Éducation sexuelle : 6 conseils pour parler du consentement aux enfants

Clémence

Rédactrice en chef
Équipe Rockie
21 Nov 2018
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#1
 

Pour lutter contre les violences sexuelles, rien de tel que de sensibiliser les adultes de demain (et donc les enfants d’aujourd’hui) à l’importance du consentement. Voici quelques conseils pour y parvenir.
Conseil n°1 : ne pas attendre l’adolescence
Parler de consentement (et de sexualité en général) au moment de la puberté, c’est déjà trop tard. Il est important, en tant que parent et plus globalement en tant qu’adulte, d’essayer de créer une relation de confiance et un espace de discussion sur ce sujet-là dès que possible. On peut parler très tôt de corps et de sexualité aux enfants en s’adaptant à leur âge.
“L’adolescence ça se vit entre pairs, en opposition à ses parents, donc ce n’est pas l’idéal pour démarrer un dialogue”, explique Émilie Parent, coordinatrice et éducatrice de l’association PULSE qui organise des ateliers d’éducation à la sexualité pour les adultes et les enfants.
À l’adolescence, les jeunes vont spontanément se tourner vers d’autres sources...
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Dernière édition:

UranusMarie

Well-known member
2 Jan 2019
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Landes
#2
Article très intéressant ! On en parlait justement avec mon mari récemment vu que notre bébé va arriver. Je pense que ce sera plus facile pour nous avec une fille qu'avec un garçon de ce point de vue là, et j'espère que si un jour on a un garçon on sera capables de lui expliquer tout ça correctement.
 

Vara

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3 Jan 2019
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Bretagne
#3
Ici il semble que nous fassions tout comme ce qu’explique Lisa P.

Mon fils a 6 ans et pour le moment cette technique fonctionne bien. Là où on a vraiment fait attention c’est à respecter à respecter son consentement aussi. Ce n’est pas toujours simple et parfois on doit aller contre. À ce moment-là on lui explique pourquoi. Le plus dur c’est pour l’alimentation, car il mange vraiment trop peu.

Par contre, comme il a du caractère ce gosse, ce n’est pas toujours simple et parfois on doit aller contre. À ce moment-là on lui explique pourquoi. Le plus dur c’est pour l’alimentation, car il mange vraiment trop peu.

Par contre, il est me semble-t-il commençe à rentrer dans une phase où il a envie de ne rien faire. C’est un enfant précoce sur le plan intellectuel avec un comportement d’ado sur certains points. Et là, ça se retourne un peu contre nous. « Mais maman je n’ai pas envie de faire ça, tu ne peux pas m’y forcer ». Il n’a plus envie de jouer avec la plupart de ses jeux, plus envie de lire, plus envie de faire du bricolage, il veut juste regarder la télé, jouer au bowling et faire des concours de calcul mental... Du coup, c’est parfois tendu. Et comme aujourd’hui il n’a pas classe, ça va être une journée un peu compliquée vu que je refuse de le laisser devant la télé…

Enfin, à côté de ça, quand il veut faire, par exemple, un bisou à sa sœur ou quelqu’un d’autre, il lui demande toujours la permission.
 

LeloVelo

Active member
21 Jan 2019
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#6
Je n'ai pas d'enfants mais j'ai des nièces, et dès que la première est née, je suis passée pour l'extraterrestre de la famille car je refusais de la regarder se faire changer, ou de la changer moi-même. En fait ce n'est pas le fait de changer l'enfant qui me gênait, mais que toute la famille la regarde et commente sa "zézette de petite fille" (sérieusement, ça me mettait très mal à l'aise de les entendre commenter et la prendre en photo, même si eux n'y voyaient rien de mal). Au départ ses grands-parents (mes beaux-parents) et ses propres parents étaient très sexistes (si j'ose dire) et niveau consentement pareil. Elle devait "cacher sa culotte car elle était une fille", "faire attention à ne pas agiter la langue comme ça" et surtout "toujours se laisser faire, par les adultes et le docteur". (Ce sont des phrases vraiment entendues).

