Depuis quand « être une bonne mère » veut dire « se sacrifier » ?

Coco l’asticot

Well-known member
12 Jan 2019
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Vive Winnicot et la mère suffisamment bonne ! Pas besoin de se culpabiliser et de se sacrifier pour être une maman !
Au passage j’avais vu passer ce tweet et j’avais trouvé ça honteux, et si on en arrive à avoir un problème de santé mentale il faut tout de suite appeler à l’aide et pas considéré ça comme les joies de la maternité ! (Les mêmes diront qu’aujourd’hui on est trop préparé sur l’accouchement et qu’on manque de « surprises » = ne pas savoir qu’on a des locchies pendant 3 semaines, etc etc)
 

KrissDeValnor

Well-known member
8 Jan 2019
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Article fort intéressant, ma puce vient juste d'avoir 7 mois et je suis en plein dedans. on a beau se faire pleins de plans à l'avance, quand son bébé pleure, bah on peut pas l'ignorer, perso il m'est souvent arrivé de pleurer avec elle quant j'arrivais pas à la calmer, c'était (et c'est encore parfois) une véritable souffrance de la voir pleurer.
Et la touche pernicieuse supplémentaire dans l'histoire c'est que aujourd'hui on a le choix (enfin quasi toujours) donc tout ce qui arrive découle de nos décisions, c'est voulut (et on pas être totalement préparé au raz de marré que représente la parentalité). Donc si ça va pas c'est de notre faute, on avait qu'à pas faire ce choix, même si l'univers nous répète en boucle 'c'est que du bonheur'.
Et sérieux les lectures sur la parentalitées c'est parfois l'horreur, big up à ce bouquin dans la veine mouvance maternage proximal qui disait en gros que si tu reprenais le travail avant les 1 an de ton mouflet tu le privais de liens affectifs irremplaçable, qu'il aurait un sentiment d'abandon, etc. T'as qu'à faire la cuisine et réduire ton train de vie pour compenser la baisse de salaire, je suis sure que mon banquier apprécierais que je paie le crédit de la baraque en confiture maison :facepalm:

Et puis bon soyons honnête, les femmes ont des compliments, certes, m'enfin une mère qui se comporte comme un père lambda, c'est un monstre sans coeur. Et un père qui se comporte comme une mère lambda c'est superman croisé avec l'abbé Pierre.
 

didinebdx

Well-known member
2 Jan 2019
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Merci pour cette article qui fait totalement écho en moi.
Ma fille a 3 mois et clairement j’ai eu un gros moment de « mais pourquoi je vis ça si mal et je trouve ça si dure alors que j’ai tout pour que ça aille bien (bébé qui dort, conjoint présent). Et les autres eux y arrivent ! »
Et clairement je me met une pression de dingue sur plein de choses.... Toute seule ! Il faut que je fasse comme ça sinon ça sera pas le mieux pour ma fille. Alors qu’en fait personne ne m’y oblige à part moi même.

Gros big up aux parents de l’ECM des parents pour montrer que non, quand on gratte la surface on est tous pareils.

Gros big up à mon médecin qui m’a dit que prendre soin de moi c’est faire le mieux pour ma fille car je serais mieux donc plus dispo psychologiquement pour elle + je lui montre que demander de l’aide c’est bien.
 

Eglantine

Les deux, mon capitaine.
3 Jan 2019
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Bravo pour cet article, qui m'a donné encore plus envie de lire Nouvelle mère de Cécile Doherty-Bigarra (que je n'ai jamais réussi à trouver dans ma librairie les deux dernières fois où j'y suis allée :gonk:).
J'avais bugué devant exactement le même post Instagram qu'Illana Weizman - je trouvais ça très malsain de présenter le sacrifice de sa propre santé mentale comme inhérent à la maternité. En plus de créer une injonction que je trouve atroce ("si tu préserves ta santé mentale, c'est que tu ne te donnes pas assez à fond pour ton enfant"), ça normalise la dépression post-partum, qui est une maladie avec des conséquences très sérieuses :sad:

