour sortir... J'ai appris plus tard que cela se qualifiait de dysphorie de genre... Encore aujourd'hui je ne me sens bien qu'avec des tenues les plus neutres possible ou fringues de mec et n'ai aucun intéret pour tout ce que la société associe à ce que je suis sensé être/aimer/bien faire en tant qu'être humain du sexe feminin... Mis à part que j'aime les trucs mignons. Je ne suis pas hetero mais attirée par tout-e-s potentiellement en plus pour faciliter la chose xD mais en couple depuis 6 ans avec un mec (cis het qui me donne parfois du fil à retordre) et mère d'un ptit être de 1an qui a enfin donné un peu de sens et une utilité à ma poitrine et mon corps... Pour autant mes questionnements par rapport au genre et la transidentité restent là... Sans personne à qui en parler vraiment. Enfin mon mari mais bien que plutôt bienveillant il est loin de pouvoir comprendre ce que je vis au fond de moi.

Grace à mad j'ai découvert tant de choses et ça a remis certaines pendules à l'heure, m'a permi de mettre des noms sur des choses que j'ai vécues... Et ces temps je me demande si je ne suis pas juste une personne avec des tendances à se rebeller, aimant se dépenser physiquement, construire des meubles, aimant les fringues cools et confortables et vivre simplement sans passer des heures à se pomponner etc bref une "femme" à laquelle cette socitété ne donnaient comme boîtes que celles de la "lesbienne garçon manqué" auparavant ou actuellement du "mec" (trans mais faut éviter que ça se sache sinon yaura toujours des cons pour te "rappeler" que tu n'es pas "un vrai homme")... A quelque part je me demande si à force de voir que je ne correspondais pas à ce que la société attendait de moi en tant que "femme" j'en suis venue à refuser ce corps... et désirer en secret être un "homme"...

Mais ce corps ne m'a rien fait de mal. La société patriarcale oui. Je me dis du coup que je n'ai peut-être pas à changer (transition Femme-> homme) pour que cette fichue société m'accepte car mon corps sera enfin en adéquation avec ma personnalité, mes gouts etc selon ses critères... Mais que ce serait plutot à la société d'accepter les "femmes" sans leur imposer une façon d'être et de se montrer et sans les sexualiser. J'en viens aussi à me demander si quelquepart je fuirais mon combat de "femme" si je devenais un "homme"? Mais en même temps je ne me sens pas femme en dehors du fait que j'ai un vagin... Je suis un peu perdu.e et je me demande si je suis seul.e et comment vous avez cheminé avec votre transidentité.

Merci d'avoir lu ma tartine...
Ca fait du bien de mettre tout ça à plat...

Amour sur vous tout.e.s
Vous êtes magnifiques.
 
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5 Jan 2019
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#26
Je me demandais si d'autres personnes étaient dans mon cas... Depuis le plus jeune âge j'ai été ce que notre société qualifie de garçon manqué... vers l'adolescence j'ai développé un rejet pour ma poitrine que je bandais pour sortir... J'ai appris plus tard que cela se qualifiait de dysphorie de genre... Encore aujourd'hui je ne me sens bien qu'avec des tenues les plus neutres possible ou fringues de mec et n'ai aucun intéret pour tout ce que la société associe à ce que je suis sensé être/aimer/bien faire en tant qu'être humain du sexe feminin... Mis à part que j'aime les trucs mignons. Je suis bi en plus pour faciliter la chose
Mais ce corps ne m'a rien fait de mal. La société patriarcale oui.

Pareil.

Je me dis du coup que je n'ai pas à changer (transition Femme-> homme) pour que cette fichue société m'accepte car mon corps sera enfin en adéquation avec ma personnalité, mes gouts etc selon ses critères...
Quand tu fais une transition physique, tu passes pas de "femme" à "homme", tu changes ton corps pour que la société te traite comme elle te voit, et qu'elle te voit comme ce que tu es dedans (je sais pas si c'est clair, si c'est pas clair, dis-le moi et je reformulerai).

Je pense que dans une société où le patriarcat est aboli et où le genre et ses cases seraient des concepts tellement flous et fluides qu'un mot aurait une définition radicalement différente d'une personne à une autre, et que ces mots seraient infinis, ça serait déjà une abolition du genre.

Dans un monde parfait où toutes ces conditions sont réunies :
- sans transphobie
- plus de patriarcat et de privilèges masculins
- où les modifications corporelles sont bien acceptées
- où le genre est fluide et que cette notion est acceptée par la société
- où on n'attend plus que certains corps correspondent à certains genres
Ben je dirais que changer de corps (si on se concentre sur cet aspect) aurait à peu près autant d'importance que changer de couleur de cheveux ou d'yeux, ou faire une quelconque chirurgie esthétique. Des personnes le feront parce que ça leur plait, mais ça ne serait plus une nécessité de survie comme ça l'est actuellement, dans notre société, où le passing cis peut déterminer ton droit de vivre... Les gens ne seraient pas traités selon leur corps, mais... je sais pas, tous de la même manière ? D'ailleurs, je pense que beaucoup moins de gens changeraient de corps.
Concernant l'identité, ben comme ça serait quelque chose de très fluide et qu'on assignerait pas arbitrairement les enfants d'un genre à la naissance, le concept de cis ou de trans n'aurait en effet plus vraiment d'importance.

