Depuis quand « être une bonne mère » veut dire « se sacrifier » ?

Obrigada

Well-known member
2 Fev 2019
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Bretagne sud
Article très intéressant même si je ne suis pas d’accord avec tout. Je n’aime pas trop la vision sacrificielle des choix, choisir c’est toujours renoncer mais on peut voir ce renoncement comme un choix positif. Par exemple, choisir de lire un magazine ou bien de laver la vaisselle (je n’ai pas de lave-vaisselle, désolée si cet exemple parle à peu ^^). Si je décide de laver la vaisselle dès la fin du repas, je renonce à me reposer en lisant un magazine mais je sais que je vais me coucher l’esprit tranquille alors que sinon il faudra laver la vaisselle le lendemain matin. De même il y a quelques années j’ai choisi de faire garder mes enfants le mercredi alors que je ne travaille pas ce jour là parce que j’avais besoin de temps seule, de temps efficace, de déléguer les siestes galères, etc. Alors oui, j’ai renoncé temporairement à une journée avec mes enfants mais je n’ai pas culpabilisé pour ça, et l’on m’a même dit que j’avais bien raison de prendre ce temps. Ce sont des exemples mais je veux dire que parfois il peut être nécessaire de sacrifier quelque chose parce qu’on en retire un bénéfice pour soi et sa famille et qu’il me parait plus productif de voir ce qu’on gagne (la satisfaction d’avoir une cuisine rangée, un moment de qualité avec son enfant) plutôt que de se focaliser sur ce à quoi on renonce (une sortie, une soirée film, la flemme…). Et parfois on a le droit ne pas avoir envie, de déléguer, de repousser sans culpabiliser et sans que le statut de « bonne mère » soit remis en cause. On reste la mère de nos enfants quels que soient nos choix, qu’ils soient considérés comme bons ou mauvais par les autres et nous-mêmes.

Je crois aussi qu’il faut remettre les choix en cause régulièrement pour éviter qu’ils deviennent des contraintes et donc des sacrifices.
 

Pantoufle

Ex-Charentaise
2 Jan 2019
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alouestriendenouveau.fr
Je pense que je me suis pas mal sacrifiée la première année de ma fille, par rapport à ses besoins intenses et son sommeil pourri qu'on a toujours accompagné sans relâche coûte que coûte ("on" car mon mari s'est sacrifié au même niveau, sauf que j'avais en plus de mon côté la dimension allaitement "long" qui rentrait en compte), et en même temps je ne vois pas comment on aurait pu faire autrement, comme Clémence laisser pleurer n'était pas une option et ne l'est toujours pas, j'ai pas envie de sacrifier ma fille non plus, c'est nous qui avons décidé de la faire naître.
A côté de ça j'ai paradoxalement toujours su me faire passer en avant aussi (peut-être pas en premier mais ne pas m'oublier), je comptais la garder 9 mois avec moi, finalement j'ai fait des pieds et des mains pour qu'elle soit gardée bien plus tôt car je voyais bien que c'était pas possible pour moi de rester H24 avec un bébé qui hurle, ça m'a dégagé beaucoup de temps pour moi pour mes projets perso et pro, ce que j'ai toujours très bien vécu, c'est en notre avantage à toutes les deux. On a aussi vite fait plein de WE sans elle, les petits pots ça nous a vite gonflé de les faire maison donc on est passés à de l'industriel et là encore sans aucun remord, ça n'altère pas sa vie et ça facilite la nôtre. Bref je me suis sacrifiée mais pas sur tous les plans, que sur ceux sur lesquels je ne me voyais pas faire autrement et c'est vrai que sur ceux-là, sans me glorifier pour autant, je trouve ça important de moi à moi de reconnaître que quand même c'était balèse et que j'ai du mérite (ce qui ne veut pas dire que quelqu'un qui aurait fait d'autres choix aurait moins de mérite, mais ça rentre aussi dans le cadre de la survie mentale de s'auto-congratuler un peu, de se dire qu'on en a chié mais qu'au final quand je vois la petite fille hyper heureuse et bien dans ses baskets qu'est devenue ma fille ça valait grave le coup, je trouverais ça nul de doublement me punir en me disant que je me suis trop sacrifiée et que c'est pas féministe).
 

