ECM Actualités et Politique

LuLa

Oeuvre au noir
4 Jan 2019
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Ça chauffe à Europe 1, est-ce à dire que des journalistes commencent enfin à ne plus supporter la ligne médiatique réactionnaire et très orientée qu'on leur impose de plus en plus fort? Je suis la première à taper souvent sur les médias même si je suis très consciente que la majorité des journalistes ont des statuts précaires qui rendent difficile la contestation, mais j'espère vraiment qu'à un moment ils vont avoir un sursaut d'honneur.



 

LadyOscar

Well-known member
5 Jan 2019
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Oui enfin faut se mettre un peu à la place de Bolloré aussi: faudrait surtout pas que les chaînes de télé informent les français des démêlés judiciaires de son groupe en Afrique et ailleurs (franchement ça intéresse qui?). Et puis c'est pas non plus une bonne idée de critiquer ou faire une petite vanne sur notre futur président pour rigoler. Ce serait désacraliser la fonction par anticipation ça...
 

Margot

Un jour après l'autre
8 Fev 2019
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J'ai trouvé cet article vachement intéressant. Il résonne particulièrement avec mon ambivalence de me sentir "révolutionnaire" tout en ayant une situation de vie confortable. (Attention, je ne dis pas que c'est incompatible, mais que ça met en oeuvre des paradoxes qu'il est intéressant d'interroger.)
 

LuLa

Oeuvre au noir
4 Jan 2019
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@Margot Je trouve ça quand même très centré sur le prisme américain au vu des exemples donnés, et en plus c'est une tribune tiré d'une revue conservatrice. Je me méfie donc de ces deux biais pour commencer.

Ensuite je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas défendre la justice sociale et fiscale, l'équité, la redistribution des richesses, etc, parce qu'on a un niveau de vie correct. L'important c'est de mettre ses valeurs en adéquation avec son mode de vie. Imaginons que je sois très riche et de gauche (c'est plutôt rare, avouons-le) et bien je vais payer mes impôts, je ne vais pas chercher à faire des montages fiscaux, je ne vais pas quitter le pays pour être moins taxé, je vais éviter la reproduction sociale et l'entre soi en mettant mes enfants dans une école publique, et je ne vais surtout pas voter pour des candidats qui ne représentent pas mes valeurs.

Ça m'interroge un peu cette caricature du "gauchiste" que l'on retrouve de plus en plus dans les médias. Est-ce qu'une personne qui a du patrimoine culturel et éducatif, voire matériel, perd sa légitimité à être de gauche? Ça gêne tant les élites que ça que des gens éduqués (et donc ayant un peu plus de pouvoir social que les classes populaires) puissent vouloir défendre les personnes qui sont en bas de l'échelle sociale? Est-ce qu'on remet en question les gens "de droite" parce qu'ils vivent d'une certaine manière autant que les gens "de gauche"? Pourquoi une personne qui mange du quinoa devrait être plus moquée qu'une personne qui mange du caviar?

Pour moi tout ça participe clairement de la lutte des classes, le système dominant a peur d'une classe sociale éduquée aux idées progressistes, donc dénigrer, se moquer, c'est une façon de protéger ses privilèges. Et nous à gauche on est tellement gentils qu'on tombe dans le panneau, on culpabilise et on se remet en question. Vous croyez vraiment que les gens de droite se remettent en question eux?

J'ai toujours l'impression dans les médias et en politique d'un procès en légitimité, la légitimité d'être de gauche. Est-ce qu'on remet en question la légitimité des gens d'être de droite? Comme si pour être de gauche il fallait être pur, parfait, comme si on demandait même des comptes aux gens de gauche en permanence.

Je me lance pas dans le débat sur les termes "gauche" et "droite" qui à mon avis sont galvaudés et ont perdu de leur sens, d'autant plus à l'aune de l'urgence climatique.
 

Margot

Un jour après l'autre
8 Fev 2019
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@LuLa J'ai vu aussi que c'était dans un journal conservateur et je suis d'accord que c'est un peu caricatural. Mais ça fait partie d'un dossier qui interroge les difficultés actuelles de la gauche à se "trouver" et je trouve qu'il y a du vrai dans l'idée que la gauche est censé défendre les plus modestes et les gens en difficulté, mais que ceux là se retrouve peu dans les partis politiques ou dans les cercles militant (d'ailleurs, il y a peut-être une distinction à faire entre les deux).

J'ai pas l'impression que même à gauche il ait des tas d'élus issus des classes populaires (mais je me trompe peut-être pour l’extrême gauche :unsure: ). Et vu les résultats des élections, je n'ai pas non plus l'impression que les classes populaires se sentent représentées dans les idées défendues. J'ai l'impression que c'est ce qui a déclenché en partie les Gilets jaunes.
Qui a du temps et de la disponibilité d'esprit pour faire de la politique ou pour militer : les gens qui n'ont pas de problème d'argent, non ?

