Considérations sur la survenue de l’informatique dans nos vies

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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Lausanne
#1
Jusqu’à mes trente ans, on bossait avec le papier, le téléphone fixe… et parfois le répondeur. Mon métier : les soins. En tournée à domicile, en cas de nécessité, le bureau arrivait tant bien que mal à nous contacter via les clients, et sinon… ben ça attendait qu’on revienne au bureau, tout bêtement.

J’ai vu mes neveux intégrer la souris dès qu’ils ont su en tenir une, et tous les trois ont choisi des études et des carrières dont le socle est l’informatique.

Le premier cherche depuis un moment un poste où il sera moins sur la brèche, vu que l’informatique a introduit la notion de disponibilité en tout temps et tout lieu. Il fatigue sérieusement ; excellent poste, bien payé, il a même pas eu à le chercher (on l’a repéré) … mais trop c’est trop. Il somatise, mal aux épaules, trop sur le dos.

Moi-même j’ai pris mes jambes à mon cou quand j’ai senti que j’allais faire un scandale devant l’impossible mission, en étant moi-même soignante, de travailler dans des conditions précarisant la santé.

C’est-à-dire avec des outils mobiles qui tombaient en panne (merci l’obsolescence programmée… ) dès qu’une goutte de pluie tombait sur l’écran, par exemple… et en me tapant quadruple peine : ma propre tournée, et pendant celle-ci, les appels urgents des clients, les appels de l’équipe (une dizaine de personnes dont j’étais superviseuse pendant ma tournée), et la facturation directe, complexe au possible et dont les règles, fluctuantes, pouvaient changer de semaine en semaine.


Je suis donc devenue documentaliste, spécialiste en information documentaire, et j’ai appris à me servir de l’informatique, puisque c’est la base de ce métier (95 % des actes sont réalisés au clavier, par utilisation, transmissions ou même, carrément, programmation).

Parenthèse : quand je cherchais encore à travailler dans les soins pour assurer les factures, alors que je me lançais en indépendante comme documentaliste, quelques innocents m’ont proposé des cours de mise à niveau en informatique – postulant sans vérifier que vu mon âge, je devais être aux pives avec le numérique. Je leur ai ri au nez.

Sans déc’…

Fin de parenthèse.



L’informatique a de bons côtés ; c’est l’humain qui l’utilise à mauvais escient, et dans une escalade de mise en disponibilité qui met sur les nerfs, littéralement. Et puis il manque un volet éducationnel à nos petits pitonneurs, pour qu’ils se protègent, tout bêtement ; je veux parler de ceux qui dans la rue m'arrivent la tête la première dans le plexus parce qu’ils sont concentrés sur leur écran; et plus tard, de plein fouet, quand ils ont pris les 30 cm qui font que leur tête va heurter la mienne ; en espérant qu’ils n’aillent pas mourir d’une fatale rencontre avec un véhicule qu’ils n’auront ni vu, ni entendu… écouteurs aux oreilles.

Mourir d’informatique, donc, ça arrive ; et parfois de mort lente.

Si au départ le stress est prévu pour qu’on mobilise ses forces en cas de danger, ses effets sur l’organisme, s’il est prolongé, sont ravageurs et silencieux : la partie du cerveau qui le traite est saturée et ne peut plus assurer la régulation, installant une dépression. L’hypertension menace, le cœur fatigue… entre autres (foie et reins sont très sollicités également).


Comme je sais ça très bien, théoriquement (c'est mon premier métier) et en pratique pour avoir vu le danger de très près par deux fois, je suis vigilante : j’ignore les propositions d’applications qu’on me vante quotidiennement pour me faciliter la vie (prétendument), mais qui au final me mettraient encore plus en disponibilité. Bien que travaillant en indépendante, mes outils mobiles sont mon PC (pour travailler et assurer la liaison avec mes clients), un téléphone fixe avec répondeur… et un portable dont j’ai éliminé la combox.

Ouais, carrément.

Et comme je vois que nombre de sites commencent à ne pas livrer de numéros de téléphone, et parfois même tout juste une adresse mail de contact, et en avertissant du délai probable de réponse… je me dis que j’ai pas tout faux.

Je donne même des cours de Community Management, où j’enseigne comment ne pas se laisser envahir quand on se lance comme nouvel entrepreneur.

Ouais, carrément (bis).



Et vous, comment avez-vous vécu le virage de l’informatique ?
 
