Couper les ponts avec sa famille (toxique, dysfonctionnelle, maltraitante, etc...)

9 Jan 2019
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#1
Bonjour les Rockies !

Voilà, je crée ce sujet pour les personnes qui comme moi ont décidé de couper les ponts avec leur famille, qu'elle qu'en soit la raison. Je vous propose qu'on utilise ce topic comme un exutoire, un partage d'expérience et un lieu de soutien, pour celles et ceux qui sont déjà passé.es par là, ou pour qui c'est une décision à prendre mais qui ont peur des potentiels résultats négatifs de ce choix. Les partages des résultats positifs sur votre vie après avoir pris cette décision sont plus que bienvenus, afin de rassurer les personnes qui pourraient vivre parfois ou trop longtemps dans la culpabilité après coup (je plaide coupable mais je bosse dur).

Bref, si ta famille ne fait plus partie de ta vie, que pour toi ta famille ce sont tes amis, que tu en crées une nouvelle, que ça fasse peu de temps ou des années que tu n'as plus de contacts avec ta famille, que tu n'as personne à qui en parler, avec qui partager, que tu as besoin de soutien ou de conseils, d'expérience, de lâcher du lest, cet endroit est fait pour toi :highfive:
 
M

Mawouitewese

Guest
#2
Hello! Vu que j’ai déjà ouvert un topic concernant mon coupage de ponts et que j’ai eu de très bons conseils, je réagis sur la partie positive. Donc depuis que je ne suis plus en contact avec ma famille, je n’ai plus personne pour régulièrement me déprimer et me tirer vers le bas. Je ne passe plus mes journées la boule au ventre à avoir peur de recevoir un coup de fil foireux... Et surtout je fais tout ce que je veux! Oui parce que le problème entre moi et ces gens c’est la religion. Je ne pouvais rien faire sans être jugée constamment. Du coup je mange et bois ce que je veux, j’ai le mari que je ME suis choisi. Bref je suis libre. Et la liberté c’est très important presque autant que la santé.

Après biensur je ne vais pas cacher que c’est pas tous les jours facile psychologiquement. C’est même compliqué. Mais ça vaut le coup, pour rien au monde je ne retournerai en arrière.
 
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Lenny Leguellec

Guerrière à plein temps
7 Jan 2019
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#3
Je suis née il y a quatre ans.
Je suis née une deuxième fois, à l’âge de 26 ans quand j’ai pris la lourde décision de « divorcer » de ma famille biologique (mère, père, frère, sœur)

J’ai pris cette décision très difficile décision seule ... aujourd’hui je ne le regrette pas mais ce n’est jamais facile d’expliquer pk tu l’es vois plus...

Prête à pleurer dans les chaumières ?

De mes 5 à mes 10 ans mon cher frère aîné (de 6 ans) me maltraitais physiquement, ça allais de simple claque a des coups dans les côtes si fort qu’il m’en a fêlés plusieurs.

Mes chers parents on simplement pris sa défense en prétextant que je le cherchais et que je l’avais mérité.

Effectivement une petite filles de 10 ans est de taille à affronter un jeune homme de 16 ans.

Mais un jours, malgré son mètres quatre-vingt dix, malgré ses cent kilos, la peur a changé de camps...

Ce jour là je l’ai frapper si fort que je lui ai cassé le nez..

Ce jour là, il n’a plus jamais levée la main sur moi...
Qu’à cela ne tienne, la nature détestant le vide, après les maltraitances physiques fraternelle, j’ai eu le droit au maltraitances psychologique maternelle...
Donc de mes dix ans à mes vingt ans j’ai servies d’employés de maison gratuite à ma familles, d’aide soignante à ma mère...

De m’entendre dire sans cesse que j’étais une mauvaise fille chaque fois que je refusais de céder à l’un de ses caprices pour faire mes devoirs... vraiment quel affront.

Elle me reprochais d’être obèse.
Et bien du haut de me mètre soixante je pesais tous juste quarante cinq kilos... j’ai vu mieux comme personne obèse.

