Enfants uniques : vécus, expériences, témoignages...

Vagabonde

Well-known member
3 Jan 2019
1 970
14 722
113
#21
Je ne suis pas enfant unique mais mon mari est quasi enfant unique. Il a 15 ans d'écart avec sa sœur, ce qui pour nous, les rends plus ou moins tout les deux enfants uniques car ils n'ont pas vraiment partagé leur enfance. Les choses changeront peut être quand sa sœur sera adulte, mais je pense qu'on a trop une relation adulte/enfant avec elle pour l'instant. Par contre en vous lisant, je me fais la réflexion qu'ils n'auront pas de pression vis à vis du futurs (petits enfants ou gestion personnes âgées/deuil).
Du coup, je pense qu'il n'y a pas de réponse unique, ça dépend beaucoup du caractère ET de la disponibilité des parents à mon avis. Clairement mon mari et sa sœur n'ont pas un caractère adapté à vivre seul : ils ne savent pas s'occuper seuls, il faut toujours quelqu'un avec qui échanger, partager, jouer (jamais ils ne penseraient à modifier les règles pour pouvoir jouer seul),... même pour regarder la TV ils préfèrent le faire à deux, ou par exemple quand mon mari joue à la console, il aime que je sois à ses côtés même si je ne sers littéralement à rien... ajouter à ça des parents aux horaires décalés, peu disponibles pour jouer et avec peu de moyen pour proposer des activités... Ben clairement ils détestent tout les deux leur enfance (pour l'instant pour la petite, ça changera peut être quand elle va grandir).
ça fait pas mal culpabiliser mon mari qui aimerait que sa sœur vive une enfance différente de la sienne, mais en même temps on n'a ni le temps ni les ressources pour s'occuper beaucoup d'elle
En tout cas, son ressenti et le fait que j'ai adoré avoir un frère, fait qu'on envisage d'avoir plusieurs enfants.
 

AngèleLN

Hold me closer tiny dancer
1 Avr 2019
675
4 390
93
#22
La disponibilité des parents est très importante en effet. J'avais de la chance, quand mes parents n'étaient pas dispos, mes grands parents prenaient le relais facilement vu qu'ils habitent pas très loin de mes parents (moins d'1 km) et qu'ils sont plutôt jeunes et dynamiques (ma grand-mère aurait l'âge d'être ma mère).

J'ai aussi pas trop la pression de continuer la lignée familiale, même si on m'a déjà sorti que ma famille était prête que je fasse un bébé par PMA si jamais je trouvais pas la bonne personne :yawn:. Après ça ne me pose pas trop de problème vu que je ne suis pas childfree. Mais je peux comprendre que ça puisse être lourd pour certaines personnes.

Pour les question de mes parents quand ils seront âgés, pour mon père, ça va être ma mère qui va gérer sûrement vu que mon père a 16 ans de plus que ma mère (oui mon père est une cougar :cretin:). Quant à ma mère, oui si elle devient dépendante, je vais devoir m'en occuper mais ça ne me fait pas peur pour l'instant, sûrement parce qu'elle est jeune et quand elle sera dans l'âge d'être dépendante, je serai sûrement à la retraite et aurait plus les capacités de l'aider également.

Je pense en tout cas qu'il n'y a pas un schéma de famille parfaite, il y'a des enfants uniques qui vivront ça très bien, d'autres beaucoup moins biens, des fratries qui vont se déchirer et d'autres s'adorer.
 

CCCC

Cessez ces "C" !
20 Jan 2019
1 923
15 414
113
#24
@Hypatie @jjul @AngèleLN @Vagabonde @Lunatique
Merci beaucoup pour vos témoignages variés, ça m'aide beaucoup à comprendre, c'est très intéressant.

