Dix ans qu’on attend la PMA pour toutes, on se foutrait pas un peu de nous ?

Pauline.

Put on a happy face.
4 Jan 2019
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Val d'Oise
Etant moi passée par la PMA (2 FIV ICSI à mon actif), donc connaissant très bien le milieu, et devant y repasser dans quelques années pour agrandir ma famille, je me permets d'apporter quelques pistes de reflexion ou réactions sur certains points que j'ai pu voir ici.

Avec tout ça, je suis étonné que personne n'ait pensé à faire un business de "tourisme médical".
Des milliers de couples (hétéro ou homo) et femmes célibataires partent chaque année à l'étranger (le plus souvent en Espagne ou en République Tchèque) pour avoir accès à des techniques beaucoup plus avancées qu'en France qui permettent d'avoir des taux de réussite 2 ou 3 fois supérieurs (coucou le DPI-A et le double don de gamètes) et afin de bénéficier d'une attente très nettement inférieure pour recevoir un don de gamètes (on parle en moyenne de plus de 2 ans d'attente en France pour recevoir un don d'ovocyte contre quelques mois en Espagne).
EDIT : ces cliniques étrangères ont des traducteurs, des médecins bilingues, un tiers environ des patients vient de France, il y a des coordinateurs entre les centres étrangers et les médecins français pour le suivi de stim ou autre, tout est fait pour que les patients français puissent venir à l'étranger. Et bien sur cela coûte cher, très très cher, dans les 10.000€ pour une FIV avec don d'ovocyte (médicaments, honoraires de la clinique, des médecins, coût du déplacement, ...)

Donc je pense qu'on peut effectivement parler de tourisme médical (se faire soigner dans un pays autre que celui où l'on réside, par économie ou pour bénéficier des soins et des prix qui ne sont disponibles qu'à l'étranger).

J'espère ne pas me prendre une volée de bois vert en disant cela...
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Pour faire simple on parle de PMA dès lors qu'il y a insémination ou FIV avec ou sans don de gamètes (sachant que le double don est interdit en France). Les stimulations simples ou traitements hormonaux autres (donc visant simplement à obtenir une ovulation), mêmes s'ils peuvent être réalisés au sein d'un centre PMA ne sont pas concernés par cette appellation.

On pourrait avancer que ce n'est pas un problème "vital" de ne pas avoir d'enfant, pourtant la Sécu dépassé son rôle et supporte déjà ces frais-là dans une certaine mesure.
Ce que je vais dire n'est nullement contre tes propos, c'est pour remettre en perspective les pensées des gens qui auraient effectivement ce mode de résonnement, comme quoi ce n'est pas un problème "vital" :
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Sinon concernant ce refus du sénat, ça me débecte tout simplement. Il n'y a pas d'autres mots. Je pense que c'est une nécessité absolue d'autoriser l'accès à la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules.

Après il faut savoir que le gouvernement veut cette ouverture de la PMA pour toutes, donc cela finira pas passer, même si le sénat l'a refusée. MAIS ce serait bien trop beau que ça soit si simple que ça. Parceque ok on ouvre la PMA pour toutes, on va avoir des milliers de nouvelles patientes, est-ce que les centres publics sont prêts à acceuilir une telle masse de dossiers supplémentaires ? Non, clairement pas. Il faut savoir que dans les centres publics les délais d'attente sont déjà extrêment longs, plusieurs mois pour avoir un simple rendez-vous, il y a des listes d'attente pour pouvoir faire une tentative, et le COVID n'a rien arrangé (jusqu'à 6 mois d'attente pour un simple rendez-vous à certains endroit, et dans un parcours PMA il n'y en n'a pas qu'un).