Le terrain idéalement pour finir entre les griffes d’un pervers narcissique qui a fini le travail de destruction psychologique pendant sept ans.

Et bien là je suis devenue obèse en prenant près de trente kilos....

Un jour pas fais comme un autre j’ai dis stop... simplement stop et j’ai tous quitter, mec, parent, frère, soeur et je me suis choisi....

Petit tour chez le Psy pour réparer les dégâts... enfin ce qu’on peu, apaiser la colère en moi.
Après quatre ans, vingt kilos perdus, une bonne coupe de cheveux je me sens bien enfin en accord avec moi.

Ce fut la plus dur mais aussi la meilleure décision que j’ai prise de toute ma vie.
Pas toujours simple d’expliquer tous ça mais bénéfique... je ne regrette qu’une chose... ne pas l’avoir fait avant.

Ma famille biologique ne comprend pas, ils me traitent d’ingrates, de rebelles, de fouteuse de merde, de mauvaise fille, et j’en passe mais ce n’est pas le cas, je vie simplement ma vie sans personnes toxiques qui me détruises.
Quatre ans que je ne leurs adresses plus la parole et c’est génial
 
4 Jan 2019
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#5
@Manins je pense que tu fais bien de t'éloigner de cette personne. J'ai le même cas avec un membre de ma famille proche (borderline de son côté, d'ailleurs quand tu parles de ton cas, ça me fait vraiment penser à elle aussi), et j'ai décidé que tant qu'elle n'entreprendrait pas de démarches pour gérer au mieux sa maladie, je n'aurais aucun contact avec elle. Le fait de déménager très loin a aussi pas mal aidée à entériner ma décision.

Petit spoiler sur mon cas
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Tu fais bien aussi d'en parler et de raconter ton histoire. Ca fait du bien d'oser tout sortir, parce que souvent, on culpabilise et on en vient à se demander si on ne devient pas fou (quand la personne de ma famille raconte son point de vue, je me demande sincèrement si on parle bien de la même situation). Je me sens beaucoup mieux, plus forte, plus sûre de moi aujourd'hui, maintenant que ma décision est prise et que je n'ai plus de contacts. Ca fait mal au début car c'est la famille proche mais bon... au bout d'un moment, je dois penser à moi et à ma vie, et m'éloigner des personnes toxiques. Et la vie est tellement douce en fait, tellement facile, quand on ne craint pas à tout bout de champ de se faire humilier / insulter / tabasser parce qu'on aura osé donner son avis qui ne va pas dans son sens...

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Tu es vraiment très forte je trouve d'avoir subi tout ça et d'avoir quand même essayé de rouvrir la porte. D'avoir vu la manipulation dans sa TS et de t'être rendu compte que si tu allais à son chevet, ça lui enverrait le message que ce qu'elle fait est acceptable et que c'est comme ça qu'elle te fera réagir. Continue avec la thérapie, ça fait vraiment beaucoup de bien et ça aide à replacer le curseur de la normalité et de ce qui se fait ou pas au sein d'une relation familiale, de ce qu'on peut accepter et de ce qu'on doit absolument condamner. Reste ferme, reste forte, viens en parler quand tu en ressens le besoin, et beaucoup de courage à toi :fleur:
 