Nous n'avons pas encore d'enfant, mais j'ai vu des jeunes parents qui ont adopté le principe que chacun d'entre eux avait une heure par jour à lui, non négociable (bon, sauf si la maison est en feu ou gros cas de force majeure :cretin:). Pour aller voir un ami, faire du sport, lire un roman, n'importe quoi dont il a envie ce jour-là, mais une heure par jour hors horaires de travail où c'est l'autre qui est entièrement en charge de leur bébé. Bon peut-être que tous mes principes s'effondreront en temps voulu, mais sur le principe je trouve ça pas mal :hesite: Pas seulement pour une question de préservation de la santé mentale des parents, mais aussi pour les raisons d'éducation citées dans l'article: Je me dis que si mes éventuels futurs enfants me voient avoir des amis et réserver du temps pour eux, par exemple, ça leur donnera un modèle social dans lequel les amitiés sont importantes. Si j'arrive à continuer à faire du sport, ça leur transmettra l'importance de prendre soin de sa santé, et ça leur montrera aussi mine de rien qu'une femme peut être forte physiquement. Si je me cultive, ça me fera plein de choses à partager avec eux quand ils grandiront (je me souviens avec émotion des moments où mes parents me faisaient écouter les musiques qu'ils aimaient, ou me parlaient des livres qui les avaient le plus marqués, quand j'étais enfant). Etc.

Et ça me rappelle aussi un passage d'un billet de blog de Madame Captain (mais qui aborde plutôt l'exemple d'un enfant un peu plus âgé, je ne sais pas si ça s'applique aux bébés qui ont moins de compréhension de ce qui se passe), où elle explique entre autres que ce serait déjà très perturbant pour un adulte de voir la personne qu'il aime le plus au monde absolument tout organiser en fonction de lui, ne plus avoir d'identité en dehors de lui, et aller jusqu'au sacrifice de sa santé mentale pour lui. Alors pour un enfant, qui est en pleine construction de son modèle de relations affectives ?

Il y a peu j'ai aussi eu une conversation là-dessus avec ma mère, sur la pression que les parents se mettent (et que la société leur met, bien sûr), pour que tout soit parfait, et on s'est fait une réflexion: Est-ce que, quand on regarde une classe de 3e, on peut distinguer si facilement quels adolescents ont été allaités 2 ans, 3 mois ou pas du tout quand ils étaient bébés ? Est-ce qu'en les voyant manger à la cantine on peut savoir qui a eu des petits pots et qui a eu la DME ? Qui a été porté, qui a été en poussette ? Qui dormait dans la chambre de ses parents pendant des mois ou des années, qui était dans une chambre séparée dès les premiers jours ? Qui était en crèche, chez une nounou, ou gardé par un de ses parents jusqu'à son entrée à l'école ? In fine, c'est très difficile à dire une fois qu'ils ont 14 ans, des goûts vestimentaires vus comme douteux par leurs parents et des appareils dentaires :cretin: - les maltraitances émotionnelles, elles, peuvent laisser des traces, mais beaucoup de choix sur lesquels on met une énorme pression finissent peut-être par se fondre dans la masse de tout l'immense mécano de la construction de la personnalité. Donc à ce compte-là, d'après ma mère, autant choisir ce qui convient le mieux au bébé et aux parents à l'instant t (et ce n'est pas forcément toujours ce qu'on croit - certains bébés détestent être portés par exemple ; et moi j'ai des problèmes de dos donc mon compagnon pourra sûrement porter mais moi probablement pas), en relativisant l'importance que ça aura plus tard. Pour le moment je suis assez d'accord avec elle, même si là aussi peut-être que le parpaing de la réalité viendra s'écraser dans la tartelette de mes illusions :cretin:
 

Chocovore

éclair au chocolat
9 Jan 2019
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Il y a aussi un aspect dû à la classe sociale. Dans une émission de France culture un sociologue expliquait que chez les classes moyennes diplômées (Vous savez ces gens qui lisaient Dolto puis Filliozat et puis maintenant les livres sur le maternage proximal) les parents passaient de plus en plus de temps avec leurs enfants.

@Eglantine Je ne veux pas te mettre le bourdon, mais on avait des tas de plans sur ce qu’on allait faire et comment on s'organiserait avec un enfant, comment on se garantirait du temps libre pour chacun et nos activités, comme on pourrait répartir les tâches. Comme les anciennes versions sont rangées dans un classeur, parfois je les relis pour rigoler. :cretin:
Et pourtant je pense qu’on a tiré un modèle dans la catégorie “facile” voir même “très facile”.

