Espace de discussion parents / childfree

Safinette

Well-known member
4 Jan 2019
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@Psyduck ce sont quels posts qui te font tiquer ?(si tu veux en mp)
C'est une vraie question pour éviter des faux pas quand je parle avec des parents ou des wannabe parents
 
You Rock !: Psyduck

Kit-tea

Well-known member
6 Jan 2019
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@Psyduck @Aesma @Acathe Je précise au cas où que je parodie les gens bien relous, pro-birth, car franchement je l'ai déjà entendu ce 'être CF c'est être malade mental', qu'il faire une en thérapie si on ne veut pas d'enfants. Ce qui discrédite à la fois lesdites maladies et les CF.
Pour moi la dépression est indépendante du désir d'enfant ou d'être childfree.
Et vouloir un enfant ne veut pas dire être un mouton non plus (surtout toi @Psyduck, j'ai vu tes précédents posts où justement tu as réfléchi et parlé de ton désir et c'est tout à ton honneur, tu feras une super mère j'en suis certaine :fleur: )
 

Ada

Ta gueule Chantal !
13 Jan 2019
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Ile de France
Je suis dépressive et childfree mais je ne sais pas si c'est lié pour moi (de façon générale ça me semble évident que non). Je sais que ça serait une grande peur si j'avais des enfants, ne pas réussir à m'en occuper quand je suis trop malade et leur "transmettre" mon mal être. Mais c'est loin d'être la seule raison, même si s'en est une très importante, et j'imagine que si le désir d'enfant était là il le resterait. C'est comme n'importe quelle maladie chronique en fait, forcément ça soulève des inquiétudes, parfois c'est un frein, mais ce n'est pas ça qui est l'origine de l'absence de désir et qui empêche de trouver des solutions si le désir est là.

@Psyduck comment une vie de famille pokemon pourrait ne pas être géniale ? :clin: Je sais que ces temps ci la mise en avant de certains modes de vie laisse penser qu'une vie tranquille, "classique" c'est tout pété mais vraiment je trouve ça cool d'avoir une vie qui nous correspond quelle qu'elle soit :fleur:
 

Aesma

Menstruoloque
6 Jan 2019
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@Kit-tea Ce que tu dis sur les thérapies CF me fait penser aux thérapies de reconversion pour les personnes LGBTQ+

En fait être CF fait partie de ton identité et ça va souvent bien au-delà d'un choix éclairé et bien plus d'un ressenti profond :lunette: Et comme pour les licornes du genre et autres genderbread on pourrait faire des petits bonhommes avec un curseur. À zéro tu serais CF comme d'autres personnes se sentent agenre ou asexuel·le et y aurait un nombre de nuances infinies entre CF et Wannabe Feodor Vassilyev.

EDIT : Et faudrait ajouter à ça la notion de fluidité, djà parce que la société nous éduque comme non-CF (et cis et hétéro) mais aussi parce que ça peut changer pour des raisons complètement indépendantes de notre volonté
 
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klifer

Machine de guerre un peu rouillée
2 Jan 2019
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www.mokumonmywrist.eu
Evidemment comme je suis en essais cette conversation m'a fortement déprimée puisque je ne suis pas prête à renoncer à ce petit deuxième (si la nature me le permet, mais c'est autre chose) mais que je conçois que la période est pourrie. En en parlant à ma mère elle m'a dit "- A la limite si tu penses comme ca t’en fais pas du tout, mais si tu en fais un, foutu pour foutu tu peux en faire un deuxieme".

Bon on se rassure comme on peut.

Pour cette histoire de dépression et de CFisme

Je pense que certaines personnes sont dépressives et que c'est pour ça qu'elles sont CF, je pense que certaines personnes sont dépressives et c'est pour ça qu'elles veulent des enfants . Il y a des gens dépressifs dont la dépression n'influence en rien le désir ou le non désir d'enfant.

