Espace de discussion parents / childfree

Viens raconter ton histoire sur Rockie !

ChatChocolaté

Well-known member
4 Jan 2019
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Je suis super agacée par la discussion en cours sur le topic des CF (exceptée une intervention hyper posée et factuelle qui remet bien les choses en place).
Je résume en gros, mais le fond c'est "des tas des femmes font des enfants sans réellement se poser de questions et s'étonnent après que ce soit difficile". En fait, c'est surtout la première partie de la phrase qui me hérisse profondément le poil, probablement parce que ça résonne très très fort en moi. Je fais partie de la race honnie/mythique des CF-qui-ont-changé-d'avis :cretin:, hyper tard d'ailleurs, mais bref, c'est un fait. Et je peux vous dire que la question d'avoir un enfant a été absolument pesée et soupesée sous TOUS les angles (c'est même allé jusqu'à "si je dois sauver mon chat ou mon hypothétique enfant, qui choisir?"). Honnêtement, est-ce qu'un parent ici sur le forum peut dire qu'il a fait des enfants sans y réfléchir, comme ça, pour passer le temps? Même dans le cas des accidents, il y a, j'imagine, une période de réflexion non? Enfin je ne sais pas, mais si on lit les posts, on est plein totalitarisme nataliste
J'arrive après la bataille, mais perso quand j'écris que beaucoup de gens font des enfants sans réfléchir, je ne pense pas du tout qu'aux "femmes", je pense… aux femmes ET aux hommes. Aux couples, si tu préfères. Même si, effectivement, peut-être que les femmes y réfléchissent moins parce qu'elles sont soumises à une pression d'enfer, et ce dès leur plus jeune âge. On nous fait croire qu'il y a une sorte de déterminisme : t'es une femme, tu fais des enfants, point barre. Idéalement dans une fenêtre temporelle stricte, c'est à dire entre 25 et 35 ans, après le mariage et le sacro-saint CDI. Ca fait beaucoup d'énergie à dépenser pour s'assurer de bien "cocher toutes les cases", bien respecter toutes les étapes, et c'est autant d'énergie en moins pour réfléchir profondément à ses PROPRES envies. Et puis, mine de rien, c'est pas facile de remettre en cause le modèle normé qu'on nous vend depuis toute petit.e comme étant le seul valable.

Ensuite, je trouve toujours ça un peu bizarre qu'on se sente personnellement visé.e par des généralités :cretin: Je ne doute pas que TU aies longuement mûri ta décision. Mais quand on dit "les gens ont tendance à ne pas réfléchir plus que ça et à suivre le troupeau / à faire leurs choix par mimétisme social", c'est juste une grosse généralité tirée de nos observations, on ne parle pas de TOI en particulier ni des gens du forum (qui sont d'ailleurs loin d'être représentatifs de la population, à mon avis). C'est un fait : on est dans une société qui nous vend un seul et unique modèle de "vie d'adulte convenable", et ce modèle inclut le fait d'avoir des enfants. On est tellement conditionnés depuis la naissance, qu'on finit par intégrer ces normes et les faire prévaloir, parfois, sur nos envies profondes. On finit par croire qu'il faut respecter des étapes, décrocher un CDI, se marier, faire des enfants, que c'est comme ça qu'on deviendra adulte, que c'est la clé du bonheur, d'ailleurs pourquoi pas nous si tout le monde le fait ? C'est pas une critique. C'est juste une constatation. L'être humain a un profond besoin de reconnaissance sociale, et ça passe souvent par le respect des normes.

Mais c'est aussi un fait : j'observe beaucoup, je lis beaucoup, et OUI, je vois pas mal de gens se lancer dans la parentalité parce que c'est "comme ça". Parce que c'est "l'âge". Parce que c'est la prochaine étape du parcours. Le conditionnement social est très fort, et c'est difficile de s'en extirper. Combien de fois j'ai lu (sur ce forum, ou ailleurs) : "j'avais envie d'un enfant, je voyais toutes mes copines / mes collègues tomber enceinte et ça m'a donné envie, mais j'étais loin d'avoir réfléchi à tout ce que ça implique, et si je m'étais vraiment posée pour faire le point sur mes envies profondes, j'aurais sûrement fait un autre choix, ou a minima attendu un peu" ?
C'est un peu comme mes copines (assez tradi, cela dit) qui raisonnent en termes "d'âge" et qui m'ont sorti l'autre jour : "bah tu sais il va falloir s'y mettre, on a plus l'âge d'avoir des enfants que de ne pas en avoir" (on a 27 ans pour info, je trouve ça tellement jeune encore :yawn:) Falloir s'y mettre. Tu la sens, la bonne grosse injonction sociale ?

