Biram

Member
6 Nov 2020
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"Puisqu’on parle de cette histoire « d’aimer trop », il est temps d’arrêter avec le terme « pédophilie » ... Un pédophile n’aime pas les enfants, contrairement à ce que l’étymologie voudrait nous faire croire." dit l'article.

Effectivement oui, mille fois oui. Mais d'où vient ce terme? Pourquoi cette terminaison en -philie? C'est un peu comme "homophobie" : une phobie est une peur, or les homophobes n'ont pas peur des homosexuel.le.s, ils en ont une haine.

Quelqu'un s'y connaît en étymologie et saurait expliquer pourquoi on utilise ces termes-là?
 

Coco l’asticot

Well-known member
12 Jan 2019
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@Biram la définition d’homophobie dans le’ dico c’est « crainte et rejet de l’homosexualité » du coup crainte = phobe/peur, peut être qu’on l’utilise à tord pour décrire la haine justement et qu’on n’a pas inventé un mot pour ça ?
Pour phile à mon avis il doit y avoir un côté relation sexuelle en + que amour car zoophile c’est pas aimer les animaux comme une personne normale non plus, idem pour necrophile on peut aimer les morts en tant qu’historien ou je ne pas quoi et ne pas vouloir coucher avec etc
Quoi que Philippe c’est aimer les chevaux pas coucher avec ...lol tout ça n’a aucun sens
 

Biram

Member
6 Nov 2020
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@Coco l’asticot haaaah les mystères de l'étymologie...

Effectivement dans -phobe il y a aussi la notion de rejet, qui se rapproche déjà plus de ce qu'on entend par homophobie...
Un autre exemple loufoque qui vient de me passer en tête: un matériau hydrophobe n'a pas peur de l'eau, mais il la repousse...
 

Kartong

Well-known member
4 Jan 2019
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@Biram @Coco l’asticot moi je pense à philharmonie, où du coup je comprends le suffixe -phile comme aimer, apprécier, savourer. Je pense que dans pédophile, le suffixe n'a pas le sens "d'aimer" que l'on connait aujourd'hui (la bienveillance, vouloir le bien de l'autre...), mais "aimer" dans le sens prendre du plaisir.

Je comprends tout à fait la nécessité de nommer cet acte immonde "pédocriminalité", mais je trouve quand même important qu'il y ait un mot qui désigne la personne aillant ce penchant (je trouve pas de meilleur mot sur le moment, désolée), mais ne passant jamais à l'acte. Je ne crois pas qu'on soit responsable de ses fantasmes, aussi terribles soient-ils, donc le mot criminel ne me semble pas adapté. Après bien sûr je sors du thème central de l'article. Dans le cas d'inceste, il n'y pas de doute sur le mot !
 
Dernière édition:

ColorZeLoutre

Well-known member
14 Jan 2019
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Même ordre de pensée que @Kartong il faut bien sûr condamner, informer, expliquer, voir mettre hors d'état de nuire ( si possible avec thérapie suivie et non juste milieu carcéral ) je ne cautionne ni le viol, ni l'inceste, ni la pédophilie. Mais je pense qu'en France nous sommes tellement programmé à sortir les fourches et les torches en ce qui concerne la pédophilie que nous fermons la porte à certaines possibilités. Le Canada et l'Allemagne ont pris l'initiative des centres où les personnes ayant de tels fantasmes peuvent se rendre ( puisqu'ils peuvent avoir conscience de leur déviance ) et potentiellement aider à trouver des solutions. C'est le cas ailleurs et pas chez nous. Enfin pour appuyer mon propos je parle souvent d'une anecdote personnelle : Ma mère éducatrice spécialisée en foyer d’accueil d'urgence se retrouve avec un adolescent de 15 ans victime d'abus par son père, rejeté par sa mère, qui est lui même devenu coupable d'attouchements et de viol sur les autres enfants de l'ancienne famille d’accueil, il est allé en prison en ne comprenant pas ce qu'il avait fait de mal, on lui a appris comme ça, on lui a dit que l'amour c'était comme ça. Le milieu carcéral ne lui aura rien appris, et aujourd'hui il est quelque part, on ne sait où. Il n'existe pas que le cliché du pédophile, cruel, calculateur qui passe à l'acte, les profils sont nombreux.
 

Arsinoée

Childfree acharnée et convaincue
2 Jan 2019
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Dans le cas d'inceste, il n'y pas de doute sur le mot !
Je n'en suis pas si sûre.
Suivant les gens, le mot "inceste" va recouvrir différentes situations qui ne se "traitent" pas de la même façon, d'où que je ne suis, personnellement, pas pour son introduction dans le code pénal. D'ailleurs, il semble que les dictionnaires ne sont pas d'accord entre eux.
Le mot "inceste" peut aussi bien désigner :
- des relations amoureuses seulement ou des relations sexuelles seulement ou les deux, entre membres de la même famille.