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Dreia

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9 Sept 2019
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#6
Bonjour
Je me sens pas toute seule et ça fais plaisir. ...
J'ai 31 ans fille unique et depuis quelques années je ne parle plus à ma mère et depuis le mois de mars j'ai couper les ponts avec mon père aussi.
Ma mère enchaînait les dépressions et les tentatives de suicides l'alcoolisme depuis que j'ai 10 ans je crois... Plus de souvenirs avant. Et j'avais un père toujours derrière ma mère mais un fantôme à la maison. Je devais m'occuper du foyer et de ma mère.
Et quand ça fonctionnait pas comme elle voulait, elle était méchante dans ces mots je suis grosse, mauvaise fille jaurais du avorter etc (vous connaissez le truc) a me devaloriser ,culpabiliser ou humilié devant les autres ainsi que des gestes violent...Mon père réagissait pas et disait au contraire que je le méritait. Jusqu'à mes 27 ans je vivait cette relation je vivais encore avec elle et suite a une dispute a cause de l alcool elle m'a mise à la rue et je recevais à côté des menaces que si je la croisait elle me ferait payer ,et mon père disait pareil. Je ne comprenait pas cette haine...
J'ai fait une grave dépression qui ont fait remonter des traumatismes lié à l'enfance et adolescence J'ai dû voir un psy pour faire le ménage et à partir de ce jour j'ai décidé que je ne voulait plus la voir...
Mais mon père était le seul lien il m'appelait tous les mois et javais un espoir de mieux... en mars dernier il m a demander pourquoi je ne parlais plus à ma mère.... Il avait oublié (il boit aussi) et m'a même dit que tout ce qui c'était passé était dans ma tête et que j étais folle. Sauf que bcp de mes amis était témoins de leurs mots ou acte.
Et la j'ai quitté ma ville je suis avec mon ami je vais mieux mais je me sens extrêmement seule... Car pour toutes fêtes Noël annif c'est compliqué j'appréhende toujours. La famille de mon ami est soudé et y a toujours des repas et une ambiance saine.
Je n'ai pas fais le deuil de ma "famille" j'ai toujours été en recherche d'affection et la je sens un trou béant dans ma vie. J'aimerais me marié avec mon ami... Mais y aurais personne de mon côté.... A part des amis qui m'ont sauvé.
Comment aller de l avant? Et ne plus se sentir coupable. Être mieux?
Merci d avoir créé se groupe.
Et courage à tous ceux qui sont en galere.
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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Lausanne
#10
J'ai viré ma mère de mon univers il y a de ça 6 -7 ans.

Devenue d'une méchanceté rare, incapable de ne pas placer un jugement de valeur/une saloperie dans son discours, qu'importe la personne à qui elle est destinée. Passer deux heures avec elle rien qu'à lutter pour me distancier, alors qu'on était juste en train de faire les courses pour son garde-manger... la facture était trop élevée, je repartais avec l'impression d'être éclaboussée de merde.

Lors de rares téléphones entre deux, le schéma habituel était : "Comment tu vas?", et le temps de prendre mon souffle, elle partait sur comment elle, elle allait. Mal, et quand elle se sentait mieux, c'était parce qu'elle dégueulait sur ma sœur, notre petite-cousine, ses copines, sa voisine… Au fil du temps, devant ce monologue de vomissures acides, je finissais par poser le combiné et vaquer à mes affaires. Un moment plus tard, je vérifiais: tut-tut-tut, elle avait bouclé le combiné. Ce besoin qu'elle a de débiner les gens pour se remonter dans son estime d'elle-même !!!


Je suis juste allée faire un petit tour chez la psychologue pour me confronter à ma décision de couper les ponts. La psy a travaillé à l'envers de l'éthique, en cherchant à me réconcilier avec ma mère, ou du moins à ce que je supporte de la voir… prescriptrice… me proposant de bricoler avec de la pâte FIMO pour trouver ce qui nous reliait, ou un truc dans le genre, tartignolle et cucul-la-praline au possible.

Et ses efforts étaient tellement ridicules et déplacés que je me suis rendue compte qu'elle projetait à travers ma situation un truc à elle.

Donc exit la psy à côté de la plaque, et plus besoin de retravailler le truc, de moi-même j'étais tombée exactement sur le point faible de la relation familiale: comme ma mère s'était ingéniée à ne pas créer de lien maternel, mais un constant rapport de compétition, je n'avais pas de raison de me sentir sa fille… puisqu'elle se positionnait en copine, proclamant que j'étais sa meilleure "amie"... et bien j'ai mis fin à cette "amitié" en lui écrivant que je ne voulais plus la voir, et pourquoi.