Il y a deux principales solutions proposées dans cette loi de bioéthique pour améliorer la prise en charge, et ces solutions on sait déjà qu'elles seront refusées (même si le sénat ne s'est pas prononcé dessus, tous les feux sont au rouge pour ces points) :
- autorisation pour les centres privés de gérer les dons et l'autoconservation de gamètes (receuil, conservation, attribution), ce qui doublerait le nombre de centres aptes à prendre en charge ces nouvelles patientes : refusé
- autorisation du DPI-A (détecter les embryons aneuploïdes, donc qui ne s'implanteront de toute manière pas ou finiront en fausse couche, et les embryons porteurs de trisomies, que les parents pourront choisir de transférer en toute connaissance de cause). Cette technique permet de passer de 25% de réussite par FIV à plus de 60%, ce qui réduirait le nombre de traitements nécessaires à l'obtention d'un grossesse (et ainsi le coût pour la sécu), la durée du parcours et désengorgerait les centres de fait : refusé (EDIT : je viens de l'apprendre, effectivement cela a été refusé par le sénat)

Et ça on n'en entend pas parler, nul part. Et personne ne se bat (à part nous, les personnes en PMA ou qui y ont eu recours), pour que ces mesures soient adoptées. Donc en gros on va accorder la PMA pour toutes, ce qui est déjà un pas énorme et formidable j'en ai bien conscience, mais sans que les moyens suivent. C'est "un peu" de la poudre aux yeux quoi. Et ça ça me révolte.
 
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Pépé le moko

Well-known member
3 Jan 2019
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Réponse à la question posée dans le titre : oui.

Ce qui me rend dingue c'est que ces retards, ces bâtons dans les roues, c'est soi-disant pour le bien des enfants.
Mais ces gens qui luttent de toutes leurs forces pour que les enfants aient tous un Papa et une Maman, je les vois pas trop manifester contre les violences intrafamiliales subies par les enfants ? Notamment l'inceste? Hein, pourquoi ?
Désolée pour ce HS... mais je ne peux pas m'empêcher de faire un rapprochement, c'est bizarre non?
 

elly10

Well-known member
16 Déc 2020
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@Pépé le moko Je me suis fait exactement la même réflexion: où sont-iels quand on parle de l'inceste, quand on manifeste contre la casse du service public et des allocations sociales (le service public est beaucoup en faveur des jeunes enfants, des enfants, des femmes enceintes etc.), quand on annonce 10 millions de pauvres en France (dont beaucoup d'enfants), quand les catastrophes climatiques s'enchainent et que nos États ne font rien?

J'imagine que certaines personnes s'engagent au niveau individuel pour d'autres causes également, mais leurs organisations politiques, religieuses et associatives demeurent désespérément muettes là dessus. Cela me conforte dans l'idée qu'iels agissent par sexisme/homophobie/transphobie et non au nom de "l'intérêt supérieur de l'enfant", comme iels aiment si souvent le rappeler.
 

Coco l’asticot

Well-known member
12 Jan 2019
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Voici mon avis sur le remboursement c’est mieux si il a lieu mais s’il n’y a pas j’ai envie de dire tant pis car il y a aura toujours une économie pour les femmes en questions : pas l’argent à dépenser pour l’essence l’avion etc du voyage en Espagne ou autre pays étranger, et pas d’hotel à payer, ça met toujours un peu de beurre de les épinards. Donc qu’on vote cette putain de loi, depuis 2013 les femmes l’attendent !!
 

Clémence Boyer

Rédactrice en chef
Équipe Rockie
21 Nov 2018
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@Pauline. : Merci pour les compléments très intéressants que tu apportes. J'avais bien en tête que le temps d'attente allait être allongé pour tout le monde, mais pas forcément que certaines mesures rejetées par les parlementaires auraient pu arranger les choses. Je vais me pencher plus précisément sur la question pour un futur article. Merci (et bon courage !) :fleur:
 

Jim Sterling

Well-known member
2 Jan 2019
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J'ai l'impression qu'on atteint le phénomène de la pensée unique sur ce forum. Ca devient de plus en plus difficile d'exprimer des points de vue différents sans se faire tagger de nom d oiseaux...
Désolant... bon débat entre vous !
Tout comme @Lolita, ce genre d'argument sur la "pensée unique" ne sert qu'à fermer le débat - pourquoi s'embêter à argumenter d'avantage, c'est la personne en face qui a tort puisque elle est fermée au débat.