Et ce genre de discours, je l'ai déjà entendu plusieurs fois. Il ne faut pas sous-estimer la puissance des normes, et ça vaut aussi pour plein d'autres trucs, pas seulement pour les gosses ! Ca ne veut pas dire que tous les parents le sont devenus sans réfléchir, ou juste parce qu'il "fallait" le faire, pas du tout.

PS : pour le "totalitarisme nataliste", tu le tournes comme un sarcasme, mais même si je n'irais pas jusqu'à employer ce terme, on est clairement dans une société nataliste, avec tout le sexisme crasse qui en découle, et je trouve ça assez malhonnête de le nier :nerd:[/QUOTE]
 

CCCC

He who invented autocorrect should burn in hello
20 Jan 2019
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Merci pour cette conversation intéressante. Les questions "Pourquoi décide-t-on d'avoir un enfant?" et "quelles sont les raisons légitimes de vouloir / d'avoir un enfant?" ne sont pas simples.
Je me sens très bizarre quand on me dit "il y a des gens qui n'ont pas réfléchi avant de faire un gamin". Là, je suis obligée de me dire... "merde, je n'ai pas réfléchi une seule seconde."
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Il nous avait semblé évident que le prolongement de notre couple, c'était de fonder une famille. On n'a jamais discuté de "quand", mais on savait tous les deux que l'autre voulait des enfants. On n'a jamais fait de liste des "pour" ni de liste des "contre". On s'est jamais dit "il faut attendre d'avoir un vrai boulot, être proprio, etc. Par ailleurs, on ne s'est jamais sentis obligés non plus.
Par contre j'avais bien conscience des difficultés d'être parent (merci à ma grande sœur et son mari, qui ont eu 3 enfants quand j'étais encore ado, et qui a su montrer une image réaliste de la situation !)
Quand je suis tombée enceinte, notre situation professionnelle à tous les deux étaient précaire, mais c'était plus ou moins choisi. On vivait un peu en mode bohème. C'est un choix qui n'avait rien de rationnel, mais qui était relationnel. C'est vers ça qu'on voulait évoluer, tous les deux. C'est là qu'on se voyait.
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Je ne regrette aucun de mes choix.
En fait, mon expérience me fait dire que la liberté de choix ne réside pas tant dans la réflexion autour d'arguments rationnels que dans le travail sur soi qu'on fait lorsqu'on déconstruit les injonctions sociétales. Après cette deconstruction, on fait nos choix librement.
 

Bruyère

Calluna Vulgaris
3 Jan 2019
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@ChatChocolaté : tu n'es pas la première à me dire que c'est bizarre que je me sente visée, mais en fait, le principe des généralités, c'est bien d'englober tout le monde, non? Surtout que dans mon message, je commence par raconter mavie-monoeuvre pour ensuite élargir le propos en me questionnant sur les parents du forum, puis les autres en général.

Mais c'est aussi un fait : j'observe beaucoup, je lis beaucoup, et OUI, je vois pas mal de gens se lancer dans la parentalité parce que c'est "comme ça". Parce que c'est "l'âge". Parce que c'est la prochaine étape du parcours.
Je suis désolée, je n'ai aucun exemple de ce type autour de moi. Jamais je n'ai entendu une femme, de mon entourage proche ou éloigné, dire qu'elle avait fait un enfant "comme ça". Par contre, parmi mes amies proches, toutes ont avorté au moins une fois (principalement à cause d'une défaillance de contraception), preuve qu'il y a eu réflexion autour de l'arrivée de l'enfant. Parmi celles qui ont gardé/choisi de garder leur enfant, toutes étaient heureuses et toutes m'ont aussi confié avoir passé des nuits d'insomnie à se demander si c'était le bon moment, si leur couple allait durer, si elles en étaient capables....
Et enfin, dernier cas de figure, l'enfant parce que c'est l'âge. Oui, c'est une réalité, certaines se sont lancées parce que c'était le moment ou jamais, mais chez elles, le désir d'enfants était présent depuis longtemps.

Dernier point : je commence à regretter mon expression sur le totalitarisme nataliste et encore une fois, il fois être bien ignorant.e de ce qu'est le totalitarisme pour penser que cela s'applique à la politique nataliste de la France. En revanche, non je nie pas que la France a une politique très nataliste, clairement. Mais qu'on a encore le choix de faire des enfants ou non.
 