Dernière édition:
You Rock !: Babioushka
31 Jan 2019
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#2
Je trouve ta et cette réflexion particulièrement intéressante :happy:

j’ignore les propositions d’applications qu’on me vante quotidiennement pour me faciliter la vie (prétendument), mais qui au final me mettraient encore plus en disponibilité.
- est-ce que t'as des exemples d'applications que tu ne veux pas utiliser ?

- mon fond de pensée en bref : je pense que l’être humain peut devenir malheureusement l'esclave de l'outil qu'iel fabrique, c'est valable pour tout : l'agriculture (super invention, mais faut toujours travailler la terre, etc etc, super vidéo de Dirty Biology qui explique ça :
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, la voiture (temps et coût d'entretien, et rien qu'au tout début de l'invention de l'automobile : c’était tout un truc pour arriver à la démarrer, et à grâce/à cause de ça: tout est devenu + rapide, les gens pouvait prendre leur voiture bcp + facilement tous les jours pour aller faire leur emplettes en ville, au lieu de préparer les chevaux, etc (cf: le livre de John Steinbeck A l'Est d'Eden qui explique très bien cette petite révolution)). Je pense donc qu'à chaque nouvel outil/technologie, c'est important d'identifier les bénéfices et les risques et qu'il y ait des mesures pour ne pas en devenir esclave, selon le niveau de sensibilité/tolérance de chacun.

- il y a un graphique qui je pense résume bien les conséquences de l'hyper-connexion de notre époque : https://www.blog-emploi.com/journee-travail-generations-x-y-z/
En bref : les heures passées à réellement travailler et à penser aux loisirs deviennent de + en + floues.
Idem, je pense qu'il a un bien et un mal à ce phénomène. Un bien car et bien c'est pratique quand même de pouvoir texter nos compagne-ons / nos ami-e-s pour savoir ce qu'on fait ce soir. Et un mal, je n'ai je pense pas besoin d'expliquer :)
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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#3
Je trouve ta et cette réflexion particulièrement intéressante :happy:

- est-ce que t'as des exemples d'applications que tu ne veux pas utiliser ?

En bref : les heures passées à réellement travailler et à penser aux loisirs deviennent de + en + floues.
Idem, je pense qu'il a un bien et un mal à ce phénomène. Un bien car et bien c'est pratique quand même de pouvoir texter nos compagne-ons / nos ami-e-s pour savoir ce qu'on fait ce soir. Et un mal, je n'ai je pense pas besoin d'expliquer :)


Alors… FB, en premier. Oust! Ainsi que tous les outils sur lesquels son utilisation débouche (faut que je revoie mon cours…); les outils de mindmapping, aussi, zou, ça va aussi bien avec papier et crayon. Ainsi que tout ce qui demande un effort conséquent pour assimiler les possibilités. Lors de ma formation de recherchiste, j'ai bien noté que si l'internaute ne trouve pas en 3 clics ce qu'il cherche, c'est mort. Je pense que ça vaut aussi pour l'apprentissage de la manipulation d'un outil: après tout c'est pour se faciliter la vie...alors que même en jouant (et c'est très utilisé en marketing, ce truc de "s'amuser"), on peut y passer des heures, et parfois en pestant sa race.

La liste est longuette, donc je vais te dire plutôt ce que je privilégie: Pealtrees, Pinterest… et mes compétences de documentaliste internet, et recherchiste efficiente. Mais il faut tenir compte du fait que certains outils sont plus vite assimilables selon son profil d'apprentissage… moi je vais bientôt partir sur la pâte à modeler et les legos, en fait!!!


Autrement... super de pouvoir se texter pour pas rappliquer en même temps à l'appart' avec les courses à double / pour pouvoir se passer des infos importantes / appeler à l'aide... pour le reste... ranafout.
 

Ptite plume

Well-known member
2 Jan 2019
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#5
J'avais dix ans lorsque internet et les premiers ordis sont apparus sur le marché...
Donc je ne suis pas née avec mais ai grandi avec.

J'aurai du mal à m'en passer aujourd’hui , pour moi internet constitue une ouverture sur le monde. Toutefois internet passe après la découverte du monde par la lecture, les voyages.