Sauf que : comme d'autres rockies avant moi, je ne cherche pas à débattre sur l'égalité des droits. Je ne cherche pas de juste milieu à trouver pour qu'on se retrouve avec un peu de droits, mais pas trop, comme ca tout le monde est content.

J'ai vu que les sénateurs nous ont sorti l'argument de l'infertilité médicale, face à l'infertilité sociale. Bah oui quoi, il suffit de se mettre en couple avec un homme pour régler le problème!
Mais du coup les couples hétéros où un des deux est infertile (grande majorité des cas) bah pourquoi ils vont pas se mettre en couple avec quelqu'un d'autre?
Et puis tant qu'on y est avec les arguments de LMPT, pourquoi dans le cas d'un don de gamète on va toujours chercher un donneur qui ressemble le plus possible au parent social? On essayerai pas de mentir aux enfants, mmh?

Bref, tout ça me dégoute. Ils ont perdu sur le mariage et l'adoption et s'acharnent à garder la PMA pour être sûrs que quand même, on garde un peu d'inégalité, faudrait pas que les familles homoparentales commencent à se croire égales aux autres hein.
 

elly10

Well-known member
16 Déc 2020
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@Coco l’asticot C'est mieux que rien... oui et non.
Ca restera très discriminatoire. Qui seront remboursées de leur AMP? Les femmes infertiles, sous la condition qu'elles couchent avec un homme.
Ex: une femme (Gertrude) avec une endométriose sévère sera prise en charge en AMP et remboursée si elle est en couple avec Gilbert (et que Gilbert est un mec cis), mais pas si elle est en couple avec Gilberte, ou qu'elle vit seule. Plus encore, si cette femme et Gilbert ne parviennent pas avoir d'enfants mais que leurs résultats d'examens sont normaux (20% des couples infertiles), ils seront pris en charge.

Au final, Gertrude et Gilberte devront payer leur AMP. Cher (1500e l'insémination, 4 à 5 000 la FIV), avec des délais de prise en charge longs (pour les examens, pour les RDV) voir très longs (18 mois d'attente pour un don de sperme, 3 ans pour un don d'ovocyte, voir plus si vous faites parties "d’ethnies rares"), et des taux de réussite inférieurs à ceux qu'on obtient à l'étranger.

Au final, ce qui va se passer c'est que:
- les couples très aisés continueront d'aller à l'étranger
- les couples moyennement aisés auront une AMP en France
- les couples pauvres/ peu aisés auront toujours le bec dans l'eau

De plus: la France n'autorise pas le double don. Donc s'il y a une infertilité féminine sévère, les femmes lesbiennes/célibataires n'auront pas accès au don d'ovocyte+don de sperme.
De plus: la France oblige à l'anonymat du don de gamètes, ce qui n'est pas le cas à l'étranger. Certains couples souhaitent laisser la possibilité à l'enfant de connaître son donneur un jour, cela ne sera toujours pas possible.
 

Lolita

Petite mais féroce
3 Jan 2019
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@Pauline. Merci pour ces compléments d'information!

Où commenaçait la "PMA" n'était pas très clair pour moi, maintenant c'est plus clair grâce à tes explications. Et du coup, AMP, c'est synonyme de PMA, ou c'est un terme parapluie qui rassemble la phase "stimulation simple" (et autres techniques) et la phase "PMA" proprement dite? Ou peut-être est-ce un abus de langage qui fait que les gynécologues d'AMP parlent d'AMP pour tout ce qui peut aider à la procréation et qui nécessite de passer par eux (traitement d'infection, forage ovarien, chirurgie contre l'endométriose, etc.)? (Tu n'es pas obligée de prendre le temps de me répondre :fleur:)

J'avais lu pas mal de choses sur la DPI-A et j'espérais vraiment que cela puisse passer afin de ne pas laisser les gens vivre des échecs facilement évitables techniquement. La différence de taux de réussite est tellement importante (tellement que j'ai cru à un fake quand j'ai lu les premiers articles) que ça me semblait évident que ce serait adopté, mais j'étais trop optimiste visiblement. C'est une incitation au tourisme médical en tout cas, pour ceux qui ont les moyens et/ou la proximité géographique...
 