Je ne pense pas que ce soit invalider qui que ce soit que de dire que les troubles mentaux peuvent parfois influencer le désir ou le non désir d'enfant. Ce n'est pas pour ça que je partirais du principe qu'une personne CF souffre d'un trouble mental et si c'est le cas je ne me dirai jamais que c'est lié, CECI DIT il existe probablement des situations ou c'est lié et ce n'est pas grave je pense.
 
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Aesma

Menstruoloque
6 Jan 2019
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@Lemon J'ai commencé à regarder ton docu sur la grève des naissances et je crois que ça me dépasse complètement. Je comprends complètement l'intention mais en fait j'arrive pas à voir autre chose qu'un sacrifice horrible pour les personnes engagées dans cette lutte.

Y a plein de type de grèves, grèves classiques avec manif, occupations des usines etc, grèves de la faim, j'avais aussi entendu parler de grèves du sexe de la part de femmes dans certains pays.

Tous ces modes d'actions ont pour objectifs d'avoir des résultats rapides et ont des conséquences, renvoie une image forte et qui interpelle. Une grève ouvrière peut bloquer un pays pendant des jours, des semaines et même des mois comme en 68 en France ou au RU avec les mineurs dans les années 80. Une grève de la faim se joue sur quelques jours à peine car la personne met en danger sa vie...

La grève des naissances ben à part te priver toi d'un désir profond je vois pas trop en quoi ça t'avance. La dynamique n'a rien de fracassante (le concept si) mais rien qui n'ébranlera vraiment la société. Pour arriver à ça faudrait un chiffre monstre, genre moins de 1000 naissances en France au lieu des 200 000 en moyenne du fait de la grève des naissances. Et en fait pour arriver à un résultat comme ça faudrait consulter tout le monde pour un happening pour que ça se fasse sur une seule année ou 2-3 sachant que la fin de la grève entrainera un pic aussi.

Je sais que certain·e·s CF ne veulent pas d'enfants pour des raisons écologiques mais iels ne rentrent pas en guerre.

Je crois en fait ce qui me dépasse là-dedans c'est que les gens du docu parlent toustes de leur envie de gosse méga intense, quand on passe CF pour des raisons écologiques/politiques ben on fait une croix sur le projet, on fait son deuil etc. Là je vois juste des gens qui crèvent d'envie de procréer mais qui mettent ça en standby en politisant le tout alors que leurs combats me semble perdu d'avance :erf:
 

klifer

Machine de guerre un peu rouillée
2 Jan 2019
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@Aesma je crois que j'ai vu ce documentaire (j'ai vu récemment un docu sur arte sur la grève des naissances donc à mon avis c'est celui là) mais je me souviens m'être dit plutôt que ces gens là ne semblaient pas avoir si envie que ça. Du coup faut que je regarde de nouveau car vos sons de cloche sont différents.

En fait je ne suis pas d'accord avec ton dernier message. Je pense que ces gens sont très courageux et que ce sacrifice, s'ils estiment qu'il est nécessaire, vaut le coup. Ne serait ce qu'à titre personnel. C'est énorme déjà de pouvoir vivre en paix avec soi même. Perso je sais que pour moi c'est encore loin d'être le cas.
Et puis si sous prétexte qu'il faut une grande quantité de gens pour qu'une action soit visible (ce qui est un fait, je te l'accorde) on ne pouvait pas agir, il y a de nombreuses actions percutantes qui n'auraient jamais commencé.
 

Aesma

Menstruoloque
6 Jan 2019
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@klifer Ah mais je dis pas qu'iels sont pas courageuxses hein ! Au contraire, je comprends complètement les personnes qui renoncent à leur désir d'enfant pour des raisons climatiques/etc. Là où je trouve ça dingue c'est que les personnes qu'on interview semblent carrément à fond dedans, j'ai pas regardé tout le docu mais j'ai écrit ce message alors qu'une meuf disait qu'elle avait envisagé tomber enceinte de son copain juste après leur rencontre et parlait de connaitre ses parents blablabla fonder une famille...