Et puis la seconde est née et j'ai réussi à me rapprocher de ma belle-soeur, pour le peu que nous arrivions à nous voir. Moi la "tatie bobo relou" qui parlait consentement, non genre, etc... Et bien j'ai du la "piquer" car très vite ma belle soeur a pris le même chemin, et son mari avec.

A Noël j'ai eu la joie de découvrir que ma nièce (de 2 ans et demi) criait "NOOOON !" quand on la chatouillait et qu'elle ne voulait pas. De même quand son père lui a demandé de me faire des chatouilles, elle m'a regardée et m'a demandé "je peux ?".


J'ai bien l'intention de leur offrir les livres cités dans l'article, si vous en avez d'autres à me conseiller, je suis preneuse. :happy::happy:
 

PingouinMasqué

Well-known member
8 Jan 2019
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#7
Je n'ai pas d'enfants mais j'en ai dans mon entourage et c'est un truc qui m'ulcère quand on oblige les enfants à faire des bisous.
Déjà, parce que moi j'ai pas envie de recevoir un bisou d'un enfant qui m'en fait un par obligation.
Ensuite, parce qu'en tant qu'adulte je ne fais pas des bisous à tout le monde, enfant ou adulte, et que du coup je me sens obligée d'en faire un aussi.
Enfin, parce qu'on peut parfaitement être poli-e-s sans faire de bloody fucking bisou, comme le dit l'article, y'a 1000 façons de saluer.

En gros parents : arrêtez de forcer vos gamins à faire des bisous SVP.
 

Valaya

Déesse oui oui rien que ça !
3 Jan 2019
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Saint-Lumine de Clisson
#8
Je suis parent, et je n'oblige jamais ma fille à faire des bisous même à moi.

Parfois mon conjoint lui dit "ba si fais un bisous à papi" et je lui fais les gros yeux et lui dit non elle n'est pas obligée !
Il lui dit cela car il pense que c'est la politesse mais on apprend petit à petit que non on peut juste dire bonjour.
 

UranusMarie

Well-known member
2 Jan 2019
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Landes
#9
@Lisa p Je ne pense pas que ce sera moins facile d'en parler avec un garçon, mais je pense qu'il sera peut-être plus facilement exposé à d'autres discours dans ses lieux de socialisation !
Je vois clairement à l'école (je suis instit') que les garçons et les filles n'ont pas reçu la même éducation là-dessus, et ça fait mal au coeur...
 

Vara

Well-known member
3 Jan 2019
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Bretagne
#12
@Lisa p En fait, il a commencé à 5 ans en découvrant d'abord le bowling sur la Wii que mon frère a laissé chez nos parents. Ensuite, on lui a montré que ce jeu existait en vrai et depuis on y va un samedi matin par mois et mon mari lui a installé une piste de bowling dans le grenier.

Pour les autres activités, je crois en fait qu'il sature. Il présente un léger TED depuis la naissance et du coup on a toujours maximiser les activités pour l'aider à passer au-dessus. Là j'ai la sensation qu'il a besoin d'une pause donc je le laisse un peu tranquille. Surtout qu'il a l'orthophoniste à côté, qu'on va commencer un bilan neuropsychologie et un bilan ergo, et que son meilleur ami vient de changer d'école...
 

Luchsii

Well-known member
16 Jan 2019
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#13
Merci pour ce super article !
C'est affolant de voir dans les commentaires de voir combien d'adultes forcent encore les enfants aux bisous, guilis et autres contacts... j'ai moi même le souvenir de mon oncle qui nous chatouillait toujours ma soeur et moi jusqu'à l'adolescence (je déteste être touchée) et je suis à peu près sûre d'en avoir des séquelles. Maintenant il sévit avec mes nièces, on essaie de mettre des limites, mais c'est dur.

Aujourd'hui ma petite a bientôt un an et je peux vous dire qu'à cet âge elle est tout à fait capable d'exprimer son refus d'un contact.
Heureusement j'ai une pédiatre merveilleuse et patiente, qui m'explique à chaque fois que c'est "très bien et très normal qu'elle ne veuille pas être touchée par des inconnus", elle y va tout doucement, mais quand je vais chez le médecin traitant... celle-là ne prend aucune pincette : pourtant il suffit de la regarder un peu dans les yeux, de lui sourire, de lui parler doucement et après elle accepte le stéthoscope :cry: mais certains adultes comme ce médecin ne la considèrent pas assez comme un interlocuteur pour faire preuve de simple "politesse"...
 