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Enheduanna

Well-known member
1 Fev 2019
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@Pépé le moko @elly10 Le fait est que les manifestations sont très médiatisées, mais d'autres actions le sont beaucoup moins. Pour avoir travaillé dans cet environnement, beaucoup d'associations religieuses ou d'inspiration religieuse se préoccupent de ces sujets : pour tout ce qui est de la précarité et des enfants, vous avez par exemple le Secours catholique ou les Apprentis d'Auteuil au niveau national et beaucoup d'associations locales, il y a aussi eu un grand mouvement avec pétitions et tout (notamment intervention des évêques) contre la casse du service public. Mais ça ne fait pas vendre donc ce n'est pas médiatisé (en dehors des médias religieux).
Et en ce qui concerne l'environnement, le pape a carrément écrit un livre là-dessus pour dire que c'est primordial, et il y a beaucoup d'initiatives qui en sont nées (mais encore une fois, comme ce n'est pas médiatique on n'en parle pas).
Voilà, c'était juste pour répondre à quelques idées préconçues, ce n'est pas parce qu'on n'en entend pas parler qu'il n'y a rien, il y a tellement d'initiatives géniales mais dont on n'entend pas parler (la semaine dernière j'ai encore entendu parler d'une association qui œuvre pour les enfants maltraités et notamment contre l'inceste, et pourtant je n'ai vu son nom dans aucun journal). Et attention à ne pas mettre tout le monde dans le même sac non plus, il y a plein de courants différents dans le christianisme.

(Fin du H.S., je vous laisse débattre du vrai sujet :ninja:).
 

Kettricken

Hate is always foolish, love is always wise
3 Jan 2019
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À titre personnel, ce qui me gêne dans l'ouverture de la PMA aux couples homosexuelles, c'est qu'elle va mécaniquement aboutir à la GPA, qui est une commercialisation du corps humain (car si on considère que l'enfant est un droit, pourquoi le refuser aux couples homosexuels ou aux hommes célibataires ?).
Non. En Belgique la PMA est autorisée pour les couples de femmes et les femmes celibataires depuis looooongtemps. Mais pas la GPA.
Bon en vrai, la Belgique a un gros flou juridique sur la GPA, ni autorisée ni pénalisée.
Mais l'argument de la pente glissante est en mauvais argument. Car la PMA pour les couples de femmes leur donne le droit de bénéficier des dons de gamètes (et pas le droit à un enfant). Techniquement, les couples d'hommes ont le même droit. Mais ces gamètes ne leur serviront pas à grand chose sans mère porteuse.

Un truc que je trouve intéressant dans les arguements de ceux qui sont contre la PMA pour les couples de femmes, c'est l'argument de "la PMA est là pour résoudre un problème médical".
Plot twist : on peut être lesbienne/bi ET infertile. A-t-on le droit dans ce cas de faire appel à la PMA ? J'aime bien poser la question et voir mes interlocuteurs se mettre soudain à bafouiller

En couple hétéro, j'ai du passer par la case PMA pour avoir mon fils. J'ai toujours été grande défenseuse des droits des familles LGBT, mais depuis cet épisode de ma vie, ces questions me touchent encore plus.
Je ne me souviens que trop bien de la souffrance de ne pas réussir à avoir d'enfant. Si à cet instant là, quelqu'un m'avait dit "oui mais non, tant pis, vous , on ne veut pa sque vous aillez d'enfant, donc on ne vous aidera pas"... la violence du truc... faut le vivre pour comprendre je crois
 
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Pauline.

Put on a happy face.
4 Jan 2019
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Val d'Oise
@Pauline. : Merci pour les compléments très intéressants que tu apportes. J'avais bien en tête que le temps d'attente allait être allongé pour tout le monde, mais pas forcément que certaines mesures rejetées par les parlementaires auraient pu arranger les choses. Je vais me pencher plus précisément sur la question pour un futur article. Merci (et bon courage !) :fleur:
Il y a bien d'autres mesures qui vont passer ou être rejetées et qui sont tout autant abhérrantes, par exemple le retrait du caractère pathologique de l'infertilité, mais bon je me suis contentée de parler de celles directement liées à la problématique de la grosse hausse de patientes à venir.

