Justine_

New member
19 Mar 2019
3
4
3
Le deuil fait partie de ces sujets universels – que nous allons tous et toutes connaître et que nous avons probablement déjà tous et toutes connu, de près ou de loin… Pourtant, dans notre société, la mort et ce qui l’entoure est parfois un tabou.
Dans son ouvrage Vivre le deuil au jour le jour, le psychiatre Christophe Fauré note que le tabou qui entoure la mort contribue à isoler les personnes endeuillées et crée « une subtile exclusion qui, condamnant à vivre dans le silence ce temps de vie si particulier, génère une souffrance supplémentaire, inutile ».
Qu’est-ce que le deuil ?
Dans ce même livre, Christophe Fauré, spécialiste du deuil et des ruptures de vie, explique et raconte le traumatisme créé par la perte d’un proche, ses répercussions physiques, psychologiques, relationnelles… et nous aide à entrevoir la manière dont nous pouvons retrouver le « goût de la vie ».
Lorsqu’une amie très chère m’a conseillé de lire les travaux de Christophe Fauré, je ne m’attendais pas à y...
Lire la suite ...
 
Dernière édition par un modérateur:

pravda1917

Well-known member
7 Avr 2019
901
3 907
93
Je vais faire un petit HS dès le premier message mais si vous avez des astuces pour faire face au décès d’un des proches d’un de vos très proches à vous je suis preneuse (peut être en MP pour pas poluer€
 

Stl_44

Cramez tout ! Y aura pas de révolte.
24 Avr 2019
28
244
28
Cet article m'a malheureusement fait revivre le suicide d'une de mes meilleures amies le 30 juillet dernier. Je sais que j'ai fait du chemin notamment il y a deux semaines où j'ai passé deux jours à pleurer toutes les larmes de mon corps sans raison à priori apparente. J'ai bien ressenti le choc de l'annonce et surtout la colère envers elle. Pourquoi n'ai je rien vu ? Pourquoi n'y a t-il pas eu de signes ? Pourquoi nous a telle fait ça ? Bien sûr les questions sont aussi folles que son geste mais elles me sont restés en tête jusqu'à encore récemment. Je vis mieux la chose aujourd'hui et je commence à accepter ce qui est arrivé. Ce qui a été le plus dur c'est qu'il n'y ait pas eu de cérémonie pour elle (hors mis ses parents et son frère présent à l'incinération) mais dans quelques jours je pourrais (enfin !) aller lui dire au revoir (elle va avoir une plaque dans un cimetière). C'est mon premier deuil et je pense avoir vécu la pire des premières fois, car un suicide à l'âge de 25 ans c'est très violent. Par rapport à mon rapport à la vie, je me suis jurée que même si j'étais au fond du trou, jamais je ne voudrais que mes proches me haïssent autant que j'ai pu haïr Inès pour ce geste là . Bref. C'est décousu, je m'en excuse mais c'est ce que j'avais besoin de dire. Merci pour cet article même si les phases ne sont jamais aussi linéaires que celles mentionnées et qu'en effet chaque deuil et endeuillé est différent
 

Lenny Leguellec

Guerrière à plein temps
7 Jan 2019
524
2 662
93
32
En 2007 j'ai perdu mon oncle... mon deuil a duré plus de cinq ans...mais..
En 2017 j'ai perdu 5 membres de ma familles (étalé entre janvier et septembre) dont ma grand mère qui m'a élevée, tous de ce foutue cancer de merde.
j'ai fait une énorme dépression nerveuse et j'ai eu beaucoup de mal à faire mon travail de deuil.
aujourd'hui je viens de finir l'acceptation de leurs morts.
j'ai eu beaucoup de colère, encore plus de tristesses... maintenant je peux parler d'eux sans me mettre à chialer si fort que les mots se coince dans ma gorge.
la mort c'est jamais simple à faire face...
Si quelqu'un veux en parler je suis Open
 

Merlu

Le troisième type, c'est moi
18 Fev 2019
1 468
5 318
113
32
Devant ton nez
Il y a peu, j'ai perdu deux proches à quelques heures d'intervalle. Et pour chacun d'eux, le deuil a été facilité par le fait qu'ils étaient tous des deux vieux et à la santé déclinante, je me doutais bien qu'ils décéderaient à court terme. Une des deux personnes était ma grand-mère, et j'ai l'impression qu'elle avait cessé de vivre bien avant son décès: ses sens s'estompaient peu à peu et elle restait passive en permanence, et se sentait prête à partir. J'étais presque soulagé pour elle quand son décès est survenu, parce que c'est pas une vie de subir un tel état de décrépitude.

Tout ça pour dire que j'ai l'impression que le deuil est plus facile à faire quand on a le temps de le voir venir et qu'il est dû à la vieillesse. En tout cas, c'est comme ça que je l'ai ressenti.
 