Sonea

Aime comme tu l'entends
13 Jan 2019
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Strasbourg
Une petite reflexion : je me demande aussi si le problème n’est pas qu’on essaie de rationaliser quelque chose qui, je pense, ne l’est pas. Je me trompe peut être mais en lisant les parents, et les CF j’ai l’impression que globalement ils ressentent l’envie ou la non-envie, au plus profond d’eux-mêmes et que tous les arguments qu’on peut sortir en faveur du pour ou du contre sont là pour étayer cette envie/ non envie, de se rassurer dans son choix, rationnaliser son choix envers l’extérieur mais qu’en fait la personne « le sait ». J’ai l’impression que c’est un peu comme pour le sentiment amoureux. On peut trouver des raisons de pourquoi on l’aime, mais en fait, on le sait surtout, on le sent au plus profond de nous (c’est mon impression en tout cas, je généralise probablement).
 

Carlawn

Active member
7 Jan 2019
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@Kettricken @Chaton sous-marin Oui l’appellation des mères corbeaux existent toujours en Allemagne, même si elle tend à disparaître. Mais c'est clair qu'ici, c'est encore mal vu pour une femme par exemple de ne pas s'arrêter de travailler pendant 1 an pour s'occuper de son gosse. Une mère peu présente car elle travaille beaucoup sera assez vite jugé en Allemagne. Mais bon en France, une mère sera jugée aussi si elle ne réussit pas à effectuer la "double journée" (travailler à temps plein et s'occuper des gosses et du foyer).

En fait, ça vient du principe qu'en Allemagne, l'enfant est très protégé. Quand j'explique aux Allemands que les enfants français vont déjà à l'école maternelle à partir de 3, voir 2 ans, beaucoup voit ça comme de la maltraitance. Y'a l'idée qu'il faut laisser le temps à l'enfant de se développer et ne pas lui imposer trop de choses à un si jeune âge. Donc ça nécessite que les parents soient très présents les premières années de la vie de l'enfant. Alors qu'en France, c'est largement accepté que les gosses restent jusqu'à 18 h le soir à la crèche, à l'école ou chez la nounou et ne voient leurs parents que très peu la semaine.
Certes, je pense que certaines femmes peuvent être dissuadés de faire des enfants car il n'y a pas assez de structures d'accueil pour les enfants disponibles, ou difficilement compatible avec des horaires de travail.

Mais je pense pas que ce soit vraiment la raison principale, c'est une question de mentalité et de vision générale de l'enfance. Je veux dire, si tu as absolument un désir d'enfant, irrationnel, ben tu en fais, et tu te débrouilles ensuite avec ce que tu peux niveau structures (travail à temps partiel, entourage familial etc.). Dans pleins de pays, notamment en voie de développement, y'a pas de système public de garde, pourtant les femmes font des enfants quand même. A l'inverse, en Allemagne, l'accès à l'avortement et à la contraception est plus compliqué qu'en France, mais c'est pas pour autant que ça incite les femmes à faire des gosses.

Parce qu'honnêtement, l'Allemagne aurait les moyens financiers de mettre en place des systèmes de garde comme en France. Mais y'a blocage car "un enfant épanoui doit passer du temps avec ses parents et avoir aussi du temps libre en dehors de l'école". C'est aussi pour ça que l'école et les Kita ferment plus tôt en Allemagne.

Après l'Allemagne reste un pays super conservateur en général, mais comme j'habite dans la capitale, ben forcément les mentalités sont un peu plus progressistes. Dans d'autres endroits, le discours doit évidemment être bien différent. Je pense juste que c'est admis que d'avoir des enfants, c'est une responsabilité énorme, et les gens acceptent mieux qu'en France qu'une femme ait envie de se consacrer plutôt à son travail ou à autre chose que d'élever des enfants (c'est aussi parce que l'épanouissement personnel est plus mis en valeur aussi). En France, on considère que c'est normal et simple pour la femme de travailler et de s'occuper de la maison (et en plus rester mince, attractive et faire du sport:oops:).

@Bruyère Les avantages fiscaux si tu as des gosses ou si tu te maries, c'est pas une incitation ? Après, je ne suis pas contre, je trouve ça logique, un enfant ça coûte de l'argent à la famille. Mais tout ce que l'Etat met en place en terme de politique familial (sans parler des médias qui nous rabâchent que le bonheur ultime c'est "mari, enfants, maison, CDI) n'est pas neutre et c'est bien grâce à sa politique nataliste que la France restait le pays le plus fécond de l'UE en 2019. Certes, l'Etat ne va pas te taper sur les doigts si tu ne fais pas de gosses, mais bon une femme qui n'a pas d'enfants est toujours vu comme suspecte en France, surtout si elle a un poste à haute responsabilité. J'attends le jour où en France on aura une femme sans enfants à la tête du pays, hein, c'est pas demain la veille. Niveau représentation, on est proches du néant.
Y'a encore cette vieille arrière pensée que la femme, si elle fait pas des gosses pour elle-même ou pour son mari, elle doit le faire pour que l'Etat est à sa disposition de futures travailleurs qui financeront les retraites. Sauf que la plupart ne financent rien, car le système scolaire est en train de se casser la gueule et qu'il y a un fort taux de chômage, mais ça, c'est un autre débat :rolleyes:

L'Allemagne a plein de défauts que j'ai cité plus haut, mais bon quand on regarde la pression que la France met sur le dos des mères et des enfants, c'est franchement hallucinant. Et le pire, c'est que c'est considéré comme normal, voir même comme un accomplissement.
 