Coco l’asticot

Well-known member
12 Jan 2019
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En fait le truc c’est : respecter la vie de chacun on fait ce qu’on peut et veut en tant que parent, mais quand on se confie sur des difficultés ne pas les balayer sous prétexte que oui c’est normal t’es Mère tu l’as voulu donc ta gueule
Par exemple moi je dormais plus depuis deux nuits, j’en parlais à ma grand mère qui me dit oui c'est normal on dort plus quand on a un bébé, j’ai dit bah normal ou pas ce soir je dors chez une copine et bébé c’est dodo avec le papa et je reviens à 7h30 avant qu’il parte au boulot. Au lieu de juste dire ha ok bonne nuit j’ai eu un bla-bla sur les jeunes d’aujourd’hui on est incroyable d’ingéniosité...ça devrait être juste vu comme normal en fait
 

LadyOscar

Well-known member
5 Jan 2019
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Je ne pense pas qu'il faille nécessairement se sacrifier pour être un bon parent MAIS je pense qu'il faut être prêt à faire des sacrifices sur certains points (le sommeil, le budget, etc) si la situation l'exige. Car en fonction du modèle de bébé qu'on tire et des changements dans sa vie qui peuvent survenir (vie pro, séparation, décès, etc) bah oui à un moment le bien être de son enfant peut exiger un sacrifice. Si dans le patelin où on vit, pas de garde d'enfant après 17h30, on devra peut-être renoncer à ses 4 seances hebdomadaires de sport pendant qq années). Un enfant avec un handicap particulier peut nécessiter qu'on déménage dans une autre région voir pays (la Belgique au hasard...) pour le scolariser dans une structure adéquat (et donc qu'on doive chercher un nouveau travail). Si le couple parental capote et qu'on trouve quelqu'un avec qui on souhaite refaire sa vie mais que la personne ne supporte pas les enfants, on devra renoncer à vivre en couple 1 semaine sur 2 (si on est sur une garde partagée) par exemple. Clairement c'est pas toujours quelque chose d'attendu ou de "normal" de se sacrifier. Je pense notamment à l'ex du déménagement pour trouver une structure pour scolariser un enfant car l'état français devrait assurer une scolarisation adaptée pour tous les enfants et ce dans tous les départements et c'est lamentable que ce ne soit pas le cas. Mais qd il n'y a pas d'autres solutions....
 

charberlotte

Well-known member
25 Jan 2019
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J'ai bien aimé l'article aussi ( c'est fou mais ces dernieres semaines vous publiez de nouveaux pleins d'articles trop cool Rockie!!).

Je suis en plein dedans (bebe quiva avoir 6 mois et qui commence la creche et moi qui recommence a travailler). Autant je n'ai jamais adhéré a manger froid (ou a ne pas manger) ou boire mon café froid, autant ces semaines de reprises engendrent beaucoup de conflits avec mon conjoint (et bébé qui a décidé de se réveiller toutes les heures et d'hurler a la mort des qu'elle est dans son lit....).
On ne laisse pas pleurer le bébé non pas pour ne pas la traumatiser mais parceque ca nous rend dingue ou nous empeche de dormir! Et se reveiller plusieurs fois par nuit ok mais être au bout du rouleau tous les jours ce n'est meme pas envisageable!
Par contrr je culpabilise sur pleins de trucs (oh les couches ca pollue mais je n'ai pas encore trouvé la force d'acheter des couches lavables, maintenant qu'on a commencé a donner des legumes je stresse trpp pour introduire pleims de gouts et d'autres nourriture) alors que mon conjoint ca ne lui pose pas de probleme (manger une carotte rt une pomme tous les jours du moment que ca lui plait ok, lui donner du lait en poudre si je n'arrive pas a tirer mon lait pour la creche, etc.).
Enfin bref pour le moment jai un bébé éveillé qui adore sa maman (et son papa mais.il na pas les boobs) et surtout qui adore manger et boire, donc je me dis qu'on ne fait pas trop mal (et on mange tous nos repas chauds et ensemble!)
 