Si tu veux plus te pencher là dessus je t'invite très très fortement à consulter l'instagram et le site de BAMP, voire rentrer en contact avec eux.
Il s'agit de l'association des patients PMA en France, ils communiquent énormément sur le sujet, lancent les pétitions "officielles" pour faire pression sur les politques, sont en contact direct avec les instances officielles (ils ont participé aux réunion de l'ABM lors de l'organisation de la réouverture des centres après le confinement par exemple). Virginie, la Présidente, est hyper impliquée et je pense qu'elle se fera un plaisir de communiquer sur le sujet (auquel bien trop peu de personnes s'intéressent) !

@Pauline. Merci pour ces compléments d'information!

Où commenaçait la "PMA" n'était pas très clair pour moi, maintenant c'est plus clair grâce à tes explications. Et du coup, AMP, c'est synonyme de PMA, ou c'est un terme parapluie qui rassemble la phase "stimulation simple" (et autres techniques) et la phase "PMA" proprement dite? Ou peut-être est-ce un abus de langage qui fait que les gynécologues d'AMP parlent d'AMP pour tout ce qui peut aider à la procréation et qui nécessite de passer par eux (traitement d'infection, forage ovarien, chirurgie contre l'endométriose, etc.)? (Tu n'es pas obligée de prendre le temps de me répondre :fleur:)

J'avais lu pas mal de choses sur la DPI-A et j'espérais vraiment que cela puisse passer afin de ne pas laisser les gens vivre des échecs facilement évitables techniquement. La différence de taux de réussite est tellement importante (tellement que j'ai cru à un fake quand j'ai lu les premiers articles) que ça me semblait évident que ce serait adopté, mais j'étais trop optimiste visiblement. C'est une incitation au tourisme médical en tout cas, pour ceux qui ont les moyens et/ou la proximité géographique...
Alors AMP (Assistance Médicale à la Procréation) et PMA (Procréation Médicalement Assistée) c'est la même chose, c'est juste que les mots ne sont pas mis dans le même ordre :happy: Je vais détailler un peu plus ce que ça couvre, ce sera peut être plus compréhensible et clair.

Les actes qui rentrent dans le cadre de la PMA sont :
- l'insémination artificielle qui comprend la stimulation ovarienne (injections, prises de sang et échos), le recueil du sperme (conjoint ou donneur), sa préparation et l'insémination
- la FIV qui comprend la stimulation ovarienne (injections, prises de sang et échos ; de la patiente ou de la donneuse), la ponction ovocytaire (recueil des ovocytes de la patiente ou de la donneuse), le recueil du sperme (conjoint ou donneur), la mise en fécondation, la culture des embryons, leur transfert et leur éventuelle congélation
- les transferts d'embryons congelés issus d'une FIV ce qui implique le traitement hormonal pour préparer le transfert, la décongélation des embryons et le transfert en lui même
- la conservation de gamètes dans le cadre de maladies qui menacent immédiatement la fertilité (cancer par exemple) ce qui passe par un recueil de sperme ou par une stimulation ovarienne, une ponction et la congélation des ovocytes obtenus

Tout autour de ces protocoles tu as des examens à faire (prises de sang, échos, hystéroscopie, hystérosalpingographie, ...), tu peux avoir aussi des opérations suivant tes pathologies (endométriose, problèmes de trompes, drilling ovarien, embolisation de varicocèles...) pour améliorer tes chances de réussite mais ces actes ne se caractérisent pas comme étant des actes de PMA même si au final ça fait parti de manière globale du parcours PMA.

Parfois il y a effectivement un abus de langage en parlant de PMA pour une stimulation simple avec rapport programmés, même si on n'est pas très loin de l'insémination au final...
 