ChatChocolaté

Well-known member
4 Jan 2019
99
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Je suis désolée, je n'ai aucun exemple de ce type autour de moi.
Eh bien moi j'en ai plein.
De toute évidence, nos expériences sont différentes, donc normal qu'on ne soit pas d'accord. Et on s'en fout en fait, chacun.e son opinion.
Par contre, tu dis qu'il faut être "bien ignorant.e de ce qu'est le totalitarisme pour penser que cela s'applique à la politique nataliste de la France"... Mais tu es bien la seule à avoir employé cette expression, hein :cretin: On a juste dit que oui, la France était un pays très nataliste, et oui, la notion de libre choix s'en trouve forcément biaisée.
"On a le choix de faire des enfants ou non" = bien sûr, en théorie. En pratique, les mesures incitatives et la pression sociale ont très certainement une influence sur les choix individuels (et avant qu'on ne vienne me dire : non, pas sur les miens, je ne parle pas de VOUS en particulier mais d'un système global)
 

Kettricken

Hate is always foolish, love is always wise
3 Jan 2019
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mais bon quand on regarde la pression que la France met sur le dos des mères et des enfants, c'est franchement hallucinant.
D'un côté c'est vrai. De l'autre, chez nous, c'est moi le haut salaire. Et ça aurait inenvisageable que je m'arrête de bosser un an ou deux. Et on n'a pas de grands-parents pour garder le petit. Donc je n'ai aucune idée de ce que on aurait fait dans cette situation. Je ne sais pas si j'aurais pu me permettre d'avoir un enfant. Je ne serai pas surprise que cette situaiton soit problématique pour pas mal de salariés a faible revenu

Et d'un point de vue personnel, ça me surprend toujours qu'on considère que c'est une violence faite à l'enfant que de le mettre en crèche. Je comprends totalement qu'on ne veuille pas le faire mais je trouve que ça a aussi de sacrés avantages pour l'enfant, en termes de sociabilisation, surtout pour un enfant qui n'a pas (encore) de frères ou soeurs.
Moi j'y ai été dès mes 3 mois et ça m'a réussi
 
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CCCC

He who invented autocorrect should burn in hello
20 Jan 2019
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@klifer
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Aujourd'hui, j'ai plus de recul sur un certain nombre de raisons qui nous ont poussé à avoir un enfant (y compris au niveau psy et inconscient). Ce ne sont pas forcément de mauvaises raisons.

Pour moi, pas de choix éclairé avant une réflexion préalable sur le féminisme et les injonctions de la société.
 

Bruyère

Calluna Vulgaris
3 Jan 2019
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Eh bien moi j'en ai plein.
De toute évidence, nos expériences sont différentes, donc normal qu'on ne soit pas d'accord. Et on s'en fout en fait, chacun.e son opinion.
Par contre, tu dis qu'il faut être "bien ignorant.e de ce qu'est le totalitarisme pour penser que cela s'applique à la politique nataliste de la France"... Mais tu es bien la seule à avoir employé cette expression, hein :cretin: On a juste dit que oui, la France était un pays très nataliste, et oui, la notion de libre choix s'en trouve forcément biaisée.
Et @Carlawn aussi, vu que visiblement j'ai été mal comprise. Oui, je suis la seule à avoir employée cette expression, pour me moquer, mais certaines d'entre vous semblent convaincues qu'on "en est pas si loin".
Je n'ai jamais dit que la France n'avait pas une politique nataliste, bien au contraire, j'ai juste dit que l'Etat nous laissait le choix. Mettons que je mette de côté la pression sociale (quoi que faire des enfants parce qu'un collègue et Mamie nous dit qu'il faut qu'on s'y mette, bref) et que je m'attarde sur les mesures incitatives dont tu parles Carlawn. Vous pensez vraiment que le fait d'espérer, je dis bien espérer, avoir une place en crèche et les réductions fiscales sont des injonctions fermes à la maternité, suffisantes pour que des parents se lancent? Ca vous semble pas un peu proche du "ils ont fait un gosse de plus pour les allocs?"
Ben moi, si. Je ne vois pas en quoi votre libre choix s'en trouve atteint, il y a plein de mesures incitatives dans d'autres domaines et si vous n'êtes pas intéressées, vous n'êtes pas intéressées, point. Dans une société qui conditionne à être fit, mince, performant, si vraiment le sport c'est pas votre truc, c'est pas parce que la salle à côté fait une réduc de 50% sur les inscriptions que vous allez y aller. Et pourtant, c'est 1000 fois moins d'engagement qu'un môme :cretin:.

Quand aux expériences personnelles, j'ai en effet les miennes, qui valent ni plus ni moins que les tiennes Chatchocolaté, sauf que je n'en tire pas des généralités. Et il me semble bien que vous êtes les premières bien gonflées qu'on vous taxe d'égoïstes, d'immatures ou qu'on vous assène comme une... généralité, tiens on y revient, "tu changeras d'avis" :dunno:.


EDIT : sur la représentation des femmes sans enfant dans la société, là je suis entièrement d'accord et il y a tellement à faire sur la représentation des femmes tout court...
 
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Chaton sous-marin

Well-known member
13 Jan 2019
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Autant je suis d'accord sur le fait que les gens du forum ne représentent pas l'ensemble de la population, autant cela fait plusieurs messages que je perçois une espèce d'opposition entre les gens de forum, qui ont réfléchi à la question, et les gens IRL, ces moutons, que je trouve un peu simpliste et dénuée d'humilité :unsure:C'est certainement tentant de s'étonner que beaucoup de personnes ne s'interrogent pas sur des choses qui semblent évidentes mais est-ce vraiment la bonne façon de s'y prendre pour susciter une adhésion à plus large échelle ? :unsure: Je pars un peu en HS là, désolée !

Je n'arrive toujours pas à savoir dans quelle proportion les parents se lancent uniquement par mimétisme social (Est-ce d'ailleurs possible de quantifier cela ? C'est peut-être mon goût pour les mathématiques qui fait que ça me perturbe). Je ne doute pas que ce soit encore le cas même si j'ai l'impression que ça va en s'améliorant. Je suis peut-être plus optimiste que beaucoup mais j'estime qu'il y a eu du progrès et que cela fait quelques années que les CF sont visibles (encore trop peu certes) et que mine de rien de tas de tabous sont levés. C'est peut-être ma présence relativement récente sur le forum et le fait que je lise Madz depuis pas hyper longtemps qui m'incitent à garder un certain optimiste (l"enthousiasme des débuts:cretin:).

D'un autre côté, la version pessimiste de moi-même arrive, et je me demande si l'injonction à avoir des enfants pour les femmes n'a pas été remplacée par l'injonction à en avoir mais surtout dans une fenêtre assez courte finalement (25-35 ans effectivement:)), ce tableau de l'Insee (figure 2) est d'ailleurs assez éclairant à ce niveau-là (en 2013, 64 % des mères ont entre 25 et 35 ans : Insee). Le fait que cet organisme réputé ne fasse de tableau aussi intéressant sur l'âge des pères est certainement révélateur. Je doute aussi que les mères en dehors des clous soient particulièrement saluées (c'est d'ailleurs ma seule explication concernant le peu de remarques que j'ai pour l'instant, mon âge et le fait que je sois encore étudiante )

Merci @Carlawn pour tes précisions. J'avais en tête l'exemple d'une connaissance en Bavière et les choses ont l'air d'être bien différentes à Berlin (vu les échos que j'en ai eu, je ne suis pas surprise d'ailleurs). J'ai l'impression aussi que c'est le fait que l'enfant soit particulièrement protégé qui peut soit inciter effectivement à davantage s'interroger uniquement sur son envie, soit à rajouter une dose de pression sur les mères qui doivent être à la hauteur pour protéger cet être mieux considéré (je ne connais pas les différences éducatives entre la France et l'Allemagne pour avoir une position plus tranchée).

@Kettricken @Chaton sous-marin Dans pleins de pays, notamment en voie de développement, y'a pas de système public de garde, pourtant les femmes font des enfants quand même.
Pour avoir vécu dans un pays en voie de développement, j'ai tiqué sur ce passage. Si le seul problème se limitait à la garde, ce serait beau. Le nombre d'enfants plus élevé dans ces pays s'explique en général par de multiples facteurs: accès à la contraception quasi inexistant, compliqué et cher par rapport au salaire moyen, avortement parfois illégal ou effectué dans des conditions sanitaires limites (ou cher s'il faut aller à l'étranger), mentalités parfois conservatrices, influence religieuse, mortalité infantile plus ou moins importante, rôle des enfants qui travaillent et qui permettent donc d'apporter de l'argent et j'en passe...