MrPatate

Well-known member
28 Fev 2019
13
74
13
Merci pour cet article de grande qualité !

J'ai du gerer les funerailles de mon pere à 19 ans et je n'ai quasiment aucun souvenir du mois qui à suivi son deces, j'avais l'impression de ne plus etre la, dans mon corps, il m' a fallu des années pour comprendre ce qui m'etait arrivé .

Cétait il y a 18 ans, j'aurais tellement aimé avoir eu accés à ce genre d'informations à l'époque.

Merci pour toutes celles et ceux que ca ne manquera pas d'aider !
 

Stl_44

Cramez tout ! Y aura pas de révolte.
24 Avr 2019
28
244
28
Ca fait plaisir de retrouver @Justine_ :puppyeyes:

Merci pour cet article très bien rédigé comme d'habitude et très juste.
J'ai pu faire mon deuil heureusement mais parler de deuil ravive de vieilles douleurs en moi, je préfère ne pas en parler.
Mais c'est vrai et bizarre comme toute la douleur remonte à sa date d'anniversaire et à la date de sa mort.

@Stl_44 je suis vraiment désolée pour toi.
Ce contenu est réservé aux membres inscrit.es. Inscris-toi par ici.
Je suis désolée pour toi. Après, j'ai eu beaucoup de mal à accepter le mal être et le desespoir de mon amie. C'était beaucoup plus facile de lui en vouloir. J'en suis pas fière mais l'imaginer aussi mal m'est trop dur. J'espère que ta sœur a pu sortir de sa dépression et que toi tu as pu trouver un moyen de t'apaiser par rapport à tout ce que tu as du traverser.
Gros câlins virtuel
 

Lulu1527

Member
21 Oct 2019
1
5
3
J'aurais aimé avoir ces informations plus tôt. J'ai perdu mon frère aîné quand j'avais 13 ans. Ça fait 14 ans maintenant. On pourrait penser que la douleur s'est effacée mais je pense encore très souvent à lui, des qu'il m'arrive un truc nouveau, je me demande ce qu'il aurait dit ou fait. Je n'ai pas eu du tout la même réaction au chagrin que mon autre frère. Encore aujourd hui, j'ai l'impression qu'il reste en colère contre lui (mon frère aîné s'est suicidé quand il avait 21 ans et mon autre frère avait 17 ans). Je lui transmettrai cet article en espérant que ça l'aide.
En tout cas merci pour cet article. Ce sera utile pour l'avenir.
Lulu
 

Mathilde_0404

Well-known member
16 Jan 2019
33
196
33
24
J'ai vécu un deuil un peu particulier en février dernier. Ma grand mère est décédée car sa santé n'allait pas bien du tout. Quand j'ai appris la nouvelle c'était par téléphone à des centaines de kilomètres de ma famille lors des portes ouvertes d'une école. Je me suis effondrées en larme, sans comprendre pourquoi. Nous n'étions pas très proches, on se voyait une à deux fois par an par convention sociale, elle nous appelait pas à nos anniversaire, n'étais pas affectueuse et un peu aigris. Et pourtant j'ai pleuré quasiment non stop du samedi à l'annonce de son décès au jeudi à son enterrement. Et une fois son enterrement passé : plus une seul larme, plus de souffrance. C'était vraiment très étrange comme deuil.
 

Jim Sterling

Well-known member
2 Jan 2019
55
403
53
Je l'ai déjà posté sur ce forum mais écoutez le podcast "Mortel" de Taous Merakchi (Jack Parker, anciennement sur Madmoizelle). Chaque épisode se concentre sur un sujet différent autour de la mort, et je crois que l'épisode 3 ou 4 parle des étapes du deuil justement (peut-être même que la personne interviewé est Christophe Fauré, je ne sais plus), et c'est vraiment vraiment bien!
 

Ploue

Well-known member
3 Jan 2019
540
3 024
93
J'aime beaucoup la façon dont est géré le deuil dans ma famille (et dans beaucoup d'autres familles reunionnaises).

Déjà on fait une veillée, même si je vais pas passer des heures autour du cercueil à prier, c'est moins brutal comme départ. La personne meurt mais elle reste près de nous le temps de la veillée et la veillée s'arrête parce qu'on l'enterre.

Après l'enterrement la famille continue de se réunir pendant 2 semaines pour prier tous les jours. Je suis la seule non croyante de ma famille mais j'ai quand même apprécié qu'on se retrouve en famille après et que chacun ne retourne pas à son train train trop vite.