Ce qui me semble ouf c'est que dans le cas des CF y a l'abandon complet du projet et la phase de deuil, dans la grève des naissance je vois moins ça, les gens attendent un changement radical pour s'y remettre. Changement qui ne risque pas d'arriver avant plusieurs années, probablement quand il sera trop tard pour entreprendre de faire des gosses (j'ai très envie d'avoir un bébé mais si je fais la grève jusqu'à mes 50 piges ben y a moyen qu'au final je réalise pas ce rêve parce que les conditions ne me semblent plus convenables)

Complètement d'accord aussi sur le fait que c'est pas parce qu'on est seul·e au début qu'on peut pas lancer un mouvement de grande ampleur qui va changer le monde. Sauf que j'ai du mal à croire qu'une grève des naissances pourraient mener à une remise en cause du capitalisme. Déjà parce qu'une part non-négligeable de personnes continuera de faire des enfants par choix, d'autre part parce que sur les 200 000 naissances annuelles y a un certain nombre de grossesses accidentelles. Les lois sur l'IVG sont nazes, les délais sont trop courts et en tant que gréviste ce serait déjà une blessure mortelle de devoir avorter en France pour persévérer dans la lutte mais ce serait encore plus cruel d'aller jusqu'aux Pays-Bas en cas de délai dépassé, nan si j'étais gréviste et que je tombais enceinte malgré la grève ben je pourrais pas. Je me débinerais. Et la contraception n'est jamais 100% efficace. On arrivera jamais à un chiffre ouf-dingue.

Je suis complètement du côté "Je veux que cette société change, profondément, radicalement" mais j'avoue que je vois le changement passer par autre chose et j'ai envie d'avoir des gosses qui soient le moteur de ma lutte, j'ai des enfants, je veux changer le monde pour elleux et je m'en donnerais tous les moyens, je sais pas si la société est capable de changer du tout au tout mais je pense qu'en luttant on peut la rendre moins pire, y a pas de petits combats, chaque avancée même si elle ressemble à un baby step est une victoire écrasante.

EDIT : Je pars du principe que cette société est nulle mais qu'elle doit pas m'empêcher de vivre comme je l'entends. Ce qui me fait peur aussi avec la grève des naissances ce serait que l'on puisse revenir sur les droits fondamentaux des femmes et notamment l'accès à la contraception et l'IVG et ça me semble une réponse tellement plus simple et consensuelle aujourd'hui que de refonder durablement la société (d'autant que des pays comme les States ne se gênent pas de ce côté, plusieurs états profitent de l'épidémie pour fermer les centres IVG).
 
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You Rock !: Eglantine

Safinette

Well-known member
4 Jan 2019
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@Aesma henné comprends pas pourquoi tu parles de deuil pour les CF
Il n'y a pas de deuil a faire (en tout cas quand c'est un choix) d'un truc que tu ne veux pas faire ou avoir
 

Aesma

Menstruoloque
6 Jan 2019
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@Safinette Je parle des personnes CF pour des raisons écologiques "Il est hors de question d'avoir un bébé sur cette planète polluée - même si peut-être ça m'aurait plu"

Je parle pas des personnes qui n'ont jamais voulu en avoir.
 

Manea

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28 Jan 2019
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Je suis CF pour un tas de raisons et je dois dire l'argument de ne pas devoir m'inquiéter aussi pour le bien-être de potentiels enfants ces prochaines années fait partie de mes raisons. Je sais que l'histoire de l'humanité a été de tout temps chaotique et que sur certains points il y a des progrès indéniables dans les conditions de vie de certaines couches de population selon leur localisation géographiques/classe sociale et que je suis une de ces heureuses privilégiées. Mais je ne suis pas sûre de pouvoir garantir ceci à mes hypothétiques enfants. Je ne sais même pas comment les prochaines décennies de ma vie seront. Aurais-je la possibilité de continuer à vivre dans de bonnes conditions ou non? Et les défis que rencontre l'humanité en ce moment ne sont pas seulement internes mais aussi structurels - notre habitat est menacé de par nos comportements, la pandémie que nous vivons découle directement de nos modes de vie et ce n'est probablement pas la dernière et elles vont s'accélerer si on ne change rien.