Je reviens en France et je suis sceptique quant aux mentions de mesures incitatives : il y a effectivement des aides et des réductions d'impôt mais nulle doute que les parents sont perdants financièrement vu la quantité de dépenses engendrée pour élever un ou des enfants !
 

Chocovore

éclair au chocolat
9 Jan 2019
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@Carlawn Je pense qu’il faut relativiser l’idée de la France comme pays de la garde collective des enfants en bas âge.

Les chiffres de DREES indiquent que 63% des enfants français de moins de 3 ans sont gardés par leur parents 18% par une assistante maternelle, 10% à la crèche, 4% par les grands parents, 2% a une garde d’enfant à domicile et 2% sont déjà à l’école. (C’est dans “j’élève mon enfant” édition 2016 à la page 156)

Je suis toujours assez estomaqué en parcourant le forum des parents de la grande proportion d’enfant en crèche vu qu’il ne sont que 10% et que quand j’ai fait une demande on m’a fait un bras d’honneur. Encore une source important du biais statistique présent ici (mais il y a souvent un gros contexte local).

Sinon pour rebondir à l’impression de @Kettricken sur la vision dure de la parentalité lorsqu’on lit la partie article à mes yeux qu’elle s’explique assez bien.
Dans l’optique de présenter une parentalité réaliste les articles et témoignages sur la difficulté sont arrivés en premier (Mais ils existent aussi dans les autres magazines parentaux comme “Parents” bien que souvent il y ait un encart “solution miracle” que je trouve souvent fort déplacé pour les parents confrontés au difficultés). Vu le nombre de “modes communs” des difficultés parentales (sommeil, alimentation,...) statistiquement presque chaque parent l’a rencontré et peut y poster son témoignage en commentaire.

La partie parents est plus nuancée mais là aussi lorsque quelqu'un exprime une difficulté, beaucoup témoignent du fait de l’avoir rencontré et que ce n’est pas le parent qui pose problème ou qui a tout loupé. (Et ça peut revenir à chaque nouvelle naissance ou inscription sur le forum)

Il pourrait y avoir des témoignages vantards du genre “bah moi je fais tout bien ça n’arrive jamais chez moi” mais visiblement c’est pas le genre de la maison. (alors qu'ailleurs ça semble plus courant):coiffe:

Pour le côté positif des enfants (même si c’est un peu réducteur) chacun d’eux l’exprime par des moyens qui me semble plus variés que les difficultés ce qui évite les réponses rebond. Par exemple mon petit citadin à développé, côtoyant en permanence des chantiers de voirie en ville, une passion pour la VRD. Mes propres connaissances et disponibilité de support aidant, j’ai pu développer sa curiosité à ce sujet. Résultat il connaît et peut expliquer certains choses et concepts que je n’ai acquis qu’une fois mon diplôme d’ingénieur en poche. Sans avoir la prétention de connaître l’ensemble des parents j’ai l’idée qu’il ne sont pas nombreux à presque tous les jours, jouer à poser des bordure de trottoirs. (Alors que j’ai rencontré, l’enfant qui ne dort pas (lorsqu’il était tout petit), celui qui ne mange pas (une fois le sommeil installé), celui qui dit systématiquement non,... tout ça avec un seul bébé)

@Chaton sous-marin J’ai fait une recherche il n’y a pas longtemps sur l'âge des pères au premier enfant, mais il n’y a pas de statistique nationale actualisée la dessus uniquement quelques études isolées souvent dans un cadre plus large que la France. (Car je pense que le fait que je soit devenu père relativement tôt fait que je n’ai jamais rencontré de pressions, mais je n’ai pas trouvé de chiffre précis). Pourtant je me targue d’être plutôt un habitué dans la recherche de statistiques.
 

Carlawn

Active member
7 Jan 2019
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@Kettricken Je comprends pas trop non plus, mais je pense que pour beaucoup d'Allemands, séparer un bébé de sa mère est vu comme un traumatisme, en France, on est beaucoup plus cool à ce niveau là. Et je trouve aussi que y'a pas mal d'avantages pour l'enfant d'être gardé par différentes personnes très tôt et souvent ils sont plus débrouillards et se développent plus vite, car ils sont forcés de s'adapter à l'autre.