Et le mois qui suit la mort on ne mange pas de viande, je suis végé donc ça ne change pas grand chose mais à l'époque du décès de ma grand mère je ne l'étais pas et une fois de plus j'ai apprécié de faire qqchose "pour elle". Instinctivement je l'ai fait à la mort de mon chien alors que j'avais pas souvenir de ça (mon grand père est mort quand j'avais 5ans, pour ma grand mère j'en avais 23 et elle 92)

Bref, j'ai aimé tous ces rituels, tous ces moments, habitudes, réunions, parce que c'est un moment particulier dans une vie et qu'on a besoin de temps.

Et surtout on ne s'est pas empêché d'être joyeux ! La situation le permettait, ma grand mère est parti en ayant "bien vécu" et on voulait lui montrer qu'on était heureux d'être ensemble, on a alterné entre rires et larmes, c'est un moment que je n'oublierai jamais.

Je n'ai malheureusement pas assisté à l'enterrement de 2 de mes oncles, je n'étais pas proche d'eux, ça m'a touché mais de loin (je vis à 10k de ma famille). J'étais surtout triste pour leurs enfants qu'ils ont quitté trop tôt et pour mes oncles et tantes qui perdaient leurs frères.
 

Oror

Member
28 Oct 2019
2
9
3
Bonjour à toutes, J'ai perdu mon papa il y a 2 semaines. J'ai beaucoup pleuré jusqu'au jour des obsèques. Aujourd'hui je n'arrive pas à savoir ce que je ressens j'ai l'impression de ne pas réaliser même si je sais qu'il est plus là. Je crois que je mets toute mon énergie à essayer d'aller bien pour ma mère, pour ne pas qu'elle s'ecrouile. Je ne sais pas comment le gérer. Mes émotions sont tellement confuses en ce moment. Je suis rempli de tristesse quand je pense à lui ou quand je regarde une photo mais ça me paraît en même temps lointain. J'ai l'impression de continuer ma vie quotidienne comme elle etait..Je ne sais pas l'exprimer.
 

pravda1917

Well-known member
7 Avr 2019
901
3 907
93
@Oror j’ai vécu une expérience un peu similaire à la mort de ma grand mère (même si je suppose que c’est pire de perdre son père). Un chagrin énorme et des pleurs sans discontinuer jusqu’à l’enterrement (ou je me suis effondrée au départ du cercueil vers le cimetière parce que j’ai eu un truc très fort à l’idée qu’il avait mis cette femme que j’aimais tant dans une boîte) et puis plus rien. D’un coup, j’ai eu l’impression que ça faisait en fait très longtemps qu’elle n’était plus là alors qu’en fait ça ne faisait qu’une semaine et en même temps une énorme culpabilité de continuer ma routine comme si il ne s’était rien passé (un jour je me suis surprise à penser lors d’un concert que c’était pas normal d’apprécier le moment alors que ma grand mère n’était plus là).
pendant près d’un mois je n’ai pas versé une larme ( je suis super émotive un épisode de clem peut me faire pleurer pendant des heures) et un jour ma chienne est morte, je sais ça paraît dérisoire mais c’est cet événement là qui a rouvert les vannes et qui m’a en fait permis de pleurer « sereinement » (pas de la façon un peu hystérique des premiers jours après la mort).
 

Oror

Member
28 Oct 2019
2
9
3
@Oror j’ai vécu une expérience un peu similaire à la mort de ma grand mère (même si je suppose que c’est pire de perdre son père). Un chagrin énorme et des pleurs sans discontinuer jusqu’à l’enterrement (ou je me suis effondrée au départ du cercueil vers le cimetière parce que j’ai eu un truc très fort à l’idée qu’il avait mis cette femme que j’aimais tant dans une boîte) et puis plus rien. D’un coup, j’ai eu l’impression que ça faisait en fait très longtemps qu’elle n’était plus là alors qu’en fait ça ne faisait qu’une semaine et en même temps une énorme culpabilité de continuer ma routine comme si il ne s’était rien passé (un jour je me suis surprise à penser lors d’un concert que c’était pas normal d’apprécier le moment alors que ma grand mère n’était plus là).
pendant près d’un mois je n’ai pas versé une larme ( je suis super émotive un épisode de clem peut me faire pleurer pendant des heures) et un jour ma chienne est morte, je sais ça paraît dérisoire mais c’est cet événement là qui a rouvert les vannes et qui m’a en fait permis de pleurer « sereinement » (pas de la façon un peu hystérique des premiers jours après la mort).
Ça me rassure de ne pas être la seule à avoir ce genre de réaction. J'ai peur de ma réaction qui peut arriver plus tard. Je sais que je vais ressentir ce pincement au coeur pour toujours quand j'évoquerai son souvenir. J'ai surtout l'impression qu'aujourd'hui je bride mes émotions pour ne pas que la douleur sois trop forte.
 