DPC

Well-known member
12 Jan 2021
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Merci @Pauline. pour tes explications très intéressantes.

Le retrait du caractère pathologique de l'infertilité dont tu parles, faut-il le comprendre comme le fait que l'infertilité ne sera plus considérée comme une "maladie" (pardon pour le terme, mais ça me paraît tellement incroyable que je cherche le mot qui confirmera que j'ai bien compris) ?
 
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DPC

Well-known member
12 Jan 2021
77
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Ce message n'apportera pas grand-chose, mais ça me laisse absolument sans voix.
 
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Syndromes

Active member
14 Jan 2019
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@elly10 je réagis juste sur le dernier point : tu trouves que l'anonymat du don de gamètes est problématique ? (en dehors de l'historique médical de la famille, mais on peut très bien envisager de le transmettre sans divulguer le nom du donneur :happy:).

Personnellement la levée de l'anonymat du don de gamètes me paraît être un gros frein pour les donneurs potentiels... Je pense que si tu donnes tes gamètes c'est pas pour avoir quelqu'un qui vient sonner à ta porte 15 ans après. :hesite:
 

elly10

Well-known member
16 Déc 2020
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@Syndromes ça dépend de quel côté tu te places : du côté du donneur ou du côté de l'enfant.

Pour le coup je ne suis ni donneuse, ni enfant issu d'un don donc je ne me permet pas de parler à leur place mais je sais que certains enfants nés d'un don militent pour que l'anonymat soit levé.

Le fait est que dans certains pays l'anonymat peut être levé et ils ne sont pas en manque de donneurs (par exemple au Danemark. Il y a aussi la question de la rémunération du don, mais j'ai appris récemment que les donneurs de sperme touchaient 50€ par don, je ne pense donc pas que l'argent soit leur motivation première...)
 

Chocovore

éclair au chocolat
9 Jan 2019
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@Syndromes Ici c’est le cas. A l’origine on (c’est une décision qu’on avait pris suite à une discussion en couple, d’ailleur au CECOS si on est en couple ils vérifient l’accord du conjoint) voulait faire un don d’ovocyte, mais c’était compliqué (accès au centre, indisponibilité pour le boulot de madame). On s’est donc dit qu’on pouvait faire un don de sperme à la place (c’est sans garantie qu’on soit sélectionné toutes les propositions de dons ne sont pas acceptées mais on réunissait beaucoup de critères : âge , bonne santé, enfant en bonne santé physique).

Mais depuis qu’il est évoqué que l’anonymat des dons pourrait être levé (un moment à même été évoqué la rétroactivité qui permettrait de levée l’anonymat des dons fait avant la loi) et qu'éventuellement dans ce cas une fois la nouvelle loi appliqué, le stock d’ancien don anonyme pourrait être détruit. Ça a totalement stoppé notre démarche. Comme l'anonymat est important pour nous, on verra ce qui sera dans le texte final et si on continue ou non.

Lors de la levée de l’anonymat des donneurs au Royaume-Uni en 2005 il y avait eu une chute du nombre de dons. Cela a ré-augmenté depuis mais les profils ont changés, avant c’était surtout des jeunes hommes sans enfants (ce qui était interdit en France jusqu’en 2011), maintenant c’est surtout des hommes plus âgés qui ont déjà eut des enfants.
 
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Roserouge

Sans Blanche-Neige
7 Oct 2020
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Bretagne
@Syndromes
C'est une possibilité, mais ce n'est pas certain. En Suisse, les enfants nés par don peuvent avoir accès à l'identité du donneur dès leur majorité depuis 2001. Pour autant, il y a eu 895 donneurs de sperme en 2019 (363 en France en 2016).
Je ne sais pas si les CECOS en parlent aux donneurs et donneuses, mais comme je le disais à Lolita, de plus en plus de personnes font des tests ADN récréatifs (même si c'est illégal). Il suffit que la tante, la sœur, le fils, le cousin... d'un donneur ou d'une donneuse fasse un test pour qu'on puisse potentiellement remonter jusqu'à lui/elle. C'est à avoir en tête avant un don, quoi que dise la loi finalement.
Personnellement, je suis pour la levée de l'anonymat ou en tout cas l'accès à des données identifiantes, même si cela fait baisser les dons. Les intérêts des uns et des autres sont parfois divergents, même si tous les enfants ne sont pas pour la levée de l'anonymat (beaucoup ne sont pas au courant, donc difficile d'avoir un avis dans un sens ou dans l'autre), ni tous les parents ou donneurs-ses contre.