En ce qui nous concerne, on est assez disponibles pour notre fille (pas assez à son goût, mais bon...) Je suis enseignante et la plupart du temps je peux aller la chercher juste après l'école et prendre le goûter avec elle. J'adore faire des jeux de société alors on en fait, mais depuis qu'elle a découvert la lecture elle peut rester des heures sans nous demander quoi que ce soit !
En ce qui concerne le fait de gérer la perte d'autonomie ou la mort des parents, c'est vrai que c'est difficile de porter ça seul. Mais Je connais aussi des frateries qui se déchirent autour de cette question. Chez nous mes parents ont pris les devants et ont souscris un truc obsèques, ils nous ont donné un papier avec le numéro de contrat...
 

Hypatie

Summer is coming
20 Mar 2019
1 690
816
113
#25
Bien sur chaque famille et chaque personne est différente, alors j´espère ne pas avoir été trop négative. En tout cas, ce topic est sympa.
J´aime bien discuté de ça parce que ça m´a marquée pendant mon enfance et j´en parle très peu (ce n´est vraiment quelque chose donc on peut se plaindre au quotidien)

@CCCC je pense qu´il est important pour elle d´avoir beaucoup de contact avec d´autres enfants (des copains de l´école, des cousins,...)
Pour éviter de se renfermer, mais bien sur ça dépend du caractère

Un autre conseil, toujours subjectif, ne pas la faire grandir trop vite. Du fait d´avoir une relation privilégiée parent/enfant j´ai l´impression que mes parents ont parfois oublié cette limite en me faisant partager des soucis d´adulte (finance, trvaux de la maison, santé,...) . Parce ce que bien sur quand on est enfant on veut etre comme les grands donc on est content d´être traité comme tel et quand en plus on est qu´avec des adultes on murit plus vite

Edit : Je ne sais pas si d´autres enfants uniques ont ressenti la même chose ou si c´était uniquement dans ma famille. J´aimerai bien avoir vos avis
 
Dernière édition:
5 Avr 2019
3
90
13
#26
Enfant unique aussi avec maman solo.
Vagues souvenirs d'ennuie gamine mais justement, j'ai appris très vite à m'occuper toute seule. J'étais paradoxalement hypeeeer sociable. Comme d'autre l'ont soulevé, je pense que du coup j'ai développé certaines choses plus vite. (parler, marcher, lire, etc...)
Les copains ont toujours étaient bienvenus à la maison, et tous adoraient être chez moi parce que c'était beaucoup plus "cool". Ma mère pouvait avoir des règles de vie plus souple qu'une famille nombreuse.
Pour le reste, aucune pression jamais. J'ai pu faire les études que je voulais. (Financièrement j'aurais eu 3 frangin-e-s, c'était pas possible)
Pas de pression de maternité. (Ma mère trouve partout des bébés de substitution pour jouer les grand mère quand ça l'a chante. genre cousins etc...)

Pour la vieillesse, justement c'est très clair pour nous. Enfant unique = pas de problème d'héritage. Donc même si c'est moi qui vais gérer, c'est plus facile d'anticiper financièrement, de te mettre d'accord tranquilou, d'oser dire les choses clairement aussi.
En étant très honnête, enfant unique je peux dire à a mère "Si tu passe tes 10 dernières années à la maison on va s'entretuer, donc vient, on regarde d'autres options et tu choisis ce que tu préfères," sans avoir le sentiment d'être un enfant indigne. Pas de comparaison avec la fratrie. Pas de mauvaises surprises à venir non plus. Pas de comptes à rendre.
Mon conjoins trouve ça glauque, (grande fratrie) mais à mon sens, cette anticipation permet des rapports probablement plus sains.

Bref être enfant unique c'est trop cool pour mille raisons. Rien de traumatique.
 

jjul

Active member
12 Jan 2019
196
207
43
#27
@Hypatie de mon côté mes parents étaient à la dèche totale quand j'étais gamine, gros soucis financiers, et je suppose qu'ils s'engueulaient comme tout le monde, mais je suis restée dans mon petit cocon d'enfant sans avoir aucune idée de tout ça je pense au moins jusqu'au collège, où effectivement j'ai commencé à capter que bouffer tout le temps des pâtes, être la seule à avoir de la viande tous les jours et pas partir en vacances avec ses parents c'est pas être "une famille modeste", c'est être pauvre :yawn:
mais du coup je pense que ça dépend des familles :) j'ai toujours été très protégée du monde réel, mes parents ont gardé leurs soucis d'adultes pour eux (et je les remercie beaucoup pour ça ! surtout vu l'ampleur, je serais probablement une angoissée chronique si j'avais dû porter ça enfant ! :fear:)

pour la gestion des parents vieux, ben j'en ai déjà un de moins :ninja: et pour ma mère, elle a très très peur d'être un poids (j'avais jamais pensé que le fait de n'avoir que moi devait aggraver ça d'ailleurs, mais c'est très probablement lié ! j'espère que c'est pas trop compliqué dans sa tête, faudrait que je lui en parle :hesite: ) donc elle fait tout pour se maintenir super en forme ! du coup j'arrive pas à l'imaginer en personne âgée dépendante. à part pour des problèmes informatiques :D
je pense qu'elle fera tout pour pas m'embêter et qu'au contraire je vais devoir batailler pour qu'elle me laisse l'aider ! ça sera typiquement pas le genre à vouloir vivre chez moi (et tant mieux hein ! on s’entre-tuerait !) donc bon, ça m'inquiète pas du tout :dunno:
edit : je viens de penser, ma mère est issue d'une grande fratrie, dont elle est assez proche, donc je pense que je me dis qu'ils seront aussi là pour m'aider en cas de problème, je pense que ça joue aussi sur mon absence d'inquiétude.
 

Vagabonde

Well-known member
3 Jan 2019
1 970
14 722
113
#28
@CCCC à vrai dire, mon avis sur la question, c'est surtout de faire son possible pour s'adapter à son(ses) enfant(s), qu'il y en ai un ou plusieurs, car au final ses besoins vont surtout dépendre de son caractère. On ne peut pas vraiment choisir si son enfant va pouvoir/aimer jouer tout seul ou s'il aura besoin de compagnie mais en fonction de son caractère le mieux c'est de s'adapter. Du coup il y aura surement autant d'histoire d'enfant unique qui ont adoré ça ou qui ont détesté ça et idem avec les frères et sœurs. Le mieux (d'après moi, hein, c'est pas non plus une vérité générale) c'est surtout de réussir à ne pas projeter ses appréhensions, son passé ou ses envies sur son enfant et de s'adapter à lui (sans s'oublier non plus hein) (bon après je dis ça alors qu'une partie des raisons pour lesquelles on souhaite plusieurs enfants avec mon mari c'est qu'il veut pas répéter son enfance, alors qu'on peut tout à fait avoir un enfant avec mon caractère qui n'aurait aucun souci à être seul...)
 

AngèleLN

Hold me closer tiny dancer
1 Avr 2019
675
4 390
93
#29
@Hypatie C'est petit à petit que mes parents m'ont fait part de leurs soucis d'adultes. Ils ont attendu que je sois adolescente avant de commencer à m'en parler, enfin surtout ma mère en fait parce que j'ai une relation très fusionnelle avec elle. Ça me permet aussi je pense de me confier facilement à eux car ils se confient à moi.
 
You Rock !: Emeline et CCCC

Hypatie

Summer is coming
20 Mar 2019
1 690
816
113
#30
C´est intéressant car pour ma part j´ai été impliquée dans les soucis des travaux de la maison et des disputes de mes parents vers 7 ou 8 ans
 
You Rock !: CCCC

AngèleLN

Hold me closer tiny dancer
1 Avr 2019
675
4 390
93
#31
@Hypatie après ça m'arrivait de les voir se disputer quand j'étais toute petite comme la plupart des enfants je pense mais ils ont attendu que j'ai 15-16 ans avant de me dire pourquoi ils se disputaient. Je trouve qu'ils ont vraiment pris en compte mon degré de maturité émotionnelle et intellectuelle avant de me distiller plus d'informations.
Ce contenu est réservé aux membres inscrit.es. Inscris-toi par ici.
 
