Comment accompagner un proche malade ?

Cassiopée

Ex-madeleine aux pralines, maman d'un petit renard
21 Fev 2019
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#1
Une personne de mon entourage est atteinte d'un cancer du sein. Je vais l'accompagner lundi pour sa première chimio, mais je me sens un peu impuissante et perdue sur la façon de l'aider / accompagner / entourer au mieux pendant cette période difficile. J'aimerais être présente sans pour autant être envahissante, utile sans qu'elle se sente toujours obligée de "réclamer", mais je ne sais pas trop comment m'y prendre !

Avez-vous des conseils pour adoucir un peu les moments difficiles de vos proches qui sont atteint·es d'une pathologie (qu'il s'agisse d'un cancer ou autre chose) ? Si vous-mêmes êtes concerné·es par la maladie, de quoi avez-vous / auriez-vous eu besoin / apprécié dans ces moments de la part de votre entourage ?

Merci mille fois pour votre aide et vos conseils :fleur:
 

Moonwyn

Well-known member
3 Jan 2019
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Paris
#2
@Cassiopée Bonjour toi ! :hello:
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Du coup je me permets d'essayer de t'aider à y voir plus clair :happy:
Je peux te conseiller deux choses :

Il y a déjà cette ressource, où il y a quelques infos : Sur le site e-cancer - pages dédiées aux proches

L'autre point découle de mon expérience (et du coup vaut ce qu'elle vaut) :
Le seul truc que je fais sans cesse, c'est l'écouter.
Chaque malade vit différemment sa maladie et, si on s'en tient à ce point en particulier, on peut vraiment aider.
Et ce n'est pas si facile en fait, parce qu'il faut apprendre à écouter
- la peur de la mort
- les crises de nerfs éventuelles
- le découragement
- même le silence
Et comme je ne peux pas rester silencieuse non plus, le corolaire c'est d'accepter d'entendre sans forcément pouvoir aider.
Respectivement ça veut dire que je réponds que
- c'est normal d'avoir peur de la maladie et de mourir et qu'elle n'est pas seule
- que j'essaie de ne pas m'énerver quand elle passe ses nerfs sur moi, de ne pas le prendre personnellement (malgré des attaques parfois très personnalisées, youhou :lol:)
- que quand elle est découragée je lui dis que c'est son corps et sa vie à elle et que personne d'autre qu'elle n'est dedans, elle est libre d'abandonner si elle le souhaite, je la soutiendrai toujours
- et pour le plus dur, le silence, accepter de ne pas le rompre et simplement sourire :lunette:

Mais en fait ce qui revient le plus, ce sont surtout des aspects logistiques, auxquels je suis très attentive aussi. Donner un coup de main de ce côté-là présente moins de charge émotionnelle et peut vraiment soulager, au moins la charge mentale. En revanche, c'est bien elle qui reste aux commandes : j'attends qu'elle me demande de l'aide sur un truc en particulier, parfois je lui demande si je peux faire tel truc, mais je n'agis pas sans qu'elle ait eu son mot à dire, qu'elle ait manifesté son besoin.

Voilà, je ne suis pas spécialiste du tout, ce n'est certainement pas la seule manière d'être accompagnante mais j'ai vraiment l'impression d'être une alliée pour elle alors dans le doute, je partage :clin:

Bon courage à vous deux en tout cas !
 

Maana

Active member
20 Août 2019
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#4
Je pourrais te conseiller ce que l'on a fait avec mon père quand ma mère c'est faite opéré de la maladie de Chron.
Nous avons été présent tout du long, des préparations au réveil, mon père ne la pas quitter, lui a tenu la main tant il le pouvait et moi ( bien que je n'avais de 12 ans ) j'étais présente, je lui disais que si elle était à l'hopital, les médecins étaient là pour la sauver et que tout irait bien.
Je pense que si soit-même on y croit très fort, on peu transmettre ses pensées positives et les rassurer.
Montrer que l'on est là, qu'il/elle sait qu'il peut prendre notre main à tout moment.
La présence reste la chose la plus réconfortante dans ces moments difficiles.

Courage à vous deux :jv::calin:
 
You Rock !: Lol'ô et Safinette

Lol'ô

Well-known member
6 Jan 2019
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#12
Ha, mince, j'ai jamais envie de savoir que des gens, même si je ne les connais pas vont mal.

Je trouve en tout cas ça cool, que tu demandes des conseils, à des personnes, qui sont déjà passées par là. C'est aussi une sorte de soutien, et une façon de faire partie d'une team, où il est très probable de trouver de la solidarité et de la bienveillance. Ce qui est utile quand on est en difficulté.