J'avoue que parfois , au dela de l’hyper-connexion, l'angoisse me happe, quand j'ai sous les yeux du contenu que je ne voulais pas voir, je pense à facebook, où on n'a la possibilité de "cacher"un élément qu'une fois qu'on l'a déjà vu. C'est un peu de voiler la face, mais humainement je ne peux pas supporter de visionner des horreurs à longueur de temps. Je pense que tout à chacun on devrait réfléchir avant de diffuser des contenus choquants, on n'a pas tous le même seuil de tolérance face à ça... je pense à la vidéo #anita que j'avais d'abord décidée de partager, mais je m'y suis résignée parce que je voulais pas imposer ça à quiconque.

Et par dessus tout, je ne supporte plus la désinhibition qu’entraîne chez certains la présence sur les réseaux, ceux qui dans la vie ne l'ouvriraient pas par leurs propos raciste ou homophobes.

Parfois ça me prend, j'éteint tout, fatiguée de ces interactions constantes . Mais c'est assez rare.

J'ai aussi du mal avec la géolocalisation. Quand je peux je la désactive.

Voili, c'est un peu brouillon dsl si c'est pas limpide pour vous.

L'informatique est un formidable outil, artistiquement parlant c'est une mine d'infos, d'apprentissages, de connaissances. Socialement c'est une autre histoire pour ma part.. après, je suis vraiment une hypersensible donc ça joue aussi ; )
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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#6
Je me demande souvent ce qui se passerait si ça pétait, le web, mais aussi l'électricité, enfin le monde tel qu'on le vit.

Je me visualise alors à boire des godets ou de la soupe de tout et rien, avec des inconnus, devant un feu de quartier improvisé dans un baril.
 
You Rock !: Floowls
9 Sept 2019
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#7
J'ai aussi grandit avec le développement de l'informatique "grand public", on a eu notre premier pc en 1999 mais Internet est arrivé plus tard à la maison avec les offres de connexions illimitées vers 2000-2001 je crois.
J'ai été hyper connectée, surtout avec le smartphone : FB, Insta et co. Ça me soûlait de recevoir des notifications constantes donc j'ai désactivé les notifications et j'allais sur les applis seulement quand je le décidais mais c'était encore trop chronophage donc j'ai désactivé la plupart des applis sauf Messenger que je garde pour suivre les discussions de mes groupes de potes ou parler à des gens qui ne vivent pas en Europe. J'ai gardé quelques applis que je juge vraiment utile (celle de ma banque, pour les transports en commun, Maps).
Sinon, je passe directement par mon pc quand je suis posée chez moi et que je me prend du temps pour faire un tour sur Linkedin (ce réseau me laisse toujours perplexe mais bon y parait que quand tu es dans les RH c'est vital... Bah pas vraiment... Enfin bref ! )
Aussi je n'ai pas tout le temps ma 4G activée et je mets facilement mon téléphone en silencieux parce que je déteste me faire "harceler"

Quand je suis avec des gens, le téléphone reste dans mon sac/ma poche sauf si j'attend un message ou un appel important et ça m'agace profondément de partager un repas ou un verre avec quelqu'un qui garde son téléphone à porté de main/oeil et se précipite dessus à la moindre sonnerie/vibration.

Mon boulot c'est sur un pc et avec un téléphone pour 99% du temps mais j'ai toujours réussi à m'aménager du temps pour ne pas être perturbée par des mails ou des appels alors que je dois bosser sur un sujet urgent et qui demande une grande concentration. J'ai la chance d'avoir une bonne capacité à me concentrer et à jongler entre les infos sans trop m'éparpiller et sans que ça devienne source de stress. Je sais que ça énerve pas mal les gens, qui veulent que tu sois toujours dispo pour eux (même si ce n'est pas prioritaire) mais je n'ai aucun scrupule à les faire attendre.
Ca fait souvent rire les gens mais j'ai toujours un bloc de feuilles et un stylo à porté de main pour noter des trucs ou organiser mes idées. Pendant mes études je n'ai jamais utilisé mon pc en cours sauf si nécessaire, contrairement à la plupart des mes camarades qui notaient tous les cours directement sur ordi. Genre sur une classe de 23 on devait être 2-3 sans ordinateur.