You Rock !: CCCC

Lunatique

Well-known member
3 Jan 2019
84
466
53
#32
Un autre conseil, toujours subjectif, ne pas la faire grandir trop vite. Du fait d´avoir une relation privilégiée parent/enfant j´ai l´impression que mes parents ont parfois oublié cette limite en me faisant partager des soucis d´adulte (finance, trvaux de la maison, santé,...)
Globalement merci pour ton témoignage, je me sentais seule à l'avoir mal vécu. Et plein de câlins aussi :hugs:

Pour ce côté, j'ai été chanceuse je n'ai jamais eu de soucis, ma mère surtout a toujours fait attention, pour le divorce elle a fait attention à ne pas m'impliquer (mon père a un peu moins compris le concept de "ne pas se plaindre de l'autre parent devant l'enfant" :lunette:). J'ai compris des choses parce que j'ai les oreilles qui trainent facilement et que j'aime bien me mêler des choses, mais je découvre actuellement des problèmes qui ont eu lieu pendant mon enfance, ils m'ont bien préservée de tout ça.


D'ailleurs pour le côté finance, bon ça joue sûrement vu que je n'ai pas d'enfants unique autour de moi, mais les personnes avec aucune notion de l'argent que je connaisse et qui me donne l'impression que tout leur est dû... Ont une fratrie :lunette:
Autant adulte je vois la facilité que ça donne à mes parents de n'avoir qu'un enfant (à charge pour mon père) et oui c'est un avantage, mais enfant je n'ai jamais eu des tonnes de cadeaux sans raison, on m'a appris à faire attention etc. C'est plus une question d'éducation qu'on m'a retransmis que de fratrie pour moi.



Je crois qu'un point qui joue aussi sur ma difficulté à être fille unique, c'est que j'ai eu énormément des inconvénients d'une fratrie, mais très très peu d'avantage. Bon déjà du côté de mon père jalousie etc et toute la question de l'héritage à venir qui se sent dans la maison dans laquelle j'ai grandi et pas eux (avec l'âge ça va, je le vis mieux, mais jeune ça a été dur). Et ensuite, mes cousins m'ont en fait baver gamine. J'étais pas mal en décalage avec eux, et j'ai été sévèrement bizutée. Sauf qu'à chaque fois que j'essayais de me défendre (plus jeune etc), eux avaient la fratrie. Je m'entendais super bien avec ma cousine. Mais elle prenait toujours le parti de ses frères, ou allait parler avec eux en me mettant à l'écart parce que je n'étais pas de leur famille.
J'ai très souvent eu cette mise à l'écart volontaire ou non de fratrie, alors que moi je n'avais personne avec qui partager ça.
Et j'en veux à ma famille (parents, oncles et tantes) pour leur légèreté face au bizutage plus jeune "oh c'est mignon, c'est comme des frères et soeurs". Sauf que non. Effectivement ils faisaient de même entre eux. (Encore que, les seuls à avoir pris vraiment cher, c'est mon cousin qui de notre côté était enfant unique pendant longtemps, et moi). Mais entre eux ils avaient également une solidarité et encore plus aujourd'hui un lien que je n'égalerais jamais. Alors merci, avoir le négatif sans le positif, c'est pas normal et ça n'est jamais normal.
 