Mais ça ne m'empêche pas de vouloir me battre, de faire passer des messages, de changer mon mode de vie (même si parfois je me dis que c'est une goutte dans l'océan quand je vois l'inaction de certains voir la consommation outrancière des classes qui sont au sommet de notre pyramide sociale). Et pour moi ne pas être mère, c'est aussi dégager de l'énergie et du temps pour ces combats. Je ne sais pas où je trouverais les ressources si je devais aussi élever deux enfants.

En ce qui concerne l'idée de procréer en ce moment, ce qui me dépasse le plus c'est qu'on a aucune idée combien de temps cette crise sanitaire va durer (déjà le temps de confinement nous est inconnu) et les répercussions économiques qui vont suivre (et qui sont déjà présente pour certains). Pour moi la situation me semble très floue et je pense que je vais me sentir rassurée concernant cette pandémie seulement quand des indicateurs annonçant un ralentissement durable (ou sa disparition) du virus seront là, ce qui n'est pas le cas en ce moment.
 

klifer

Machine de guerre un peu rouillée
2 Jan 2019
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@Manea mais est ce que tu as déjà ressenti un désir d'enfant ? Genre tu t'es dit que tu voudrais vraiment en avoir, ou alors bof et en plus de ça tous ces arguments (totalement recevables selon moi) ont juste soutenu une envie qui n'était de base pas présente ? Dans les gens que je connais qui ont eu des enfants, il y a ceux qui en voulaient et ne savaient pas pourquoi, c'était comme ça et ceux qui ont fini par en avoir (sans forcément le regretter) après une décision "sur le moment". Je pense que ceux la, dans un contexte différent, auraient pu ne pas en avoir.

En fait ce que je veux expliquer c'est que c'est normal que ce genre de décisions dépassent ceux qui ne ressentent pas ce désir en tant que tel.

APRES est ce que cela signifie pour autant que nous ne devrions pas lutter contre nos désirs si nous les jugeons néfastes ? Est ce que le "oui mais c'est parceque j'ai pas pu m'en empêcher." est recevable ? C'est un autre débat.
 
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Aesma

Menstruoloque
6 Jan 2019
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Du coup je sous-marinais le topic CF où ça parle de mariage et du fait que même dans les mariages civils on parlait de gosses.

Mais en fait c'était bien tout le coeur du sujet dans le débat pour le mariage pour toustes. L'égalité, la reconnaissance des couples gays et lesbiennes au même titre que les couples hétéros, la symbolique toussa c'est bien joli mais la VRAIE problématique c'était avant tout protéger les familles homoparentales où les parents non-biologiques se font lyncher la gueule H24 : le parent qui se fait refuser son droit de visite à l'hôpital quand le gosse est malade, le parent qui n'a pas le droit de signer de documents relatifs à la personne qu'iel élève, en cas de décès du parent biologique l'autre parent peut être complètement mis à l'écart de la vie de son enfant si sa belle-famille le décide, et si l'enfant devient "orphelin" l'état peut décider de le placer en famille d'accueil vu que l'autre parent, sans mariage, n'a aucun statut aux yeux de la loi (d'ailleurs dans la loi de 2013 tout le chapitre sur la filiation avait été mis de côté ce qui avait entrainé un gros scandale)

Et pour les couples hétéros, j'ai une amie qui s'est mariée il y a 1 an. Elle était déjà pacsée et je me souviens que lorsque je lui avais demandé pourquoi elle se mariait elle m'avait répondu très sérieusement que c'était pour ses enfants, elle s'inquiétait de leur avenir parce que son compagnon avait déjà eu des accidents de moto et elle m'a sorti "c'est plus rigolo d'organiser un mariage que d'écrire un testament :lunette:"