Clèves

Y en a même qui disent qu'ils l'ont vue voler
4 Fev 2019
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@Clèves c’est le problème des petits messages comme ça : dans la bouche de deux personnes différentes un truc peut passer différemment. Moi je lis ça sans connaître le contexte je comprend que l’auteur trouve ça presque noble de bouffer froid et ne pas dormir
Je pense que c'est la formulation qui porte à confusion. Illana Weizman est celle qui a lancé un hashtag sur Twitter autour du post-partum l'année dernière, ayant elle-même vécu une dépression après la naissance de son enfant. Du coup, je trouverais ça étonnant qu'elle soutienne une telle position. Peut-être que son post aurait pu être tourné un peu différemment, genre "mère = personne obligée de sacrifier sa santé mentale, ses repas froids, etc"
 
  • You Rock !
Reactions: Marj Oram

second breakfast

Well-known member
14 Juin 2020
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j'ai vu ce post passer aussi sur facebook :facepalm:

je ne vais pas me lancer dans un pavé, mais ça me fout tellement la gerbe cette idée de sacrifice glorieux

(cela étant je ne m'imagine pas gérer toute la petite enfance de mon peut-être-un-jour-futur-enfant sans passer par la case repas froid ou douche manquée de temps à autre) Mais c'est pas parce que parfois ça arrive et que la logistique est difficile que c'est ton rôle de maintenir ça comme ça, ou de voir ça comme une fatalité

et la santé mentale, OMG mais s'il y a UN TRUC sur lequel il faut sensibiliser les parents, c'est prendre soin de leur santé mentale didjou!
 

klifer

Le temps passe vous savez ...
2 Jan 2019
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www.mokumonmywrist.eu
@Clémence Boyer j'ai adore cet article que j'ai trouvé passionnant, creusé et hyper complet !

@LadyOscar oui mais je trouve que les sacrifices dont tu parles sont plus de l'ordre de "la vie" que des sacrifices purement parentaux. Dans le sens ou même sans être parent il y a toujours des moments où la vie exigera des sacrifices ou des choix. Je veux vivre avec mon nouveau partenaire allergique aux poils mais j'ai un chat, on me propose le poste de mes rêves dans une ville lointaine qui ne m'attire pas du tout, ma maison a besoin de travaux mais je veux partir en voyage et mon budget est limité... A l'inverse on ne peut pas exiger de la parentalité qu' elle soit exempt de dilemnes chiants ou de sacrifice parceque il n'existe pas de choix de vie qui le soit.

J'ai envie de nuancer la partie "que du bonheur" des réseaux sociaux, tout dépend des cercles car depuis quelques années on assiste à une libération salvatrice de la parole qui mène à décrire la parentalité de façon "reelle" et "negative". Je pense que c'est salvateur mais pour peu que l'on s'intéresse à certains contenus, qu'on soit féministe etc, ce sont ces contenus qui apparaissent dans nos threads et qui confirment cette idée du sacrifice puisque le son de cloche devient alors de montrer a quel point ce sacrifice est dur. J'aimerais voir des contenus plus entre-deux également.

Personnellement cette notion de sacrifice m'a terrifié quand je suis devenue mère. Je ne voyais pas ma vie sans faire d'enfants mais je ne voyais pas non plus mon existence sacrifiée pour eux. Finalement je trouve au contraire que paradoxalement mon ainée ma donné une force et une confiance en moi qui m'ont poussé à développer ma vie pro et perso, et que mon existence est plus riche et épanouie au-delà de la vie familiale. Mon fils vient d'arriver et j'espère que l'équilibre ne sera pas mis à mal.
 

Aribeth

La roue tourne
6 Jan 2019
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Pour moi aussi la première année ça a été un sacerdoce complet, assorti d'une dépression pour le premier enfant, parce que ma vie avait trop changé, en si peu de temps.
J'ai lu plus haut qu'on parlait de la mouvance "maternage proximal", ce truc qui nous dicte chaque année des nouvelles pratiques tendances rendant obsolètes les précédentes, mais qui ont pour point commun d'être de plus en plus chronophages. Ce truc m'avait tellement mis la pression que je refuse désormais de lire des livres sur la parentalité.
Mes garçons ont maintenant (presque) 2 et 5 et je suis beaucoup plus à l'aise avec la maternité parce que j'ai du temps pour moi, une vie pro, je dors la nuit, en journée chacun vaque à ses occupations (école nounou travail) et le soir et weekend c'est un bonheur de se retrouver, on passe du temps ensemble et on fait des câlins.
Mes enfants restent ma propriété et passeront toujours avant le reste, mais je me retrouve avec moi-même maintenant que la période fusionnelle est passée. Et ça fait du bien et je ne culpabiliserai plus, car je vois bien qu'en étant bien, ils sont bien aussi.
 

