Éduquer ses enfants avec des valeurs féministes, ok cool, mais on fait comment ?

JoeRabbit

Well-known member
1 Août 2019
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Cet article fait un peu écho à l'éducation que j'ai reçue : ma mère ne s'est jamais revendiquée (voire même considérée, je pense ?) en tant que féministe, mais à sa décharge, elle est décédée dans la quarantaine et pendant une période où on n'en parlait pas autant. Je pense qu'elle ne s'est simplement pas rendue compte que le mot correspondait à sa vision de la vie et de l'éducation.

Toutefois, j'ai été élevée dans un contexte de soutien inconditionnel où elle m'a toujours poussée en avant, sans pression et avec bienveillance, et convaincue que je pouvais tout faire. Aussi, je n'ai jamais été une seule fois traitée différemment de mon frère et je suis très reconnaissante pour ça encore aujourd'hui.

(D'ailleurs, je n'ai été que trèèèèès peu habillée en rose et on était plutôt tous les deux en salopette t-shirt kickers avec mon frère :LOL: Même s'il n'y a rien de mal à aimer le contraire et que j'aurais parfois aimé à cet âge-là avoir un peu plus de rose+paillettes !)

Mon père, lui, raconte qu'il a commencé à se poser des questions féministes à ma naissance car il ne voulait pas que je sois freinée par quoi que ce soit dans ma vie.
 

KtyKonéko

adulte à temps partiel & autrice de fanfiction
Quand mon fils est né, il y a 24 ans, je n'étais pas féministe, je n'avais aucune conscience de toutes ces inégalités (mon boulet à moi était de me remettre/reconstruire du harcèlement scolaire)

je ne sais pas comment j'ai fait, mon fils est féministe.
J'ai découvert le féminisme au fur et à mesure où mon fils grandissait, donc lui en même temps que moi
Il a eu des jouets de "garçon" parce qu'il les avait demandés. Mais je ne lui ai jamais interdit de pleurer, ou de montrer et dire ses émotions

Nous avons un point commun : un très fort sens de la justice.
Donc pour lui l'égalité homme-femme, bin c'est même pas un débat, c'est juste logique
(tout comme l'égalité des droits hétéro-Lgbt, tout comme le respect des autres quelque-soit leur couleur de peau/religion...).
 

Lol'ô

Well-known member
6 Jan 2019
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Super article témoignages. Merci :fleur:

C'est un sujet auquel je pense super souvent.
J'ai deux sœurs, trois filles et un garçon, et deux séparations. J'ai élevé seule mes deux plus jeunes enfants, dont mon fils. Donc, depuis leurs 8/11 ans, ils ont la 20aine, maintenant.

Ma mère, n'a pas genré notre éducation, certes nous n'avions pas de frère, et mon père participait peu aux tâches ménagère, il me semble qu'il faisait autre chose, jardinage, mécanique, bricolage, mais elle ne nous a jamais dit, qu'on devait faire, ou pas quelque chose parce que nous étions des filles. Merci maman.
Je suis tombée sur des compagnons assez partageurs pour ces tâches ménagères, pour le reste aussi d'ailleurs, sauf pour l'école, mais c'était mon choix.

Il n'en reste pas moins, ce fils.
Je n'ai non-plus jamais genré l'éducation de mes enfants, il y a eu quelques tentatives de la part d'un père et de quelques grands parents, évidemment, mais j'ai fait la sourde, n'écoutant que mon bon sens, et mon envie de vivre harmonieusement, et pour ça, ben, l'entraide, le respect, le partage.
Pourtant, je sens bien que mon fils aimerait avoir une compagne à "l'ancienne". Quand il nous arrive d'avoir des conversations sur la vie de couple, ces interventions me choquent assez, je me demande ce que j'ai loupé. C'est vrai qu'il passe beaucoup plus de temps avec ses grand-parents paternels, qui ne sont vraiment pas des modèles de féminismes, mais quand même.
Quand iels étaient petit.es avec sa sœur plus jeune, j'avais dû intervenir plusieurs fois, quand je me rendais compte qu'il abusait de sa sœur, qui l’idolâtrait carrément, et refusait rarement de lui rendre service. Puis, j'ai dû régler aussi le rapport, petite mais super chiant /vs/ manque de répartie, je me sers de mes poings. Et ça a été assez loin, la faute aux deux. (ou peut-être la faute à notre histoire qu'ils ne connaissaient pas encore, mais qui était sans doute bien imprimée en eux)

C'est lui qui m'a fait me poser la question, sur mon propre féminisme.

Du coup, avoir réussi le pari du féminisme avec mon fils, je ne suis pas certaine. J'espère. Parce que je suis bien certaine que l'éducation est la principale action pour avancer.
J'ai trouvé les témoignages intéressants, je regrette simplement, qu'après le patriarcat, on demande aux filles, aux femmes l'excès inverse, de croire qu'on doit se débrouiller sans les hommes. N'est-ce pas l'équité que nous voulons ?
Dans mon monde idéal, on se complète.
Et j'ai adoré élever mes enfants, bien plus qu'aller travailler. D'ailleurs maintenant, je m'occupe des enfants des autres, puisqu'il faut que je travaille.
 

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