Le truc c'est qu'on est pas dans ce monde parfait. Dans notre monde à nous où la société est très catégorisée, on ne peut pas voir le monde sous le prisme de ce modèle. Et la question que chacun doit se poser c'est : avec quoi je suis le plus à l'aise ?

J'aime bien mon corps et j'ai envie de le garder, et qu'on me traite comme je le voudrais. J'ai plusieurs solutions : je peux changer tout mon entourage, je peux lutter pour qu'on me traite comme je le voudrais en gardant mon corps. Si ces solutions ne sont pas ou difficilement applicables (pas possible de changer son entourage, trop dangereux de lutter...), il faut que je vois ce qui est le plus important pour moi : garder mon corps, ou être traité avec dignité.

Je dirai qu'être d'un genre ou d'un autre, c'est faire sa propre recette à partir des éléments que la société désigne comme étant ceux de son genre d'assignation, s'approprier certains, en rejeter d'autres, et quand ce travail est fait, voir si on se sent plus à l'aise de rejeter ou d'embrasser l'appellation qui nous a été donnée à la naissance. Quel que soit le résultat du premier travail, c'est le second qui fait que l'on est d'un genre ou d'un autre. Je ne pense pas qu'on soit essentiellement d'un genre, car je ne crois pas qu'il y ait des essences de quoi que ce soit.

Dans mon cas, le "elle" m'a toujours paru bizarre, et je ressentais une très grande joie quand on me disait "monsieur", "jeune homme". Je ne le savais pas, mais cela s'appelle l'euphorie de genre. J'ai fait le premier travail que je décris (je crois que tu l'as fait aussi), et en arrivant au second, j'ai réalisé que j'étais plus à l'aise en rejeter l'appellation que mes parents m'ont assigné. Peut-être que pour toi, tu seras plus à l'aise en embrassant cette assignation après en avoir rejeté tous les éléments. Quoi que tu fasses, je pense que c'est légitime, car comme je l'ai dit, il n'y a pas d'essence.
 
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Toky

Member
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Somewhere in east Asia
#27
Pareil.



Quand tu fais une transition physique, tu passes pas de "femme" à "homme", tu changes ton corps pour que la société te traite comme elle te voit, et qu'elle te voit comme ce que tu es dedans (je sais pas si c'est clair, si c'est pas clair, dis-le moi et je reformulerai).

Je pense que dans une société où le patriarcat est aboli et où le genre et ses cases seraient des concepts tellement flous et fluides qu'un mot aurait une définition radicalement différente d'une personne à une autre, et que ces mots seraient infinis, ça serait déjà une abolition du genre.

Dans un monde parfait où toutes ces conditions sont réunies :
- sans transphobie
- plus de patriarcat et de privilèges masculins
- où les modifications corporelles sont bien acceptées
- où le genre est fluide et que cette notion est acceptée par la société
- où on n'attend plus que certains corps correspondent à certains genres
Ben je dirais que changer de corps (si on se concentre sur cet aspect) aurait à peu près autant d'importance que changer de couleur de cheveux ou d'yeux, ou faire une quelconque chirurgie esthétique ou changer sa couleur de cheveux. Des personnes le feront parce que ça leur plait, mais ça ne serait plus une nécessité de survie comme ça l'est actuellement, dans notre société, où le passing cis peut déterminer ton droit de vivre... Les gens ne seraient pas traités selon leur corps, mais... je sais pas, tous de la même manière ? D'ailleurs, je pense que beaucoup moins de gens changeraient de corps.
Concernant l'identité, ben comme ça serait quelque chose de très fluide et qu'on assignerait pas arbitrairement les enfants d'un genre à la naissance, le concept de cis ou de trans n'aurait en effet plus vraiment d'importance.

Le truc c'est qu'on est pas dans ce monde parfait. Dans notre monde à nous où la société est très catégorisée, on ne peut pas voir le monde sous le prisme de ce modèle. Et la question que chacun doit se poser c'est : avec quoi je suis le plus à l'aise ?

J'aime bien mon corps et j'ai envie de le garder, et qu'on me traite comme je le voudrais. J'ai plusieurs solutions : je peux changer tout mon entourage, je peux lutter pour qu'on me traite comme je le voudrais en gardant mon corps. Si ces solutions ne sont pas ou difficilement applicables (pas possible de changer son entourage, trop dangereux de lutter...), il faut que je vois ce qui est le plus important pour moi : garder mon corps, ou être traité avec dignité.