Ma sœur, qui a été bien plus malmenée, m'a écrit pour me reprocher ça… j'ai même pas lu sa lettre plus loin que les 3 premières phrases. Et on en a rediscuté, et constatant que ça foutait juste la merde entre nous, on a négocié qu'on ne parlait plus de la mère. Je lui demande juste comment la dame va… elle me répond… et après 2-3 choses que ça la soulage de dire (n'étant bien sûr pas plus épargnée par le jet de saloperies!), on passe à bien plus intéressant: comment on va, nous deux, comment on s'aime, la frangine et moi...
 

Sidjy

New member
26 Sept 2019
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#11
Hello, je suis contente de voir que je ne suis pas la seule à avoir une famille toxique. J'ai 35 ans et je vais vous expliquer un peu mon histoire, mes parents ont déménager à 900 kms de moi quand je venais d'avoir mes 18 ans. Ils m'ont dit que soit je les suivais soit je rester avec mon copain. Vu que j'aimais vraiment mon compagnon et que je n'avais pas terminé mes études j'ai donc choisi de rester.
Je les voyais lors des congés scolaires et on échangeaient quelques coups de téléphone. En 2011, j'ai eu une petite fille. Ils ne sont jamais venus la voir. Quelques mois plus tard, j'ai coupé les ponts car c'était impensable pour moi leur réaction.
Jamais ils n'ont cherché à renouer un contact.
Quand j'avais 15 ans mon père a tourné le dos à ses parents et à sa soeur du coup je ne les voyais plus.
Fin 2018, j'ai décidé d'essayer de reprendre contact avec ma tante me disant que je n'avais déjà plus de famille donc pourquoi pas essayer. Cette solitude me pesait surtout à la veille de Noël.
J'ai donc repris contact, nous avons passé Noël ensemble et tout allait bien jusqu'en février de cette année.
Si je ne donnais pas de nouvelles pendant 2 ou 3 semaines, elle m'envoyait des messages me demandant si je faisais la tête ou s'il y avait un problème.
Ensuite, son fils de 24 ans a rencontré une fille et là tout est parti en vrille.
Elle ne supportait pas que son fils unique se mette avec quelqu'un, elle disait qu'elle était abandonnée. J'étais présente pour la réconforter et la rassurer en lui expliquant que c'était la vie et que c'était normal.
Mais tout s'est empiré, elle est devenue aigrie ne parlait plus que de ses problèmes. Elle a même mis son fils dehors de sa maison à 3 reprises sur 1 mois de temps juste parce qu'il avait une copine.
Cette semaine, je l'ai contactée pour l'inviter à l'anniversaire de ma fille en octobre. Elle m'a répondu qu'elle ne pourrait pas venir car pas possible de prendre congé.
Je me suis fâchée car lors de l'anniversaire de la copine de son fils, en juillet, elle a pris congé ! Donc, je lui ai dis qu'elle savait prendre congé pour ce qui l'arrange.
Du coup, je suis la mauvaise et la méchante, je veux qu'elle se fasse virer de son boulot. Impossible de discuter et de lui démontrer qu'elle a tort et qu'elle devrait se calmer et arrêter de broyer du noir. Elle a été jusqu'à me reprocher d'avoir une vie sociale. Elle ne prenait jamais de nos nouvelles ni de ma fille. Toujours des paroles en l'air du style quand je serais en congé je prendrais la petite... Elle a eu ses congés mais elle ne l'a jamais demandé.
Et là, elle vient de me demander ce qu'elle devait faire avec les jouets de ma fille qui étaient chez elle car elle ne la verrais plus.
J'ai vraiment l'impression que ma famille est très compliquée ou que c'est moi le problème. c'est démoralisant.
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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Lausanne
#12
@Sidjy Je dirais….ni l'un ni l'autre… parfois c'est juste le coup de débol, on naît dans une famille dysfonctionnelle - le tout, c'est d'arriver à délier des liens trop lâches pour se maintenir. Un peu comme si on était attaché avec du PQ… comme dans un film avec Eddie Murphy, "The Golden Child".
 