La même chose est arrivée dans ma famille, comme un cheveux sur la soupe, l'année dernière. Je suis d'un naturel assez optimise, mais des fois, je pense aussi que je suis une espèce d'autruche, je m'étais persuadée que ça ne nous arriverait jamais, pis paf ! Prends ta claque.
J'ai eu du mal à accepter l'information, mais devant l'optimisme et le moral de la personne, je me suis remise en question, et je suis partie à fond les manettes. Je suis très loin, et pauvre, donc, c'était pas facile, mais l'éloignement n'est pas une excuse pour être absente, je me suis rendue présente. Cette personne a choisi un mode alternatif de soins, et malgré la défiance des médecins, elle a tenu bon, et je pense que ça a été aussi un moteur surpuissant pour la soutenir, et l'encourager. Comme nous sommes une famille pleine d'humour, nous avons un peu pris en dérision la succession des évènements, et surtout, j'étais pleine de compliments (tellement admirative devant sa combativité) et d'encouragements, en plus de mes blagues à 2 balles. Je n'ai pas forcé la dose, sur mes prises de nouvelles, même si j'ai fait des efforts, et comme l'a dit @LouMartha , je ne me suis pas cantonnée à la maladie, je me suis intéressée au reste, ses enfants, surtout, des ados, qui ont eu des réactions pas toujours adaptées, donc j'ai pas mal communiqué avec eux, un peu comme après une naissance, ne pas qu'ils s'imaginent que leur mère prenait toute l'attention de tout le monde. On a beaucoup parlé de l'après, la soutenir dans ses projections, ça nous a donné de belles occasions de rire, on était très enthousiastes. Cette certitude de gagner est très importante.
J'ai trouvé que l'humour et la dérision, sont une bonne partie de la thérapie. Ca permet d'alléger le poids de l'inquiétude surtout.

Soutien et :hugs:à celleux qui soufrent dans leur coeur, soutenant.es, aidant.es, présent.es, auprès de ceux qui soufrent dans leur corps. YR
 

Tokage

Active member
9 Oct 2019
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#16
Le bonjour !
J'ai une question à celleux qui seraient déjà passées par là : comment faites-vous lorsque cela concerne des troubles psychiatriques ?
Un proche est probablement/peut-être atteint de troubles bipolaires. Et le premier obstacle contre lequel nous (son entourage) buttons est qu'il refuse de consulter à ce sujet, sous prétexte de non mais c'est pas si grave, j'étais juste un peu sous pression. Or on sait que même si "là ça va", il ya de fortes chances pour qu'il plonge a nouveau (et qu'à ce moment-là c'est encore plus mission impossible de l'amener à consulter)

(Sorry si le vocabulaire est pas des plus corrects...)
 

ColorZeLoutre

Well-known member
14 Jan 2019
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#17
Le bonjour !
J'ai une question à celleux qui seraient déjà passées par là : comment faites-vous lorsque cela concerne des troubles psychiatriques ?
Un proche est probablement/peut-être atteint de troubles bipolaires. Et le premier obstacle contre lequel nous (son entourage) buttons est qu'il refuse de consulter à ce sujet, sous prétexte de non mais c'est pas si grave, j'étais juste un peu sous pression. Or on sait que même si "là ça va", il ya de fortes chances pour qu'il plonge a nouveau (et qu'à ce moment-là c'est encore plus mission impossible de l'amener à consulter)

(Sorry si le vocabulaire est pas des plus corrects...)

Salut @Tokage ,

Je sais pas si t'es toujours active sur le forum, je ne suis pas atteinte de bipolarité mais j'ai bien connu la dépression et maintenant la maladie physique.
Ce que je vais te dire en premier lieu c'est que malheureusement que ça concerne le corps ou l'esprit, tu ne peux forcer quelqu'un à consulter, tu vas t'épuiser et la situation va vite devenir toxique. On ne sauve pas les gens d'eux même, et si le soin est forcé les résultats ne seront pas probants. Le déclic dois venir de la personne concernée. Je ne sais pas comment le problème a été abordé, mais l'injonction bien que bienveillante constante peut être pesante, de la même façon qu'on dit parfois aux obèses : Tu veux pas consulter ? C'est pour ton bien. Est ce que vous avez essayé de demander à cette personne selon elle et ses ressentis quelle serait selon lui/elle la meilleure approche ? Le meilleur exutoire, voir comment il ou elle vit sa maladie, déjà est elle en phase de déni ? En gros ne pas imposer mais écouter, puis essayer de couper la poire en deux. Négocier par exemple si la personne te dit : Quand je peins j'ai la sensation que c'est bénéfique, ne pas lui rétorquer, même si c'est dur quand c'est un proche, que ça n'est ni adapté ni suffisant. Proposer par exemple un mois avec sa méthode, et lui demander ce qu'il ou elle attends de vous, de vos réactions ( sans pour autant te faire bouffer la vie ) et dire ok et si nous on fait cet effort pour toi serait tu enclin à aller parler avec un professionnel, une fois, ne serait ce qu'une fois ? Lui laisser le choix du thérapeute, comme disait @Chocovore ne pas définir quelqu'un à son handicap, ne pas infantiliser. Après nous sommes tous différents, à titre personnel je pense que plus ou me pousse dans une direction plus je traine des quatre fers. J'espère avoir pu t'aider. Donne nous de tes nouvelles.