Et avec le développement d'applications pour tout (et n'importe quoi) je suis frustrée parce que j'aime bien passer des heures à faire des recherches. Je passe encore beaucoup de temps à lire les livres, j'ai même un abonnement à la bibliothèque universitaire (gratuite pour les chômeurs :cheer: ). Je parle de ça parce que j'ai remarqué que des gens de mon age ne savent pas faire des recherches et j'étais assez étonnée. Je crois que dans ma classe en licence RH, je suis presque la seule à avoir lu des livres pour notre projet de fin d'année et ils comprenaient pas comment je faisais pour trouver des infos dans les livres. "Mais tu vas lire tout le bouquin de 500 pages ???" "Bah non, je sélectionne les chapitres, je lis en diagonale et si c'est pertinent je récupère les informations dont j'ai besoin". Ce que je dis a peut-être l'air un peu condescendant mais c'est pas du tout le cas, j'ai juste du mal à comprendre que ça ne soit plus naturel pour pas mal de gens de faire ça. (j'ai beaucoup de mal à comprendre la "logique" des gens en général...)

L'informatique et le numérique en général sont de très bons outils selon moi mais je pense qu'il faut apprendre à s'en servir correctement : Je te rejoins complètement @Clem' sur la nécessité d'éduquer les gens aux bonnes pratiques de l'informatique ! Autant niveau cybersécurité, que des dangers à être constament rivé aux écrans (Combien d'accidents de bagnoles à cause d'un sms ? De gens qui se percutent des voitures/vélos/autres gens etc parce qu’absorbé par l'écran ?)
 
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You Rock !: Clem'

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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#8
Salut @Floowls,

J'ai remarqué que certains de mes potes commencent à s'excuser de guigner leur phone, si l'organisation du reste de leur journée en dépend.
Au moins, ils s'excusent. Mais bon, fait chier. Le mien, je ne réponds pas quand je suis avec des gens, na, question de civilité et de savoir-vivre. Mais un phone qui sonne, ça flatte la fibre "je me sens important: on veut me parler, là, tout de suite."

LinkedIn, ça fait partie de mon taf de former les gens qui veulent se construire un profil, selon les codes là-bas. Chaque réseau social peut être d'un chronophage affolant, comprendre comment faire ça prend un temps de malade, c'est un effet de masse à impact marketing ravageur ces trucs. C'est fort, parce que on a réussi à nous faire croire que de de plus en plus de trucs sont absolument vitaux, en parlant de féroce compétition sur le marché du travail - je préfère émulation productive, réseautage collaboratif, rencontre fertile des idées.

Concernant ton paragraphe sur les recherches internet… ben je vois en effet que mon cœur de cible, comme clientèle, c'est aux 5/6 des personnes qui ont subi le virage informatique, et qui se raccrochent aux applis qui font le travail, mais ne fournissent que des blocs de docs standards; les résultats sont formatés, aucune originalité, d'autant plus que la tendance c'est de croire que si Internet le dit, le dieu de l'information a parlé.

Et les jeunes générations, pareil, en fait, peu d'esprit critique; et surtout, cette fatuité: "Moi, je trouve toujours ce que je veux". C'est bien ça le problème: passer à côté de ressources du web gris, qui peuvent donner une coloration différente à un travail ou un projet, le rendre original, voir exhaustif, mais en tous cas, critique.
Idem pour la manière d'éplucher les ressources: une table des matières, c'est pas là pour faire joli, et une bibliographie, c'est un trésor.
 

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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#9
DP, car j'ai eu une idée au réveil (beuh oui, ça m'a prise comme ça au premier bâillement du matin).

Et ça concerne la réunionite, le truc qui gave parce qu'on pense pendant ce temps à tout le taf qu'on pourrait abattre / à tout le temps qu'on a dû consacrer à sa propre présentation / et dont on se demande ce qu'il sort de bon, au final.

Je trouve la plupart du temps que les présentations PPT ou autre sont chiantes, demandent un temps de ouf, et qu'il y manque ensuite un moment de construction autour des choses présentées; et aussi qu'un mode constructif plutôt que "critique" est boostant.

Alors voilà à quoi j'ai pensé comme modèle de réunion: pour la plage-horaire du jour normalement réservé, lancer une invitation, en envoyant juste un mail sur une nouvelle idée qu'on aurait eue, en précisant juste le domaine auquel elle appartient "une idée pour… ". On y participe ou pas, donc on répond "je viens", si on vient (avantage: pas de mails surchargeant la BAM pour rien), et en graduant sa réponse sur une échelle de 3:

1- j'en ai justement besoin en ce moment pour avancer un projet / je bloque

2- ça m'intéresse beaucoup pour un projet en construction

3- ça m'intéresse en général.