Kitchie

Well-known member
3 Jan 2019
166
1 027
93
#33
Enfant unique aussi, je l’ai plutôt mal vécu. Je ne me suis jamais plainte de ma situation étant enfant car j’avais intégré qu’on attendait de moi que je fasse comme si c’était mieux comme ça, mais ado cela me manquait vraiment de n’avoir ni frère ni soeur. Aujourd’hui encore quand je vois un enfant unique dans mon entourage je ne peux pas m’empêcher de trouver ça triste. Etre coincée comme ça entre ses deux parents, je trouve ça pesant. Concernant le cliché pourri gâté/égoïste/asocial c’est particulièrement stupide en revanche, et souvent faux. Moi personnellement je n’ai absolument pas été pourrie gâtée loin de là même si on m’a régulièrement ressorti ce poncif. En revanche quand le couple parental dysfonctionne on en prend plein la figure, les parents surinvestissent souvent, ont tendance à traiter l’enfant comme un adulte (c’est moins pénible un petit adulte docile), sont plus exigeants. Et ensuite à l’âge adulte avec la vieillesse des parents ça ne s’arrange pas. Je ne pense pas que le fait d’être enfant unique soit en soi source de conflit parents/enfant mais je pense que ça accroît peut-être les risques, en tous cas en cas de conflit c’est plus difficile car le parent peut plus facilement faire culpabiliser un enfant unique qui souhaiterait couper les ponts avec lui. Après bien sûr tout dépend des parents, de leur attitude avec leur enfant et de la raison qui les a poussés à avoir un enfant unique.
 
Dernière édition:

Manins

Well-known member
3 Jan 2019
99
470
63
#34
Je trouve ce sujet super intéressant, je viens ajouter ma pierre à l'édifice en coup de vent : j'ai un frère de trois ans de moins que moi, dont j'ai très mal vécu l'arrivée (vous me dîtes si je suis HS mais pour moi c'est lié au sujet). On a une très bonne relation aujourd'hui, c'est un lien indescriptible mais au fond de moi je pense malgré tout que j'étais faite pour être enfant unique. J'ai le tempérament que certain.e.s décrivent ici : calme, autonome (à partir du moment où j'ai su lire), adepte de silence et jalouse de mon espace personnel. Il faut dire que j'ai pas eu le modèle de petit frère facile - hyperactif casse-cou et colérique - et pas le modèle de parents faciles non plus. J'ai très vite eu l'impression qu'ils avaient fait un n°2 pour qu'on s'occupe ensemble et qu'ils aient plus de temps pour eux. J'ai du mal à me détacher de cette idée aujourd'hui encore. D'ailleurs j'ai une petite soeur qui a douze ans de moins que moi du côté de mon père et j'ai souvent l'impression de revivre ce schéma : quand je vais les voir, ma soeur est totalement après mon frère et moi et ça a toujours été considéré comme acquis qu'on devait s'occuper d'elle et profiter à fond de ce temps avec elle parce-qu'elle nous voyait pas souvent, qu'on lui manquait etc. Donc bon, c'est un peu normal sauf que vu qu'on fixe zéro limites ben revenir au sein de ma famille n'est plus du tout reposant pour moi : j'ai envie de retrouver ma place de fille, de discuter avec mes parents (en l'occurrence père + belle-mère) tranquillement et de profiter du silence, du calme et de la sécurité affective pour me ressourcer et au final je repars avec l'impression d'avoir fait une semaine de baby-sitting gratuit - et la culpabilité induite par ce genre de sentiments (j'aime ma soeur mais j'ai l'impression de ne jamais m'en occuper assez. Il faut dire qu'elle vide mes batteries en un temps record). M'occuper d'elle quand je suis dans mon environnement, chez moi, et que je peux partager avec elle mon quotidien, faire les choses à ma manière me pose beaucoup moins de problèmes : j'adore ça, c'est plus facile. Mais voir, chez mes parents, le rôle de grande soeur me priver de celui de fille, je le vis mal. Et pourtant j'ai 26 ans, je devrais être capable de passer à autre chose, mais non, ça me casse toujours autant les pieds !