Du coup, ça me choque pas trop que la protection des gosses soient inscrites dans les textes du mariage vu que c'est une majeure partie de l'intérêt du contrat, plus que "célébrer l'amour" - qui est une notion super contemporaine. Et les textes de lois officiels me semblent vachement moins creepy que ceux que j'ai pu entendre lors de mon seul mariage religieux où ça mentionnait 15 fois le fait que mon cousin et sa meuf allaient/devaient avoir des gosses et les élevaient dans le respect des traditions chrétiennes patatipatata.
 
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Kettricken

Hate is always foolish, love is always wise
3 Jan 2019
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@klifer M. Kettricken ne veut pas d'enfant officiellement pour des raisons écologiques. Il dit qu'en avoir un était déjà une assez grosse entorse à ses principes.
Sauf qu'en vrai, je sais aussi que si on avait plus de soutien familial, un rythme de vie plus calme; qu'on était plus jeune... il en aurait un deuxième.
il m'a déjà dit que si on gagnait au lotto, la première décision pour lui serait d'arrêter de bosser et d'avoir un deuxième enfant (sans compter qu'être riche nous permettrait paradoxalement d'avoir un mode de vie plus écolo : maison autonome, temps pour faire notre potager/verger, pour faire le tour des magasins/fermes afin de privilégier les circuits courts, d'acheter tout bio...)
Je pense que son envie est là mais n'est pas aussi viscérale que pour le premier enfant, et que donc il peut faire passer ses principes avant cett envie (à voir ce qu'il dira quand notre fils aura vraiment quitté le stade bébé que M. Kettricken adore, à sa propre surprise)

Sinon, on en revient toujours à la même conclusion : il y a milles bonnes ou mauvaises raisons de vouloir ou non des enfants, et ça serait cool d'arrêter de juger les gens sur une décision aussi intime, surtout quand on ne connait pas les raisons qui la sous-tendent
 

Manea

Well-known member
28 Jan 2019
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@klifer

Pour être honnête oui, mais comme la plupart de mes projets de vie qui demandent un engagement j'ai toujours eu des clauses. Et je sais que ni maintenant ni dans le futur j'aurais les conditions qui me plairaient pour avoir des enfants. Mais par contre j'ai jamais vu la maternité comme un but en soi mais une option parmi d'autres, comme la plupart des choix que j'ai fait dans ma vie.

Je pense qu'il y a deux trois ans j'étais beaucoup plus hésitante quand à l'idée d'avoir des enfants, maintenant je suis beaucoup plus catégorique que je n'en veux pas. La situation politique et environnementale anxiogène a beaucoup contribué à ce glissement.

Peut-être que ce que je veux exprimer quand je dis que ça me dépasse ce n'est pas un jugement mais un sentiment que je ressens en ce moment. La situation actuelle me permet pas de planifier des projets beaucoup plus simples alors j'arrive pas à imaginer l'idée de tenter d'avoir un enfant. Mais tout comme en ce moment je n'achèterais pas de maison/ne déménagerais pas dans une autre région/à l'étranger etc. parce que je ne sais pas comment la situation va évoluer. Ça ne m'empêche pas d'imaginer des projets futurs mais ce sont juste des esquisses, pas quelque chose que je voudrais entreprendre en ce moment. Je suis plus dans une logique d'économiser, voir si je peux soutenir financièrement des organismes qui en ont besoin et adapter ma vie au confinement en fait.
 