Pas plus tard qu’hier soir : on avait décidé (entre nous en mode non négociable) que c’était une soirée calme pour moi et que c’est sa mère qui s’en occuperait: finalement j’ai donné la douche, séchage, pyjama, histoire (mais partielle hein monsieur le boulet de la classe moyenne diplômée qui achète des imagiers de 250 pages), discussion métaphysique portant sur l'organisation de piqueniques (10-15 minutes), 4 rappels (mais aucun entre 23h et 6h30 du matin :rockon:).
 

Papushka

Well-known member
7 Jan 2019
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Ma mère était exactement comme ça. Elle a tout sacrifié pour ses enfants : sa santé, sa carrière, son couple, ses loisirs, sa vie sociale...

Déjà en tant qu'enfant c'est mauvais, puisque je me suis construite avec l'impression que j'étais obligée d'être parfaite en retour de tout ce qu'on me donnait, mais en tant que mère j'imagine que c'est dévastateur ! Elle ne vivait pas bien le fait de devoir renoncer à tant de choses, et je pense qu'elle n'a pas aimé être maman.

En plus j'ai grandi avec une vision très biaisée de la maternité. C'est une des raisons principales qui font que je ne veux pas d'enfants (même si je me laisse encore le choix) : je n'ai pas envie que ma vie s'arrête le jour où mon enfant arrivera. Je n'ai jamais vu ma mère avoir des amis, ou avoir des activités en-dehors de la maison, ni même avoir un travail avant mes dix ans.

(Alors bien sûr je sais que d'autres façon de vivre sa parentalité sont possibles, mais j'ai trop peur de prendre le risque.)
 

Eglantine

Les deux, mon capitaine.
3 Jan 2019
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@Chocovore Vous aviez carrément fait des tableurs ? :yawn: Ca me rappelle qu'au début de notre cohabitation on en avait fait un pour le ménage, et in fine on ne l'a jamais rouvert et on a vite basculé sur un mode "on le fait quand on a le temps, sans tâches assignées" et finalement ça fonctionne plutôt bien.

Après c'est une idée de base, je trouve ça chouette de savoir que c'est possible dans certains cas de figure (vu que les personnes dont je parle dans mon message s'en sortent bien sur ce modèle-là pour le moment) et que te réserver un créneau ne te bombarde pas en parent maltraitant, mais après il y a pas deux bébés et deux familles identiques :hesite: Bien sûr qu'on s'adaptera en fonction du modèle qu'on tire et d'où on en est à ce niveau-là niveau pro / santé mentale / envies du moment / etc.
 

Julie Coton

turquoise forever
2 Jan 2019
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Wow, cet article :top:
J'ai trouvé ça méga intéressant à lire (et révoltant aussi).
Et ça malgré mon désintérêt assez global pour la parentalité haha, mais comme dit dans l'article, tout le raisonnement sur le "care" qu'on a toutes intégré s'applique à tellement d'aspects de la vie, que j'ai quand même réussi à me retrouver dedans :facepalm:
(Je crois que c'est la phrase la moins claire que j'ai écrit, mais j'arrive pas à faire mieux :lunette: )
Bref, super article, merci beaucoup :nod:
 

Melys

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2 Jan 2019
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Cet article est top. Merci.

Je me rends compte personnellement que je me réfugie un peu dans la parentalité, car ça me donne l'impression d'être utile à quelqu'un (à mes enfants), de "servir à quelque chose".
Je n'ai pas un métier qui m'apporte satisfaction à ce niveau... (et qui au contraire m'apporte de plus en plus de frustration. Des clients qui ne sont jamais satisfaits et qui te demandent toujours plus, tu n'en fais jamais assez, mais par contre quand y a un soucis, c'est toujours de ta faute/parce que tu ne t'es pas assez investi etc.. bref :cautious: ) J'ai eu des soucis de santé. Le confinement m'a éloigné encore plus de mes quelques "amitiés" (à tel point que je considère que ça n'en était pas vraiment)
 
Dernière édition:

Chocovore

éclair au chocolat
9 Jan 2019
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@Eglantine Chez nous c’était plutôt en mode liste. La première version c’est quand ma femme était enceinte (depuis fin 2019 on est tellement à l'ouest qu'on ne remplit plus jamais conjointement le classeur), avant on arrivait à partager quasiment moitié/moitié sauf bricolage/voiture/poubelles exclusivement pour moi et repassage exclusivement pour elle. Et en plus on avait plein de temps à deux et individuellement. Le tout avec un emploi du temps beaucoup plus souple. Mais pourquoi on a fait un gosse :halp: (même si en fait il y surtout des bons moments, ceux qui saoulent c’est quasi tout le temps tôt le matin lorsque pas réveillé et soir lorsqu’il est fatigué :dodo:)

Moi, pour me faire du mal, après avoir lu Pernoud, Dolto, Filliozat et Nelsen (c'est à cause d'elle qu'on avait fait ce classeur), j’ai lu Bentolila, Piaget, Meirieu, Dubet, Duru-Bellat,... comme ça j’ai plein de nouvelles angoisses :
- Si je refuse de lui lire immédiatement ce livre qu’il me demande, il se mettra à détester les livres et fera partie de ces gens qui ne lisent jamais. :eek:
- Si je refuse cette conversation de 10 minutes (option possible : à travers la porte des toilettes) avec lui sur les cuisiniers dans les navires pirates son langage va s'appauvrir :eek:(puis sa pensée vu que j’ai aussi lu Sapir-Whorf et Wittgenstein :eek:)
- Si je lui dit “ben c’est comme ça et pas autrement” je vais limiter sa capacité réflexive... :eek:

Alors que clairement il n’y a aucun problèmes de ce côté là.
(Et ma femme qui n'a lu que les 4 premières ne partage pas ces angoisses, en tout cas pas de la même manière)

@Melys Mais tellement. En 2018-2019 j'étais sur un gros chantier, avec un client parfois pénible mais qui était content de ce qu'on faisait. Avec le confinement, je n'ai que des petits projets tordus avec des clients jamais satisfaits. Alors que lire "la famille Noé" et "Adelidelo" 3 fois de suite, dans l'absolu ça ne me parait pas enrichissant. Mais vu le bonheur que ça lui apporte, s'il demande une 4ème foi et bien je fais la lecture sans broncher.
 

Pimprenelle

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3 Jan 2019
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Merci pour cet article que je trouve très juste !

À l'heure du maternage proximal, il est compliqué de ne pas culpabiliser quand on n'est pas toujours à fond pour son bébé.

Ma psy m'avait conseillé de lire Winnicott justement et ça fait du bien ! Je vais sûrement lire "nouvelle mère" aussi. Et dans un registre plus humouristique mon conjoint m'a offert "la mère parfaite est une connasse" :cretin:
 

Clemens

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3 Jan 2019
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Merci pour l'article, très intéressant !

@Eglantine c'est une organisation tout à fait possible. Ca dépend forcément de l'enfant, de son âge, mais si c'est quelque chose qui vous tient à coeur, vous pouvez vous réserver vos créneaux quotidiens. A condition d'accepter de les sacrifier en cas de force majeure bien sûr (maladie de l'enfant, fatigue extrême du conjoint, etc.). Il y a aussi d'autres organisations possibles. Nous par exemple :
- on gère le réveil de notre fille un jour sur deux, donc on peut dormir plus tard un jour sur deux :dowant: ;
- le week-end, je gère le matin jusqu'à la sieste, et mon compagnon gère l'après-midi après la sieste - sauf si on a quelque chose de prévu en famille, une sortie, ou qu'on veut passer du temps à 3 bien sûr (ou que notre fille veut absolument son papa ou sa maman, on n'est pas des monstres :cretin: ), résultat on a pas mal d'heures à nous chacun, c'est très appréciable ;
- tous les étés, je pars une semaine avec mes copines et tous nos marmots (c'est un joyeux bordel :yawn: ) pendant ce temps, mon mec a une semaine rien qu'à lui peinard. A l'inverse, il part une semaine avec ma fille chez ses parents et j'ai ma semaine peinard :rockon: (sauf en 2020 #covid, tous nos plans sont tombés à l'eau :crying:)
- On laisse aussi notre fille quelques week-ends dans l'année ou quelques jours à ses grands-parents pour nous retrouver en amoureux. Donc ça nous laisse quand même pas mal d'occasions de vivre pour nous et rien que pour nous.