Je dirai qu'être d'un genre ou d'un autre, c'est faire sa propre recette à partir des éléments que la société désigne comme étant ceux de son genre d'assignation, s'approprier certains, en rejeter d'autres, et quand ce travail est fait, voir si on se sent plus à l'aise de rejeter ou d'embrasser l'appellation qui nous a été donnée à la naissance. Quel que soit le résultat du premier travail, c'est le second qui fait que l'on est d'un genre ou d'un autre. Je ne pense pas qu'on soit essentiellement d'un genre, car je ne crois pas qu'il y ait des essences de quoi que ce soit.

Dans mon cas, le "elle" m'a toujours paru bizarre, et je ressentais une très grande joie quand on me disait "monsieur", "jeune homme". Je ne le savais pas, mais cela s'appelle l'euphorie de genre. J'ai fait le premier travail que je décris (je crois que tu l'as fait aussi), et en arrivant au second, j'ai réalisé que j'étais plus à l'aise en rejeter l'appellation que mes parents m'ont assigné. Peut-être que pour toi, tu seras plus à l'aise en embrassant cette assignation après en avoir rejeté tous les éléments. Quoi que tu fasses, je pense que c'est légitime, car comme je l'ai dit, il n'y a pas d'essence.
Merci beaucoup ETP. Ce que tu as écrit est très clair et ça m'interpelle. Oh et tu m'apprends quelquechose avec l'euphorie de genre. J'ai aussi vécu ça haha. J'étais happy qu'on me refuse l'entrée des wc des femmes parfois. X'D Je vais creuser tout ça. Merci encore.
 
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Clavicule

Guest
#28
@Toky Je rejoins un peu @Etp sur la question à se poser, avec quoi je suis le plus à l'aise, et surtout : qu'est-ce que je veux là, ici, et maintenant. Ce ne sont pas non plus des questions faciles, mais elles ont l'avantage de diriger non pas vers l'identité mais vers les choses à faire (ou ne pas faire) pour être au mieux (vis-à-vis de soi mais aussi vis-à-vis des autres). C'est comme ça que j'ai pu débloquer des démarches comme acheter un binder, changer de prénom et essayer les hormones. Ce que je suis, je n'en sais foutre rien (mais y a d'autres choses qui parasitent ma perception de moi-même aussi).

Et puis, surtout, je me laisse le droit de changer d'avis. C'est pas forcément évident, mais il y a beaucoup de choses réversibles (dès qu'on va côté hormones et opérations, c'est bien de se renseigner sur les effets définitifs et ceux qui ne le sont pas). Je me laisse le droit de changer d'avis plusieurs fois. Là, j'ai arrêté les traitements hormonaux et les démarches administratives. Je pourrai les reprendre si je veux.

Bon par contre j'ai jamais eu le moindre passing de mec :shifty:
 

Antioche

Las Fritas Barricadas
3 Jan 2019
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#29
Coucouuuu, question du jour : ça coûte gavé cher les binder non ? Vous avez une solution alternative pour des petits petits budgets ?
 
You Rock !: MxPineapple

MxPineapple

Pronom : iel + neutre ou masculin
2 Jan 2019
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#31
@Antioche : Oui, c'est vrai que ca coute cher :sweatdrop: Va voir sur les groupes de soutien trans sur FB, il y a de temps en temps des mecs trans qui se sont fait operes et qui du coup revendent (ou meme donnent) leurs binders, souvent moins cher. Sinon, si tu sais coudre, j'avais trouve un guide pour en coudre un soi-meme.

Edit: Ah et GC2B a des reductions de temps en temps, ca demande de garder un oeil sur leur site mais ca peut etre une solution aussi!
 
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La Dame

Ronchonchon
2 Jan 2019
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#37
Je vous prie de m'excuser si la question est déplacée mais . Dans le cas où l'achat est impossible car trop cher. N'est il pas possible de comprimer le torse avec de la bande type elasro . ( avec une largeur de bande conséquente pour pas faire garrot )?
 
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Clavicule

Guest
#39
@La Dame Il faut faire un peu gaffe avec les bandes. On peut binder avec mais c'est assez difficile de le faire vraiment comme il faut (on a pas mal tendance à trop serrer et c'est dangereux), et si possible éviter de le faire trop souvent / sur de longues durées. Y a aussi des techniques avec du scotch ou des choses comme ça, mais pareil, c'est à utiliser avec parcimonie si on en a la possibilité.

Après je sais que certains font des cagnottes pour financer l'achat d'un binder, je ne sais pas si ça fonctionne très bien mais comme on est sur des sommes pas trop importantes (compter environ 50€ pour un GC2B avec les frais de port), c'est sans doute plus facile que pour d'autres choses.
 

La Dame

Ronchonchon
2 Jan 2019
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#40
@Clavicule merci. ( je suis ancienne infirmière et il m'est arrivé de me bander le torse pour soulager des douleurs ) .
Ce n'était pas une curiosité mais juste une envie de savoir.

Je comprends le risque lié au fait que ça dure trop longtemps et de trop comprimer .

C'est très gentil d'avoir pris le temps de me répondre