Esperanza

New member
12 Nov 2019
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#13
@Sidjy je me retrouve beaucoup dans ton témoignage.
Je suis contente d'être tombée sur ce post car j'ai vraiment besoin de vider mon sac et peut-être de me rassurer, de savoir si j'ai raison ou tort, si je ferais mieux de couper les ponts ... ou si c'est moi qui exagère. Attention, pavé^, je m'en excuse :-D
J'ai 43 ans, 3 enfants de 10, 11 et 15 ans. J'ai perdu ma mère quand j'avais 14 ans. Je vois mon père 3 fois par an quand je l'invite pour les anniversaires des enfants. Et, à chaque fois que je le vois, il me faut 2 jours pour me remettre. La dernière fois date de ce week-end et je me suis réveillée ce matin en me disant que je devrais peut-être arrêter de l'inviter. J'ai de tels merveilleux souvenirs des moments passés avec mes grands-parents pendant mon enfance que je voulais absolument que mes enfants aient un lien avec les leurs mais après 15 ans, je constate que c'était peine perdue et que le prix émotionnel de ces 3 contacts par an avec leur grand-père est vraiment très cher.
Il est venu, il a souhaité un bon anniversaire à mon fils de 10 ans, lui a demandé son âge, lui a donné une enveloppe contenant 500 euros et ce sont les seuls mots qu'il lui a adressés. Ensuite, il a commencé à s'impatienter, à demander si on mangeait bientôt parce qu'il voulait rentrer. Comme à chaque fois, on a vite enfilé les plats pour arriver au gâteau ("allez, allez, on passe au gâteau, tu feras la vaisselle quand on sera partis") sans tenir compte de nous ou des autres invités. Déjà, j'ai arrêté de faire la cuisine depuis longtemps quand il vient car ce que lui et sa femme font ou achètent est toujours mieux et meilleur ("ah non merci, je ne mange pas ça, ce n'est pas appétissant" me disait-il régulièrement ou rarement "ah ben dis, ce n'est pas trop mauvais ce truc, c'est presque aussi bon que ce que fait N.(son épouse)"). Donc c'est cheese and wine ou raclette et ils apportent leur propre gâteau (qui est le meilleur gâteau au chocolat du monde bien sûr).
Il parle toujours de MES enfants, à aucun moment je ne l'ai entendu parler de SES petits-enfants, il n'appelle jamais, ne prends jamais de nouvelles, n'est jamais venu à une fête d'école (ça l'emmerde, il ne sait même pas où se trouve l'école), à aucun match de foot ou spectacle de cirque... J'ai demandé quelques fois s'il pouvait garder l'un de mes enfants et la meilleure réponse que j'ai eue a été "ça va faire ch... tout le monde ici de s'en occuper (il a 2 enfants d'un 2e mariage) mais si c'est nécessaire, on s'arrangera". Quand je l'ai appelé cet été en demandant s'il pouvait essayer de proposer un truc à mon ado qui n'était vraiment pas bien après avoir redoublé et qui était depuis 3 semaines devant son pc non stop, il m'a dit "oui, oui" mais ne l'a jamais appelé.
Il m'a appelée une seule fois cette année, pour me dire que sa femme avait une bactérie et était hospitalisée pour des examens. Et quoi? Qu'attendait-il de moi ? Je l'ai appelée, j'ai pris des nouvelles jusqu'à ce qu'elle aille mieux, j'ai proposé mon aide. Pourtant, quand j'ai annulé l'an dernier une fête d'anniversaire parce que ma fille et moi avions 40°C de fièvre à cause d'un mycoplasme, j'ai juste eu droit a "apparemment, ta fille a hérité de toi, vous êtes toutes les 2 douillettes, un rien vous met KO".