Et ce que tu dis concernant les élites qui ont le droit de défendre les gens au bas de l'échelle, je suis d'accord que c'est une bonne chose, mais il y a toujours la limite du paternalisme dont il faut se méfier... (c'est quelque chose que je crains beaucoup, et un expérience récente m'a confortée dans cette crainte.)

Je vois les choses un peu différemment pour l'écologie car au final on est tous concerné (même si les plus modestes seront les plus touchés et les plus défavorisés). Et il faudrait réussir à réunir concrètement les deux combats (justice sociale et écologie), pour ne plus tomber dans le fameux "fin du mois ou fin du monde".

En fait, je ne dis pas du tout que les personnes aisées devraient se désintéresser de la justice sociale car elles ne sont pas concernées. Juste qu'il faut garder à l'esprit de ne pas parler pour les autres.
 

LuLa

Oeuvre au noir
4 Jan 2019
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@Margot Ha mais je suis entièrement d'accord sur la question écologique, c'est bien pour ça que je vote et milite pour le seul parti écosocialiste du pays. Quand je parle de gauche/droite c'est surtout que je trouve que les gens ne savent plus où est la gauche. Pour moi le PS par exemple c'est plus la gauche, c'est la sociale-libérale-démocratie. Pour beaucoup de gens j'ai l'impression que ça ne veut plus rien dire parce que les mouvements politiques ont évolué mais assez peu les discours sur les mouvements politiques. On nous propose toujours une grille d'analyse à la papa qui ne reflète plus l'offre politique actuelle. Par exemple qualifier le mouvement dans lequel je suis "d'extrême gauche" n'a absolument aucun sens, et pourtant. Penser qu'EELV est de gauche est aussi problématique car Yannick Jadot par exemple est libéral économiquement.

Je suis d'accord avec la majorité de ce que tu dis. J'ai réagi un peu vivement à l'article parce que je n'ai pas trouvé la critique de cette tribune constructive, mais plutôt une énième façon de taper sur le "militant de gauche".
Alors que la responsabilité n'est pas là, la responsabilité est dans le système politique et social qui conduit à la sempiternelle reproduction des élites, des médias gangrenés par le néo-libéralisme et l'extrême-droite et l'impossibilité d'avoir des règles du jeu suffisamment représentatives. Il n'y a qu'à voir les taux d'abstention de plus en plus élevés. Comment on fait pour que le peuple soit vraiment représenté quand les petits soldats de la grande bourgeoisie et du capitalisme font tout pour empêcher la mise en place de mesures telles que le droit de révoquer un élu, le référendum obligatoire, le non cumul des mandats, l'inégibilité des personnes condamnées pour corruption, etc etc ? Quand on vote pour le RN, LREM, LR, le Modem, etc, on vote pour la préservation des privilèges des classes supérieures. C'est bien pour ça qu'il y a une véritable campagne de dénigrement des mouvements politiques de la "vraie" gauche mais aussi de contestation comme les Gilets Jaunes.

Donc taper sur les gens qui essaient de faire bouger les choses au lieu de taper sur les véritables responsables de cette situation, ça me fatigue beaucoup et c'est malhonnête intellectuellement de mon point de vue.
 
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Margot

Un jour après l'autre
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@LuLa Après, je dois avouer qu'il y a probablement une crainte de manque de légitimité chez moi qui me rend sensible ce genre de discours, comme tu le disais dans ton premier message. :shifty:
Mais je me dis qu'l y a aussi du vrai dans l'idée que les gens dont la vie est confortable seront bien plus frileux à l'idée d'une remise en question du système, qui aura forcément un impact sur leur niveau de vie (ce qui est humain). (Moi la première, je suis en reconversion pro pour donner du sens à mon travail, mais j'ai un pincement au cœur quand je pense à la perte de salaire que ça va engendrer, et encore mon conjoint gagne bien sa vie !)

Moi ce que je trouve intéressant en ce moment, ce sont les gens qui essaient de créer des récits alternatifs parce que je trouve ça dingue quand les gens disent "on ne peut pas faire ça". On ne peut pas le faire dans le cadre du système tel qu'il est aujourd'hui mais si on rebrasse tout, tout est possible !
Je pense à Cyril Dion notamment, mais il n'est pas le seul. J'avais lu aussi un article sur un auteur de science fiction qui essayait d'imaginer des futurs non apocalyptiques, car la seule image du futur qu'on a est soit hyper technologique, soit cataclysmique, et qu'il faut alimenter notre imagination autrement.

Bref, je m'égare :lol: