Poumtaire

Active member
29 Déc 2020
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Ça ne serait pas dû à un genre de biais de sélection? Par exemple, seulement les femmes les plus compétentes et issues des milieux les plus riches obtiendraient ce poste ou de sentent assez en confiance pour monter une entreprise? Alors que les hommes se font plus facilement promouvoir à un poste de décision en étant moins compétents, ou osent davantage monter leur boîte même en ayant moins de fonds ou sur un projet plus hasardeux...
 

Kurmad

Well-known member
7 Jan 2019
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Il faudrait aussi comparer les entreprises à l'intérieur d'un même secteur (par exemple, cosmétique, habillement, BTP...) car il peut aussi y avoir un biais du fait que les femmes sont sur-représentées dans certains secteurs d'activités. Dans le salariat, ce ne sont pas les secteurs réputés pour leur bonne rémunération (la santé, l'aide aux personnes, etc.), d'où les écarts de salaire H/F à l'échelle globale. Mais peut-être que le phénomène est inversé dans l'entreprenariat ?

Par exemple, peut-être qu'il y a beaucoup de femmes qui ont des petites entreprises comme des salons de coiffures, et que c'est un secteur qui marche bien (hors covid), alors que les hommes à diplôme équivalent vont faire chauffeur Uber et ça marche moins ?

On manque d'infos à comparer pour savoir si les femmes entrepreneuses et dirigeantes gèrent mieux leur boite, ou si elles travaillent dans des secteurs qui se portent globalement bien.
 

Chocovore

éclair au chocolat
9 Jan 2019
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Comme mes voisines du dessus, je ne sais pas dans quelle mesure il faut se réjouir de cette information très brute.

Quand on regarde le palmarès on a la répartition par secteurs (en page 9).
La différence est faible dans les secteurs de la distribution et des services.
Il y a une petite différence pour la construction (4,9% contre 3,2%)
Les grosses différences sont sur l’industrie (9,5% contre 6,5%) et la santé (14,4% contre 10,1%)

Si on regarde les portraits des cheffes d’entreprises on est loin de l’entrepreneuse sans le sous débutant dans un garage et négociant avec son banquier sur la base d'une bonne idée :
page 18 : Patricia Chatalau : Rétis Solution : entreprise acheté par elle et par ses proches
page 19 : Bénédicte Durand Deloche : Mecelac : entreprise rachetés par sa famille
page 20 : Dyna Peter-Ott : Laco : ancienne lobbyste au parlement européen, plusieurs mandat d’élu et de conseils d’administration (c'est la plus petite des entreprises indutrielles avec un effectif de 27)
page 21 : Emmanuel Legault : Cadiou : Entreprise héritée de son père
page 22 : Cécile Mule : Gazignaire : l’entreprise appartient à sa famille
page 23 : Stéphanie Jagu : Daudin : Entreprise héritée de son père
page 24 : les sœurs Vausselin : Aromazone : Visiblement une vrai création (en 2005)
page 25 : Céline Laget : Sterne : vrai création (en 1996)
page 26 : Sophie Renner : Vensys : Prend la succession de son père
page 27 : Sabine Mariton : Mariton : Prend la succession de son père
Dans la section BTP il n’y a que des entreprises familiales
Dans les services, l’informatique la santé c’est plus varié (même si les entreprise sont souvent plus petites), il y a plus de créations mais toujours des femmes ultra diplômées (et pas souvent d’université publiques) : HEC, Mines de Paris,... même si de rares exceptions comme Isabelle Melin dirigeante d’Enso issue d’une société qu’elle a fondée en 1994

Si on balaie les secteurs on voit qu’on est sur des segments qui ont plutôt le vent en poupe, plutôt que de comparer au secteur général ce serait intéressant de comparer au sous-secteur (en particulier pour l’industrie).
 
Dernière édition:

Kurmad

Well-known member
7 Jan 2019
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C'est intéressant ton analyse @Chocovore.
Ça vaudrait le coup de comparer avec des entreprises familiales tenues par des hommes du coup.

Car, de mon expérience pro, les entreprises familiales sont celles qui fonctionnent le mieux, car le dirigeant a un attachement émotionnel sincère. Il réfléchi sur le long terme pour refiler l'entreprise à ses enfants, ce n'est pas du tout le même style de décision que quand le directeur est là pour 5 ans avant de prendre un autre poste mieux payé ailleurs.
(Je n'ai connu que 6 employeurs différents, ça vaut ce que ça vaut comme analyse.)
 

Chocovore

éclair au chocolat
9 Jan 2019
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@Kurmad J’ai exactement la même expérience de ce type d’entreprises.
Vision long terme, globalement meilleure considération des salariés (les gens ne sont pas réduits à des ressources), moins de licenciements juste pour améliorer la rentabilité.
 

DPC

Well-known member
12 Jan 2021
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Même si ce n'est pas le sujet de base, je comprends un peu ce que veut dire @Chocovore (enfin je crois). Les grandes écoles françaises et l'université publique ne forment pas de la même manière. Les choses évoluent sûrement en positif pour l'université (je le souhaite aux étudiants), mais pour avoir fait les deux (et mon Master à la fac était très bien coté dans son domaine), ben... C'est quand même et de très loin mon école d'ingénieur (publique et déjà rattachée à l'université à l'époque) qui a fait de moi quelqu'un capable de travailler efficacement dans une entreprise privée.
Du coup c'est vrai que ce ne sont pas tout à fait des étudiantes lambdas, au sens "sorties des structures de formation qui accueillent le plus grand nombre" (mais je ne sais pas dans quelle mesure la situation n'est pas la même avec les hommes).

Sur le contenu de l'article en lui-même, même s'il a des "failles", je le trouve utile : le risque de lois pour la parité, c'est de rabaisser celles et ceux qui en bénéficient à ce qu'ils sont, plutôt que ce qu'ils font (une femme, plutôt qu'une femme performante, une personne handicapée, plutôt qu'une personne handicapée créative... Vous voyez l'idée). Mais quand tu montres, chiffres à l'appui, que les femmes savent générer de l'EBIT, tu tues cet argument. Parce qu'au final, même une dirigeante qui hérite de sa boîte aura quand même droit à sa dose de sexisme...