Ce qui amène déjà des nuances sur "l'acceptabilité" de la situation et sa pénalisation (en tout cas, avec l'éventail législatif actuel). Mais ça pose aussi d'autres questions :
- est-ce qu'on parle de membres reliés biologiquement seulement ? Administrativement seulement ? Ou les 2 ?
- Jusqu'à quel degré d'apparentage va-t-on pour qualifier une relation d'incestueuse ?
- mais le point le plus important c'est le caractère consentit de la relation.
- on peut aussi prendre en compte l'âge à laquelle la "relation" commence.

En soi, 2 membres d'une même famille, majeurs et consentant (=sans manipulation de l'un ou de l'autre) qui couchent ensemble, ça peut nous faire grincer des dents mais on a rien à dire, ils font ce qu'ils veulent de leurs culs. Il y a des cas de frère et soeur biologique en couple parce qu'ils se sont connus adultes. Pour certains, ils n'ont appris leurs lien qu'après leur mariage, d'autres le savaient avant mais n'avaient pas connaissance de l'existence de l'autre avant leur majorité.
Certaines personnes vont considérer qu'a partir du moment où t'es relié biologiquement, que t'ai pas grandi avec ton frère/ta soeur et donc que tu le/la considère pas comme tel, n'importe pas pour qualifier la relation d'incestueuse (=pas morale, et/ou criminelle). Pour d'autres personnes, c'est de grandir ensemble indépendamment des liens biologiques.
On peut lister moult situations qui nuancent le fait de considérer l'inceste (si on le prend dans son sens le plus large comme une relation entre membre d'une même famille) comme à pénaliser "En soi".

Je ne suis donc pas super pour rendre illégale "de fait" des relations consenties parce qu'elles impliquent des liens qui sont considérés comme amoral par certain/la société. D'autant plus qu'il existe des moyens législatifs pour contourner ce problème tout en faisant ce qu'on souhaite : permettre de poursuivre pénalement les auteurs d'abus/violence sexuelle et qui existe déjà largement dans les textes de lois.

Je rebondi sur le message de @ColorZeLoutre. J'ai une expérience en tant que psy en prison (et j'avais consacré mon mémoire de M1 aux auteurs d'agressions sexuelles, j'ai donc lu mon lot de bouquin sur le sujet) et je plussois ce que tu dis. De mes lectures, j'ai retiré que déjà, il n'y a pas qu'un type de pédophilie/pédophile mais plusieurs et que les passages à l'acte ne sont pas "irrémédiables". Certains pédophiles ne passeront jamais à l'acte, pour plein de raisons, quand d'autres passeront à l'acte ou feront tout pour quoiqu'on fasse. Et certains passage à l'acte pédophiles ne sont pas commis par des pédophiles (au sens où ils ne sont pas commis par des gens dont l'objet principal ou secondaire de fixation du désir ou de l'attirance sexuel est les enfants prepubere ou des adolescents dans le cas de l'ephebophilie) mais par des gens qui veulent surtout le contrôle sur l'autre.
Si pour plusieurs de ces cas, les moyens à disposition pour prévenir les passages à l'acte sont difficiles à mettre en oeuvre ou ne serait-ce qu'à déterminer, pour d'autres, on sait, avec l'expérience du Canada par exemple que c'est possible mais ça implique des choses qui coincent en France (les groupes de paroles dont parle @ColorZeLoutre par exemple, ou des lignes d'aide téléphonique. En gros, ne pas laisser la personne seule avec ses idées /ses frustrations pour lui permettre de faire baisser les tensions autrement que par le passage à l'acte).

Pour finir ce long post, je dirais que ce que je regrette un peu quand on parle des sujets liés aux abus sexuels, quelque soit la victime ou l'auteur, c'est qu'on se concentre beaucoup sur la réponse pénale une fois les actes commis mais qu'on oublie pas mal de s'interroger sur comment éviter ses actes. Et l'éducation au consentement qu'on voit n'est pas le seul et unique levier sur lequel travailler contrairement à ce que des articles comme celui là laisse penser.
 

Piperade

Well-known member
9 Déc 2019
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C'est intéressant de vouloir "appeler un chat un chat" et quelques lignes plus bas écrire une énormité telle que " Un pédophile n’aime pas les enfants, contrairement à ce que l’étymologie voudrait nous faire croire. Il les agresse, les viole, leur fait du mal. "

Non, un ou une pédophile (car les femmes sont souvent oubliés quand on parle de ça) c'est quelqu'un qui éprouve une attirance envers les personnes prépubères. Même si l'usage à malheureusement dérivé pour ignorer ce dernier critère important, ça n'implique en rien un passage un l'acte comme d'autres l'ont dit.
 