Si plusieurs idées/invitations sont signalées, un coordinateur les met par ordre de priorité à l'ordre du jour, selon les graduations reçues de la part des intéressés, pour présenter d'abord les idées qui intéressent le plus de monde au degré 1, puis celles de degré 2, et enfin celles de degré 3. Comme ça les gens peuvent partir si nécessaire au fur et à mesure se consacrer à leur taf, dès qu'ils ont collecté ce dont ils ont besoin.


On y expose son idée comme suit:

- j'ai eu cette idée
- parce que.

Les PPT sont réduits aux images indispensables, mind-mapping bienvenus, même en photo d'un document papier sur lequel on aurait développé son idée.

Ensuite, 5' de réflexion chacun dans son coin.

Ensuite, livraison des réflexions, genre 2' chacun maximum, histoire d'ajouter son grain de sel (en mode positif seulement, c'est important), et pour que tout le monde puisse collecter ce qui l'intéresse de ce qui se dit, et se relancer les uns et les autres sur ce qu'ils peuvent en retirer.


C'est un premier jet, réflexions bienvenues.
 

Hercynie

I'm a cat person
7 Jan 2019
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#11
Ce n'est pas parce que ça a été initialement développé pour du développement logiciel que les méthodes AGILE ne sont pas transférables à d'autres domaines d'application. Bien au contraire. Si tu as bien lu les liens que j'ai mis dans mon précédent message, tu verras que ces méthodes ont été mises en place justement pour lutter contre la perte de temps en réunion, la surcharge des boîtes mails avec l'échanges d'informations peu pertinentes et surtout pour pallier aux dérives que chaque intervenant d'un même projet peut effectuer s'il y a un manque de communication. J'ai l'impression que tu l'amalgame entre une méthodologie et un produit fini.

Quant à la manière dont l'informatique révolutionne la vie de chacun, il s'agit surtout de se responsabiliser vis-à-vis des outils qui sont à notre disposition. Personnellement, si je sens qu'une application est envahissante, je supprime les notifications car ce sont ces dernières qui me sorte de ma concentration ou je la supprime définitivement si je ne l'utilise pas plus que ça. Par ailleurs, les applications qui peuvent te faire ressentir une perte de temps sera peut-être pertinente pour quelqu'un d'autre. Ainsi le problème n'est pas l'application en elle-même mais l'utilisation qu'on en fait. Dans bien des cas, les logiciels et applications peuvent faire gagner beaucoup de temps (Ex: Doctolib pour prendre des RDV sans avoir à attendre au tel, trouver son chemin quand on est perdu, avoir un agenda partagé avec les membres du foyer pour éviter d'envoyer des messages à tout le monde toutes les 5 minutes, lire des articles dans une file d'attente etc...)

Dans ton premier poste, tu dénonces le stress provoqué par le numérique mais je ne crois pas que le stress au travail et le burn out soient arrivés après la révolution numérique... Certes, les salariés sont plus facilement joignables à n'importe quelle heure mais même avant l'ère du smartphone et d'internet, les salariés étaient soumis à une demande de rendement. Ainsi, il ne faut pas dénoncer l'arrivée de l'informatique comme source de stress mais la nécessité de la rentabilité dans une société dont le modèle économique est dépendant d'une croissance constante qui n'est pourtant plus du tout compatible avec les mode de vie occidental dont les pays en développement veulent également profiter. En gros, le problème n'est pas l'informatique mais l'usage dont chacun en fait et dont il est entièrement responsable, renforcé par les crises économiques successives depuis le milieu des années 1970 imposant au salarié une souplesse et une acceptation de conditions de travail envahissantes et stressantes.

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Mourir d’informatique, donc, ça arrive ; et parfois de mort lente.
Et franchement, cette affirmation n'est pas vraie. Personne ne meurt d'informatique. Si tu meurs d'un accident de voiture dû à ta consultation de SMS, ce n'est pas la faute du smartphone mais de ton utilisation de celui-ci. L'objet n'a aucune volonté de mort sur un individu, tout comme les logiciels et applications.
 

Hercynie

I'm a cat person
7 Jan 2019
20
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#12
Concernant particulièrement cette remarque : "Et franchement, cette affirmation n'est pas vraie." ….