@Bruyère C'est quoi le libre choix ? Je pense qu'on ne peut pas séparer le conditionnement que les petites filles ont, dès l'enfance, à s'intéresser aux bébés et aux soins à la personne, du reste des mesures de l'Etat qui prône des mesures visibles encouragent la maternité. Perso, j'ai aussi fait le choix d'exercer ce métier, mais je suis sûre que si j'avais été un homme, on ne m'y aurait pas poussé (voir on m'aurait incité à y renoncer). Et puis, le fait d'avoir été encouragé à m'occuper de ma sœur, ou de faire du baby-sitting quand j'étais jeune, ça a aussi beaucoup d'influence sur le choix de s'intéresser au travail avec les enfants.
Faut pas s'étonner que les inégalités se perpétuent, si l'Etat ne fait pas de politique efficace pour lutter contre, voir même contribue à les encourager.

@Chocovore Je connais pas trop la situation des crèches en France, mais j'imagine, que comme travailler dans cette branche est assez peu rémunéré et valorisé, ça doit être difficile d'avoir assez de personnels et de crèches pour tous, surtout dans les grandes villes. Mais si tu dis à un Français que tu as confié ton enfant à 3 mois à une crèche, personne ne sera choqué. Alors qu'en Allemagne, c'est mal vu (sauf circonstances exceptionnelles), et en général les enfants sont pris en charge plutôt vers l'âge d'1 an.
 

Chocovore

éclair au chocolat
9 Jan 2019
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93
@Carlawn Même sans aborder la question des rémunérations (même si ça compte), on est quand même sur une activité qui ne peut présenter une efficience élevée avec un taux d'encadrement de 5 à maximum 8 enfants par professionnel de la garde. Sans compter les encadrants hors personnel de garde direct, qui même à temps partiel font diminuer le ratio : infirmière, psychologue, cuisine.r.e, directeur/trice, personnel de ménage, coût du local adapté,...
Ça a déjà un coût très élevé pour un nombre de bénéficiaire faible (à la différence que ça dure en temps limité si on compare à la dépendance des personnes âgées, mais contrairement aux âgés les nourrissons ne sont pas ceux qui la plus grosse influence électorale).
Même sous perfusion d’argent public et privé les structures ont du mal à vivre sinon elles pousseraient comme des champignons à l’instar des agences immobilières vu la demande potentielle.

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You Rock !: Opale
6 Jan 2019
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(quoi que faire des enfants parce qu'un collègue et Mamie nous dit qu'il faut qu'on s'y mette, bref) .
Si la pression sociale n'était que ça on se porterais mieux. Sauf que c'est pas que ça, c'est tout un système qui fait croire que faire des enfants, c'est une case obligée dans la vie, et tout particulièrement celle d'une femme.
Ce sont les films, les livres et autres fictions ou toute histoire d'amour se solde par un enfant, qui est considéré comme la preuve d'amour ultime. Ce sont les médias qui ne parlent des CF que pour se moquer, ou prendre pitié. Ce sont les jouets nourrissons et poussettes en plastique que l'on donne aux petites filles pour les conditionner à leur futur rôle de mère. C'est dire "Quand tu as auras des enfants" au lieu "Si tu veux des enfants". Ce n'est prendre la souffrance des femmes au sérieux que lorsque leur fertilité est en jeu, voir de refuser de la soigner si ça lui retire cette fertilité. Ce sont les aides, allocs destinées aux familles seulement. C'est quand les politiques qui parlent des droits de la femme ne parlent que de droits lié à la maternité. C'est être discriminée au travail car même si tu dis ne pas en vouloir, ils sont persuadé que tu vas leur coller une grossesse/congé mat' dans le nez. Ce sont les gens qui s'offusquent des femmes qui racontant les horreurs de leur grossesse/maternité car c'est tabou, car "il ne faut pas qu'elles sachent, sinon elles ne voudront pas d'enfants". Etc.

Mamie qui saoule pour être arrière grand-mère c'est le dernier des soucis.
 

Bruyère

Calluna Vulgaris
3 Jan 2019
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@Kit-tea : tu as tout à fait raison. Je ne supprime pas cette phrase car du coup ton commentaire perdrait son sens alors qu'il est très important, mais je regrette cette phrase écrite sous le coup de l'agacement.
 