Patisson

Well-known member
3 Jan 2019
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Dans le podcast de Louie Media ils expliquent la différence entre pédophilie et pédocriminalité . Comme dit plus haut le pédophile ne passe pas forcément à l'acte. Le pédocriminel est quelqu'un qui a attouché/violé des enfants sans forcément être attiré par les enfants de base. D'ailleurs la majorité des pédocriminels ne sont pas pédophiles, c'est juste une volonté de contrôle et d'opportunisme : un enfant présent dans l'entourage.

@Arsinoée tu dis qu'on se concentre beaucoup sur la réponse pénale. Mais en France il n'y en a quasiment pas. Je ne sais plus les chiffres mais il n'y a qu'un tout petit pourcentage des pédocriminels qui sont sanctionnés, pour la très grande majorité leurs actes n'ont aucune incidence sur leur vie alors que 20% de la population aurait subit quelque chose selon ce site.
Je me demande si les pédocriminels (pas pédophiles) seraient moins nombreux si la pédocriminalité était plus sanctionnée, si la France envoyait clairement le message que la pédocriminalité n'est pas admise dans le pays.
Couplé avec un travail avec les victimes pour qu'elles ne deviennent pas pédocriminel à leur tour.
 

Clémence Boyer

Rédactrice en chef
Équipe Rockie
21 Nov 2018
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@Piperade : Effectivement, je parle du glissement de sens qu'il y a eu autour du terme "pédophile", qu'on utilise bien aujourd'hui dans le langage courant pour décrire des gens qui passent à l'acte. Et notamment dans de nombreux articles de presse qui parlent de pédocriminels condamnés. Je vais réfléchir à une formulation pour que la phrase ne soit pas ambiguë.
 

Enheduanna

Well-known member
1 Fev 2019
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@Arsinoée D'après ce que j'ai entendu la loi n'en a rien à faire que des frères et soeurs se connaissaient avant ou après leur mise en couple, elle considère que c'est interdit et c'est tout. D'ailleurs je crois que si on découvre la parenté après le mariage celui-ci est nul de fait, ce n'est donc pas une question de morale mais de loi (mais des juristes pourront peut-être confirmer).
Et s'il y a un enfant issu d'un couple frère-soeur, normalement celui-ci ne peut être reconnu que par un seul des parents.
 

Arsinoée

Childfree acharnée et convaincue
2 Jan 2019
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@Arsinoée tu dis qu'on se concentre beaucoup sur la réponse pénale. Mais en France il n'y en a quasiment pas. Je ne sais plus les chiffres mais il n'y a qu'un tout petit pourcentage des pédocriminels qui sont sanctionnés, pour la très grande majorité leurs actes n'ont aucune incidence sur leur vie alors que 20% de la population aurait subit quelque chose selon ce site.
Je me demande si les pédocriminels (pas pédophiles) seraient moins nombreux si la pédocriminalité était plus sanctionnée, si la France envoyait clairement le message que la pédocriminalité n'est pas admise dans le pays.
Couplé avec un travail avec les victimes pour qu'elles ne deviennent pas pédocriminel à leur tour.
J'ai l'impression que tu confond deux choses :
- l'éventail législatif dont on dispose déjà
- le nombre de condamnation des pédocriminel

Quand je dis que les articles parle des réponses pénal, je parle des lois qui régissent/pénalisent les actes pédocriminels. Pas du nombres de condamnation.
Je ne suis pas sure du tout qu'en modifiant les lois actuelles on aura plus de condamnation. Parce que les victimes ne portent pas toutes plaintes pour différentes raisons qui les regardent et qu'on a pas a juger. La prescription joue sur le nombre de dépot de plainte, on va pas nier, pas sure que ce soit la seule et unique.
De plus, on a le principal problème de la preuve des actes et c'est, pour moi, la principale raison au faible nombre de condamnation : il est très difficile de prouver les faits et comme la charge de la preuve revient à l'accusation... pour des raisons éthiques, je ne suis pas pour que ce principe (de charge de la preuve à l'accusation) change.

C'est pourquoi j'aimerais voir plus de proposition visant à éviter les passages à l'actes qu'à les sanctionner (si rien ne se passe, on a pas a sanctionner et surtout, il n'y a pas de victime).

@Enheduanna J'ignorais la position de la loi française sur le sujet, merci pour l'info ! J'avais entendu parler de cas espagnols je crois et l'autre...américains je crois.
Après, je parlais en général des différentes visions des choses par les gens indépendamment de la loi.
 

Patisson

Well-known member
3 Jan 2019
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@Arsinoée merci pour les explications. Je pensais que la réponse pénale était la condamnation ou non des personnes.

Je n'ai que des des connaissances générales sur la justice. Si j'ai bien compris tu penses que l'accusation doit continuer à apporter les preuves. Est-ce que tu veux bien expliquer pourquoi ? Dans le cas des viols en général c'est compliqué d'apporter des preuves surtout si sous le choc on n'a pas porté plainte directement.