Et à l'inverse de @Lunatique j'ai l'impression d'avoir eu les inconvénients du fait d'être enfant unique sans les avantages, puisque dans les faits je ne l'étais pas ! Pour une raison qui m'échappe j'ai très vite été placée dans une position de "confidente" et de "diplomate" dans la famille, contrairement à mon frère, et sortie de l'enfance bien avant l'âge. Après, c'est clair qu'avoir été deux face à un couple de parents dysfonctionnels nous a soulagés je pense, on a pu faire front et survivre ensemble à des choses compliquées mais... on avait la chance de bien s'entendre. On aurait pu tout aussi bien être instrumentalisés chacun de notre côté par un parent, ou se déchirer entre nous pour attirer leur attention. Le champ des configurations possibles est vaste et avoir une fratrie ne garantit rien, finalement.

D'ailleurs on a connu récemment une nouvelle crise familiale et je n'ai pas pu compter sur le soutien de mon frère car nous avons développé deux modes de défense différents : lui enterre tout et passe à autre chose, alors que moi j'ai besoin d'en parler, de validation émotionnelle etc. Du coup je sens qu'on est plus en mesure de s'entraider l'un l'autre, on a plutôt tendance à se tirer vers le bas mutuellement... Compliqué, encore une fois.

Si un jour j'ai des enfants, j'aimerais n'en avoir qu'un mais j'essaierai de faire en fonction de son caractère à lui, sans trop projeter mon vécu. Je comprends pas qu'on fasse chier les parents d'enfant unique. Pour moi, c'est plutôt si on veut faire un deuxième enfant qu'il faut se poser des questions sur la quantité et la qualité de temps, d'énergie qu'on a à accorder à deux enfants - ou plus. Mais ce n'est que mon avis, et beaucoup de parents prendraient sans doute assez mal ce point de vue.
 
Dernière édition:

Hyaline

Well-known member
4 Jan 2019
198
401
63
France
www.demynotebook.wordpress.com
#35
Bonjour !

Je suis également fille unique.
Je l'ai plutôt bien vécu même si du coup je jouais peu avec mes parents etc. car ils travaillaient beaucoup. Mais je ne m'ennuyais pas toujours pour autant. J'appréciais aussi de pouvoir faire ce que je veux de ce fait. Ca ne m'a pas empêché de me faire des amis, de jouer avec les autres, de prêter. Je n'ai jamais été une enfant turbulente non plus, j'étais assez facile à gérer.

Certes, je suis toujours chez mes parents, mais j'ai 22 ans, et ça ne fait qu'un an que je travaille en tant que contractuelle au collège (donc pas de CDI etc.) En revanche, du coup, j'aime avoir mon côté solitaire alors que mon copain a 2 frères et une grande famille. Car en plus d'être fille unique, ma famille se résume depuis plusieurs années à : mes parents et mon arrière grand-mère qui habite dans le sud. Ce n'est pas toujours évident pour mon copain de comprendre. De ce fait, il pense que j'ai été malheureuse du fait d'être toute seule parce que je n'ai pas les souvenirs de jouer souvent avec les cousins/cousines pendant les vacances etc. Je m'ennuyais parfois, comme tout enfant, mais je trouvais aussi de quoi m'occuper ! Je n'ai jamais manqué de rien et j'ai toujours été chouchoutée par mes parents, non pas parce que j'étais enfant unique, mais parce que je faisais attention à mes affaires. J'avais droit régulièrement à des livres, c'est vrai, mais en dehors de Noël et mon anniversaire, j'avais rarement des jeux vidéos etc pour le plaisir. C'est déjà arrivé, bien sûr ! Mais ce n'était pas quelque chose de régulier. On m'offrait des jolies choses parce qu'on savait que ce ne serait pas cassé deux jours après.