You Rock !: Kettricken et Kit-tea

Kitchie

Well-known member
3 Jan 2019
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Je suis assez effarée qu’on puisse à demi-mot contester le fait qu’il y ait une forte pression sociale qui pousse les femmes à avoir des enfants en France et a contrario le fait que les childfrees soient mal vues par la société du simple fait de ne pas choisir de procréer et se fassent attaquer de toutes parts. Le fait de dire que les gens font des enfants sans réfléchir ne signifie pas qu’ils sont à moitié idiots et qu'ils ne se sont pas réellement demandé si ils voulaient un enfant ou non et si c’était ou non le bon moment, mais plutôt que faire un enfant était quelquechose qui leur paraissait naturel (plus naturel que de ne pas en faire) et qui constituait la suite logique du couple. Ce n’est pas honteux de céder à une injonction sociale, d’aller dans le sens du vent. Croyez-moi les childfree ne tirent pas une gloire de ne pas faire comme tout le monde, on veut juste pouvoir faire nos choix en paix sans critiques ni même allusions. Personnellement des amies à moi ont été assez choquées ou du moins très étonnées quand je leur ai annoncé la trentaine approchant que je n’aurais probablement pas d’enfants. C’est ça aussi le conditionnement social, c’est ne pas mettre les 2 options (avoir un enfant ou rester childfree) sur le même plan, avec la même normalité, la même équivalence. Du coup, les childfree ont peut-être un peu tendance à se sentir persécutés je le concède, mais c’est la réalité. Moi aussi j’ai parfois l’impression que certaines personnes font des enfants sans questionner cela, sans se laisser véritablement ouverte l’option de ne jamais en avoir. @Bruyère il y a du coup moins de chances que ce soit le cas d’une ex-childfree, je ne vois pas du tout pourquoi tu t’es sentie visée. Et je parle peut-être de mon cas mais concernant ta remarque sur la catégorie honnie des ex-childfree ayant changé d’avis, il me semble que les childfree n’ont rien contre les ex-childfree qui ont changé d’avis, à condition qu’elles ne viennent pas nous expliquer qu’on n’a rien compris à la vie et que le fait d’avoir un enfant leur a ouvert les yeux sur tout ce qu’on ignore, nous, childfree.
 
Dernière édition:

schizophrenia

Well-known member
8 Jan 2019
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Hello, je préfère poster un message ici plutôt que d'intervenir sur le topic des parents. Pour le travail - je suis journaliste - je prépare un gros documentaire sur le burn-out parental. Sans jugement aucun, il s'agirait plutôt de laisser la parole aux concernées, qu'elle parlent de leur quotidien et autrre. Si vous êtes interessées par d'abord une discussion informelle, ma boîte à mp est ouverte.
 

Lion

Active member
3 Jan 2019
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Brest Bay
Hello !
J'interviens par ici, même si je ne suis ni parent, ni CF. Je suis en couple depuis deux ans et je voudrais potentiellement des enfants plus tard.
Je travaille en open-space avec cinq autres personnes, dont une maman de deux enfants. Et j'ai vraiment beaucoup de mal avec certains de ces propos.
Par exemple, hier, j'ai eu un léger désaccord avec elle : on parlait des crises des enfants dans les lieux publics. Elle considérait qu'elle ne voulait pas faire sortir ses enfants qui feraient une crise dans un restaurant car ce serait "céder au caprice de l'enfant". Elle expliquait aussi qu'elle serait extrêmement désagréable avec les personnes qui viendraient lui demander de gérer cette crise. Je lui ai répondu qu'à titre personnel, si je vais par exemple au restaurant pour me détendre, et qu'à la table d'à côté deux enfants passent le repas à hurler, j'aurais du mal à ne pas soit partir immédiatement, soit au moins avoir un regard agacé pour la famille à côté de moi.
Et la réponse qui m'a été faite ne m'a pas plu : "tu comprendras quand tu auras des enfants".

Alors soit, je n'ai pas d'enfants. Pour autant, j'ai plusieurs amis qui ont des enfants, et à ce titre je me renseigne de plus en plus sur la psychologie des enfants, je suis assidûment le forum des parents et je lis des choses sur l'éducation. J'ai tout à fait conscience qu'être parent c'est un rôle très compliqué, très complexe, et qu'on ne peut pas envisager le degré de fatigue et de responsabilité sans être passé par là.
Mais je trouve tellement dommage de couper toute discussion avec cet argument .. D'où mon post sur ce forum : les parents, vous avez aussi cette sensation que des conversations sur l'éducation des enfants (en général et pas du tout pour remettre en question vos pratiques) ne peuvent pas être possible avec des non-parents ? Les CF qui s'intéressent à l'éducation des enfants sans toutefois en vouloir, vous avez des arguments à répondre dans ce genre de discussion ?
 

Lemon Curd

Well-known member
5 Jan 2019
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@Lion non, je n’ai pas forcément cette impression. Certes, bien souvent, il y a des choses que des gens sans enfant ne comprennent pas parce qu’ils n’ont pas d’enfant. Mais tout aussi souvent des parents ne se comprennent pas entre eux, parce qu’ils ont une manière de faire différente, que leurs enfants ne fonctionnent pas pareil etc.
C’est plus une question de personne. Même si oui, il y a des choses qu’on ne comprend pleinement qu’en les vivant, ça ne vaut pas que pour la parentalité d’ailleurs.