Emy Snape

Sugar, cream or cyanide ?
10 Jan 2019
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#14
Les bisous, ce fléau. Quand ils sont faits sous la contrainte, c'est quelque chose que je trouve profondément humiliant pour le gosse (bah oui après tout on s'en fout de son consentement, ce qui compte c'est que tout le monde voit à quel point il est bien élevé et qu'il obéit à tout, vous comprenez), voire carrément traumatisant.

De toute façon on ne m'enlèvera jamais de l'idée qu'on surestime bien trop l'importance du tactile dans les rapports aux autres. C'est pas parce qu'un enfant n'accepte pas les bisous baveux de la terre entière qu'iel est impoli.e et c'est pas parce qu'on déteste être touché en grandissant qu'on est quelqu'un de détestable. Y'a des gens qui n'aiment pas ça, y'a des gens pour qui c'est tout sauf naturel et ce dès l'enfance, c'est pas une raison pour les y contraindre ou pour les culpabiliser. Même si la bise c'est quelque chose d'automatique pour vous, de convivial, de trop choupinou etc., par pitié mettez vous dans la tête que tout le monde ne fonctionne pas comme ça et que pour certain.e.s ça équivaut à une séance de torture.

J'ai eu mon filleul une semaine chez moi cet été et le côté tactile est souvent revenu sur le tapis. Soit pour lui expliquer qu'on est pas obligés de passer par les sacro-saints bisous câlins pour exprimer son affection à quelqu'un (il est dans sa période "j'suis un grand, j'aime pas les bisous", donc plein de questionnements de sa part sur comment nouer des liens qui passent pas par ça, et curiosité sur pourquoi je suis pas tactile, pourquoi j'accepte d'être touchée par certaines personnes et pas du tout par d'autres), soit pour lui expliquer le consentement ("mais MOI je veux que tu me fasses un câlin, donc si je veux t'es obligée" ou "ma copine à l'école elle est pas drôle, elle veut pas que je la touche mais MOI si j'ai envie ben j'ai le droit hein"... oui mais non).
Sinon j'ai pris les titres des bouquins que tu as recommandés dans l'article @Clémence, je les enverrai à ses parents qui se sentent pas spécialement à l'aise avec tous ces sujets là et qui ne les abordent pas chez eux, ça va sûrement pouvoir les aider un peu (et ça évitera peut-être qu'ils me délèguent la partie sexo à chaque fois).
 

Pochemuchka

aka Lilou la Licorne
4 Jan 2019
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#15
Je trouve toutes ces questions très intéressantes et importantes. Pendant longtemps, je ne m'étais pas posé la question des bisous de la part de petits enfants (il faut dire que pendant longtemps je n'en côtoyais presque jamais), mais la première fois que j'ai lu des gens expliquer qu'il était aberrant de forcer un-e enfant à faire un bisou, j'ai eu le sentiment d'une illumination et d'une évidence en même temps.

Et puis outre les incontournables questions de consentement et d'appropriation de son propre corps, recevoir un bisou forcé... c'est nul nan ?
 
3 Jan 2019
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#16
Ça c'est un chouette article ! :)
J'encourage ma fille à faire un bisou avec la main pour dire bonjour. Mais les gens sont déçus quand elle fait pas un vrai bisou.
Moi je m'en fiche tant qu'elle dit bonjour. Si les gens comprennent pas c'est pareil.