CCCC

Cessez ces "C" !
20 Jan 2019
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Merci pour cet article très intéressant !
Qui eût cru qu'une citation de Florent Pagny pouvait être utilisée à profit ? :yawn:

Je trouve que ce qui est difficile, c'est d'apprendre à d'écouter (ou à se ré-écouter). Moi quand j'étais en pleine tempête post-naissance (18 mois on va dire), j'étais incapable de savoir ce qui me ferait du bien : voir des gens, je sais pas... "Aller faire un truc pour soi" bah oui mais quoi... Reprendre une activité que j'aimais bien avant (le piano, la piscine...), ok, mais c'était une énième injonction...

J'ai vraiment vécu mon début de maternité comme le fait que tout le monde (y compris moi) plaquait sur moi l'image de ce que je devrais être et c'était chiant. Finalement, dans ma maternité, c'était peut-être ma fille la moins casse-pieds (et pourtant elle se réveillait toutes les heures à cause d'un RGO).

Je cite notamment ce passage: "la méfiance de certaines féministes envers l’allaitement, le portage, les couches lavables ou l’accouchement naturel". Ça me semble douteux d'assimiler ces choses les unes aux autres. Les couches lavables sont souvent choisies pour des raisons financières et/ou écologiques, raisons qui regardent principalement les parents. Le portage par contre est un besoin fondamental du bébé, et ça ne me semble pas très pertinent de le remettre en question. Tout comme le fait que le bébé a besoin qu'on s'occupe de lui, et qu'au moins pendant la période "tout petit nourrisson" les parents fassent passer la réponse à ses besoins au sommet de leurs priorités. Mais c'est un temps limité (0-3mois), ensuite il devient progressivement capable d'attendre un peu, de jouer un peu tout seul, etc.
Et pourtant un certain nombre de féministes, disons une certaine génération de feministes, mettent toutes ces choses-là sur le même plan (je veux dire que ce n'est pas @Clémence Boyer qui le fait, puisqu'elle adresse justement une critique constructive aux courants féministes qui se méfie de tout ça en bloc). Si on prend par exemple Elisabeth Badinter dans La mère et la femme (pardon, je ne me rappelle plus le titre exact), c'est ce qu'elle dit, en parlant des couches jetables comme d'une grande avancée pour la cause des femmes, avancée que des considérations écologiques viennent remettre en cause, mais elle parle aussi de l'injonction à être tout le temps disponible pour son bébé, de ne jamais le laisser pleurer, et de le porter le plus possible etc.
 

diad

Well-known member
20 Mar 2019
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J'aimerai l'avis sur ce sujet de celles / ceux qui ont à coeur de respecter le plus possible les conseils issues de l'éducation bienveillante/ positive. Aucun jugement de ma part dans un sens comme dans l'autre, je voudrais comprendre simplement comment concilier, les premiers mois passés, un bon équilibre vie maternelle et vie "personnelle"...
Je suis maman d'une petite fille de 4 ans, le deuxième est attendu pour l'été. Si j'applique moi-même certains principes ( désamorcer les situations calmement, prendre en compte l'émotion de l'enfant ..), d'autres me paraissent totalement inapplicables dans le quotidien. J'ai la trentaine. La quasi-totalité de mes amis parents ne jurent que par ces méthodes, au point de littéralement, à mon sens et sans aucun jugement, de sacrifier leur couple et parfois leur santé. Certains d'entre eux, désireux de laisser le temps à leurs enfants dorment avec leur fratrie ( enfant de 5 et 3 ans ) toutes les nuits. Si bien que le lit n'étant pas extensible c'est bien souvent le père qui finit sur le canapé. Les enfants sont encore allaités plusieurs fois par nuits. Je ne juge pas ces situations,chaque parent agit bien comme il le souhaite mais deux choses me posent questions :
- certains de ces parents sont littéralement à bout. Ils ne dorment pas 5 ans après et l'allaitement devient très pesant la nuit.
- ces principes se transforment en injonction et dès lors qu'ils ne sont pas appliqués l'on parle de violence éducative. J'avais a coeur que ma fille fasse ses nuits dans son lit. Elle est restée 6 mois avec nous. Puis progressivement nous l'avons mis dans sa chambre. Cela s'est très bien passé, nous avons eu de la chance. Mais il faut dire que jamais je n'ai accepté ( hors maladie et crises nocturnes ) qu'elle ne s'endorme dans le lit parental. J'ai préféré veiller à ses côtés sans sa chambre pour la rassurer et qu'elle prenne confiance en douceur. Chaque enfant est différent bien sûr.. mais quand je m'entends dire que laisser un enfant dans son lit est une violence éducative je trouve cela blessant.. si nous lui avions laissé le choix elle aurait bien évidemment préfèré notre lit au sien. Pour autant elle ne m'a jamais semblé en souffrance.