Est-ce que je suis égoïste ? Oui, quelque peu. Je ne partage pas avec n'importe qui, et j'ai tendance à penser à moi et mes parents avant les autres. J'ai grandi dans une famille où on ne voyait pas grand monde, et quand il y avait des enfants, ils faisaient régulièrement conneries sur conneries. (Et bien sûr je me laissais entraîner dedans et je me faisais engueuler, logique!) Du coup je garde mes distances, je prête difficilement car je sais que certains ne font pas attention et autre. Aucun soucis avec les personnes que je connais depuis des années, mais pour le reste du monde, je reste assez égoïste, et parfois solitaire même si je suis bavarde. J'ai toujours aimé parler parce qu'on ne parlait pas assez chez moi. Je crois que c'est ce qui m'a le plus manqué, avoir des personnes avec qui parler ! Mais rien ne dit que ça aurait été plus simple avec un frère ou une soeur !
 

Valaya

Déesse oui oui rien que ça !
3 Jan 2019
102
546
93
Saint-Lumine de Clisson
#37
Je me rajoute à la team j'ai un enfant unique.

Et ça m'intéresse aussi de pouvoir échanger la dessus.

Je passe les nombreuses remarques alors le 2ème c'est pour quand...j'ai fini par avoir la réponse toute faite j'ai un chat c'est comme un frère pour elle. Et les ta fille va s'ennuyer toute seule...comme si on faisait d'autres enfants pour occuper le 1er.

Notre fille nous a déjà posé la question d'avoir un petit frère ou une petite sœur et quand on lui a expliqué que le bébé serait plus jeune qu'elle et qu'elle ne pourrait pas jouer avec comme avec un copain elle n'en parle plus trop.

Par contre, pour la sociabilisé nous avions choisi de la mettre en crèche et nous avons invité ses copains à la maison très tôt.

Comme il n'y aura pas d'autre enfant après elle, quand je fais du tri dans ses jouets ou vêtements elle sait que ça sera donné à d'autres bébés ou enfants plus jeunes. Bon j'ai peur que ça la pousse à être matérialiste ou le contraire parce que parfois elle me dit ce jouet j'en veut plus tu peux le donner à un autre bébé.
 

F_Whitley

On ne nait pas mère, on le devient!
2 Jan 2019
692
3 993
93
#38
Merci @CCCC et @Persévérante de m avoir cité.
Effectivement c est clair dans ma tête qu il y en aura qu un enfant et comme tu l as très bien dit @CCCC c est pour les mêmes raisons que toi notamment au niveau de la charge mentale que je subis et dont je me passerais bien, et surtout a cause de la fragilité de mon couple. Je sais pertinemment que si on avait un deuxième enfant avec mon mari on finirait par se séparer et qui se coltinerait les deux gosses c est bibi donc non je tiens a ma santé mentale ! Et même si je devais me séparer de mon mari car lui voudrait un deuxième et bien au moins je n en aurais qu une a gérer. C est déjà bien!

Puis j ai envie d être libre, c est peut être égoïste mais j' ai l impression de ne pas avoir de liberté avec ma fille et j' ai hâte qu elle grandisse pour pouvoir enfin être indépendante ! Donc avec un 2eme ça signifie prolonger ce temps d attente donc non niet j' ai assez donné autant physiquement ( on en parle de ces 15kg que je n arrive pas a perdre) et mentalement ( coucou DDP) !
 

Bistre

Well-known member
11 Jan 2019
321
1 833
93
#40
Je ne suis pas personnellement concernée mais mon conjoint est fils et petit-fils unique.
Ce contenu est réservé aux membres inscrit.es. Inscris-toi par ici.
Je pense que quelque chose qui joue beaucoup c'est la façon dont les parents le vivent. Quand ce n'est pas un choix c'est difficile de ne pas le faire ressentir à l'enfant. Alors que quand c'est un choix délibéré ça me semble plus simple.

Au final mon message a l'air très négatif alors qu'en vrai j'ai plutôt une bonne vision de l'enfant unique... c'est vraiment une histoire de contexte. Tous mes amis enfants uniques étaient très satisfaits de leur situation.