Ce qui me pose vraiment question, c'est que ce n'est pas mieux du côté de mon compagnon et papa de mes 3 enfants. Du coup, je me dis que ça vient peut-être de nous ... Ma belle-mère est aussi venue ce week-end et ne nous gratifie de sa présence que lors des 3 anniversaires (et encore, uniquement si son mari ne travaille pas sinon, elle ne vient pas, même si on propose d'aller la chercher). Aujourd'hui, elle a 70 ans donc je peux comprendre qu'elle reste assise à table toute la soirée, attendant qu'on s'occupe d'elle sans même se servir elle-même un verre d'eau mais c'est comme ça depuis 23 ans que je la connais. Elle vient les bras chargés de bonbons et de babioles (elle est acheteuse compulsive donc elle vient se débarrasser de tous les achats dont elle ne sait pas quoi faire en fait donc ça peut être des semences de potiron pour mon ado de 15 ans, des pantoufles pointure 35 (qui est sa pointure à elle) pour ma fille de 11 ans qui chausse du 39, des boîtes, des perles en plastique, des décapsuleurs (je pense qu'elle nous en a déjà apporté une dizaine), un meuble dont elle ne veut plus, etc.). J'en ai parlé calmement avec elle un jour et elle le dit elle-même, elle n'offre pas de cadeau (dans le sens où elle ne cherche pas à faire plaisir à la personne qui reçoit) mais elle trouve quelqu'un à qui donner des choses qu'elle a achetées. Ensuite, elle s'assied à table et n'en bouge plus. Elle me dit juste des trucs comme "ohlala, 20 personnes à table, c'est du boulot quand-même" ou "tu devrais t'acheter une desserte pour débarrasser" mais ne tend même pas son assiette quand je débarrasse (comme au resto). Pendant des années, mon compagnon me disait que c'était normal parce que quand elle recevait, elle ne laissait pas les invités faire quoi que ce soit mais ... je n'ai plus été invitée chez elle depuis 12 années (parce que leur appartement est petit donc avec plusieurs enfants, ce n'est pas possible) et elle annonce depuis tout ce temps qu'un jour, elle viendra cuisiner chez nous pour que ses petits-enfants goûtent la cuisine de leur grand-mère. Mes 2 plus jeunes enfants ne sont jamais allés chez elle non plus. Ma fille a essayé de lui demander si elle pouvait passer une journée chez elle pendant les vacances l'année passée (pour que sa grand-mère lui apprenne à faire des fleurs en papier dont elle dit être spécialiste). Elle a dit ok mais les vacances approchant, ma fille a essayé d'appeler 12 fois sur son portable, elle n'a jamais répondu et jamais rappelé. Quand elle est venue à l'anniversaire suivant, elle a apporté à ma fille tout le matériel nécessaire pour fabriquer les fleurs en lui disant que comme ça, elle n'avait pas besoin d'aller chez elle.
Ce dimanche, ma fille est venue s'installer à table à côté d'elle en lui demandant si elle voulait bien faire un jeu avec elle, elle lui a proposé des jeux de société, des jeux de cartes, etc. et sa grand-mère (qui je le rappelle la voit 3 fois par an) lui a répondu "non, ça ne m'intéresse pas, trouve quelqu'un d'autre". Nous faisons de gros travaux à la maison depuis un an dont une grosse partie nous-mêmes et y passons une grande partie de nos week-ends. Elle n'est même pas allée voir l'avancement du chantier (à 10m de la table à laquelle elle était assise) et n'a posé aucune question à ce sujet.
Bon, je pense qu'elle a réellement un gros problème relationnel. Elle a quand-même mis son fils dehors sans préavis quand il avait 18 ans parce qu'elle avait acheté un appartement dans lequel il n'y avait pas de place pour lui. Son fils chéri a repris des études supérieures quand il avait 30 ans, elle ne lui a jamais rien demandé à ce sujet, ne sait sans doute même pas qu'il a été diplômé.

Alors, évidemment, nous ne sommes pas parfaits, sans doute. Mais on ne comprend vraiment pas comment il est possible et tellement triste de ne pas vouloir nouer de relation avec ses petits-enfants. Dans mon enfance, j'ai passé beaucoup de vacances et de week-ends chez mes grands-parents, comment est-il possible de ne pas vouloir offrir ce dont on a soi-même bénéficié à la génération suivante? On ne le leur reproche pas vraiment directement, ce serait déplacé mais nous avons déjà tendu tellement de perches ... E t quel est le bénéfice pour nos enfants de vouloir absolument forcer ce contact pour les anniversaires ? Ne devrais-je pas tout simplement arrêter cette mascarade qui me fait souffrir? Les enfants sont grands maintenant, ont-ils encore besoin de cette pièce de théâtre à chaque anniversaire? Sont-ils dupes? Comment leur expliquer ? Que leur dire?
A mon âge, n'est-il pas pitoyable de faire encore tant d'efforts pour se faire aimer de ses parents, pour quémander un peu de reconnaissance de leur part (je suppose que c'est ce qui me motive, inconsciemment) et, comme une ado, me sentir frustrée, humiliée, triste, à la fin de la soirée ?