Peut être n'en ai je pas compris toute la philosophie, mais j'aimerais donc comprendre si il est possible pour vous et le cas échéant comment concilier éducation bienveillante et épanouissement "personnel" maternel ou paternel ( les premiers mois passés naturellement). Merci à celle et ceux qui pourront témoigner et m'éclairer :). Le deuxième faisant son nid dans mon ventre je me pose de nombreuses questions.
 

Coco l’asticot

Well-known member
12 Jan 2019
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De toute façon il y a des expressions que je trouve complément debiles qui n’ont aucun sens pour moi
« Bonne mère » « bon père », éducation positive ?? Violence éducative ??
Un mauvais parent pour moi c’est un parent qui insulte tappe ou viole son enfant et c’est tout
Toutes les éducations sont bien sauf horreur comme j’ai écris au dessus
On se prend trop la tête
 

klifer

Le temps passe vous savez ...
2 Jan 2019
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@diad Autant j'adhère totalement au concept de parentalité bienveillante même si je trouve ce terme stupide puisque la bienveillance c'est pas l'apanage d'une certaine catégorie de parents en particulier autant ce que tu racontes pour moi c'est du dogme. Le problème n'est pas l'allaitement long et le cododo si tout le monde kiffe mais de le faire sans y trouver son compte et critiquer ceux qui ne le font pas. Et perso je ne vois pas en quoi le fait de ne pas dormir avec un enfant de 5 ans constitue une violence.
 

Elize

Well-known member
10 Fev 2019
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Je n'arriverai jamais à prendre le temps de commenter cet article pour dire tout ce ce que je voudrais dire, mais je "passe" au moins pour dire un grand MERCI.
Maman d'un petit garçon de 10 mois hyper demandeur, petit dormeur et accro au sein et aux bras, je suis en plein dedans, et je retrouve beaucoup de mes ambivalences dans cet article et les commentaires qui suivent. Du coup je me sens moins seule, bien que toujours en galère.
 

Athena7901

Well-known member
30 Sept 2020
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Je ne sais plus où j'ai lu que tout ce qui permettait aux parents et aux enfants de dormir sans que ni les uns ni les autres ne pleurent (ou ne pleurent trop) était valable. Le reste ne compte pas. Donc cododo court, long, lit solo dans sa chambre ou ailleurs, tant que l'enfant et ses parents y trouvent leur compte, c'est le seul critère à respecter.

Je déteste le terme "éducation bienveillante" et ce qui s'y associe. Je suis en désaccord avec un grand nombre de ses principes (que je n'applique d'ailleurs pas). J'en croirais donc que je suis malveillante avec mon fils. Et pourtant, j'ai à coeur qu'il grandisse bien, c'est à dire qu'il soit en bonne santé mentale et physique. Ce qui à trois mois semble être le cas. Mais je sais que je ferai (ou ai fait) des erreurs (qui n'en fait pas ? Personne.)

On m'a toujours appris qu'éleve un enfant était le métier le plus dur du monde parce qu'il n'y a pas de manuel. Aujourd'hui, sous couvert de neurosciences, on fait croire aux parents qu'il y a un manuel, et qu'en dehors de ces recettes point de salut. Et bizarrement, cela implique un sacrifice total.