… j''apprécie ta réactivité, mais pas que tu fasses des commentaires de cette sorte; et te remercie à l'avance de t'exprimer dans l'esprit d'un débat constructif, et non pas contradictoire.
Dans la mesure où je fais une réponse argumentée et que mon argument n'est pas fallacieux, je ne vois pas en quoi ma réponse n'est pas constructive. Ce n'est pas parce que je trouve ton point de vue bancal voire faux que je n'ai pas le droit de l'exprimer.

L'idée du topic c'est d'échanger sur nos perceptions de l'informatique, et d'en tirer des élans positifs pour maîtriser ce léviathan. Et comme tu te formes à travers ce que tu nommes ailleurs le graal de la reconversion à tes yeux, et que tu donnes des conseils ici et là, je me permets de t'en donner un tout petit: réfléchis à ce qu'est l'informatique sans une certaine dose d'humanité, de communication attentive aux besoins des clients, et de souplesse dans les échanges.

On dirait que tu es entrée en religion, avec ce discours un peu extrémiste.
Dans l'autre topic, je dis que le graal de la reconversion est la POE I qui consiste à proposer à un demandeur d'emploi une formation suivie d'une promesse d'embauche en CDD de 12 mois ou en CDI. Ce graal peut être utilisé pour changer de métier, pas obligatoirement dans l'informatique... Soit tu prends plaisir à déformer mes propos, soit tu ne comprends pas ce que j'ai écrit.

Crois-tu que lancer que j'ai une vision religieuse et extrémiste sur le sujet juste parce que je ne partage pas ton point de vue c'est faire preuve de pertinence ? Ne penses-tu pas qu'il s'agit plutôt d'un jugement de valeur qui n'a strictement rien à voir avec mon message ? Tu dis que tu souhaites échanger mais tu n'acceptes pas l'idée que ton point de vue soit remis en question ou qu'il manque de cohérence ou simplement qu'une partie de ton analyse sur le sujet soit erronée. Mais, apparemment, tu n'as pas le recul nécessaire pour te remettre en question. Ce n'est pas constructif. Dans tes messages, tu penses détenir des pistes inexplorées sur l'utilisation de l'informatique mais sache que je trouve tes analyses paresseuses (ex: dans ton dernier message, ce que tu appelles la communication humaine c'est du story telling et c'est utilisé depuis des lustres dans le marketing (ex: Sostrene Grene), idem pour les campagnes de mailing, tout le monde sait qu'aujourd'hui c'est dépassé en BtoB) et mal argumentées. D'ailleurs, tu parles d'échanges mais vu le nombre de DP que tu fais, j'ai l'impression que tu n'aimes échanger qu'avec toi-même. Je vais donc te laisser palabrer seule sur ton sujet.
 
You Rock !: Lolita

Clem'

HP bien dans ses pompes (enfin trouvé ma pointure)
22 Sept 2019
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#13
Encore moi, hi hi, histoire de profiter de vos réflexions qui me lancent sur des idées constructives, même les débats contradictoires qui aident à préciser la cible… et puis des incompatibilités de caractère, ça existe, rebondissons!!!) Merci à vous!


Hier un client me recontacte pour me poser des questions de fonctionnement de LinkedIn.

On avait déjà travaillé sur sa page, sur les codes d'expression de ce réseau social.

Et je suis frappée à la fois par sa facilité d'utilisation au premier regard, et d'un autre côté par la complexité de la page, qui nécessite pas mal d'heures pour l'apprivoiser et en tirer le maximum d'efficience en termes de présentation.


Mon client me pose donc hier des questions en relation avec la promotion de sa jeune boîte de formation en négociation tous azimuts - visiblement il veut se débarrasser d'une page Business qu'il a créée, qui l'encombre et le dessert à présent; et trouver comment signaler son entreprise autrement qu'en raquant du pognon - le nerf de la guerre des deux côtés: le RS veut lui vendre quelque chose… qu'il ne veut pas acheter.

Et je rigole en lui montrant les divers endroits où il peut poser son adresse de site - mais c'est finement pensé, LI : ça met un peu des bâtons dans les roues de ceux qui veulent éviter d'ouvrir leur portefeuille pour acheter un truc dont ils n'ont pas besoin - pour l'instant. Et je comprends bien qu'on n'ait pas envie de sortir des ronds: ils sont précieux, surtout quand on débute… Dans l'immensité des outils que j'ai vus en formation récemment, il y a intérêt à budgétiser l'achat des diverses applications, ça cube vite!