You Rock !: Emeline

Serena Snape

Sugar, cream or cyanide ?
10 Jan 2019
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J'ai survolé la discussion en cours, idem sur le topic des CF, parce que j'ai l'impression qu'au fond c'est à peu près les mêmes sujets que d'habitude ("est-ce bien raisonnable de faire des enfants actuellement ?", "vous avez 3h pour décortiquer et juger la vie des autres") avec les mêmes arguments cités. Perso je ne vois pas spécialement en quoi la parenthèse virus + confinement actuelle pourrait dissuader les wannabe parents, ni en quoi ça change profondément le cours de notre siècle, de nos mentalités ou de nos vies sur le long terme (à part les retombées sociales et économiques, éventuellement).

Y'a eu des tas de pandémies avant celle-ci, bien plus meurtrières et bien moins prises en charge, sans compter des tas de drames bien plus dévastateurs, historiquement c'est loin d'être une nouveauté et ça a plus souvent abouti à un baby boom que l'inverse (pulsion de vie, besoin de projets, regarder vers l'avenir, transmettre, tout ça). En tant que CF je ressens plus de pulsions de vie en ce moment que d'habitude avec l'enfermement, je crois que je peux imaginer à peu près le besoin de se raccrocher à un tel projet même si c'est pas du tout mon truc.

Je me trompe peut-être mais je vois pas en quoi ce serait plus ou moins inenvisageable de se reproduire maintenant qu'il y a 3 mois (mais bon, c'est sans doute parce que je suis insensible au raccolage émotionnel autour du covid). Je vois pas en quoi ça conditionnera une décision de toute façon viscérale pour pas mal de gens.

Sinon pour les lois qui traitent des enfants lors du mariage, ça me choque pas spécialement. Ici je me souviens que ça nous avait fait tiquer au départ, puis on a fini par trouver ça assez logique en fait. Je l'ai pas compris comme une injonction à enfanter mais plus comme un moyen de protéger les droits des parents/enfants/tuteurs légaux avec un texte de loi prévu pour (cf le post d'@Aesma).
La vision romancée qu'on a pu y mettre en tant que couple CF (symbolisme, étalage de son amour dégoulinant au monde, officialisation, ajout de son nom à celui de l'autre) ou pratique (mieux protéger l'autre en cas de décès que si on était en concubinage "simple") (1 an après j'ai eu un accident qui aurait pu me tuer, je suis d'autant plus soulagée en sachant que tout est réglé d'avance pour mon mari si je devais disparaître du jour au lendemain), n'est pas forcément représentative de la réalité.
On avait reprécisé avec humour dans notre discours que c'était pas du tout le projet, on a fait une cérémonie rituelle personnelle ensuite sans évoquer la question enfant puisqu'elle nous concerne pas, et voilà. J'ai clairement pas ressenti de malaise par rapport à ça.

Encore aujourd'hui, beaucoup de couples se marient "pour les enfants", quoi que ça veuille dire pour eux, et les couples CF mariés sont plutôt en minorité. Donc ça me paraît pas incongru que la loi énoncée soit la même pour tout le monde suivant le profil de la majorité (de toute façon y'a pas grande émotion lors du passage à la mairie, c'est une lecture barbante d'un extrait du code civil quoi). J'y vois pas vraiment un message patriarcal pour le coup, plus de l'info sur les droits et devoirs envers les éventuels enfants que le couple marié pourrait accueillir.
 

Gringo

Anciennement Gringo
2 Jan 2019
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Je suis assez d'accord avec ce qui a été dit "si tu n'a pas un gros désir d'enfant, la situation actuelle renforcera tes convictions" et "si t'as un vrai gros désir d'enfant, la situation actuelle n'y changera rien". Par contre vu que là on navigue à vue notamment d'un point de vue économique, je me dis que repousser de 4 à 6 mois le projet bébé, histoire de voir si on ne va pas perdre son emploi dans la bagarre, ça peut être une bonne idée.