Heureusement, la plus jeune soeur de ma mère, ma tante, a toujours été là pour moi et pour mes enfants. Elle participe aux événements importants de leur vie, elle téléphone, elle les invite parfois pendant les vacances, elle joue avec eux ... Bref, cette tante, son mari et ses enfants sont à mes yeux ma seule famille, mes modèles, mes conseillers, ceux sur qui je peux compter, qui me manquent quand je ne les voit pas pendant 1 mois, ceux que j'aime. N'est-ce pas suffisant ? N'est-ce pas ce qui compte ?

Je suis vraiment perdue ...
 
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Brekkenth

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10 Jan 2019
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#14
@Esperanza J'ai vécu ce désintérêt ou plutôt ce désengagement de la part de mes grands parents. Ma mère a fait beaucoup d'effort pour créer puis maintenir un lien dont ils se souciaient peu ou ne savaient pas que des relations ça s'entretenait. Elle a aussi réfléchi à couper les ponts et a décidé que c'était trop dur pour elle... Aujourd'hui nous sommes adultes dans ma fratrie et à titre personnel le désengagement de mes grands parents ne me marque pas mais je prends ce qu'ils donnent, mes frères au contraire ont tendance à oublier leur existence... Je les ai toujours connu comme ça et ce n'est pas un manque que je ressens ou pas c'est juste comme ça alors que ma mère (en tant que fille puis mère) souffre plus de ce désamour que nous. Si tes enfants sont grands peut être peux tu leur demander leur avis sur le sujet. Ou choisir simplement d'arrêter de faire des efforts et d'investir de l'énergie: les grands parents et les petits enfants, puisqu'ils sont grands, noueront ou non leurs propres relations selon leurs besoins...
 
4 Jan 2019
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#15
@Esperanza du point de vue enfant maintenant adulte j'ai connu le meme désengagement de mon opa sauf que lui était dingue des 2 premieres filles de mon pere, nous on était les batardes (le 1er mariage de mon pere etait fini et il était déjà divorcé depuis longtemps quand il a rencontré ma mère mais non on est la raison du divorce :rolleyes: ) J'ai tres bien vécu le coupage de ponts. Quand on m'a appris qu'il était mort j'ai dit "ah putain ça y est ??? Ca fait pas 10 ans qu'il est mort ?" Pour te dire. Parle avec tes enfants mais franchement c'est surtout dommage pour les vieux croutons egoistes qui ont le titre de grand-parent. Moi je trouve justifié que tu veuilles plus les inviter.
 

Esperanza

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12 Nov 2019
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#16
@Brekkenth tu as certainement raison. Je souffre plus de cette situation que mes enfants qui n'ont jamais rien connu d'autre. Ça me fait mal quand mes enfants ne se rappellent pas du nom de leur grand père mais pour eux, ce n'est pas un problème. Mes efforts sont vains de toute manière.
 

Esperanza

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12 Nov 2019
4
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3
#17
@Scarlett O'Hara merci beaucoup pour ton témoignage. Ici, je ressens très fort que mon père porte ce fardeau, les 3 enfants de son 1er mariage. Il ne cesse de répéter que sa vie a commencé quand il a rencontré son épouse actuelle (avec laquelle il a 2 enfants qui sont maintenant de jeunes adultes), que ce qu'il a vécu avant n'est qu'un mauvais souvenir. Mais puisque nous n'avions pas de mère, il ne pouvait pas nous abandonner au bord du chemin.
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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Lausanne
#18
La question tourne autour du fantasme de réparation, on dirait. Et aussi de celle de nouer absolument une relation avec du monde qu'on ne fréquenterait pas si on était pas de la même famille - et ça au minimum ça se résume à de la transmission de bagage génétique.