@Chocovore j'ai consulté ce vieux rapport du Sénat, et pour le Royaume-Uni ils indiquent ceci : "La HFEA indique que 265 nouveaux donneurs de sperme ont été enregistrés entre le 31 mars 2005 et le 31 mars 2006, c'est-à-dire au cours des douze mois qui ont suivi la levée de l'anonymat, alors que 250 l'avaient été au cours des douze moins précédents." Tu as des infos contradictoires du coup (j'avais en tête la même chose que toi, en fait) ?
 
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Kettricken

Hate is always foolish, love is always wise
3 Jan 2019
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La plupart des comités éthiques en arrivent à la conclusion que l'intérêt de l'enfant est d'avoir accès à ses origines autant que possible (pas toujours possible pour les enfants adoptés).
En Belgique, le don est anonyme mais certaines cliniques (en tous cas une dans ma ville) contournent la loi en se fournissant auprès de la fameuse banque danoise. Mais 1) ça coute un rein (600e par essai) et 2) apparemment, le législatif veut y mettre fin.
Perso, je suis pour l'ouverture de la PMA à tout.es sans restriction (personne trans comprises) mais je pense que l'intérêt de l'enfant doit primer donc le don devrait ne plus être anonymes. Et si ça baisse le nombre de dons, ça sera bien triste et j'espère que ça sera transitoire
 

Chocovore

éclair au chocolat
9 Jan 2019
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@Roserouge J’ai lu ça dans une source journalistique : une émission de de France 5, que je lisais à la base pour voir où en était la situation en France.

En creusant un peu : sur le site de la HFEA il y a rapport qui concerne les donneurs de spermes
et un tableau excel avec les données

Ce qui est comptabilisé ne sont pas les dons, mais l’enregistrement de nouveaux donneurs dans la base de l’HFEA, et dans leur tableau on croise un petit avertissement sur les doubles comptes qui pourrait être présent:“these tables refer to all donor registrations, the same donor may be counted multiple times in the same year or in several different years”

Ce qui baisse en 2006 c’est l’enregistrement de nouveaux donneurs qui ne sont pas britanniques (à l’époque surtout des donneurs américains) mais en 2006 l’augmentation régulière des donneurs britanniques fait que les chiffres sont relativement stables en 2006 avant de reprendre leur croissance.

Ce qui est intéressant dans ces documents c’est de noté la dépendance britannique aux donneurs états-uniens et danois. En 2017 il y a enregistrement de 491 donneurs britannique pour 747 donneurs des USA et 729 donneurs danois. (Alors que les donneuses d’ovocyte sont à par un petit groupe d’Ukrainiennes une immense majorité de Britanniques)
Il y a eu plusieurs articles à l’occasion du Brexit sur une potentielle pénurie de sperme mais ils sont tous basés sur une même dépêche AFP du 24 août 2018.

Donc comme la source officielle mesure les donneurs et non les dons, et qu’on peut faire plusieurs insémination avec un seul don difficile de savoir.

La seule choses pour lesquelles les sources concordent c'est l'augmentation de la proportion des donneurs de la tranche 30-40 ans.

Il est au final difficile de conclure mais on peut voir que l’évolution de législation a toujours permis l’enregistrement de nouveaux donneurs (qui restent une fraction infinitésimale de la population). :hesite:
D’ailleurs certains peuvent avoir une motivation et conception qui soit l’inverse de la nôtre et que ça les poussent à franchir le pas du don...

Autres info intéressantes des données HFEA : en 2017 pour les FIV 2345 sont réalisées avec du sperme de donneur contre 60638 avec le sperme du conjoint.
 

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