Ce qui ne m'empêche pas d'être une maman poule (je l'ai allaitée, portée en écharpe, elle a dormi sur moi pendant des mois, je l'ai très peu laissée pleurer, j'ai fait presque toutes ses purées maison... donc pas mal maternage proximal, mais sans (trop) le côté sacrificiel), d'ailleurs je suis très proche de ma fille, et elle un vrai pot de colle d'amour :jv:
 

beapouet

Well-known member
7 Jan 2019
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Bruxelles
article qui m'a beaucoup parlé, merci ! Ca me donne envie de creuser et de me déconstruire un peu sur ce plan-là...
Et sinon pour remettre nos angoisses de parents parfaits en perspective, j'aime beaucoup ce sketch qu'une amie m'a envie (je partage les bonnes choses, je suis sympa, par contre c'est en anglais désolée) :
 

Tournesol34

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16 Avr 2019
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Mon petit-ami d'adolescence avait une mère qui était beaucoup dans le "sacrifice", avec une tendance à l'hyper-protection. C'était une femme adorable, mais qui avait très peu confiance en elle. Elle a formé une famille "à l'ancienne", en se mariant à 18 ans avec un homme pas très commode, et en donnant sa vie au foyer. Elle disait souvent que ses enfants étaient sa seule raison de vivre etc. Mon ex a beaucoup culpabilisé dans son adolescence de ne pas faire assez "bien" pour elle, puis dans le début de sa vie d'adulte quand il l'a "abandonnée" à son mari pour faire sa vie. Alors attention, ce n'est pas un cas à généraliser, car elle avait des soucis évidents dans son couple hors de l'arrivée des enfants. Mais c'est pour dire que quand les mères font peser ce "sacrifice" sur l'épaule de l'enfant, ce n'est pas très sain. Ça met une pression énorme sur les épaules.

Je ne suis pas parent, mais je pense que , comme dans le travail, c'est important de se dire qu'on ne peut pas tout faire parfaitement et donc "hiérarchiser" les besoins. Il est plus important pour l'enfant d'être stable émotionnellement sur le long terme, plutôt que de laisser pleurer son marmot de temps en temps.

Pour l'exemple, ma mère avait très peu de lait à me donner à ma naissance (petite poitrine ou... la nature ? lol ). Elle s'acharnait à me nourrir au lait maternel, mais je maigrissais et il fallait qu'elle le fasse très souvent. L'idée de passer au lait en poudre horrifiait les pédiatres et l'entourage (lol). Finalement elle est tombé sur un médecin qui lui a dit en gros "arrête de t'emmerder et donne lui du lait en poudre". En quelques mois j'étais redevenue un bébé potelé :taquin:.

Plus âgée (genre 5-6 ans) , je refusais totalement de manger sauf le steak haché et les pâtes (oui oui, l'enfant relou). Après avoir tout tenter, et devant mon amaigrissement constant, ma mère a finit par craquer et me nourrir de manière assez "déséquilibrée". Elle me racontait qu'elle pleurait devant ma chaise haute quand je balançais l'assiette par terre (désolée maman). Aujourd'hui, mon alimentation est peu variée, et je dois rattraper cela. Mais je ne lui en veut pas. Elle n'a pas été "parfaite", mais je sais qu'elle m'aime, et qu'elle sera toujours là pour me soutenir et m'aider si j'ai un soucis.

À côté de ça, quand je vois le nombre de familles disfonctionelles, maltraitantes, toxiques (il y en a vraiment beaucoup beaucoup), je me dit que ce n'est pas ces histoires de cododo ou d'allaitement qui nous construisent le plus pour l'avenir.