(Parenthèse: lors de cette formation nous a été montrée une appli intelligemment centrée sur une présentation visuelle plutôt qu'auditive (l'écriture et les textes, paradoxalement, même si on les "voit", passant par le canal "cognitif auditif", puisqu'on se lit à soi-même les textes...et la majorité des gens présentant une canal visuel… l'idée est très bien vue).

Le formateur nous montre une utilisation de cette appli, par un concepteur de site, ou photographe, ou programmeur genre adobe. "Regardez tout ce que vous pouvez faire!!!"

Ouais, justement: le tollé dans la salle!

"Indigeste, incompréhensible", etc.

Et à vrai dire, sans décrypter le message caché dans une présentation aussi soûlante, et canaille à déchiffrer, il y a de quoi se demander pourquoi on nous montre un truc pareil, qui ne parle pas en faveur de la lisibilité (pour du visuel, agresser l'œil, quelle drôle d'idée).

Finalement, il ressort de nos discussions que concernant cette présentation-là, ce n'est pas le message qui est important, mais le coup de bluff : le gars ne cherche pas à vendre son produit… mais à se vendre lui-même, en démontrant son ultra-maîtrise de l'appli. Sûrement une bonne recrue… pour une boîte de conception d'applis. Bref, pour moi, démonstration éclatante de dévoyages d'outils.

Fin de parenthèse)



Où je veux en venir? A la publicité - qui ne garantit aucunement de trouver des clients pérennes.

J'esssplique.

Comme tous les RS en apparence gratuits, à un moment donné il y a appel à consommation, c'est normal; soit pour faire la publicité de son entreprise, soit pour bénéficier des avantages d'un abonnement Premium (par exemple, voir qui nous a vu / se faire recruter / trouver des prospects (qui ne sont pas encore forcément des clients) / recruter des talents / disposer d'infos commerciales, développer son activité pro / augmenter ses compétences).

Voilà qui peut aider, mais ne va pas forcément propulser une start-up au sommet des charts de vente (ni trouver un poste à coup sûr).

Je relie le tout à un autre leurre, celui que représente le fait d'avoir une mailing-liste de 3000 personnes: ce n'est pas ça qui va forcément générer de la clientèle et des mandats, car ça revient à distribuer un tout-ménage, qui part souvent illico à la poubelle. Et quand je vois des nouveaux entrepreneurs mendier des adresses à leur entourage, je me dis qu'il leur manque la dimension "communication humaine".

Parce que se constituer une clientèle, c'est encore une fois une histoire de créer et d'entretenir une relation de qualité avec sa clientèle, donc de bénéficier du bouche-à-oreille, lorsque le SAV suit bien. Je me fie plus au phénomène "barbe-à-papa" que génère une comm' attentive et empathique, qu'à des messages publicitaires qui tombent dans le vide sidéral, parce qu'agaçant le récipiendaire.


FB, à sa façon, trie sur le volet de son algorithme ceux qu'il autorise à se faire de la pub' gratuite: une page entreprise ne peut exister qu'à partir d'une page de profil, qui elle-même va être jartée si elle n'est pas alimentée régulièrement de manière à augmenter le trafic sur le RS - ce que veut le RS, c'est montrer des chiffres censés démontrer sa popularité à ceux qui tiennent les cordons de la Bourse.

Et le moindre faux-pas est sanctionné, FB peut juste vous boucler votre compte parce que vous n'avez pas respecté de subtiles règles… Alors à un moment donné, le réflexe, pour éviter le dilemme (se faire éliminer de FB/ passer son temps sur FB, donc s'hyperconnecter), l'entrepreneur va se résoudre à lâcher un peu de fric, pour une annonce-flash, par exemple - on se dit que 15 balles, 30, on peut poser sur la table). Mais ça garantit pas de trouver des clients... par contre, le fric, lui, il est sorti du portemonnaie.

Je finis sur une note positive: l'informatique, c'est rigolo, un peu jouissif, quand on voit apparaître sur l'écran ce qu'on a programmé. Et aussi, quand on finit par débusquer la minime erreur de programmation qui fait déconner une page au max', le signe diacritique qui foire sur MySQL (je l'appelle affectueusement "Mes Séquelles")... surtout en examen sanctionnant un module de formation crucial pour passer son semestre.

Yipikaïe yeah!
 
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