Devenir amis parce qu'on est de la même famille, si c'était automatique, ça se saurait!

Et puis notre génération fait partie de celles qui peuvent délibérément choisir de devenir parent, alors qu'à "leur" époque c'était pas vraiment faisable. Mes parents ont mis ma sœur en route pour pouvoir sortir chacun de leur environnement toxique, et moi je suis un retour de couches mal géré. Donc le fantasme de naître parce qu'on nous veut personnellement, j'en rigole, et j'en rigole même de nos générations: les parents veulent "un" ou "des" bébés, et après si ça croche bien ou pas question personnalités, c'est hasardeux.

A quoi bon s'user le tempérament quand les attentes de l'un rencontrent le désintérêt de l'autre / ou que le seul l'intérêt dicte le lien? Je ne parle même pas de fric, mais de se faire prendre en charge. La mère sur sa montagne a bien trouvé comment s'isoler, c'est pas à moi de payer le prix de sa décision, en devenant son otage social - déjà que j'ai fait le boulot de ne pas devenir son otage familial.

J'ai eu du bol: au moment où je me demandais un peu trop comment prendre mes distances avec la "mater indigna", à l'occasion d'une ixième opération en métropole, les soins à domicile ont été contactés pour lui enlever les fils vu qu'elle habite en montagne et que ça lui prend une journée complète pour aller et revenir, puisqu'elle est sans permis et sans voiture; de fil en aiguille (ha ha) c'est une infirmière en psy qui lui rend visite le plus souvent, et là j'ai posé mon fardeau en écrivant à sa référente de soins à dom' que je coupais les ponts, fallait plus compter sur moi pour quoi que ce soit.

Je ne la reverrai probablement que sur son lit de mort... et ça me va très bien comme ça. Ma sœur et moi on sera bonnes pour aller faire l'inventaire du chalet, et se taper la recherche d'un acquéreur... et les comptes seront apurés avec cet héritage.
 

Esperanza

New member
12 Nov 2019
4
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#19
@Clem' effectivement, une relation, ça se construit, que l'on soit ou pas de la même famille. Dans mon esprit, ma famille de sang était justement composée de personnes sur lesquelles on peut compter, quoiqu'il advienne, de personnes auxquelles on pardonne et qui nous pardonnent, de personnes vers lesquelles se tourner quand on ne sait plus où aller... et réciproquement. Mais si le lien n'est pas consolidé, il s'use... Quand un lien est inné, il ne doit même pas être tissé, juste un peu entretenu.
Du côté de ma belle mère, je savais à quoi m'attendre. Mon compagnon m'avait déjà dit que sa mère faisait beaucoup de cinéma mais ne savait que recevoir et pas donner. D'ailleurs, quand j'étais enceinte, elle ne cessait de répéter "Cet enfant DOIT m'aimer. Il faut que cet enfant m'aime". Mais elle a sans doute pensé elle aussi que ce serait inné et son vœu ne s'est pas réalisé pcq on n'achète pas l'amour avec des bonbons et on ne ment pas à un enfant quand il s'agit de sentiments et d'émotions. Par contre, c'est une surprise de la part de ma famille que je pensais soudée. Finalement, je suis la seule à souffrir de cette situation donc à moi de m'en sortir et de choisir ma famille. Merci beaucoup pour ce message. Bonne journée
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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Lausanne
#20
]Finalement, je suis la seule à souffrir de cette situation donc à moi de m'en sortir et de choisir ma famille.
Tiens ma sœur et moi on a longtemps fait ça, nous chercher chacune une famille de remplacement. Et au final, à l'heure actuelle, on est les deux revenues à la famille d'origine, mais apurée des membres qui nous font chier, en fait.

Et ça se résume, en ascendance, à sa marraine/ma petite-cousine... et en descendance, aux enfants de ma sœur, leurs copines, et au dernier-né.[