@Serena Snape Je ne pense pas que l'on puisse dire qu'à chaque pandémie il y a eu un babyboom en retour. Je sais qu'après la 1ère guerre mondiale et la grippe espagnole il y a eu une recrudescence des naissances à cause d'un politique nataliste (l'avortement est toujours interdit et la propagande contraceptive (préservatif inclus) est assimilée à l'avortement en 1920), mais ce n'est pas hyper notoire:
-en 1905 on est à 2.11% de taux de natalité, 1.98% de taux de mortalité et un taux de fécondité de 2.71 enfants par femme.
-en 1915 on tombe bien entendu à 1.19% de TdN, 1.84% de TdM et 1.52 de TdF
-en 1920, on est à 2.15% de TdN, 1.74% de tdM et 2.69 de TdF
On est juste revenu aux chiffres d'avant la guerre en fait.

Par contre après la 2nde guerre mondiale, le babyboom est visible: les taux avaient chuté régulièrement entre 1920 et 1940, mais en 1950 on retrouve le taux de natalité et de fécondité de 1910, sans le taux de mortalité qui lui continue de baisser! Ce baby boom peut s'expliquer par d'autres causes que juste par une pulsion de vie: l'avortement est carrément passible de la peine de mort et la contraception n'est toujours pas autorisée. La médecine et la production agricole avancent (donc moins de mortalité infantile), il y a un bourrage de crâne politique sur le merveilleux de la femme au foyer et est associé à ça une confiance en l'avenir avec le plein emploi et le confort de vie qui augmente tous les jours.

Si on remonte plus loin, j'ai vu les chiffres de la peste noire (30 à 50% des européens morts sur 5 ans): il a fallu 3 siècles à l'Europe pour ravoir la même démographie qu'avant la peste. Trois siècles ce n'est pas un babyboom, c'est une remontée très progressive de la natalité.
J'ai aussi fouillé pour avoir les plus grandes épidémies mondiales moins connues qui ont touché la france récemment: il y a le choléra entre 1848 et 1849 qui a fait 100 000 morts (sur une population d'environ 36 000 000) puis entre 1953 et1954 qui refait 143 000 morts. Entre 1860 et 1870 le taux de fécondité a été en moyenne à 3.49 avec un pic max à 3.55 en 1867 et un minimum à 3.4 en 1860. J'ai vu passer en faisant mes recherches que la deuxième moitié du 19ème siècle était plutôt en baisse au niveau démographique, que les naissances ne rattrapaient pas les morts.
(Franchement pour tout ce qui se passe avant 1800 je ne pense pas qu'on puisse comparer: entre la mortalité infantile (50% des décès étaient des enfants), les guerres, les famines, la chasse aux sorcières, l'absence de contraception et le manque de données démographiques, c'est beaucoup s'avancer que de dire que les couples faisaient des enfants par envie viscérale et pour mettre du bonheur autour d'eux. Ils pouvaient aussi faire des enfants pour avoir de la main d'oeuvre pour les champs, parce que le sexe c'est cool, parce qu'il faut remplacer ceux qui viennent de mourir d'une tuberculose, parce que le bon Dieu l'a dit, parce que la retraite c'est ses enfants, etc (des considérations très terre à terre, donc).

Je te rejoins par contre sur l'épidémie que l'on vit: je ne pense pas non plus que ça va changer fondamentalement notre natalité si l'on arrive à maintenir l'épidémie à un niveau raisonnable et si l'économie n'est pas trop impactée. Par contre si ça dégénère, il faudra voir ce qu'il sera mis en place d'un point de vue politique: si on a un recul de nos droits avec une politique nataliste, oui il y aura un babyboom (mais pas forcément dû au fait qu'on veuille se reproduire, mais du fait qu'on nous empêche de ne pas nous reproduire), s'il n'y a pas de reculs de nos droits je serais curieuse de voir ce que ça donnera: pour le coup ça sera la première fois de l'histoire qu'on pourra voir ce que donne une catastrophe d'une échelle mondiale associée à un contrôle de notre fécondité et avec un avenir incertain (le changement climatique et la fin du pétrole étant toujours là).