Désolé pour le pavé , et gros big up à toutes les mamans du forum ! :love::love:
 

Ophélia

Electric frog
20 Mai 2020
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Merci pour cet article qui soulève des questions très riches. Mais qui selon moi ne les développe et ne distingue pas assez. Je cite notamment ce passage: "la méfiance de certaines féministes envers l’allaitement, le portage, les couches lavables ou l’accouchement naturel". Ça me semble douteux d'assimiler ces choses les unes aux autres. Les couches lavables sont souvent choisies pour des raisons financières et/ou écologiques, raisons qui regardent principalement les parents. Le portage par contre est un besoin fondamental du bébé, et ça ne me semble pas très pertinent de le remettre en question. Tout comme le fait que le bébé a besoin qu'on s'occupe de lui, et qu'au moins pendant la période "tout petit nourrisson" les parents fassent passer la réponse à ses besoins au sommet de leurs priorités. Mais c'est un temps limité (0-3mois), ensuite il devient progressivement capable d'attendre un peu, de jouer un peu tout seul, etc.

La chanson de Florent Pagny, une ruse du patriarcat ? Je ne suis pas fan de Florent Pagny mais on peut laisser le droit aux artistes de chercher la poésie là où elle est, et j'ai du mal à voir ce texte comme autre chose que ça.

Parce que au delà des injonctions, des luttes féministes, du poids des attentes de la société sur les femmes etc il n'en reste pas moins que la parentalité apporte son lot de bons moments aussi.

On a la chance que de nos jours en France tout est mis en place en ce qui concerne les couples hétéro, pour que la parentalité devienne majoritairement un choix, et non subie. Ce qu'on dit moins en revanche, c'est que chaque choix implique un renoncement. On encourage pas les jeunes filles/femmes à questionner profondément leur désir ou non de devenir mère, on part du principe qu'elles le seront un jour, que c'est non négociable (!)

Alors que faire un choix mûrement réfléchi à ce niveau peut aider à accepter l'idée que devenir parent c'est sauter à pieds joints dans l'inconnu d'une nouvelle vie, avec ses bonheurs et ses contraintes mais où tout sera nouveau et sans retour possible. Ce n'est pas un choix à faire à la légère. Ça conviendra à certaines personnes et moins à d'autres. Et le choix de ne pas avoir d'enfants est tout aussi valable.

Quant aux hommes c'est simple, ils sont majoritairement éduqués sans même que la question ne se pose de leur parler de leur future parentalité (ou pas). C'est une inégalité majeure et à mes yeux le creuset de beaucoup de désinvestissement à ce niveau de leur part.

Impliquer les garçons en leur parlant de leur future parentalité possible et des responsabilités que cela implique ne me semble pas insurmontable. Un peu plus d'équilibre à ce niveau-là serait bienvenu. Cela pourrait aussi avoir sa place à l'école en tant qu'enseignement d'éducation civique il me semble. Et pourrait éviter un affrontement massif plus tard lorsque dans le couple hétéro la parentalité vient réveiller des inégalités cautionnées et entretenues depuis des années par le climat social.

J'ai l'impression que dans les couples homoparentaux la question de l'éducation et des soins à l'enfant est naturellement répartie de façon plus équitable.

Édit: en me relisant je trouve mon ton très docte et relou. Je dois être mal lunée ce matin :yawn::yawn:
 
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Clèves

Y en a même qui disent qu'ils l'ont vue voler
4 Fev 2019
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Je viendrai réagir plus tard parce que le sujet m'intéresse beaucoup (je ne suis pas mère et je n'ai a priori pas l'intention de le devenir dans un futur proche mais je réfléchis déjà pas mal à ces questions), mais en tout cas bravo pour cet article nuancé, réfléchi et très bien sourcé :fleur:

Juste pour revenir sur le post d'Illana Weizman : je suis aussi le compte Parole de mères sur Insta et vu la démarche globale de cette militante féministe, je n'ai pas compris son post dans le même sens que l'article. À mes yeux, elle n'encense pas cet état de faits mais cherche au contraire à le dénoncer. Je n'ai pas pris ça comme un hommage, sur le mode du : "vive les mères qui se sacrifient pour leurs enfants, on vous aime <3<3<3", mais plutôt : "dans l'état actuel des choses, la structure de notre société partiarcale, le manque d'implication des pères y compris dans les cercles féministes, les mères sont forcées de se sacrifier sur beaucoup de plans (personnel, physique, émotionnel, professionnel) et ce n'est pas normal".
 

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