Dans la douche elle est curieuse et voudrait toucher. Je lui dit que non. Elle ne peut pas toucher certaines parties de mon corps (et pour les autres c'est pareil) et je lui explique en retour que personne n'a le droit de la toucher sauf pour la laver ou la soigner si elle n'en a pas envie.
Elle a pas 2 ans. Ya pas d'âge pour parler sexualité et consentement :)
 

Murreya

Active member
3 Jan 2019
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#17
je lui explique en retour que personne n'a le droit de la toucher sauf pour la laver ou la soigner si elle n'en a pas envie.
Elle a pas 2 ans. Ya pas d'âge pour parler sexualité et consentement :)
à la première lecture, je me suis dit "hey, bon point, bonne idée" parce que je n'ai pas encore d'enfant et que la question de l'éducation au consentement me préoccupe déjà beaucoup, j'ai envie que mes futurs enfants possèdent les clés qui leur permettront de respecter l'autre, mais aussi de faire respecter les limites de leur corps... malgré tout, parfois, il faut les aider à se laver, les soigner, parfois ça devra être fait par d'autres adultes que les parents...

Mais à la 2e lecture, je me dis "n'y a-t-il pas un danger à dire cela à un enfant?" sachant que "l'excuse" de soigner ou laver est utilisée facilement par les pédocriminels...

Comment "armer" nos enfants contre la pédocriminalité, sans trop leur exposer ce sujet, dont la simple évocation peut susciter un traumatisme?
 

LeloVelo

Active member
21 Jan 2019
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#19
Merci @Joséphine ! :D

Sinon personnellement j'ai quand même du mal avec l'idée de dire à l'enfant que le médecin est "tout puissant" parce que c'est "pour son bien"... Je ne dois pas être la seule à avoir été traumatisée de certains actes médicaux, et à aujourd'hui être carrément phobique tellement mon consentement a été ignoré sous couvert de "c'est moi le médecin, c'est moi qui sait"... Parfois au point d'en arriver aux fameuses "violences médicales".

Enfin j'imagine qu'il est difficile de trouver un juste milieu, et je pense aussi que tout est affaire de communication. De mon expérience en tant qu'enfant (dans les années 80/90), on ne me disait pas "pourquoi" je devais accepter d'être lavée ou soignée contre mon gré, juste on se jetait sur moi ou me menaçait de violence (si je n'obéissais pas), sans que j'en comprenne l'intérêt.
 

Cherryhana

Active member
3 Jan 2019
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#20
Pour mon fils, j'en ai parlé depuis qu'il est bébé. Quand je lui fais des chatouilles (il adore ça) et qu'il dit stop maman, je m'arrête immédiatement et lui redis : "Tu vois, c'est important que quand quelqu'un te dit stop, tu respectes son choix et arrêtes".

Pareil dans la salle de bains, interdit de toucher aux parties intimes de papa et maman, c'est privé. Nous non plus, on ne touche pas à ses parties intimes sauf s'il préfère que ce soit nous qui le lavions. Au moment de la douche, je lui demande : "est-ce que je peux te laver le zizi (j'avoue avoir encore du mal à dire penis mais si je lui ai déjà expliqué que zizi c'était le mot d'enfant et qu'en vrai ça s'appelle penis) ou est-ce-que tu préfères le faire tout seul ?". À 5 ans et demi, il préfère que je le fasse alors je lui explique que personne n'a le droit de le toucher à cet endroit.

Sauf un docteur s'il lui demande la permission (je suis attachée à cette permission ayant été traumatisée à 12 ans quand un docteur a regardé sans me demander avant, pour voir si j'avais des poils). Sa pédiatre et maintenant mon médecin traitant qui est devenue le sien demande toujours avant si elle peut regarder et lui explique toujours pourquoi elle le fait.

Autre cas, il est fasciné par son zizi le matin et il voudrait nous le montrer (il est aussi tenté de le toucher quand il est si gros). Je lui explique qu'il peut le toucher tant qu'il veut mais en privé, dans sa chambre et pas devant les autres car c'est intime.

Quand j'ai appris que j'attendais un petit garçon, j'ai tout de suite pensé à comment lui parler de ça. Il faudra que je trouve les mots plus tard pour parler de consentement. Pour l'instant, je lui explique qu'il ne peut pas et ne doit pas forcer un autre enfant à jouer avec lui s'il n'a pas envie, c'est son choix et il doit le respecter. Plus tard, il faudra que je lui parle de cette zone grise. Où les filles peuvent ne pas être consentantes même si elles ne disent pas non et ont même dit oui avant... C'est important et j'espère que je ne le ferai pas fuir à ce moment là comme dans la série sex éducation haha !