Lenny Leguellec

Guerrière à plein temps
7 Jan 2019
524
2 662
93
32
@Oror, @pravda1917 , en Janvier 2017 j'ai perdue ma grand-mère, elle m'a élevé depuis l'âge de 5 ans, c'est pas mon père mais la relation peu s'en rapproché.
de l'annonce de sa mort jusqu’à son enterrement je n'ai pas versé une larmes, rien, j'ai mis mon coeur et ma peine de coté.
Avec ma tante (qui m'a élevé aussi) nous avions trop à faire, préparé l'enterrement, faire les papiers administratif (c'est chiant de mourir, faut le dire à tous le monde, les banques, les impôts, les gens...) ...
le jour de l'enterrement j'ai réussi à pleurer uniquement après la cérémonie en rentrant chez nous... chez elle... chez... plus personne...
mon petit cousin (d'1m90) a attendu que je finisses de trempé sa chemise pour qu'on y aille....
après pendant près de huit mois j'ai enfermé ma peine.
Avec ma Tante nous avions trop de chose à faire, comme vidé la maison pour la mettre en vente, la vendre, la vidé après l'avoir vendu... cette maison c'est mon grand père qui l'avais construit pour sa famille.. soixante avant... soixante de vie, ça en fait du bordel.
Lorsque tous fût fini, j'ai eu le merveilleux réflexe de l’appeler et de tombé sur "le numéros que vous demandez n'est plus attribué"... je me suis écroulée, littéralement, la peine est arrivé comme la marré dans la baie du Mont saint Michel...tel une hordes de chevaux au galop...
J'avais retenue la peine, trop fort, trop longtemps... j'ai du me faire aider pour parvenir à dépassé la peine et commencé le deuil.
Maintenant je peux parler d'elle, parler du deuil, de la maladie, voir des photos... presque easy faut pas déconné c'est encore un peu douloureux mais c'est supportable.
Je ne sais si ça peux vous aider.
 

George Sand

Young, wild and free !
25 Mar 2019
8
52
13
J'aime beaucoup la façon dont est géré le deuil dans ma famille (et dans beaucoup d'autres familles reunionnaises).

Déjà on fait une veillée, même si je vais pas passer des heures autour du cercueil à prier, c'est moins brutal comme départ. La personne meurt mais elle reste près de nous le temps de la veillée et la veillée s'arrête parce qu'on l'enterre.
Tu as de la chance que la tradition soit toujours présente dans ta famille ! Lorsque j'avais à peu près 13 ans, j'étais en vacances à la Réunion et j'avais assisté à une veillée, un grand-oncle était décédé. Je ne connaissais absolument pas cette pratique et je me souviens que j'avais justement trouvé ça génial de pouvoir être tous réunis.

En grandissant, je savais que la tradition se perpétuait dans la famille à la Réunion. Lorsque ma grand-mère est décédée en 2001, j'avais 20 ans. Elle vivait alors dans le sud-ouest chez l'une de mes tantes. Nous allions la veiller chaque jour mais à l'époque, la maison funéraire fermait tous les soirs. Nous avions donc essayé de garder la tradition en l'adaptant à cette contrainte.

Il y a 6 mois, j'ai perdu ma mère. Toute la famille s'était réunie peu de temps avant son décès pour lui dire un dernier adieu à l'hôpital et nous avons vécu tous ensemble jusqu'à l'enterrement. Les choses ont changé ici en Métropole et nous avions accès au salon funéraire 24/24h. Je me disais que l'on pourrait faire une veillée dans la plus pure tradition. Bah je me suis mis le doigt dans l’œil ! J'ai été la seule à la faire. La famille restait près de ma mère uniquement quelques heures durant la journée. Je faisais en sorte d'y aller plusieurs fois par jour mais je devais également m'occuper de mes enfants. Toutes les nuits, une fois qu'ils étaient couchés et que toute la famille était réunie à la maison, je partais et je restais seule auprès de ma mère de 22h à 4h environ. Je m'en voulais de ne pas pouvoir rester plus longtemps mais il fallait que je puisse dormir un peu et que je sois disponible pour mes enfants... J'en ai aussi beaucoup voulu à la famille de ne pas avoir été présente lors de ces veillées. Ma mère et ma grand-mère m'avaient toujours expliqué qu'on ne laissait jamais nos morts seuls. Je ne comprenais pas pour quoi mes tantes qui avaient grandi à la Réunion, assistaient à de nombreuses veillées, ne le faisaient pas pour ma mère.

Les rites et traditions aident à surmonter cette terrible épreuve. Ils donnent des repères et rapprochent les gens. On se sent moins seul. Malheureusement, je n'ai pas eu cette chance et je t'envie...
 

Derniers messages