Pardon, mais non. Pour moi être mère c'est comme être épouse. C'est ajouter une personne et une situation à l'équation, mais à aucun moment JE ne sors de l'équation. J'ai moins de temps pour moi, je pense à mon fils en priorité, mais si je dois aller aux toilettes ou manger, sauf urgence vitale, je le fais. Parce que ce sont des besoins vitaux justement. Par contre j'ai appris à être opportuniste et y aller autant que possible quand mon fils n'a pas besoin de moi. Mais parfois, et bien si je dois le laisser pleurer deux minutes parce que j'ai bu trop de thé, alors oui, c'est ma vessie qui est prioritaire. Et il n'en mourra pas sauf si je le laisse sur une table à langer à ce moment là.

J'ai conscience d'avoir tiré un excellent lot. Il dort beaucoup et moi aussi de ce fait. Mais j'ai appliqué ce qui était important pour moi aussi, et l'ai fait dormir dans sa chambre dès la première semaine. C'est peut être son tempérament, mais il y a dormi hyper bien hyper vite (noir complet, silence et bon matelas). Je ne cours pas non plus dans sa chambre dès que je l'entends (vilaine mère, je n'ai même pas de babyphone, mais la chambre est en face). Parce que j'ai vite noté dès la maternité qu'il chouinait facilement en dormant et entre deux phases de sommeil. Donc je ne l'interromps pas et il n'en dort que mieux et moi aussi. Rien que ça pour beaucoup fait de moi une mère adepte des VEO et me sort d'une parentalité bienveillante.

Je ne suis pas parfaite, loin de là, mon fils non plus, personne ne l'est. Mais pour moi la parentalité sacrificielle est inenvisageable et je la trouve néfaste. Encore plus quand on suit trop les blogs de parentalité qui poussent à en faire trop. Avoir des conseils c'est bien, mais je reste fondamentalement persuadée que les plus importants à écouter sont l'enfant et nous mêmes (pères inclus). Et trouver la confiance en soi, en ayant conscience qu'on n'est pas parfait, omniscient ou omnipotent. Et si pour ça il faut cododoter, allaiter au sein, dormir sans l'enfant ou lui donner le biberon, tant que c'est fait avec amour pour l'ensemble des membres de la famille, c'est tout ce qui compte.

Et ne jamais oublier qu'on élève des enfants pour qu'ils quittent le nid. Si quand ils partent tout n'est que champs de ruines autour de soi parce qu'on a tout sacrifié, on risque d'y perdre définitivement la raison.

PS : j'espère n'avoir offensé personne, ce n'est pas mon but :fleur:
 

Coco l’asticot

Well-known member
12 Jan 2019
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Je déteste le terme "éducation bienveillante" et ce qui s'y associe. Je suis en désaccord avec un grand nombre de ses principes (que je n'applique d'ailleurs pas).
Ha bah encore un truc que je connaissais pas lol, éducation bienveillante
Tu fais quoi toi avec bébé ? De l’éducation bienveillante et toi? Ha moi je fais de l’éducation bien malveillante et sataniste les jours fériés =D
 

CCCC

Cessez ces "C" !
20 Jan 2019
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Ce serait très gentil de ne pas mépriser celleux qui se reconnaissent dans le terme "éducation bienveillante" :fleur:. Ca peut vous sembler évident à vous mais pour moi tout était à apprendre. Ce terme m'a aidé à me projeter dans mon rôle de mère.

Quand je pleurais, ma mère me disait "bouh tu n'es pas belle quand tu pleures." Pour éviter que je mange trop elle me disait que je commençais à avoir "de bons jambons" , et tout un tas de remarques sur mon corps.
Je me suis rendue compte en ayant un enfant que ça n'est pas une bonne idée d'essayer de le "dresser"... Certes, j'arrêtais de pleurer quand ma mère me disait ça, mais à quel prix ?
Elle n'était pas "méchante" ni "malveillante", c'était certainement une amélioration par rapport aux fessées qu'elle avait connues dans les années 40. Mais je continue aujourd'hui à me battre contre un handicap émotionnel très pesant. C'est sûr qu'elle m'aime, mais aimer ne suffit pas. Il n'est pas illogique de chercher comment bien faire. Croire qu'il "suffit de faire comme on le sent" c'est risquer de laisser croire aux jeunes parents qu'il suffit d'aimer pour qu'il n'y ait pas de gestes qui font mal.
 

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